Catégorie : Expositions

 » La collection sort de sa réserve »

Fondation Clément jusqu’au 28 juin 2026

Collectionner est une mission. Acheter, conserver, montrer, publier. La Fondation Clément a choisi de promouvoir la diversité de la création de Martinique, de la Caraïbe et de sa diaspora.

Une collection, c’est un ensemble indéfini d’œuvres, une somme de singularités à décrypter, ordonner, articuler. Cette exposition vous invite à un voyage au cœur des multiples facettes de l’art contemporain de la Caraïbe en explorant la question de la figure humaine, de la matière à l’œuvre et du cadre.

D’abord la figure humaine, un des sujets de prédilection de l’art occidental depuis la préhistoire. C’est le lieu privilégié de toutes les expériences plastiques. Affranchie des canons classiques, libérée des codes de représentation traditionnelle, le visage ou la silhouette se déclinent à l’infini : de la photographie traditionnelle à la photographie expérimentale, de la peinture figurative au portrait expressionniste, de la silhouette stylisée à la figure fantaisiste, du totem au masque jusqu’à l’évocation abstraite épurée sur film radiographique.

Puis, viennent, dans le second espace d’exposition, le support et les matériaux qui définissent le geste de l’artiste et la matérialité de l’œuvre.

  Lire Plus

Annette Messager : « une hirondelle ne fait pas le printemps »

Du 14 avril 2026 au 20 septembre 2026 
Musée de la chasse et de la Nature
60, rue des Archives
75003 Paris 3

— Par Dominique Daeschler —

Au musée, tellement baroque, de la chasse et de la nature à Paris, Annette Messager, une fois de plus, se joue des assignations et des classifications. Avec « une hirondelle ne fait pas le printemps », exposition composée de 4 épisodes : « bricoler des chimères, capturer le trouble, conter nos vulnérabilités, truquer le réel », l’artiste puise dans son univers fait d’extravagances où se mêlent poésie, effroi, cruauté, esprit de domination. En traquant l’animal, le maltraitant apparemment parfois, c’est de nous, à nous qu’elle parle, de notre place dans le monde d’aujourd’hui. Usant de toutes les matières (documents, photos, tissus, plumes, perles, broderies, dessins, taxidermies …), elle dézingue, associe ses fantasmes dans une forme (la peluche éventrée aux drôles d’organes), se joue d’une pièce du musée associant perles et tchador à de bien conventionnels chiens de porcelaine. Il lui importe de créer un choc pour réinterroger le réel, provoquer notre imaginaire : dans une bibliothèque des peluches qui font la culbute sont d’incroyables lecteurs, plus loin un mobile romantique fait de lapins (encore des peluches) aux couleurs tendres tourne dans un ronronnement de ventilateur.

  Lire Plus

Terre de Blues et d’Art au collège de Grand-Bourg, Marie-Galante

Exposition du Mercredi 20 au Samedi 23 Mai 2026 de 9h à 14 h

Aprés le Service culturel de Grand-Bourg en 2025, l’exposition TERRE DE BLUES ET D’ART revient pour sa deuxiéme èdition. Cette annèe, elle s’installe du 20 au 23 Mai au Collége Gaston Calmet. Un choix fort : amener l’art où grandissent les imaginaires. Le blues, c’est bien súr la musique, celle qui dit la mèlancolie, le rèsistance, la terre, la mer. C’est une mèmoire qui passe par le son, le rythme, la voix. En mettant l’art visuel au collége, on prolonge cette idèe : faire dialoguer la terre, la musique et l’image. C’est montrer que l’art et le blues partagent la même fonction : dire ce qui ne se dit pas, relier ce qui est sèparè, garder vivante la mèmoire.

Nous sommes cinq artistes à croiser nos regards et nos pratiques : Nikki Elisè, Ardèbén, Maria Diaz, Pock et moi-même, Patricia LOLLIA.

Avec cette exposition, les couloirs du collége deviennent galerie. L’intention est claire : mettre les enfants en relation directe avec la crèation pour les sortir, un instant, du monde virtuel du portable, TikTok, jeux, notifications….Le

  Lire Plus

Hector Charpentier : « Intemporelle, un temps pour elle »

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Au cœur de l’œuvre d’Hector Charpentier se déploie le concept de « figurabstraction », qu’il a créé au début des années 1990 comme une réponse critique à l’opposition historique entre figuration et abstraction.

