Catégorie : Philosophie

Pape François : Trente ans de confidences spirituelles

— Par Rodolf Étienne

Le Vatican vient d’annoncer une publication qui devrait susciter l’intérêt bien au-delà du monde catholique.

Le 24 novembre 2026 paraîtra le Journal spirituel du pape François, un ouvrage composé de notes personnelles rédigées par Jorge Mario Bergoglio entre le 20 décembre 1992 et le 18 août 2024.

Annoncée officiellement le 5 octobre par la Librairie éditrice du Vatican, cette publication posthume sera proposée simultanément dans 94 pays et cinq langues, dont le français, chez Albin Michel. Elle a été confiée au cardinal argentin Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi et proche collaborateur de François.

Trente-deux années de réflexion intérieure

Ces écrits traversent plusieurs périodes déterminantes de l’existence de Bergoglio : son parcours dans l’Église argentine, sa nomination comme archevêque de Buenos Aires, son élévation au cardinalat et son élection au pontificat le 13 mars 2013. François, premier pape originaire d’Amérique latine, a dirigé l’Église catholique jusqu’à sa mort, le 21 avril 2025, à l’âge de 88 ans. Le livre présente une particularité importante : il ne s’agit pas d’une nouvelle encyclique, ni d’un texte doctrinal destiné à orienter les catholiques, mais d’un ensemble d’écrits personnels, sélectionnés, présentés et commentés par un collaborateur du défunt pontife.   Lire Plus

Cheikh Anta Diop et le nucléaire

— Par Rodolf Étienne

On connaît Cheikh Anta Diop comme historien, anthropologue, linguiste, penseur de l’unité africaine et figure majeure de la réécriture de l’histoire du continent.

On connaît beaucoup moins Cheikh Anta Diop le physicien, formé aux sciences exactes, enseignant de physique-chimie et utilisateur des techniques nucléaires pour dater le passé africain.

Pourtant, cette dimension scientifique n’est pas secondaire : elle constitue l’un des piliers de sa méthode.

À son retour au Sénégal au début des années 1960, après sa formation en France, Cheikh Anta Diop rejoint l’Institut français d’Afrique noire, devenu par la suite l’IFAN Cheikh Anta Diop. Il y développe une ambition singulière : mettre les sciences expérimentales au service de l’histoire africaine. L’IFAN rappelle qu’il avait enseigné la physique-chimie dans des lycées parisiens avant son retour à Dakar et qu’il refusa de cloisonner histoire, archéologie, physique, chimie et biologie.

Physique et chimie nucléaires des basses énergies – le carbone 14

Parler de « nucléaire » à propos de Cheikh Anta Diop nécessite une précision essentielle. Il ne s’agit ni d’un programme militaire, ni de la construction d’un réacteur électronucléaire.  Lire Plus

Confucius en Martinique : Chemins chinois de l’harmonie

– par Rodolf Étienne

Et si l’une des grandes questions de la Martinique contemporaine trouvait un éclairage inattendu dans une pensée née en Chine il y a plus de 2 500 ans ?

À Schœlcher, au Lamentin, à Trinité, au Carbet ou à Rivière-Salée, des Martiniquais pratiquent le tai-chi et le qi gong.

Ailleurs, les principes du feng shui interrogent la manière d’aménager un intérieur, de faire circuler la lumière ou de rechercher une relation apaisée avec son environnement. Ces pratiques, d’origines et de traditions différentes, semblent partager une préoccupation : trouver sa place dans un monde traversé par des forces parfois contradictoires.

Au centre de cette réflexion, une figure historique peut servir de point de départ : Confucius, philosophe chinois dont la pensée a profondément influencé les conceptions de l’éducation, de la responsabilité, de la famille et de l’ordre social en Asie orientale. 

Confucius n’a pourtant inventé ni le feng shui ni le tai-chi. Cette précision est essentielle. Le confucianisme, le taoïsme, les arts martiaux internes et les traditions chinoises de l’aménagement des lieux appartiennent à des histoires distinctes, même si leurs pratiques et leurs idées se sont parfois rencontrées.

