Arts de la scène

Privé de projection en Algérie, le film « Papicha » représentera quand même le pays aux Oscars

Sorti sur les écrans français le 9 octobre 2019, le très joli film algérien raconte l’histoire d’étudiantes dans les années 90 à Alger, qui décident de monter un défilé de mode malgré la pression des islamistes.

Le film Papicha (ce qui veut dire jeunes filles coquettes), sorti sur les écrans français le 9 octobre 2019, représentera bien l’Algérie aux Oscars, bien qu’il n’ait pas pu sortir dans son pays, s’est réjoui le coproducteur algérien du film Belkacem Hadjadj.

Remarqué en mai au Festival de Cannes – accueilli par une standing ovation – dans la section Un certain regard, puis récompensé par trois prix au Festival du film francophone d’Angoulême, Papicha, magnifiquement réalisé par Mounia Meddour, raconte l’histoire de Nedjma (incarnée par Lyna Khoudri), étudiante à Alger dans les années 1990, durant la sanglante décennie noire en Algérie.

Sortie annulée en Algérie sans explication des autorités

Ce film plein de légèreté et de couleurs dans un contexte dramatique avait été choisi par le comité de sélection algérien pour représenter le pays dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger.

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La Compagnie Nova face à l’Algérie : « Et le cœur fume encore »

— par Janine Bailly —

1961, École Normale de filles. Nos seize ans vont perdre ce matin-là leur tendre insouciance. À Alger, une partie des militaires de carrière vient de tenter un coup d’état, qu’on appellera « le putsch des généraux », en opposition à la politique du général De Gaulle qui prônait pour l’Algérie, alors colonie française, le droit à l’autodétermination. C’est ce que nous dit notre directrice, interrompant le déroulé d’un cours et demandant aux élèves debout une minute de silence. La guerre, dans un beau déni ordinairement nommée « événements d’Algérie », fait son entrée dans notre quotidien, elle y restera jusqu’à 1962, elle dont nous entendions parler depuis sept longues années déjà sans en bien comprendre les enjeux. Tout en voyant autour de nous partir les appelés du contingent, jeunes hommes qui souvent comme le chantait Aragon n’en reviendraient pas, si ce n’est meurtris dans leur chair et leur âme, le plus souvent réfugiés dans le silence, dans le refus de dire, dire ce qu’ils avaient fait, ou ce qu’ils avaient refusé de faire, ou encore ce dont ils avaient simplement été témoins.

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Saint-Laurent du Maroni: un festival du documentaire dans un ancien bagne

— Par par Albéric de Gouville —

À Saint-Laurent du Maroni, en Guyane, se tient jusqu’à la fin de la semaine le premier Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes (FIFAC) qui se déroule dans un ancien bagne, le « camp de la transportation », que la mairie espère inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le camp de la transportation est déjà classé monument historique mais son éventuelle inscription au patrimoine mondial de l’humanité relève d’un long processus qui concerne, plus généralement, les autres anciens bagnes de Guyane.

« La spécificité de Saint-Laurent du Maroni, c’est que c’est une ville pénitentiaire et que c’est la seule au monde, explique David Jurie, le directeur du Centre d’Interprétation de l’architecture et du patrimoine. L’enjeu d’une inscription au patrimoine mondial est international car il y a aussi les bagnes de Nouvelle-Calédonie et ceux d’Australie ».

Racheté en 1990 par la mairie de Saint-Laurent du Maroni après avoir été laissé à l’abandon et livré aux squatteurs depuis sa fermeture au début des années 1950, le camp de la transportation est désormais un lieu à vocation culturelle.

