Littératures

« Solitude la flamboyante » de Paula Anacaona

Découvrez l’histoire de Solitude, héroïne de la lutte contre l’esclavage 

Années 1780, Guadeloupe. La jeune métisse Solitude est demoiselle de compagnie. Relativement favorisée, elle ne remet pas en question l’ordre colonial et esclavagiste jusqu’à ce que des rencontres décisives lui fassent rejoindre la lutte pour l’abolition de l’esclavage.
Car un vent de révolte souffle dans les Caraïbes… Entre les Neg’ Marrons qui s’enfuient et s’organisent collectivement, les insurgés de Saint-Domingue, et la Révolution en France, l’Histoire est en marche. En 1789, tous les hommes sont proclamés libres et égaux en droits. Mais la France des Lumières oublie une partie de l’humanité : dans les colonies, l’esclavage est maintenu… Solitude se bat pour la liberté générale avec ses sœurs et frères révolutionnaires, avec succès : l’esclavage est enfin aboli en 1794. Mais l’euphorie est de courte durée. Lassée de la violence de cette société prédatrice et exploitatrice, Solitude crée alors une communauté utopiste clandestine, basée sur la sororité et l’entraide – qui ne survivra cependant pas au rétablissement de l’esclavage par Bonaparte en 1802.
Librement inspiré de la vie de cette grande héroïne guadeloupéenne, ce roman révèle une Solitude bienveillante et généreuse.

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L’aménagement simultané du créole et du français en Haïti

Une perspective constitutionnelle et rassembleuse

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Depuis la parution en 2011 du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (Berrouët-Oriol et al., Cidihca et Éditions de l’Université d’État d’Haïti), la perspective de l’aménagement simultané du créole et du français, les deux langues de notre patrimoine linguistique national, est largement soutenue par nos interlocuteurs, y compris par des enseignants de disciplines diverses oeuvrant dans le système éducatif national ainsi que par nombre de défenseurs non sectaires du créole. Toutefois, nos fréquents échanges avec des interlocuteurs d’horizons divers ont montré, au fil des ans, que la question centrale de l’aménagement linguistique au pays est diversement comprise et qu’elle mérite un constant éclairage, un plaidoyer rassembleur réitéré pour mieux en situer les enjeux et le rôle central que l’État et la société civile sont appelés à jouer dans ce domaine. Il faut donc en amont prendre toute la mesure que l’aménagement linguistique, qui doit être mis en œuvre au périmètre des droits linguistiques de l’ensemble des locuteurs en Haïti, concerne à la fois les individus qui en seront les bénéficiaires (défenseurs des droits humains, juristes, agriculteurs, entrepreneurs, journalistes, enseignants, politologues, magistrats, etc.)

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« Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur »

Sous la direction de Dominique Aurélia, Alexandre Leupin & Jean-Pierre Sainton

Après avoir organisé en mars 2018 le premier colloque en Martinique, consacré à l’œuvre d’Édouard Glissant, les chercheurs Dominique Aurélia et Jean-Pierre Sainton de l’Université des Antilles en collaboration avec Alexandre Leupin de Louisiana State University (où Edouard Glissant a exercé en qualité de Distinguished Professor) publient l’ouvrage « Edouard Glissant, l’éclat et l’obscur » aux Presses de l’Université des Antilles.

Résumé

Au Diamant, face à la mer, Victor Anicet dit la signifiance de la tombe d’Édouard Glissant ; au morne Bezaudin, Josette Massolin se couche pour embrasser et bénir la terre où l’écrivain naquit. Le cercle de la vie et de la mort semble se clore, mais c’est seulement pour un instant. Car rien n’est vrai, tout est vivant, la mort n’est qu’une éclipse mensongère : l’œuvre vit intensément. Pour en témoigner, une centaine de critiques, d’intellectuels, de philosophes se sont réunis au campus de Schœlcher en mars 2018, autour du thème « Édouard Glissant : l’éclat et l’obscur ». Ce colloque international fut le premier jamais organisé en Martinique pour célébrer l’écrivain en sa terre natale.

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Littératures : nouveautés du 14 novembre 2020

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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L’éphéméride du 14 novembre

Parution à compte d’auteur du premier tome du roman de Marcel Proust, Du côté de chez Swann le 14 novembre 1913.

