Psy_choses etc.

Qu’est-ce que parler veut dire ?

— Par Victor Martine Lina(*) —

Ki sa ou fini di la-a ?

Il assez commun que nombre de personnes vivent l’expérience suivante : Par exemple s’adressant à quelqu’un d’autre, ils se rendent compte, avec surprise, dans la seconde qui suit la fin de leur phrase, de l’équivoque de leur propos.

Ainsi, il arrive qu’ils tentent de mieux se faire comprendre en disant : ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Cependant ce qui a été dit en premier n’est pas passé inaperçu chacun l’a bien entendu.

Pour nombre d’entre-nous ce phénomène n’a pas lieu de retenir notre attention. Il s’agirait d’une simple erreur provenant de notre manque d’attention ou de concentration. Circulez, il n’y a rien à entendre.

Lire aussi :Violence et lien social – Étude en milieu carcéral en Martinique de Victor Lina

Je sais très bien ce que je dis !

Le sujet et la plupart d’entre nous, tendent à croire qu’ils savent exactement et complètement ce qu’ils disent.

Certes, en faisant attention à ce que chacun de nous dit ou entend quotidiennement, nous sommes, ou nous devrions être, amenés à conclure qu’il n’en est rien puisque les méprises et malentendus ne manquent pas.

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Violence et lien social – Étude en milieu carcéral en Martinique

Une étude de Victor Lina

Auteur : Victor M. LINA, préface de Mareike WOLF-FÉDIDA
Année : 2019
Collection : Criminologie et Anthropologie

Description :

La violence est une expérience qui nous trouble dans le quotidien. Impossible de s’en défaire. Réprouvée, dénoncée, rejetée, à l’aune des sentiments et des réactions qu’elle tend à provoquer, la violence demeure attachée à notre état social et à son progrès. La punition la plus forte est la prison. Donc, il est courant de considérer que le milieu pénitentiaire se prête tout naturellement à son étude. Théoriquement, pense-t-on, la violence doit y trouver son remède, sa solution.

Mais sur le terrain, le milieu pénitencier n’est pas singulièrement pensé pour être le lieu privilégié du traitement de la violence. Car il se passe beaucoup de choses en prison dont on en soupçonne difficilement l’ampleur. L’étendue de l’expérience carcérale ne se laisse pas réduire à la violence et il serait tendancieux voire vraisemblablement une erreur, d’en conclure qu’il s’agit du lieu principal de sa production.

Cette étude propose au lecteur une introduction à la question de la violence et à son articulation au lien social, issu d’une recherche menée au fil du temps dans le cadre d’un service médico-psychologique régional, le S.M.P.R.

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« Un personnage en quête de sublimations », un essai de Mathilde Girard

Collection Connaissance de l’Inconscient, Série Le principe de plaisir, Gallimard
Parution : 24-10-2019
La sublimation – la dérivation des pulsions vers des objets non sexuels, socialement valorisés – est un concept psychanalytique insatisfaisant : depuis 1905 que Freud l’a décrite, on ne voit clairement ni son mécanisme ni sa genèse. Le «personnage» en question est donc d’abord l’auteur, en quête du concept. Mais c’est aussi, c’est surtout, le Léonard de Freud, le Monsieur Teste de Valéry, le Richard III de Shakespeare, le Valéry de Pontalis, sans oublier ces femmes «à passions élémentaires, enfants de la nature qui refusent d’échanger le matériel contre le psychique» : autant de personnages vivant d’une vie intermédiaire, mi-héros de papier, mi-personnes réelles.
Mathilde Girard fragmente ainsi le concept de sublimation en petites quantités – rencontres, parcours croisés, passions discrètes, dérives nouvelles. Elle en étudie la survenue, l’activité : quand? de quelle manière? Pourquoi chez l’un et pas chez l’autre, pourquoi chez ce personnage qui est «souvent un homme, et même un homme génial»? «Dans son génie, il ressemble à l’enfant qu’il était, qu’il a gardé en lui.

