Catégorie : Psy_choses etc.

Du dé-boulonnage des statues

Le samedi 27 Novembre 2021 9h15-11h15

Le système de la CER, qui s’étend sur deux siècles et demi de l’histoire de France et qui concerne notamment les Antilles, n’a cessé de prendre appui du regard dans le silence des mots. L’édification de statues visant à le représenter ainsi que les actes de démolition actuels de ces mêmes statues, semblent une tentative d’effacement de la violence de ce système, qui ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Ce système est-il produit d’un discours ? Échappe-t-il aux lois de la parole et du langage ? Comment, dans ce face à face irréductible, inscrire la parole en position tierce ?

L’Association Lacanienne Internationale Antilles vous invite à une visio-conférence sur les questions que peut poser à des psychanalystes le déboulonnage des statues aux Antilles.

Le samedi 27 Novembre 2021

9h15-11h15

Présidente de séance : Roberte Copol-Dobat

Discutante : Jeanne Wiltord

9h15 Accueil

9h30 -10h Pour introduire la question de la violence.

Victor LINA, Psychanalyste

10h-10h30 La place du sujet dans la société postcoloniale martiniquaise.

Marie-Nadiège YERRO, Psychanalyste

10h-30-11h15 Débat

secrétariat <secretariat@ali-antilles.com>

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L’éphéméride du 6 novembre

Naissance de Françoise Dolto, médecin et psychanalyste française le 6 novembre 1908

Françoise Dolto (née le 6 novembre 1908, dans le 16e arrondissement de Paris et morte le 25 août 1988 dans le 5e arrondissement de la même ville) est une pédiatre et psychanalyste française. Elle s’intéresse particulièrement à la psychanalyse des enfants et à la diffusion des connaissances dans le domaine de l’éducation des enfants dans de nombreux écrits et particulièrement dans des émissions radiodiffusées qui ont contribué à la faire connaître du grand public.

Famille
Françoise Dolto, née Marette, est issue d’une famille bourgeoise de conviction catholique et monarchiste du 16e arrondissement de Paris : sa mère Suzanne Demmler, d’origine allemande par son grand-père paternel, né à Nuremberg en 1807, émigré en région parisienne, à Bourg-la-Reine avec son épouse française vers 1825, est fille de polytechnicien (Arthur Demmler, promotion 1863, administrateur de forges), et son père, Henri Marette, fils d’un architecte, est également polytechnicien (promotion 1895, ingénieur devenu industriel). Quatrième enfant d’une fratrie de sept, elle est la sœur de Jacques Marette (1922–1984), ministre français des Postes et télécommunications de 1962 à 1967.

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Principe de précaution

— Par Jean Gabard —

Il est aujourd’hui possible de faire valoir le principe de précaution quand un produit ou une mesure présente des risques pour l’environnement, pour la santé, ou simplement quand il y a doute sur ces derniers. Ne serait-il pas possible d’étendre ce principe aux questions de société et particulièrement quand il s’agit de l’éducation de nos enfants ?

Pendant des millénaires les humains ont veillé à ce qu’il y ait toujours au moins un homme aux côtés de la génitrice pour l’éducation d’un enfant et cela a peut-être commencé bien avant que l’on connaisse l’existence du géniteur, lorsque la femme, capable de ce qui apparaissait alors magique, était perçue comme une déesse. Il se pourrait que les humains aient déjà senti la nécessité de cette présence masculine pour compenser la toute-puissance fantasmatique féminine1. Quand les hommes font le lien entre l’acte sexuel et la naissance, ils vont, dans la plupart des cultures, se croire supérieurs2 et se donnent des raisons de dominer la femme et la nature qui, elle aussi, n’est plus divinisée. Avec la révolution du Néolithique, le patriarcat s’installe et la mère est placée sous l’autorité du père3.

