Opéra

«Les Indes galantes», une relecture hip hop de Bintou Dembélé

Opéra Bastille de Paris, jusqu’au 15 octobre 2019

— par Carmen Lunsmann —

Elle se définit d’origine hip hop et fait actuellement fureur à l’Opéra Bastille à Paris. Bintou Dembélé est la première femme noire à signer une chorégraphie au sein de cette institution de 350 ans, pour « Les Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau.

Loin des pointes et des tutus, Bintou Dembélé laisse parler la rue dans sa danse. Pour Les Indes galantes, ce chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, elle propose une relecture radicalement nouvelle à travers des danses urbaines.

Née en région parisienne de parents sénégalais, elle est l’une des pionnières du hip hop en France, une passion qu’elle découvre à 10 ans, seule fille au sein des groupes. En 2002, elle fonde sa propre compagnie, Rualité – entre Rue et Réalité, dans le but d’explorer des cultures marginales, l’histoire coloniale et ses propres racines à travers toute une palette de danses urbaines.

Se réapproprier des choses

« J’aime à les nommer les danses du cri du corps.

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« Cendrillon » de Rudolf Noureev

Jeudi 13 juin 2019 à 19h Madiana

Adulte 20€ / Enfant 12€

Rudolf Noureev – avec la complicité du décorateur Petrika Ionesco – s’est amusé à transposer l’histoire de Cendrillon dans l’univers hollywoodien des années 30 : découverte par un producteur de cinéma, la modeste jeune fille, échappant à un père alcoolique et à une marâtre odieuse, fait ses débuts à l’écran, accrochant au passage le cœur de l’acteur-vedette.
Cette « mise en abyme » du ballet, les danseurs – à commencer par Noureev lui-même – ayant peu ou prou le même parcours que cette Cendrillon moderne, est aussi une formidable déclaration d’amour au cinéma et au spectacle, seuls capables de transfigurer les êtres, la danse, en particulier, parvenant à sublimer l’ordinaire.

Dans ses propres ballets, et même lorsqu’il emprunte à Petipa sujet et chorégraphie – tels qu’il les a reçus de la tradition du Kirov – Noureev infléchit le récit en l’enrichissant de résonances freudiennes. Ainsi retrouve-t-on dans Cendrillon plusieurs de ses thèmes de prédilection : le désir de s’évader de la dure réalité, le rêve initiatique, le réel qui rejoint l’imaginaire, l’art comme accomplissement du rêve devenu réalité

Cendrillon vue par Rudolf Noureev

« Lorsque Petrika Ionesco m’a soufflé l’idée d’une Cendrillon hollywoodienne, j’ai commencé par être très réticent : je craignais une déformation abusive du conte de Perrault.

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Lady Macbeth de Mzensk

Jeudi 16 mai 2019 à 19h Madiana

Opéra de Paris-FRA Cinéma)
Réalisateur : Krzysztof Warlikowski
Acteur(s): Dmitry Ulyanov, Aušrinė Stundytė
Durée 210min
Synopsis :
Du projet initial de Chostakovitch – consacrer une trilogie aux destins tragiques de femmes russes à travers les âges – ne demeura qu’un opéra coup-de-poing : Lady Macbeth de Mzensk. S’il est l’un des puissants ressorts de l’oeuvre, l’intertexte shakespearien est ici bien amer : contrairement à Lady Macbeth, Katerina Ismailova – qui, dans la Russie profonde du XIXe siècle, tombe amoureuse d’un employé de son mari et sera finalement acculée au suicide – est moins manipulatrice que victime d’une société violente et patriarcale. Krzysztof Warlikowski libère aujourd’hui la force de subversion de cette oeuvre brûlante et scandaleuse, qui a marqué les premières années de l’Opéra Bastille.

La presse en parle :
Olyrix par Charles Arden

Warlikowski balance ses porcs : Triomphale Lady Macbeth de Mzensk à BastilleLady Macbeth du district de Mzensk, opéra créé en 1934 par Dmitri Chostakovitch, triomphe à l’Opéra national de Paris dans une nouvelle production placée par Krzysztof Warlikowski dans un abattoir.

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L’ivrogne corrigé ou le mariage du diable : un agréable divertissement

— Par Roland Sabra —

Le sympathique collectif de chanteurs lyriques d’origine antillaise ( COMPA) poursuit son chemin. Il est à l’origine de l’évènement Carib’Opéra que la Martinique a accueilli avec ferveur en 2016 et 2017puisqu’en effet l’an dernier plus de 1500 spectateurs ont assisté aux concerts du Lamentin, de Fort-De-France et du Morne Rouge.

