Littératures

Aménagement et « didactisation » du créole dans le système éducatif haïtien : pistes de réflexion

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

La question de l’aménagement et de la « didactisation » du créole dans le système éducatif haïtien n’est pas nouvelle en Haïti. « En 1898 déjà, Georges Sylvain [déclarait] que «le jour où (…) le créole aura droit de cité dans nos écoles primaires, rurales et urbaines, le problème de l’organisation de notre enseignement populaire sera près d’être résolu ». Depuis le début des années 1980,Dejeanfait un plaidoyer dans cette perspective, dont l’essentiel est consigné dans Dejean (2001,2006). Michel DeGraff (2014)poursuit ce plaidoyer en faveur de l’utilisation du créole haïtien comme langue d’enseignement pour une meilleure rentabilité de l’action éducative » (Renauld Govain : « Le créole haïtien : de langue d’alphabétisation des adultes à langue d’enseignement », researchgate.net, 11 avril 2018.) Dans les années 1940, cette question a été entrevue notamment par Christian Beaulieu, compagnon de lutte de Jacques Roumain et auteur de « Pour écrire le créole » (Les Griots, 1939), et qui fut l’un des premiers, à cette époque, à réclamer l’utilisation du créole à des fins pédagogiques.

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Palé (Espésial dédikas pou sa ki konsèwné)

— Par Daniel M. Berté —
Lé bonmaten dépi’w lévé
Avan tout bèt fini priyé
Apenn solèy ka ouvè zié
Ou ka mété kò’w a palé       

Avan ayen ou za paré
Ou poko onoré Bondié
Ajijéwè koulé kafé
Ou za ka koumansé palé

Toujou parèy ou balansé
San fè kontak ou démaré      
Ou za paré pou fè moun chié
Yen ki palé ou ka palé

Sé konsa tout lasent jouné
Kon an rara ki ka touné
Kon mèl a sisèdswè an palmié
San arété ou ka palé

Mé Bondié-Sényè sa sa yé
Ou sé di an moun yo piayé
An kochonni yo ba’w manjé
Pou’w pé palé otan palé ?

Mé a ki moman ou ké pé
Pou sa fouté tout moun lapé
Titak silans man lé souplé
Pou an moman, rété palé

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« Saveurs confondantes » : exposition éphémère.

Exposition éphémère, proposée par l’association « Conquérantes Intemporelles »

Vendredi 31 janvier 2020 à 18h30 à la bibliothèque Schoelcher

« Fondre de plaisir ! » 

 

6 FEMMES et 1 CONCEPT : FAIRE SENS AUTOUR DES MOTS :

 

Les « Conquérantes Intemporelles » proposent depuis décembre 2016, dans un propos intellectuel et artistique, une alternative au mode d’expression lié à la nécessité de compétition, de comparaison de nos sociétés. « Dans cette formule six femmes placent l’expression de leur féminité, de leurs attentes, de leurs interrogations intimes, de celles qui fondent leur rapport au monde dans une expérience artistique inédite où les arts font sens. Conquérir mais conquérir quoi et pourquoi, pour qui, avec qui et comment ? Comment ? Mais dans l’empathie. L’empathie absolue, érigée en principe, en principe fondateur, en principe moteur… Nous sommes vraiment dans un enchevêtrement et une continuité, une chronique annoncée de ce qui doit venir. Métaphore filée du sens qu’on peut donner à nos vies, à travers l’art. »

 Autour des mots de la poétesse Françoise FOUTOU : une musicienne : Giliane COQUILLE et quatre plasticiennes : Roseline EMONIDES, Nathalie MILIA, Jade AMORY et Nadia BURNER présentent, l’espace d’une soirée, leur vision du monde.

