Catégorie : Religions

« L’évangile selon Marie-Madeleine », de Cristina Fallarás

En 2016, le pape François décide d’élever Marie-Madeleine au rang d’apôtre des apôtres, brisant ainsi l’image de prostituée véhiculée depuis des siècles par l’Église.
Premier témoin et première messagère de la résurrection de Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, plus connue sous le nom de Marie Madeleine, est un personnage aussi essentiel que contesté dans l’histoire du christianisme.

Apôtre préférée de Jésus pour les uns, pécheresse repentie pour les autres, elle a subi les foudres des disciples de Jésus, jaloux de l’attention qu’il lui accordait, avant d’être délégitimée par les Pères de l’Église, inquiets de l’influence de cette femme scandaleusement libre. Si les ruses furent nombreuses pour la faire disparaître des textes sacrés au profit de la Vierge Marie, les témoignages des Évangiles apocryphes mis au jour au XIXe siècle attestent du rôle central de la jeune Galiléenne dans l’édification de la religion chrétienne.

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A Cuba, un culte africain unique en Amérique latine comme refuge

Matanzas (Cuba) – A genoux, les yeux bandés, cinq jeunes hommes écoutent des bénédictions en yoruba, langue apportée à Cuba par les esclaves africains il y a plus de quatre siècles. Ils jurent d’être courageux, respectueux, honnêtes, bons parents, enfants ou amis : ils sont de nouveaux fidèles abakuas, ce culte cubain unique en Amérique latine.

Longtemps tenu secret sur l’île communiste, ce culte africain né comme une confrérie parmi les esclaves travaillant au port de La Havane il y a près de 200 ans, est le refuge trouvé aujourd’hui par de jeunes hommes en quête de soutien face aux multiples difficultés qu’ils traversent sur l’île. 

« En raison de la pandémie nous avons beaucoup grandi, nous avons beaucoup plus la foi« , déclare à l’AFP Juan Ruiz Oña, le Yamba, ce chef spirituel d’un temple de Matanzas, à 100 km à l’est de La Havane.  

L’AFP n’a pu assister à la cérémonie d’intronisation dans le quartier de Simpson et ses nombreux autres temples, qui n’est autorisée qu’aux seuls abakuas. 

Avant d’entrer dans la pièce sacrée où se déroule la cérémonie secrète du serment, les cinq jeunes hommes passent devant El Ireme ou « diablito« , qui incarne l’esprit des ancêtres et est chargé de purifier les âmes.

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Desmond Tutu, un personnage engagé… et controversé

Desmond Tutu, né le 7 octobre 1931 à Klerksdorp en Afrique du Sud et mort le 26 décembre 2021 au Cap1, est un archevêque anglican et militant des droits de l’homme sud-africain. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1984.
Auteur d’une théologie ubuntu de la réconciliation et proche de Nelson Mandela, il fut ensuite le président de la Commission de la vérité et de la réconciliation, chargée de faire la lumière sur les crimes et les exactions politiques commis, durant l’apartheid, au nom des gouvernements sud-africains, mais également les crimes et exactions commis au nom des mouvements de libération nationale.

Biographie
Origines
Desmond Tutu est né à Klerksdorp, dans le Transvaal, le deuxième des trois enfants de Zacheriah Zililo Tutu et de son épouse, Aletta. La famille Tutu déménage à Johannesburg quand Desmond a douze ans. Son père est enseignant et sa mère est femme de ménage et cuisinière dans une école pour les aveugles.

Études
Desmond Tutu fait ses études dans la ville de Johannesburg. Il veut dans un premier temps devenir médecin, mais de telles études coûtant trop cher pour sa famille, il se destine à devenir instituteur, tout comme son père.