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« Nos adolescents d’aujourd’hui », un livre de Julie Ostan-Casimir(*)

L’éducation bien-traitante contre le violence

Julie Ostan-Casimir est psychologue clinicienne, docteur en psychologie de l’enfant et de l’adolescent (1983), docteur en psychopathologie et psychologie clinique (2006).
Après Ces enfants en échec scolaire massif (2009), Adolescents dans la tourmente, Troubles des conduites et des comportements
(2013), L’éducation bientraitante contre la violence (2015), elle analyse dans Nos adolescent d’aujourd’hui l’épineuse question des adolescents.

Sur un plan général, les jeunes ne semblent pas bénéficier d’une place hospitalière dans nos sociétés. Le concept adolescent semble porter des représentations négatives. Ces jeunes feraient l’objet de stigmatisations d’adultes.
En Martinique, une partie de la population vieillissante, chimérique, regrettant le pays antan lontan, pourrait avoir tendance à porter un avis généralisé sur toute une classe d’âge. Actuellement, 58 % des adultes ont entre 20-64 ans et les plus de 65 ans représentent 17 %.
Les parents aussi appréhendent la période. « Mon Dieu ! disent certains. Comment vais-je le protéger des mauvaises fréquentations ? J’ai peur de la drogue pour lui. »

““Pour le salut des adolescents, pour le salut de leur immaturité,
ne favorisez pas leur accession à une fausse maturité
en leur transmettant une responsabilité
qui ne leur incombe pas encore,
même s’ils luttent pour l’obtenir.

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« Violence et lien social : Étude en milieu carcéral en Martinique », de Victor Lina

Le vendredi 22 novembre 2019 à 18h30. Bibliothèque Schœlcher FdF

La Collectivité Territoriale de Martinique
vous convie à une rencontre autour de l’ouvrage
« Violence et lien social : Étude en milieu carcéral en Martinique »
du Dr Victor M. LINA, psychologue, psychanalyste
Avec l’intervention de l’auteur et de :
Christiane GONIER, enseignante à la retraite et visiteuse de prison
Dr Pierre GUILLARD, médecin-psychiatre
le vendredi 22 novembre 2019 de 18h30 à 21h30 à la Bibliothèque Schoelcher

Partant d’une pratique clinique en milieu pénitentiaire, nous nous sommes rendus compte de l’importance de la violence tant de celle contenue dans les motifs d’incarcération que celle amenée comme une énigme silencieuse dans les problématiques subjectives pouvant se faire entendre à la faveur des entretiens à visée thérapeutique que nous avons avec les personnes incarcérées.Au moyen d’outils prélevés dans des champs de recherche se référant à la méthode expérimentale, nous avons procédé à des observations et les avons traduites au moyen de traitements statistiques pour en tirer des conclusions faisant écho aux hypothèses formulées en amont.

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Mais qu’est-ce que c’est donc un Noir?

Essai psychanalytique sur les conséquences de la colonisation des Antilles, par Jeanne Wiltord

Introduction

« Les sociétés antillaises sont un cas hautement révélateur de structures et de processus qui font aussi loi ailleurs… Possibilité étant ici octroyée de les saisir sous des dehors plus manifestes. »

J.-L. Jamard(2)

Cet ouvrage tente d’éclairer la complexité des questions subjectives que peuvent poser les conditions symboliques du rapport à la jouissance pour des femmes et pour des hommes dont les histoires singulières sont inscrites dans l’histoire coloniale inédite qui a structuré les sociétés de la Martinique et de Ia Guadeloupe. Ces questions me sont venues à partir de ma pratique de la psychanalyse.

Un embarras à parler créole

L’usage quasi exclusif de la langue française et l’embarras à parler créole au cours de leur psychanalyse – même pour des patient(e)s créolophones dans leurs familles – m’ont amenée à préciser certaines questions.