Du côté de chez Swann est le premier volume du roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Il est composé de trois parties, dont les titres sont :

Combray ;
Un amour de Swann ;
Noms de pays : le nom.

Publication
Proust commence à rédiger Combray de façon suivie fin mai, début juin 1909. Quatre extraits de Combray parurent dans Le Figaro entre mars 1912 et mars 19131. Le premier tome de La Recherche fut refusé par plusieurs éditeurs, dont Gallimard2, avant d’être publié par Grasset à compte d’auteur le 14 novembre 1913.

Combray
Dans Combray, le narrateur raconte son enfance à Combray, sa relation avec sa mère dont il réclame la présence le soir avant de se coucher. Selon Antoine Compagnon, « Combray, c’est en quelque sorte l’enfance perverse, celle-là même dont parle Freud, contemporain de l’auteur ». Il évoque ses premières lectures, notamment François le Champi de George Sand. On voit se dessiner l’univers culturel et affectif d’un personnage dont on va suivre la vie et l’évolution pendant le reste de la Recherche.

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Mi lapli !

— Par Daniel M. Berté —

Mété lanmen ba nou, Lavièj Mari souplé
Zanj ka pann toupatou, ou sé di sièl krévé
Pas i brè trop madou, mi Bondié ka pisé
Chwaaaaa…. Mi lapli mi !!!

Sé pa fifin-lapli, ni an ti-larouzé,
Ke moun filozofi, ek ki anmen bladjé
ka di : « Sa pa lapli, pou mwen pé sa mouyé »
Wo’y-wo’y-wo’y !!!… Mi lapli mi !!!

Kité loraj dèyè, pran lavalas mové
Ek an boul kout zéklè, fè kout tonè pété
Tousa nou té ni yè, la jounen san rété
Manman-manman-manman !!!… Mi lapli mi !!!

Kon kann ka’y bétjé-a, dlo désann, dlo tonbé
Kon sa ka ékri-ya, dlo koulé, dlo monté
Moun poko té wouè sa, yo tout kriyé anmwé
Mésié-mésié-mésié !!!… Mi lapli mi !!!

Vijilans jòn lansé, Sentmari réboulé
Lavièsalé néyé, sirkilasion blotjé
Lapli-ya tonbé dri ! Plis fòs lé sinistré !
Chwaaaaa…. Mi lapli mi !!!

Daniel M. Berté 71115

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Entrevue avec Yanick Lahens, co-lauréate du prestigieux Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2020

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue—

À l’occasion de l’attribution à Paris, le 24 octobre 2020, du prestigieux Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2020 à la romancière et essayiste Yanick Lahens, le linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol, collaborateur régulier du journal Le National, s’est entretenu avec l’auteure de « Bain de Lune » (Prix Fémina 2014). Cette année, fait inhabituel, il s’agit d’un prix conjoint, le jury du prestigieux Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde 2020 ayant récompensé trois auteurs, Élie Stephenson (Guyane), Yanick Lahens (Haïti) et Alfred Alexandre (Martinique). Yanick Lahens est la première titulaire de la Chaire Mondes francophones créée par le Collège de France avec l’Agence universitaire de la Francophonie, l’AUF. Elle a prononcé le 21 mars 2019 sa conférence inaugurale qu’on peut retrouver sur le site du Collège de France. L’enseignement de Yanick Lahens au Collège de France est consigné dans le livre « Littérature haïtienne : urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter » (Éditions Collège de France / Fayard, 2019). Le linguiste Hugues Saint-Fort a fait une remarquable recension de ce livre dans l’édition du 20 octobre 2020 du journal Le National.

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De cause à effet : Librairies closes, prix Goncourt en attente ! 

— Par Virginie Jannière, sur le site Cnews, et par le site Europe 1

Qui succédera à Jean-Paul Dubois ? Le jury du prix Goncourt lançait le 29 octobre dernier un grand mouvement en reportant son prix, dans l’attente de la réouverture des librairies. Qu’en est-il aujourd’hui ?

L’espoir est au bout du mois de novembre. Le Renaudot, le Grand prix de l’Académie française, l’Interallié, le prix Décembre : excepté le prix Fémina et le prix Médicis, nombre de jurys des prix littéraires de cette saison d’automne avaient emboîté le pas à l’Académie Goncourt. Malgré ce geste symbolique et une pétition en ligne signée ce jour par plus de 200 000 personnes, le gouvernement n’a pas semblé ciller. Les librairies sont toujours fermées et tous les rayons «non essentiels» des grandes surfaces, dont ceux des livres, ont même, à leur tour, fermé, provoquant une vague d’indignation chez les amateurs de littérature.