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« Nuit noire, 17 octobre 1961 » un film d’Alain Tasma

Avec Thierry Fortineau, Lyèce Boukhitine, Frank Berjot
Genres Drame, Historique
Nationalité Français

Synopsis :
Le 17 octobre 1961, une foule d’Algériens vient manifester au nom du FLN pour son indépendance au centre de Paris. Ce rassemblement pacifique va s’achever par un bain de sang : des milliers d’Algériens arrêtés et des cadavres repêchés dans la Seine, telle est l’étendue des dégâts provoqués par la manifestation. Les évènements sont racontés par différents personnages : un ouvrier de nuit non militant, un policier syndicaliste, un cadre du FLN. Le film revient également sur l’implication du préfet Maurice Papon dans cette sombre affaire…

La presse en parle :

Le Monde par Jean-Luc Douin
(…) Un film qui retrace ces faits sans caricaturer aucun des camps, dénonçant les excès des uns comme ceux des autres, et qui dit la vérité en faisant se croiser des personnages fictifs (…) Il est si rare que la télévision donne l’exemple.

MCinéma.com par Philippe Scrine
« Nuit noire » parvient à éviter les écueils de la sensiblerie, le manichéisme et la simplification.

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UM : un duo accordéon & violoncelle

Samedi 19 octobre 2019 à 20h Tropiques-Atrium

Salle Frantz Fanon, 6, rue Jacques Cazotte, 97200 Fort-de-France
Genre:Musique
-Bal populaire,Classique
UM : un duo accordéon & violoncelle
Tropiques Atrium
Genre : -Bal populaire, Classique, Musique
UM : Duo Accordéon & Violoncelle
Du folklore traditionnel brésilien aux compositions de Serge Gainsbourg, ce duo pétillant ne trouve aucune limite à son inspiration musicale et improvise en toute liberté. Elles multiplient les rencontres et croisent le chemin d’artistes reconnus tels que : Patrice Caratini, Roger Raspail, Vincent Ségal, Magic Malik ou Bojan Z…
Leur complicité ainsi que leur affinité commune pour les musiques du monde et la chanson française les réunissent autour de ce projet entièrement féminin. En 2016, elles accompagnaient Roger Raspail au Martinique Jazz Festival.
Issues de milieux musicaux différents, le classique pour l’une, le bal populaire pour l’autre, elles se rejoignent sur scène pour partager un répertoire aux couleurs panachées. Leurs arrangements singuliers révèlent un grand sens de la créativité et témoignent ainsi d’un éclectisme assumé.

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Une vie de trompette sans tambour

Jusqu’au 17 novembre 2019 au Lucernaire

— Par Jean-Pierre Léonardini —

La chronique théâtrale de Jean-Pierre Léonardini. Il brode sur les fins dernières de l’artiste qui change de cap sans renoncer. Déjà percé des flèches exquises du succès (en off  à Avignon et en tournée), Emmanuel Van Cappel fait halte au Lucernaire avec son spectacle intitulé Elle… Émoi (1). Elle, c’est la musique, plus spécifiquement celle issue de la trompette sous toutes ses formes (à pistons, en ut, piccolo, bugle, clairon…), dont il est un spécialiste virtuose en rupture de ban, s’étant depuis beau temps évadé de la fosse d’orchestre pour voler ici et là de son propre zèle, sur les scènes qui accueillent à plaisir ce musicien-acteur infiniment spirituel qui, je ne sais trop pourquoi, m’a remis en tête cette délicieuse chanson de Bourvil : « Oh ! Dis, chéri, Oh !  joue moi-z’en/D’la trompette,  D’la trompette… » Cette vieille scie a pour titre le Trompette en bois. Emmanuel Van Cappel ne l’est pas, de bois. Instrumentiste chevronné depuis l’adolescence, partie prenante dans maintes aventures musicales, formé au jeu suivant les principes de l’école gestuelle de Jacques Lecoq, il est l’auteur de son texte qui joue sur les mots avec maestria, avec autant d’aisance qu’il s’empare des cuivres accrochés dans son dos pour en tirer, à point nommé, un régal de sonorités maîtrisées.