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Misologie et Démagogie « démocratiques »

— Par Camille Loty Malebranche —

Misologie et Démagogie sont plus qu’une paire mais un continuum idéologique, une suite logique, un couple opératoire pour mener les foules et leur vendre du fantasme, à défaut de rêve, par des temps de cauchemar économique, de trouble de la sécurité publique et de quête de boucs émissaires dont la montée de l’extrême droite constitue un signe patent.

Tout l’encombrement médiatique orchestré par la publicité commerciale, le loisir inculte et les débats insipidement bas des politicards et spécialistes soudoyés du système, sont breloques de l’idéologie diluée dans le discours public pour mimer la démocratie. C’est en fait de la vulgaire et répressive misologie, c’est-à-dire manière adroite de contourner le logos fondé dans la raison critique et la vérité démontrée. Façon habile d’assouvir la haine de toute objectivation étiologique sérieuse des maux de la société en crise.

La démagogie, quant à elle, consiste à occuper toute la place dans la communication de masse par des clichés pseudo-éthiques d’une société sans autre morale que le profit, en divulguant des stéréotypes, des semblants d’arguments, pour priver d’espace toute réflexion rationnelle, toute discursivité qui pourrait interpeller l’intelligence et opérer la maïeutique politique collective.  Lire Plus

Le mythe transforme l’ethnie, le groupe ou la nation en race…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le verbe créateur de l’identité du groupe s’érige en mythe dès qu’il s’impose en vision sacrée qui sacralise l’ethnie, la peau, la nation, le groupe… Tout ce qui substantialise la condition, les contingences pour essentialiser des collectivités humaines afin de leur conférer des privilèges logiquement indus à cause de leur origine, de leur clan, de leur couleur, en en excluant tous les autres, est constitution d’une race. Ainsi, toute discrimination – terme à ne pas confondre avec la différenciation par les vraies valeurs spirituelles, morales, intellectuelles et les justes combats menés selon ces valeurs – est du racisme.

Le verbe créateur d’identité de groupes humains n’est pas toujours sacré. Parfois, il n’est que rassembleur! Il dévie en mythe quand il devient agressivement sacré et menaçant pour l’altérité. Sacré (parfois littéralement religieux), liant la naissance et l’existence de la société au suprahumain au cosmique voire au supracosmique et au divin via un naturalisme sacral, le verbe créateur d’identité, risque des déviations sur la route des excès parce que frontière diabolique pouvant dériver en pathogénies discriminatoires. En effet, c’est de la sacralisation verbale que naît la fiction de la race, des faux mérites et toutes les imbécillités de ceux qui distillent leur être identitaire dans une vision où ils se voudraient supérieurs à tous les autres qui ne sont de leur « nature raciale et sociale ».  Lire Plus

L’élite: un concept désignifié, désubstantialisé par l’idéologie de l’économie sale.

— Par Camille Loty Malebranche —

L’élite, telle que conçue en nos sociétés platement matérialistes et pragmatiques, est précisément la ronde des fourbes les plus idéologiquement habiles qui savent accaparer oligarchiquement pour eux-mêmes, toutes les ressources communes de l’humanité par des empires financiers (bancaires, boursiers) et industriels, tout en se créant des alliés dévoués produits en politiciens de partis pour les aider à séquestrer les États en mentant aux peuples par le jeu dit d’alternance démocratique. Car si les têtes visibles du pouvoir s’alternent via des élections cycliques, les maîtres de l’argent mondial avec leur acte de prédation permanente, restent pratiquement les mêmes de manière pérenne et se succèdent de pères en fils.

Il n’y a d’élite que de la noblesse du caractère, le reste n’est qu’ironie et manipulation idéologiques des oligarchies faussement moralisatrices d’un monde systémiquement immoral. Quand on se rappelle que l’institution sociale est dispensatrice de valeur et de signification pour les membres de la société, l’on saisit alors la déformation corrompue de la vision collective lorsque tous les horizons du regard collectif sont, dès le départ, dilués dans des simulacres.  Lire Plus

Appartenance et délire d’excès identitaire…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’appartenance doctrinale ou idéologique, dès qu’elle omet d’établir la transcendance de sa passion et la nuance entre les limites saines et les promiscuités nécessairement malsaines de son action, peut faire basculer l’homme dans la bestialité la plus primitive, la barbarie la plus férocement criminelle.