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La mort de Desmond Tutu : réactions

Renaissance Martinique
Renaissance Martinique, comme tous les hommes de paix, et tant d’autres, pleure la disparition de Desmond TUTU, une grande âme, de celles qui ont marqué et illuminé non seulement l’histoire de leur pays mais aussi l’humanité, telles que : Nelson MANDELA, Frederik de KLERK, Martin LUTHER KING, GANDHI…

Ces âmes qui ont éclairé leur temps, par leurs combats en faveur de la paix, la justice sociale, l’amour d’autrui, ont fait bouger les choses du monde, reculer l’apartheid, changer les a-priori, bousculer les opinions, uniquement par l’Amour de l’humanité, en prônant partout la non-violence comme lutte pacifique mais déterminée.

Renaissance Martinique se reconnaît fondamentalement dans ces valeurs de liberté, de respect d’autrui, de fraternité, d’égalité et d’amour, indispensables à l’équilibre de toute société civilisée et démocratique.

Au moment où certains privilégient la violence et la destruction des mémoires collectives chez nous, la mort de Desmond TUTU nous rappelle qu’avec ses commissions Vérité et Réconciliation, un pays comme l’Afrique du Sud, souillé par la discrimination raciale, a su trouver les sentiers de la paix pour surmonter les douleurs et les haines d’un peuple meurtri !

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Un spécialiste de Spinoza frappé de bannissement, 365 ans après le philosophe

— Par Clément Daniez —

Le chercheur Yitzhak Melamed a été déclaré « persona non grata » par le rabbin de la synagogue portugaise d’Amsterdam. Une décision qui suscite stupeur et colère.

« J’ai d’abord cru à une blague », confie Yitzhak Melamed. Dimanche 28 novembre, cet expert de Baruch Spinoza (1632-1677) a appris avec stupeur qu’il n’était plus le bienvenu à la synagogue portugaise d’Amsterdam. Celle-là même à l’origine, en 1656, du bannissement du célèbre philosophe néerlandais. Dans une lettre cinglante, le rabbin Joseph Serfaty l’y « déclare persona non grata ». Sa faute ? « Avoir dédié sa vie à l’étude des travaux de Spinoza et au développement de ses idées », précise la missive, envoyée via Internet. 

Rendue publique par le professeur Melamed, la lettre a mis en émoi le petit cercle des spinozistes. L’auteur de l’Éthique, un monument de la philosophie, suscite donc encore le courroux de rabbins d’Amsterdam. Et voici que l’histoire se répète : l’un des spécialistes de sa pensée se trouve à son tour banni ! « J’ai reçu des centaines de marques de soutien, du monde entier, dont des amis prêts à exiger du rabbin qu’il leur interdise à eux aussi de poser un pied dans la synagogue », s’amuse Yitzhak Melamed, basé à l’université Johns-Hopkins de Baltimore, aux États-Unis. 

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« La religion la plus anthropocentrique » : les racines chrétiennes de la crise écologique

— Par Youness Bousenna —

Le christianisme nous aurait-il coupés de la nature ? Le débat est vif depuis que l’interprétation occidentale de cette religion a été dénoncée, dans les années 1960, comme la « matrice » de la modernité et de l’exploitation brutale des ressources de la planète.

Certains dialogues se nouent sur des décennies, parfois des siècles. En 2015, les initiés n’ont pas seulement lu Laudato si ( « Loué sois-tu ») comme une encyclique révolutionnaire, la première jamais consacrée à l’écologie par un pape. Ils ont aussi compris que François entendait affronter l’une des plus graves mises en cause intellectuelles de l’Église, formulée un demi-siècle plus tôt. L’historien américain Lynn Townsend White (1907-1987), lui-même presbytérien, n’était pourtant pas un ennemi du christianisme. Mais, en publiant dans la grande revue américaine Science l’article « Les racines historiques de notre crise écologique », en mars 1967, ce médiéviste spécialisé dans l’histoire des techniques allait ouvrir une controverse qui, aujourd’hui encore, reste vive.

Dans ce texte, issu d’une conférence prononcée en décembre 1966, Lynn White émet une thèse particulièrement subversive : la crise écologique a été rendue possible par l’émergence, au cours du Moyen Age européen, d’une interprétation du christianisme qui en a fait « la religion la plus anthropocentrique que le monde ait connue ».

