Arts de la scène

Moi dispositif Venus de et avec Adeline Flaun : peut encore mieux faire

— Par Selim Lander —

Adeline Flaun est une comédienne d’origine martiniquaise de retour d’Espagne où elle a tourné dans plusieurs films. A quarante ans, elle a éprouvé le besoin de créer une œuvre qui combine une fiction à peine futuriste avec une peinture crue de la condition féminine hic et nunc.

Cette pièce coproduite par Tropiques Atrium a bénéficié de la compétence en numérique de Saïdou Bernabé et de Parallel 14, de Yannis Sainte-Rose pour la vidéo, deux médiums d’aujourd’hui qui loin de paraître artificiels comme si souvent au théâtre participent ici pleinement au spectacle, le premier en particulier puisqu’il est question de relations sexuelles virtuelles sur internet. Les silhouettes fantasmatiques des femmes aux formes trop parfaites projetées sur un écran géant, la manière dont elles sont animées (quelques mouvements ou gestes stéréotypés) en font des partenaires à part entière qui font contrepoids au côté très cru de ce qui est dit et montré par la comédienne en chair et en os. Idem pour les personnages en ombre chinoise, également plus grands que nature qui apparaissent sur le fond de scène à la fin de la pièce.

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De « Moi dispositif Vénus » et de « Moi, Kadhafi » au Festival des Petites Formes 2021

— Par Roland Sabra —

D’Adeline Flaun, nous avons déjà vu en Martinique, la mise en scène de «Pas vu pas pris, qui ne dit mot consent et autres croyances populaires » une  libre interprétation de Liars Club de l’auteur américain Neil LaBute . Un an auparavant, en 2017 elle avait collaboré avec Arielle Bloesch, à la direction d’actrice d’ Aliénation(s) qui avait révélé au grand public Françoise Dô. De son travail théâtral nous n’aurons été privés, ici à Fort-de-France, que de sa mise en scène d’« Un parfum de Mongolfière » du stéphanois Alberto Lombardo. Dans « Moi dispositif Vénus », texte, m.e.s. et interprétation par elle-même, elle reprend la thématique qui semble être le fil d’Ariane de son travail, celui de l’exacerbation du désir, de la sexualité et de ses avatars, comme blessure et comme substitut à une demande d’amour qui faute de pouvoir se dire reste sans réponse, comme portée sur le vide.

Soit une île imaginaire dans laquelle la classe dominante de PK (péké,?) change son fusil d’épaule, abandonne, à la suite d’une crise systémique son monopole dans le domaine alimentaire (la canne ?,

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Musique : TOUT’ KOULÈ, l’album de Patrick JEAN-ELIE 

L’artiste :  auteur, compositeur, interprète, musicien 

Patrick Jean-Elie passe son enfance à Ajoupa-Bouillon, en Martinique, dans les années 60. C’est un touche-à-tout : la lutherie, l’électronique puis l’informatique, il est avide de toutes les évolutions technologiques, et les applique à la musique. La guitare devient son instrument de prédilection, bien qu’on le retrouve souvent dans les petits groupes de kadans et de konpa du quartier, derrière une cloche, une conga ou une basse. C’est la musique brésilienne qui l’inspire d’abord le plus, alors qu’il baigne dans les rythmes de biguine, de mazurka, mais aussi du merengue, et ensuite du reggae et du jazz. 

Dans les années 80, pendant ses études d’informatique, il joue et chante sur les marchés, dans les piano-bars de Marseille et Aix-en-Provence, des chansons de la Caraibe et de chanteurs à texte, français et étrangers. Le verbe et la poésie du monde sont essentiels à sa culture, comme la lutte contre les inégalités et les oppressions. Il rencontre des musiciens du monde entier, pendant qu’il apprend les bases de l’harmonie jazz avec le guitariste marseillais Jacky Barreau. 

Il revient au pays en 1993, pour y créer son entreprise de services informatiques professionnels, AITEC, présente aujourd’hui dans toute la Caraibe.