L’homme doit toujours appartenir au bon sens et au jugement juste avant de relever des rationalités doctrinales de groupes, de clans ou encore des prescrits idéologiques de classes, de catégories sociales où il évolue par adoption ou par héritage.

L’appartenance sociale ou ethnique sans balise spirituelle et morale, risque de dégénérer en fanatisme. C’est au nom de l’appartenance que des millions d’allemands ont consenti à voir les hécatombes nazies par la guerre et les lieux de torture.

L’homme se doit toujours d’être fidèle à sa vérité de nature avant toutes visions ou options de classe.

La valeur proprement humaine doit primer les valeurs culturelles et idéologiques du social, sinon c’est l’humanité elle-même qui se dénie et perd la face dans le bourbier des incohérences. La propension à tout céder aux forces sociales par besoin d’être approuvé par ceux que l’on considère siens, est une des causes d’innombrables maux.

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Du Politique et du Politicien: Éclipse politicienne de l’homme politique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le politique est en fait l’une des espèces les plus rares dans un monde sans autre valeur que l’économie malsaine, financiarisée à l’extrême, où la plupart des élus du peuple sont des politicards domestiques ou acolytes d’oligarques, larbins ou alliés des banquiers les plus escrocs.

Le politique s’implique dans la vie publique pour servir la nation, le politicien, lui, sert les intérêts oligarchiques de ses patrons inavoués, en leur asservissant le peuple. Le politicien dénature l’essence de la politique qu’il fait manette d’infamie par la manipulation des électeurs et la trahison de la nation.

En nos sociétés de confusion où règne le baragouin complaisant des secteurs médiatiques dispensateurs de mensonges populistes au nom de la culture et de la politique, il est facile de tout confondre, c’est même la vocation des logorrhées à consonances faussement scientifiques ou rationnelles qui se déversent, se diffusent à flot dans la sphère médiatique, la médiosphère agressivement marchande qui vend objets manufacturés et politiciens fabriqués au peuple désemparé en mal de sens et d’espoirs voire de messianisme politique naturellement patraque blasphématoire.  Lire Plus

Le Bon, catégorie englobante catégorématique du meilleur.

—- Par Camille Loty Malebranche —

Exclusif champ de tous les paramètres finalitaires des domaines du sens et de l’action, le Bon est le schème catégorématique du bien parfait qui appelle tous les efforts existentiels du juste dans son conatus vers l’amélioration ininterrompue temporelle, intellectuelle et surtout spirituelle de soi-même. Le Bon est pour l’humain, la course conquérante de son humanité à faire croître encore et encore, irrépressiblement dans sa vérité, sa noblesse impondérable, immatérielle.

S’améliorer, c’est tendre résolument et avec zèle vers le Bon en faisant de sa vie une consécration à l’ascension de soi par la pensée et l’action. C’est se reconnaître capable du meilleur au point de tout faire pour minimiser le mauvais par le bon élan du mélioratif cultivé en notre conscience d’Homme. Et là, en terminant provisoirement ce texte réflexif, me revient cette pensée que j’ai écrite en mon adolescence, et à laquelle je tiens encore avec la même ferveur : Vas, sois Humain avant d’être grand, car grandeur sans Humanité, n’est qu’illusion abortive de ta destinée, aberration tueuse de ton accomplissement d’esprit en route!

Le Bon est la plénitude, la symphonie de l’harmonie plénière qui appelle l’amélioration, cette adoption du meilleur, comme coryphée de toute orchestration du Bon.  Lire Plus

L’Émotion, la Raison: Pour l’équilibre de la conscience pensante et agissante.

— Par Camille Loty Malebranche —

Ni la masse d’objectivité noyant les sensibilités subjectives chez le partisan de la raison exclusive ni la subjectivité délirante de l’émotif primitif s’abandonnant à ses pulsions et réactions primaires impulsives, ne peuvent en exclusives – chacune seule dévorant l’autre et s’excluant réciproquement – conférer l’équilibre indispensable qui caractérise un homme assumé. Raison et Émotion sont comme les deux pieds sur lesquels se tient debout la complétude du penseur-acteur qu’est l’homme. Ce sont deux facultés-attributs dont l’équilibre est nécessaire à l’équilibre humain, à la verticalité de posture de la conscience pensante et agissante au feu multiple des situations tant pondérables qu’impondérables de la vie.