Pour la psychanalyse, l’angoisse manifeste le surgissement d’un danger au niveau subjectif. Que vient manifester l’embarras – « sorte de forme légère de l’angoisse »(3)– quand il s’agit pour des patient(e.s) bilingues d articuler au cours de la relation de transfert de leur psychanalyse des propos qui leur ont été énoncés en créole ?

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« L’universel et la diversité »

— Par Alain Didier-Weill —

Pour donner une idée de la complexité à laquelle est exposé l’homme, dés qu’il rencontre la dimension du particulier et de l’universel, nous pouvons partir de l’observation de l’homme qui se réjouit de la diversité que la nature lui offre en lui donnant, par exemple, à voir la blancheur de la neige, la noirceur de la nuit, le rouge et le jaune de l’arc en ciel. Lorsque ces couleurs magnifiques – le rouge, le jaune, le blanc, le noir – viennent à lui être données non pas par le spectacle de la nature mais par celui de l’humanité, pourquoi alors apparaît ce phénomène stupéfiant, le racisme, qui nous annonce qu’entre l’homme blanc, l’homme noir, l’homme rouge et l’homme jaune, le regard prétend reconnaître des différences hiérarchiques autorisant le mépris la crainte ou l’admiration ?

Premier constat : ce ne sont pas aux différences sonores – par lesquelles les différentes langues s’adressent à l’oreille – que réagit le raciste, ce sont à des différences qui s’adressent à son œil.

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Mais qu’est-ce que c’est donc un Noir ? Essai psychanalytique sur les conséquences de la colonisation des Antilles par Jeanne Wiltord

Vendredi 8 novembre, de 16h30 à 18h30, la BU du campus de Schoelcher

« Un fil à guidé cet ouvrage : préciser les conditions symboliques nécessaires au refoulement de la jouissance qui conditionne pour les êtres qui parlent l’émergence de désir. » « Il m’a été imposé par des questions venues de ma pratique de la psychanalyse avec des femmes et des hommes dont les histoires singulières se sont trouvées inscrites dans l’histoire qui a fondé et structuré les sociétés de la Guadeloupe et de la Martinique. » « Dans ces colonies géographiquement séparées de leur métropole, a été inaugurée et institutionnalisée une perversion coloniale de la structure symbolique du langage. »

Biographie de Jeanne Wiltord
Jeanne Wiltord. Née en Martinique, psychiatre et psychanalyste à Paris. Membre de l’Association lacanienne internationale. A exercé à Paris et en Martinique où elle a participé à la fondation de l’ALI-Antilles. Depuis plusieurs années exerce de nouveau à Paris. Ses recherches portent sur les conséquences du bilinguisme créole et français parlé aux Antilles, les effets contemporains de la colonisation racialisée.

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Ce que la psychanalyse nous apprend de la pensée « décoloniale » et « intersectionnelle »

— Par Sabine Prokhoris —

Psychanalyste et philosophe, elle est l’auteur notamment de Au bon plaisir des « docteurs graves » – À Propos de Judith Butler (Puf, 2017)

Sabine Prokhoris revient sur la polémique qui a opposé des psychanalystes sur la pensée « décoloniale ». Pour elle, cette mouvance mène à une impasse identitaire.

Une vive controverse a opposé ces dernières semaines, par tribunes interposées, un collectif de psychanalystes, et « plus de 150 psys et intellectuels » au sujet de la mouvance intellectuelle dite « décoloniale », et des formes d’analyse militantes qui se revendiquent de l’intersectionnalité. Ces dernières, qui ambitionnent de décrire « l’intersection de genre, de culture, d’ethnicité, de classe », et d’examiner « le croisement des rapports de domination sans les hiérarchiser » (selon l’argument du colloque « Psychanalyse, études de genre, études postcoloniales » organisé en décembre 2018 à Paris VII par certains des signataires de la réponse au collectif psy), semblent néanmoins subordonner l’ensemble de ces rapports à la question de la « colonialité ».

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Pourquoi avons-nous tant de mal à parler de la mort ?