Les œuvres présentées donnent à voir une construction de l’image en strates successives. La figure humaine, souvent féminine, y occupe une place centrale : elle constitue le point d’ancrage sensible du tableau, autour duquel se déploient des champs chromatiques et des structures abstraites. Ces plans dialoguent sans hiérarchie, ouvrant l’image à une lecture à la fois plastique, symbolique et mentale. Le regard du visiteur est ainsi invité à circuler entre le visible et l’invisible, entre la présence incarnée du motif et sa transposition dans un espace spirituel.

Par la figurabstraction, Hector Charpentier propose ainsi une réflexion sur les conditions mêmes de la représentation. Son œuvre interroge la capacité de l’image à rendre visibles des réalités intérieures, et affirme la peinture comme un lieu de synthèse entre matière, esprit et mémoire.

Hector Charpentier, fondateur de la Figurabstraction académicien et commandeur académique des arts, des sciences et lettres en Italie, diplômé de l’école nationale des Beaux-Arts de Toulouse et premier Grand prix de sculpture de Toulouse, sa carrière d’enseignant, fut couronné par les palmes académiques.

  Lire Plus

Du visible à l’essentiel : Fred Eucharis

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Je produis des œuvres simplifiées et tactiles, sur des fonds indéfinis et abstraits. Mes créations actuelles sont l’aboutissement de plusieurs années de peinture.

Expérimenter la figuration et l’abstraction, la richesse des couleurs et des formes, observer l’expression de tout ce qui m’entoure, en découvrir les mécanismes secrets, c’est ma recherche depuis l’âge de quinze ans.
Le peintre caribéen que je suis, est toujours fasciné par l’équilibre des formes et des couleurs. Mes recherches artistiques reflètent cette fascination. J’essaie de montrer comment je perçois l’harmonie, la beauté des scènes caribéennes.

Mon chevalet bénéficie de la lumière de mon île. Mon inspiration picturale est stimulée par l’écoute permanente d’opéras, de jazz, de théâtre nô et de musiques caribéennes.
Mes mentors m’inspirent énormément, Vassily Kandinsky, Roland Chanco, Maurice Estève, Diego Riviera, Pablo Picasso et d’autres ; indépendamment des modes, j’essaie de parvenir à une synthèse des tendances multiples de l’art contemporain. Je tente une mutation du sujet tout en adoucissant la rigueur architecturale de l’esquisse. Je travaille avec amour une pâte savoureuse que je pose avec douceur ou en touches vivaces.

  Lire Plus

Pierre Montagard : « Les métamorphoses de l’impermanence »

Jusqu’au au 25 juillet 2026, du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 12h, chez Charles’Opticien à Etang Z’Abricot, immeuble Aqualina

— Par Marie Gauthier—

Très sensible à la beauté de la nature tropicale, Pierre Montagard arpente depuis presque 50 années, les sentiers forestiers de Martinique d’où il rapporte à l’atelier des végétaux qui l’inspirent. Les grands feuillages en décomposition sont pour lui un matériau de prédilection. Dans son laboratoire-atelier, il les traite pour stopper leur pourrissement et les conserver. De cette alchimie, apparaît alors leurs squelettes, des rides structurelles, d’étranges dentelles : écriture mémorielle d’une vie disparue.

Vient ensuite le travail du papier, artisanal ou industriel. L’artiste le baigne dans des jus de couleur, d’où résultent des bleus profonds de la nuit, des ocres dorés de soleil ou des rouges incandescents. Les feuilles de papier, telles des peaux, sont ensuite déchirées, offrant des contours aléatoires où s’entrevoient dans les brèches, les entrelacs des nervures nues préalablement collées sur le support. Ces découpes tremblées laissent imaginer, sous l’apparence des choses, un monde organisé dont on ne connaît pas nécessairement les lois.

