— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
La beauté du geste
Comme de pas les traces
sur du sable ou la glace
et des paroles écrites
à la mine graphite,
petites lettres noires
sur le blanc d’un papier,
ton reflet au miroir,
ton nom dans les mémoires,
eux, vite aussi s’effacent
puisque sur cette Terre
tout n’est que vanité
et aucune matière
n’est faite pour durer…
Volonté de créer
malgré tout la beauté
dont on n’est pas moins fier
si elle est éphémère…
Nous sommes des semeurs
et le faisons sans peur
et sans même l’espoir
de pouvoir récolter
car de l’homme il faut croire
que c’est la destinée
même si ne lui reste
que la beauté du geste !
Au bout du rêve
Rêve un monde meilleur,
pas du meilleur des mondes,
et d’aller voir ailleurs
si la Terre est bien ronde…
Si plus loin, dans un pré
où l’herbe serait verte,
demeure le bonheur
telle une fleur ouverte
pour être butinée…
Et si sonne enfin l’heure
pour l’oiseau voyageur
d’à terre reposer
des ailes fatiguées…
Tu as rêvé ta vie
comme une découverte
et, même si t’en crèves,
temps de vivre ton rêve
jusqu’à la fin, sans trêve…
Sans hésiter, vas-y
car la plus grande perte
est celle de l’envie !
Un rêve en couleur
La vie en noir et blanc
comme ces films d’antan
ou comme un jeu de dames
où l’on risque son âme
plutôt qu’un jeu d’échecs
où les cœurs restent secs,
tant gagnants que perdants…
Si la vie n’est pas rose
quand la misère est noire,
que d’ennuis j’ai ma dose,
c’est alors que moi j’ose
dans des vers pleins d’espoir
faire un rêve en couleurs
de collectif bonheur…
Puisqu’à la fin j’espère
un monde de demain
de toutes les couleurs
où, sans haine, sans peur
et donc aucune guerre,
l’humanité entière
va se donner la main !
