Critiques d’Art

Le jardin des sculptures de la Fondation Clément – entretiens d’artistes : Thierry Alet

— Propos recueillis par Matilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Créé au début des années 1990, le parc qui est devenu le Jardin des sculptures de l’Habitation Clément ; a reçu en 2012, Blood de Thierry Alet, la première des vingt et une œuvres qui forment le jardin tel qu’il est aujourd’hui. En 2019, afin de préparer l’ouvrage sur le jardin, publié finalement en février 2020, j’avais mené une série d’entretiens avec les créateurs des œuvres du parc. Thierry Alet, qui expose en ce moment* à la Fondation Clément en tant que curateur et artiste, avait répondu alors par écrit et à l’oral à un court questionnaire sur son œuvre Blood. Ses réponses sont comme l’artiste, souvent sensibles et intimes, parfois drôles et insolentes.
Photo 1
Matilde dos Santos : Thierry Alet en cinq dates. Quels sont pour toi les événements ou rencontres qui ont impacté le plus ta destinée ou ton œuvre ?
Thierry Alet : 1976, la Soufrière est entrée en éruption. La ville a été évacuée et tous les voisins sont partis. Moi et mes deux sœurs nous sommes retrouvés seuls devant la maison.

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Gwladys Gambie, Cicatrices incandescentes

— Par Matilde dos Santos  Historienne, critique d’art et curateur indépendant —-

CATAPULT – Résidence d’artiste à la maison – visites virtuelles d’atelier

Au mois d’août 2020 Fresh Milk (Barbade) et Kingston Creative (Jamaïque), avec l’appui de l’American Friends of Jamaica (États-Unis), ont lancé CATAPULT | A Caribbean Art Grant, un programme qui, à travers six initiatives, a fourni directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes et créatifs de la Caraïbe, touchés par la pandémie. Une de ces initiatives était la résidence d’artiste à la maison (Stay Home Artist Residency – SHAR). Vingt-quatre artistes ont été sélectionnés et les résidences ont été échelonnées en trois groupes du 21 septembre au 11 décembre. J’ai été ravie de faire partie des curateurs-visitant et c’est un plaisir de partager avec vous ces rencontres.

Glwadys Gambie, artiste de Martinique a été sélectionnée pour les résidences à la maison, j’ai donc pu, entre un confinement et l’autre, visiter son atelier en présentiel.

Gwladys est née à Fort de France en 1988 . Après des études de lettres et sciences de l’éducation, elle entre au Campus Caribéen des Arts, et obtient son DNSEP (Master) en Arts visuels en 2014.

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Catapult – Résidence d’artiste à la maison – visites virtuelles d’atelier

Camille Chedda, des ruines en construction

— Par Matilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Photo 1 Camille Chedda, Untitled, 2020 vue de l’installation terminée dans l’atelier (détail). Photo @Charles Allen. Courtoisie de l’artiste.

En aout dernier Fresh Milk (Barbade) et Kingston Creative (Jamaïque) avec l’appui de l’American Friends of Jamaica (États-Unis), ont lancé CATAPULT | A Caribbean Art Grant. Ce programme, à travers six différentes initiatives, a fourni directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes et entrepreneurs créatifs de la Caraïbe touchés par la pandémie. Une de ces initiatives était la résidence d’artiste à la maison (Stay Home Artist Residency – SHAR). Vingt-quatre artistes ont été sélectionnés et les résidences ont été échelonnées en trois groupes du 21 septembre au 11 décembre. J’ai eu la chance de faire partie des curateurs-visitant et suis heureuse de partager avec vous ces rencontres virtuelles. Chaque rencontre m’a apporté quelque chose de différent ; chacun de ces artistes m’a émue à sa manière. J’étais particulièrement heureuse de faire la connaissance de Camille Chedda, dont je connaissais le travail uniquement par photo.

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Le Catapult Art Grant pour la Caraïbe en chiffres

— Par Matilde dos Santos Ferreira, critique d’art et curateur indépendant —

Au mois d’août dernier était lancé par Fresh Milk et Kingston Creative avec un financement Americans Friends of Jamaica, le programme CATAPULT Caribbean arts grant en faveur des artistes de la Caraïbe face à la COVID. Le programme réunissait 6 initiatives :

1-Vitrine d’Artistes de la Caraïbe : Un choix d’œuvres publiées sur les plateformes Catapult, entre autres. 32 artistes, créateurs ou acteurs choisis, ont reçu une subvention de 500 dollars US pour mettre en ligne leurs œuvres.

