Sociologie

L’actualité de l’Outremer du 1er mars 2021

Lutte contre les rodéos motorisés : rappel des sanctions prévues

Roues arrières avec des motos, des scooters, des pocket-bikes ou encore des quads. La lutte contre les rodéos motorisés, dits rodéos sauvages ou rodéos urbains fait l’objet d’un cadre juridique visant à prévenir et réprimer ces pratiques dangereuses. Rappel des sanctions prévues pour ces comportements avec Service-Public.fr.

Les peines encourues sont les suivantes :

  • 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour adopter, au moyen d’un véhicule motorisé, une conduite répétant de façon intentionnelle des manœuvres constituant des violations d’obligations de sécurité ou de prudence prévues par le code de la route, dans des conditions qui compromettent la sécurité des usagers de la route ou qui troublent la tranquillité publique ;
  • 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende lorsque ces faits sont commis en réunion ;
  • 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque le conducteur est dans l’un de ces 3 cas :
    • sous l’empire de l’alcool ou a refusé de se soumettre aux vérifications prévues destinées à l’établir ;
    • sous l’empire de produits stupéfiants ou a refusé de se soumettre aux vérifications ;
    • n’est pas titulaire du permis de conduire ou que son permis a été annulé, invalidé, suspendu ou retenu.

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« Une maîtrise de la langue française pour tous, remède aux ghettos identitaire et social »

— Par Alain Bentolila —

Alain Bentolila, linguiste et auteur de « Nous ne sommes pas des bonobos, créateurs et créatures » publié prochainement aux éditions Odile Jacob, estime que la langue est la seule capable de bâtir une identité nationale et de combattre le séparatisme.

Alors qu’une partie de notre jeunesse semble prête à faire sécession culturelle et cultuelle, ce n’est certainement pas dans une loi que nous trouverons des raisons d’espérer repousser la tentation délicieuse du séparatisme. Seul un dialogue lucide et fertile invitant l’autre sur notre territoire et nous offrant les clés du sien, peut nous éviter la guerre civile.

Identité et appartenance

Dans une telle perspective, il est primordial d’effectuer une stricte distinction entre appartenance (x ∈ E) et identité (x = E). Car cela conditionne la capacité de chaque citoyen de penser librement ses engagements, sans pour autant avoir honte de ses racines. En d’autres termes, une appartenance ne se renie pas, mais elle ne doit jamais déterminer nos analyses et nos convictions. Chérir sa spécificité culturelle ou spirituelle sans jamais aliéner son libre arbitre permet de construire un dialogue dans lequel chaque identité singulière contribue à construire l’intelligence collective.

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Les relations amoureuses au travail relèvent-elles de la vie privée ?

Risquez-vous le licenciement en cas de relations amoureuses qui se termineraient mal au travail ? Dès lors que cette relation n’a aucun retentissement au sein de l’entreprise, la Cour de cassation estime que le licenciement peut être abusif.

Engagé le 3 juin 2002 au sein d’une banque en qualité de formateur, un salarié est licencié pour faute grave le 6 juillet 2015 pour les faits suivants.

Pendant des mois, il avait entretenu une relation amoureuse avec une collègue, relation faite de ruptures et de sollicitations. Par courriel du 16 octobre 2014, ils conviennent que la relation doit s’arrêter. Pourtant, le salarié installe une balise GPS sur le véhicule personnel de sa collègue aux fins de la surveiller à son insu.

Il lui envoie de nombreux messages intimes, notamment deux mails via sa messagerie professionnelle. Le constat est clair : sa collègue ne souhaite plus avoir de contact en dehors de l’activité professionnelle.

Devant cette insistance, et l’installation du GPS, l’employeur le licencie pour faute grave.

La cour d’appel estime pourtant que ce licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse : le GPS a été installé sur le véhicule personnel de la salariée.

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À venir, « Regard noir », un film d’Aïssa Maïga

L’actrice dénonce dans un documentaire, qui sera diffusé en exclusivité le 16 mars sur Canal+, le manque de diversité du cinéma français. 