Ce 10 novembre, alors que le prix Goncourt aurait dû être annoncé, le jury semble pourtant optimiste. « Il n’est pas question d’annuler le Goncourt, ni de le reporter à 2021. Les Académiciens attendent les annonces du président Macron prévues en fin de semaine.

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Raphaël Confiant : “Tous les Antillais n’étaient pas des Fanon”

— Propos recueillis par Frédérique Briard —

Dans son dernier roman, « Du Morne-des-Esses au Djebel« , Raphaël Confiant interroge la place des soldats antillais dans la guerre d’Algérie, nuance l’engagement fanonien de ses pairs et revient sur la question identitaire. Rencontre.

Marianne : Vous êtes romancier, vous écrivez aussi des polars, des contes mais vous n’êtes pas historien. Or, avec Du Morne-des-Esses au Djebel vous romancez l’histoire, comme vous l’avez déjà fait dans Le Bataillon créole et L’Insurrection de l’âme, Frantz Fanon, vie et mort du guerrier-silex. Pourquoi prendre ce pari risqué ?

Raphaël Confiant : Il faut éviter la routine. Nous, écrivains, sommes sans arrêt menacés, guettés par elle. C’est pour cela que je m’efforce, même si le roman est mon genre favori, d’en explorer d’autres. S’agissant de ce roman sur les Antillais dans la guerre d’Algérie, de celui sur Fanon ou du Bataillon créole qui parlait de la participation des soldats antillais à la Première guerre mondiale, je me suis rendu compte finalement que le roman et l’histoire pouvaient aisément faire chemin commun. Pourquoi ? Parce qu’aux Antilles, les archives ne sont pas aussi complètes et accessibles que dans l’Hexagone.

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Prix Médicis du Roman étranger : Un promeneur solitaire dans la foule, d’Antonio Muñoz Molina

« Un promeneur solitaire dans la foule » : un regard acéré et une accumulation de notes sur notre époque : un livre dont se dégage une grande force (Isabelle De Larocque Latour pour Culture-Tops)

L’auteur

Antonio Muñoz Molina, né en 1956 en Andalousie, est un écrivain espagnol, auteur d’une œuvre considérable – il a déjà publié près d’une vingtaine de romans, de recueils de nouvelles, et de journaux. Membre depuis 1995 de l’Académie royale espagnole, il réside à Madrid et à New York, où il a dirigé l’Institut Cervantes jusqu’en 2006. Il a reçu, entre autres, le Prix Femina étranger en 1998 pour Pleine Lune et le Prix Prince des Asturies en 2013 pour son engagement littéraire.

Père de trois enfants, il est l’époux de Elvira Lindo, romancière et journaliste espagnole, qu’il évoque très joliment dans cet ouvrage, sans jamais la nommer.

L’écrivain est  un marcheur. Un marcheur urbain. Toute sa vie, il a parcouru les villes où il a vécu : Madrid, New York, Paris, Lisbonne. Il marche, sans but, mais à l’écoute de la vie, de la ville, de ses habitants, de ses décors, de ses publicités, de ses slogans…

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Le Médicis couronne Chloé Delaume pour son roman « le Cœur synthétique »

— Par Muriel Steinmetz —

La romancière est récompensée pour « le Cœur synthétique », un livre à la fois léger dans le ton et profond dans l’esprit, où l’on retrouve sa préoccupation essentielle : la cause des femmes.

Le Prix Médicis revient à la romancière Chloé Delaume (née en 1973) pour « le Cœur synthétique » paru au Seuil. La nouvelle a été annoncée en direct sur France Inter, en raison du confinement. La présidente du prix, la romancière Marie Darrieussecq, a tenu à dire ceci : « Nous avons fait le pari modeste (avec l’ensemble des jurés), de (miser sur) la réservation et le retrait (…) Il y a tous ces libraires qui essayent, qui se donnent les moyens de sauver le livre, ce produit de première nécessité. Moi je dis aux lecteurs du Médicis, allez commander vos livres chez votre libraire ! »

C’est l’histoire d’une fleur bleue qu’on trempe dans l’acide.
Chloé Delaume

« Le Cœur synthétique » mêle avec esprit la vie privée et la vie publique d’une attachée de presse en mal d’amour qui vit avec son chat. Chloé Delaume en dit : « C’est l’histoire d’une fleur bleue qu’on trempe dans l’acide ».