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« Le combat contre le diable : l’exorcisme dans les textes du XVIe siècle à aujourd’hui », d’Olivia Legrip-Randriambelo

Qui sont les exorcistes ? Qui sont les possédés, les démons et les diables à exorciser ? Comment se déroule une séance d’exorcisme ? Véritable anthologie de l’exorcisme, ce volume parcourt le temps, du XVIe au XXIe siècle, afin de venir éclairer cette pratique religieuse si particulière, dans une perspective historique et anthropologique.

Un recueil qui passe en revue nombre de textes sacrés et d’écrits théologiques au sujet de l’exorcisme, mais également des textes qui détaillent les rituels, sans faire l’impasse sur le volet politique et juridique de cette pratique (on y puisera aussi des récits et archives de procès).

Une approche chronologique, qui ambitionne de percevoir les changements et les adaptations des rituels exorcistes à travers les siècles.

Un ouvrage qui redonne la part belle aux pratiques exorcistes en tant qu’objet de recherche, les distinguant ainsi des procès en sorcellerie et de l’imaginaire diabolique. Une pratique qu’il convient de redéfinir en contexte, suivant l’évolution des siècles, touchant aussi à la santé, la justice ou les questions de genre.

Foisonnant et inédit.

Anthropologue, chercheure à l’Université de Lyon 2, Olivia Legrip-Randriambelo est co-rédactrice en chef de la revue de sciences sociales Émulations.

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Pédocriminalité : les évêques reconnaissent « la responsabilité institutionnelle » de l’Église

Les évêques de France, réunis à Lourdes, ont décidé vendredi de « reconnaître la responsabilité institutionnelle de l’Église » dans les agressions sexuelles subies par des milliers de victimes et la « dimension systémique » de ces crimes, a annoncé vendredi leur représentant, Mgr Eric de Moulins-Beaufort.

Ces actes pédocriminels, dont l’ampleur a été mis au jour par le récent rapport Sauvé, « ont été rendus possible par un contexte général, des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l’Église« , a souligné le président de la Conférence des évêques (CEF), Mgr Eric de Moulins-Beaufort. « Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation« , a-t-il ajouté.

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« Il y a bien une corrélation entre homosexualité et pédophilie dans l’Église »

Le rapport Sauvé montre que dans l’Église, la majorité des victimes d’abus sont des garçons. Pour Guillaume Cuchet, il y aurait une corrélation entre la prévalence du recrutement homosexuel dans le clergé, et la surreprésentation des rapports de même sexe parmi les abus recensés. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, un lien de causalité directe.

Par Guillaume Cuchet —

Le rapport Sauvé a bien montré trois choses : la massivité du phénomène des abus sexuels sur mineurs dans la société, sa prévalence dans l’Église et le fait que, dans cette dernière, 80 % des victimes sont des garçons, souvent âgés de 10 à 13 ans, alors que c’est l’inverse dans le reste de la société (70 % de filles, plutôt de 15 à 17). Or, autant on a commenté abondamment les deux premiers faits, autant le troisième est resté jusqu’à présent dans l’ombre. Ce qui ressort pourtant bien du rapport, c’est la prévalence dans l’Église, parmi les abuseurs, d’une forme d’homosexualité pédophile et éphébophile, qu’on appelait jadis « pédérastie ». Elle était déjà bien repérée, dans les années 1950-1960, par les psychiatres ou les spécialistes du problème dans l’Église.

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« Secret de la confession » : les prêtres doivent dénoncer les faits de pédocriminalité à la Justice

Une semaine après la remise du rapport choc sur les abus sexuels dans l’Église, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a rappelé au président de la conférence des évêques de France qu’aucune loi n’était supérieure à celles de la République. Il a déclaré que le secret de la confession dans l’Église catholique ne saurait servir de justification pour ne pas dénoncer des crimes sexuels commis contre des enfants.

Gérald Darmanin a affirmé, mardi 12 octobre, que les prêtres ayant connaissance de « crimes » contre des « enfants de moins de 15 ans », devaient « porter » ces faits de pédocriminalité « à la justice » et ne pas y opposer le secret de la confession.