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« Les Bruits de Recife », un film de Kleber Mendonça Filho

Vendredi 18  octobre 2019à 19h 30 V.O. Madiana

Avec Irandhir Santos, Gustavo Jahn, Maeve Jinkings
Genres Drame, Thriller
Nationalité Brésilien

Synopsis :
Le quotidien d’un quartier de la classe moyenne de Recife prend un nouveau sens lorsque vient s’installer une entreprise de sécurité privée. La présence de ces hommes transforme le sens du mot « sécurité » et apporte un bonne dose d’anxiété dans une culture où règne la peur. Au milieu de cela, Bia, mariée et mère de deux enfants, doit trouver un moyen de faire avec le constant aboiement du chien de son voisin.

La presse en parle :

Critikat.com par Estelle Bayon
Les digressios fantastiques, notamment dans la dernière partie, orientent peu à peu ce premier long-métrage d’une bluffante maîtrise vers une violence de classe qui vient hanter la prospérité sclérosée de cette caste aisée.

Le Monde par Noémie Luciani
Kleber Mendonça Filho a préféré convoquer la grammaire de la fiction. Célébré au Brésil comme à l’étranger, « Les Bruits de Recife » vaut pour la force du tableau sociétal qu’il propose autant que comme objet cinématographique rare, alliance étonnante d’inventivité et de rigueur

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« Atlantique », de Mati Diop, Grand Prix du Jury Cannes 2019

Jeudi 17 et Mercredi 23  octobre 2019 à 19h 30 V.O. Madiana

De Mati Diop
Avec Mama Sané, Amadou Mbow, Ibrahima Traore
Genre Drame
Nationalités Français, Sénégalais, Belge
Sélection Officielle – Grand Prix

Synopsis :
Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers d’un chantier, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, qui laisse derrière lui celle qu’il aime, Ada, promise à un autre homme. Quelques jours après le départ en mer des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage d’Ada et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier. Issa, jeune policier, débute une enquête, loin de se douter que les esprits des noyés sont revenus. Si certains viennent réclamer vengeance, Souleiman, lui, est revenu faire ses adieux à Ada.

La presse en parle :

Bande à part par Benoît Basirico
Mati Diop parvient à conjuguer le politique avec le sensible, les combats sociaux avec le charnel.

Libération par Didier Péron et Elisabeth Franck-Dumas
C’est un film à hauteur d’infini, élégiaque et mystérieux, que la mer aurait pu noyer de tout ce que désormais elle charrie, corps sans nom, tragique contemporain.

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32e Festival du cirque actuel avec des artistes venus des quatre coins du monde

A Auch du 18 au 27 octobre 2019

Sur les 28 spectacles de compagnies professionnelles, plus de 20 d’entre eux comptent dans leurs équipes des artistes, technicien.ne.s, metteur.
teuse.s en scène, venus de Finlande, de Belgique, Norvège, Espagne, Italie, Angleterre, Israël, Suède…
Et parmi les équipes artistiques, plusieurs d’entre elles ont traversé les frontières pour être présentes à Auch : Pour cette 32e édition, CIRCa met en valeur le lien étroit qu’entretient le festival, implanté au cœur du Gers avec un cirque actuel sans frontières aux écritures circassiennes multiples et éblouissantes.
Cette année, Auch sera plus que jamais une capitale internationale en accueillant des participants (artistes, pédagogues, responsables de structures culturelles, étudiants, programmateurs, institutionnels) venus du monde entier.

Des artistes venus des quatre coins du monde
Sur les 28 spectacles de compagnies professionnelles, plus de 20 d’entre eux comptent dans leurs équipes des artistes, technicien.ne.s, metteur.
teuse.s en scène, venus de Finlande, de Belgique, Norvège, Espagne, Italie, Angleterre, Israël, Suède…
Et parmi les équipes artistiques, plusieurs d’entre elles ont traversé les frontières pour être présentes à Auch :
• L’ équipe de Circus I love you pour son spectacle du même nom nous vient tout droit du Nord de l’Europe avec leur chapiteau (Finlande, Suède, Danemark…)
• Dans le cadre d’une action de coopération, ce sont 3 compagnies italiennes qui viendront présenter leurs spectacles (Ah, com’ é bello l’Uomo, Cie Zenhir / Born to be circus, Circo Zoé / SIC TRANSIT, MagdaClan Circo).