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PsyEnfantAdo : un soutien psychologique gratuit pour les 3-17 ans

La crise sanitaire a eu un impact préjudiciable sur la santé mentale et psychologique des jeunes de moins de 18 ans, particulièrement touchés par des symptômes anxieux ou dépressifs. Le dispositif de soutien psychologique d’urgence « PsyEnfantAdo », lancé début juin 2021, s’adresse aux enfants et adolescents de 3 à 17 ans inclus en souffrance psychologique légère à modérée. Il prévoit la prise en charge à 100 % de 10 séances maximum avec un psychologue. Initialement prévu jusqu’au 31 octobre 2021, ce dispositif est prolongé jusqu’au 31 décembre 2021.

Qui sont les bénéficiaires ?

Le dispositif de soutien psychologique PsyEnfantAdo concerne :

  • les enfants et les adolescents de 3 à 17 ans inclus ;
  • bénéficiaires de l’assurance maladie ou de l’aide médicale de l’État ;
  • dont la santé psychique a été affectée par la crise sanitaire et qui présentent :
    • des modifications visibles du comportement et/ou de l’état psychique suscitant l’inquiétude de l’entourage (famille, milieu scolaire, médecin généraliste, pédiatre, service de protection maternelle et infantile (PMI)…) ;
    • une souffrance psychique d’intensité légère à modérée, sans signe de gravité.

Comment en bénéficier ?

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Les hommes, leurs amours et leurs sexualités – Patrick De Neuter

En matière d’amour, de désir, de plaisir, de jouissance et de séduction, les usages et les mœurs évoluent de jour en jour. L’auteur analyse les difficultés du couple du point de vue des hommes, à partir de son expérience clinique, de la mythologie et de l’apport de diverses disciplines, dont la littérature.

De la plus haute Antiquité à nos jours, le mythe de l’enlèvement de la jeune Europe, princesse phénicienne, par Zeus, son arrière-arrière-grand-père, déguisé en taureau, a connu de multiples variantes dans la littérature, la mosaïque, la gravure, la peinture et la sculpture. L’auteur s’est demandé dans quelle mesure ce mythe, traditionnellement considéré comme le reflet des désirs inconscients, était encore valable pour les hommes, jeunes et moins jeunes, aujourd’hui. À partir de sa clinique psychanalytique et psychothérapeutique individuelle et de couple, enrichie de nombreuses lectures dans diverses disciplines, il envisage, dans le registre des désirs et des fantasmes conscients et inconscients de chaque « un », diverses thématiques abordées par le mythe comme : le ravissement amoureux, le rapt et le viol, les diverses jouissances, les amours incestueuses, le désir de paternité, la défloration, l’infidélité conjugale, les difficultés du vieillissement, le patriarcat, la domination et la soumission dans le couple et l’identification à l’animal.

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Le Covid-19 a fait bondir les cas de dépression et d’anxiété

Selon une étude publiée samedi dans The Lancet, les cas de troubles dépressifs majeurs et troubles anxieux ont augmenté respectivement de 28% et 26% en 2020.

Les cas de dépression et d’anxiété ont augmenté de plus d’un quart dans le monde en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, selon une étude publiée samedi 9 octobre dans The Lancet. L’étude est la première à évaluer les impacts mondiaux de la pandémie sur les troubles dépressifs majeurs et les troubles anxieux, en les détaillant par âge, sexe et localisation dans 204 pays et territoires en 2020. Les résultats montrent qu’en 2020, les cas de troubles dépressifs majeurs et troubles anxieux ont augmenté respectivement de 28% et 26%.

«Cela souligne un besoin urgent de renforcer les systèmes de santé», estime le principal auteur de l’étude Damien Santomauro, du Queensland Center for Mental Health Research, School of Public Health, en Australie. «Même avant la pandémie, les systèmes de soins de santé mentale de la plupart des pays manquaient de ressources et étaient désorganisés. Répondre à cette demande supplémentaire (…) sera difficile, mais il n’est pas envisageable de ne rien faire», ajoute-t-il.

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“La psychiatrie française s’est en partie étiolée depuis 30 ans sous l’influence américaine”

— Par Aude Mazoue —

Au lendemain des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie en France, les professionnels du secteur jettent un regard sans complaisance sur leur spécialité, passée de “pionnière et innovante” à moribonde. L’hégémonie américaine explique en partie ce déclin français. 