« Regard noir »

Le film, co-réalisé avec Isabelle Simeoni¹, revient sur la représentation des femmes noires dans les fictions. Les deux réalisatrices ont affirmé, dans une interview sur Canal+, vouloir « mettre un coup d’accélérateur parce que le progrès, ça se construit… L’un des objectifs du film est de démontrer que grâce aux combats individuels et collectifs, le monde s’améliore… Il est essentiel, après ces années d’effacement, que la parole des femmes soit valorisée, que leur présence, leur créativité, leur puissance, leur intelligence et leur force de travail soient enfin reconnues… »

Pour débattre de la question, elles sont allées à la rencontre de celles et ceux qu’elles qualifient de “talents, créateurs et experts”. Parmi eux, on retrouve Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, l’actrice et icône féministe Adèle Haenel, la réalisatrice et activiste Ava DuVernay réalisatrice de Selma, la star brésilienne Tais Araujo, les actrices Firmine Richard, Phylicia Rashād, ou encore Sonia Rolland, Miss France 2000 que l’on peut voir actuellement dans la série Tropiques Criminels, tournée entre autres sur l’île de Martinique. 

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LaBaLaVi : sur France.tv, une web-série pour « colmater les oublis de l’Histoire »

Les objectifs de la web-série 

Avec LaBaLaVi, visible sur Le portail des Outre-mer, nous découvrirons, en douze épisodes, des destins rarement pris en compte par l’Histoire de France, ceux des « migrants de l’intérieur ». Le photographe-réalisateur Cédrick-Isham, d’origine guadeloupéenne, et l’auteure-journaliste Kelly Pujar, d’origine martiniquaise, nous emmèneront à la rencontre des Ultramarins qui vivent sur le sol de la France hexagonale. Certains y sont venus par le Bumidom – le bureau pour le développement des migrations dans les départements d’Outre-mer – d’autres, non. Certains de leur plein gré, d’autres non. S’ils sont de profils divers et différents, ces hommes et ces femmes – de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane ou de La Réunion – sont souvent arrivés en quête d’une vie meilleure, portés par leur seul espoir. Recueillir leurs histoires de vie, explorer leurs sentiments et leur ressenti, mettre en lumière leurs luttes, et les combats du quotidien.… au fil de ces échanges naîtront des témoignages touchants sur la vie “là-bas” : c’est en effet par cette locution que les habitants des Outre-mer désignent souvent la France, d’où le titre choisi pour la série :  LaBaLaVi.

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Accusations de viol: depuis Duhamel, d’autres personnalités visées

Paris – Les témoignages, plaintes pour viol et enquêtes visant des personnalités se multiplient depuis qu’a éclaté début janvier l’affaire Olivier Duhamel, politologue de renom accusé d’inceste sur son beau-fils.

– Olivier Duhamel –  

Dans un récit autobiographique publié début janvier, « La familia grande » (Ed. Seuil), la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d’abus sexuels sur son frère jumeau « Victor » – prénom d’emprunt – quand ce dernier était adolescent, à la fin des années 1980.  

« Étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions« , écrit l’ancien eurodéputé PS sur Twitter, seule réaction publique de sa part à ce jour. 

Le parquet de Paris ouvre une enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans« . Le 26 janvier, « Victor » Kouchner porte plainte contre Olivier Duhamel. 

Camille Kouchner cite, parmi les motifs l’ayant incitée à parler, le livre « Le Consentement » de l’éditrice Vanessa Springora, qui avait décrit il y a un an sa relation, alors qu’elle était adolescente, avec l’écrivain Gabriel Matzneff.

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 Parlez-moi d’amour : des voix célèbres pour répondre

14 février

14 février, date tragique dans l’Histoire de la Martinique, mais aussi dans son “Aujourd’hui” : en marge des “vidés marrons”, tenus à l’écart des festivités officielles, au Lamentin ou au quartier Godissard de Fort-de-France, pompiers et policiers ont été appelés à intervenir pour des faits de violence. On a relevé trois blessés par balle ou arme blanche. Ainsi, en 2021, une manifestation festive peut-elle dégénérer en drame, niant l’allégresse d’un Carnaval auquel on n’a pas voulu, en dépit de la situation sanitaire, se soustraire.  

14 février, jour de Saint Valentin, fête dévolue à l’amour ? Avec France-Culture, on s’interroge : c’est quoi, l’amour ? Un peu de douceur donc, dans ce flot d’informations dramatiques qui chaque matin nous inonde… « En cette journée de Saint Valentin, journée pour célébrer l’amour, on aurait aimé poser encore la question aux intellectuels et artistes qu’on aime, certains déjà disparus, d’autres encore là sur la scène de la vie : l’amour, pour eux, qu’est-ce que c’est ? Duras, Aragon, Yourcenar, de Beauvoir… donnent leur définition, forcément subjective. » Car quel sujet d’attention est plus universel que l’amour ?

