26, 28 & 28 juin | Terminal de croisière | Pointe-à-Pitre
— Par Patricia Lollia (*) —
Après le vif succès rencontré par la campagne d’affichage dans les couloirs du métro parisien, la POOL ART FAIR poursuit sa trajectoire. L’évènement pose désormais ses couleurs en Guadeloupe avec la même ambition : promouvoir l’art contemporain pour l’ancrer dans le quotidien.
A Paris, les visuels ont interpellé, surpris, ému. Ils ont ainsi transformé un trajet ordinaire en rencontre artistique. Entre deux correspondances, les voyageurs se sont arrêtés un instant, suspendus dans le flux. Les affiches ont rompu le rythme automatique des trajets. Elles ont créé une brèche.
Certains ont levé les yeux, d’autres ont sorti leur téléphone, d’autres encore ont simplement ralenti le pas. Des silhouettes en équilibre, des titres qui claquent comme des décisions, des oeuvres colorées qui tranchent avec le gris des quais.
L’art n’était plus confiné, il s’imposait dans l’espace public, sans cartel ni médiation.
Les réactions ont été immédiates : étonnement, questionnements, débats sur les quais et sur les réseaux. Des clichés partagés, des messages envoyés, des discussions amorcées entre inconnus. La campagne organisée par Thierry Alet a prouvé que l’affiche, loin d’être un support dépassé, reste un outil puissant qui a provoqué la rencontre entre le public parisien et les artistes de Guadeloupe. Elle a transformé un lieu de transit en galerie éphémère et chaque usager en spectateur involontaire puis complice.
Ce succês tient à une chose : l’art a repris sa place là où on ne l’attendait plus. Brut, direct, accessible, il a rappelé que la création contemporaine n’a pas besoin d’autorisation pour exister dans notre quotidien.
Pour les artistes, voir son œuvre quitter l’atelier pour s’afficher en grand, au cœur du métro, dans ce lieu insolite, c’est une émotion particulière. Loin des vernissages feutrés, l’affiche confronte l’œuvre au réel, à la foule, au bruit, à la vie qui défile. Les artistes sélectionnés pour cette campagne ont témoigné de cette fierté. Celle de toucher un public qui ne franchit pas toujours les portes des galeries. Celle de voir leur travail devenir repère, signal, respiration dans le quotidien de milliers d’anonymes.
Dans ce lieu insolite, l’œuvre ne s’admire plus, elle s’éprouve . L’artiste prend le risque du regard pressé, de l’indifférence ou de l’éblouissement. Et quand l’arrêt se
produit, quand un voyageur s’immobilise devant l’image, c’est une victoire silencieuse pour lui.
La campagne a résonné fort auprès de la diaspora guadeloupéenne et martiniquaise.
Voir les noms, les couleurs, les œuvres des artistes de Guadeloupe s’imposer sur les murs du métro a provoqué une émotion vive. une fierté de se voir représenté, reconnu, exposé dans l’un des réseaux les plus denses du monde.
Pour beaucoup , c’était la preuve que la création antillaise voyage, qu’elle dialogue avec la scène contemporaine internationale, sans avoir à renier son ancrage. Ce succès parisien donne aujourd’hui une résonnance particulière au retour de la campagne au pays. L’art retrouve ses racines, porté par cet élan. Le mouvement s’amplifie pour s’ancrer au plus près du public.
La campagne antillaise reprend les codes qui ont fait le succès parisien : des visuels forts, un dialogue direct avec l’espace public, et cette volonté de créer la surprise là où on ne l’attend pas. D’Anse-Bertrand à Vieux-Habitants en passant par Pointe-à-Pitre, l’art s’affiche, s’expose, se partage.
Parmi les œuvres présentées, je propose personnellement un tableau intitulé « 49.3 ¬. L’œuvre interroge notre rapport à la verticalité du pouvoir, à ce qui s’impose d’en haut sans détour. Elle met en scène cette tension entre l’autorité et la fragilité, entre la décision et ses répercussions intimes. Dans l’espace public, affichée en grand, « 49.3 ¬ devient miroir : chacun pourra y reconnaître sa propre posture : rester indifférent, se laisser abattre, encaisser le coup et riposter.
Alors, RDV est pris avec cette campagne d’affichage en Guadeloupe, du 22 au 28 Juin 2026 et bien súr avec la POOL ART FAIR qui se tiendra du 25 au 28 Juin au Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre.
Patricia LOLLIA, Artiste peintre et sculptrice

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