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La vérité nue de Corinne Masiero fait des émules

Les occupants et occupantes du Centre dramatique national du Limousin réagissent aux attaques contre la comédienne qui s’est dénudée durant les César. « Où est l’indécence ? Du côté du corps nu de Corinne Masiero ? Ou du côté de l’inaction du gouvernement face aux 2 millions de travailleurs et travailleuses empêché.e.s et d’étudiant.e.s précarisé.e.s qui demandent à être soutenu.e.s ? » écrivent-ils dans une lettre que nous publions. 

Madame la défenseuse des droits,

Monsieur le Procureur de la République,

Nous avons l’honneur, par la présente, de porter à votre connaissance notre réaction quant à l’attaque portée à l’encontre de madame Corinne Masiero pour avoir eu l’indécence de dénoncer nue la détresse des personnes précarisées qui subissent les restrictions actuelles. Nous vous prions, madame, monsieur, de recevoir notre appel.

Nous : précaires, travailleurs.ses discontinu.e.s du spectacle, de l’hôtellerie, du tourisme, chômeurs.ses par intermittence, travailleurs.ses-étudiant.e.s voyons nos secteurs d’activité empêchés depuis un an.

Les uns après les autres, nous perdons peu à peu nos moyens de subsistance.

Pour commencer : la fermeture des théâtres, café-concert, restauration, événementiel… qui n’ont pas pu nous embaucher cette année.

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« Noire », de & avec Tania de Montaigne, m.e.s. de Stéphane Foenkinos

Vendredi 19 mars à 20h50 sur France 5

Vendredi 19 mars à 20h50, à l’occasion de « La grande soirée culturelle« , France 5 diffusera la captation de la pièce de théâtre réalisée par Stéphane Foenkinos à partir de « Noire » le livre de Tania de Montaigne sur la vie méconnue de Claudette Colvin.

Synopsis :
Vous êtes noire, donc moins que rien.
Avant Rosa Parks, en mars 1955, Claudette Colvin, jeune Noire d’Alabama, dit non : elle ne cède pas dans le bus sa place à un Blanc. Tania de Montaigne s’empare de son propre texte et fait entrer l’auditoire dans la peau de son héroïne.

Comme tous les jours, Claudette achète son ticket à l’avant du bus mais doit monter à l’arrière. Places réservées, sorte de bétaillère. À l’avant, ce sont les Blancs. Mais quand ils n’ont plus de place, les Noirs doivent céder les leurs, à l’arrière. C’est la loi. La gamine noire, quinze ans à Montgomery, Alabama, ce 2 mars 1955, refuse de laisser sa place. Claudette Colvin dit non. On l’arrête, elle imagine le pire.

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 À voir sur France TV, le spectacle « Noire », de Tania de Montaigne

– par Janine Bailly –

À voir sur France 5, le vendredi 19 mars 2021 à 20h50. À revoir sur Culturebox, en diffusion gratuite depuis le 8 mars, et ce jusqu’au 09/12/2021. 

Le spectacle Noire, d’après le roman Noire-La Vie méconnue de Claudette Colvin, adapté et mis en scène par Stéphane Foenkinos, était accueilli au Théâtre du Rond-Point, à Paris, en juin 2019 puis en septembre 2020. Tania de Montaigne s’est emparée de son propre texte, donnant voix à ce personnage qui « a tout permis mais qu’on a oublié ». Pour que revive sous nos yeux l’histoire, la comédienne s’accompagne de films, d’archives, de voix et de témoignages qui situent ce parcours, nécessaire et singulier, dans son contexte. Elle fait entrer l’auditoire dans l’intime de son héroïne. Le spectacle Noire avait été initialement porté à la scène au Centre national de création d’Orléans, en décembre 2016.

La critique de Joëlle Gayot dans Télérama :  « Ce n’est pas du théâtre, c’est mieux ! L’histoire n’a pas retenu son nom ? Tania de Montaigne fait d’elle l’héroïne d’un spectacle. Ce n’est pas du théâtre, c’est mieux : un témoignage revenu du passé, et qui donne vie aux invisibles. »

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Conte Dogon : Une mère qui a promis sa fille à quatre hommes à la fois

CONTE 14

Il était une fois une mère qui avait promis sa fille en mariage à quatre hommes différents.