Au cœur de la tourmente franco-américaine, le DSM, (abréviation de l’anglais : “Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders”). Ce manuel, qui répertorie les troubles mentaux, les diagnostics et les statistiques, élaboré par les Américains s’est invité dans la psychiatrie française dans les années 1980. “Au fil du temps, les normes que ce manuel véhicule ont fini par prévaloir dans le champ de la psychiatrie française.” 

L’ouvrage de référence, utilisé aux États-Unis par des cliniciens, des chercheurs, des compagnies d’assurances, des entreprises pharmaceutiques et les pouvoirs publics, est régulièrement actualisé en fonction des données collectées. Mais à l’occasion de sa dernière mise à jour en 2013, le document a suscité une grande défiance des praticiens français. Une majorité d’entre eux redoutent, en effet, que la classification américaine prive la psychiatrie de sa subjectivité. Ils craignent aussi qu’elle conduise à consommer toujours plus de médicaments et qu’elle formate la pensée des jeunes psychiatres. 

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 Isolement et contention : « la honte de la psychiatrie »

Les assises de la santé mentale et de la psychiatrie se tiendront les 27 et 28 septembre sans que certains thèmes majeurs n’y soient abordés.

La honte en psychiatrie, c’est l’inflation des contentions physiques (l’équivalent des camisoles de jadis) et des isolements psychiatriques. Cette honte est celle des professionnels qui attachent et qui enferment, faute de mieux. Cette honte est celle des usagers et de leurs familles qui vivent des situations indignes et traumatisantes. Attacher et isoler redouble et aggrave les isolements psychiques et sociaux des personnes déjà fragilisées par leurs troubles psychiques.

L’inflation des contentions s’est faite progressivement à mesure que les moyens matériels, physiques et humains s’amenuisaient. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté le rappelle à longueur de rapports.

Cette inflation a aussi été permise par une dé-formation des professionnels en psychiatrie qui, plutôt que de soulager les grandes angoisses avec des paroles et du lien en plus des traitements chimiques, s’est appuyée sur des procédures standardisées et déshumanisées telles qu’elles sont actuellement valorisées dans les hôpitaux.

En juin 2020, le Conseil constitutionnel a demandé au gouvernement de revoir une première fois le contrôle des prescriptions de contention et d’isolement pour se mettre en conformité avec la loi.

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En 2021, les Françaises restent les Européennes les moins satisfaites sexuellement

Enquête Ifop publiée le vendredi 3 septembre 2021 (6h00)

Quel est l’état de la sexualité des Européennes dans un contexte pandémique des plus nocifs pour leur bien-être mental en général et leur activité et sociabilité sexuelle en particulier ? Les discours féministes amplifiés depuis 2017 par le mouvement #MeToo ont-ils eu un impact sur leur répertoire sexuel et notamment leur rapport à certaines pratiques popularisées par la pornographie (ex : biffle, éjaculation faciale…) ? En 2021, leur place dans les jeux sexuels est-elle plus active au point d’inverser – avec certains jeux comme le pegging – les rôles « pénétrant/pénétré » structurant traditionnellement les scripts de la sexualité hétérosexuelle ?

A l’occasion du lancement de Pokmi, première plateforme décentralisée de contenu pour adulte basée sur une cryptomonnaie (le « Poken »), The Poken Company a commandé au pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » de l’Ifop un « observatoire de la sexualité féminine » permettant de mettre en carte les sexualités des Européennes tout en mettant en évidence certaines tendances par rapport au passé. Réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 5025 femmes vivant dans les cinq plus grands pays européens (Espagne, Italie, France, Allemagne, Royaume-Uni), le premier volet de cet observatoire (diffusé vendredi 3 septembre) se penche notamment sur le degré de bien-être sexuel et sentimental des Européennes à l’heure du Covid-19, la fréquence de leur activité sexuelle et les différences de pratiques sexuelles entre les grandes aires culturelles.

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L’éphéméride du 23 août

Jan Erik Olsson, tente de commettre un braquage qui donne son nom au syndrome de Stockholm le 23 août 1973

Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d’empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d’identification et de survie.