Le ministre de l’Intérieur s’exprimait à l’Assemblée nationale juste après avoir reçu, en qualité de ministre des Cultes, le président de la conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, qui avait jugé que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » et ne pouvait donc pas être brisé, provoquant une vive polémique.

Gérald Darmanin a donc rappelé au président de la conférence des évêques de France qu’aucune loi n’était supérieure à celles de la République et que le secret de la confession dans l’Église catholique ne saurait servir de justification pour ne pas dénoncer des crimes sexuels commis contre des enfants.

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Secret de la confession: Dupond-Moretti fixe le cadre, les victimes lassées de la polémique

Paris – Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a fixé vendredi le cadre juridique du secret de la confession après les propos polémiques du chef de l’épiscopat, en affirmant « l’impérieuse nécessité » pour les prêtres d’alerter sur les faits de pédocriminalité en cours.

« Si un prêtre reçoit dans le cadre de la confession, soit d’une victime, soit d’un auteur, la connaissance de l’existence de faits qui se déroulent (…) alors il a l’impérieuse obligation de mettre un terme à ces faits« , a déclaré le ministre de la Justice sur LCI.

« Si (le prêtre) ne le fait pas, il peut être condamné ?« , a-t-il été interrogé. « Il doit l’être, cela s’appelle non-empêchement de crime ou de délit« , a répondu M. Dupond-Moretti.

Les prêtres « peuvent alerter les autorités ou utiliser tout autre moyen qui permettrait d’y mettre fin« , notamment en prévenant les proches des victimes présumées, a précisé à l’AFP l’entourage du ministre.

Le garde des Sceaux a rappelé ces consignes dans une note envoyée vendredi aux procureurs. Il les y invite à « procéder systématiquement à l’ouverture d’une enquête préliminaire, y compris pour les faits susceptibles d’être prescrits« , comme le prévoit la loi contre les violences sexuelles sur les mineurs d’avril 2021.

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« L’Eglise a été façonnée à la fois par une forte présence de prêtres homosexuels et par un discours très hétéronormatif »

« En sacralisant le prêtre, l’Église en a fait un être à part, dégenré et désexualisé », relève Josselin Tricou. Dans son livre « Des soutanes et des hommes », le sociologue analyse la masculinité atypique de ceux que l’Eglise catholique place au sommet de sa hiérarchie.

— Propos recueillis par Luc Chatel —

Entretien. Célibat perçu comme toxique, violences sexuelles tues par l’Église, condamnation de l’homosexualité, refus d’ordonner des femmes… Depuis plusieurs décennies, de nombreuses raisons sont avancées pour remettre en question la figure du prêtre, qui ne semble pas être un homme comme les autres.

Maître-assistant en sociologie des religions à l’université de Lausanne (Suisse), docteur en science politique et études de genre, Josselin Tricou est l’auteur du livre Des soutanes et des hommes. Enquête sur la masculinité des prêtres catholiques (PUF, 472 pages, 23 euros). Il analyse cette construction d’une masculinité atypique du clergé par l’Église et ses conséquences, tant d’un point de vue historique et sociologique que politique.

Comment le projet de votre thèse sur la masculinité des prêtres dans l’Église catholique, qui vient d’être publiée, est-il né ?

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Pédocriminalité dans l’Église : 330 000 victimes estimées depuis 1950, selon le rapport de la commission Sauvé

« Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite », a déclaré mardi Jean-Marc Sauvé, président de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église.

Déflagration pour l’Église catholique de France et au-delà : la commission Sauvé, qui a enquêté sur l’ampleur de la pédocriminalité, a publié mardi 5 octobre ses conclusions accablantes, estimant à 216 000 le nombre de victimes mineures de clercs et de religieux depuis 1950.

Si l’on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l’Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse…), le nombre grimpe à 330 000, a expliqué Jean-Marc Sauvé en dévoilant les conclusions de la Commission indépendante sur les abus dans l’Eglise (Ciase), qu’il préside. « Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite », a déclaré M. Sauvé.

