Politiques

La caricature, une longue tradition française

— Par Stéphanie Trouillard —

Samuel Paty, professeur d’histoire dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, a été décapité pour avoir illustré ses propos sur la liberté d’expression, en montrant deux caricatures du prophète Mahomet. Ces dessins sont une nouvelle fois au cœur d’une polémique, alors que la caricature française est issue d’une longue tradition. 

Le 16 octobre, Samuel Paty, professeur d’histoire dans un collège des Yvelines, a été victime d’un attentat islamiste pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression. Depuis la reprise en 2006, par Charlie Hebdo, de caricatures du prophète issues du journal danois Jyllands-Posten, ces dessins n’ont cessé d’engendrer polémiques et drames. Un incendie criminel en 2011, puis un attentat en 2015 ont visé la rédaction du journal satirique. 

Ce moyen d’expression n’est pourtant pas nouveau. La France a une longue tradition du dessin contestataire. France 24 vous propose un retour sur cette histoire millénaire.

Au Moyen-Âge

Au Moyen Âge, la caricature, dont les origines remontent à la Grèce antique, ne cesse de se propager. « Les premières gravures, qui apparaissent à la fin du 14e siècle, sont faites sur bois », décrit le site de la BNF.

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L’éphéméride du 24 octobre

Lettre de démission du PCF d’Aimé Césaire à Maurice Thorez le 24 octobre 1956

Quelques mois après le percutant rapport Khrouchtchev qui révéla les crimes de Staline, Aimé Césaire a adressé cette lettre de démission à Maurice Thorez alors secrétaire général du Parti communiste Français. « Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. »
{{Aimé Césaire, Député de la Martinique, à Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français.}}

Maurice Thorez,

Il me serait facile d’articuler tant à l’égard du Parti Communiste Français qu’à l’égard du Communisme International tel qu’il est patronné par l’Union Soviétique, une longue liste de griefs ou de désaccords. _ La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu’elles ont plongé, ou du moins, je l’espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l’action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte.

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Liberté d’éducation

— Par Suzanne Dracius —
Il incarne, héroïque, non seulement la liberté d’expression mais, sacro-sainte, la liberté d’éducation.

Samuel Paty s’efforçait d’insuffler l’esprit de liberté, il s’ingéniait à expliquer le génie de la tolérance, il s’appliquait à proclamer méthodiquement, sans violence, la liberté d’expression, il s’employait à exalter la force de la pensée, et un insensé le fit taire, mais sa voix résonne ad vitam æternam. Il affirmait courageusement le refus de la résignation à l’obscurantisme et il fut décapité, massacré de la plus barbare, de la plus archaïque façon.

Il faisait son métier de prof, accomplissait sa noble tâche de professeur d’histoire qui en a dans la tête, donnait un indispensable cours d’instruction civique, l’EMC, « enseignement moral et civique ». (L’instruction, du latin « instruere », « élever, bâtir, munir, outiller, assembler », aspire à élever les esprits, visant « plutôt la tête bien faite que bien pleine », à l’instar de Montaigne.) Il a été décapité mais des myriades de têtes repoussent là où sa tête fut coupée.

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Des textes en hommage à Samuel Paty

Au cours de l’hommage à Samuel Paty, organisé ce mercredi dans la Cour de la Sorbonne en accord avec la famille de l’enseignant assassiné, des textes à valeur historique ont été lus, que tous les élèves de France et de Navarre se devraient de connaître… Mais aussi, écrit dans l’émotion, le poème d’un jeune chanteur… Pour que selon les mots d’Emmanuel Macron, « les lumières ne s’éteignent jamais ».  

De Jean Jaurès : extraits de « Lettre aux instituteurs et institutrices » (La Dépêche de Toulouse, 15/01/1888) 

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire, à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation.