La raison nous est donnée pour interroger et comprendre le monde, alors que l’émotion nous le fait sentir dans notre intériorité. L’émotion, pilier de la création et de la représentation; la raison, socle de la découverte et de l’invention. À ce stade, les deux se contrebalancent dans l’entendement interdépendant pour la complétude du progrès de la conscience collective de l’espèce dans sa marche culturophore, c’est-à-dire porteuse de cultures et fondatrice de civilisations.  Lire Plus

Pouvoir et nudité.

— Par Camille Loty Malebranche —

Cratère d’esprit nu

Abîme des villes
Naufrage, abysse des consciences
Aux mers des contresens,
La vie dans nos villes
Pactise avec le mensonge masqué en génie public,
Rites étatiques
Sur les têtes sans visages
Des structures infâmes,
Kunées maudites de nos monstres adulés
Élus parasites qui consomment et consument le peuple.
La décomposition du monde
Offre le macabre et maculé spectacle de la corruption des empestés
Les esprits iniques et corrompus puent l’injustice,
Esprits putréfiés rongés des vers de leur inconséquence,
Inaptitude à assumer l’être
Impropriété hypermatérialiste à vivre l’extase vocationnelle.

Cratère d’esprit nu

Que de moins que rien gouvernent l’État !
Et, par déviances et crimes économiques,
Imposent l’esclavage de la paupérisation
Et le travail obligatoire et sans fin
Comme fin de l’aventure humaine
Dans le dédale de la faim planifiée des Charon capitalistes
La route des politiques est un Achéron de faussetés,
Répugnant et létal méandre des fumisteries macro-économiques.
Avec les analphabètes fonctionnels, régaliens du néant
Sots experts, excellents exécutants,
Choses de la chose financière
Funambules flagorneurs faits présidents ou premiers ministres
Faune politicarde féroce
Intronisation de l’absurde
Accrétion d’esprit chauve sans contenance,
Lèche-semelles dévoyés des banquiers,
La gouvernance n’est que boule puante,
Paume coprophile aux raquettes des sous-hommes !  Lire Plus

La contingence n’est pas l’accident.

— Par Camille Loty Malebranche —

Contingence et accident, s’ils sont ordinairement interchangeables au plan sémantique, ont quand même en certaines circonstances une différence fondamentale : certaines contingences réfèrent à des aspects d’impondérabilité, d’indétermination volontaire impliquant la nature d’un être ou d’une espèce d’êtres sans en être consubstantielles, alors que l’accident réfère à l’étrangeté, à l’anomalie d’une situation, d’une factualité affectant la condition, le statu quo d’un individu ou d’un groupe.

Par exemple, le fait d’avoir un lieu de naissance est une contingence, mais tout en étant contingence et donc non essentiel ou nécessaire, cette factualité du lieu de naissance est incontournable et fait partie de la condition spatiale de l’être humain, spatialité immanente à la nature humaine. Or l’accident ne saurait être une condition immanente à toute une espèce en train de naître, condition à laquelle nul échantillon naissant n’échapperait! Il est clair que cette condition de toute naissance constitue une contingence, contingence qu’il convient d’appeler : la contingence spatiale des êtres vivants.

L’accident est, par définition, toujours casuel et non principiel, perpétuellement particulier car jamais ni global ni répétitif!  Lire Plus

Infralangage et désignification verbale.

— Par Camille Loty Malebranche —
L’Infralangage est un artifice idéologique du pouvoir, si trompeur, si décentré de ce qui est et se fait réellement, qu’il ne saurait rien communiquer de la réalité des choses ni de la factualité de l’action. Alors, c’est un univers second – celui des clés et codes systémiques rendus systématiques par l’art mensonger des profiteurs de l’ordre mondial ou étatico-social – qui se crée un empire de codes factices et de faux signes qu’il faille débusquer, démasquer pour évider d’être pion de l’échiquier illusoire de la communication putative déviante du système politico-économique avec le mode institutionnel d’incommunication qu’il sous-tend. L’infralangage est un mode de langage sans seuil de signification suffisante pour renvoyer à un quelconque signifié.

