Sociologie

L’inceste, ce crime encore trop banal perpétré à 96 % par des hommes

— Par Solène Cordier —

Selon l’enquête Virage, dont les derniers résultats ont été rendus publics lundi, un homme sur huit et près d’une femme sur cinq déclarent avoir subi des violences para ou intrafamiliales d’ordre psychologique, physique ou sexuel avant l’âge de 18 ans.

Le 2 septembre 1986, dans l’émission « Les Dossiers de l’écran », sur Antenne 2, Eva Thomas raconte le viol perpétré par son père quand elle avait 15 ans. Pour la première fois, une victime d’inceste témoigne ainsi à la télévision, à visage découvert, et s’adresse « aux femmes qui ont vécu ça » pour leur dire « qu’il ne faut pas avoir honte ». C’est une déflagration. Le lendemain et les jours qui suivent, les articles sur l’inceste se multiplient. Eva Thomas, qui a fondé à Grenoble un an plus tôt l’association SOS Inceste, reçoit des centaines de messages. Les victimes prennent la parole pour dénoncer les ravages provoqués par ces relations sexuelles imposées par un adulte dans le cadre familial.

Lire le reportage : A la brigade de protection des mineurs, la parole pour faire émerger les affaires d’inceste

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L’actualité de l’Outremer du 24 novembre 2020

L’éphéméride du 24 novembre

Parution de « L’origine des espèces » de Charles Dawin  le 24 novembre 1859

L’Origine des espèces (anglais : On the Origin of Species) est un ouvrage scientifique de Charles Darwin, publié le 24 novembre 1859 pour sa première édition anglaise sous le titre L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie.. Cet ouvrage est considéré comme le texte fondateur de la théorie de l’évolution. Dans ce livre, Darwin présente la théorie scientifique de l’évolution des espèces vivantes à partir d’autres espèces généralement éteintes, au moyen de la sélection naturelle. Darwin avance un ensemble de preuves montrant que les espèces n’ont pas été créées indépendamment et ne sont pas immuables.

Diverses idées de la théorie de l’évolution avaient déjà été proposées pour expliquer les nouvelles découvertes en biologie. Il y avait un soutien croissant à de telles idées parmi les dissidents anatomistes et le grand public, mais au cours de la première moitié du XIXe siècle l’establishment scientifique anglais était étroitement lié à l’Église d’Angleterre. La science faisait partie de la théologie naturelle et n’était alors pas indépendante des dogmes chrétiens.

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« Le concept de religion est une invention chrétienne seulement pertinente dans un cadre occidental »

Dans un ouvrage iconoclaste, le spécialiste de l’histoire des religions Daniel Dubuisson montre comment l’aspect universel du concept de « religion » masque son appartenance à un univers de pensée résolument occidental.

— Propos recueillis par Youness Bousenna —

Les religions ne sont en rien un phénomène universel, seulement une invention occidentale plaquée sur le reste du monde. Voilà le cœur du propos stimulant de Daniel Dubuisson dans L’Invention des religions* (CNRS Editions), publié à la mi-octobre et dont la version anglaise (parue en 2019 chez Equinox Publishing) vient de se voir décerner un prix d’excellence par l’American Academy of Religion (AAR).

Avec ce nouvel ouvrage, le directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui dialogue depuis une vingtaine d’années avec la branche critique des religious studies (« études religieuses ») américaines, cherche à introduire ce courant méconnu en France pour déconstruire les présupposés dominants dans l’analyse des religions.

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André Lucrèce : « Épidémie, le fléau aime le secret des tanières »

Illustration : Épidémie dansante de 1518

« Le virus est plus que jamais présent : il crée chez certains une angoisse perceptible, un visage douloureux chez d’autres, et aussi un insupportable sentiment de frustration devant le rétrécissement de la vie festive, voire devant l’amoindrissement de l’existence banale.

En 1941, Albert Camus lancé dans la perspective de son célèbre roman La Peste, écrivait un texte intitulé Exhortation aux médecins de la peste, qui loin d’être une martingale érudite, pose la question de l’attitude à avoir face à une épidémie. Bon sens et finesse constituent les marques des conseils avisés de l’écrivain-philosophe.