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Finaliste du prix Goncourt, Djaïli Amadou Amal signe avec « Les impatientes » un grand roman féministe

— Par Carine Azzopardi —

Djaïli Amadou Amal, écrivaine camerounaise reconnue comme l’une des grandes plumes de l’Afrique actuelle, décrit dans son ouvrage, « Les impatientes », l’effroyable condition féminine dans certaines parties de l’Afrique. Mariages forcés, polygamie, viols et violences physiques : derrière les murs de certaines maisons « aisées » se cache un esclavagisme des temps modernes auquel il est difficile pour une femme d’échapper. 

« Patience ! » Voilà la parole la plus entendue par ces jeunes filles qui vivent dans la bonne société camerounaise au sein d’honorables familles qui tiennent plus que tout à leur réputation. Elles s’appellent Ramla, Hindou, et Safira, et leurs routes vont se croiser, s’emmêler, se heurter, avant de s’éloigner. Ces femmes, dont Djaïli Amadou Amal raconte l’histoire dans son dernier roman, ont en commun un refus du sort qu’on leur impose en invoquant la fatalité. Elles tentent toutes trois d’y échapper par la révolte. Les impatientes, de Djaïli Amadou Amal, a été publié aux éditions Emmanuelle-Collas le 4 septembre 2020.

L’histoire : A peine sortie de l’adolescence, Ramla est forcée d’accepter un mariage arrangé par son père.

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Le prix du Quai des Orfèvres revient à Christophe Gavat, commissaire en Guadeloupe

Le prix a été attribué à « Cap Canaille » par un jury de policiers, de magistrats, d’avocats et de journalistes qui récompensent un polar.

Christophe Gavat, écrivain et commissaire divisionnaire en poste en Guadeloupe, a remporté mardi 3 octobre le prix du Quai des Orfèvres pour son roman Cap Canaille (Fayard), ont annoncé le préfet de police de Paris et les éditions Fayard. En raison du confinement sur toute la France, le prix, traditionnellement proclamé à la direction régionale de la Police judiciaire à Paris, n’a pas pu l’être cette année.

Faux règlement de comptes

Né en 1966, Christophe Gavat a une longue expérience dans la police et l’enquête criminelle. Il avait raconté dans 96 heures, un commissaire en garde à vue (Editions Michalon) son interpellation dans le cadre de l’affaire Neyret, du nom de son collègue lyonnais condamné pour association de malfaiteurs et corruption. Christophe Gavat, pour sa part, avait finalement été relaxé.

Cap Canaille détaille l’enquête d’un ancien du 36 Quai des Orfèvres, en poste à Marseille, sur un assassinat qui ressemble à un règlement de comptes entre trafiquants de drogue, mais qui se révélera autre chose.

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L’éphéméride du 5 novembre

Naissance, sur un bateau, entre Cayenne et Fort-de-France de René Maran, le 5 novembre 1887.

René Maran, né à Fort-de-France (Martinique), le 5 novembre 1887, mort à Paris 13e le 9 mai 1960, est un écrivain français, lauréat du prix Goncourt en 1921 pour son roman Batouala, dont la préface dénonce le colonialisme.
Biographie
René Maran est né le 5 novembre 1887 sur le bateau qui mène ses parents guyanais à la Martinique. Sa naissance est déclarée à Fort-de-France le 22 novembre 18871. Ses parents, partis au Gabon (où son père, Léon Herménégilde Maran, occupait un poste administratif colonial), le mettent en pension, dès l’âge de sept ans, au lycée de Talence puis au lycée Michel de Montaigne de Bordeaux. Il y rencontre Félix Éboué.

René Maran débute en littérature en 1909 dans la revue lilloise de Léon Bocquet : Le Beffroi. Il quitte Bordeaux en 1910, après des études de droit, et devient administrateur d’outre-mer en Oubangui-Chari en 1912. Il écrit des poèmes, puis son roman Batouala – Véritable roman nègre – qui décrit la vie d’un village africain du point de vue du chef éponyme–, encouragé en cela par son ami Philéas Lebesgue qu’il vient rencontrer à Beauvais dès 1915.

