Étiquette : Patrick Mathélié-Guinlet

Ui mé tala… & Les clefs de Saint-Pierre

. — Par Patrick Mathelié-Guinlet —

UI MÉ TALA…

. Difé fondòk latè

. ka brilé tout Senpyè,

. ka woulé anba mòn

. . jik bòdlanmè.

. . An bidim niyaj sann

. . ka monté èk désann

. . èk ka pòté lanmò

. . épi gwo lanmizè

. . an mitan tjè tjim li

. kon balé lanm lanmè

. ka fè sab-la tou plat

. . anba lanmen bondyé.

. . An lanm difé

. . ka kité nou san ayen

. . sòf anpatjé rigré

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« Parenthèse virale » & Écrire…

— Patrick Mathelié-Guinlet —

Parenthèse virale
 
Comme gouttes de pluie
absorbées par le sable
s’écoule ainsi le temps
en jours bien trop semblables
pour que tout bonnement

les retienne l’esprit
et pire sont les nuits
quand nous saisit l’ennui
lors de nos insomnies…
 
Ma mémoire est en berne
dans ces moments si ternes
comme un grand brouillard gris
fait un philtre d’oubli…
 
Mais que cela nous pèse
quand ce virus a mis
tout simplement nos vies
entre deux parenthèses !

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« Poisson d’avril! » & « Pak nou » de Patrick Mathelié-Guinlet

“Poisson d’avril!”

On aurait souhaité que ça ne soit en gros
qu’une plaisanterie, la blague d’un potache
et, si on l’avait eu quand même dans le dos,
un poisson de papier que, discret, l’on accroche

tel un mauvais rêve, dissipé aussitôt
au réveil à l’instar des brumes matinales
par le soleil levant de l’île tropicale…
Mais ce poisson d’avril, hélas, est un poison

qui pour bien plus longtemps menace nos poumons,
un virus qui n’aurait jamais dû débarquer
des bateaux, des avions, du moins sans précautions,
pour mieux nous confiner ensuite à la maison…

******

Pak nou

Pak, ti tak, ti tak Pak,
ti tak, ti tak Pak.
Pak atak, Pak atak,
matoutou krab !

Krab pa ni mak,
chak krab an lak,
chak krab an bak,
chak krab an sak,
chak krab an pak
èk san di hak,
krab pak an pak
èk bonda-man-jak…

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À Hamid

— Par Parick Matheliè-Guinlet —

Au clair de la lune,
mon Hamid Pierrot,
du bout de ta plume
et de ton pinceau,

tu traces des chiffres
comme une prière…
Si on la déchiffre,
est libre l’oiseau !

Et de l’homme-chien,
cet homme de bien,
lors l’âme s’envole
pour que prenne fin

son odyssée folle
que fut cet exil
au loin sur une île
de l’autre côté

de la grande mer.
N’en sois pas amer :
du rêve éveillé
faut se réveiller !

Trop petite Terre
pour tous les poètes,
nomades qui errent
dont le cœur, la tête

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Annus horribilis 2020

En clôture de La Nuit des Idées », à la Villa Chanteclerc, le 28 janvier 2021  le texte suivant de Patrick Mathelié-Guinlet a rencontré un certain succès.

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

..2020 : “annus horribilis” avec 2 “haines”, quoiqu’avec un seul n ça fonctionne aussi

..car on peut dire qu’on l’aura quand même eue bien dans le cul, cette année-ci…

..Si je n’avais la poésie de l’écriture pour vous crier sans masque tout ce que je ressens OK

..et m’inventer un ailleurs meilleur dans un lendemain mélomane,

..la vie ne serait qu’une routine irrespirable sans aucun espoir de changement

..et d’un ennui bien plus mortel que le virus !