Le terme « syndrome de Stockholm » a été créé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973.
Le fait divers à l’origine
Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson, tente de commettre un braquage dans l’agence de Kreditbanken du quartier de Norrmalmstorg à Stockholm, à une heure où la succursale vient d’ouvrir et n’a pas encore de clients. Lorsqu’il tire une rafale de mitraillette en l’air, des dizaines d’employés s’enfuient ou se jettent au sol. L’intervention des forces de l’ordre l’incite à se retrancher dans la banque où il relâche le personnel, ne prenant en otage que quatre personnes. Il demande aux négociateurs 3 millions de couronnes, des armes, un gilet pare-balles et un avion pour s’enfuir, et obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui peut le rejoindre.

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Santé mentale. Les psychologues en grève pour un véritable remboursement

Les psychologues se mobilisent,  à 10 heures, devant les grilles de la préfecture de la Martinique. Ils sont en colère contre les annonces du gouvernement concernant leur profession.

— Par Florent Le Du —
La profession se mobilise, ce jeudi 10 juin, dans toute la France. Elle dénonce le mépris du gouvernement et ses insuffisances, et réclame une amélioration de la prise en charge de sa spécialité.

«   Pendant qu’on chante leurs louanges, les psychologues sont oubliés. » En hausse depuis le début de la crise sanitaire, les troubles dépressifs ou anxieux touchent aujourd’hui 30 % de la population. Une épidémie dans l’épidémie qui a rappelé le besoin d’améliorer la prise en charge de la santé mentale en France et le rôle primordial des psychologues pour prévenir et soigner ces troubles. Le ministre de la santé, Olivier Véran, pendant le Ségur de la santé en juillet 2020 – lors duquel les psychologues n’ont pas obtenu de revalorisation –, a évoqué le besoin de rendre « plus facile et universel » l’accès aux psychothérapies. Une nécessité alors que ces consultations ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale et que le service public a été abandonné au profit du libéral.

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Crime esclavagiste et engagement sociétal et mémoriel

Du constat à la perspective de changements1

Par Pierre Pastel Sociologue/ Psychothérapeute

Contre la barbarie esclavagiste et ses résurgences délétères, la pertinence de tout acte mémoriel réside dans le passage à l’acte politique, économique, institutionnel et éducatif.

Nous n’ignorons pas que c’est l’acte qui, à la suite de l’engagement, construit en définitive l’espace. Si l’intention est la maxime de l’action, l’action confirme, affirme l’intention. Nous sommes parvenus à ce carrefour où la profession de foi doit rencontrer la volonté politique. Commémorer, dans le désir d’expérimenter un « vivre-mieux-ensemble », c’est tout mettre en œuvre pour que « ce que l’histoire nous a légué comme indignité » ne se reproduise plus jamais. La mémoire ne peut être une posture, au risque de dissimuler une imposture. Elle doit être un agir sincère et sans équivoque pour que nos humanités fragmentées produisent un meilleur monde par tous et pour tous.

Voilà déjà plus de 20 ans que le sociologue Pierre Pastel, à travers ses travaux et ses diverses communications, tente d’établir la « ligne de cœur » entre l’urgence d’un cheminement intérieur de chaque citoyen et la traduction dans le marbre du réel de notre projet humain commun sociétal.

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La Vie psychique du racisme. 1. L’empire du démenti

— Par Séverine Kodjo-Grandvaux —

Pointant les limites et les apports de la pensée de Mannoni, Livio Boni et Sophie Mendelsohn explorent sa réflexion sur le « démenti » (déni de réalité) pour comprendre pourquoi il est si difficile de penser la question raciale aujourd’hui. Dans Le Racisme revisité (Denoël, 1997), Mannoni contestait l’ « illusoire neutralité » avancée par les universalistes, qui n’est qu’un « privilège de l’homme blanc » et un « symptôme de son refus à comprendre certains aspects de la situation » . Dans le démenti, on s’arrange pour ne pas avoir à faire à ce qui dérange et qui affecte une représentation idéale de soi. On nie l’évidence de ce qu’on ne veut pas voir, et l’on discrédite ceux qui tentent de le montrer. C’est le « je sais bien que… mais quand même… » : « Je sais bien que les races n’existent pas, mais quand même… »

Dès lors, comment faire face à ce processus par lequel l’on tente, collectivement, de se protéger d’une image de soi indésirable ? Affronter son passé colonial, dans le contexte français, revient, par exemple, à penser la part d’ombre des Lumières, engagées dans la traite négrière et l’esclavage.