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Le piège de la Saint-Valentin

Fête des fleuristes et des restaurateurs

— Par Jean-Claude Kaufmann —

Véritable crève-cœur pour les célibataires, travaux forcés de l’amour pour les couples… Et si la Saint-Valentin reposait avant tout sur la culpabilité masculine ? Le sociologue Jean-Claude Kaufmann décrypte ce qui se cache derrière les petits cœurs en velours rouge et les bouquets de fleurs.

Certaines dates sont redoutables pour les célibataires. Mais rien n’égale en horreur la Saint-Valentin. Les petits cœurs en velours rouge ou en chocolat sont autant de crève-cœur. Et ne parlons pas de sortir au restaurant ce soir-là ! Comment trouver sa place sans se sentir montré du doigt entre les alignements de tables pour deux avec bougie ? Officiellement, la Saint-Valentin se présente comme la fête de l’amour. En réalité, elle est bien davantage la fête du couple, voire de la norme conjugale, qui stigmatise ceux dont la vie privée est différente. À la Saint-Valentin, il en est qui rasent les murs. Et tout cela sans parler du commerce ! La Saint-Valentin est avant tout la fête des fleuristes et des restaurateurs. Mais cela n’explique pas tout.

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Droit à la déconnexion : ce qui est prévu, ce qui ne l’est pas

En dehors de ses heures de travail, tout salarié n’est pas tenu d’être en permanence joignable par son employeur pour des motifs liés à l’exécution de son travail. Dans le cadre du télétravail, mis en place de façon exceptionnelle ou non, le droit à la déconnexion s’applique également. Cependant, les modalités de ce droit doivent être prévues par l’entreprise. Instauré par la loi dite « Loi travail » du 8 août 2016, le droit à la déconnexion est en vigueur depuis le 1er janvier 2017. Il est consacré à l’article L. 2242-17 du Code du travail.

Le droit à la déconnexion vise à :

  • assurer le respect des temps de repos et de congés ;
  • garantir l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale ;
  • protéger la santé des salariés.

Le Code du travail ne définit pas les modalités d’exercice du droit à la déconnexion et prévoit que celles-ci doivent être déterminées au niveau de l’entreprise, par le biais d’un accord employeur-salariés, dans le cadre de la négociation annuelle sur la qualité de vie au travail et sur la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques.

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Que tous les pédocriminels tremblent !

— George Arnaud, de Culture Egalité —
Dans les situations de violences sexuelles, la libération de la parole des enfants a toujours été difficile, parce que l’agresseur c’est un père, un frère, un oncle, un cousin, un ami de la famille… Pression du prédateur, pression familiale, pression religieuse, culpabilité, honte, incompréhension…

Les temps ont changé messieurs les agresseurs. Autant vous dire, au nom de nos mères qui ont fermé la bouche pour que la famille ne se disloque pas, en nos noms, qui avons subi vos mains baladeuses, vos insinuations, vos remarques sur les «bonnes femmes», que nos filles reprendront le flambeau. Le comité du 8 mars

Autant de barrières qui empêchent l’enfant de comprendre ce qu’il vit et de pouvoir parler ! Ensuite, les adultes à qui l’enfant se confie ne le croient pas, ferment les yeux et les oreilles. L’important pour eux est de préserver la réputation de la famille. Pendant ce temps, ces enfants, le plus souvent des filles, supportent, subissent ces violences dont les conséquences polytraumatiques sont terribles.

Dans cette société, de manière quasi normale, la misogynie et le sexisme favorisent l’exploitation des corps des femmes et des jeunes filles, jusqu’à les considérer comme des objets au service du désir masculin, jetables dès lors qu’il ne correspond plus à ce désir.

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La décrépitude démographique : problème n° 1 de Martinique

— Par Gerry L’Étang —

Alors qu’approche la mère des batailles politiques martiniquaises : l’élection dans quelques mois (juin ?) de l’assemblée et de l’exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), il est plus urgent que jamais d’intégrer dans le débat politique le problème principal, démographique, auquel se trouve affronté le pays.

L’INSÉÉ établissait qu’au 1er janvier 2017, il y avait 372 594 habitants en Martinique. Cet organisme estimait que deux ans plus tard, soit au 1er janvier 2019, il n’y avait plus que 363 480 habitants dans l’île, et qu’en dix ans, cette dernière avait perdu en moyenne 3 300 habitants par an (avec une accélération les dernières années), soit une baisse annuelle de 0,8% de sa population.