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 La Ribot torpille les frontières de la danse

— Par Muriel Steinmetz —

Le Festival d’automne propose un portrait de la chorégraphe madrilène, avec six productions revisitées et une création, toutes des pièces hors des sentiers battus.

Extravagante, excentrique, cérébrale et rigoureuse, la Ribot (57 ans), chorégraphe madrilène qui vit à Genève depuis 2004, croise les genres (performance, vidéo, installation en direct) avec brio. Le Festival d’automne propose un portrait d’elle. De son vrai nom Maria José Ribot, elle présente six productions, ainsi qu’une création intitulée Please Please Please, avec Mathilde Monnier et le metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. La pièce sera montrée demain soir à l’Espace 1789, à Saint-Ouen, puis au Centre Pompidou (du 17 au 20 octobre). On se souvient qu’avec Mathilde Monnier, déjà, la Ribot créait Gustavia en 2009, où, dans le genre burlesque, juchées sur de hauts talons, les cuisses nues, elles semblaient d’antiques figures de la déploration au chevet de la danse contemporaine, faisant mine de pleurer, au point que le public, à la longue, se payait un fou rire général. Si la Ribot vient de la danse classique (pratiquée à Madrid dès l’âge de 13 ans), elle a depuis beau temps jeté par-dessus les moulins le carcan académique.

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La relève de la scène flamande

Au Théâtre de la Bastille, le festival P.U.L.S. met en lumière de jeunes créateurs audacieux.

— Par Marina Da Silva —

La contraction de Project for Upcoming Artists for the Large Stage, P.U.L.S., sonne autant comme un défi que comme un pied de nez… Qui définira ce qu’est la grande scène ou ce que sont les grandes scènes du théâtre ? En attendant, les jeunes artistes flamands qu’on peut voir au Théâtre de la Bastille jusqu’au 18 octobre ont bien l’intention de s’inscrire dans le paysage de la création contemporaine. Timeau De Keyser, Hannah de Meyer et Bosse Provoost ont bénéficié de ce dispositif d’accompagnement, initié en 2017 par Guy Cassiers et le théâtre d’Anvers, le Toneelhuis, et soutenu par Alain Platel, Jan Lauwers ou Ivo Van Hove pour présenter des créations originales et radicalement distinctes.

Timeau De Keyser, dans une version flamande surtitrée, explore avec les acteurs du collectif Tibaldus, Simon De Winne, Hans Mortelmans, Ferre Marnef, Lieselotte De Keyzer, Katrien Valckenaers, Hendrik Van Doorn, Sander De Winne, Lieven Gouwy, le Mariage, de Witold Gombrowicz.

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« Pourvu qu’il pleuve », de Sonia Ristic, m.e.s. Astrid Mercier & Nicole Dogué

Vendredi 18 octobre 2019 / 20h Tropiques-Atrium

— Dossier de presse —

Production Dimwazell’Cie
Texte lauréat de l’aide à la création de textes dramatiques – Artcena
Coproduction Tropiques Atrium Scène nationale de Martinique, Les Francophonies – Des écritures à la scène , Théâtre de l’Union CDN du Limousin (dans le cadre du programme Au-delà de nous) , La Fédération d’Associations de Théâtre Populaire (FATP), la Ville d’Uzerche

Lire sur Madinin’Art à propos de « Pourvu qu’il pleuve 

Avec le soutien du Ministère de la Culture (Dac Martinique), de la Collectivité Territoriale de Martinique CTM, du Ministère des Outre-mer, du Fonds SACD
Musique de Scène, de la Spedidam
Accueil en partenariat avec la Ville d’Uzerche (résidence de création), le Théâtre de l’Union – CDN du Limousin
CRÉATION
France / Croatie / Martinique
Rencontre “
Ici, un café de quartier. Une journée qui pourrait être le condensé d’une année de vie. Les personnages : 3 serveuses, 2 cuisiniers kurdes, le couple de la douze bis, et le chœur des clients.
Donc, un bar.