  Lire Plus

Mickaël Bé Caruge : « Rêve diurne »

Fondation Clément jusqu’au 5 juilet 2026

Rêver, selon une définition admise, c’est « laisser aller sa pensée », son imagination. L’action de rêver s’enrichit de sens, par son origine latine le mot « vagus », qui signifie « qui erre ».

Cependant, en peinture nos projections potentiellement irréalisables sont paradoxalement ce « sel de la terre », cette utopie libérale de l’artiste. Pour le champ de la peinture, le thème est prospère. À travers des réalisations visuelles poétiques, ce thème riche, largement exploré, permet de construire des espaces et des représentations qui donnent à voir les entrelacs, les lignes, tous les contours de l’imagination. C’est ce qui déclenche notre sensibilité, y compris à une échelle collective, mais qui pour la peinture devient une manière de débrider les possibles. La peinture, qui existera toujours par son apport sensible, sensualiste, est un bâton psychologique pour le peintre et peut devenir un bain de jouvence pour le regardeur. Il n’y a nul besoin d’autorité, d’enjeu de pouvoir et d’argent dans la peinture quand elle se fait magie, intuition, floraison. Elle peut calmer les esprits, elle peut panser les âmes.

  Lire Plus

L’œuvre métaphore du désir amoureux

Exposition visible du 16 mai au 25 juillet 2026 du lundi au vendredi de 8h à 18h  | Cabinet médical Étang Z’Abricot, immeuble La Perle au 1er étage

— Par Marie Gauthier —

« La rose n’a pas de pourquoi »
Angelus Silésius (1624-1677),
poète et mystique allemand

D’emblée nous sommes sous le charme de l’œuvre de Moey et il en donne la raison : « parce que l’amour… ». Son thème de prédilection, arboré dans un souci esthétique et joyeux, présente des dessins délicats et multicolores, plus imaginaires que réalistes. Il y déploie, jusqu’à envahir toute la surface, un univers édénique luxuriant, floral décor de contes et merveilles.

L’artiste s’exprime par le dessin automatique qui confère à ses œuvres une liberté enchanteresse. Les motifs végétaux naissent et épanouissent pleinement leur nature, fusionnent parfois en ondulant dans un frémissement continu où l’on devine, dans les entrelacs, une présence animale : oiseaux, félins, flamants roses, poissons tropicaux, etc. Tout ce raffinement nous embarque, ravis malgré nous, dans une jouissance du voir, dans l’apparat d’une parade nuptiale.

À l’image des tapisseries mille-fleurs, ou plus proches de nous celles de Jean Lurçat dans Le Chant du Monde, des fonds sombres portent des graphismes de filaments fluorescents qui percent l’obscur et rappellent la broderie.

  Lire Plus

Nan Goldin : This will not end well

— Par Dominique Daeschler —

Présentées au Grand Palais et à la chapelle St Louis de la Salpêtrière, dans des modules conçus par Hala Wardé, six oeuvres rassemblant vidéo et diaporamas, racontent cinquante ans de création de Nan Goldin. Un tout raconté en récits saccadés ce que permet la diapo, jouant de la photo comme autant de plans fixes auxquels on associerait le rythme des battements de cœur, le montage libérant la pensée. Fan de cinéma dès l’adolescence, Nan Goldin plonge dans sa vie pour nourrir son art. Au cours de ses études à l’école des Beaux-Arts de Boston, elle documente la vie qu’elle mène dans une communauté de drag-queens qui traîne autour d’un bar appelé The Other Side (première exposition de ces images à Cambridge). Présenté dans l’exposition comme une ouverture au monde de Goldin, il frappe par ces portraits à cru qui donnent leurs visages comme des livres ouverts A Londres, elle photographie skinheads et premiers punks.

Suivra le premier grand diaporama, The Ballad of Sexual Dependency, travail qui s’étend sur 41 ans, où on entre dans l’intimité de Goldin : l’amour est là, la dépendance, la recherche d’identité, la perte, la fuite.

  Lire Plus

Moun Isi — 34 communes, 34 histoires

Du 12 mai au 27 juin, La Véranda de Tropiques-Atrium accueille Moun Isi, une exposition photographique signée René-Charles Suvélor, plus connu sous le nom de Bénny. À travers 34 portraits et 34 paysages, le photographe martiniquais dresse une galerie sensible et profondément humaine de la Martinique d’aujourd’hui.