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L’islamisme politique ne doit plus gangréner la société

— Pour le Grand Orient de France, Fred Myram-Marthe Rose —

Les principes fondamentaux de la République et le peuple français ont à nouveau été attaqués le 16 octobre 2020 par un attentat islamiste d’une barbarie insupportable. Un enseignant d’histoire-géographie a été décapité dans les rues de Conflans-Sainte-Honorine pour avoir illustré un cours sur la liberté d’expression en présentant aux élèves des caricatures publiées dans le journal Charlie Hebdo. Le Grand Orient de France tient tout d’abord à exprimer sa solidarité et son soutien sans faille à la famille de la victime et aux enseignants. Mais si la consternation et l’émotion sont immenses, il est aussi du devoir des francs-maçons du Grand Orient de France de contribuer avec force et vigueur à l’unité nationale qui doit faire face à l’islamo-fascisme qui, depuis 2012, tue, tue et tue encore dans les rues, les rédactions, les magasins, les salles de spectacles, un stade, une église et les administrations de France.

L’islamisme politique qui par des attentats et des prises de positions remettant en permanence en cause la République laïque veut imposer un obscurantisme liberticide et meurtrier ne doit pas, ne doit plus, gangrener la société française comme il le fait aujourd’hui.

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Professeur assassiné : un livre de caricatures diffusé dans les lycées pour défendre la liberté d’expression

Les treize régions de France ont annoncé la diffusion d’un livre de caricatures politiques et religieuses dans les lycées, à la suite de l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty.

Les 13 régions de France ont pris l’initiative de publier un livre de caricatures politiques et religieuses à l’attention des lycées, en réaction à l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, a annoncé le 19 octobre leur président Renaud Muselier. « Nous, présidents des régions de France, prenons aujourd’hui l’initiative de préparer la publication d’un ouvrage rassemblant les caricatures religieuses et politiques les plus marquantes parues dans la presse régionale aux côtés de celles parues dans la presse nationale« , a-t-il dit à l’occasion du congrès des Régions de France à St-Ouen (93).

« Remettre en perspective le droit à la caricature »

« Nous allons demander à un collège d’historiens d’y remettre en perspective le droit à la caricature dans l’histoire politique de notre pays« , a ajouté M. Muselier, après avoir condamné cet « assassinat ignoble et lâche« .

Le président de Régions de France a précisé que le ministère de l’Education nationale serait associé « à cette initiative pour que cet ouvrage puisse être mis à disposition de tous les lycéens et lycéennes de France« .

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Assassinat du professeur Paty

— Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme Gaudeloupe —

Vendredi 16 octobre 2020 vers 17 heures Samuel PATY, professeur d’histoire-géographie a été assassiné à Conflans-Sainte-Honorine par un jeune homme qui l’a d’abord égorgé puis décapité.

L’assaillant âgé de 18 ans originaire de Tchétchénie est arrivé il y a une dizaine d’années en France avec ses parents, lesquels avaient obtenu l’asile. Arrivé très jeune, il a été scolarisé en France.

Samuel PATY enseignait l’Éducation Civique. Pour illustrer le thème de la liberté d’expression, il avait l’habitude, comme le font ses collègues, d’utiliser des caricatures, notamment celles de Mahomet trouvées sur Charlie Hebdo. Illustration de nouveau utilisée lors d’un de ses derniers cours.

Un parent d’élève s’est exprimé sur les réseaux sociaux, puis a demandé à la Principale que le Professeur soit renvoyé, il aurait également déposé une plainte contre l’enseignant, pour « diffusion d’image pornographique ». Ce dernier, convoqué par la police, s’est rendu au commissariat accompagné de la Principale de son collège pour lui-même déposer une plainte pour diffamation.

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Indivision outre mer.

— Par André Laurent Labonne —

La loi n° 2018-1244 du 27 décembre 2018 visant à faciliter la sortie de l’indivision successorale et à relancer la politique du logement en outre-mer, dite « loi LETCHIMY », ne prévoit pas de décret d’application.
Promulguée le 28 décembre 2018 (elle est entrée en vigueur le même jour (ou le 29 si l’on exprime qu’elle ne se suffit pas à elle même !)
Or le ministre de la justice et garde des sceaux, Monsieur Éric DUPOND-MORETTI, aurait, selon le France-Antilles du 18 octobre 2020 (FA Guadeloupe édition internet), affirmé à l’occasion du congrès des notaires, qu’un décret d’application de la loi, s’agissant de son exécution par les notaires, serait publié très prochainement.