..Je ne supporte plus la décadence du moment,

..cette mise en parenthèses de la plus élémentaire humaine intelligence et du bon sens dans une sorte de boucle du temps…

..Pour les uns, le virus est un prétexte,

..voire une aubaine, source de pouvoir et de profit

..(ainsi n’est-il pas par exemple au sens littéral la cause qui précède l’écriture de ce texte ?),

..pour d’autres un révélateur, une catalyse, voire une catharsis…

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« La nuit des idées »

Jeudi 28 janvier 2021 à partir de 18h, Villa Chanteclerc, Fort-de-France

Volens nolens… Qu’on le veuille ou non… Cette expression latine, composée des deux participes présents « volens » (voulant) et « nolens » (ne voulant pas), était employée dans la Rome antique pour qualifier la fatalité : quoi que l’on dise ou fasse, si une chose devait arriver, elle arrivait. Sa signification traverse les siècles, et notre temps veut que l’on utilise cette formule pour désigner les choses sur lesquelles on ne peut influer et celles que l’on doit subir.

Voir le programme ci-dessous

Une autre expression latine, mutatis mutandis (signifiant « ce qui devait être changé ayant été changé, une fois effectuées les modifications nécessaires, en écartant les différences pour rendre une comparaison possible »), indique que les situations sont similaires et que l’on ne pourra s’écarter consciemment ou inconsciemment de comportements similaires, dorénavant dans les rapports sociaux.

C’est peut-être à cela que font allusion les organisateurs de cette 6e édition de la Nuit des Idées, évènement national et international du Ministère français des Affaires étrangères, dédié au partage des idées et de la pensée, en choisissant cette année la thématique de « PROCHES », écrit au pluriel, en relation avec la crise de ce satané coronavirus.

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Chyen dalo é chyen à kolyé

En hommage au méconnu car trop discret poète disparu, mon ami Maurice Orel, une de ses merveilleuses adaptations créoles (et non traductions) des fables de La Fontaine (à savoir « Le loup et le chien ») Patrick Mathelié-Guinlet

Dapré “Le loup et le chien” de Jean de La Fontaine

Té ni an fwa an chyen
ki pa té konnèt manjé byen.
I té mèg kon an taso,
tout kò’y, sété lapo épi zo.

I té ka alé-vini an tout ti kwen Chèlchè
ka chèché an ti zo oben an ti lachè.

I té sal, tout kò’y sété yenyen
é pèsonn pa té ka ba’y ayen.

Sèl bagay i té ni dwa,
sété kout pyé, kout woch èk kout bwa.

An jou, i vini jwenn épi an lot chyen
ki, li, té sav sa sa yé manjé byen.

Vyé chyen mèg-la rété estébékwè.

I pa té lé kwè sa zyé’y té ka wè.

Bèl chyen-an, non pli, pa té ka konpwann.

I rété doubout akondi i té ka atann.

Pandan tan-an, vyé chyen-an té ka réfléchi
pou wè sa i té pé di.

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Chroniques de confinement

Par Patrick Mathelié-Guinlet

COVID 19

Un vent souffle de l’est,
soulevant une peste
qui s’avance en silence,
relents de pestilence…

À venir est le pire
car celui qui l’inspire
de fièvre alors transpire
et parfois même expire !

Le roi comme le gueux,
le jeune et puis le vieux,
aucun n’est épargné
par ce mal contagieux
frappant l’humanité.

Ce migrant sans frontières
franchit même les mers,
polluant la terre entière
et rend la vie amère,
semant mort et misère…

Fermons lui notre porte
et que le diable emporte
au fin fond de l’enfer
ce grand souffle maudit
qui infecte ainsi l’air
de tous nos beaux pays !

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Caprice (à Alain Caprice)

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Ta vie n’en fut pas un !
Car toujours tu as su,
fait c’que tu as voulu :
photo, peinture et poésie,
touche-à-tout de génie…

Ton art, pas un non plus !
Car il a défendu
contre injustices, abus
tout ce que tu étais :
noir, fier et Antillais
profondément humain…

La muse par nature
est femme capricieuse !
C’est sans doute pourquoi
tant elle t’inspira
poétiques paroles,
reflets d’âme créole,
sonnant puissantes et vraies !