Il recommande aux médecins un certain nombre de précautions, ce que nous appelons aujourd’hui les gestes-barrières : ainsi le vinaigre à passer sur les mains correspond à la solution hydroalcoolique de nos jours, ne jamais regarder le malade en face afin de ne pas être dans la direction de son souffle et enfin de ne pas se placer dans le sens du vent pour les mêmes raisons. Camus insiste enfin sur un dernier point : « pour que le corps triomphe de l’infection, il faut que l’âme soit vigoureuse.

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Comment le confinement nous fait perdre la notion du temps

— Par Jean-Michel Normand —

Ces périodes élastiques où l’on confine et reconfine semblent avoir fait de nous des naufragés errant dans un jour sans fin. Et si ce brouillard chronologique permettait de réinventer notre rapport au temps ?

Et pourquoi pas un réveillon du Nouvel An le 1er avril, parmi jonquilles, tulipes et forsythias en fleurs ? Rien ne dit que les organisateurs ne vont pas décider de reprogrammer l’événement, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Au fond, ce serait presque la routine. Le tournoi de Roland-Garros, habituelle antichambre des beaux jours, nous a été servi en septembre avec les premières feuilles mortes. Idem pour le Tour de France, qui fleurait bon les vacances scolaires mais s’est invité pendant la rentrée des classes. Sans parler du calendrier des scrutins départementaux et régionaux remis en cause. Ou des grands-messes purement et simplement sacrifiées, du Hellfest au Mondial de l’automobile en passant par le Salon de l’agriculture.

Le remue-ménage imposé aux jalons qui rythment la vie collective fait écho au dérèglement insidieux de nos biorythmes individuels sous l’effet des nouvelles chronologies imposées par le Covid.

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« Toilettes sans tabou », un documentaire qui évacue les préjugés et recence les innovations

Sur Arte le 14 novembre 2020 à 22h 25

Depuis l’invention des cabinets à eau, les water-closets (WC), par l’ingénieur anglais Joseph Bramah au XVIIIe siècle, les sanitaires ont peu évolué en Occident. Or, ceux-ci gaspillent des quantités d’eau potable à chaque vidange de la cuvette. Dans le même temps, un tiers de l’humanité n’y a pas accès, comme en Inde où 800 millions de personnes en sont privées. Pour y remédier et faire évoluer les mentalités, les Nations unies ont lancé la Journée internationale des toilettes en 2013, chaque 19 novembre. En Asie, le Japon, la Corée du Sud ou Singapour ont déjà opéré leur révolution. Outre leur avance technologique sur les équipements sanitaires, ils promeuvent une culture des toilettes via des programmes d’éducation ou la création de parcs à thèmes. Aux États-Unis, la fondation Bill & Melinda Gates finance, de son côté, un concours à destination des scientifiques pour réinventer les sanitaires et encourager leur généralisation dans les pays pauvres. L’objectif : des équipements, peu gourmands en eau, écologiques et autonomes, capables de fonctionner sans électricité ni système de tout-à-l’égout.

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Martinique : près de 22000 foyers privés d’eau après un glissement de terrain

Un glissement de terrain a éventré une route nationale, sous laquelle se trouvait une canalisation transportant l’eau de la rivière Capot.

Des écoles fermées et un accès à l’eau fortement perturbé. En raison d’une casse sur le réseau d’eau potable, quelque 22 000 foyers de Martinique sont privés d’eau depuis vendredi matin, a annoncé la Société Martiniquaise des Eaux. Une casse liée à un glissement de terrain consécutif aux violentes intempéries qui ont eu lieu durant la semaine.

La rupture du réseau d’eau « perturbe notre production d’environ 20 % », a expliqué Philippe Ludosky, responsable d’agence Nord Eau Potable à la Société Martiniquaise des Eaux.

Des coupures tournantes seront mises en place, le volume d’eau disponible étant trop faible pour alimenter toute la population. Vendredi, les écoles de plusieurs communes sont restées fermées faute d’alimentation en eau potable.

Une route nationale éventrée

La canalisation qui a cédé transporte l’eau de la rivière Capot, dans le nord de l’île, et dessert le nord, le centre et le sud de la Martinique.

