Parutions

Un racisme en Noir(e) et Blanc(he), de Marie-Andrée Ciprut

Avec la collaboration de Franca Ongarelli Loup

m-a_ciprutLa perception du Semblable et de l’Autre différent évolue suivant les époques, influencée par des phénomènes politiques, sociaux, culturels et religieux. Quant au racisme, il sévit partout, pas seulement dans les partis d’extrême droite qui en font commerce. Il persiste en début de XXIe siècle malgré les grands progrès pour l’éradiquer.
Après un bref survol de la mise en esclavage d’Africains pendant quatre siècles aux Antilles, source d’un racisme lié à la couleur de peau, des exemples et des témoignages mettront en lumière ses répercussions et les relations qu’il entretient aujourd’hui avec des catégories telles que les stéréotypes, la xénophobie et la discrimination.
Ici, contrairement aux notes de musique,
une Noire = une Blanche, une Blanche égale une Noire !…
Marie-Andrée Ciprut est psychologue-psychothérapeute, co-fondatrice en 1995 et ancienne responsable clinique de l’association « Pluriels » (Centre de Consultations ethnopsychologiques pour Migrants) à Genève.

Editions Fortuna :

ISBN : 978-2-87591-041-7

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Une géographie humaine racontée par celles et ceux qui l’habitent

romain_cruseRomain Cruse

Une géographie populaire de la Caraïbe, adaptation d’Une histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn, rompt avec le regard enchanteur et fantastique des clichés touristiques. La Caraïbe est enfin une terre habitée. Romain Cruse mise ainsi sur une géographie humaine : la terre racontée par celles et ceux qui l’habitent. La caméra est braquée sur les villages de pêcheurs de Trinidad et de la Dominique, les quartiers surpeuplés d’Haïti, les Nègres marrons du Suriname, les communautés rasta de la Jamaïque, etc. L’auteur adopte le regard des classes populaires, inspiré d’observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux. La Caraïbe n’est donc ni un éden, ni un modèle de libre-échange, encore moins une région à forte croissance économique. On y découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles dissimulés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers⋅ Le géographe Romain Cruse donne à voir et à comprendre la condition caribéenne contemporaine, condition qui se nourrit de cultures et d’histoires singulières.

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Le privé à l’assaut du patrimoine culturel

— Par Laurent Etre —
culture_&_privatisationAvec leur ouvrage Main basse sur la culture, les journalistes Michaël Moreau et Raphaël Porier 
nous entraînent dans les arcanes de la marchandisation de la culture.

Voici un livre qui tombe à point nommé, alors que l’inauguration de la Fondation Louis-Vuitton par Bernard Arnault, le week-end dernier, a suscité un emballement médiatique sans doute au-delà des espérances du PDG de l’entreprise de luxe LVMH. Certes, pour une part, l’enthousiasme concernait la prouesse architecturale de Frank Gehry, le concepteur du bâtiment de verre. Mais cela ne fera pas oublier l’opération de communication menée par Bernard Arnault. Évoquant le personnage, les auteurs de Main basse sur la culture rappellent qu’il a « bâti son empire sur les décombres de l’usine de textiles Boussac, rachetée en 1984 parce que l’entreprise détenait la pépite Christian Dior ».

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« Contre-histoire du libéralisme », de Domenico Losurdo

— Par Jérémy Perrin —
domenico_losurdo-400Victor Hugo passe pour être l’auteur de l’observation selon laquelle « l’amour des Anglais pour la liberté se complique d’une certaine acceptation de la servitude d’autrui. » Si l’on réclame des preuves, c’est du côté de Domenico Losurdo qu’il faut se tourner, avec cette Contre-histoire du libéralisme qui paraît aux éditions La Découverte, traduction bienvenue d’un ouvrage italien, paru en 2006 aux éditions Laterza. Le philosophe d’Urbino, spécialiste de Hegel, nous y propose une enquête attentive sur les angles les moins flatteurs du libéralisme réel. Il insiste en particulier sur la permanence massive de pratiques attentatoires à toute liberté, dans les sociétés britanniques et américaines des XVIIIe et XIXe siècles.