Résultat de deux ans et demi de travaux de la Ciase, le rapport était remis publiquement à Paris, à l’épiscopat français et aux ordres et congrégations religieuses, en présence de représentants d’associations de victimes.

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Pédocriminalité au sein de l’Église catholique : ce qu’il faut retenir du rapport Sauvé

Depuis 1950, la pédocriminalité a concerné entre 2900 et 3200 prêtres au sein de l’Église. C’est l’un des premiers constats établi par Jean-Marc Sauvé, président de la Commission indépendante sur la pédocriminalité dans l’Église.

« Une bombe », « une déflagration »… Inédit et attendu, le verdict de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), qui sera rendu mardi, provoque déjà des réactions. Les premiers constats ont été dévoilés ce dimanche par Jean-Marc Sauvé, président de la commission.  

Quels sont les premiers constats ?

Depuis 1950, entre « 2 900 et 3 200 » prédateurs ont été recensés. Une « estimation minimale », selon Jean-Marc Sauvé. « Les deux tiers sont des prêtres diocésains, a précisé le haut fonctionnaire dans le JDD. Nous avons demandé aux évêques et supérieurs de relayer notre désir d’entendre les abuseurs. Finalement, 11 auteurs ont accepté d’être auditionnés. » Dans la majorité des cas, les faits sont prescrits et les auteurs sont décédés.  

Le nombre de victimes, lui, n’a pas encore été dévoilé. Une première estimation, donnée en mars dernier par la Commission, évoquait 10 000 potentielles victimes.

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Pédocriminalité dans l’Église: le très attendu rapport Sauvé bientôt dévoilé

Il y a eu «entre 2900 et 3200 pédocriminels», hommes – prêtres ou religieux – au sein de l’Église catholique en France depuis 1950, a déclaré à l’AFP Jean-Marc Sauvé, le président de la Commission qui enquête sur la pédocriminalité dans l’Église.

Paris – Combien de victimes, combien de prédateurs ? Comment l’institution s’est-elle comportée ? Quelles leçons faut-il en tirer ? Une commission indépendante rendra, le 5 octobre, son verdict, inédit et très attendu, sur la pédocriminalité dans l’Église catholique de France.

Un « rapport général » de plus de 300 pages, un abondant recueil de verbatims de victimes, des annexes fournies: c’est une somme de plus de 1.300 pages que s’apprête à remettre la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) depuis 1950, présidée par Jean-Marc Sauvé, conclusion de deux ans et demi de travaux. 

Elle sera publiquement remise à la Conférence des évêques de France (CEF) et à la Conférence des religieuses et religieux des instituts et congrégations (Corref), qui la lui avaient commandée. 

La tonalité du rapport s’annonce sévère. « Il ne va pas être complaisant« , assure à l’AFP le sociologue Philippe Portier, un des membres de la Ciase, qui promet des « recommandations très exigeantes« .

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Nouvelle baisse des croyances religieuses en France

Paris – Un peu plus de la moitié (51%) des Français ne croit pas en Dieu et l’épidémie de Covid-19 a eu peu d’effet sur la pratique religieuse, selon un sondage Ifop pour l’Association des journalistes d’information sur les religions (Ajir) publié jeudi.

A la question « Vous, personnellement croyez-vous en Dieu?« , 51 % des sondés répondent « non » (contre 44% en 2011 et 2004). Les Français étaient 66% à croire en Dieu en 1947, selon un sondage Ifop de l’époque. 

Dans le détail, les plus croyants sont chez les 65 ans et plus (58%) puis chez les 18-34 ans (48%). 

L’épidémie de Covid-19 les a-t-elle rapprochés d’une pratique religieuse? « Non« , disent les interviewés, à 91%. Seuls 9% répondent par l’affirmative. 

Sondés sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2019, 79% répondent que cet événement n’a pas réveillé en eux de « sentiment religieux » ni de « fibre spirituelle« . Mais 21% ressentent le contraire.