— Propos recueillis par Floriane Le Mélinaire —

La mort fait partie de la vie, mais on n’en parle pas. Ou rarement et difficilement. Patrick Ben Soussan, psychiatre, responsable du département de psychologie clinique à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, nous explique pourquoi nous sommes tellement dans le déni face à notre propre mortalité.

Pourquoi avons-nous tant de difficulté à parler de la mort, pourquoi fait-on comme si elle n’existait pas ? Alors qu’elle est inéluctable pour chacun d’entre nous…

Pour faire de grandes choses, il faut faire comme si on ne devait jamais mourir. Un des fondements de l’humanité, c’est le déni de la mort. Pas tant le déni de la mort en tant qu’événement réel, mais plutôt le refus de la finitude, de mettre un point final à la phrase…

Donc, on se projette dans la vie comme si on n’allait jamais mourir ?

Oui, on est dans l’engagement, l’anticipation. Prenez l’exemple de notre relation aux enfants : on imagine toujours un avenir pour eux, on construit toujours leur vie d’adulte en devenir.

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En Guyane, des malades mentaux sans droits ni respect

— Par Eric Favereau —
Dans un rapport rendu public ce vendredi, le contrôleur général des lieux de privation de liberté s’inquiète vertement de la prise en charge des malades souffrant de troubles mentaux.

C’est loin, bien loin de l’Hexagone. Mais le constat est honteux. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), après avoir effectué une visite du pôle de psychiatrie et du service des urgences du centre hospitalier Andrée-Rosemon (Char) à Cayenne, a rendu publiques, ce vendredi, des recommandations très sévères. Pointant «des pratiques illégales et abusives d’isolement», «l’absence d’évaluation de ces pratiques professionnelles, du registre de l’isolement et de la contention». Plus grave encore, il y aurait «des pratiques forcées de traitements par injections, l’absence de recherche de consentement du patient».

Un bilan terrible, loin du respect des droits des patients. Et on peut craindre qu’aucune amélioration n’ait eu lieu, tant la situation de l’hôpital de Cayenne est tendue, et pas simplement en psychiatrie. L’enquête s’est déroulée il y a un an, en octobre 2018. Ils sont venus à l’improviste.

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Le problème psychanalytique du générationnel : objets, processus et dispositifs d’analyse

— Par René Kaës —
Le concept de transmission intergénérationnelle assume aujourd’hui un ensemble de questions qui débordent celle de la différence entre les générations, essentiellement constituée par son enjeu œdipien et par les catégories de l’Interdit, du refoulement et de la culpabilité. Le concept englobe désormais la connaissance des processus et des formations psychiques qui, à travers les rapports entre les générations, organisent ou désorganisent l’espace psychique : il oblige à repenser les modes de formation et de transmission de l’inconscient, les effets de subjectivité et d’intersubjectivité qu’il détermine. Cette ouverture du champ est ancrée dans les nouveaux dispositifs cliniques de traitement de la souffrance psychique; elle contribue au débat contemporain sur les processus de symbolisation et sur le rapport à l’originaire.

Émergences du générationnel
L’intérêt manifesté dans la recherche psychanalytique depuis les trente dernières années pour la transmission de la vie psychique entre les générations témoigne de la nécessité d’élaborer la crise multidimensionnelle qui affecte aujourd’hui les fondements et les modalités de la vie psychique. Cette crise est de nature épistémologique autant que praxéologique : elle porte sur l’intelligibilité des souffrances et des organisations pathologiques qui, pour une part, sont tributaires des transformations profondes de la structure des rapports sociaux et culturels.