Les premières révolutions « libérales » – celles d’Angleterre, d’Amérique et bien sûr, avant cela, de Hollande – ont largement renforcé l’esclavage. Bien loin de constituer une menace pour lui, leurs principes généreux l’ont conduit à son âge d’or – statistiquement visible à l’explosion du nombre d’esclaves. Domenico Losurdo parle ainsi d’un « accouchement gémellaire » du libéralisme et de l’esclavage racial.

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«La Troisième Révolution» de Rifkin n’aura pas lieu

— Par collectif* —

rifkin_3eme_revoLe dernier livre de Jeremy Rifkin, la Troisième Révolution industrielle , est, ces jours-ci, très abondamment commenté dans la presse alors que son auteur multiplie les conférences grassement payées et les entrevues avec les puissants. Le succès foudroyant de cette expression «Troisième Révolution industrielle» n’est pas sans rappeler la formule, très à la mode dans les années 70, de «société postindustrielle». Mais quelle est exactement sa fonction ? Que recouvre-t-elle ? Et surtout, derrière son évidence apparente, que dissimule-t-elle ?

L’idée de Troisième Révolution industrielle part d’un constat apparemment juste : ce sont les lois de l’énergie qui gouvernent l’activité économique, or la crise actuelle marque l’essoufflement des trajectoires énergétiques du passé.

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Inégalités à tous les étages

— Par Patrice Trapier —
dubet_pref_inegalC’est l’une des énigmes du monde moderne : comment l’explosion des inégalités salariales (l’échelle idéale pour Henry Ford était de 1 à 4 ; elle est aujourd’hui plutôt de 1 à 30) et de la rente (10 % des Français se partagent 62 % des revenus du capital) ne fédèrent-elle pas 99% de la population contre le 1% le plus fortuné?

Au contraire, l’époque est marquée par une fragmentation des couches sociales et une crise des solidarités. Les fractures sont partout : régions riches contre régions pauvres ; salariés contre « assistés » ; diplômés contre non-diplômés ; logés contre SDF ; centres-villes contre périphéries ; Français « de souche » ou anciennement installés contre nouveaux arrivants, etc.

On a longtemps cru que le tropisme égalitaire handicapait la France dans la compétition mondiale. Le sociologue François Dubet montre, au contraire, que la devise républicaine « liberté-égalité-fraternité » n’est plus que de pure forme, que « le lien fraternel préalable » à la recherche de l’égalité (ou de l’équité) s’est affaibli après des décennies de crise.

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« Les années 30 sont de retour »

annees_30_retourPetite leçon d’histoire pour comprendre les crises du présent

de Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch, Yvan Gastaut

Comment tout cela va-t-il finir ? Les haines et les peurs de notre temps ont un parfum de redite, celui des années 30, cette décennie tragique qui mena le monde à l’abîme. Economique, sociale, identitaire ou politique, les crises s’additionnent depuis le krach de 2008, comme au temps de la Grande Dépression de 1929.
Mais qu’en est-il au fond ? Le reniement « social-libéral » de François Hollande vaut-il vraiment la « pause » de Léon Blum ? Poutine phagocytant l’Ukraine rejoue-t-il Hitler avalant les sudètes ? L’antisémitisme de la génération Soral-Dieudonné illustre-t-il la résurgence des haines d’un Céline ? Le danger Le Pen fait-il écho au péril nationaliste d’hier ? Telles sont quelques-unes des questions de cet ouvrage, fruit de la rencontre entre deux historiens et deux journalistes, qui se livrent à un incessant aller-retour entre passé et présent. L’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais ces années 30, si proches et si lointaines, si terribles et pourtant fondatrices, éclairent bien étrangement les crises du temps présent…
Claude Askolovitch est journaliste à iTélé.

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Avis de parution … Sociologie … Monde caraïbes … Questions de genre … Travail social … septembre 2014

siganos_esclavageL’ESCLAVAGE EST-IL SANS FIN ?