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« La majorité des problèmes de santé mentale débute avant l’âge de 14 ans »

L’ensemble de la communauté pédopsychiatrique française lance, dans une tribune au « Monde », un cri d’alarme sur la situation de la pédopsychiatrie, déjà en grande difficulté avant la pandémie et qui l’est encore plus actuellement, pénalisée par la pénurie de spécialistes.

Tribune. La pédopsychiatrie en France a besoin de l’aide du président de la République. Les besoins pour assurer la santé mentale de la jeunesse de notre pays sont criants. Ce n’est pas tant la supplique d’une profession trop longtemps oubliée des pouvoirs publics qui nous incite à interpeller Emmanuel Macron – vous avez commencé à y répondre et nous y sommes sensibles –, mais bien la perspective d’une carence massive des soins psychiques adaptés et essentiels pour notre jeunesse qui s’annonce, du fait d’un manque croissant de professionnels formés. Un rapport sénatorial très complet en témoignait déjà en 2017.

La majorité des problèmes de santé mentale débute avant l’âge de 14 ans. Ils sont d’autant plus susceptibles d’impacter l’avenir de l’enfant qu’ils ne sont pas détectés, ni traités, ce qui est actuellement le cas d’une large proportion d’entre eux, comme le souligne un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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L’art du dialogue lacanien

«Foucault, Duby, Dumézil, Changeux, Thom. Cinq grands entretiens au Champ freudien»

Un recueil d’entretiens à la revue « Ornicar ? », menés de 1977 à 1982, rappelle les grandes heures du débat d’idées – sous le patronage de la pensée psychanalytique française.

Lacan a toujours insisté pour que les psychanalystes ne s’isolent pas, mais s’ouvrent aux autres disciplines. Son enseignement porte la trace d’un intérêt constant pour les différents champs du savoir.

La psychanalyse a une affinité fondamentale avec la conversation. Ce volume invite à raviver les connexions.

Présentation :

Sont ici réunis cinq grands entretiens avec des figures de l’effervescence théorique d’une époque où la psychanalyse conversait à bâtons rompus avec les autres disciplines : Foucault, Dumézil, Duby, côté philosophie, anthropologie, histoire ; Changeux et Thom, côté biologie, épistémologie.

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“Soi-même comme un roi. Essai sur les dérives identitaires.”, d’Elisabeth Roudinesco

Elisabeth Roudinesco est historienne et directrice de recherche à l’UFR GHES. Experte en histoire de la psychanalyse, elles est l’auteure de plusieurs ouvrages qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Dictionnaire de la psychanalyse et Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Prix Décembre, 2014).

Le déboulonnage des statues au nom de la lutte contre le racisme déconcerte. La violence avec laquelle la détestation des hommes s’affiche au coeur du combat féministe interroge. Que s’est-il donc passé pour que les engagements émancipateurs d’autrefois, les luttes anticoloniales et féministes notamment, opèrent un tel repli sur soi ? Le phénomène d'” assignation identitaire ” monte en puissance depuis une vingtaine d’années, au point d’impliquer la société tout entière.

En témoignent l’évolution de la notion de genre et les métamorphoses de l’idée de race. Dans les deux cas, des instruments de pensée d’une formidable richesse – issus des œuvres de Sartre, Beauvoir, Lacan, Césaire, Said, Fanon, Foucault, Deleuze ou Derrida – ont été réinterprétés jusqu’à l’outrance afin de conforter les idéaux d’un nouveau conformisme dont on trouve la trace autant chez certains adeptes du transgenrisme queer que du côté des Indigènes de la République et autres mouvements immergés dans la quête d’une politique racisée.