Autre enseignement: les Français parlent de moins en moins de religion en famille: ils sont 38%, contre 58% en novembre 2009.

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« Les talibans réduisent les femmes en esclavage », une réalité que le monde ne peut ignorer

— Par Vrinda Narain, McGill University (*)—

OPINION. Quand ils sont au pouvoir, les talibans privent les femmes de nombreux droits élémentaires. Parmi leurs exactions, l’une des pires est la pratique des mariages forcés, une forme d’esclavage sexuel.

Après le retrait des forces américaines et otaniennes d’Afghanistan en juillet, les talibans ont rapidement pris le contrôle du pays. Le président a fui et le gouvernement est tombé.

Enhardis par leur succès, par le manque de résistance des forces afghanes et par la faible réaction internationale, les talibans se montrent de plus en plus violents. Pour les femmes afghanes, leur retour au pouvoir constitue une réalité terrifiante.

Début juillet, les dirigeants talibans qui venaient de prendre le contrôle des provinces de Badakhshan et de Takhar ont ordonné aux chefs religieux locaux de leur fournir une liste de filles de plus de 15 ans et de veuves de moins de 45 ans à « marier » avec des combattants talibans. On ne sait pas encore si les chefs religieux ont obtempéré.

Si ces mariages forcés ont lieu, les femmes et les jeunes filles seront emmenées au Waziristan (Pakistan) pour être rééduquées et converties à un « islam authentique ».

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L’Eglise protestante unie de France célèbre le premier mariage de pasteures lesbiennes

Ce mariage, qui s’est déroulé à Montpellier, est la première union d’un couple de pasteurs du même sexe.

L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) a célébré, samedi 24 juillet, la bénédiction à Montpellier (Hérault) du premier mariage de pasteures lesbiennes, autorisé depuis un synode ayant ouvert en 2015 la possibilité de bénir des couples de même sexe.

Il s’agit de la première union d’un couple de pasteurs du même sexe. « On y va petit à petit, il y a une dimension symbolique importante », explique à l’AFP le pasteur Jean-François Breyne, qui a présidé samedi cette bénédiction au temple protestant de Maguelone, à Montpellier. « Il y a une réalité [sur la question du mariage entre personnes de même sexe dans l’Eglise protestante] qui avance, de fait, assez rapidement », poursuit le pasteur, ravi de « l’impact » de cette célébration pour ses « deux jeunes collègues ».

« Une étape franchie »

« On a fêté ça comme un mariage banal, c’est une étape de franchie pour l’Eglise », témoigne Agnès, l’une des mariées, auprès de l’AFP.

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La tragédie des pensionnats pour autochtones au Canada ravivée par la découverte de nouvelles tombes

Ottawa – C’est une litanie macabre qui n’en finit plus de raviver les blessures au Canada: 182 nouvelles tombes anonymes ont été découvertes près d’un ancien pensionnat pour autochtones, a-t-on appris mercredi, faisant grimper à plus d’un millier le total de ces sépultures anonymes retrouvées.

Le même jour, deux églises étaient par ailleurs incendiées, soit huit au total depuis que les restes de 215 écoliers avaient été découverts fin mai près d’un autre de ces pensionnats, à Kamloops, en Colombie-Britannique. 

Et la semaine dernière, 751 tombes anonymes étaient détectées à Marieval, en Saskatchewan (ouest), avant l’annonce par la communauté autochtone de Lower Kootenay de la découverte de ces 182 tombes près de l’ancien pensionnat St Eugene à Cranbrook, en Colombie-Britannique, province la plus à l’ouest du Canada. 

La communauté indique dans son communiqué avoir mené des recherches en 2020 et localisé ces tombes à l’aide de géo-radars, près de cet ancien établissement géré entre 1912 et les années 1970 par l’Eglise catholique, au nom de l’Etat canadien. 

« Certains des restes ont été enterrés dans des tombes à environ 3 à 4 pieds de profondeur« , soit 90 à 120 centimètres, a précisé la communauté autochtone Lower Kootenay, de la Première nation Ktunaxa. 