Les perspectives sont encore plus sombres. Le site PopulationData.net, qui recense les données démographiques mondiales, estime qu’au 1er janvier 2021, l’île n’a plus que 355 094 habitants et que leur diminution est désormais de 1,03% par an. Et selon les projections des Nations Unies, la Martinique comptera dans trente ans, en 2050 donc, 300 000 habitants. A ce compte, on peut craindre que le pays ne perde dans moins d’un siècle l’intégralité de sa population.

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Complices

—- Communiqué du Collectif du 8 mars —

Une bombe a explosé sur les belles plages carte postale de Martinique.C’est une lettre qui a tout déclenché… Elle est écrite avec fébrilité, on le sent, elle est écrite avec le cœur, on le sent aussi… Elle est écrite avec la peur au ventre, ça aussi on le sent.

Trois femmes, Barbara, Karine, Valérie ont décidé de dire stop. Stop à la belle impunité qui voulait nous enfoncer nos douleurs, notre rage au fond de la gorge. Elles ont osé hâter la fin du temps des Orphée. Faire tomber les statues qui trônent fièrement dans nos mythologies patriarcales créoles.

Il parlait bien, il était charismatique, s’impliquait pour les damnés de la terre… et dans le même temps il piétinait l’innocence de fillettes. Cela nous rappelle trop d’autres prédateurs. Aujourd’hui Marc Pulvar est déboulonné de son piédestal. Trois femmes, ont pris la main des trois petites filles d’alors et leur ont dit que plus jamais on ne les fera taire. Merci Barbara, merci Karine, merci Valérie…

Marc Pulvar aujourd’hui, Emile Largen hier, et à chaque fois, une espèce de silence de cathédrale des médias «officiels» de notre pays, et de nos élu.e.s!

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L’éducation des enfants blancs dans les colonies à l’époque de l’esclavage des Noirs

— Par Raphaël Adjobi —

A ma connaissance, l’éducation des enfants blancs dans les colonies est un sujet jamais étudié par les historiens. Par exemple, aucun historien français ne s’est intéressé à la vie que menaient les émissaires des royaumes européens, administrateurs des nombreux forts servant de prisons aux captifs africains avant leur déportation vers les Amériques. Une étude aurait montré comment étaient élevés leurs enfants dans ce cadre. On ignore tout de ces hommes – jamais des femmes ? – jusqu’à leur nom. Alors que le seul Noir qui a géré un « barracon » – de très moindre importance qu’un fort – sur la côte de Guinée est connu : il s’agit du Brésilien métis Chacha. Rien non plus sur la vie de famille des colons européens dans les Amériques. Or, il nous semble important d’aborder ce thème pour bien comprendre comment le système esclavagiste du « colonat » – ou d’occupation d’une terre étrangère et son exploitation par un peuple pour son profit personnel – a pu se perpétuer durant des siècles. En effet, savoir comment on éduque un colon – pour ne pas dire comment on le fabrique – c’est étudier un élément clef du mécanisme de la domination de l’homme blanc qui, depuis qu’il a quitté l’Europe pour s’implanter sous d’autres cieux, ne s’est jamais intégré aux populations locales.

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“Comment puniriez-vous cette esclave ?” : question posée à des collégiens aux États-Unis

Capture d’écran d’une question polémique posée le 1er février aux élèves d’un collège à Sun Prairie, dans le Wisconsin, aux États-Unis. « Comment puniriez-vous cette esclave ? », peut-on lire. © Facebook

Texte par : La rédaction des Observateurs

Pour marquer le premier jour du Black History Month, une commémoration annuelle, en février, de l’histoire de la diaspora africaine aux États-Unis, un collège de Sun Prairie (Wisonsin) a posé une question pour le moins étrange aux élèves d’une classe de sixième : “Comment puniriez-vous cet esclave ?”. En colère, des parents d’élèves ont posté des captures d’écran du cours sur les réseaux sociaux. 

L’établissement Patrick Marsh Middle School a posé la question suivante, “Comment puniriez-vous cette esclave ?”, aux élèves pendant un cours d’études sociales, en ligne, censé aborder les pratiques envers les esclaves dans l’ancienne Mésopotamie. “Une esclave se tient devant vous. Cette esclave a manqué de respect à son maître en lui disant : “je ne suis pas ton esclave !”, peut-on lire.