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Longue est l’Odyssée

— Par Roland Sabra —

Les 3M ( Le Monde, Mediapart, Marianne ) ont encensé la mise en scène de Pauline Bayle pour le dytpique l’ »Iliade & Odyssée » présenté sur la scène nationale de Fort-de-France comme deuxième pièce de théâtre de la saison à la suite de «Qui a tué mon père ». S’il y a quelque chose que la metteure en scène restitue avec justesse c’est sans aucun doute la durée, la longueur interminable du voyage d’Ulysse.

Le prologue se déroule dans le hall de Tropiques-Atrium. Surgissant du public Agamemnon et Achille s’affrontent. L’un a volé la belle esclave que l’autre avait gagnée. Les héros et les rois sont avant tout de hommes et tout aussi mythiques qu’ils soient leurs soucis, leurs mesquineries participent à leur grandeur. Le prologue hors scène rappelle aussi au public que cette histoire est la sienne, qu’elle est partie prenant de sa culture. Et on le souligne. Quand les deux protagonistes s’éloignent, Ulysse s’adresse à plusieurs spectateurs et les présente comme les rois grecs à la tête de leur flotte dont il énumère le nombre de navires.   « Ulysse qui est venu d’Ithaque avec douze bateaux./Thoas qui est venu d’Etolie avec quarante bateaux./Idoménée qui est venu de Crète avec 80 bateaux », etc.

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Trois films d’aujourd’hui : « Bacurau »,« Roubaix, une lumière », « Le Daim »

— par Janine Bailly —

Bacurau

Si par hasard vous subissiez le choc de la rentrée, que vous cherchiez un moyen d’adoucir le traumatisme, qu’à la télévision en famille vous préfériez les émotions distillées sur grand écran, alors ne manquez surtout pas la reprise, en cet octobre chaud, des « Séances VO » programmées par Steve Zébina, reparties cette année encore entre les salles de Madiana et celle de Tropiques-Atrium. Une reprise en beauté, avec trois premières projections qui ont fait salle comble, ou presque, qui ont été suivies dans une belle concentration et un profond silence que j’oserai dire assez inhabituel. Et si, en raison de la gravité des sujets abordés, nous n’en sommes pas sortis forcément le cœur léger, remercions le cinéma de nous ouvrir ainsi au monde, qu’il soit le nôtre ou celui des autres, qu’il soit torturé ou apaisé, qu’il nous laisse sidérés ou réconfortés d’une lueur d’espoir.

Les Brésiliens Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, sans craindre les excès, dans Bacurau prix du jury au festival de Cannes 2019,  nous parlent d’un pays rongé par la violence, la corruption politique et la misère sociale, et ce pays souffrant est le leur.

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Othello voulait prendre de la hauteur

— Par Gérald Rossi —

Arnaud Churin espérait frapper fort en invitant sur le plateau une troupe de comédiens noirs, mais cela ne suffit pas pour donner à la pièce de Shakespeare la dynamique que l’on pouvait imaginer.

Trois grandes voiles sombres, plus ou moins transparentes, se mouvant au gré des scènes comme les immenses personnages d’un ballet silencieux, constituent l’unique décor. Les lumières adroites de Gilles Gentner font le reste. Othello, écrit en 1604 par William Shakespeare, se situe à Venise et à Chypre. Ici, dans une pénombre voulue, sans autre repère, évoluent les personnages du drame qui se conclura au bout de trois heures ou presque, par la mort de plusieurs des protagonistes. Dans cette description clinique, rappelons que le général Othello, aigre de jalousie, tue sa frêle et jeune épouse, Desdémone, accusée à tort d’entretenir une relation coupable avec le lieutenant Cassio, sur la foi des délires du serviteur Iago.

Arnaud Churin, ne s’est pas contenté de mettre en scène la nouvelle traduction et adaptation que signe Emanuela Pace, mais il a convoqué une distribution particulièrement originale, puisque tous les acteurs, à l’exception du rôle titre, sont des noirs.