Nouvelles chroniques antillaise

André Siganos, ancien Recteur de l’Académie de Martinique

Ecrit sans langue de bois, sans parti-pris ni complaisance, mais avec une rigueur empathique, cet ouvrage est le viatique indispensable de tous ceux qui veulent vivre ou travailler aux Antilles, comme de tous ceux qui veulent comprendre de quoi se nourrit le malaise identitaire antillais. Eclairées par un séjour de quatre ans aux Antilles, s’inspirant des événements nationaux les plus récents, ces pages détruisent bien des clichés et traversent les préoccupations actuelles.

(19 euros, 192 p., septembre 2014) EAN : 9782343042510

EAN PDF : 9782336356280.

 

 

 

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Une pétition contre la Manif’ pour tous recueille 200 000 signatures en sept jours

kiss_2-fillesAll Out, une ONG qui défend les droits de la communauté LGBT dans le monde, a lancé une pétition pour contrer la Manif’ pour tous, qui descend dans la rue dimanche pour « protester contre la familiphobie du gouvernement ».
Dimanche la « Manif pour tous » revient avec une manifestation géante contre l’égalité à Paris et Bordeaux. Elle redouble les attaques contre les gays et lesbiennes, ces ‘personnes’ dangereuses pour qui les enfants sont des « objets » et qui veulent « créer des orphelins ». Vous ne rêvez pas, ces mots viennent de leur appel à manifester.

La dernière fois ils étaient 100 000. Ils sont en train d’affréter des bus et des trains entiers pour cette nouvelle mobilisation. Déjà plusieurs politiques ont annoncé soutenir eux aussi l’abrogation du mariage pour tous. Même l’ancien Président Sarkozy leur fait des appels du pied.

Il ne nous reste plus que quelques jours. Voici le plan : si nous rassemblons 200 000 Français pour l’égalité avec une pétition géante, l’équipe d’All Out en France ira la remettre aux politiques, sur les plateaux télé et même pendant la manifestation anti.

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Essais. Une rentrée entre ombre et lumière

— par Nicolas Dutent —

bibliothequeEn dépit d’une baisse inexorable du temps consacré à la lecture, de la mainmise d’Amazon qui bouleverse l’économie du livre, et plus largement le commerce des biens culturels, l’offre éditoriale des sciences humaines et sociales demeure fournie et impose d’innover.

Amazon est « un cancer, son but avoué est de supprimer les intermédiaires, d’en finir avec les libraires, puis d’en finir avec l’édition ». Éric Hazan, éditeur engagé à la tête de la Fabrique, ne mâche pas ses mots pour identifier la tourmente qui frappe son secteur. Invité par le site d’entretiens critiques Hors-Série, le professionnel devait concéder qu’« Amazon est notre premier client, comme c’est le premier client de tous les éditeurs », fustigeant l’obligation de se soumettre au cybermarchand omnipotent, le refus de vente demeurant un « délit correctionnel ». Dans cette tempête – le spectre de la faillite hantait récemment encore Aden en Belgique, les Éditions du croquant et les librairies Chapitre en France, pour ne citer qu’eux – le vocabulaire de la résistance est limpide : « On ne saurait trop inciter les gens qui lisent à acheter leurs livres dans les librairies. 

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La route jamaïcaine de Jean Victor Généus

— Par Bertrand Mercéus —

j_v_g« Luttes intestines aveugles, affrontements fratricides, gestion catastrophique des affaires publiques, manipulations ouvertes par les puissances étrangères… », paru sous le titre « La route jamaïcaine : Une chronique des relations historiques entre Haïti et la Jamaïque », le livre de Jean Victor Généus est une monographie permettant notamment de saisir les mœurs politiques haïtiennes pendant plus d’un siècle (1843-1950) ainsi que des relations d’amitié et de solidarité dans la vie commune de ces deux pays.