C’est en 1759 ou 1760, les avis divergent, que Christoph Willibald Gluck crée L’ivrogne corrigé ou le mariage du diable. La version présentée aujourd’hui inverse titre et sous-titre.

Gluck dont le public martiniquais a pu voir en 2014 au T.A.C ( Théâtre Aimé Césaire) « L’île de Merlin ou le monde renversé » à été l’ un des grands maîtres de l’opéra du XVIIIe siècle, connu pour sa synthèse, non dépourvue d’une certaine élégance, des traditions lyriques françaises et italiennes lors de la fameuse querelle des Gluckistes et des Piccinnistes qui opposa les défenseurs de l’opéra français aux tenants de la musique italienne. D’origine bavaroise Christoph Willibald Gluck est un des compositeurs les plus importants de la musique de la période classique dans l’aire germanophone avec Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Karl Ditters von Dittersdorf, Franz Krommer et Carl Philipp Emanuel Bach.

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Reprise : « Le mariage du Diable ou l’ivrogne corrigé » de Gluck

8 & 9 février 2018 à 20h30 Espace Beaujon. 75008

Le collectif d’artistes lyriques antillais Carib’Opera sera présent sur scène à Paris en Février 2018 pour la reprise de l’opéra comique de Gluck, le Mariage du Diable !

Cette farce incisive et délirante fait partie des douze opéras que Gluck a composés lorsqu’il était directeur du Théâtre Français de Vienne. Et s’il n’a pas connu la même notoriété qu’Orphée ou Alceste, il contient néanmoins quelques pages de grande qualité comme l’air où Mathurin rentre chez lui complètement soûl, ou encore l’air de Cléon qui évoque sans conteste l’air le plus connu du répertoire de Gluck, celui d’Orphée qui a perdu son Eurydice.
Il est amusant de constater que contrairement aux usages dans l’opéra des XVIIIèmes et XIXèmes siècles, le rôle du jeune amoureux est tenu par un baryton tandis que le ténor se voit donner le rôle de l’oncle ivrogne et tyrannique. De même cet opéra peut être donné en un ou deux actes selon que le metteur en scène choisisse de faire ou non un gros changement de décor après que Mathurin se soit évanoui.

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« Le mariage du Diable », de Gluck par Carib’Opéra

Le collectif d’artistes lyriques antillais Carib’Opera sera présent sur scène à Paris et en Martinique en novembre prochain, tout en préparant activement la Première Flute Enchantée de Mozart, jamais donnée en Guadeloupe pour Avril 2018 !

D’ici-là, et concocté pour les Parisiens, c’est avec un grand plaisir que je vous annonce la création du nouvel opéra comique de Gluck, le Mariage du Diable !

Vous y découvrirez ou redécouvrirez les membres de notre collectif d’artistes lyriques antillais Carib’Opéra dans une scénographie délirante, qui intègre des musiques caribéennes à la musique classique de Gluck dans une ambiance mi-vaudou mi-carnaval …

Les 7, 9 et 10 Novembre prochains :
A 20h30 : Espace Beaujon – 208 rue du Faubourg Saint-Honoré – Paris 8.

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L’Opéra, documentaire de Jean-Stéphane Bron

« J’ai filmé une utopie. »

Le documentaire de Jean-Stéphane Bron, à l’affiche depuis une semaine, vous plonge dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Récit d’une saison, récits de vie, genèses de spectacles s’entrecroisent dans ce film joyeux, où le collectif et la pulsion vitale de la musique tiennent une grande place.

« Une réussite totale, un documentaire qui devrait être montré à
tous ! »
Opera-Online

« Attention, documentaire exceptionnel, une merveille pas moins »
Le Parisien magazine

« À ne rater sous aucun prétexte »
Les Echos

« Une immersion toute en grâce et en musique. »
Le Figaro

« On aimerait que le film continue et dure… L’Opéra est Un chef-d’œuvre ! »
Toutelaculture.com

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« J’ai filmé une utopie. » Entretien avec Jean-Stéphane Bron