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La «commercialisation» du créole d’Haïti, une voie sans issue

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue—

Paru durant la semaine du 22 octobre 2020 sur le site Potomitan, l’article « Orientating Haitian Youth : Oryantasyon Jenès Ayisyen » a le grand mérite, malgré lui, de nous rappeler qu’il subsiste encore de nos jours, au sujet du créole haïtien, des préjugés de dévalorisation, des idées farfelues, des approximations délirantes, des slogans creux ainsi qu’un phénomène de parachutage, dans le système éducatif national, de plusieurs outils pédagogiques créoles de qualité douteuse et, dans au moins deux cas, d’un dictionnaire et d’un lexique rédigés en dehors des normes scientifiques de la lexicographie professionnelle. Nous avons procédé à l’évaluation critique de ce dictionnaire et de ce lexique dans deux articles publiés en Haïti et qui nous ont valu l’assentiment de nombreux lecteurs, « Le traitement lexicographique du créole dans le « Diksyonè kreyòl Vilsen » (Le National, 22 juin 2020), et « Le traitement lexicographique du créole dans le « Glossary of STEM terms from the MIT – Haïti Initiative » (Le National, 21 juillet 2020).

Avant d’examiner l’idée de la « commercialisation » du créole que mentionne l’article « Orientating Haitian Youth : Oryantasyon Jenès Ayisyen », il y a lieu de préciser que ces dernières années plusieurs idées farfelues et certaines approximations délirantes ont été portées par l’un et l’autre « défenseurs » du créole opposés à l’aménagement simultané des deux langues officielles d’Haïti, le créole et le français.

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Toni Morrison et les fantômes de l’Amérique

 Mercredi 4 novembre à 17:40 sur Arte

Vidéo de 53 min à voir ci-dessous.

Disponible du 28/10/2020 au 01/02/2021

Prochaine diffusion le mercredi 4 novembre à 17:40

Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

En 1987, six ans avant son prix Nobel, Toni Morrison donnait corps et voix à la mémoire de l’esclavage avec « Beloved ». Retour sur le chef-d’œuvre plus que jamais brûlant d’une grande dame des lettres disparue en 2019. 

Pas un jour ne passe sans que les fractures de l’Amérique ne fassent la une des médias du monde entier. Jamais l’œuvre de Toni Morrison, figure de proue de la littérature afro-américaine contemporaine et grande dame des lettres, n’a autant résonné avec l’actualité, à l’heure où Donald Trump fait campagne pour un second mandat et où son pays s’embrase à nouveau dans une lutte contre les violences racistes. Première femme noire lauréate du prix Nobel de littérature en 1993 pour avoir, selon l’Académie, « rendu morceau par morceau leur histoire aux Africains-Américains« , Toni Morrison n’a eu de cesse pendant cinquante ans de mettre en mots l’indicible : l’emprise de la « color line » sur la société américaine, de l’esclavage au racisme ordinaire en passant par la ségrégation.

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 Faire le choix de la culture en rouvrant les librairies ?

L’Obs, 30 octobre 2020 —

« C’est l’endroit où vous pouvez trouver de l’espoir » : le critique littéraire François Busnel lance une pétition pour que les librairies restent ouvertes pendant le deuxième confinement. De nombreuses voix politiques, à gauche comme à droite, le réclament également.

Les librairies organisent leur résistance. Considérées comme des commerces non essentiels, elles ont dû à nouveau tirer le rideau à partir de ce vendredi 30 octobre, premier jour du second confinement, se retrouvant soumises à la concurrence des géants de la vente en ligne comme Amazon. De nombreuses voix s’élèvent contre cette décision, dont celle du critique littéraire François Busnel, qui a annoncé ce vendredi matin sur Franceinfo lancer une pétition contre la fermeture des librairies qui, selon lui, prive « du meilleur bataillon pour affronter l’obscurantisme ».

« J’étais hier soir avant la fermeture dans ma librairie de quartier à Paris. Il y avait une queue comme on n’en a jamais vu. Cela traduit un formidable appétit, un désir immense de continuer à se rendre dans ces librairies », explique l’animateur de « la Grande Librairie ».

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« A son ombre » : les hontes de Claude Askolovitch

Le journaliste signe un texte déchirant et lumineux sur son épouse défunte.