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“J’ai vécu ma vie comme une guerrière”: ce jour où Eva Thomas a brisé le tabou de l’inceste

Grenoble – Elle fut l’une des premières victimes d’inceste à témoigner à visage découvert à la télévision: Eva Thomas raconte à l’AFP son combat vers la paix intérieure, retrouvée après s’être battue “comme une guerrière” dans un “sursaut de survie”.

En septembre 1986, les téléspectateurs d’Antenne 2 et des “Dossiers de l’écran” s’émeuvent en direct devant le récit du viol dont cette psychopédagogue a été victime trois décennies plus tôt. “J’ai témoigné comme on se jette dans le vide. Mais j’étais déterminée à briser le silence“, souligne Eva Thomas, aujourd’hui octogénaire. 

Dans son appartement niché sous les toits de Grenoble, elle explique avoir voulu “tendre la main” à toutes les victimes qui, comme elle, avaient expérimenté “la solitude la plus absolue“. “Je n’ai pas vécu ma vie comme une victime, mais comme une guerrière“. 

Un soir d’été 1957, Eva Thomas est violée par son père alors qu’elle vient d’obtenir son brevet. Dès lors, elle s’emploie à fuir ce jardinier “doux et calme” qui n’avait jamais élevé la voix et endossé pour ses enfants le rôle “de la tendresse“. 

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« Au lieu de sortir, je regarde “En thérapie” : les addicts du divan

— Par Guillemette Faure —

Qu’ils aient déjà ou pas mis les pieds dans le cabinet d’un psy, impossible de les faire décrocher des séances de Philippe Dayan, le thérapeute de la série « En thérapie », sur Arte.

Avec ses 35 épisodes qui racontent le défilé de patients chez leur psy, la série d’Arte En thérapie est devenue la préférée de ceux qui ne regardent pas la télé, de ceux qui commencent leurs phrases par « moi qui déteste les séries d’habitude ». Grâce à la couverture médiatique, aux affiches sur les Abribus, parce que, « tu te rends compte, ça s’est vendu dans 19 pays », grâce au bouche-à-oreille, ils se sont imposé de regarder au moins quelques épisodes avant de tomber dedans. Ils ont trouvé douillet, à l’époque du couvre-feu, de pouvoir se réfugier dans un monde où chacun est écouté atten­tivement, un monde de gens conversant sans masque assis si près l’un de l’autre. Depuis, ils en parlent comme d’une série incontournable au point de faire culpabiliser ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils n’y trouvent pas leur compte.

Lire la critique d’« En thérapie » : La subtile mise en scène d’un trauma personnel et collectif

A quoi on les reconnaît

Ils l’ont regardé en ligne avant que ça passe à la télé.

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Principe  de  précaution

— Jean Gabard, Auteur conférencier —

Il est aujourd’hui possible de faire valoir le principe de précaution quand un produit ou une mesure présente des risques pour l’environnement, pour la santé, ou simplement qu’il y a doute sur ces derniers. Ne serait-il pas possible d’étendre ce principe aux questions de société et particulièrement quand il s’agit de l’éducation de nos enfants?

Pendant des millénaires, les enfants ont été éduqués par une femme et un homme et cela a commencé bien avant que l’on connaisse l’existence du géniteur. Les humains du Paléolithique s’étaient en effet rendu compte que l’enfant avait plus de facilités à se séparer de la mère divinisée et à devenir autonome s’il y avait un homme (souvent le frère), à côté de celle-ci. Quand les hommes ont fait le lien entre l’acte sexuel et la naissance, ils se sont crus supérieurs et ont voulu dominer la femme et la nature. La mère était mise sous l’autorité du père et avec la révolution du Néolithique le patriarcat s’installait.

La domination masculine est actuellement rejetée, à juste titre, mais elle pouvait cependant se comprendre à une époque où, comme le dit Gabrielle Robin: «si le modèle d’identification, au lieu d’être le père – ou Dieu le Père – avait été la mère – ou la Grande Déesse – , les humains, pris dans les rets de la toute-puissance maternelle, auraient perdu tout espoir de devenir autonomes [2]

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« En thérapie », une série à la subtile mise en scène d’un trauma personnel et collectif

Sur Arte en intégralité  & les jeudis du 4 février au 25 mars à 20h55.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, un psychanalyste reçoit cinq patients. À travers leurs séances, la série sonde les failles d’une société en état de choc. Portée par des interprètes au sommet, “En thérapie” est l’adaptation par Éric Toledano et Olivier Nakache de la série israélienne “BeTipul”.