Dans cet ouvrage de plus de 350 pages, l’auteur, Jean Victor Généus, apporte des détails glanés sur la vie des hommes politiques ayant dirigé le pays de 1843 à 1950. Il nous permet de mieux comprendre non seulement notre histoire mais aussi des relations entretenues avec ce pays voisin, pendant une bonne partie de notre histoire de peuple. Située à seulement 160 kilomètres de la côte sud d’Haïti, la Jamaïque fut, selon l’auteur, un foyer d’intrigues et une frontière d’appui idéale pour la conquête du pouvoir en Haïti. « 14 présidents déchus et une quantité innombrable de leaders politiques y ont pris refuge.

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L’invention de la race

Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires

invention_race— Par Nicolas BANCEL, Thomas DAVID, Dominic THOMAS —

Comment est né le concept de « race » ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les « races inférieures » des « races supérieures » ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu’auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu’à être utilisé pour expliquer l’histoire et le devenir de l’humanité ?
L’Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la « race », et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie⋅ Cet ouvrage avance qu’à partir d’une origine européenne l’idée de race s’est étendue – par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands – à tout l’Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine.

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« Sotto l’immagine » de Nathanaël

sotto_l_imagineVient de paraître chez Mémoire d’encrier Sotto l’immagine, essai de Nathanaël inaugurant la nouvelle collection Cadastres.
Sotto l’immagine, c’est avant tout une réflexion sur la traduction et son impossibilité. Par la mise en relation d’éléments tirés du cinéma, de la littérature, de l’art, de l’histoire,Nathanaël interroge, interpelle, propose. Ce nouvel opus participe à cette quête polymorphe, translangagière, propre à l’auteure et où la traduction est mise à l’épreuve de la photographie⋅
Un livre singulier, insolite.

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« Les colonies, la Révolution française, la loi » Frédéric Régent, Jean-François Niort et Pierre Serna (dir.)

abolition_1794-cDEPUIS près de quatre siècles que la France possède des colonies ou des territoires d’Outre-Mer, elle a toujours hésité, pour ce qui concerne leur statut et leur législation, entre deux principes contradictoires, celui de l’assimilation et celui de la spécificité. La question se pose dès Colbert et n’est toujours pas tranchée aujourd’hui. Comment la Révolution française a-t-elle pris en considération la question de la législation des colonies ?
S’il y a un maintien de la spécificité législative sous l’Assemblée constituante, à partir de la loi de 1792 instituant l’égalité politique entre les blancs et les libres de couleur, les assemblées dirigeant la France adoptent une législation révolutionnaire radicalement nouvelle dans les colonies.

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Les propres de l’homme : autour de « Masculinités », de Raewyn Connell

— Par Jean-Louis Jeannelle —
masculinites-400Les opposants au mariage pour tous s’étaient fixé pour mission la défense d’un ordre « naturel » entre les sexes : inviter hommes et femmes à reconnaître leur complémentarité avait pour effet de les renvoyer à leurs différences, supposées immuables. Fallait-il comprendre qu’il existe une « nature » masculine ? Ouvrons le Dictionnaire des sexualités, dirigé par Janine Mossuz-Lavau, à l’entrée « masculinité » : « Historiquement était dévolu à l’homme ce qui relève de l’extériorité : l’initiative, l’action, la réalisation. Sur le plan de la personnalité, la fermeté, la maîtrise de soi, le contrôle des émotions. Revenait à la femme ce qui relève de l’intériorité et appartient à la sensibilité ».

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Parutions… Sociologie… Monde caraïbes… Travail social… Juin 2014

foot_bresilLE FOOTBALL BRÉSILIEN

Regards anthropologiques, géographiques et sociologiques

Sous la direction de Bertrand Piraudeau

Cet ouvrage décrit d’abord une brève histoire du football brésilien. Il analyse ensuite les mouvements migratoires des footballeurs professionnels brésiliens, les zones et les frontières dans la circulation globale des footballeurs et la part d’ombre dans le football brésilien. Enfin il souligne les centralités urbaines en relation avec les clubs de football brésiliens pour conclure sur une réflexion sur le paysage et l’identité à travers les stades brésiliens. Le livre est illustré par de nombreuses cartes, figures et photographies.

(Coll. Inter-National, 19,5 euros, 218 p., juin 2014) EAN : 9782343037110

EAN PDF : 9782336349169

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