A l’approche du mariage, elle ne sut plus que faire. Son cœur se déchira, elle se mit à pleurer et à se lamenter quand un vieux marabout vint lui rendre visite.

Ce dernier lui demanda la cause de son chagrin et elle lui expliqua la situation.

Le marabout lui demanda si elle a un chat, si elle a un chien, si elle a un âne et à chaque fois elle répondit « Oui ». Puis il lui demanda de conduire chacun de ces animaux dans une pièce différente et il transforma chacun d’eux en une copie de la fille, mais dans une quatrième pièce, il installa la fille elle-même.

Dans la première nuit l’un des prétendants entre dans la première pièce, dans la seconde nuit, le second prétendant entre dans la seconde chambre.

Dans la troisième nuit, le troisième entre dans la troisième chambre. Dans la dernière nuit le quatrième entre dans la dernière chambre.

Durant les quatre nuits, la mère ne sait même plus , parmi les quatre, qui est sa vraie fille tellement le marabout les a faites semblables.

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Caroline Castelli : une conteuse en Martinique du 19 au 31 mars 2021

Il était une fois Caroline…

Initiée dès le berceau à la transmission orale, au mystère de la Parole et du Verbe, Caroline n’a eu qu’une quête depuis ce temps : continuer de récolter les paroles anciennes des vieux sages et des vieilles femmes mystiques aux yeux qui brillent comme des étoiles.

Sa curiosité des autres cultures la fait voyager autour de la Terre, elle se balade sur les continents avec une oreille attentive à l’origine du monde.

Son attirance pour l’Afrique et la Caraibe l’entraînent dans une quête du savoir des Anciens.iennes Rastas au Ghana ( Peuple Asante-Ashanti) et en Jamaique, elle récolte leurs témoignages pour nourrir son répertoire de leur sagesse et connaissance animiste.

Conteuse sans frontières, sa vie dans la banlieue pluriculturelle de Seine St Denis la conforte vers l’universalité des contes.

Hyperactive de la création, elle a créé plus d’une centaine de spectacles.

Sa voix puissante ou caressante aux accents changeants et surprenants, transporte et éveille ceux qui l’écoutent. Allant de la tonitruance à la délicatesse, son arc-en-ciel de voix illustre à merveille les légendes et mythes.

Comme le lui avait dit cet enfant à la fin d’un spectacle : « T’as toutes les voix de la Vie.

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A l’école des cascadeurs, de la torche humaine au combat chorégraphique

Le Cateau-Cambrésis (France) – Maîtriser la torche humaine, la chute de hauteur ou le combat chorégraphique: près de Cambrai (Nord), les doublures de demain se forment à la cascade, et à la bataille pour se faire une place dans le monde des séries et des films.

Créé en 2008 dans le sud-ouest de la France, reconnu comme centre de formation professionnel, le Campus univers cascades, qui a déménagé en 2017 au Cateau-Cambrésis, se présente comme « la plus grande école de cascade au monde. » 

Site de tournage, zone d’acrobaties, parkour modulable, dojos aménagés, salle d’escalade et de musculation… Les élèves y suivent une formation aux techniques de cascades physiques. Huit cent heures réparties sur des stages de deux semaines, pour 5.500 euros. 

– « Pas du MMA » –

« Il y une bonne quinzaine d’activités pour être polyvalent, ce qui est le plus important dans ce métier« , explique Lucas Dollfus, fondateur et directeur du centre, conscient que « c’est un milieu difficile, comme tout milieu artistique« . 

« On est dans le dépassement de soi constamment.

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Jean Cocteau vu par Pedro  Almodóvar : « La Voix humaine »

Deux ans après Douleur et Gloire, le cinéaste espagnol adapte librement la pièce en un acte de Cocteau dans un court-métrage d’une trentaine de minutes où Tilda Swinton, en amante éconduite, embrase l’écran, plus altière et incandescente que jamais. The human voice-La Voix humaine¹ sort en DVD et VOD, le 19 mars 2021.