S’agit t-il d’une erreur ou bien peut-on aujourd’hui prendre des décrets la où ils ne sont pas prévus ?
Dans ce cas le Le flot législatif serait d’une ampleur qui ne permettrait à aucun citoyen d’appliquer l’adage « nul n’est censé ignorer la loi ».
Si un tel décret intervient cela signifierait que la loi ne prendrait effet qu’à sa publication et qu’il resterait encore dix ans à partir de ce moment pour l’appliquer au lieu de huit ans si l’on partait du 28 décembre 2018 !

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L’éphéméride du 19 octobre

À Grenade, Maurice Bishop, chef du Gouvernement révolutionnaire populaire, est tué par la faction radicale de son parti. Un conseil militaire prend le pouvoir le 19 octobre 1983.

Maurice Rupert Bishop, né le 29 mai 1944 à Aruba et mort le 19 octobre 1983 à la Grenade, est un homme politique et révolutionnaire grenadin, Premier ministre de l’île entre 1979 et 1983.

Jeunesse et formation en Angleterre
Maurice Rupert Bishop est né le 29 mai 1944 à Aruba, alors colonie néerlandaise. Ses parents, Rupert et Elment Bishop, venaient de Grenade, où son père ne gagnait que 5 pence britanniques par jour. À la fin de 1930, pour améliorer sa situation financière, il déménage à Aruba pour travailler dans l’industrie du pétrole. En 1950, la famille revient à Grenade où son père ouvre un petit commerce à Saint-Georges. Il suit des études dans des écoles méthodistes puis catholiques de Grenade. Il obtient ensuite une bourse du gouvernement pour étudier dans un des établissements catholique les plus prestigieux de l’île où il devient président du club des élèves et rédacteur du journal de l’école.

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Vous n’aurez pas nos têtes

—- Par Caroline Fourest —

Un hussard est tombé. Sa tête a roulé. Dans ce pays, on a décapité des rois et des tyrans, quelques révolutionnaires. Qui aurait cru qu’un enseignant perdrait la sienne, quarante ans après l’abolition de la peine de mort, pour avoir voulu faire réfléchir ses élèves ?

Ce renversement, si symbolique, nous remplit d’effroi. Après tant d’attentats et de morts, nous devrions être habitués. Et pourtant non, chaque fois c’est pire.

La République se sait en danger. Comme elle l’était lorsque des forces obscurantistes ont voulu la renverser. Ce sont les instituteurs et les institutrices, nos enseignants, à qui l’on doit d’être des citoyens éclairés et non des sujets. S’en prendre à eux, c’est s’en prendre à nous tous, à la raison et à l’espoir. Les journalistes peuvent alerter, les policiers peuvent arrêter, mais nous ne sortirons jamais de ce cauchemar si les professeurs ne peuvent vacciner la prochaine génération contre ces propagandes qui nous déchirent. L’antidote, nous le savons, exige d’expliquer, inlassablement, l’histoire de ce pays, comment nous avons arraché nos libertés, l’importance d’endurer la divergence et l’offense, le blasphème et l’atteinte au sacré, sans répondre par la violence.

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Regarder les documentaires « C’est dur d’être aimé par des cons » & « L’humour à mort » de Daniel Leconte

A l’occasion du cinquième anniversaire de l’attentat contre Charlie Hebdo, franceinfo rediffuse dans son intégralité deux documentaires consacrés à l’hebdomadaire satirique. Dans C’est dur d’être aimé par des cons, le réalisateur Daniel Leconte revient sur le procès intenté en 2007 contre Charlie Hebdo, deux ans après la publication des caricatures de Mahomet. Le film, dont le titre reprend les propos attribués au prophète dans le dessin de Cabu, débute par la conférence de rédaction du journal durant laquelle il est décidé que celui-ci ferait la une.

D’après Daniel Leconte, interrogé par franceinfo« si l’ensemble des journalistes avaient considéré que cette affaire était la leur, que c’était la liberté d’expression qu’il fallait défendre, je parie que cet attentat ne se serait pas produit ». Peu après l’attaque du 7 janvier, qui fait douze morts, C’est dur d’être aimé par des cons avait été rediffusé dans une centaine de salles de cinéma, rappelle L’Obs. En 2016, le réalisateur a également signé un deuxième documentaire, que vous pouvez revoir par ici, qui revient sur l’attentat qui a frappé la rédaction. Daniel

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Soirée électorale du 3 décembre 2015 : la stratégie suicidaire de Serge Letchimy.