Cet important conduit se trouvait sous le tracé de la route nationale 1, éventrée mercredi après un glissement de terrain, consécutif aux intempéries.

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Bigots de tous les pays, lâchez-nous !

Le « Oui, mais » à la liberté d’expression revient sous diverses plumes, à croire que cette dernière est la cause des crimes commis au nom d’une religion prise en otage. Et si l’on en finissait avec cette version caricaturale ?

— Par Jack Dion

Dans sa grande générosité, Le Monde publie presque chaque jour un papier signé d’une (ou de plusieurs) éminence(s) intellectuelle(s) désireuses de nous expliquer que oui, sans doute, la liberté d’expression, c’est bien, mais à condition de ne pas y avoir recours, ou alors avec des pincettes, afin de ne pas choquer ceux qui y réagissent comme un chat échaudé.

William Marx, professeur au Collège de France, publie un article intitulé : « L’allergie au fait religieux est une erreur intellectuelle et une faute politique ». Dit comme ça, on acquiescerait volontiers au propos. Mais où le respectable professeur a-t-il vu le début du commencement d’une quelconque « allergie au fait religieux » ? S’il pense à la France, il se trompe de route, sauf à la décrire avec les lunettes déformantes de la presse américaine.

C’est d’ailleurs ce qu’il fait, toute honte bue. Une fois condamné la décapitation de Samuel Paty, William Marx explique que la caricature, c’est de la dynamite, et qu’il faut la manier avec précaution.

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Dictionnaire international Bourdieu

Descriptif

Près de 600 notices, une équipe de 126 auteurs venus de vingt pays et réunissant les meilleurs spécialistes de Pierre Bourdieu, sociologues, politistes, philosophes, historiens, anthropologues, littéraires… Par sa dimension collective, internationale et interdisciplinaire, ce Dictionnaire renouvelle en profondeur l’état des savoirs sur l’auteur de sciences sociales aujourd’hui le plus cité au monde.
Les entrées portent aussi bien sur les concepts, objets de recherche, méthodes, disciplines et courants intellectuels avec lesquels Bourdieu a dialogué, que sur ses auteurs de prédilection et ses rapports avec ses contemporains, ses ouvrages, les revues, éditions, associations qu’il a fondées, les événements marquants comme la guerre d’Algérie, Mai 68, les grèves de 1995, ainsi que les principaux pays de réception de son travail (de l’Europe à la Chine et au Japon en passant par l’Amérique latine, les États-Unis et le monde arabe). S’y trouvent également abordés, entre autres aspects biographiques, la passion de Bourdieu pour le rugby ou son aspiration de jeunesse à devenir chef d’orchestre, ses relations avec ses professeurs (Raymond Aron, Georges Canguilhem, Jules Vuillemin), les groupes qu’il a créés, sans oublier ses engagements politiques, qu’il concevait sous la forme d’un  » intellectuel collectif « .

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D’Indochine à la Guyane, les Hmong ont trouvé leur terre

— Par Pierre Vaireaux —

En 1977, à leur arrivée dans le village de Cacao, en Guyane française, il n’y avait rien. Ils ont tout construit : routes, écoles, habitations, cultures agricoles… Aujourd’hui, les Hmong, supplétifs de l’armée française lors de la guerre d’Indochine, semblent avoir réussi leur intégration au sein de la société guyanaise multi-ethnique. Mais 43 ans plus tard, qu’en est-il réellement ? Et quel avenir s’offre à leurs enfants ? Notre journaliste nous entraîne au cœur de la forêt amazonienne, à la rencontre de ce peuple singulier.

orsque la guerre d’Indochine éclate en 1946, certains d’entre eux combattent aux côtés des forces françaises, puis aux côtés des Américains durant la guerre du Vietnam. Alors, quand les communistes prennent le pouvoir dans la péninsule en 1975, les Hmong sont considérés comme des traîtres. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux doivent fuir le Vietnam et le Laos pour se réfugier en Thaïlande. L’ONU leur reconnaît le statut de réfugié. Et des pays occidentaux, notamment la France et les États-Unis, proposent d’accueillir certains d’entre eux.