2- Créateurs Caribéens en Ligne : les artistes devaient enregistrer ou diffuser en direct une performance, une conférence, un webinaire, un atelier ou toute autre activité d’une durée de 10 à 60 minutes dans leur langue maternelle. 91 artistes choisis recevant chacun une subvention de 500 dollars US.

3- Bons de Consultation : un programme pour fournir une expertise professionnelle aux artistes, créateurs ou acteurs culturels, afin qu’ils mettent en place un site web, des plateformes sur les réseaux sociaux ou un commerce électronique. 29 artistes sélectionnés et une subvention de 500 dollars US par artiste

4- Formation créative numérique proposait des ateliers numériques gratuits en ligne pour aider les artistes à développer leurs connaissances numériques et des compétences commerciales.

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Résidence d’artistes à la maison – visite de l’atelier de Reginald Sénatus (Haïti)

—- Par Mathilde dos Santos, Historienne, critique d’art et curateur indépendant

Au mois d’aout dernier, Fresh Milk, Kingston Creative and The American Friends of Jamaica, ont conçu et mis en place le programme CATAPULT| A Caribbean Art Grant ; un ensemble de six initiatives qui ont pour but de soutenir des créatifs de la Caraïbe face à la pandémie. J’ai eu le bonheur d’être invitée par Fresh Milk pour visiter des ateliers dans le cadre de la « Résidence d’Artistes à la Maison ». Parmi les 24 candidats sélectionnés par le jury CATAPULT, j’ai pu rencontrer virtuellement 6 jeunes et talentueux artistes d’Aruba, Barbade, Haïti, Jamaïque et Martinique. J’ai tenu à partager avec vous ces moments de découverte. Voici donc le deuxième épisode de la série Résidence d’artistes à la maison.

Reginald Sénatus est né à Port au Prince en 1994, où il vit et travaille. Ayant grandi au contact des ateliers de la Grande rue, et impulsé par des artistes comme Celeur et Casseus, il participe dès 2010 au collectif Atis Rezistans, formé généralement par des sculpteurs travaillant avec des matériaux de récupération.

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«Résidences d’Artistes à la Maison», visite de l’atelier de Natusha Croes (ARUBA)

Une des jeunes artistes lauréates de la bourse CATAPULT – SHAR.

— Par Matilde dos Santos, historienne, critique d’art et curateur indépendant —

Consciente de l’impact de la COVID-19 sur le secteur des arts, l’Open Society Fondation a octroyé un fonds de 320 000 USD à l’American Friends of Jamaica, en collaboration avec Kingston Creative et The Fresh Milk Art Plateform, afin d’apporter un soutien aux artistes, créatifs et praticiens culturels de la région des Caraïbes.  Ces fonds constituent le programme CATAPULT qui, à travers six différentes initiatives, fournit directement, pendant cinq mois, un soutien financier à plus de 1000 artistes caribéens travaillant sur les thèmes de la culture, des droits de l’homme, du genre, des LGBTQIA + et de la justice climatique.

Une de ces initiatives est la Résidence d’artiste à la maison (Stay at Home Art Residency – SHAR). Ce sont vingt-quatre artistes lauréats, sur treize territoires distincts, touchant les quatre aires linguistiques de la région (Anglais, Espagnol, Français et Néerlandais). J’ai eu l’honneur de faire partie des curateurs-visitants pour six des artistes en résidence.

Ma première visite virtuelle était dans l’atelier de l’artiste Natusha Croes.

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Le Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France 1935-1936, ou le triomphe de l’assimilation

— Par Christelle Lozère, Maître de conférences en Histoire de l’Art —

D’octobre 1935 à mars 1936, les Antilles françaises commémorent les trois cents ans de leurs rattachements à la France1. Le Tricentenaire s’inscrit dans la logique de la propagande assimilationniste des « vieilles colonies » marquant ainsi de manière spectaculaire et festive leurs appartenances à la Mère Patrie. La célébration est initiée par Henry Bérenger (1867-1952), ambassadeur de France et sénateur de la Guadeloupe au côté de Gratien Candace (1873-1953), député de la Guadeloupe ou encore Henry Lémery (1874-1972), sénateur de la Martinique. Une délégation, dirigée par le bordelais Albert Sarraut (1872-1962), ancien ministre des Colonies, se rend depuis le Havre, à bord du paquebot « Le Colombie », dans la Caraïbe francophone – Martinique, Guadeloupe, Haïti – pour officialiser les festivités. Des manifestations sont célébrées pour l’occasion partout dans l’hexagone, particulièrement dans la Capitale (Bibliothèque Nationale, Musée de la France d’outre-mer, Opéra) ainsi que dans les principaux ports français dont l’histoire coloniale avec les Antilles est alors revendiquée.

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