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Opéra: Pretty Yende, la génération post-apartheid à la conquête de la scène lyrique

pretty_yende« Je n’ai jamais connu l’apartheid »: Pretty Yende, 31 ans, croit en « un monde aux possibilités infinies ». La pétulante sud-africaine sera vendredi à l’Opéra de Paris la première soprano noire à tenir le rôle de « Lucia di Lammermoor ».
« Nous vivons des temps merveilleux, où la couleur de la peau importe moins que le talent », dit la jeune femme au sourire éclatant, qui assure n’avoir rencontré aucune discrimination de la part des grandes scènes lyriques.
Née en 1985 dans la petite ville de Piet Retief à 300 km de Johannesburg, elle fait connaissance avec l’opéra à 16 ans en entendant le fameux « Duo des fleurs » de Lakmé à la télévision dans une publicité.
« J’ai trouvé ça magique, surnaturel », dit-elle en riant. « Quand j’ai appris que cela s’appelait de l’opéra et que ce son surnaturel venait de la voix humaine, je me suis dit qu’il fallait que je chante comme ça. »
Elle intègre la chorale de son école, et part ensuite avec une bourse étudier au South African College of Music de l’Université de Cape Town.

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Prélude à Avignon : Warilkowski à Aix

— Par Selim Lander —

Haendel Warilkovski1En Provence, la saison des festivals vient de commencer. Aix qui a ouvert le ban programme du 30 juin au 20 juillet sept opéras ou oratorios ; Arles propose 40 expositions de photos du 4 juillet au 25 septembre ; quant à Avignon, auquel nous consacrerons les billets suivants, c’est du 6 au 24 juillet la débauche habituelle avec plus de 1400 pièces de théâtre ou « seuls en scène » dans le OFF (record battu) et quelques dizaines de spectacles dans le IN. Et c’est sans compter avec les a-côtés : projections, rencontres entre professionnels et avec le public, débats, et, spécifiquement à Aix, les concerts, récitals et autres « master classes ».

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Carmen la Cubana

carmen_habaneraAdapter le célèbre opéra Carmen de Bizet en le transposant dans le monde contemporain ? Déjà Oscar Hammerstein II l’avait fait en 1943 pour Broadway avec Carmen Jones, dont Preminger devait tirer un film culte en 1954. L’œuvre devient aujourd’hui un musical cubain, le premier du genre, d’après Bizet mais en espagnol et situé cette fois à La Havane, à la veille de la révolution cubaine. Carmen travaille toujours dans une fabrique de cigares, mais la habanera retrouve ici son pays d’origine !

Situant l’action à l’époque où Castro et ses militants entreprirent de renverser le dictateur Batista, le dramaturge cubain Norge Espinosa Mendoza donne une résonance contemporaine à l’histoire intemporelle de Carmen. À Guantánamo, dans la campagne cubaine, Carmen, fille d’un soldat américain et d’une prostituée cubaine métisse, rêve d’une vie meilleure. Prisonnière de la fabrique à cigares locale, elle ne dispose que de son puissant pouvoir de séduction pour tromper l’ennui. Elle remarque José, un jeune soldat aussi naïf qu’innocent engagé dans l’armée de Batista qui finit lui aussi par succomber à sa beauté sensuelle.

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Quand l’opéra dénonce les crimes contre l’humanité

— Par Alain Boeuf —

Avec son festival annuel, l’Opéra national de Lyon ose la prise de risque avec des œuvres rares et une création.

Lyon, correspondance. Il y eut Claude de Thierry Escaich, sur un livret de Robert Badinter, et cette année Benjamin, dernière nuit, de Michel Tabachnik sur un livret de Régis Debray. Pour Serge Dorny, le directeur de la scène lyonnaise, si l’art divertit, également il questionne et « c’est essentiel dans notre civilisation menacée par le repli sur soi, l’intolérance et la violence ». Dans ce festival intitulé « Pour l’humanité », quatre œuvres sont en alternance à l’affiche, qui résonnent comme des voix de la liberté : violence des intégrismes et des religions sources de conflits, avec la Juive de Halévy, chants des ténèbres venus des camps de concentration d’où Viktor Ullmann (l’Empereur d’Atlantis) et Hans Kràsa (Brundibar) font entendre leurs voix et, comme pour enrichir le patrimoine de demain, la création mondiale de Benjamin, dernière nuit.

Ce drame lyrique relate la dernière nuit que passe Walter Benjamin, le grand philosophe allemand pourchassé par les nazis, dans un hôtel de Portbou, village frontalier de la Catalogne espagnole.

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Opéra. La passion du sang et de la mort

— Par Maurice Ulrich —
L’Opéra Garnier de Paris propose, en les enchaînant l’un à l’autre, « le Château de Barbe-Bleue », de Bartok, et « la Voix humaine », de Cocteau 
et Poulenc, sous la direction d’orchestre d’Esa-Pekka Salonen et dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski. Une réussite.