— Par Yves-Léopold Monthieux —

On le sait, la liste Ensemble pour une Martinique nouvelle (EPMN) conduite par Serge Letchimy, dernier président de la défunte région, était largement favorite à l’élection des 3 et 16 décembre 2015 de la nouvelle collectivité territoriale de Martinique (CMT). On a pu dire que les habits de président de cette collectivité avaient été inspirés par le successeur d’Aimé Césaire, et à ses mesures. Le président du Parti progressiste martiniquais (PPM) avait en face de lui un vieil et redoutable adversaire, Alfred Marie-Jeanne. Mais il avait battu ce dernier aux élections municipales de Fort-de-France, en 2001, et aux élections régionales de 2010. En outre, ce dernier pouvait paraître fatigué sous le poids de l’âge et de ses nombreux combats politiques. Par ailleurs, Serge Letchimy avait su, par le biais de l’EPMN, obtenir l’adhésion de plusieurs maires notamment de droite et paraissait pouvoir compter sur la quasi-totalité des réseaux qui structurent la société civile martiniquaise. Il avait donc de bonnes raisons de croire à la victoire facile.

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«On laisse les profs se démerder face à des situations épouvantables»

— Par Mathieu Magnaudeix —

Christophe Prochasson, président de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), était conseiller éducation à l’Élysée au moment des attentats de novembre 2015. Il estime aujourd’hui que les professeurs sont souvent « abandonnés » par l’institution.

Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie du collège du Bois-d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a été assassiné par un terroriste après avoir montré des caricatures de Mahomet dans sa classe. Ancien conseiller éducation de François Hollande à l’Élysée, l’historien Christophe Prochasson, président de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et aussi recteur d’académie à Caen, réagit : « Lorsque j’étais à l’Élysée, un attentat en milieu scolaire, c’était ma crainte tous les jours. » Il juge que l’institution laisse trop souvent les professeurs « se démerder face à des situations qui peuvent être épouvantables ».

Quelle est votre réaction après l’assassinat terroriste de Samuel Paty, qui avait fait l’objet de menaces pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de collège ?

Au-delà de la sidération évidente, j’ai envie de saluer son courage. Samuel Paty, un historien, savait que penser, apprendre à penser, c’est dangereux, c’est une prise de risque.

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«Une autocensure va s’installer dans le monde enseignant»

Historien, membre du conseil des sages de la laïcité et directeur de l’observatoire de l’éducation à la fondation Jean-Jaurès, Iannis Roder enseigne depuis plus de 20 ans en collège en Seine-Saint-Denis. Alors qu’un enseignant a été décapité ce vendredi près d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine, il fut l’un des premiers professeurs à tirer la sonnette d’alarme sur la contestation des valeurs républicaines et la percée du fondamentalisme musulman dans les établissements scolaires, au début des années 2000.

Est-ce une bombe, qui a explosé ce vendredi soir à la face de l’école française ?

Iannis Roder . C’est surtout une bombe qui explose à la tête de ceux qui minimisent toujours ce qui se passe dans l’Education nationale. Que faudra-t-il pour qu’enfin ils réalisent ? Nous avons une démonstration terrible, dramatique, des extrémités auxquelles certains sont prêts à aller. Ce que je constate, depuis des années, c’est que les contestations de la République sont réelles.

La lutte de l’institution scolaire contre le fondamentalisme est-elle inefficace ?

Nous avons appris à contrer les contestations, à les juguler.

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17 octobre 1961, souviens-toi !

— Par Abdelaziz Boumediene pour le Collectif pour la Mémoire et pour la Citoyenneté —

ici_on_noie_les_algeriensIl y a [59] ans, le 17 octobre 1961, une manifestation est organisée à Paris pour condamner le couvre feu et la politique discriminatoire mis en Place par le Préfet de police Maurice Papon .cette initiative pacifique de contestation organisée par le FLN (front de libration nationale) est réprimée dans le sang. Des milliers d’Algériens sont arrêtés, torturés et parqués dans des camps de détention et des dizaines d’entre eux sont tout simplement exécut’s. La police française  n’a pas hésité dans sa folie meurtrière également à jeter des dizaines d’Algériens dans la Seine.