D’après Patrick Tardit  dans « Infodujour »

Tilda Swinton² donne son physique atypique, sa « pâleur », son « mélange de folie et de mélancolie », à son personnage, une femme seule, abandonnée, quittée par son amant… Si de celui-ci, jamais on n’entendra  les répliques, ou les questions, il nous sera cependant loisible, par la grâce de la réalisation, de l’imaginer…

Synopsis : Trois jours que les valises de l’homme sont faites et prêtes à partir, après quatre années de bonheur. Trois jours qu’elle l’attend, qu’elle attend de ses nouvelles, mais il ne viendra même pas chercher lui-même ses bagages. En complet bleu, elle sort acheter une hache, avec laquelle elle va s’acharner sur le costume sombre de l’absent posé sur le lit ; en ensemble rouge, elle pioche dans les pilules entassées dans le tiroir de sa table de chevet.

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Le festival de Cannes se prépare pour juillet, Spike Lee aux commandes du jury

La 74e édition du festival de Cannes, dont les préparatifs « battent leur plein » pour juillet malgré la pandémie, a un président du jury, le cinéaste américain Spike Lee, première personnalité noire à occuper la fonction.

Spike Lee devait présider le jury l’an dernier, mais le Covid a empêché le festival de se tenir. « Fidèle à ses engagements », le cinéaste assumera cette fonction lors du festival qui doit se dérouler en début d’été (6 au 17 juillet), au lieu du mois de mai, ont annoncé les organisateurs.

« Les préparatifs battent leur plein, avec de nombreux films visionnés par le comité de sélection », ont-il souligné, donnant rendez-vous « début juin » pour l’annonce de la Sélection officielle et de la composition du reste du jury, qui devra désigner le successeur de « Parasite » du Sud-Coréen Bong Joon-ho, Palme d’or 2019.

Cette 74e édition est attendue: si les conditions sanitaires permettent sa tenue aux dates prévues, il s’agira du plus important rendez-vous mondial du cinéma depuis plus d’un an. La plupart des autres grands festivals ont été contraints à l’annulation ou se sont tenus en ligne.

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Journée Mondiale du Conte en Martinique

Samedi 20 mars 2021 à la Bibliothèque Schœlcher

Cette année, comme toujours et malgré les circonstances actuelles, l’Association Martinique Images célèbre ce samedi 20 mars
la Journée Mondiale du Conte avec un programme riche en événements

Toute l’année, AMI agit inlassablement pour transmettre un Patrimoine Immatériel de la Martinique : l’Oralité sous toutes ses formes.
C’est tout naturellement donc que la Présidente, le Bureau et les membres de l’Association Martinique Images (AMI) avec le soutien du Ministère de la Culture – DAC Martinique, la CTM, Caresse Antillaise et ses autres partenaires vous invitent à vivre ensemble la Journée Mondiale du Conte samedi 20 mars 2021 en Martinique.
Pour l’occasion, AMI a concocté un programme riche, pour toute la famille.
Nous invitons également tous les établissements scolaires et autres lieux de diffusion de la Culture à nous contacter afin de recevoir une animation-spectacle durant cette semaine consacrée au conte.
Communiqué de Presse Association Martinique Images
Le coeur de cet événement battra à la Bibliothèque Schoelcher, Fort-de-France, avec une artiste invitée : Caroline CASTELLI
Initiée dès le berceau à la transmission orale, au mystère de la Parole et du Verbe, Caroline n’a eu qu’une quête depuis ce temps : continuer de récolter les paroles anciennes des vieux sages et des vieilles femmes mystiques aux yeux qui brillent comme des étoiles.

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« Les salles de cinéma ultra marines solidaires de la demande de réouverture des salles de l’hexagone »

— Communiqué d’Alexandra ELIZE, Présidente du SECOM —

Le 15 mars est aujourd’hui un triste anniversaire, celui de la fermeture historique des salles de cinéma en raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. Que s’est-il passé pendant cette année pour les cinémas ultra marins ? Comment se portent nos salles obscures ? Et quel avenir pour nos cinémas ?

Depuis maintenant un an les salles de cinéma ultra marine sont en souffrance.