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Le défi de l’aménagement du créole dans le système éducatif haïtien

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

L’aménagement du créole dans le système éducatif haïtien a retenu depuis nombre d’années l’attention de plusieurs spécialistes auteurs de « plans » et de « programmes » ou celle de diverses « commissions », et il a été timidement abordé dans des projets de « réforme » et dans des « directives ministérielles » visant le secteur de l’éducation. Ainsi, le Groupe de travail sur l’éducation et la formation, le GTEF, a produit en 2010 des analyses et recommandations qu’il importe de rappeler :  

« Favoriser l’apprentissage de l’élève dans sa langue maternelle tout en assumant le bilinguisme adopté dans la Constitution – Les études et l’expérience établissent que l’écolier apprend mieux et plus rapidement dans sa langue maternelle. Le manque de clarté dans les politiques linguistiques, les hésitations de l’État dans la mise en œuvre de ces politiques, le déficit en quantité et en qualité de matériels de support aux apprentissages disponibles en créole, les lacunes dans les programmes de formation des maîtres et l’absence d’une politique de communication à l’endroit des parents et du public en général ont constitué des freins à la concrétisation du projet de bilinguisme assumé par la Constitution du pays. »

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Soixante ans après la mort d’Albert Camus, son œuvre fait toujours écho à travers le monde

— Par Axelle Simon —

Six décennies après sa mort, l’héritage laissé derrière lui par Albert Camus demeure intact. Ses écrits et ses déclarations continuent d’inspirer, et servent encore de support aux mouvements de lutte pour la liberté, des Printemps arabes, il y a dix ans, aux manifestations prodémocratie actuelles à Hong Kong.

Il y a 60 ans, Camus est mort. « Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Le 4 janvier 1960, Albert Camus décédait à l’âge de 46 ans dans un accident de voiture qui a sidéré la France entière. La littérature française perdait alors l’une de ses plus éminentes figures. Un écrivain qui, six décennies plus tard, continue de passionner, d’être lu et cité.

Prix Nobel à l’âge de 43 ans, l’auteur de « L’Étranger », « La Peste », « La Chute » ou encore du « Mythe de Sisyphe » était aussi dramaturge, philosophe, journaliste et éditorialiste… On estime à plus de 20 millions le nombre d’exemplaires de ses livres vendus à ce jour par son éditeur historique, Gallimard.

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Caprice (à Alain Caprice)

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Ta vie n’en fut pas un !
Car toujours tu as su,
fait c’que tu as voulu :
photo, peinture et poésie,
touche-à-tout de génie…

Ton art, pas un non plus !
Car il a défendu
contre injustices, abus
tout ce que tu étais :
noir, fier et Antillais
profondément humain…

La muse par nature
est femme capricieuse !
C’est sans doute pourquoi
tant elle t’inspira
poétiques paroles,
reflets d’âme créole,
sonnant puissantes et vraies !

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Bònané an Démilven!

— Par Daniel M. Berté —

Bònané toulong an Démilven…
Bònané lé Lendi pou’w di sa’w anvi di ; Mé apwé pa rigwété ki’w di
Bònané lé Mawdi pou’w di sa’w pa té sa di ; Konsa ou ka’y kontan ki’w rivé di
Bònané lé Mewkwédi pou’w di sa’w pè di ; Mé sav osi ki’w pa oblijé di
Bònané lé Jédi pou’w di sa’w pòkò di ; Siwtou asiré kò’w ki’y lè pou di
Bònané lé Vandwédi pou sa’w pa pé di ; Pis ou sav ki tout bagay pa bon a di
Bònané lé Sanmdi pou sa’w obliyé di ; Sé san dout bagay ou pa té ni a di
Bònané lé Dimanch pou’w fè tou sa ou di ; Mé ou pa oblijé di

Bònané toulong an Démilven…
Bònané an Janvié pou lé jen kon lé vié
Bònané an Févriyé pou lé vié montré-yo lanmitjé
Bònané an Maws pou lanmitjé pli fò ki lé ti-faws
Bònané an Avril pou ti-faws pa anpéché litil
Bònané an Mé pou litil sa lyennen épi labonté
Bònané an Jen pou labonté jouenn épi li bien
Bònané an Juiyé pou li bien mennen lé bon lidé
Bònané an Out pou bon lidé pòté-nou jik an bout
Bònané an Sèptanm pou bout èk bout mété kò-yo ansanm
Bònané an Oktòb pou ansanm nou rété di labwin-di-swè a lòb
Bònané an Novanm pou lòb ritouvé-nou sanblé obò an flanm
Bònané an Désanm pou flanm la Libèté kléré sa ki ni nanm
Bònané ba tout nanm an tout manniè ek toulong ansanm
Bònané toulong an Démilven

Daniel M.