On dénombrera entre le 17 et le 18 octobre 1961 des centaines de victimes, hommes, femmes et enfants dont le seul tort est d’être sortis manifester leur droit à plus de liberté.

Les Algériens n’oublieront pas, l’Humanité n’oubliera pas tous les massacres commis par la France au nom du colonialisme. Guelma, Sétif, kherrata n’oublieront pas aussi les massacres du 8 mai 1945. Ils se souviennent des 45 000 victimes de l’armée coloniale, de la tyrannie, qui a écrasa la joie des Algériens voulant célébrer la libération de l’Europe, de la France, osant rêver de leur propre libération, la libération de l’Algérie .Nous

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L’éphéméride du 17 octobre

Révolte noire aux JO de Mexico le 17 octobre 1968

Tommie Smith et John Carlos aux JO de Mexico le 17 octobre 1968 (DR)Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico (12-27 octobre), les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, montent sur le podium à la 1ère et à la 3ème place.

Au moment où retentit l’hymne américain et s’élève la bannière étoilée, ils baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir.

Par ce geste qui signera la fin de leur carrière, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers.

L’Australien Peter Norman, sur la deuxième marche du podium, manifeste son soutien avec un badge du mouvement de protestation des droits civiques. Exclu des Jeux suivants, il sera porté en terre par ses deux amis afro-américains à sa mort en 2006.

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17 octobre, Journée mondiale de refus de la misère & clôture de la 5° Marche Mondiale des Femmes.

— Communiqué de l’UFM —

Ce samedi 17 octobre marque 2 évènements importants : la journée mondiale de refus de la misère et la clôture de la 5° Marche Mondiale des Femmes.

17 octobre, Journée mondiale de refus de la misère

Le constat des inégalités de notre société martiniquaise était déjà insupportable. Quelques chiffres sont édifiants :

– en 2017, 29% des martniquais·es vivaient en dessous du seuil de pauvreté, soit 2 fois plus qu’en France (chiffres INSEE). Parmi cette population, les familles monoparentales, donc les femmes, sont majoritaires, ainsi que les jeunes ménages.

– Alors que le niveau de vie des plus riches est équivalent à celui de la France,

– Les 10% des plus riches gagnent 4,2 fois plus que les 10% des plus pauvres, écart plus important qu’en France de 23%.

– Le taux de chômage « officiel » était de 15% en 2019, 2 fois plus que la France, sans compter les personnes ayant arrêté de chercher un emploi par lassitude et celles n’ayant trouvé que des emplois précaires (parmi lesquelles les femmes sont majoritaires) les plaçant presque au même niveau que les chômeurs.ses.

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Un professeur d’histoire décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet

Un homme a été décapité en fin d’après-midi ce vendredi 16 octobre à Conflans Saint-Honorine (Yvelines). Et son agresseur présumé, blessé gravement par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise), est mort. Le parquet antiterroriste a été saisi pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Cette attaque survient trois semaines après celle devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l’hebdomadaire satirique.

Selon l’AFP, « l’agresseur du professeur d’histoire décapité vendredi à Conflans-Saint-Honorine près d’un collège a crié « Allah Akbar » avant d’être tué par les forces de l’ordre, a-t-on appris de source proche de l’enquête ». « L’enseignant avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, selon une source policière », ajoute l’AFP.  « Mais aucune source ne nous confirme avec certitude s’il a été visé pour cette raison », précise cependant FranceInfo. Selon un autre témoignage de parent d’élève, l’enseignant aurait demandé aux élèves de confession musulmane de sortir de la classe, pour ne pas les provoquer.  

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Samedi 17 octobre 2020, journée mondiale du refus de la misère

Rdv place de l’Enregistrement, Fort-de-France, de 10h à 13h

— Par Culture Égalité —

Table ronde des associations à 10h.

La misère a toujours existé chez nous mais aujourd’hui, la crise sanitaire révèle crûment la précarité, l’isolement et la détresse de personnes et familles déjà fragilisées par un système économique et social très inégalitaire.