À cause de la crise sanitaire elles ont dû fermer leurs portes au public le 15 mars dernier. Certaines ont rouvert en juin dernier comme la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion, quand d’autres ont dû attendre plus de six mois pour revoir leur public, comme la Guyane. Certaines ont été de nouveau fermées, quand d’autres ont dû fonctionner au ralenti. Même si la fréquentation est évidemment loin d’être comme avant, les spectateurs ont de plus en plus envie de retrouver leurs habitudes en retournant au cinéma.

Alors qu’aujourd’hui nous pourrions nous réjouir d’avoir nos salles ultramarines ouvertes alors qu’elles sont fermées en métropole, les exploitants de salles de cinéma sont à bout de souffle et tirent la sonnette d’alarme.

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Conte Dogon : Le Coq et le Chat

CONTE 13

Il était une fois un coq et un chat qui étaient des amis intimes. Ils causaient ensemble, l’un accompagnait l’autre et ils se disaient leurs secrets.

Chaque soir, le chat avait faim et il avait bien envie de manger le coq, mais il se retenait car il croyait que la crête du coq était une corne.

Mais un jour, comme ils causaient et rigolaient, le chat a profité d’un moment d’inattention de son ami pour toucher sa crête et il put constater qu’elle était en chair.

Un autre jour alors qu’ils se promenaient ensemble, le chat se jeta sur le coq et le dévora.

C’est pour cela qu’il ne faut jamais montrer son point faible à ses amis.

Le conte prend fin et se tait.

Commentaire : Au Pays Dogon, la solitude est inconnue. C’est une société « chaude » où chacun(e) est en permanence en relation avec les autres par de multiples attaches familiales, économiques et d’entraide ou d’expériences ( celle de la migration par exemple) Il se constitue bien sûr divers groupes par âge, par activité, par intérêts, par affinité, par le vécu commun.

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« Bernarda Alba from Yana », une lecture intelligente de l’œuvre de Garcia Lorca

— Par Roland Sabra —

Souvent revient le mot de matriarcat à propos de La Maison de Bernarda Alba. Ce fut le cas à la sortie de la représentation de « Bernarda Alba from Yana », une adaptation et une mise en scène de la plus célèbre des pièces de Frédérico Garcia Lorca, jouée au Théâtre Aimé Césaire de Fort-de-France les 12, 12, & 13 mars 2021. A François Héritier qui affirme que le matriarcat est un mythe et que le pouvoir appartient toujours aux hommes, la philosophe et chercheuse allemande Heide Goettner-Abendroth répond qu’elle se trompe en ne faisant pas la différence entre sociétés « matrilinéaires » et « matriarcales »(!). Son livre traduit en français, il y a peu, aux Éditions Des Femmes s’intitule très clairement « Les sociétés matriarcales ». Le terme de « matriarcat » a été construit, à la fin du XIXe siècle sur le modèle du terme « patriarcat », du latin pater, patris « le père » et du grec archein, « commander ». Pour autant la construction symétrique du concept ne renvoie pas à une réalité constatée sur le terrain.

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L’éphéméride du 14 mars

Première de Macbeth, drame lyrique en quatre actes de Giuseppe Verdi au Théâtre de la Pergola de Florence, le 14 mars 1847.

Macbeth est un opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei, d’après la tragédie de William Shakespeare, représenté pour la première fois au Teatro della Pergola à Florence, le 14 mars 1847.
Macbeth avait été commandé pour le carnaval. Le théâtre dut ouvrir ses portes bien plus tôt que prévu et le public nombreux réserva un triomphe à cette œuvre.
Deux autres versions suivirent, une en français à Paris le 19 avril 18651 et la version finale en italien à Milan le 28 janvier 1874.

L’opéra fut repris au Théâtre Lyrique de Paris en 1865 avec quelques modifications. Mais la majorité de la partition se trouvait déjà dans la version italienne. Les deux adjonctions les plus importantes sont celles de l’air La luce langue au IIe acte et du ballet au IIIe. Il n’était pas possible en effet de faire représenter un opéra à Paris sans un ballet. Cette version était naturellement en français, mais le public fut à cette occasion nettement moins séduit que le public florentin de la première création.

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« Bernarda Alba from Yana », être femme, toujours et sous tous les cieux !