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Couleur arc-en-ciel

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Après la pluie vient le beau temps
pour les enfants de l’arc-en-ciel…
Aujourd’hui doit finir le temps
des discriminations sexuelles !

Chacun peut aimer à sa guise
car c’est une chose permise
pourvu qu’à personne on ne nuise…
Pour vivre en bonne intelligence

le mot d’ordre est la tolérance,
le respect de la différence.
Qu’il s’agisse de religion,
couleur de peau, sexualité,

soyons fiers de ce que nous sommes
et cela vaut pour tous les hommes
car des Droits la Déclaration
a depuis longtemps proclamé

qu’ils doivent être libres et égaux !
Il faut chasser de nos cerveaux
le racisme et l’homophobie.
D’un même combat il s’agit :

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8 Mai 1902

— Patrick Mathelié-Guinlet —

Tout à coup la montagne sort de sa torpeur.
De se réveiller, n’est-ce pas l’heure ?
En ce petit matin de Mai et sa pâleur,
d’abord un frémissement qui engendre
la peur
puis de murmures en grondements
de tonnerre,
sa rumeur s’enfle alors sous la terre.
À son flanc saigne une blessure
dont le sang coule à gros bouillons et puis soudain, c’est l’explosion :
les volutes d’une fumée grise,
épaisse, mortelle, quasi-solide
et pleine de roche en fusion,
montent au ciel et puis détruisent
toute vie endormie dans Saint-Pierre
brutalement ensevelie
sous une pluie de cendre amère.
Pas même le temps d’une prière
que déjà tout est fini.
Sur la mer retombe un silence de pierre,
de tombeau que nul chant d’oiseau ne vient
briser.

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Au Nègre fondamental

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Le père du nègre est mort !
Je vous parle pas de Cham.
Aujourd’hui dans mon slam
j’ai mis toute mon âme :
qu’il emporte mes mots
au loin jusqu’à son corps.
Du nègre Orphée
s’est tue la lyre,
dans les bras de Morphée
dirait-on pas qu’il dort ?
Car un poète ne peut être mort :
tant qu’on continue de le lire
il continue de vivre encore
au cœur de notre souvenir
pour les nombreux siècles à venir.
Certes tu fus aimé,
Aimé, comme ces airs,
Césaire, de liberté
que tu nous a chantés
et qui nous ont charmés.
Jamais nous te laisserons partir.

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Carnaval

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Chevalier d’hystérire
où tout, même le pire,
prétexte à dérision
lorsque l’amer des larmes
et les vagues de l’âme
sont noyés dans les lames
d’une mer sans fond de sons,
que déferle la houle
d’une foule qui s’défoule,
toute sous son empire.
Défilent des beautés
sensuellement parées
de leur seule sueur,
arcs-en-ciel de couleurs
des nudités de plumes
soulevant dans les airs
tourbillons de poussière
au rythme des danseurs
recherchant l’âme sœur
dans leur regard hagard
et que la transe allume.

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14 février 1974

—Par Patrick Mathelié-Guinlet —
Sur le plateau Chalvet
tous ensemble ils marchaient,
leur commune misère
d’étendard leur servant,
de cinq malheureux francs
désirant seulement
augmenter leur salaire
trop maigre au demeurant
afin que leurs enfants
ne meurent pas de faim
pour aller à l’école.
Ouvriers agricoles,
des coupeurs de banane
tous unis dans la grève,
par désespoir poussés
à cette extrémité.

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Pas…(Étit lespri févriyé dé-mil-nef ?) & Vendredi 6 mars 2019

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Pas…(Étit lespri févriyé dé-mil-nef ?)