Les élèves étaient invités à donner leur proposition, alors qu’une case indiquait également que selon le Code de Hammurabi” – un texte juridique de Mésopotamie daté d’environ 1750 av.

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« Quatre siècles de chansons grivoises et paillardes aux  Antilles-Guyane » par Esther Eloidin

Publication aux Caraïbéditions de l’essai de Esther Eloidin, universitaire et musicologue, intitulé Quatre siècles de chansons grivoises et paillardes aux Antilles-Guyane qui sort le le 19 février 2021.

I. DÈS LE BERCEAU…

Chers parents, vous avez tous chanté des comptines à vos enfants. Nous vous faisons grâce des berceuses françaises telles « Au clair de la lune« , « Ne pleure pas Jeannette« , « A la claire fontaine » et bien d’autres chansons obscènes soufflées à l’oreille de vos tout-petits. Arrêtons-nous juste un instant sur notre répertoire antillo-guyanais.

Il n’est pas sûr qu’après avoir découvert le sens caché de ces textes, vous continuerez à les entendre de la même façon.

Cela est aussi vrai pour les chansonnettes des cours de récréation. Certaines, apparues à partir des années 60, relevaient carrément de l’obscénité pure et dure. Pas sûr que ces jeunes d’alors osaient les chanter à tue-tête devant leurs parents ou leurs enseignants.

Au-delà de leur fonction divertissante, que nous révèlent ces chansons ?

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« Bichonner les morts et accompagner les vivants », la mission d’une chambre mortuaire à l’épreuve du Covid

« Notre boulot, c’est de bichonner les défunts et d’accompagner le deuil des familles, mais avec le Covid, c’est beaucoup de logistique »: privés d’une partie de leur mission à cause de l’épidémie, le quotidien des agents de la chambre mortuaire de l’hôpital Beaujon à Clichy a été bouleversé.

Jeudi matin, deux agents sortent de la chambre à basse température le corps d’une dame pour le présenter une dernière fois à ses proches. Élégamment habillée, elle est maquillée « juste » avec son rouge à lèvre, « je la trouvais belle ainsi« , décrit pudiquement Nada Benkhemassa, agent de la chambre mortuaire, en installant le corps dans le « salon de départ« , une salle épurée à la lumière tamisée. 

« Nous faisons le maximum pour que les patients soient présentables et apaiser ainsi la souffrance des familles« , explique l’aide-soignante, arrivée « par hasard » dans le métier. 

Sa journée se poursuit avec l’habillage et le toilettage d’une vieille dame. En fond sonore Cherie FM, elle lave délicatement son visage avec un gant, puis la revêt d’une jupe, d’un pull en laine et de ses chaussons.

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Le dépeuplement de la Martinique : ira-t-on vers une substitution choisie ? 

Par Yves-Léopold Monthieux
Depuis les derniers chiffres de l’INSEE sur la démographie décroissante, des spécialistes et autres observateurs se penchent sur ce phénomène qui pourrait être déterminant pour les choix politiques à venir. Ces chiffres tombent à point nommé pour nourrir des projets en vue de l’élection de la Collectivité territoriale de Martinique. Deux intellectuels connus, le sociologue André Lucrèce et l’anthropologue Gerry Létang, apportent leur éclairage sur la nature du problème jusqu’à, pour le second nommé, esquisser une solution. Pour expliquer la décroissance de la population de ce début de siècle, le premier a cru devoir se référer à des déclarations politiques du passé.
Est-il encore besoin, en effet, de faire appel à des propos tenus par des leaders indépendantistes pour qui, loin de se préoccuper d’avenir démographique de Martinique, il s’agissait de faire feu de tout bois pour combattre le système politique français en vigueur. Edouard Glissant, membre fondateur du FAGA, le grand frère de l’OJAM, est cité pour sa métaphore douteuse : « Le pays, vidé de son sang jeune sera sans ressort et pourra être tenu en toute quiétude ».

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Martinique, décroissance démographique, les vraies raisons

— Par André Lucrèce, Écrivain, Sociologue —

Notre pays connaît une indiscutable décroissance démographique. C’est un sujet suffisamment grave pour ne point se satisfaire d’explications relevant de lieux communs, lesquels résultent d’un spontanéisme simpliste. Vieillissement de la population et déficit migratoire nous amènent donc à un premier constat : il convient d’analyser une situation qui relève d’une transition démographique d’une grande brutalité avec des conséquences économiques et sociales peu enviables.