Bartok achève la composition du Château de Barbe-Bleue, son seul opéra sur le livret de son ami Béla Balazs, en 1911. Assez mal reçu, il ne sera joué pour la première fois qu’en 1918. Sans doute ce huis clos en enfer de deux personnages ne correspond pas vraiment à ce qu’on pense alors de l’opéra. Il y a ici beaucoup d’instruments de torture, beaucoup de sang sur les bijoux, sur les fleurs. Une dizaine d’années auparavant, Octave Mirbeau avait publié le Jardin des supplices, cette terrifiante promenade d’un couple amoureux dans le raffinement esthétique de l’horreur. Au moment où Bartok compose, la psychanalyse est encore balbutiante. Avec l’ouverture, l’une après l’autre, des portes du château, c’est pourtant dans l’inconscient de Barbe-Bleue que l’on semble entrer.

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L’Amant anonyme : rafraîchissant et délicieusement désuet

— Par Roland Sabra —

chevalier_de_saint_georgeC’est à la générosité de la Fondation d’Entreprise SPHERE, que l’on doit la présentation de l’Amant anonyme le seul opéra du Chevalier de Saint-George qui nous soit parvenu complet. L’argument est d’une grande minceur. Qu’on en juge : Alain Guédé, apôtre zélé de la cause de Joseph Boullongne de Saint-George, rapporte ainsi les circonstances de la création de L’Amant anonyme : « Valcour, un riche aristocrate, est secrètement amoureux de la belle Léontine dont il est devenu le confident depuis que son mari l’a quitté. Mais, n’osant lui déclarer son amour, il lui adresse anonymement fleurs, présents et lettres enflammées. Le cœur de la prude Léontine finit bien vite par balancer entre la présence douce et rassurante d’un Valcour et la passion qui éclate dans les lettres de son amant anonyme. Le dilemme est tranché lorsqu’elle découvre que les deux ne forment qu’une seule et même personne. ».
Le livret est issu d’une comédie homonyme en cinq actes écrite par Stéphanie Félicité du Crest de Saint-Aubin, autrement connue sous son nom de plume  de Félicité de Genlis.

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« L’amant anonyme » du Chevalier de Saint-George : un joli cadeau

— Par Selim Lander —

L'amant anonyme (Saint-Georges)En offrant aux Martiniquais cet opéra du Chevalier de Saint-George (1739-1799), le seul de lui dont on ait conservé la partition intégrale, l’EPCC Atrium permet de mieux connaître ce musicien né esclave en Guadeloupe, qui devint la coqueluche de la Cour, puis s’illustra comme colonel des armées de la Révolution.  Au mois de décembre dernier, un spectacle musical consacré au « Nègre des Lumières » avait raconté sa vie aventureuse en l’illustrant par des extraits de ses compositions[i]. Cette fois, c’est donc une œuvre entière de lui qui est représentée, en formation d’opéra, avec une vingtaine de musiciens de l’orchestre de Pressbourg  (Bratislava, Slovaquie ) dans la fosse (essentiellement des cordes) et les chanteurs en costume d’époque. Pour le chœur, il a été à nouveau fait appel aux ressources locales, en l’occurrence la chorale de Sainte-Thérèse qui, malgré une partie plutôt restreinte, a séduit par son ampleur et sa justesse.

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L’amant anonyme

 Atrium : Jeudi 16 & Vendredi  17 avril à 20h

amant_anonyme-afficValcour, riche aristocrate, aime en secret Léontine dont il est le meilleur ami. Il se confie à Ophémon, son ami. De peur d’être rejeté, il n’ose se déclarer et lui envoie d’une manière anonyme des cadeaux et des lettres enflammées, ce qui intrigue fortement Léontine qui se confie à son amie Jeannette et à Valcour pour chercher à savoir qui est cet homme.
Jeannette, elle, est amoureuse de Colin mais elle est aussi sensible au riche et puissant Ophémon, l’ami et confident de Valcour. Léontine ne sait plus que faire entre les lettres enflammées de l’inconnu et la douce amitié de Valcour. Perdue dans ses sentiments, elle revit lorsqu’enfin Valcour se déclare comme étant l’amant anonyme pendant que le coeur de Jeannette fond pour Colin.
L’amour triomphe tandis que les villageois chantent la joie de voir les amants et qu’Ophémon laisse les amoureux à leur heureux destin.

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Le Chevalier de Saint-George
Né esclave en Guadeloupe en 1739, il sera l’une des figures de la société parisienne des Lumières.