Le pire ennemi de la communication linguistique n’est ni le mutisme ni la mutité ni l’aphasie, mais le décentrage du langage dans une volonté de tromper où l’incohérence individuelle ou idéologique, vide le verbe de tout sens, réfère à un non lieu, une schizotopie. Alors, naît un infralangage parasignifiant que seuls décodent les connaisseurs des signes et clés cachés voire non établis de la vérité sociale prise dans sa nudité et son essence sans frime séductrice ni masque verbal, ni mimesis de manière.  Lire Plus

Hyperlucidité et hyperconscience…

— Par Camille Loty Malebranche —
Il est de ces mots qui altèrent le sens des choses. Me vient à l’idée, en écrivant cette réflexion, le lemme « extralucide ». Oser parler d’extralucidité, c’est très mal comprendre l’ampleur de la lumière qui est en l’homme et que chacun doit développer sans jamais pouvoir en épuiser l’immensité. L’homme peut essayer, dans la part de conscience possible de son existence terrestre, part de conscience si vaste que les esprits les plus avertis n’en utilisent qu’une petite partie, part de conscience qui, elle-même, n’est qu’une infime poussière de la conscience divine exprimée dans le cosmique et le supracosmique; c’est donc carrément insensé et matamore que de se prévaloir d’un charisme qui serait extralucide. Par contre, l’effort de l’esprit à ennaturer permet une lucidité forte quand l’homme s’y met. C’est une hyperlucidité métaphysique, une hyperconscience à la fois intellectuelle et surrationnelle de l’esprit tourné vers soi pour mieux se connaître et vivre la vérité indiscursive de l’être.

La sagesse est un regard intérieur de l’esprit dépassant les bornes de l’extérieur lacunaire dans un monde rivé à l’immédiateté du tangible.  Lire Plus

La barbarie, cette sauvagerie culturalisée des civilisations.

— Par Camille Loty Malebranche —

La sauvagerie est l’état naturel de toute espèce vivante prise dans son environnement. Elle est la face immédiate, primaire, primitive des espèces, y compris l’homme! La barbarie est un cran de la sauvagerie dépassant les déterminations purement naturelles par l’intervention culturelle.

La sauvagerie est le stade cru des pulsions et réactions se manifestant au premier degré sans recul ni jugement pour assouvir les instincts qui, à l’échelle de l’humain, sont censés être dépassés par la culture à travers ses institutions civilisatrices telles l’éducation, la religion, la politique. La sauvagerie est le niveau réflexe que la culture, stade réfléchi des actions humaines socialisées, se doit de dépasser, d’humaniser. Et, pourtant, dans le cours des choses, la barbarie, cette sauvagerie seconde, secondaire car moulée dans les us et coutumes culturels, voit constamment le jour comme une sorte d’aberration mentale et comportementale des rapports humains individuels, collectifs, institutionnels et internationaux à travers les choix d’action de la société humaine dite civilisée.

C’est dans la construction de la culture, la manière des humains de se structurer socialement en instituant leur vision et représentation dites culturelles que la barbarie surgit!  Lire Plus

L’esclave mental, un déchu volontaire de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

L’esclave mental se manifeste par sa servilité inconsciente où il croit exhiber quelque grandeur avec zèle et arrogance! Il porte la livrée mais se croit couronné de gloire parce qu’il est adopté en chose, réifié par des dominateurs qu’il perçoit supérieurs et dispensateurs d’ascension et de hauteur. C’est un chosifié si aliéné si ténébreux qu’il jubile de ce que sa livrée est sertie des médailles de sa servitude de bon esclave que lui octroient ses utilisateurs.

Dans un monde de hiérarchisation individuelle et de clivages sociaux paroxystiques, les esclaves mentaux sont légion et leur sujétion s’exerce par leur misérabilisme qui foisonne partout où l’interaction sociale rend incontournable leur côtoiement! Et, croyez-moi, il faut s’aimer fort et de manière ostensible pour dissuader la masse patibulaire de ces assujettis haineux d’eux-mêmes, qui voudraient ravaler tous aux bas-fonds où ils pataugent et règnent dans la platitude et l’infrahumanité, zélateurs serviles, insolents et agressifs d’un ordre immonde de domination oligarchique contre l’humanité.