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Requiem de Mozart pour orgue & piano

Mercredi 16 octobre 2019 / 20h Tropiques-Atrium

Piano : Loïc Lafontaine
Orgue : Frédéric Ledroit
Né en Martinique, Loïc Lafontaine étudie le piano au Conservatoire de Bordeaux dès l’âge de 4 ans, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Lauréat du Concours international des Grands Amateurs de Piano à Paris et Berlin en 2010. En 2018, il réalise la transcription du Requiem de Mozart en version piano/orgue. Un exercice qui permet de diffuser largement les chefs-d’oeuvre, à l’instar de grands compositeurs tels Liszt, ou Ravel. Ce Requiem de Mozart, « est une oeuvre pour laquelle puissance, volume, amplitude, polyphonie, diversité des timbres, majesté et charisme tout autant que délicatesse, précision et percussion sont indispensables ; autant de qualités qui sont parfaitement réunies par l’association de l’orgue majestueux et de mon instrument de prédilection : le piano, à la fois profond et brillant, tellement polyvalent ! » écrit le pianiste.

Voir ci-après  la vidéo de  la Création mondiale de la transcription du Requiem de Mozart pour piano et orgue par Loïc Lafontaine

A l’orgue Frédéric Ledroit, titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale d’Angoulême et de 5 premiers Prix d’orgue du CNR de Lyon, du concours international de l’UFAM de Paris, du CNSM de Lyon.

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Jacky Bernard & Alain Jean-Marie en duo acoustique

Samedi 12 octobre 2019 à 20h Tropiques-Atrium

Jacky Bernard, piano
Pianiste de Fal Frett, dont il est le compositeur majeur, il cultive la discrétion et le talent. Arrangeur recherché, il fait partie de ces grands musiciens martiniquais qui ont traversé époques et styles. Il a joué ou collaboré avec Marius Cultier, Henri Guédon, West Indies Jazz Band, Acoustik Zouk…
Paru en 2005, La tendresse des marteaux, unique opus en 50 ans de carrière, résume bien l’élégance, l’éclectisme et le toucher du pianiste.

Alain Jean-Marie, piano
Poète de l’ivoire et de l’ébène, adolescent il joue dans les bals, tout en s’initiant au jazz. En 1969, il sort Piano Biguine, manifeste du style Biguine-Jazz. Il quitte la Guadeloupe pour Paris en 1973 et devient peu à peu le sideman incontournable des plus grands : Chet Baker, Art Farmer, Abbey Lincoln, Max Roach, Benny Golson, Barney Wilen… Il a reçu entre autres, le Prix Django-Reinhardt en 1979, le Prix Boris Vian
en 1999 de l’Académie de Jazz, un Django d’Or en 2000… l’inscrivant dans le top du jazz français.

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8ème édition du Festival « Ouvè Jou A »

Du 15 au 31 octobre 2019 à Schœlcher

L’A’zwel, en partenariat avec la ville de Schoelcher, présente la 8ème édition de son Festival « Ouvè Jou A », Festival International Enfance, Petite Enfance et Jeunesse du 15 au 31 octobre 2019.

Pour cette 8ème édition de son Festival « Ouvè Jou A », l’A’zwel proposera des spectacles de marionnettes, de théâtre d’objets, du conte et de la danse à destination des tout petits, des petits et des jeunes avec des spectacles accessibles dès 1 an. Cette année le festival se déroulera sur deux sites: le chapiteau mobile de Tropiques Atrium basé à l’espace Osenat et l’espace A’zwel, permettant de nombreuses représentations scolaires.

Le festival ouvrira un temps d’animation aux enfants et à leurs parents les mercredis 16 et 23 octobre avec au programme, ateliers théâtre, initiation aux arts du cirque et cinéma jeunesse.

L’A’zwel proposera de nouveau un temps d’échange pour les professionnels du spectacle et de l’enfance lors de d’une journée professionnelle le 19 octobre à partir de 9h.

Le programme est détaillé ci-dessous.

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« Et le cœur fume encore » d’Alice Carré et Margaux Eskenazi

17, 18 et 19 octobre à 19h 30 au T.A.C.