Avant la crise, 30% des personnes en Martinique vivaient sous le seuil de pauvreté c’est-à-dire avec moins de 1020€ par mois. Depuis, leur vulnérabilité s’est durablement aggravée. De nombreux secteurs économiques ne renouvellent plus les CDD, les intérimaires, les saisonnier.es et licencient. Le travail informel aussi a pratiquement disparu. Les familles font moins appel aux sociétés de services à la personne et celles-ci réduisent leur personnel.

Les femmes, souvent cheffes de foyers monoparentaux, sont les premières victimes. Elles ont été nombreuses à basculer de la précarité à la pauvreté – voire à la grande pauvreté. Elles ont toutes, ou presque, des histoires de vie difficiles liées à la maladie, la perte d’emploi, la naissance d’un enfant en situation de handicap, un divorce, des violences au sein du couple, ou encore l’émigration…

Solliciter l’aide des organismes publics est un véritable parcours de la combattante, du combattant, surtout quand tout est devenu priorité et urgence : paiement des loyers, nourriture, eau, électricité…

Des bénévoles, des associations, des organismes ont eu un rôle d’intervention de premières urgences, quels retours d’expériences?

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Martinique: couvre-feu « commercial » de 22h à 5h

Le Comité de Pilotage (Copil) Covid s’est réuni ce jeudi soir (15 octobre) en préfecture pour examiner et discuter les mesures annoncées la veille par le préfet. Plusieurs changements importants ont été opérés.

C’est finalement un « couvre-feu commercial » qui s’appliquera à la Martinique. Le Comité de Pilotage (COPIL), composé du préfet, de représentants de différents services de l’Etat et d’élus locaux (CTM, parlementaires, maires…) a trouvé un consensus.

La mesure s’appliquera de 22 heures à 5 heures aux restaurants, bars et salles de sport et, plus généralement, à l’ensemble des commerces. Le grand changement par rapport aux mesures annoncées ce mercredi 14 octobre, c’est que les bars et les salles de sport sont autorisés à ouvrir en journée, sous réserve de répondre à un protocole strict exigé.

Le couvre-feu débutera dès ce samedi 17 octobre.

Rendez-vous dans 15 jours

Le Copil a néanmoins acté une clause de revoyure dans 15 jours afin « d’évaluer si la mesure a permis de faire infléchir la courbe du Covid-19 », a indiqué Stanislas Cazellles.

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Thomas Sankara, l’homme intègre

Le 15 octobre 1987, un commando assassinait, au Conseil de l’entente, le révolutionnaire burkinabé.

De 1983 à 1987, Thomas Sankara a mené une révolution inédite dans son pays pour lui redonner toute son indépendance politique, économique et culturelle. Visionnaire et charismatique, le jeune président burkinabé de 34 ans a profondément marqué son époque et les générations suivantes. Aujourd’hui encore, pour beaucoup de jeunes Africains, il incarne le visage du panafricanisme. Un leader intègre, anticolonialiste, féministe et écologiste qui a payé de sa vie son combat contre l’impérialisme et pour le progrès social.

Thomas Sankara, né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta et mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso, est un homme d’État anti-impérialiste, révolutionnaire, socialiste, panafricaniste et tiers-mondiste voltaïque, puis burkinabè, chef de l’État de la République de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, de 1983 à 1987.

Il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, qu’il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène à marche forcée, et y compris en recourant à la répression de certains syndicats ou organisations politiques rivales, une politique d’émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie Pays [ou Patrie] des hommes intègres), de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes.

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Assemblée du Peuple Caraïbe : appel à l’action

En défense de Notre Souveraineté et Notre Autodétermination !

Introduction

L’Assemblée des Peuples de la Caraïbe (APC) est un espace et un processus de rassemblement des Peuples de la Caraïbe, au-delà des divisions créées par notre passé colonial commun. L’APC est dans sa 28ème année, après la Conférence Préparatoire tenue en 1992, suivie par la première Assemblée en 1994. Notre huitième Assemblée a eu lieu l’année dernière. Au cours des années, l’APC a maintenu son engagement envers la défense de la Souveraineté et du droit à l’autodétermination pour la région et la conquête de la Prospérité des Peuples de la Caraïbe. Et c’est suivant ce même engagement envers nos Principes Fondateurs que le Comité Exécutif Régional de l’Assemblée des Peuples de la Caraïbe, lance aujourd’hui cet Appel à la mobilisation.