— Par Raphaëlle Leyris —
« A son ombre », de Claude Askolovitch, Grasset, 320 p., 20,90 €, numérique 15 €.

Elle disait souvent : « Il n’y a rien de plus beau que deux petits vieux qui se donnent la main. » Valérie et son époux n’auront pas eu le temps de devenir ces amoureux chenus : elle est morte à 44 ans, le 24 juillet 2009. Dix ans plus tard, son veuf, Claude Askolovitch, a commencé l’écriture d’A son ombre, texte déchirant, tourmenté, qui retrace une décennie passée à vivre sans pouvoir se le pardonner. Vivre, c’est-à-dire aimer à nouveau, en s’éprenant très vite de Kathleen, puis avoir avec celle-ci deux enfants, qu’une génération sépare de la fille et du fils nés de son mariage avec Valérie.
En exergue, le journaliste (aujourd’hui à France Inter et Arte) a placé une phrase tirée de Chaos calme, de Sandro Veronesi (Grasset, 2008). Ce roman italien sur un veuf arborait, lui, cette citation de Beckett : « Je ne peux pas continuer.

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Pawol kont la kovid

— Par Daniel M. Berté —

An lavéyé Klédòw ki kovid kapoté, an kontè ka konté…

 

Yié krik ! Yié krak ! Yié mistikri ! Yié mistikra !

La kovid dòw ? NON la kovid dòw pa !

Si la kovid dòw pa, révéyé-vou pou pòté pwa

Pawol Nèg-soubarou-bwa-mitan-mwen

Péchè o kat van, bivèw de twa gòjé dlo béni…

Pawol-mwen ki ka fofilé kon ravet afolé ki wè poul pou di :

« Bonjou-bonswè san bo ni ba’y lanmen “

Yié krik ! Yié krak ! Yié mistikri ! Yié mistikra !

La kovid dòw ? NON la kovid dòw pa !

Si la kovid dòw pa, révéyé-vou pou ékouté ma pawol

Pawol-mwen sé pa an maskarad kannaval an défilé mawdi-gra

Pawmi lé Nèg-gwosiro, lé Maria’n lapo-fig, lé Mas anti-korona…

Pawol-mwen ki ka dansé kon moun dédjizé adan an toumbélé pou di :

« Bien mété lé mas a tou lé kou ! »

Yié krik ! Yié krak ! Yié mistikri ! Yié mistikra !

La kovid dòw ? NON la kovid dòw pa !

Si la kovid dòw pa, révéyé-vou ek bouché zié ek fèmen zorèy

Pou tann ek wè lakansiel pawol-mwen ka chivoché

Lé twa Lanmérik pou rivé an tjè la Pelé ki dévoré Senpiè…

Pawol-mwen ki ka brilé kon latjé pwèl moun ka tjenbé pou di :

« Tousé ek étèwnié adan koud !

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Kréyol djok, kréyol Jek

Pou la Jek (Jounen enternasional kréyol 28 oktob )

— Par Daniel M. Berté —

Lè Bondié té tifi kivédi tan pasé
Menm anman té ka di, mon fi si’w lé rivé
Fopa’w palé Kréyol, sèvi plito Fransé
Mé dan tout lakanpan’y, tout lakou, tout mawché
I té ka rété met, i té ka fofilé
Sé li ki té douvan, li té ka dirijé

A fout ! Kréyol pa té kòkòdò misié !
Kréyol rété djok, Kréyol pa ladjé !

Be-a-ba jou baré’y, yo mété’y a koté
An didan lékol-yo, yo défann-li palé
Men sé li ki té wa adan tout jé nou jwé
Woulé mab, jwé topi, soté kod, zwèl-séré
Péché kribich ek krab, trapé tout ti gibié
Planté létjèt an dlo, sé pa té an Fransé

A tonnen ! Kréyol pa té kaka-kok misié !
Kréyol rété djok, Kréyol rézisté !

Pou yo pa té toufé’y, i goumen piétapié
Manmay met grif-an-tè pou i té sa matjé
Yo ba’y an bel balan, pli douvan i vansé
Ek pititapiti adan liv i antré
Nan radio i palé ek lékol i alé
Jiskatan i pwenté a liniversité

A fout !