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Bonne année aux deux mille vainc !

— Par Patrick Mathelié-Guinlet—

L’année nouvelle est là !
Sera-ce deux mille VINS
à boire jusqu’à la lie pour essayer d’oublier les difficultés et ennuis et voir la vie en rose…

… pour voir la vie en “BLEU” sensé effacer les bleus à l’âme…

… et tenter sans succès de noyer son chagrin ?
Alors ça deviendrait deux mille VAIN, une année inutile de plus, à moins que, sans désespérer, on la prenne plutôt à bras-le-corps pour ensemble triompher de l’adversité :

BONNE ANNÉE DEUX MILLE VAINC !

Lorsque le régime de bananes porte la mort du chlordécone
et que l’heure de la mort du régime des retraites sonne…
Lorsque l’horizon se bouche, “sargastique”,
que l’océan est envahi de déchets de plastique
et que le seul réchauffement en vue est climatique…
L’avenir paraît bien noir pour notre Martinique
et la colère se fait rouge
pour que les choses bougent,
dans la rue les gilets se font jaunes
mais toujours demeure l’espoir d’un vert écologique
à défaut d’éclaircie économique
et l’année nouvelle sera ce que nous voudrons en faire :
paradis ou enfer en somme
sur cette terre des hommes…
Es-tu encore le gardien de ton frère ?

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Dènié jou Ti-Tjo (An lomaj ba tout kochon Bazil chayé a Nowel)

— Par Daniel M. Berté —
Révéyaj lézòm a katrèd-maten
Alimaj yonndé chaltouné
Dékolaj o ronm-dlo-koko
Tjo! Tjo! Tjo! Jodi sé dènié jou’w Ti-Tjo !

Alumaj di fouyé-difé
Chofaj dlo-lapli dan gran bak
Egizaj zouti anlè lanmel
Tjo! Tjo! Tjo! Jodi sé dènié jou’w Ti-Tjo !

Ralaj Ti-Tjo di pak-kochon
Frénaj Ti-Tjo dé katre fèw
Djélaj Ti-Tjo a fann an wòch
Tjo! Tjo! Tjo! Jodi sé dènié jou’w Ti-Tjo !

Palantjaj paw kat mal nèg kosto
Atachaj dé pat o kòd-mawo
Imobilizaj anlè létabli
Tjo! Tjo! Tjo! Jodi sé dènié jou’w Ti-Tjo !

Asomaj dun gran kout boutou
Krevaj an majòl dun gran kout kouto
Rékipéraj di san dan an gran kwi
Tjo! Tjo! Tjo! Jodi sé dènié jou’w Ti-Tjo !

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Pétition pour l’élection de Christiane Taubira à l’Académie française

— Par Audrey Bangou —

Le Prix Littéraire Fetkann! Maryse Condé, dans la catégorie Mémoire, a été décerné à Christiane Taubira, pour son dernier ouvrage Nuit d’épine. À cette occasion, une pétition a été lancée pour son élection à l’Académie française. Outre le symbole qu’elle y représenterait, c’est la force de son engagement, la puissance de son éloquence et la richesse de sa langue qui motive cette initiative.

Pour l’élection de Madame Christiane Taubira à l’Académie Française

Vous voici, Madame, à l’apogée d’une vie politique, où vous avez donné l’exemple des vertus nécessaires à un serviteur de haut rang de l’État, où sans perdre de vue l’intérêt de la Nation française, ni les devoirs que l’on doit rendre aux populations nécessiteuses dont les droits furent si longtemps bafoués, vous avez fait chaque fois sur les grands dossiers la preuve d’une pugnacité sans cesse en alerte, toujours vigilante, ne dérogeant jamais aux règles morales que vous vous étiez fixées, que vous nous avez révélées.