Depuis plus de quarante ans, Bénny capture des instants de vie, des regards, des visages et des émotions. Né à Fort-de-France et grandi à Debriand, il découvre très jeune la photographie, avant d’exercer pendant de nombreuses années le métier de cuisinier. Mais l’appel de l’image, plus fort que tout, finit par s’imposer comme une évidence. Aujourd’hui, chaque cliché témoigne de cette passion intacte, nourrie par la rencontre et l’observation du réel.

Avec Moun Isi, l’artiste propose un voyage à travers les 34 communes de Martinique. Chaque portrait raconte une histoire singulière : une marchande, un pêcheur, un médecin, un inconnu croisé au détour d’une rue… Des femmes et des hommes de tous horizons, choisis pour ce qu’ils incarnent de vivant, d’authentique et d’universel. En écho à ces visages, des paysages viennent révéler la richesse et la diversité du territoire martiniquais.

  Lire Plus

Des artistes antillais dans le métro parisien

Par Alex Lollia —

Thierry Alet, responsable de la POOL ART FAIR a pris l’initiative d’organiser une campagne d’affichage dans le métro parisien.

A cette occasion les œuvres d’une douzaine d’artistes seront présentées au public du 20 au 26 Avril 2026. Cet événement sera sans doute un acte singulier dans l’histoire de la création artistique aux Antilles.

Depuis une quinzaine d’années, on assiste à une impressionnante éclosion dans le domaine des arts plastiques. Cette explosion de formes et de couleurs est d’autant plus surprenante que parallèlement, nos sociétés semblent en pleine dérive. Elles étouffent sous la cloche du mutisme. La philosophie politique et les sciences humaines ne nous disent plus rien à propos de nous-mêmes.

Alors, l’art serait-il en avance sur les concepts, dont nous avons besoin pour penser notre réel ?

Dans les entrailles du métro parisien, où les femmes et les hommes du Tout-Monde se mêlent et s’entremêlent, des artistes guadeloupéens ont choisi de faire signe. Faire signe à l’autre, quel que soit cet autre, dans cet espace de correspondances où les identités se frôlent, se frottent, se font et se défont.

  Lire Plus

Exposition : « L’irréversible » jusqu’au 4 avril

— Par Philippe Charvein —

L’adjectif qualificatif « irréversible » désigne une réalité inéluctable ; une réalité dont la progression se poursuit jusqu’à son terme, sans que rien ni personne ne puisse la stopper.

Le plus souvent associé à la négativité, ce terme n’est pas sans évoquer la tragédie en arrière-plan.

L’exposition qu’il nous est donné de voir (en relation avec la revue « Recherches en Esthétiques », de Dominique BERTHET), envisage plutôt ce terme comme un substantif évoquant, au contraire, la poussée – irrécusable, inextinguible – d’un mouvement vital… mouvement par le biais duquel s’expriment – malgré tout – la vie, la nature, l’humanité… mouvement vital éminemment associé à l’espoir et à l’optimisme.

Quatorze artistes sont donc conviés – conviées à l’occasion de cette exposition collective : Victor ANICET, Michèle ARRETCHE, Christian BERTIN, Julie BESSARD, Manon CASAGRANDE, Chantal CHARRON, Bruno CREUZET, HABDAPHAI, Hugues HENRI, Hamideh HOSSEINI, Valérie JOHN, Robert MANSCOUR, Luz SEVERINO, Henri TAULIAUT.

Quatorze artistes qui déclinent donc « L’irréversible » dans ses aspects les plus divers : humain, géologique, cosmique, onirique, physique.

  Lire Plus

Écriture d’une danse : Valérie H.Biegel

— Par Philippe Charvein

Ecriture et Danse – Danse et Ecriture : deux moyens d’expression, en apparence éloignés, mais se retrouvant dans le projet conçu par Valérie H.BIEGEL consistant à restituer une danse… la danse du jour qui se lève et se déploie en strates ; la danse des individus ; la danse de l’humanité ; la danse de l’écriture… danse multiple et protéiforme donc, qui est celle de la vie en fin de compte… une vie qui s’affiche et s’imprime dans ses « pleins et déliés », s’écrit en permanence, comme pour ne pas être happée par l’informel du néant ; comme pour défendre une identité.