Pour un millier de ces réfugiés, la destination sera… la Guyane française.

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L’éphéméride du 7 novembre

Début du procès à grand spectacle de Landru le 7 novembre 1921

Henri Désiré Landru, né le 12 avril 1869 à Paris (19e arrondissement) et mort le 25 février 1922 à Versailles, est un célèbre tueur en série et criminel français. Il fut surnommé « le Barbe-Bleue de Gambais ».

Biographie
Origines
Henri Désiré Landru est issu d’une famille modeste. Il est né en 1869, au 41 rue de Puebla (aujourd’hui avenue Simon-Bolivar)1 dans le quartier de Belleville à Paris et est le fils cadet de Julien Alexandre Silvain Landru, 34 ans, chauffeur aux Forges Vulcain (qui se suicida au Bois de Boulogne le 28 août 1912), et de Flore Henriquel, 34 ans2, couturière et blanchisseuse à domicile (décédée en 1910)3. Le couple avait déjà une fille, Florentine Marguerite Landru (née en 1854). La famille est établie à Paris, rue du Cloître-Notre-Dame, où Landru a passé l’essentiel de son enfance heureuse4.

Il fréquente l’école des Frères de la rue de Bretonvilliers et y fait de bonnes études, remarqué pour ses aptitudes en dessin et en mathématiques5. Il est enfant de chœur à l’église Saint-Louis-en-l’Île où sa famille s’est installée quelques années plus tôt, il y officie parfois comme sous-diacre en 1888, si bien que ses parents envisagent de le faire entrer au séminaire5.

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Des textes en hommage à Samuel Paty

Au cours de l’hommage à Samuel Paty, organisé ce mercredi dans la Cour de la Sorbonne en accord avec la famille de l’enseignant assassiné, des textes à valeur historique ont été lus, que tous les élèves de France et de Navarre se devraient de connaître… Mais aussi, écrit dans l’émotion, le poème d’un jeune chanteur… Pour que selon les mots d’Emmanuel Macron, « les lumières ne s’éteignent jamais ».  

De Jean Jaurès : extraits de « Lettre aux instituteurs et institutrices » (La Dépêche de Toulouse, 15/01/1888) 

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire, à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fermeté unie à la tendresse.

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L’éphéméride du 29 octobre

Jeanne de Brigue, dite La Cordelière, fut la première personne jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris, le 29 octobre 1390.

Elle fut brûlée vive le 19 août 1391.

Illustration : Sorcières cuisinant des enfants – tiré du Compedium maleficarum de Francesco Maria Guazzo, 1608

Biographie
Jeanne de Brigue est une paysanne de la région de Brie. Elle est connue pour ses dons de guérison et de voyance. Son procès a lieu à Paris et elle est incarcérée à la prison du Châtelet. Le 13 août 1391 elle est menée au marché aux pourceaux rue Saint-Honoré.

La chasse aux sorcières est la poursuite, la persécution et la condamnation systématique et en masse de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Si la condamnation des pratiques de sorcellerie se rencontre à toutes les époques et dans toutes les civilisations, cette chasse aux sorcières du Moyen Âge tardif et surtout de la Renaissance est particulière par la croyance en un complot organisé de sorcières se réunissant en sabbat pour détruire la chrétienté en faisant un pacte avec le diable, et par la persécution et la traque massive de ces prétendues sorcières.

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Comment les enfants choisissent-ils leurs amis ?

—Par Kevin DITER, post-doctorant, chaire « enfance, bien-être et parentalité », École des hautes études en Santé publique (EHESP) —

À l’instar des adultes, les enfants sont loin d’avoir des pratiques démocratiques quand il s’agit d’amitié et sont très sensibles aux jugements de leur entourage. Explications.

« Il manque un temps à ma vie / Il manque ton rire, je m’ennuie / Il me manque toi, mon ami, mon alter ego », chantait Jean‑Louis Aubert en 2001. Si cette chanson de Jean‑Louis Aubert est peu connue des enfants – et est souvent associée « à un truc de vieux » comme ils me l’ont agréablement fait remarquer lors d’un cours de musique – son titre et son refrain sont en revanche très présents dans leur réalité quotidienne.