Spectacle par Le Grand Théâtre Itinérant de Guyane, au théâtre Aimé Césaire de Fort-de-France. Adaptation et mise en scène d’Odile Pedro Leal.

– par Janine Bailly –

Ce qui sans doute fait la force et l’intérêt de Bernarda Alba from Yana, adaptation de La casa de Bernarda Alba du dramaturge espagnol Federico Garcia Lorca, c’est son intemporalité, ou son universalité. Un paradoxe assumé, puisque l’intrigue se déroule en une sorte de huis clos, qu’elle ne sortira jamais de la maison ou du domaine de Bernarda – si ce n’est que le reste du monde sera entrevu par les fenêtres des chambres, tour à tour permises ou interdites, seules ouvertures sur l’extérieur concédées par la tyrannie d’une mère promue, au décès de son second mari, chef incontesté de la cellule familiale. Paradoxe assumé, puisque les passions mises en scènes, les déchirements qu’elles entraînent, allant jusqu’à faire imploser un cercle exclusivement féminin, furent sous tous les cieux et de tous temps, du domaine de la tragédie ; qu’aussi la critique sociale sous-jacente à l’histoire pourrait se concevoir aujourd’hui autant qu’autrefois… Que sont suggérées, par une simple paire de longues bottes noires posées sur une chaise en ouverture de spectacle, les amours ancillaires du maître de maison… Que l’argent se révèle parfois être le moteur des actions humaines, et des choix qu’en dépit de ses sentiments intimes on se croit tenu de faire… et qu’enfin la distribution des comédiennes et comédien, multiple par la couleur de peau et les origines, donne l’idée d’un peuple guyanais mêlé, où l’on vivrait sans préjugés « raciaux » d’aucune sorte…

Sous la férule de leur mère, elles tentent de vivre, les cinq filles recluses dans le giron qu’on dit protecteur, et qui pour une longue période de deuil selon la tradition vient de se refermer sur elles, interdites les robes et dentelles trop frivoles, interdite la poudre de riz sur le visage, que d’un brutal revers de main Bernarda balaiera !

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Conte Dogon : Le vieil homme et le Renard pâle

CONTE 11

Il était une fois un vieil homme et Yogourou, le Renard pâle. Ils étaient de bons amis. Chaque fois qu’ils se rencontraient, Yogourou prédisait l’avenir de quelques personnes du village.

Souvent dans le village, le vieux disait  : «  Eh, toi ! Tu vas mourir demain, et toi aussi dans trois jours ». Et pour finir, toutes les personnes qu’il avait désignées mouraient à l’heure indiquée .

Depuis lors, le vieux est devenu très respecté et craint dans le village.

Mais un jour Yogourou lui a prédit que ce sont eux deux qui vont mourir très bientôt. Le vieux a eu si peur qu’il a demandé à Yogourou s’il n’y aurait pas une solution pour éviter la mort. Et Yogourou lui a répondu : «  Oui, viens avec moi ». Et il expliqua : «  Demain, il commencera à pleuvoir, puis il y aura une grosse tempête. A ce moment là, tu dois quitter ta maison et venir garder mon trou, ici-même, sous la pluie. D’accord ? »

Quand il a commencé à pleuvoir, le vieux est sorti de chez lui et il est venu faire le gardien en brousse devant le trou de son ami Yogourou.

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Conte Dogon : La mère qui voulait un garçon

CONTE 10
Il était une fois une femme qui n’avait pas eu de garçon. Dieu ne lui a pas donné de garçon et elle est en quête d’un garçon.
Un jour, quand elle partit chercher du bois en brousse, elle vit un petit garçon, elle a alors décidé de prendre l’enfant et de l’adopter .

Chaque fois qu’elle partait en brousse pour chercher du bois, elle laissait sa petite fille et le petit garçon à la maison.
Le petit garçon qu’elle avait amené à sa maison n’était pas un humain comme nous, mais l’enfant des djinns .
Quand la femme partait au champ, le petit garçon se levait et disait à la fille de vite préparer à manger et la fille obéissait.

Un jour une vieille femme observe la scène, puis elle fait une proposition à la mère : quand cette dernière ira aux champs, la vieille femme se cachera pour observer ce que font les enfants..
Alors un jour la mère a dit aux enfants qu’elle allait en brousse mais la vieille dame se cache à proximité et elle voit et entend ce que fait le petit garçon .