Trois patients en souffrance et un couple en crise se relaient dans le cabinet d’un psychanalyste joué par Frédéric Pierrot. Diffusée sur Arte, cette première saison est dépouillée, élégante et mélancolique.

— Par Audrey Fournier —

Il aura fallu un certain temps pour que les Français, pourtant portés sur la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, s’emparent de BeTipul, la série israélienne créée en 2005 par Hagai Levi, devenue depuis, comme bon nombre de séries israéliennes, une « franchise », adaptée dans une vingtaine de pays.

Malgré le culte réservé à la version originale, qui mêle habilement géopolitique israélo-arabe et névroses individuelles, la version la plus connue des téléspectateurs français est sans doute l’américaine, In Treatment (2008-2010), adaptée par le cinéaste Rodrigo Garcia et dans laquelle le personnage du psychanalyste est incarné par Gabriel Byrne.

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« Notre réaction au Covid-19 montre que plus on dénie la mort, moins on tolère le risque et l’incertitude »

— Par Marie de Hennezel, Psychologue et écrivaine —

La psychologue Marie de Hennezel constate que beaucoup de personnes âgées de 80 à 100 ans se montrent plus fortes que certains jeunes adultes pour faire face aux aléas du virus et à l’impensé de la disparition.

Tribune. Nous constatons aujourd’hui que la pandémie de Covid-19 a de lourds effets sur le moral des Français. Les causes de ce mal-être généralisé sont multiples : sentiment de perdre sa liberté, incertitude face à l’avenir, traitement anxiogène de l’actualité sanitaire par les médias, perte de confiance face aux analyses contradictoires des « sachants », réédition du « stop and go », rupture du lien social qui conduit à l’isolement, à la tristesse, interdit sur la proximité des corps, les embrassades, les poignées de main, bref sur tout ce qui donne de la chaleur à la vie.

Les cabinets des psychiatres, psychanalystes, psychothérapeutes sont débordés. Ils voient arriver des personnes qui n’ont jamais consulté avant le début de la crise et qui se plaignent d’angoisses multiples, de découragement, de ras-le-bol, de fatigues bizarres, de troubles dépressifs, d’insomnies, d’idées suicidaires.

Lire aussi : Les inquiétants effets psychiques de la pandémie et du confinement

Parmi ces nouveaux patients, on note un nombre inquiétant de jeunes adultes en situation financière difficile, des jeunes de 18 à 24 ans, en vraie détresse face à cette désensualisation de leur vie sociale et affective, par ailleurs angoissés de ne pouvoir se projeter dans l’avenir.

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L’inceste, la domination et les militants politiques

— Par Natacha Polony —
“Au cœur de la démarche de Camille Kouchner, il y a cette question du silence. Silence imposé à la victime, son frère, et à elle-même. Silence choisi des autres, à partir du moment où les faits sont révélés”, analyse Natacha Polony à propos des accusations de viol incestueux contre Olivier Duhamel.

Il se dégage de cette histoire une odeur insoutenable. Celle de la lente décomposition savamment recouverte pour en cacher la laideur. Les révélations de Camille Kouchner sur Olivier Duhamel feront sans doute se délecter ceux qui y verront l’occasion d’une revanche contre un milieu pétri de certitudes et de bonne conscience, dans l’entre-soi de ces réseaux de pouvoir où l’on perpétue le système à coups d’ostracisme idéologique. Mais dans un pays où 10 % des adultes disent avoir été victimes d’inceste, réduire cette affaire au procès d’un clan, d’un milieu social ou d’une époque est non seulement réducteur mais aussi profondément irrespectueux pour les victimes de ces actes. Plus essentiel serait de comprendre les mécanismes qui aboutissent à des chiffres aussi effarants.