Et le cœur fume encore est le second volet d’une investigation théâtrale sur les écritures et les poétiques de la décolonisation pour penser nos identités françaises et les oublis de sa mémoire. Édouard Glissant – dont la philosophie du Tout Monde clôturait le précédent spectacle – a préfacé Kateb Yacine. Il a reconnu Nedjma comme le grand roman de la révolution algérienne et le comparait au mouvement de la langue de Césaire, construisant un peuple en même temps qu’elle élabore sa grammaire.
Dans ce second volet nous écrivons une traversée des mémoires des littératures et des résistances de l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui, pour dessiner un des visages de la nation française dans laquelle nous avons grandi, faite d’exils, de métissages, d’imaginaires et de violences tues.
Partir des silences, et des amnésies entourant la guerre d’Algérie qui jonchent chaque famille à quelques exceptions près : enfants issus de l’immigration algérienne, petits enfants de soldats du contingent, appelés ou militaires de métiers, anciens membres de l’OAS, enfants du FLN, fils ou filles de harkis, petits-enfants de pieds noirs…
L’écriture, mêlant témoignages passés et présents, l’intime à la grande Histoire, est un réveil des mémoires pour définir nos identités.

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«Les Indes galantes», une relecture hip hop de Bintou Dembélé

Opéra Bastille de Paris, jusqu’au 15 octobre 2019

— par Carmen Lunsmann —

Elle se définit d’origine hip hop et fait actuellement fureur à l’Opéra Bastille à Paris. Bintou Dembélé est la première femme noire à signer une chorégraphie au sein de cette institution de 350 ans, pour « Les Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau.

Loin des pointes et des tutus, Bintou Dembélé laisse parler la rue dans sa danse. Pour Les Indes galantes, ce chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, elle propose une relecture radicalement nouvelle à travers des danses urbaines.

Née en région parisienne de parents sénégalais, elle est l’une des pionnières du hip hop en France, une passion qu’elle découvre à 10 ans, seule fille au sein des groupes. En 2002, elle fonde sa propre compagnie, Rualité – entre Rue et Réalité, dans le but d’explorer des cultures marginales, l’histoire coloniale et ses propres racines à travers toute une palette de danses urbaines.

Se réapproprier des choses

« J’aime à les nommer les danses du cri du corps.

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Le Mois Kréyol, festival des langues et cultures créoles

Du 9 octobre au 9 novembre 2019 à Paris, en Île-de-France, à Strasbourg, en Martinique, en Guadeloupe à Trinité-et-Tobago et  à Montréal.

Le Festival Le Mois Kréyol, festival des langues et des cultures créoles, revient pour sa troisième édition, du 9 octobre au 9 novembre, à Paris, en Île-de-France, à Strasbourg, en Martinique, en Guadeloupe à Trinité-et-Tobago et même à Montréal.

Télécharger le programme complet

Pour cette troisième édition, les patrimoines culturelles immatériels, entre tradition et modernité, passé et présent, sont mis à l’honneur tant à travers les programmations artistiques que dans les conférences et tables rondes ainsi que les ateliers.

Les Rendez-vous de la Martinique
  Samedi 19 octobre  Journée Kréyole – Contes et Atelier  Habitation Fonds Rousseau – Schoelcher <Jala, Marie-George Giboyau & Noëlla Tanasi – Balade contée

C’est une invitation à faire, ensemble, un voyage à travers des contes de Martinique pour dire la vie d’antan jusqu’à nos jours.

Avec Jala, Marie-Georges Giboyau et Noëlla Tanasi, découvrez l’Habitation Fonds Rousseau, lieu rare de patrimoine, à la fois site précolombien et haut lieu de culture et d’industrie de la canne à sucre.  

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Les trois films qui représenteront la France aux Oscars

Le Centre national du cinéma et de l’image animée a annoncé la liste des trois films présélectionnés pour défendre le cinéma français le 9 février prochain à Los Angeles. On y retrouve notamment Les Misérables de Ladj Ly, primé à Cannes et qui sortira fin novembre.