L’exposition de Valérie H.BIEGEL est ainsi une célébration d’un mouvement vital… toujours actuel, toujours présent, même dans les réalités les plus ténues ; d’une écriture – elle-même vitale – qui véhicule une envie d’être et d’exister.

Il nous semble important de restituer ce vaste mouvement d’ensemble – sur un pas de danse sans cesse renouvelé – qui met précisément en scène l’histoire d’une humanité disparue, transformée en texte.

Notons à cet égard l’intégration de textes et de mots au cœur même des toiles, comme pour rehausser ce dialogue permanent entre notre humanité et cette instance – auctoriale – mystérieuse qui la porte tout en disant la réalité de son être et de ses aspirations ; comme pour rehausser la dimension philosophique d’une épopée intérieure restituant la fragilité de notre histoire en regard de l’ordre naturel.

  Lire Plus

Grottesco : maniériste et raffiné, l’univers insolite d’Eva Jospin

— Par Dominique Daeschler —

Tout semble en contradiction : aux œuvres monumentales répond un travail de dentelière, à la minutie des détails et à la précision d’orfèvre semblent s’opposer les matières brutes utilisées (carton, laiton, bois, métal, verre, liège…) s’acoquinant parfois à la soie, aux coquillages pour mieux nous interroger. Notre repère restera les références convoquées plongeant dans un patrimoine symbolique. Cénotaphe, évoquant la mémoire des défunts est une immense tour de strates de carton sculpté entrelacé de papier coloré rappelant les capricci du 18ième siècle. Plus loin, Duomo, œuvre dans laquelle on peut pénétrer fait référence au Panthéon de Rome, apparait comme une grotte accumulant textures et matières pour mieux donner la vision d’une nature artificielle maniériste en vogue en Italie au 16ième siècle. L’imaginaire se niche dans ces « chefs d’œuvre », nom qu’utilise volontairement Eva Jospin en se référant à l’aboutissement du travail des compagnons dans une réalisation qui allie prouesse technique et invention. Des ponts, des arches, des escaliers s’ancrent au creux des parois. L’installation de ces œuvres monumentales dans une salle très close du Grand Palais est difficile.

  Lire Plus

Ô femmes ! Une pièce de théâtre et une exposition

Une pièce de théâtre : « Les secrets d’un gainage efficace »

Les 6 et 7 mars à la Guinguette, Saint-Pierre

Le 8 mars au TOM, Fort-de-France

Elles sont cinq femmes qui se saisissent de l’anatomie féminine, objet des canons de beauté mais aussi de la honte de soi, de méconnaissance et de tabous, pour écrire un livre sur le corps des femmes comme leurs aînées dans les années 70.

Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que beaucoup vivent tout bas : corps malmené par lui-même et par le corps social, médiatique et politique. Elles explorent leur intimité et les clichés qui leur collent à la peau à grands coups d’autodérision et d’humour.

Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille.

Une exposition :

En écho, l’exposition ô femmes ! s’installe à la Guinguette de Saint-Pierre du 07 au 11 mars. Vernissage le 07 mars de 15h à 18h00.

Le titre fait référence à la célèbre citation de Olympe de Gouges dans sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791.

  Lire Plus

Hybridation, appropriation, interférences

Éric Vincent à la Bibliothèque Schoelcher du 4 au 26 mars 2026.

— Par Marie Gauthier (*) —

« Le propre du visible est d’avoir une doublure d’invisible au sens strict qu’il rend présent comme une certaine absence. »
Maurice Merleau-Ponty, L’oeil et l’Esprit, Gallimard, 1964.

Si le masque africain est un trait d’union entre le monde visible des vivants et le monde invisible des ancêtres, les Modulavatars d’Éric Vincent contiennent, quant à eux, une réminiscence africaine, sur le mode avatar, avec toutes les variantes enrichies des possibles et de l’imprévisible coexistant dans notre aire culturelle caribéenne. Ces oeuvres, au sein de la communauté, ne sont-elles pas le signe tangible adressé aux ancêtres pour honorer leur mémoire ?