C’est le cas notamment lorsqu’ils s’amusent à classer leurs camarades par niveau d’affinité dans des catégories aussi différentes, précises et hiérarchiques que « meilleur ou vrai ami », « ami », « copain » ou « juste copain ».

À l’instar de celles des adultes, les pratiques affectives et amicales des enfants ne sont pas démocratiques, tant s’en faut. Les garçons et les filles reconnaissent très difficilement pouvoir « tomber ami ou tomber même meilleur ami » (sic) de tout un chacun, quels que soient son âge, son sexe, ses activités récréatives préférées ou encore son apparence.

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« L’imposture décoloniale. Science imaginaire et pseudo-antiracisme. » par Pierre-André Taguieff

Résumé

« Le chemin de la simple justice n’est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d’une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d’autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d’actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d’une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d’expression, les libertés académiques et la laïcité…

L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l’intimidation.

Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur.

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L’éphéméride du 26 octobre

Fusillade d’O.K. Corral le 26 octobre 1981

La fusillade d’O.K. Corral est un affrontement qui s’est déroulé le mercredi 26 octobre 1881 dans la ville de Tombstone en Arizona aux États-Unis.

Bien que seulement trois hommes aient été tués durant le combat, il est généralement considéré comme la plus célèbre fusillade dans l’histoire de la Conquête de l’Ouest, grâce à des films comme Règlements de comptes à OK Corral. Il vit s’affronter les frères Wyatt Earp, Morgan Earp, Virgil Earp, associés de Doc Holliday contre Frank McLaury, Tom McLaury, Billy Claiborne, Ike Clanton et Billy Clanton. Ike Clanton et Billy Claiborne s’enfuirent du combat, sains et saufs. Morgan Earp, Virgil Earp et Doc Holliday furent blessés. Les deux frères McLaury et Billy Clanton furent tués. Ils ont été enterrés dans le cimetière de Tombstone : Boothill

Analyse
La cause directe du conflit qui conduisit à la fusillade fut l’arrestation de deux cow-boys par Virgil Earp, agissant en sa qualité de Marshall fédéral, pour un vol de diligence. Un autre cow-boy sous l’emprise de la boisson proféra des menaces contre les Earp, ce qui les mit en garde.

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17 Octobre, Journée mondiale de la misère, les associations de Martinique agissent ensemble

À l’initiative de l’association Culture Égalité, s’est tenu, samedi 17 octobre, sur la place de l’Enregistrement de Fort-de-France, un rassemblement des associations de Martinique qui luttent tous les jours pour dire « non à la misère ».

Le 17 octobre, c’est en effet, la « journée internationale pour l’élimination de la pauvreté » mais c’est donc l’occasion de rassembler nos forces pour lutter contre l’exclusion sociale.

L’ACISE Samu social, l’ALS (association pour le logement social) la CCPYPM (Jardins partagés de Trénelle..Eco-lieu de Tivoli ..) la Croix-Rouge, ESA Caraîbes, SDF (Soulagé Difikilté Frèw) le Club Soroptimist de Fort-de-France  « Alizés -Sud », le Mouvement du Nid, Culture Égalité se sont rassemblées afin « de porter la voix des personnes en situation de précarité et de précarisation, de les rendre visibles, de mieux connaitre l’ensemble des acteurs concernés pour des solutions concertées et organisées. »

La ville de Fort-de-France était aussi partie prenante sur le plan de la logistique, de l’organisation mais aussi par la présence, notamment de deux élues, venues exposer les actions et les engagements de la ville sur la question 

Après la présentation de chaque association, des différentes actions que chacune mène, le constat est unanime : le nombre de bénéficiaires ne cesse d’augmenter, la population concernée est de plus en plus diverse (jeunes, familles, personnes âgées) et les problématiques, en plus de la misère, s’étendent à des situations difficiles à gérer, notamment la question de la maladie mentale et de ses conséquences qui a fait l’objet d’un long débat.