Au début des années 1960, les moins de vingt ans constituent 50% de la population martiniquaise. Nous sommes alors dans une situation économique défavorable. La crise qui frappe en particulier toute l’économie de plantation touche les travailleurs agricoles et provoque la fermeture les unes après les autres des usines productrices de sucre. Deux immigrations en résultent : l’une vers Fort-de-France avec le développement d’une ceinture populaire autour de cette ville et l’autre vers la France qui exprime à cette époque un important besoin de main-d’œuvre.

La conjoncture est aussi politique. Décembre 59, où la jeunesse fut active et engagée, est passé par là, l’OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise) se manifeste quelques temps plus tard, la question de l’autonomie se fait entendre, la révolution cubaine est constituée en modèle par certains martiniquais, la guerre d’Algérie est en cours, des grèves d’ouvriers agricoles se terminent le plus souvent dans le sang.

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A La Réunion, sur les traces d’un pénitencier pour enfants

— Par Jérôme Talpin —

Archéologues et historiens étudient les vestiges d’une « colonie pénitentiaire agricole » où, au XIXe siècle, les mineurs vagabonds et les petits voleurs étaient envoyés afin d’être « redressés » par des prêtres qui les exploitaient.

Enfoui dans une végétation tropicale dévorante, un ensemble de murs moussus et de ruines de bâtiments apparaît, vestige de la colonie pénitentiaire d’Ilet à Guillaume qui, entre 1864 et 1879, a accueilli entre 3 000 et 4 000 mineurs incarcérés. Le site est perdu sur les hauteurs de Saint-Denis, à plus de deux heures et demie de marche du village de Saint-Bernard. Depuis l’unique sentier d’accès, on le distingue grâce à sa forme en triangle. Niché à 700 mètres d’altitude, ce petit plateau est posé sur une crête et cerné par de vertigineux remparts au fond desquels coulent la rivière Saint-Denis et le Bras Guillaume.

« Une prison sans barreaux tant les évasions étaient rendues difficiles », décrit Pascale Moignoux, autrice de Graine de Bagnard. Ce roman, paru en 2006 (Surya éditions), a sorti de l’oubli ce pénitencier pour enfants fondé par les missionnaires de la Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie, sur le modèle de celui ouvert à Saint-Ilan, en Bretagne, en 1843.

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Le mouvement «Black Lives Matter» proposé pour le Nobel de la paix

Le prix sera attribué en octobre. L’an dernier, il avait couronné le Programme alimentaire mondial.

Le mouvement contre les inégalités raciales «Black Lives Matter», qui a été ravivé l’an dernier par la mort de l’Américain noir George Floyd, a été proposé pour le prix Nobel de la paix par un parlementaire norvégien.

Fondé en 2013 aux Etats-Unis, le mouvement «est devenu l’un des plus puissants mouvements mondiaux de lutte contre l’injustice raciale», a déclaré samedi 30 janvier à l’AFP Petter Eide, député de la Gauche socialiste (SV). «Il a débuté il y a quelques années aux États-Unis (…) puis s’est étendu à de nombreux autres pays, renforçant la prise de conscience sur l’importance de la lutte contre l’injustice raciale», a-t-il poursuivi.

Après la mort de George Floyd, un Américain noir tué par un policier blanc en mai 2020 aux Etats-Unis lors d’une arrestation par la police, «Black Lives Matter» a interpellé de nombreuses institutions dans le monde pour réclamer du changement et une meilleure représentation. Selon Petter Eide, il «a ouvert le débat et (attiré) l’attention dans de nombreux pays».

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« Charlie », le journal qui ne voulait pas mourir

 Le Monde en face mardi 26 janvier à 20.50 sur France 5

En septembre 2020, au palais de justice de Paris, un procès s’ouvre pour juger ceux qui ont participé à la tentative meurtrière de destruction d’un journal qui n’a pour seules armes que quelques dessins. Ce procès historique, c’est celui de ces journées de janvier 2015, quand la France assiste à la mort en direct d’un journal dont la rédaction est sauvagement assassinée, celle-là même qui avait fait renaître Charlie Hebdo en 1992. 2020 : dans un bunker, à Paris, une nouvelle rédaction épaulée par les victimes et les proches des victimes de l’attentat de 2015 fait toujours vivre la liberté d’expression… À partir du procès des attentats de janvier 2015 et en immersion dans la rédaction actuelle du journal, le documentaire reviendra en archives, en témoignages et en dessins sur l’histoire de Charlie Hebdo, ce journal qui refuse de mourir pour défendre notre fondamentale liberté d’expression. Un film historique et patrimonial pour un combat indispensable.