Quand vous faites le bien, le beau, le juste, croyez en vous-même et soyez dédaigneux du méchant qui vous désavoue, au point que la puissance de votre dédain envers toutes les racailles de la servitude, anéantisse les esclaves agressifs qui cherchent à désarçonner votre liberté et votre souveraineté mentale qu’ils n’ont pas.  Lire Plus

Le Monde comme manifestation de l’homme dans l’univers.

— Par Camille Loty Malebranche —

Le monde est, du plus intelligible des propos, la civilisation humaine ajoutée à l’univers. C’est la manifestation de la nature humaine dans la nature cosmique qui, pour l’homme, n’est avant tout, malgré nos quelques visites ou sondes dans l’interstellaire, autre que la petite part d’univers terrestre alloué à notre humanité et à toutes les espèces de la terre… Ainsi, le monde, c’est l’homme ajouté à l’univers par le regard, l’interprétation, l’action…

Toute la philosophie et la sagesse qu’elle sous-tend, quand le philosophe est conforme à sa vocation de penseur des profondeurs et de guetteur du sens, est une enquête herméneutique, une quête interprétative dont la méditation-réflexion aboutit à un ensemble d’idées comme cognition-interrogation dudit monde. Interrogation donc de la place de l’homme dans l’univers fait monde par l’intervention humaine, cette présence singulière avec ses construits, ses manifestations multiples perçues et analysées à travers le questionnement du sens de son origine et de son destin.

En vérité, sans la nature humaine atypique et insolite, sa conscience supérieure éprouvant le sens par cet entendement transcendant, cet attribut de pensée-action que l’homme exprime en tant qu’être, l’univers ne constitue qu’un vaste cadre, qu’une gigantesque lucarne sidérale avec sa substance cosmique sans contour, dont l’interstellaire immensité froide, annihilante, qui réduit l’homme somatique à sa chétiveté, sa banalité écrasante, serait sans essence mondaine.  Lire Plus

La lecture, une aventure de reconstruction du monde.

— Par Camille Loty Malebranche —

Lire est un acte intellectuellement fondateur et constructeur dont le lecteur avisé s’acquitte en se donnant les bons matériaux intellectifs de compréhension de l’étant à lire, se dépouillant donc de préjugement pour l’intellection de celui-ci, tout en ayant l’entendement distanciant dans sa moisson intelligente. Le lecteur avisé et accompli est élaborateur de voies à la signification, un herméneute constructeur en acte. C’est seulement après la lecture distanciée et en soi de ce qui est, que le lecteur authentique se fait herméneute avec sa propension idéelle et représentationnelle, sans d’ailleurs cacher qu’il fait de l’herméneutique…

Le lecteur souverain est celui qui appréhende les codes des étants qu’il observe pour en avoir la perception juste tout en mettant à contribution les écrits et documents disponibles. Naturellement, le lecteur accompli, sachant qu’il n’a pas créé le monde et que nul ne porte de science innée, se nourrit de toutes les pistes lecturielles que constituent les documents, révélations sur les principes et vérités pérennes de l’étant du fait ou de la situation qu’il lit par lui-même. Toutefois, le lecteur accompli se reconnaît par l’approche libre de la quiddité à découvrir tout en gardant néanmoins les bonnes clés de lecture établies et dont il use dans sa méthode propre pour comprendre son objet ou explorer son sujet selon la nature de ce qu’il lit.  Lire Plus

Éloge du bon minoritaire.

— Par Camille Loty Malebranche —

« Ne jetez pas vos perles aux pourceaux » « Spacieux est le chemin de la perdition et le grand nombre s’y engouffre », Jésus.

La peur d’être minoritaire hante l’individu, ne serait-ce que parce qu’en tant qu’élément social, il voudrait être aimé de tous, être en bons termes avec tous ses semblables. Pourtant, dans un monde où la multitude se fourvoie en foule malsaine, la condition minoritaire se profile comme marque caractéristique des guetteurs de qualité dans leur assumation de soi!