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Bilan quinquennal truqué à l’Académie du créole haïtien

— Par Robert Berrouët-Oriol. Linguiste-terminologue — 

Plusieurs observateurs intéressés par la problématique linguistique haïtienne ont été interloqués à la lecture du bilan quinquennal (2014-2019) de l’Académie du créole haïtien (Akademi kreyòl ayisyen, AKA) paru à Port-au-Prince dans Le Nouvelliste du 4 décembre 2019 sous le titre « Akademi kreyòl ayisyen an selebre 5è anivèsè l ». Comme pour revendiquer son souci d’exister malgré son impact illusoire sur la société haïtienne, l’Akademi kreyòl ayisyen veut faire croire, avec un bilan quinquennal truqué, qu’elle a à son actif d’importantes réalisations, notamment celle d’une institution travaillant au « respect de la langue de la population » (« yon enstitisyon k ap travay pou fè lang popilasyon an respekte kòmsadwa »). Cette fictive assertion n’est ni exemplifiée ni démontrée, pas plus que les prétendues autres « nombreuses réalisations » de l’AKA au cours des cinq dernières années.

En effet, l’article « Akademi kreyòl ayisyen an selebre 5è anivèsè l » consigne une extraordinaire mise en fiction du travail de l’AKA : « Pandan 5 lane sa yo, akademisyen yo reyalize  yon pakèt travay nan kad misyon yo genyen ki se regile lang kreyòl la ».

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L’éphéméride du 7 décembre

Derek Alton Walcott décroche le Prix Nobel de littérature juste devant Édouard Glissant le 7 décembre 1992

Derek Alton Walcott est un poète, dramaturge et artiste saint-lucien de langue anglaise, né le 23 janvier 1930 à Castries et décédé le 17 mars 2017 sur l’île de Sainte-Lucie.

Il est principalement connu pour son poème épique Omeros (en), une adaptation de l’Iliade aux Caraïbes. Son œuvre est réputée pour avoir donné une peinture vivante et pittoresque de la culture et des coutumes antillaises.

Il était membre honoraire de l’Académie américaine des arts et des lettres, et membre de l’Académie des poètes américains.

Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1992, devenant ainsi le second auteur noir après Wole Soyinka à recevoir cette distinction. Et, en 2010, il se voit décerner le prix T.S. Eliot.

Biographie

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Wonm !

— Par Daniel M. Berté —

La léjand di man né
Pou té pansé milé
Mé an nonm vin gouté
An lo moun aprésié… Wélélé !

Ji-kann ki man té yé
Epi man fèwmanté
Distilatè rivè
Man vini sa mwen yé… Wopa !

Yo vann-mwen an détay
Mis rotji o chopin
Atjòlman défann sa
Man kachté dan an lit… Woy !

Man chofé tèt madanm
Fè misié pèd lakat
Fè-yo fè konba-djol
Epi pété bò zié… Wayayay !

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Littératures : nouveautés du 2 décembre 2019

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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À propos du «Dictionnaire de l’évolution du vocabulaire français en Haïti» d’André Vilaire Chéry

Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

La thèse de doctorat du linguiste haïtien Pradel Pompilus soutenue à la Sorbonne le 9 décembre 1961, « La langue française en Haïti » (Paris, Institut des hautes études de l’Amérique latine – Travaux et mémoires, VII) et publiée en 1981 aux Éditions Fardin constitue un document pionnier dans l’étude du français régional d’Haïti. À propos de cette thèse, le linguiste Hugues Saint-Fort pose en toute rigueur que « (…) c’est une pièce d’une valeur qui n’est pas encore dépassée. « La langue française en Haïti » de Pradel Pompilus représente actuellement, en 2011, le seul ouvrage de recherche qui décrive, dans les règles des principes et avancées universitaires de l’époque (fin des années 1950 et début des années 1960), le fonctionnement réel de la langue française en Haïti telle qu’elle est en usage par les locuteurs haïtiens. Le livre de Pompilus n’est absolument pas basé sur les notions de correction, de « bon usage », de purisme. » (Hugues Saint-Fort, « Revisiter « La langue française en Haïti», Le Nouvelliste, 29 juillet 2011.)