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« Nos adolescents d’aujourd’hui » un livre de Julie Ostan-Casimir

Ce quatrième ouvrage s’intéresse à l’adolescent dit « ordinaire » dans nos régions. Une majorité semble « aller bien ».
Toutefois, nous avons souhaité pour commencer notre étude, recourir à des chiffres-clés présentés par différentes institutions de Martinique, Guadeloupe, Guyane pour tenter de situer des sujets dans leur dynamique sociétale, ouvrir aussi le lecteur aux difficultés que rencontrent certains enfants, certains jeunes dans la tranche d’âge des 15-24 ans. Des jeunes pourraient subir avec plus de force les bouleversements de la période.
Puis, une analyse tente de rendre compte de la question de l’identité, de l’autonomie et de la dépendance chez les adolescents. C’est le temps des métamorphoses, des transformations. Et notre adolescent souhaite s’émanciper, se dégager des dépendances de l’enfance, réclame liberté.
Au préalable, nous nous serons penchées, sur la période dite « de latence », décrite par les psychologues et psychanalystes qui s’étale de 6 à 11-12 ans environ, et qui a pour fonction de préparer l’enfant à faire face aux bouleversements de l’adolescence. Pouvons-nous encore parler de phase de latence compte-tenu des stimuli que reçoit actuellement cette classe d’âge dont entre autres, publicités à tout va, hypersexualisation de la société ?…
Quel pourrait être le rôle de l’éducation quand nous savons que la période des 7-11 ans est propice à une évolution forte du développement intellectuel, moral et social.

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Procréation médicale assistée et savoir psychanalytique

Le savoir de Lacan résistera-t-il aux nouvelles formes de filiation et de famille issues de la PMA ?

— Par Hervé Glevarec, directeur de recherche CNRS —
Lecteur de l’œuvre de Lacan, je me pose depuis quelque temps cette question : le savoir psychanalytique, de type lacanien, n’est-il pas théoriquement bousculé par les nouvelles formes de filiation et de famille issues de la procréation médicalement assistée (PMA) ? Métaphore paternelle, Désir de la mère et Nom-du-père conviennent-ils encore quand il y a trois mères, deux pères, absence de père ou absence de mère ? Ces trois termes centraux dans la conception lacanienne du sujet humain sont-il indifférents à ces nouvelles configurations ? Ou, dit autrement, quel est le savoir que la psychanalyse possède qui l’autoriserait à caractériser un changement ou une permanence ? Disons ici que pour ce qui concerne la réalité du dispositif analytique ça ne change rien pour qui croit à l’inconscient, c’est-à-dire au désir inconscient.

Sans entrer dans des définitions de l’inconscient qui feraient sans doute désaccord, on peut s’en tenir à ceci que les psychanalystes tiennent le sujet humain pour divisé.

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Parentalités d’aujourd’hui…

— Par Hervé Bentata —

Les changements actuels dans la parentalité interrogent principalement sur la place du père dans notre Société, ainsi que sur les repères familiaux hérités qui la structurent. Et la psychanalyse, au départ fondée sur une famille traditionnelle judéo-chrétienne, est-elle de ce fait caduque ? Existe-t-il un réel déclin de la triangulation œdipienne ou bien s’agit-il de propos de psychanalystes nostalgiques qui espèrent une restauration glorieuse du père ? D’autre part, les repères psychanalytiques restent-ils opérants dans ces nouvelles familles ? Enfin, ces nouvelles familles, annoncent-elles des catastrophes inéluctables pour la vie psychique de leurs enfants ? Voilà quelques questions amenées par les modifications actuelles dans les parentalités.

Mais d’abord, quand et à quoi rattacher ces nouvelles parentalités ? Elles ont commencé par des choses toutes simples, comme la participation des pères au nursing des jeunes enfants avec le travail des femmes. Mais elles tiennent aussi à la généralisation des familles recomposées avec leur co-existence dans le même temps, voire dans le même lieu, de parentalités multiples, où l’on est à la fois par exemple, père et beau-père.

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Attaques contre Greta Thunberg : « On accuse les autistes de ne pas avoir d’émotions depuis longtemps »

Pour Danièle Langloys, présidente de Autisme France, ces critiques sont emblématiques d’une méconnaissance de ce trouble.