Lire aussi :

L’inceste, ce crime encore trop banal perpétré à 96 % par des hommes Par Solène Cordier —

Au cœur de la démarche de Camille Kouchner, il y a cette question du silence.

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Touche-moi !

— Par Marie-Andrée Ciprut, psychologue-écrivaine —

9 mois de frustration, 9 mois de gestation d’une interdiction qui nous pourrit l’existence et nous prive d’un élément essentiel à notre vie, voire notre survie ! Impossible de se toucher la main, de s’approcher hors des limites imposées de la « distanciation sociale » : où va notre Humanité ?…

Qui eut pensé, en faisant vœux et projets 2020, qu’on vivrait une année de peur, de mort, de solitude, de douleur sur une planète décimée par une pandémie dont nul ne pouvait prévoir l’ampleur, la dévastation, les conséquences sanitaires, économiques et sociales ?… Qui pouvait imaginer un nouveau monde peuplé de nouveaux pauvres et d’indigents faisant des kilomètres de queues pour obtenir une soupe populaire, kit de survie dans les pays les plus riches tels que la Suisse par exemple ?…

Depuis 9 mois, Covid aidant, des publicités pleuvent pour nous empêcher de fréquenter nos proches de trop près, du genre : « Si vous aimez vos proches, tenez-les à distance ! ». Nous ne pouvant même plus recevoir chez nous le nombre de convives que nous voulons. Il nous est désormais interdit – ou fortement déconseillé suivant la subtilité des injonctions !

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Castoriadis, ou l’imagination au pouvoir

— Par Philippe Petit —

Les Éditions du Sandre publient les deux derniers volumes des œuvres de Cornelius Castoriadis. L’occasion de nous plonger dans la pensée du philosophe, historien, économiste, psychanalyste et défenseur d’une démocratie radicale, décédé en 1997.

Contrairement à celle de Sartre, qu’il n’appréciait guère, la renommée du philosophe et psychanalyste Cornelius Castoriadis (1921-1997) ne faiblit pas avec le temps. On le cite souvent dans la presse et sa réputation posthume perdure. Le relire aujourd’hui n’est donc pas inutile. D’autant qu’un éditeur courageux, ayant entrepris de publier ses œuvres complètes, les deux derniers volumes (Écrits politiques 1945-1997, VII et Écrits politiques 1945-1997, VIII), parus récemment, redonnent vie à ses écrits politiques et écologiques. Et la correspondance, qui les accompagne, produit sur le lecteur un réel effet de proximité. On y retrouve le ton inimitable de ce penseur total qui s’intéresse à tout. À la science, aux techniques, à la politique, à la culture. Qui entend prendre « la défense de l’homme contre lui-même ». Et ne rien lâcher sur l’exigence de rationalité propre à l’activité intellectuelle.

Du trotskisme à « Socialisme ou barbarie »

Son parcours n’est pas étranger à cette persévérance.

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L’inceste, ce crime encore trop banal perpétré à 96 % par des hommes

— Par Solène Cordier —

Selon l’enquête Virage, dont les derniers résultats ont été rendus publics lundi, un homme sur huit et près d’une femme sur cinq déclarent avoir subi des violences para ou intrafamiliales d’ordre psychologique, physique ou sexuel avant l’âge de 18 ans.

Le 2 septembre 1986, dans l’émission « Les Dossiers de l’écran », sur Antenne 2, Eva Thomas raconte le viol perpétré par son père quand elle avait 15 ans. Pour la première fois, une victime d’inceste témoigne ainsi à la télévision, à visage découvert, et s’adresse « aux femmes qui ont vécu ça » pour leur dire « qu’il ne faut pas avoir honte ». C’est une déflagration. Le lendemain et les jours qui suivent, les articles sur l’inceste se multiplient. Eva Thomas, qui a fondé à Grenoble un an plus tôt l’association SOS Inceste, reçoit des centaines de messages. Les victimes prennent la parole pour dénoncer les ravages provoqués par ces relations sexuelles imposées par un adulte dans le cadre familial.

Lire le reportage : A la brigade de protection des mineurs, la parole pour faire émerger les affaires d’inceste

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