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Anatomie du vandalisme martiniquais

— Par Michel Herland —

Dans une tribune publiée au mois de septembre, complétée en octobre d’un « rappel en guise de post-scriptum », Michel Herland revient sur les événements qui se sont déroulés, en mai et en juillet 2020 à Fort-de-France, comme dans d’autres communes de la Martinique. Des événements qui ont agité et ému plus particulièrement la « ville-capitale ».

Une tribune bien documentée et argumentée, rapportée  ici in extenso. Où l’on voit que l’histoire s’écrit et se réécrit comme un palimpseste. Que la jeunesse de mai 2020 fait écho à celle de « mai 68 ». Et qu’hélas, « désirer n’est pas vouloir ». (Janine Bailly)

Mordre la main qui vous nourrit

Dans la foulée du mouvement Black Lives Matter et du déboulonnage des statues des anciens esclavagistes aux États-Unis, de jeunes Martiniquais se sont manifestés par un coup d’éclat. Le 22 mai 2020, jour férié en Martinique en commémoration de l’abolition de l’esclavage, ces jeunes (qualifiés, à l’américaine, d’“activistes”) n’ont trouvé rien de mieux que détruire deux statues de Victor Schœlcher (1804-1893) pourtant unanimement considéré comme le père de l’abolition de 1848.

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L’éphéméride du 4 octobre

Création de la Sécurité Sociale par l’Ordonnance du 4 octobre 1945

La Sécurité sociale est un système assurant des ressources dans un certain espace financier prévu à cet effet ainsi que l’accès aux besoins essentiels (éducation, eau, nourriture, hygiène) à certains citoyens ayants droit hors catastrophe, guerre ou calamité, qui ont accès à une couverture de santé de par leur régime lié au statut (militaire) ou leur fonction d’état et leur pauvreté (si celle-ci est reconnue réelle par les collectivités locales et régionales par exemple). La sécurité sociale fait partie de la protection sociale, elle-même faisant partie de la politique sociale qui est intégrée dans la politique publique ou politique d’État commune. Les administrations de sécurité sociale sont les organismes de droit privé, chargés d’une mission de service public ou privée lorsque celle-ci est d’intérêt public légalement. La Sécurité Sociale est instituée en France le 19 octobre 1945 par ordonnance du général de Gaulle.

Présentation
Les termes sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :

« Art. 22 — Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

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L’éphéméride du 23 septembre

Naissance à Limoges de la C.G.T. le 13 septembre 1895

La Confédération générale du travail, abrégé en CGT, est un syndicat français de salariés créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l’État avant la réforme de 2008.

La CGT a obtenu 1 570 500 suffrages (34 %) aux élections prud’homales de décembre 2008 (lors de ces élections un salarié sur quatre, soit 25 % du collège employés, a voté). Elle figure comme l’une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d’entreprise comme parmi les délégués du personnel. En 2017, 653 222 salariés sont syndiqués à la CGT, ce qui en fait la première confédération syndicale française en nombre d’adhérents1.

L’actuel secrétaire général de la confédération est Philippe Martinez.

La CGT est affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI). Elle a longtemps été un élément moteur de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de laquelle elle s’est désaffiliée en 1995. Lors de son 52e congrès à Dijon, les délégués votent un amendement actant à nouveau la recherche de l’unité avec les syndicats membres de la CSI, la CES mais aussi la FSM.

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« Le traitement réservé à Danièle Obono est une offense faite aux femmes, à toutes les femmes »

— Collectif —

Pour la philosophe Martine de Gaudemar, qui est à l’initiative d’un texte signé par plus de 60 intellectuels, enseignants, artistes…, l’article de« Valeurs actuelles », avec pour héroïne « de fiction » la députée française, est une humiliation de sa personne en ce qu’il la renvoie à un destin de soumission qui serait « naturel ».

Tribune. Sous couleur de fiction, la députée (La France insoumise) de la République Danièle Obono a été victime d’un traitement ignoble de la part du magazine Valeurs actuelles dans un article non signé [dans son numéro du 27 août]. Le fait d’être représentée en esclave noire enchaînée, collier de fer au cou, porte atteinte à la dignité de la personne humaine.