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Le prix « Fetkann! Maryse-Condé » pour « Nuit d’épine » de Christiane Taubira

Le prix littéraire « Fetkann! Maryse-Condé » récompense depuis seize éditions la création littéraire des pays du sud. Créé par José Pentoscrope, Président du CIFORDOM, il intervient dans le cadre de l’application de la loi Taubira du 10 mai 2001 qui reconnaît la Traite négrière et l’Esclavage comme crimes contre l’Humanité. Texte de loi Il met l’accent sur les principes républicains « Liberté, Égalité, Fraternité » et favorise le travail de Mémoire des pays du Sud et de l’Humanité toute entière. Ce concours récompense les ouvrages, recueils, travaux de recherche et essais qui mettent l’accent sur l’affirmation des droits de l’homme et favorisent le travail de Mémoire des pays du Sud et de l’Humanité toute entière.
Son président, José Pentoscrope, a remis ce jeudi 21 novembre au café de Flore, à Paris, les quatre prix récompensant la mémoire, la recherche, la jeunesse et la poésie. Sans surprise, le prix de la mémoire a été attribué à l’ex-garde des Sceaux Christiane Taubira pour son ouvrage « Nuit d’épine » aux éditions Plon, qui a manqué de peu le grand prix du roman de l’académie française.

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Littératures : nouveautés du 24 novembre 2019

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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Partenariat créole/français – L’enseignement en langue maternelle créole  et l’apprentissage précoce de la langue seconde en Haïti : pistes de réflexion

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

L’accession du créole au statut de langue enseignée et langue d’enseignement remonte à la réforme Bernard de 1979. En effet, « Joseph C. Bernard dans sa réforme de l’éducation a fait publier une loi sur le créole à la Chambre législative le 18 septembre 1979. Et à côté du français, il devient, pour la première fois dans l’histoire de l’enseignement d’Haïti, langue outil et langue objet » (Fortenel Thélusma, « Pratique du créole et du français en Haïti : entre un monolinguisme persistant et un bilinguisme compliqué », 2019, à paraître). Ambitieuse dans son objectif majeur, la réforme Bernard de 1979 accordait donc, grande nouveauté dans l’apprentissage des connaissances au pays, un statut nouveau et une place centrale à l’enseignement dans/de la langue maternelle des apprenants unilingues créolophones. Cette ambitieuse réforme n’a pas été généralisée ni menée à son terme, et dès ses débuts elle a été torpillée par les grands commis de la dictature duvaliériste comme en témoigne le sociologue Guy Alexandre dans son article « La politique éducative du jean-claudisme, chronique de l’échec « organisé » d’un projet de réforme » paru dans « Le prix du jean-claudisme – Arbitraire, parodie, désocialisation », livre publié en 2013 sous la direction de Pierre Buteau et Lyonel Trouillot aux Éditions C3.

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« La beauté devant moi fasse que je marche », par Michèle Cazanove

— Par Scarlett Jesus —
« La beauté devant moi fasse que je marche », ne voilà-t-il pas un titre bien long, pour un roman si court, un roman d’à peine 119 pages !
Mais le paradoxe ne s’arrête pas là puisque le roman prétend vouloir rendre compte de « l’immanente beauté du drame ». Réunissant deux termes qui s’opposent, la formule relève de l’oxymore.
Un vrai « roman », nous certifie l’auteur, affirmant que « les personnages sont fictifs ». Doit-on accorder du crédit à une soi-disant fiction alors que celle-ci adopte la forme d’un journal intime à la première personne ? N’avons-nous pas plutôt affaire à un « mentir vrai » qui, comme le disait Aragon, utiliserait un matériel autobiographique pour dire le vrai ?
Le matériel en question se présente sous la forme de fragments, ou « pensées » ou sens large, que l’auteur va organiser comme la toile de fond d’une action construite autour de deux personnages : un homme, Jérôme, et une femme, la narratrice, dont on ignorera jusqu’au bout le nom. En dépit de nombreux indices, le pacte de lecture imposé nous interdit d’affirmer formellement que le JE du personnage est bien celui de l’auteur.

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Littératures : nouveautés du 17 novembre 2019

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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An ti lanmen souplé !

Espésial dédikas ba lé kakolè France-Antilles

— Par Daniel M. Berté —
Avan, pou chajé tré
Oben pannié-won plen
Ou té ka di vwazen
An ti lanmen souplé !

Lè motè’w arété
Ou bizwen an balan
Ou ka di an pasan
An ti lanmen souplé !

Lè lé zafè mélé
Ou ka mandé koudmen
Ou ké rimèt dèmen
An ti lanmen souplé !

