L’accès à la CARICOM, le peuple tenu à distance.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux, Fort-de-France, le 20 avril 2026 —

Après avoir été admise comme observatrice à la CARICOM, la Martinique en devient un membre associé. Voilà un pas de plus dans l’aire de la doctrine Monroe1. C’était la volonté de la classe politique de la Martinique dont les précurseurs furent, dans les années cinquante, Clovis Beauregard, Jean-Baptiste Edmond et quelques autres. Bien entendu, l’électeur n’a pas été invité à un référendum de Maastricht martiniquais. Par ailleurs, l’évènement n’a pas fait de la part de la classe politique l’objet d’un enthousiasme débordant. A l’exception toutefois de notre pétulante députée du pays “des océans” et celle, notoire, du président Serge Letchimy dont ce sera, dit-il, “le plus beau combat de toute [sa] vie politique”. Il oublie avoir tenu un propos identique, au soir du vote unanime obtenu lors du congrès des élus, dit “congrès de la rupture”. Reste que pour sa part, l’intégration au CARICOM “ sera un message fort adressé à Paris” et, jouant prudemment de l’oxymore, “un message d’émancipation …sans quitter la République”.

Le chemin du salut s’ouvre aussi à la Guadeloupe et la Guyane, sachant cependant combien, d’habitude, les “sisters” hésitent à suivre le leader incontesté en expériences institutionnelles.

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