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« Juillet 1961 ». Texte & Mise en lecture : Françoise Dô

Présentation

Chloé est une magnifique jeune femme qui se contraint à la prostitution de luxe pour boucler ses fins de mois et élever sa petite fille. Ce soir de juillet 1961, Paul, son client, est un afro-américain. Chloé a été élevée par son père, un travailleur pauvre membre du Ku Klux Klan. Alors qu’elle était enfant, il avait dû fuir leur ville après la découverte du cadavre d’un nègre dans leur jardin. Paul connaît son père. Chloé veut le retrouver.
Début des années 1960.
En plein capitalisme triomphant, l’argent peut sauver de tout : le blanc américain de la pauvreté et le noir américain de la ségrégation. Tous ne souhaitent qu’une chose : sortir de la vie à laquelle ils ont été assignés.

Juillet 1961 est initialement un travail d’écriture à partir de photographies.

En juillet 2017, je tombe sur un cliché du photographe américain Garry Winogrand lors d’un exercice. Il s’agissait d’écrire une histoire en s’inspirant d’une photographie instantanée, ceci en trente minutes chrono. Ce fut fait.
Mais ni l’histoire, ni le photographe ne m’ont quittée.
Je me suis intéressée de plus près à sa série de photos shootées entre 1960 et 1980.

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« Moi dispositif Vénus », texte, m.e.s. & jeu Adelin Flaun

Suite à une forte crise politique, une petite île vit une rupture systémique avec les PK, grands producteurs et distributeurs alimentaires jusqu’alors détenteurs du monopole économique local. Mais au beau milieu de cette restructuration sociétale et en pleine aire de changement climatique, les populations les plus vulnérables se voient fortement affectées.

Beaucoup de femmes sans ressources trouvent une porte de sortie à leur désarroi financier : leurs voix deviennent celles de Vénus, les avatars d’un nouveau programme crypté de services sexuels en ligne – e-International Venus.

Qui est derrière cette nouvelle activité qui occasionne déjà une recrudescence de la prostitution au niveau mondial ?

Plusieurs voix s’entremêlent, interprétées par une seule comédienne – une création où l’autofiction trouve sa place et donne un sens personnel à cette lutte de classes, et au sein de laquelle l’hypersexualisation est l’instrument politique de la classe opprimante, le modèle d’aliénation le plus urgent à combattre.

Texte – Mise en scène & Interprétation : Adeline Flaun

Assistante Mise en scène : Alexandra Déglise

Assistante Mouvements : Nina Uyà

Lumières : Félix Gane

Musique et Espace sonore : Clara Aguilar

Avatars 3D – Interfaces & Poster : Saïdou Bernabé / Parallel 14

Vidéos : Yannis Sainte-Rose

Décors : Kanet et Jean-Marc Bullet

Costumes : Jesús Cobos

Photo affiche : Joseph Tobella

 

Adeline Flaun

De retour en Martinique après un parcours artistique en Catalogne, Adeline Flaun est comédienne et metteure en scène.

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« Le dernier jour d’un condamné », d’après Victor Hugo, adaptation Alfred Alexandre, m.e.s. José Exélis

Victor Hugo rencontre plusieurs fois le spectacle de la guillotine et s’indigne de ce que la société se permet de faire de sang-froid ce qu’elle reproche à l’accusé d’avoir fait. C’est au lendemain d’une traversée de la place de l’Hôtel-de-Ville où le bourreau graissait la guillotine en prévision de l’exécution prévue le soir même que Victor Hugo se lance dans l’écriture du Dernier Jour d’un condamné qu’il achève très rapidement2. Le livre est édité en février 1829 par l’éditeur Charles Gosselin mais sans nom d’auteur. Ce n’est que trois ans plus tard, le 15 mars 1832, que Victor Hugo complète son roman par une longue préface qu’il signe de son nom.