— Propos recueillis par Diane Regny —

La jeune militante écologiste Greta Thunberg est la cible d’attaques régulières. Au-delà de ses positions politiques, de son physique, de son sexe, ou de son jeune âge, son handicap aussi est ciblé. Greta Thunberg est atteinte du syndrome d’Asperger, une forme légère de trouble autistique qui rend, notamment, les interactions sociales plus difficiles.

Certains de ses détracteurs la qualifient ainsi « d’enfant illuminée » qui serait « au bord de l’effondrement psychiatrique », à l’instar du médecin urologue et essayiste Laurent Alexandre. D’autres l’accusent d’être froide et distante ou même d’être incapable d’émotions, comme le journal Causeur qui la compare à un « automate ».

Danièle Langloys, présidente de l’association Autisme France, s’indigne de ces critiques qui découlent, d’après elle, d’un retard tragique sur la « visibilité du handicap » en France.

Ce déferlement de critiques en rapport avec son syndrome d’Asperger vous surprend-il ?

Danièle Langloys : Non, ces critiques ne sont pas nouvelles.

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Psychiatrie : parcours d’aidants, parcours du combattant

— Par Marie-Jeanne Richard —
Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam), réagit au rapport d’information remis le 18 septembre dernier par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale en conclusion des travaux de la mission relative à l’organisation de la santé mentale en France.

Le 18 septembre, les députées Caroline Fiat (FI) et Martine Wonner (LRM) ont présenté devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale leur rapport sur l’organisation territoriale de la santé mentale, après un an de travail et de recherches. Les parlementaires y soulignent la saturation totale d’un système « au bord de l’implosion », pensé dans les années 1960, maintes fois réformé, complété, amendé, et qui, près de 60 ans plus tard, continue de dysfonctionner.

Le constat est grave, mais il n’est pas nouveau. Ces 130 pages sont les dernières nées d’une longue lignée de rapports politiques, publics ou associatifs, qui dénoncent inlassablement les mêmes problèmes : pas assez de lits, un désengagement financier progressif de l’État, une organisation en secteurs de plus en plus complexe, un manque de dialogue entre les acteurs de la santé mentale.

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La pensée “décoloniale” renforce le narcissisme des petites différences »

80 psychanalystes s’insurgent contre contre l’emprise croissante d’un dogme qui, selon eux, ignore la primauté du vécu personnel et dénie la spécificité de l’humain.

— Manifeste —

« Les intellectuels ont une mentalité plus totalitaire que les gens du commun », écrivait George Orwell (1903-1950) dans ses Essais, Articles et Lettres.

Aujourd’hui, des militants, obsédés par l’identité, réduite à l’identitarisme, et sous couvert d’antiracisme et de défense du bien, imposent dans le champ du savoir et du social des idéologies racistes. Ils usent de procédés rhétoriques qui consistent à pervertir l’usage de la langue et le sens des mots. Ils détournent la pensée de certains auteurs engagés dans la lutte contre le racisme qu’ils citent abondamment, comme Frantz Fanon (1925-1961) ou Edouard Glissant (1928-2011) et qui, au contraire, reconnaissent l’altérité et prônent un nouvel universalisme.

La pensée dite « décoloniale » s’insinue à l’université. Elle menace les sciences humaines et sociales sans épargner la psychanalyse. Ce phénomène se répand de manière inquiétante. Nous n’hésitons pas à parler d’un phénomène d’emprise, qui distille subrepticement une idéologie aux relents totalitaire en utilisant des techniques de propagande.

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« Si la relation mère-fille est fusionnelle, on ne vit pas sa vie mais celle de sa mère »

Interview.- Dans son livre Devenir femme, de mère en fille, la psychanalyste Malvine Zalcberg démontre que le lien maternel, aussi complexe soit-il, participe à la construction de la féminité, autant pour l’enfant que pour l’adulte. Rencontre.