Les Modulavatars présentent des bas-reliefs réalisés à partir d’emballages postaux standardisés, prêts à l’emploi. Symbole des voyages et échanges transatlantiques, cette fois-ci chargés des douceurs du pays pour les expatriés. Ces supports de carton recyclés, partiellement pliés, structurent la représentation de visages où cohabitent, de manière non symétrique, des parties colorées peintes et des collages. Il ne s’agit pas du portrait tel qu’on le définit d’habitude.

  Lire Plus

« L’Irréversible », une exposition au Créole Art Café

— Par Selim Lander —

À l’occasion de la parution du numéro 31 de la revue annuelle Recherches en Esthétique sur le thème de « L’irréversible », une exposition rassemble certains des artistes mis en honneur dans ce numéro plus quelques autres. Quatorze artistes en tout, la plupart déjà connus du public martiniquais, et une trentaine d’œuvres. Deux nouvelles venues : Manon Cassagrande qui utilise la photographie dans ses tableaux, et Hamideh Hosseini, venue d’Iran, dont la peinture exprime toute la dureté de la situation des Iraniens et particulièrement des Iraniennes dans leur pays, soit ici un buste de femme blessée, mutilée, l’œuvre la plus forte de cette exposition (« Une tulipe de sang », première photo).

Les visiteurs martiniquais auront plaisir de retrouver des artistes qui leur sont familiers : par ordre alphabétique Victor Anicet (trois céramiques dont un vase spectaculaire évoquant le cratère d’un volcan en feu), Michèle Arretche, Christian Bertin (une impressionnante sculpture anthropomorphe en matériaux composites de couleur noire), Julie Bessard (un tondo rotatif), Chantal Charron, Bruno Creuzet, père de Julien Creuzet qu’on ne présente plus (une installation énigmatique, évolutive de surcroît), Habdaphaï (trois peintures), Hugues Henry (deux photographies), Valérie John (deux petits livres comme calcinés à l’indigo, éléments d’une installation à venir), Robert Manscour (trois de ses sculptures en verre dont un grand « Stani » en pied), Luz Severino et Henri Tauliaut (deux masques).

  Lire Plus

Exposition : « Authenticité » Corinne Solitude

— Par Philippe Charvein —

L’Exposition : « Authenticité » Corinne Solitudeexposition de Corinne Solitude est construite autour de la question de l’ « Authenticité » et de ses manifestations.

Quelles sont les marques et les expressions de celle-ci ? Telle est la question à laquelle Corinne SOLITUDE tente de répondre par le biais de vingt-cinq toiles articulées autour de motifs divers : visages de femmes ; d’enfants ; représentations de femmes de générations différentes ; scènes de la vie quotidienne ; représentations de deux fauves.

N’oublions pas les corps ; les corps qui disent encore, avec justesse, naturel et sincérité, par leurs attitudes, ce qui se noue à l’intérieur des êtres. Images d’un corps qui se rassemble, pour se prémunir contre l’extérieur ou se recentrer ; corps qui se détache de la pénombre pour affirmer son « être-là » ; corps résilients ; corps déliés et stylisés exprimant toute la grâce de la féminité ; corps dansants

Motifs qui déclinent donc ce thème de l’authenticité cher à l’artiste peintre, renvoyant précisément à la complexité de l’être ; à la complexité de chaque visage ; de chaque portrait illustrant chacun une existence complexe, riche de sens.

  Lire Plus

« Peindre à la Martinique », une exposition à la Fondation Clément

— Par Selim Lander —

Peindre à la Martinique, l’exposition qui vient de se substituer à celle consacrée à Christian Bertin – laquelle a dû laisser plus d’un visiteur dubitatif – est une nouvelle exposition patrimoniale, à l’instar de Aux origines de la Caraïbe, Taïnos et Kalinagos qui se poursuit jusqu’au 15 mars, et à nouveau en étroite collaboration avec le Musée du Quai Branly, héritier des fonds du Musée colonial. Elle devrait rallier tous les suffrages, ceux des nombreux visiteurs venus d’ailleurs et plus encore sans doute ceux des habitants actuels de la Martinique. On y découvre « la Perle des Antilles » à travers les yeux des peintres et des premiers photographes d’antan, ce qui permet de mesurer les transformations radicales qui se sont produites au fil du temps (et pas toujours pour le meilleur !). Ainsi, les planches d’un album de photos d’Eugène Cicéry, coloriées puis lithographiées, prises un peu avant 1860, représentent-elles certaines constructions de Fort-de-France qui existent toujours (la Fontaine Gueydon, l’ancien Palais de justice, …) mais situées dans un environnement qui n’est plus reconnaissable.