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Autour de Mila

Citoyens POUR MILA a lancé cette pétition adressée à Toutes et tous

Quelques citoyens sans rattachement partisan, associatif ni religieux ont rédigé cet appel en réaction au harcèlement et aux menaces de mort que subit en France la jeune Mila. Comme de nombreux français, des personnalités de la société civile ont décidé de soutenir ce texte.

La justice a débuté son travail après que 100 000 messages à caractère violent dont 50 000 appels au crime et menaces de mort ont été expédiés à Mila tandis que le début du procès il y a quelques jours déclenche contre elle une nouvelle avalanche de haine et de menaces en ligne.

La liberté d’expression comme de croire ou de ne pas croire ne saurait relever en France du bon vouloir de meutes qui imposent de faire silence tout en revendiquant le droit de menacer de mort quiconque ne partagerait pas leur mode de vie et critiquerait leurs croyances.

Se taire ou mourir : ce n’est pas notre conception de la religion ni du respect ni de la liberté. Chacun dans notre pays doit pouvoir penser librement sans craindre d’être persécuté ou d’y laisser sa vie.

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Des moines du Sénégal rendent grâce à Dieu au son de la kora

Keur Moussa (Sénégal) – Lorsque les bras se tendent vers le ciel et que s’élèvent les chants liturgiques, les moines de l’abbaye de Keur Moussa, au Sénégal, ont l’habitude de faire vibrer les cordes de leurs koras, une harpe africaine dont ils ont contribué à asseoir la notoriété internationale.

C’est l’heure de la none, l’office de l’après-midi dans ce havre de 25 hectares, à l’est de la capitale Dakar, où poussent arbres fruitiers et plantes médicinales.

Quelques dizaines de moines célèbrent l’office dans leur église bâtie au milieu des années 1960, au sein d’un monastère fondé peu avant par l’abbaye bénédictine de Solesmes, en France. 

Comme ils le font sept fois par jour, sous des peintures murales de la Nativité et de la Passion où le Christ et ses compagnons sont représentés en Africains noirs, ils rendent grâce à Dieu accompagnés de deux koras, harpe-luth de la tradition mandingue de l’Afrique de l’Ouest. 

« C’est un instrument qui permet à la parole de Dieu de s’épanouir. Ce n’est pas un instrument qui écrase, c’est un instrument qui aide à la prière« , dit à l’AFP Olivier-Marie Sarr, la quarantaine souriante, élu abbé de l’abbaye bénédictine en janvier 2019. 

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« Enquête de Ieshua alias Jésus », un livre de René Marchand

Est-il possible de retrouver, derrière les interprétations et ajouts multiples que les Églises n’ont cessé de faire subir aux textes de base de leur foi, la personnalité de Jésus et son enseignement? Une lecture critique et sans préjugés de ces textes suscite constamment des interrogations. L’ouvrage fait cheminer le lecteur entre de nombreuses remarques, questions et hypothèses. Passionnant à chaque page, souvent surprenant, toujours rationnel, documenté et d’expression modérée, il interpelle non seulement les croyants, mais aussi tous les curieux de vérité historique, et, d’abord, les Français, Européens Occidentaux, dont la civilisation a été formatée pendant des siècles par une religion dont il apparait aujourd’hui que ses fondements sont encore largement à découvrir.

Entretien avec René Marchand, auteur d’En quête de Ieshua alias Jésus, éditions Dualpha

René Marchand a fait l’essentiel de sa vie professionnelle dans l’audiovisuel, comme journaliste, producteur, cadre supérieur. Ancien élève de l’École nationale des langues orientales vivantes, licencié de langue et littérature arabe (Sorbonne), il a écrit, depuis une vingtaine d’années, plusieurs livres et de nombreux articles sur la poussée actuelle de l’Islam en Europe.