Comme la maternité, la féminité n’est pas innée. Dans notre société moderne, les représentations de cette dernière sont tellement multiples que l’on peine à en donner une définition précise. Reste que le premier référent nécessaire à la construction de sa féminité est la mère. Un rôle crucial et difficile à endosser, surtout quand on n’a pas réussi soi-même à résoudre ce questionnement avec ses aînées. C’est l’objet du dernier livre de la psychologue clinicienne et psychanalyste Malvine Zalcberg, Devenir femme, de mère en fille (1), sorti le 2 mai 2019. La spécialiste brésilienne des relations mère-fille, auteure déjà de deux ouvrages sur le sujet, a choisi cette fois d’aborder cette transmission complexe à travers des personnages cinématographiques emblématiques, de films comme La Pianiste, Mommy, Parle avec elle… Rencontre.

On pensait avoir fait le tour de ce lien si particulier et mystérieux qui unit une mère et sa fille.

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« Emmanuel Macron ne gouverne pas les Français, il les soumet »

— Par Roland Gori, psychanalyste, professeur émérite de Psychopathologie clinique à l’Université d’Aix-Marseille —
L’autre pour Emmanuel Macron n’est qu’un autre lui-même. Il veut les Français à son image, à l’image des clones qui l’entourent et l’adorent.

Que l’on s’en réjouissance ou qu’on le déplore, il est bien un héros de notre temps, “personnalité sociale” de cette nouvelle élite qui a rompu le pacte de solidarité républicain. Emmanuel Macron s’avance en conquérant pour qui ne compte que la performance, la réussite.

Il descend dans l’arène de l’opinion publique témoigner de ses convictions, élans de ses conquêtes, causes de ses succès. C’est ainsi disait Freud que s’avance le conquérant porté par un narcissisme maternel qui fait que rien ne lui résiste: “quand on a été le favori incontesté de la mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès, dont il n’est pas rare qu’elle entraîne effectivement après soi le succès.”

La passion maternelle pour son enfant idéalisé induit une confiance à toute épreuve chez celui qui en reçoit le privilège.

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Journée nationale de la psychiatrie le 22 janvier 2019

Depuis ce printemps 2018, les personnels des hôpitaux psychiatriques se mobilisent un peu partout en France. Leurs revendications se rejoignent : avoir les moyens d’accueillir et de soigner dignement les patients, l’amélioration des conditions de soins devant entraîner l’amélioration des conditions de travail.

Sous l’emprise gestionnaire contemporaine, les soins psychiatriques se trouvent vidés de leur sens et les pratiques sont déshumanisées : le patient et sa famille deviennent des usagers sans que leur parcours de vie ni leur expérience personnelle ne soient pris en compte comme ils devraient.

Les réponses à nos différentes luttes sont inégales, lorsqu’il y a réponse. Des embauches en CDD par-ci, une avance budgétaire par-là… Mais les ARS ou Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ne reconnaissent jamais la spécificité de nos pratiques et le traitement singulier qu’elles impliquent. Nous, intervenants
en psychiatrie, nous sentons régulièrement méprisés face à une telle incompréhension.
Et surtout, les patients et leurs familles subissent.

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Octave Mannoni (1899-1989) et sa Psychologie de la colonisation. Contextualisation et décontextualisation

— Par François Vatin —

Pour Alain Caillé, dont le goût pour la théorie du don se trouve sérieusement éclairé par la lecture d’Octave Mannoni. « Donner, recevoir, rendre », c’est une affaire de jeu de tennis ! Comment n’y avions-nous pas pensé plus tôt ? Mais, dans les échanges humains, comme au jeu de tennis, il arrive que l’on ne puisse rendre…

1. Psychologie de la colonisation. L’histoire d’une œuvre

En 1950, paraît aux éditions du Seuil dans la collection « Esprit : Frontière ouverte » un ouvrage promis à un avenir étrange d’un auteur lui-même inclassable : La psychologie de la colonisation, d’Octave Mannoni. L’ouvrage reprend et développe un ensemble d’articles parus en 1947-1948 dans la revue Psyché2, mais aussi dans la Revue de psychologie des peuples, dans Chemin du monde et dans Esprit3. Son auteur, qui avait fait une carrière de professeur de lettres et de philosophie à La Martinique, la Réunion et surtout Madagascar, où il était resté dix-huit ans, était en train d’entamer, en métropole, une nouvelle carrière, celle de psychanalyste dans l’orbite de Jacques Lacan.