Pas tan-an ka vin pou pep-la lévé doubout,
pas lavi an nonm two kout, fout !
kouté’y an lari-a palé épi an sel vwa
pou mandé tousa i ni dwa.
Pas mépri bétjé-a lévé kòlè pep-la,
pas nou té bon épi pwofitasion,
pas Gwadloup ek Matinik sé dé nasion,
pas lè ni an volonté ni an lawout,
pas nou vlé dinité nou épi sé tout,
pas lavi nou sé an konba ki pa jen bout,
pas sé solidarité ka pòté lespwa,
pas sé an kréyol i tan pou mwen di tousa,
divini ich nou ké plen épi lajwa !

Patrick Mathelié-Guinlet

Vendredi 6 mars 2019

Tous debout devant la Maison des Syndicats
malgré des lacrymos, l’épaisse, âcre fumée,
la marée rouge du fier peuple de Foyal
résiste à l’arrogance de l’armée coloniale,

scandant comme on le fait un hymne national :
« Yo armé, nou pa armé, sé pou la viktwa
nou ka alé ! » Ferveur d’une seule et même voix
en dansant tel en un vidé de carnaval…

Convaincus de leurs droits, au-delà de la peur,
sans armes, leurs mains nues levées avec ardeur,
ils font reculer à la force de leur chant
les gendarmes macoutes, armés, eux, jusqu’aux dents !

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Du jaune de la colère au vert de l’espoir…

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

C’est la fin de deux mille dix-huit !
Refermons cette triste page
d’une année remplie de colère,
mécontentement et puis rage
de Gilles et John ayant assez

d’être toujours boucs émissaires
d’une société mal gérée
où règnent injustice et misère…
Quelle en pourra être la suite,
l’homme deviendra-t-il plus sage ?

Puissions-nous en deux mille dix-neuf
vivre dans un monde tout neuf
plus équitable et apaisé,
monde d’amour et de partage
sans exclus et sans réfugiés

avec en vers et contre tout
l’espoir secret, la volonté
que l’on portera jusqu’au bout
que nous n’attendrons pas en vain
qu’il advienne en deux mille vingt…

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« Tribulations archipéliques », vues par Patrick Mathelié-Guinlet

J’ai la mémoire de l’escalier
qui ne va nulle part.
En redescendant ses supermarches,
je me souviens de l’île
mais lorsque je te décode,
Martinique, tu te barres !

Archipel de visions émergentes
volcaniques, magmatiques, bouillonnantes,
explosives !
Points chauds
entre le ciel et l’eau…

Kaléidoscope d’ethnies, de cultures et de couleurs de peau,
rencontres, croisements, métissages,
fusions, échanges, transmissions,
la créolité du “tout-monde”
reflétée dans des miroirs
comme en les yeux de l’autre…

Les valises de l’exîle sont posées,
au voyage invitation
d’un peintre qui a changé de palette.

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Mémoire d’une seule traite

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

J’ai traversé pour l’autre bord,
le bord de ce beau pays de France.
Je suis allé à Bordeaux
au bord de l’eau
sur les quais ensoleillés,
laissant au fil du fleuve mon esprit vagabonder.
J’y ai humé comme un fumet
persistant et rance
de larmes, de sang,
de sueur et de peur,
comme un relent
de mort, d’humiliation, de souffrance.
J’ai contemplé les fantômes de ces grands bateaux négriers
remontant l’estuaire, toutes voiles déployées,
qui firent la fortune des commerçants
de bois d’ébène sur le dos des esclaves.
Les fantômes de ceux qui sucèrent la moelle de l’Afrique

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Une trop brève histoire du temps…

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Tu ne pouvais pas marcher, pas même bouger dans ton fauteuil roulant
mais ton rêve était aussi vaste que l’Univers…
Tu nous le faisais partager,
nous entraînant jusqu’aux confins du cosmos et de l’espace-temps,
à cet “horizon des événements” de trous noirs, là où personne ne s’était aventuré auparavant,
de ta voix informatisée au timbre métallique un peu monocorde de cyborg.
Mais ton intelligence n’était certes pas artificielle !
Un des plus grands penseurs scientifiques de l’humanité depuis Albert Einstein s’en est allé…
Ton étoile a filé dans les cieux, implosant en supernova, fusionnant avec ce cosmos où en esprit tu aimais tant te promener de ton vivant.
Poussière d’étoile, tu es retourné poussière d’étoile…
Merci encore pour tous ces voyages et, pour le dernier, bonne route sur la voie lactée, Monsieur Stephen Hawking !