Documentaire (90 min – 2020) – Réalisation Hugues Nancy – Production 10.7 Productions, avec la participation de France Télévisions

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« Nègre », ce mot lourd du racisme et des crimes qui l’ont forgé

— Par Anne Chemin —

Les débats autour d’un match du PSG ou d’un roman d’Agatha Christie illustrent comment ce terme reste imprégné de la tragédie de l’esclavage et de la colonisation. La fierté de la négritude revendiquée dans les années 1930 ne suffit pas à effacer ce passé.

C’est un mot de cinq lettres dont la « claquante sonorité réveille comme un coup de fouet dans une plantation de canne à sucre ou de coton », estime l’écrivain haïtien Dany Laferrière. Un mot né au XVIe siècle qui, aujourd’hui encore, brûle « la boîte vocale, langue, palais, dents et gorge qui le produisent », ajoute la romancière Anne-Marie Garat. Le terme « nègre » n’appartient pas au registre banal de la conversation ordinaire : il porte en lui la tragédie de l’esclavage, de la colonisation et du racisme. S’il pèse des tonnes, poursuit l’écrivaine dans Humeur noire, qui sort début février chez Actes Sud (304 pages, 21,80 euros), c’est parce qu’il conserve l’empreinte du « poids colossal des crimes qui l’ont forgé ».

Un arbitre de football roumain en a fait l’expérience, un soir de décembre 2020, sur le terrain du Parc des Princes.

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En Guadeloupe, le décès d’un homme après un contrôle de gendarmerie suscite l’incompréhension

—  Par Marion Briswalter —

Le 21 novembre, un Guadeloupéen de 67 ans a été admis en « détresse respiratoire » et état de « tétraplégie » aux urgences de Pointe-à-Pitre. L’homme est aujourd’hui décédé. Une enquête judiciaire est ouverte « contre X » pour « homicide involontaire ».

Une tension glaçante baigne la commune de Deshaies depuis le 21 novembre 2020, date à laquelle Claude Jean-Pierre, ancien maçon de 67 ans, a été contrôlé par deux gendarmes. Quelques minutes après l’interpellation, il est envoyé en urgence au centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre en « détresse respiratoire » et état de « tétraplégie » selon sa famille et leurs avocats.

Le jeune retraité décédera douze jours plus tard, le 3 décembre. Fait rare, l’intervention des deux militaires auprès de l’homme alors qu’il était au volant de sa voiture et venait de se garer à leur demande a été filmée de manière fortuite par une caméra de vidéosurveillance de la mairie de Deshaies. Selon le gendre du défunt, Christophe Sinnan-Ragava, qui a eu accès à l’enregistrement de la scène mais que Mediapart n’a pas pu regarder, Claude Jean-Pierre a été extrait avec « violence » de son véhicule par les « deux gendarmes », auteurs du « contrôle routier ».

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Coq, cloches ou cigales: le Parlement consacre « le patrimoine sensoriel » des campagnes

Paris – Chant du coq ou des cigales, effluves de crottin de cheval ou d’étable… le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote du Sénat, une proposition de loi introduisant la notion de « patrimoine sensoriel » des campagnes dans le droit français.

A l’initiative du groupe centriste, la chambre des territoires a approuvé à main levée, sans modifications, une proposition de loi UDI-Agir déjà adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. 

L’affaire a été bouclée en une demi-heure, le temps qui restait au groupe à l’issue de l’examen du texte relatif aux crimes sexuels sur mineurs. 

Le secrétaire d’Etat chargé de la Ruralité Joël Giraud a salué « une bonne proposition de loi de défense de la ruralité« , notant que « la vie à la campagne suppose d’accepter quelques nuisances« . 

Alors que les bruits et effluves campagnards peuvent donner lieu à divers litiges, les sons et odeurs caractérisant les espaces naturels entrent désormais dans le code de l’environnement. Une consécration qui permet de les inscrire dans le patrimoine commun de la nation. 

Pour le rapporteur du texte au Sénat, Pierre-Antoine Levi, « la symbolique est forte« .

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