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« Le Nègre des Lumières » – Belle musique, ravissantes images

Par Selim Lander

Le Nègre des LumièresLe chevalier de Saint-George (1739-1799) fut l’un de ces hommes que leurs multiples talents entraînent au-dessus de leur état ; il parvint à s’affranchir de sa condition méprisée de mulâtre, gagner ses entrées à la Cour et devenir l’une des personnalités les plus en vues de l’Ancien Régime finissant. On connaît la phrase de Sartre : « Nous sommes ce que nous faisons de ce que les autres veulent que nous fassions ». Ce qui signifie que nous ne sommes rien si nous nous contentons de suivre le chemin qui nous est indiqué par l’habitude, le conformisme, la paresse ; et que nous ne commençons à exister et à devenir quelqu’un (puisque « l’existence précède l’essence », autre moto sartrien) qui si nous nous montrons capables de forger nous-mêmes notre propre destin. Saint-Georges fut l’un de ces êtres d’exception, comme, plus près de nous, Jean Genet et quelques autres parias qui ont refusé les cartes pipées trouvées dans leur berceau et inventé un jeu à leur manière.

Non que cela se passât pour Saint-George sans difficulté ni retour en arrière, au contraire.

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« L’île de Merlin ou le monde renversé » : un accueil triomphal !

ile_merlin— Par Roland Sabra —

Il est des talents cachés, des passions tues. Celle pour l’art lyrique en outremer en est une. Qui en doute encore n’était pas au théâtre A. Césaire le 16 juillet 2014 pour assister au triomphe de « L’île de Merlin ou le monde renversé ». Cela faisait des décennies que cette salle n’avait pas croulé si longtemps sous des applaudissements aussi nourris. Le bonheur se lisait sur les visages ravis des spectateurs. Et c’était largement mérité. On connait l’argument⋅ Deux naufragés, Pierrot et Scapin, arrivent sur une île qui est le reflet inversé du monde parisien dont ils sont issus⋅ Les hommes et les femmes sont d’une fidélité à toute épreuve, la misère est éradiquée, les avocats font preuve de probité, ils prennent à leur charge les frais liés aux procès , les médecins guérissent les malades, les marchands ignorent la cupidité.

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« L’île de Merlin ou le monde renversé » de Christoph Willibald Gluck, un opéra comique sur des textes français

l_ile_d_merlinLes 16 & 17 juillet 2014 à 19h 30 Théâtre A. Césaire

L’Île de Merlin ou Le Monde renversé de Christoph Willibald Gluck. Opéra comique en un acte sur des textes français

L’Île de Merlin ou Le Monde renversé de Gluck a été initiée par la Délégation générale à l’Outremer de la Mairie de Paris. Scapin et Pierrot viennent d’échapper à une tempête et échouent sur la plage d’une contrée inconnue. Alors qu’ils se plaignent de leur infortune, ils voient tomber du ciel un saucisson, une bouteille, une table servie portant volaille … Quel beau pays ! Deux jolies jeunes filles, des habitants valeureux et honnêtes, des lois favorables aux jeunes gens sans le sou, c’est le «monde renversé», l’île enchantée … l’île de Merlin !
Seule ombre au tableau, les deux jolies filles ont déjà des prétendants …

La communauté d’outremer sait peu à quel point la musique classique, et plus particulièrement l’art lyrique, passionne certains d’entre eux, ni qu’au sein de la nouvelle génération de chanteurs français, des chanteurs d’outremer sont des artistes reconnus par le métier, ou débutent une carrière prometteuse.

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Aix-en-Provence, une Flûte très enchantée

la_flute_enchantee— Par Hélène Jarry —

Le festival d’art lyrique offre des moments de belle intensité. Et laisse entendre les voix des intermittents.
Au Festival d’Aix-en-Provence, la question de l’intermittence s’affiche en rouge. Instrumentistes, techniciens, chanteurs, chefs d’orchestre, arborent sur leur tenue de travail et jusque dans certains costumes de scène le badge “Culture en danger”. Si le choix a été fait d’assurer les représentations, à l’exception de celle de la première du Turc en Italie, le jour de la grève nationale, les prises de parole rappellent l’attaque entamée par le gouvernement contre les “privilégiés du système”.
L’usage de ce terme, qui vise à donner mauvaise conscience aux salariés par rapport aux chômeurs ou aux travailleurs du spectacle par rapport à ceux du bâtiment, rejoint le cercle hautement vicieux des concepts mettant à l’abri des regards les profiteurs du capitalisme.
Si conscience d’un privilège on peut avoir, c’est de celui qu’il existe, qu’il continue d’exister, malgré toutes les difficultés de vie qu’ils rencontrent, des femmes et des hommes capables de déployer un tel talent pour faire vivre l’art et la culture.

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