Paw solidarité
An lanmen lavé lot
Fo rété yonn-a-lot
An ti lanmen souplé !

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6e édition du festival-biennale de la bande dessinée, avec 23 auteurs de tous horizons.

Ce festival se tient tous les deux ans. La 6e édition a débuté, ce jeudi 14 novembre 2019 à Trinité et ce jusqu’à ce week-end. Pour l’occasion, une vingtaine d’auteurs, venus de France, d’Espagne, d’Haïti, de la Guadeloupe et de chez nous en Martinique vont présenter leurs albums de BD.
C’est une occasion pour les dessinateurs, écrivains d’échanger. Parmi ces plumes, on retrouve le musicien et chanteur Esy Kennenga. Ce vendredi, il présentera sous cette double casquette, un concert dessiné. Le public pourra aussi découvrir le tout premier livre qu’il a écrit, un bouquin baptisé « Pomme Cannelle » du surnom qu’il a donné à sa fille.

Programme de ce vendredi 

9 h et 13 h 30 : Méli-mélo/Conte illustré avec Lady-Ramy 9 h et 14 h : Le jeu du détective 9 h 30 : Conte illustré avec Pidou 9 h 30 : Mots cassés 9 h 30 : « An moman kozé alantou Bumidon », conférence intergénérationnelle avec Jessica Oublié, auteure de « Péyi an nou », à la Maison de la culture

10 h : Théâtre de marionnettes & mascottes 10 h 30 – 15 h 30 – 17 h 30 : Sortie des mascottes 11 h : Docteur, ma BD est muette 14 h 30 : Atelier sur table lumineuse/Conte illustré (Dame Blanche) plus de 6 ans 15 h 30 : La BOX Matnikishango épi José Clavot (Djozer) 16 h 45 : Dé ti mo kozé épi Roland Monpierre « Le gouverneur des dés »

Vendredi 15 et samedi 16 novembre/Horaires : 9 h- 20 h/Place Joyeuse, à Trinité/Gratuit/Contact : 0596.58.52.05.

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« Rhapsodie des oubliés », un roman de Sofia Aouine

« Ma rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans ».

Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe. C’est l’âge des possibles : la sève coule, le coeur est plein de ronces, l’amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. A la manière d’un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.

Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d’un quartier et l’odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l’amour et l’enfance ne sont jamais loin.
Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.

Née en 1978, Sofia Aouine est reporter radio. Elle publie aujourd’hui son premier roman, Rhapsodie des oubliés.

Littérature
130 x 205 mm – 208 pages
29 aout 2019 – 9782732487960
18 €

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« Un écrivain est né.

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La littérature : quel prix?

— Par Alain Nicolas —

Avec l’attribution du Wepler à Lucie Taïeb et de sa mention à Bruno Remaury, les jurys des prix d’automne ont presque tous rendu leur verdict. Premier bilan de la cuvée 2019.

La course aux prix tire à sa fin. Si quelques couronnes (les prix des lycéens, l’Interallié, le Flore) attendent encore leurs lauréats, les grandes tendances se sont confirmées avec l’attribution du prix Médicis le 8 novembre et du prix Wepler-Fondation La Poste hier. Avec Luc Lang et Lucie Taïeb, deux beaux romans ont été couronnés, et attribués à des auteurs soutenus depuis longtemps par les critiques de l’Humanité. De « La Tentation » (Stock), notre chroniqueur disait dans sa chronique « Sans doute aucun, ce texte inspiré et ample, au souffle puissant, s’affirme comme l’un des plus convaincants de la rentrée. » Une conviction qui a manifestement été celle du jury du Médicis, qui a distingué le douzième roman d’une œuvre forte, délibérément tournée vers la fiction et le travail de la langue. « Les grands cerfs », de Claudie Hunzinger « avant tout une œuvre littéraire, magnifiquement écrite, qui met au centre l’engagement de l’écrivain et ses difficultés à embrasser un réel mouvant, avec un refus absolu du manichéisme », selon notre critique, a reçu le prix Décembre, et « Civilization », de Laurent Binet, romancier dont nous louions « l’invention foisonnante » le Grand Prix du roman de l’Académie Française.

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Littératures : nouveautés du 10 novembre 2019

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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