  Lire Plus

The Black Joconda de Patricia Lollia au Grand Palais

« ART CAPITAL » c’est l’effervescence artistique à l’état pur avec plus de 3000 artistes et 4 salons emblématiques : le Salon des Indépendants, le Salon des Artistes Français, le Salon Comparaisons et le Salon Dessin et Peinture à l’eau.

J’exposerai avec l’Association « ART FREEDOM » au sein du Salon des Indépendants qui célèbre une liberté totale d’expression et la diversité des démarches.

Depuis 1884, le Salon des Indépendants joue un rôle primordial dans l’histoire de l’art mondial.

« Ni jury, Ni récompense ! ». Telle est la devise des membres fondateurs de cet espace. Tout le monde peut y exposer. C’est donc une chance inouïe pour les artistes, connus ou non, de pouvoir exposer, dans le cadre d’une manifestation artistique de portée internationale, dans un lieu aussi prestigieux que le Grand Palis.

Lorsque j’ai réalisé « THE BLACK JOCONDA » en Novembre 2023, je n’aurais jamais imaginé qu’elle ferait son entrée au Grand Palais.

Alors, oui, « THE BLACK JOCONDA » trônera au sein du Grand Palais avec des œuvres d’artistes venus des cinq continents.

Lorsque Léonard de Vinci a peint la Joconde, il a créé plus qu’un portrait : il a inscrit, dans un regard, un mystère qui continue de fasciner, de questionner et d’inspirer.

  Lire Plus

Exposition – VaKBand : 20 ans d’aventure carnavalesque

Rond-Point des Arts Centre commercial Le Rond-Point

🎭 VaKBand, 20 ans de rue, de rythme et de transmission

Depuis 2006, VaKBand incarne un carnaval vivant, populaire et profondément ancré dans la rue.

En 2006, loin de la Martinique, au cœur de Bordeaux, quelques jeunes Antillais font le même constat : malgré la distance, le carnaval continue de battre en eux.
De ce besoin vital de culture, de lien et d’expression naît VaKBand, un groupe à pied qui choisit la rue comme scène et la musique comme langage universel.

Dès ses premières apparitions, le collectif se distingue par une identité singulière :

  • mêler les rythmes venus d’ailleurs aux sonorités du folklore caribéen,

  • faire dialoguer les influences,

  • préserver l’essence d’un carnaval populaire, vivant et accessible à tous.

VaKBand ne défile pas seulement : il fédère, rassemble et transmet.

🌍 De la diaspora à la terre natale, une continuité culturelle

Lorsque les fondateurs rentrent au pays, l’histoire ne s’interrompt pas.
Elle se transforme.

Porté par l’amitié et la volonté de rester unis, le collectif se réinvente en Martinique et s’inscrit durablement dans le paysage carnavalesque local.

  Lire Plus

Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943)

Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2026

— Par Sarha Fauré (*) —

L’exposition Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943), présentée à la Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2025, interroge les pratiques picturales en Martinique dans le contexte colonial. Réunissant pour la première fois plus de 150 œuvres – peintures, dessins, sculptures et photographies –, rarement ou jamais montrées aux Antilles, issues principalement des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac et de collections privées, elle propose une relecture ambitieuse de l’histoire de l’art martiniquais. Le parcours retrace les grandes temporalités de cette histoire, depuis la construction des imaginaires coloniaux dominants jusqu’aux formes de rébellion esthétique portées par la négritude, le surréalisme et la création de l’école des arts appliqués.

L’exposition met en évidence les fractures, les silences et les préjugés qui ont longtemps structuré le champ artistique, tout en soulignant les résistances et les combats menés depuis la Martinique et Paris pour l’accès à la formation artistique et la reconnaissance d’un art martiniquais représentant les paysages, les scènes et les habitants du péyi.