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Pour un projet de Bienveillance Universelle

Hommage aux victimes de la traite négrière et de l’esclavage

Par Pierre Pastel

Prenons garde que les gestes commémoratifs politiques ne constituent point, par leurs doubles mesures, des injures aux blessures toujours sanguinolentes. 

C’est par une profonde intelligence du cœur que méritent d’être soignées les plaies historiques et mémorielles qui affectent  notre vécu collectif. Il s’agit bien de construire un être-ensemble profondément fraternel, respectueux et apaisé.

Le poids du silence et/ou le manquement officiel au devoir de mémoire interpellent.

Comment poursuivre la construction du vivre ensemble dans une république qui a mal à son histoire ? 

Avec des mots inattendus le sociologue Pierre PASTEL nous propose une méditation qui nous invite à une nécessaire transcendance.

Ce texte a été prononcé en lieu et place de l’homélie lors d’une messe à Monceau Les Mines le dimanche 9 mai 2021, dans le cadre du 12ème festival outre-mer en Bourgogne.

 

Bonjour,

Je tiens à remercier père Yves Garruchet pour m’avoir accordé quelques minutes afin de vous faire une confidence…

Mais avant de m’y atteler, je vais dresser le contexte.

Que nous arrive-t-il ?

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« Il y a comme une impuissance notoire de la part de nos autorités… », dénonce le cardinal Chibly Langlois

— Par Robenson Geffrard —

Tel un « Wake-up-call », l’Église catholique a mis toute la population debout contre l’insécurité et le kidnapping le jeudi 15 avril. Même le secteur privé des affaires qui, pendant longtemps s’était enfermé dans un silence assourdissant, est monté au créneau pour dénoncer ce mal commun. «…le peuple  est totalement fatigué avec les actes de kidnapping. Nous n’en pouvons plus vraiment. C’en est trop ! Il y a comme une impuissance notoire de la part de nos autorités…  », a fulminé le cardinal Chibly Langlois dans une interview exclusive accordée au Nouvelliste et à l’AFP.

La journée du jeudi 15 avril dernier est allée au-delà de la décision de l’Eglise catholique d’observer un arrêt de travail. C’est tout le pays qui était à l’arrêt pour dénoncer l’insécurité et le kidnapping. « Ce support exprime que cette manière pour l’Église catholique de protester contre le kidnapping est partagée par tous ces secteurs. Ceux-ci s’y retrouvent et en profitent, sachant que l’union fait la force », a affirmé le cardinal Chibly Langlois.

Cette décision de l’Église catholique d’observer cet arrêt de travail, selon l’évêque des Cayes, est arrivée au moment où « tout le peuple est totalement fatigué avec les actes de kidnapping.

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Pakistan: la récitation coranique, un art et une discipline de fer

Islamabad – Pour devenir un maître dans l’art de la récitation coranique, le Pakistanais Hassan Ali Kasi, 21 ans, a dû s’asteindre à une stricte discipline, passant des heures à faire des vocalises, pratiquant le yoga et suivant un régime alimentaire adapté.

Son acharnement a payé. Il a récemment été sacré champion d’une compétition internationale, disputée en ligne, qui l’opposait à des hommes venus de 25 autres pays. 

Révérés au Pakistan, les « Qaris« , les récitateurs du Coran, sont chargés de mener la prière dans les mosquées ou d’enseigner le texte sacré aux étudiants des madrassas, les écoles coraniques. 

Ils sont particulièrement demandés pendant le mois de jeûne du ramadan, qui vient de commencer. 

« Cette charge revenait aux prophètes« , déclare Hassan Ali Kasi à l’AFP dans la capitale Islamabad. « L’un des tout premiers éléments du prêche, c’était la récitation. C’est aussi vieux que l’islam. » 

Les « Qaris » doivent prononcer à la perfection l’arabe, un savoir parfois difficile à maîtriser pour un locuteur pakistanais, dont la langue nationale est l’ourdou. 

La finesse du rythme et de l’intonation produit la mélodie lente distinctive de l' »adhan« , l’appel à la prière, lancé cinq fois par jour au moyen de hauts-parleurs. 

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