Philosophie

Un examen de conscience à la lumière de « L’Éthique » de Spinoza

par Michel Pennetier —

Si l’on entre dans « l’Éthique » de Spinoza, il est difficile d’en sortir tant cet ouvrage qui parle de la place de l’homme au sein de la Nature ( conçue comme la totalité infinie de ce qui est) et de la meilleure façon de s’y épanouir, est une architecture conceptuelle d’une rigueur rationnelle absolue enchaînant les propositions les unes aux autres d’un bout à l’autre de l’ouvrage. Voici quarante ans que je lis l’«éthique «, non pas de manière continue ! Mais parfois par lectures intenses, puis pendant des mois les idées font leur chemin dans mon esprit, puis une question se pose ( par exemple : comment passe-t-on du premier genre de connaissance par idées confuses, inadéquates au second genre de connaissance par idées adéquates c’est-à-dire vraies, étant donné que le libre-arbitre, la décision volontaire est une illusion ?). Et je reprends la lecture traquant les propositions et leur enchaînement.

J’ai été d’emblée conquis dès les premières pages de l’ouvrage, le livre I qui s’intitule « De Dieu » où Spinoza développe sa conception métaphysique : Dieu, c’est-à-dire la Nature dans laquelle l’homme est englobé.

Lire Plus =>

De l’inconstance dans la vie politique

— par Michel Pennetier —

La «  Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », l’ »Habeas Corpus » en Angleterre, la Constitution américaine, les lois sur la laïcité de 1905, le Manifeste du Parti Communiste de 1848, les lois sur la Sécurité Sociale de 1945, oui, tous ces textes ont une forme et un contenu, c’est du solide qui peut porter ses fruits pendant des siècles et qui marque une étape et un progrès dans l’histoire de l’humanité. Donc, ne me faites pas dire que la politique n’est qu’inconsistance ! Il arrive qu’une personnalité ou un groupe de personnes parviennent à faire passer une loi en dépit des criailleries de la presque majorité des représentants du peuple et du peuple lui-même parce que cette loi porteuse de raison et d’humanité finit par convaincre une partie des réticents. Ainsi en fut-il de la loi Weil sur l’interruption de grossesse en 1975.

Je respecte trop la politique qui comme disait Aristote est l’art suprême et le plus difficile, pour vouloir la mépriser et la jeter aux orties.

Lire Plus =>

De l’incertitude de notre jugement

— Par Michel Pennetier —

Je vole ce titre à Montaigne qui, dans le chapitre XLVII des Essais, parle des incertitudes quant à l’issue d’une bataille alors que le chef de guerre en toute conviction se croit assuré de la victoire. On pourrait à ce propos citer le Président Trump qui se croit vainqueur dans son conflit avec l’Iran en faisant assassiner l’un des principaux responsables du régime iranien !
Mais c’est ici en un autre sens que je voudrais parler du jugement. J’envisage ici le jugement moral que l’on porte sur une affaire de mœurs. Il se trouve que depuis quelque temps naît en mon esprit face à ces événements – affaire Me Too et la suite – comme une double réaction, l’une qui ne peut que suivre le main-stream des condamnations face à des révélations scandaleuses, l’autre qui demande à voir ce qu’il en est derrière ces jugements qui ont soudain surgi à propos de comportements sur lesquels on se taisait jusque très récemment, que l’on ignorait ou feignait d’ignorer, que l’on acceptait comme normaux ou prônait même comme une libération.

Lire Plus =>

Après la publication de ses cahiers noirs. La lecture de Heidegger peut-elle être recommandée aux élèves de terminale ?

Rappel des faits. Une pétition initiée par le philosophe Vincent Cespedes demande à « sortir Martin Heidegger » de la liste des auteurs recommandés.
Débat avec Stéphane Domeracki Philosophe et auteur de Heidegger et sa solution finale (Connaissances & Savoirs), Pascale Fautrier Écrivaine, autrice de la Vie en jaune (Au diable vauvert) et Maurice Ulrich Journaliste et auteur de Heidegger et le Golem du nazisme (Arcane 17)

Les manipulations d’un auteur nazi

— Par Stéphane Domeracki Philosophe et auteur de Heidegger et sa solution finale (Connaissances & Savoirs) —

L’initiative de cette pétition (1) suscite la levée de boucliers attendue, avec son cortège d’arguments spécieux. Pour les uns, il y aurait « censure » et remise en cause de la liberté pédagogique de l’enseignant : or, ce n’est nullement le cas, puisqu’il ne s’agirait que de cesser d’en recommander officiellement la lecture à des élèves de 17 ans. Pour d’autres, le nazisme de Heidegger serait indétectable dans les œuvres précédant l’engagement nazi officiel : Être et Temps, que son auteur estime pourtant largement incompris par les perspectives ontologiques et existentielles qu’on se plaît à s’en proposer, serait ainsi jugé au-dessus de tout soupçon.

Lire Plus =>