  Lire Plus

Jérôme Sainte-Luce : Visages de la mémoire caribéenne

Jusqu’au samedi 14 février, à Tropiques-Atrium.

Visages de la mémoire caribéenne
— Par Sarha Fauré —

Avec Figi — « visages » en créole — Jérôme Sainte-Luce présente à Tropiques-Atrium une exposition dense et habitée, où peinture, dessin et graphisme deviennent les vecteurs d’une réflexion sensible sur la mémoire, l’identité et les traces laissées par les civilisations disparues. Le peintre et plasticien guadeloupéen y déploie un univers singulier, nourri à la fois par une recherche approfondie sur les cultures amérindiennes de la Caraïbe et par une exploration introspective de son propre parcours.

Né en 1981 à Perpignan, Jérôme Sainte-Luce se forme très tôt aux arts visuels. Il débute son parcours par des études d’arts appliqués à Rivières-des-Pères, avant de s’orienter vers les arts plastiques à partir de 1999. Son cheminement artistique se construit également au gré d’expériences menées hors de la Caraïbe, notamment en Espagne et en Ardèche, qui enrichissent son regard et affinent sa pratique. En 2002, il obtient un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués, spécialité design, à l’École Estienne à Paris. Depuis 2009, il transmet à son tour cette exigence et cette sensibilité en tant que formateur en arts appliqués, intervenant dans plusieurs centres de formation en Guadeloupe.

  Lire Plus

La beauté, un art de l’instant

Du 24 janvier au 7 mars au Cabinet Médical Etang Z’Abricot FdF

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant
et suspendue entre deux néants.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, 1932

— Par Marie Gauthier —

Sur le thème de la danse, l’artiste plasticienne Valérie H. Biegel présente des œuvres plus graphiques que picturales, des dessins délicats où se mêlent sur le même support encre, peinture, collages sur papier, le tout souvent marouflé sur toile. Son intention est de partager avec nous lumière et joie de vivre.

Les surfaces organisent des graffiti qui immédiatement font penser à des écritures. Notre regard s’attarde et reconnaît alors des silhouettes graciles, des corps humains en mouvement réduits à des signes, accompagnés parfois de points, de virgules, d’apostrophes, en un mot d’arabesques colorées, heureux repentirs sur des fonds clairs qui donnent un effet de lumière, de légèreté, au-dessus ou à l’intérieur du vide. Parfois des bribes de poèmes, des bleus doux, des rouges toniques, accompagnent ces mouvements dansants rythmés de noirs intenses.

Outre l’influence évidente des idéogrammes de la calligraphie orientale, l’artiste nous révèle aussi son goût pour le papier artisanal : papier aquarelle, papier de soie, papier coton, papier de riz, papier Jaipur ou Wenzhou.

  Lire Plus

« Poispersion & Trasrillance » du 21 au 28 janvier

Centre Culturel de Rivière-Salée

La Ville de Rivière-Salée a le plaisir d’accueillir la deuxième exposition de la jeune artiste martiniquaise Rachel Perro, intitulée Poispersion & Trasrillance.

Artiste autiste dotée d’une grande sensibilité artistique depuis son plus jeune âge, Rachel Perro développe une œuvre singulière, vibrante et profondément intuitive. À travers une série de peintures texturées, souvent construites sur des fonds sombres, la lumière surgit, non comme une opposition, mais comme une complémentarité naturelle, une continuité entre deux forces indissociables.

Inspirée par son imaginaire intérieur, mais aussi par les détails du quotidien — un motif aperçu sur une rambarde, une boîte à gâteaux, une forme fugace — Rachel peint sans toujours savoir où son geste la mènera. La création est pour elle un cheminement libre, entre excitation, appréhension et découverte du résultat final.

Après s’être essayée à la chanson il y a quelques années, cette passionnée de dessins animés et de mangas s’est tournée vers la peinture, soutenue par sa mère, Nicole. Elle a déjà réalisé plus d’une centaine de toiles, dont certaines seront présentées et proposées à la vente lors de cette exposition.

  Lire Plus