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Karima Lazali: «Le colonisé est d’abord et avant tout un possédé»

Le trauma colonial 
Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie

Karima LAZALI

Psychanalyste, Karima Lazali a mené une singulière enquête sur ce que la colonisation française a fait à la société algérienne, enquête dont elle restitue les résultats dans ce livre étonnant. Car elle a constaté chez ses patient∙e∙s des troubles dont rend mal compte la théorie psychanalytique. Et que seuls les effets profonds du « trauma colonial » permettent de comprendre : plus d’un demi-siècle après l’indépendance, les subjectivités continuent à se débattre dans des blancs de mémoire et de parole, en Algérie comme en France.
Elle montre ce que ces « blancs » doivent à l’extrême violence de la colonisation : exterminations de masse dont la mémoire enfouie n’a jamais disparu, falsifications des généalogies à la fin du XIXe siècle, sentiment massif que les individus sont réduits à des corps sans nom… La « colonialité » fut une machine à produire des effacements mémoriels allant jusqu’à falsifier le sens de l’histoire.

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« Françoise Dolto. Une journée particulière » un livre de Caroline Eliacheff

«Trente ans après sa mort, à ma grande surprise, le nom de Françoise Dolto n’évoque pas grand-chose chez ceux qui sont nés dans les années 1980-1990 ou plus tard. Les trentenaires ne savent pas ce qu’ils lui doivent, alors même que leurs parents sont de la « génération Dolto », qui l’a écoutée à la radio. Comme ils sont en âge aujourd’hui d’être parents, il n’est peut-être pas inutile qu’ils découvrent que tant de choses qui leur paraissent aller de soi n’allaient justement pas de soi…»

Qui était Françoise Dolto? Que reste-t-il de son œuvre trente ans après sa mort? Au fil d’une journée fictive, Caroline Eliacheff évoque les multiples facettes de celle qui fut à la fois une clinicienne de génie, une théoricienne méconnue, la femme d’un seul homme, mère de trois enfants, et une citoyenne engagée dans son époque. Une journée particulière sans hiérarchie aucune, où la célèbre psychanalyste est tour à tour femme, mère et professionnelle…
Hors collection – Essais
Paru le 22/08/2018
Genre : Psychologie, psychanalyse
256 pages – 137 x 211 mm Noir et blanc – Broché EAN : 9782081441903 ISBN : 9782081441903

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Naomi Osaka : tennis et psychanalyse, une victoire haïtienne de pères en filles

— Par Joël Des Rosiers —

« Tout ce que je sais de plus sûr à propos
de la moralité et des obligations des hommes,
c’est au football que je le dois. »
– Albert Camus

La brillante victoire au US Open (6-2, 6-4) le 8 septembre dernier de la jeune Haïtienne-Japonaise Naomi Osaka (20 ans) aux dépens de l’Américaine Serena Williams (37 ans) appelle quelques remarques sur les concepts de répétition et de rivalité entre soeurs. Le tennis doit être considéré dans la perspective d’une sublimation de l’agression tout en préservant l’intégrité du soi et celle de l’adversaire. Freud introduit au long de ses écrits tardifs la notion de pulsion de mort à l’œuvre dans le fanatisme qui sévit dans le sport de compétition. On a ainsi entendu la foule huer le juge du match alors que Serena en colère l’injuriait pour les sanctions prises à son encontre en raison de violations répétées du code de conduite : coaching de son entraîneur qui faisait des signes de ses mains durant le match, coup de raquette sur le sol et outrages au juge.

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