Synopsis :
Ce roman se présente comme le journal d’un condamné à mort écrit durant les vingt-quatre dernières heures de son existence dans lequel il raconte ce qu’il a vécu depuis le début de son procès jusqu’au moment de son exécution, soit environ cinq semaines de sa vie. Ce récit, long monologue intérieur, est entrecoupé de réflexions angoissées et de souvenirs de son autre vie, la « vie d’avant ».

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« Le père de Nafi », un film de Mamadou Dia

Avec Saikou Lo, Alassane Sy
Titre original Baamum Nafi
1h 47min / Drame

Synopsis :
Dans une petite ville du Sénégal, deux frères s’opposent à propos du mariage de leurs enfants. Deux visions du monde s’affrontent, l’une modérée, l’autre radicale. Les jeunes Nafi et Tokara rêvent, eux, de partir étudier à Dakar, la capitale, et de vivre avec leur époque. A la manière d’une tragédie, et alors que s’impose la menace extrémiste, les amoureux doivent trouver un chemin pour s’émanciper des conflits des adultes.

Deux prix à l’édition 2020 en ligne de Vues d’Afrique à Montréal : meilleur long métrage et meilleur acteur pour Alassane Sy. Baamum Nafi avait déjà reçu le prix du meilleur premier long métrage et le Léopard d’or de la section Cinéastes du présent à Locarno (Suisse) et le prix Découverte à Namur. Des prix mérités.

On en parle :
Le Polyester par Gregory Coutaut:
Le Père de Nafi est le premier travail de fiction de Mamadou Dia, qui a auparavant travaillé pendant presque dix ans comme journaliste, ce qui explique peut-être la place élégante que le film laisse au silence, à l’observation et aux pauses dans l’intrigue.

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«Ces filles-là» d’Evan Placey

Texte original en anglais traduit en français par Adélaïde Pralon

Synopsis :

Depuis l’enfance, Scarlett ne s’est jamais intégrée au groupe des filles de l’école Sainte-Hélène. Est-ce parce qu’elle n’est pas bien coiffée  ? Parce qu’elle parle fort  ? Parce qu’elle attire les garçons ? À partir d’une simple photo postée sur les réseaux sociaux, commence pour elle une longue descente aux enfers, racontée par une voix unique, celle du groupe des autres filles, qui la juge coupable – mais de quoi  ?
Dans cette pièce chorale, Evan Placey révèle nos silences complices face aux harcèlements en tous genres, à un âge où l’on est tiraillé par le désir de plaire et le besoin de trouver sa place. Et, rappelant l’histoire de la libération des femmes, il signe une ode au féminisme qui doit encore et toujours se réinventer.

À partir de 14 ans

« C’est pas moi qui ai envoyé la photo au départ.
Si on prend une photo et que personne ne la voit, est-ce qu’elle a vraiment été prise ? Je veux dire, c’est pas Platon ou je ne sais pas qui qui a dit ça ?

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« La troisième femme », un film de Ash Mayfair

Avec Nguyen Phuong Tra My, Tran Nu Yên Khê, Mai Thu Huong
Titre original Nguoi Vo Ba
19 août 2020 / 1h 36min / Drame

Synopsis :
Dans le Vietnam rural du XIXème siècle, May, 14 ans, devient la troisième épouse du riche propriétaire Hung. Elle comprend rapidement qu’elle ne peut obtenir un statut qu’en s’imposant comme une femme capable de donner naissance à un fils. L’espoir de May de changer de statut devient réel lorsqu’elle tombe enceinte…

La presse en parle :
Ouest France par Christophe Narbonne
Un joli film, parfois un peu trop maniéré, sur la condition féminine qui résonne avec aujourd’hui.

Positif par Eithne O’Neill
Nul doute, la mise en scène exquise est une cache feutrée de tensions muettes, la condition féminine est le sujet. Mais nous ressentons un malaise. Comme si l’attention minutieuse à l’effet artistique de chaque plan, illustration de la beauté de la nature contrastant avec la cruauté de la société, l’emportait sur la caractérisation des personnages et le portrait de leur souffrance.

La Croix par Laura Alavoine
Mais l’abondance de symboles, comme la métaphore de l’évolution de l’héroïne à travers les étapes de développement du ver à soie, fait hélas perdre le fil de l’histoire au spectateur.

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