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Quand Djaïli Amadou Amal nous parle des femmes bafouées…

Née en 1975 à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, Djaïli Amadou Amal est une écrivaine reconnue pour ses ouvrages traitant des violences et des discriminations dont sont victimes les femmes du continent africain. En trois romans, elle s’est classée définitivement parmi les valeurs sûres de la littérature en Afrique. Figure de proue de la lutte pour les droits des femmes dans son propre pays, elle est  considérée aujourd’hui comme l’un des plus importants écrivains peuls de l’histoire. 

Les Impatientes, son dernier roman (paru aux éditions Emmanuelle Collas), inscrit sur la liste du prix Goncourt 2020, est une  fiction inspirée de faits réels, un livre polyphonique qui retrace les destins croisés de trois femmes vivant au nord du Cameroun. Polygamie, mariage précoce et forcé, violences conjugales… Voilà ce qui lie Ramla, Hindou et Safira. L’une a été forcée d’épouser un homme qu’elle n’aimait pas, la seconde se fait battre par son mari, la troisième a été obligée d’accepter que son époux prenne une autre épouse… Un roman pour briser les tabous ! Une plongée au cœur de la souffrance de ces femmes, condamnées à se soumettre aux volontés d’un père, d’un oncle, d’un mari qu’il leur faudra souvent partager avec une, ou plusieurs co-épouses…

Extraits de l’interview accordée par Djaïli Amadou Amal à TV5monde :

« L’ouvrage traite effectivement des questions de violences conjugales, et surtout dans ses aspects psychosomatiques, qui ne sont pas toujours mis en évidence.

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Littératures : nouveautés du 25 octobre 2020

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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L’éphéméride du 24 octobre

Lettre de démission du PCF d’Aimé Césaire à Maurice Thorez le 24 octobre 1956

Quelques mois après le percutant rapport Khrouchtchev qui révéla les crimes de Staline, Aimé Césaire a adressé cette lettre de démission à Maurice Thorez alors secrétaire général du Parti communiste Français. « Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. »
{{Aimé Césaire, Député de la Martinique, à Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français.}}

Maurice Thorez,

Il me serait facile d’articuler tant à l’égard du Parti Communiste Français qu’à l’égard du Communisme International tel qu’il est patronné par l’Union Soviétique, une longue liste de griefs ou de désaccords. _ La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu’elles ont plongé, ou du moins, je l’espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l’action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte.

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L’éphéméride du 23 octobre

Première apparition des Schtroumpfs, dans Le Journal de Spirou le 23 octobre 1958

Les Schtroumpfs est une série de bande dessinée jeunesse belge créée par Peyo en 1958 racontant l’histoire d’un peuple imaginaire de petites créatures bleues logeant dans un village champignon au milieu d’une vaste forêt. Les seize premiers albums ont été publiés par leur créateur. Depuis sa mort le 24 décembre 1992, son fils Thierry Culliford dirige l’édition des nouveaux albums.

En 2013, 25 millions d’albums des Schtroumpfs avaient été vendus dans le monde entier, ainsi que 300 millions de figurines, 40 millions de disques et CD et 8 millions de DVD1. En 2011, une planche originale des Schtroumpfs Noirs, dessinée par Peyo, s’est vendue à 68 000 euros, ce qui établit un nouveau record1.

Au cinéma, il atteint plus de 560 millions de dollars de recettes pour le 1er film Les Schtroumpfs, mélangeant animation et prises de vues réelles, en 20111. En 2013, Les Schtroumpfs 2 totalise 347,5 millions de dollars récoltés dans le monde2. Ces deux films obtiennent de bonnes critiques3. La troisième adaptation, Les Schtroumpfs et le Village perdu sortie en 2017 et qui est exclusivement en images de synthèse, récolte 197,2 millions de dollars de recettes au niveau mondial2.

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Samièl pati…

— Par Daniel M. Berté —

Samièl pati…
Alé adan dènié péyi
Pas i défann le dwa di di
Sa ou lé di lè’w anvi di

Samièl pati…
Pou an zafè karikati
Ni an nonm ki pèdi tèt-li
O pwen ki i koupé tèt-li

Samièl pati…
Kondoléyans ba lé fanmi
Ba anségnan ek tout zanmi
Ki pou lanmou olié rayi

Samièl pati…
Pròf listwa ek jéwografi
Enstriksion sivik pou aji
Tousa ki ka ouvè lespri

Samièl pati…
I té ka aprann zélèv-li
Dé jénès ki sé lavini
Défann la libèté di di

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