S’il existe des minorités répugnantes, telles celles des tueurs à gage ou en série, des prédateurs sexuels…, heureusement minoritaires pour le plus grand bien de l’humanité, les hommes dignes visant la vraie hauteur loin des délirants mégalomanes dominants plus ou moins médiocres et sans envergure qui règnent sur le monde, loin aussi de la foule aliénée servile qui suit les sentiers de l’ordre systémique mauvais qui les dénature, sont nécessairement un infime reste, une minorité restreinte qui garde la voie étriquée de la justice et de la vérité, la voie du sens contre les boulevards de l’insensé; la saine et bonne minorité qui chemine avec leur lanterne intrinsèque et extrinsèque contre l’absurde majoritaire.  Lire Plus

Les cinq champs anthropologiques du sens…

— Par Camille Loty Malebranche —

Si la logique et la morale constituent les matrices du sens, par excellence, les deux grands espaces modaux du sens, elles se diluent dans plusieurs autres champs anthropologiques, domaines englobant les situations de la condition espécielle ici-bas.

En observant la prestance spatiotemporelle de l’espèce humaine, son expression historique et géographique, force est de remarquer que l’histoire de l’homme comme être et comme individu socialisé nous révèle un caractère axiophore pérenne où l’homme est toujours porteur de valeurs qui se manifestent dans le penser et l’agir à travers le jugement. Valeurs qui forment une sorte de configuration épexégétique de la condition spirituelle et temporelle de l’homme. Valeurs qui trempent toutes dans une forme ou une autre de la logique car même la supralogique de la métaphysique procédant par l’argumentation ontologique évoque et contemple une logique supérieure dont les codes sont mystérieux.

Nous dénombrons au moins cinq principaux domaines du sens constituant cinq champs de valeurs, les uns logiques, les autres supralogiques, présidant sinon à toutes, en tout cas à la plupart de nos démarches existentielles d’espèce, ce sont :

A) la métaphysique domaine de l’ontologie humaine et des implications naturelles de l’homme avec le sens de son existence;  Lire Plus

La justice contre le confort du conformisme systémique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens et scribes, vous ne verrez pas le royaume de Dieu. Jésus (in évangile selon Matthieu)

Dans l’exergue susmentionné, Jésus rejette le conformisme social nécessairement sale parce qu’hypocrite. Après les fameuses Béatitudes, somme synthétisant les éléments de la méliorativité comportementale, expression parfaite du bien spirituel avec les mises en garde contre les déviances contraires à la vie de l’esprit, le Verbe de Dieu fait homme, Sauveur qui insiste sur ses deux dimensions en s’appelant lui-même Fils de Dieu et Fils de l’homme, nous dit la vérité intérieure et transcendante de la justice. La justice est avant tout une posture mentale, un ancrage dans sa vérité spirituelle par l’homme imago Dei, conscient plénier de sa nature. L’homme juste est un contemplatif de l’infini divin dans le cosmique mais aussi en lui-même. C’est un transfiguré par l’imprégnation de son être par l’Ineffable divin prenant possession de lui, et qui introjecte et manifeste autant que possible dans la chair, la perfection divine, appétence qui féconde sa perfectibilité, affûte sa quête perpétuelle d’amélioration de soi.  Lire Plus

L’inexistence, le non être, n’est pas le néant.

— Par Camille Loty Malebranche —

Toute créature passe par une phase d’inexistence due au non être particulier d’avant sa création. Mais c’est un abus de langage maladroit que de dire que quiconque ou quoi que ce soit, vient du néant! Le néant, par essence, ne crée rien. C’est l’empire du rien n’engendrant strictement rien. De Dieu pour les croyants et les déterministes, ou de la masse de matières indescriptible qui allait générer l’univers, pour les matérialistes, l’être global (le cosmos) ou particulier (tel élément donné de la nature du cosmos) est fils de l’Être, pas du Néant. C’est là, la circularité indéfinissable du mystère ontologique. Le néant, comme non être total, absence absolue, conçu pour nommer ce qui ne nous est point révélé des origines, n’existe pas en réalité! Par contre, l’inexistence frappant des entités ou faits imaginaires, est un néant spécifique, un véritable néant de ces ombres fictives inexistantes. La démocratie évoquée par les ploutocrates, comme la gorgone ou la licorne sont de vrais néants.