Les propos tenus par Danièle Obono, que certains peuvent réprouver, ne doivent pas servir de prétexte pour refuser la solidarité avec la victime d’un traitement infâme. Il peut y avoir désaccord politique. Mais aucun différend politique ne saurait justifier un traitement qui porte atteinte à l’image de la personne humaine. Mettre ce traitement ignominieux au compte de celui ou de celle qui le subit n’est pas mieux que d’incriminer les vêtements portés par la victime d’un viol.

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Diffraction du temps et tensions au sein de la société martiniquaise

— Par André Lucrèce, Sociologue, Écrivain —
La plupart des réactions aux tensions existantes dans la société martiniquaise ne produisent pas de sens et encore moins d’analyses ou de solutions à une situation qui risque de perdurer. Diffraction du temps car tandis qu’une jeunesse en colère – et je ne parle pas seulement de ceux qui se revendiquent du drapeau « rouge, vert, noir » – dénonce une situation intolérable dans notre pays, la réponse de certains « analystes » et de certains médias est de tomber dans l’emphase historique.
Je l’ai rappelé récemment lors une interview donnée à France Culture à l’occasion d’une émission sur Fanon : Fanon a fertilisé à un niveau jamais atteint la connaissance du monde colonial. Son introspection de ce monde, intelligente et sensible, est éminemment précieuse. Une des idées fondamentales de Fanon est de ne jamais être en état de créance ou de débit vis-à-vis de l’histoire.
« Je ne suis pas prisonnier de l’histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée » affirme-t-il et il ajoute : « Je ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères », « Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués ».

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« Les silencieux », nouvel essai d’Éric Delbecque : une lecture de salubrité publique à l’heure du procès des attentats de janvier 2015

Cet expert en sécurité, qui fût le responsable de la sûreté de Charlie Hebdo après les attentats, est aussi l’auteur de nombreux essais. D’une écriture claire qui exprime une pensée qui ne l’est pas moins, il remet les points sur les i du djihadisme dans son dernier essai. 

Un silencieux, c’est ce petit cylindre que l’on visse sur le canon d’une arme pour en atténuer le bruit lorsque l’on tire. « Les silencieux », pour Éric Delbecque, ce sont ces salafistes dits « quiétistes » et « politiques » qui endorment et émoussent notre vigilance, en ne suscitant à chaque franchissement de ligne démocratique et républicaine qu’une réaction de basse intensité de notre société. Dès les premières lignes, l’auteur a le mérite d’énoncer clairement son postulat : la lutte contre le terrorisme n’est rien, si l’on n’en comprend pas les mécanismes de la genèse, autrement dit si l’on ne combat pas l’idéologie qui y mène. Les silencieux, d’Eric Delbecque, est publié le 27 août 2020 aux éditions Plon (384 pages, 21€).

Expert en sécurité (il fût le responsable de la sûreté de Charlie Hebdo après les attentats), Eric Delbecque n’a pas oublié les classiques.

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Le poids de l’assimilation est encore réel

— Par Frantz Succab —

Quand le président Macron annonce une loi contre le « séparatisme », c’est le vieux républicanisme nationaliste français qui redevient d’actualité ; celui-là même, qui prôna l’assimilation comme crédo pour l’ensemble de ses possessions coloniales. La lutte de l’État français contre le séparatisme dans les outremers a une histoire singulière.  Qui qualifiait-on ici de « séparatistes » ? Ceux qui voulaient sortir du statut de colonisés assimilés. Sous ce rapport, une récente publication intitulée « Aux Antilles, le socle culturel de l’assimilation n’est plus d’actualité » signée Jean-Marie Nol (Madinin’art 31/8/2020) suscite en nous une réflexion critique.

De notre point de vue, pour commencer, l’assimilation ne fut jamais le « socle culturel » de la problématique politique en Guadeloupe, mais le couvercle institutionnel et idéologique qui pèse en permanence sur l’esprit public. Qu’est-ce qui conduit l’auteur à poser comme dépassé un obstacle qui paralyse encore toute volonté de faire peuple, voire nation singulière ?

Même lorsque le constat est fait qu’en Martinique et en Guadeloupe il y a rejet par une partie de la jeunesse des symboles de la présence française, pourquoi minimiser en parlant de « banalisation de la radicalisation des esprits ».

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