Qui succédera à Roma d’Alfonso Cuarón? En 2019, le film du réalisateur mexicain remportait l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Cette année, son éventuel successeur se trouve parmi trois films très différents, dont deux ont été primés à Cannes en mai dernier.

Le CNC a annoncé [mi-septembre 2019] que Les Misérables de Ladj Ly, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Proxima d’Alice Winocour ont été présélectionnés par une commission de producteurs, exportateurs, réalisateurs et trois membres de droit dont Thierry Frémaux et Alain Terzian, respectivement délégué général du Festival de Cannes et président des Césars. Serge Toubiana président d’Unifrance complète ce trio. La sélection finale aura lieu le 20 septembre.

● Les Misérables (de Ladj Ly)

L’ovni du dernier Festival de Cannes.

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« Dress Code » un spectacle inédit de Jandira de Jesus Bauer

Samedi 12 octobre 2019 Origin’Ale Montsinery Guyane

« Alors les yeux de tous deux s’ouvrirent ; ils reconnurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu ensemble des feuilles de figuiers, ils en firent des ceintures. »

« Puis l’Éternel Dieu fit pour Adam et pour sa femme des vêtements de peau, et il les en revêtit. » Nouveau Testament

Se vêtir devient une sorte de réflexe humain né, non d’une influence extérieure, mais du regard porté sur soi-même.

Comment étais-tu habillée ?

Cette interrogation s’avère être un « cliché » planétaire dans la façon d’aborder le contexte du viol… Une façon de questionner qui met en évidence les préjugés sur les agressions sexuelles. Certaines façons de s’habiller seraient donc, ni plus ni moins, qu’un appel au viol !

Habillée Comment ?

C’est la question fréquemment posée aux victimes d’agression sexuelle.

Comme si la façon de s’habiller pouvait justifier l’acte criminel!

Et pourtant, à l’inévitable question posée par les policiers, avocats, juges ou médecins, les réponses données par les victimes ne cadrent pas avec ce préjugé : pyjama, jeans, pantalon, veste, blouse, robe de mariée, salopette….

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« Bacurau », un film de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles

Jeudi 10 et Mercredi 16  octobre 2019. V.O. Madiana

Avec Sônia Braga, Udo Kier, Barbara Colen
Genres Drame, Thriller, Western
Nationalités Brésilien, Français

Synopsis :
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Dans un futur proche… Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

La presse en parle :

Cahiers du Cinéma par Camille Bui
Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles signent ainsi avec Bacurau une grande fiction politique, dont la vitalité à toute épreuve est une vertu nécessaire pour affronter la monstruosité bien réelle de l’extrême droite contemporaine.

Libération par Marius Chapuis
Une riposte excessive, hyperbolique et paillarde à la démesure des troubles et démons qui dévorent le corps social et politique brésilien.

Mad Movies par Gilles Esposito
Célébrant les noces barbares du cinéma d’auteur brésilien, du western italien et de John Carpenter, ce film hors normes jongle avec les tonalités et les espaces pour créer une partie de cache-cache aussi sarcastique que sanglante.

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« Le Daim », un film de Quentin Dupieux

Mercredi 9 et Dimanche 13  octobre 2019 à 19h 30. Madiana.

Avec Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy
Genre Comédie
Nationalités Français, Belg

Quinzaine des Réalisateurs

 Synopsis :
Georges quitte sa banlieue pavillonnaire et plaque tout du jour au lendemain pour s’acheter le blouson 100 pour-cent daim de ses rêves. L’achat vire à l’obsession et finit par plonger le détenteur du daim dans un délire criminel.

La presse en parle :

Elle par Françoise Delbecq
Cette folie extrême est le fil conducteur d’un film parfaitement maîtrisé, dans lequel les délits sanguinaires s’enchaînent à la vitesse d’un Tarantino frénétique.

GQ par Alexandre Lazerges
Avec cette dernière comédie absurde portée par Jean Dujardin, Quentin Dupieux réalise son film le plus remarquable.

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