Il y a donc, pour ainsi dire, des néants particuliers mais pas un Néant!  Lire Plus

La Culture a-t-elle un sens pervers de l’enracinement ?

— Par Camille Loty Malebranche —

La nature humaine cesse d’être animale par son rapport médiat à la réalité vu l’instauration du sens au-delà de l’immédiat naturel, à travers la transcendance du besoin et de l’utilitaire vers l’accomplissement.

Enracinement et transcendance constituent les deux mouvements d’auto-accomplissement de la réalité humaine. La société, comme l’homme, n’a de choix que de féconder et d’élever sa vie par les leviers du dépassement qui abstrait et défait le corset de l’ici et du maintenant dans la projection positive de soi. Dans le contexte de l’homme collectif qu’est une société, l’enracinement ne s’oppose guère à la transcendance, ils sont une paire de la nature duelle, de la vérité dualiste de l’humanité sociale. Il est ici important de souligner la nature épuratoire de la neutralité comparative dans le jugement des faits ethniques et sociaux par l’anthropologie culturelle et sociale, cette discipline jadis accusée et mise sur la sellette des récriminations des peuples anciennement victimes de l’ethnocentrisme et du sociocentrisme occidental ou autre. Il s’agit donc de combattre et corriger les ethnocentrismes agressifs de l’histoire avec leurs conséquences désastreuses d’ethnocide, de racisme, de colonialisme, d’esclavagisme, de génocide.  Lire Plus

Tolérance et acceptation, des nuances contre les confusions.

— Par Camille Loty Malebranche —

La tolérance est essentiellement la transcendance de l’ego pour reconnaître à autrui le droit d’être différent tant que sa différence reste dans les limites du respect. Ainsi, tolérer: c’est respecter l’autre et exiger d’être respecté de lui sans cesser, autant qu’il le veuille, la confrontation logique et morale pour le persuader de la méliorativité de mes valeurs en excluant néanmoins strictement toute agression, toute discrimination de son altérité axiologique. D’où, toute propagande de l’intimité telle l’exhibition bruyante de l’option sexuelle de groupes ou d’individus dans l’espace public, relève de l’agression de la sensibilité de tous par quelques-uns.

La discrimination est l’ennemie de la tolérance due à autrui car portée contre ses valeurs pour lesquelles on le punit. Le préjugé – cette attitude haineuse de l’autre, dont la forme la plus courante est le racisme – relève, quant à lui, tout simplement de la pathologie du jugement. C’est un rapport de sottise manifesté en complexe de haine d’autrui non pour ses valeurs mais pour son être. La discrimination émane de la déraison voire de l’agression axiologique, c’est pourquoi elle est haïssable; alors que le préjugé tient de l’ineptie bête des rebuts de la haine.  Lire Plus

Raoul Vaneigem (1934-2026)

Écrivain, philosophe libertaire et théoricien de l’insurrection de la vie quotidienne

— Par Sarha Fauré —

Raoul Vaneigem (1934-2026) est l’une des grandes figures de la pensée critique et libertaire de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Écrivain, philosophe, philologue de formation et ancien membre de l’Internationale situationniste, il est l’auteur d’une œuvre abondante qui a profondément marqué la contestation de Mai 1968 et influencé plusieurs générations de militants, de penseurs et d’artistes. Son œuvre, traversée par une exigence constante de liberté, de plaisir de vivre et d’autonomie individuelle, constitue une critique radicale de la société marchande, de toutes les formes de domination et des idéologies autoritaires.

Une jeunesse marquée par le monde ouvrier

Raoul Vaneigem naît en 1934 à Lessines, dans le Hainaut belge, au sein d’un milieu populaire. Son père est cheminot et sa mère est originaire de Tournai. La région est alors profondément marquée par les carrières de porphyre et par les luttes ouvrières, qui façonnent très tôt sa conscience sociale.

Encouragé par son père, il entreprend des études de philologie romane à l’Université libre de Bruxelles entre 1952 et 1956.  Lire Plus