En conformité avec nos Principes Fondateurs de Défense de la Souveraineté des Peuples de la Région Caribéenne ; ainsi que les Appels, Déclarations et Résolutions de l’Assemblée des Peuples de la Caraïbe ;

En accord total avec les Principes universellement admis de non-ingérence d’un État dans les affaires internes d’un autre État, et du respect par un État de la souveraineté des autres États ;

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L’éphéméride du 15 octobre

Joseph Gallieni fait fusiller les princes malgaches, dans la colonie de Madagascar et ses dépendances le 15 octobre 1896.

Gallieni est envoyé en 1896 à Madagascar en tant que résident général. Il arrive à Tananarive le 15 septembre. À la méthode diplomatique de son prédécesseur, le général M. Laroche, il préfère la méthode forte pour endiguer la montée de la résistance anti-coloniale. Il instaure le travail forcé des indigènes en imposant 50 jours de corvée par adulte. La cour royale, foyer de résistance contre la France, est placée sous surveillance.
Le 11 octobre 1896, lendemain du départ de l’ancien résident général Laroche, Gallieni, qui jouit des pleins pouvoirs, fait arrêter le prince Ratsimamanga et Rainandriamampandry, ministre de l’Intérieur, et les traduit devant le Conseil de guerre pour rébellion et « fahavalisme ». Le 15 octobre, à l’issue d’une parodie de procèsNote 1,8, ils sont condamnés à mort et exécutés à titre d’exemple, souhaitant faire « forte impression sur les indigènes ». Un des membres du Conseil de guerre devait confirmer par la suite que les deux accusés avaient été « condamnés sur ordre » de Gallieni.

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L’éphéméride du 14 octobre

Création « officielle » de l’OJAM le 14 février 1962

Le Manifeste de l’OJAM (OJAM pour Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) ou « La Martinique aux martiniquais », est un manifeste rédigé en 1962 en Martinique par 18 auteurs. Il fut placardé en Martinique les 23 et 24 décembre 1962

Les 18 auteurs
Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé Florent, Marc Pulvar, Joseph René-Corail, Léon Sainte-Rose, Charles Davidas, Roger Riam, Victor Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamotte, Guy Dufond, Guy Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis-Augustin et Roland Lordinot.

Conséquences et réactions
Les 18 jeunes auteurs de ce manifeste sont arrêtés, emprisonnés à Fresnes et accusés d’atteinte à la sûreté de l’État. Ils sont jugés, lors d’un procès politique en 1964 qui se soldera par un acquittement général.

En décembre 1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce sacrifice montra à la jeunesse de notre pays la voie de l’émancipation, de la fierté, de la dignité.
Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les ténèbres de l’histoire, offre une résistance de plus en plus grande à l’oppression coloniale.

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Léonora Miano à propos de « Décolonisations. Du sang et des larmes »

— par Mehdi Derfoufi, le 13 octobre 2020, sur le site « De l’autre côté » —

Mehdi Derfoufi : Je relaie ici cet excellent texte de Léonora Miano¹, qui contribue avec pertinence au débat sur les productions Blanchard.

« Signer à la pointe du zizi.

Monsieur Pascal Blanchard fulmine de rage. J’ai osé émettre à propos de son travail quelques réserves, dire qu’il serait bon que d’autres s’expriment sur la question coloniale et offrent un regard différent. La tâche ne requiert pas que l’on soit pourvu d’un zizi pour la réaliser, ne serait-il pas temps que des femmes soient financées pour s’y atteler et que, comme votre servante, elles aient des attaches subsahariennes fortes ? Avec les même moyens, j’affirme que je produirais des œuvres plus justes, plus profondes, plus utiles à l’édification de lendemains féconds.

Mais revenons à l’enragé. Une voix dissonante dans un concert de louanges, et l’ami des opprimés prend le monde à témoin de l’outrage. Est-ce parce que la critique émane des rangs de ce public supposément captif qui devrait faire la révérence et remercier ?

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