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Place de la Bastille, Place de la Nation ou Place des Antilles…

À chacun sa place, sans perdre la face, sans contrefaçon…

— Par Patrick Mathélié-Guinlet —

On fête au quatorze juillet
en France la Fête Nationale
en l’honneur de la Liberté
de haute lutte récupérée
des mains du pouvoir Royal
avec en toile de fond
la prise d’une prison
comme le pétard mouillé
de cette Révolution
fêtée aujourd’hui par ses fils
avec des feux où l’artifice
l’emporte sur la réalité !

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Pak nou

— Par Patrick Mathélié-Guinlet —
Pak nou

Pak, ti tak, ti tak Pak,
ti tak, ti tak Pak.
Pak atak, Pak atak,
matoutou krab !

Krab pa ni mak,
chak krab an lak,
chak krab an bak,
chak krab an sak,
chak krab an pak
èk san di hak,
krab pak an pak
èk bonda-man-jak…

Pak atak, Pak atak,
matoutou krab !
Pak, ti tak, ti tak Pak,
ti tak, ti tak Pak.
Pak atak, Pak atak…

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All that jazz!…

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

poeme_ziziqueNoires et blanches

se déhanchent

en ondulant des anches,

se métissent

et tissent

vaille que vaille,

maille à maille,

maille à partir,

la trame

de leur âme

triste

d’artiste

qui s’envole

– tapis perçant

mes tympans –

de la gueule

cuivrée des saxophones.

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22 mai : poèmes de Patrick Mathelié-Guinlet

le_22_mai22 MAI 1848

I

L’or rouge de l’Afrique a menotté mes yeux
pour toujours obsédés par le son du tambour.
Ces mains battant la peau de joie ou de douleur
dont déborde le cœur des hommes de couleur
conjurant tous les dieux des jungles et des cieux
pour oublier le poids de leur destin trop lourd,
racontant l’épopée d’un trajet sans retour,
d’un exil au delà des terres des ancêtres,
subissant sous le joug insensible de maîtres
cruels l’injustice du légal code noir
qui fait dans la terreur d’un monde sans amour
l’espérance de vie rimer au désespoir.
C’est pourquoi aujourd’hui vient le besoin d’écrire,
d’exorciser enfin le triste souvenir
afin que désormais avec moi puisse dire
tout homme sensé : “L’ESCLAVAGE, JAMAIS PLUS !”

II

Mon île n’est pas née de nébuleuses
mais bien plutôt de la mer houleuse.
22 Mai ! Ce beau jour
vit se briser les chaînes…
N’est-ce pas le bon jour
pour enterrer les haines ?
Et si sont remisés
et les fouets et les fers,
c’est pour qu’enfin jaillisse
aujourd’hui la lumière.
22 MAI 1848

Si se sont libérés
les poignets et les pieds,
cela n’est pas assez
pour crier : « Liberté !

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À Betzi, Marajo, Rosile,

Décembre 59

decembre_59Ils avaient cru qu’en devenant département,
c’en serait fini du mépris, de la misère,
oubliant hélas que toujours le colon ment…
La fermeture des usines sucrières
menant à l’exode rural, pas de travail,
le racisme des colons français fonctionnaires
avaient encore plus agrandi cette faille.
Déçus dans leur espoir, tous ces jeunes frustrés
dans les rues de Foyal exprimaient leur colère.
Ils en avaient assez en chiens d’être traités,
seul le nom de leur laisse avait été changé.
Ils pensaient qu’ils seraient français à part entière,
entièrement à part ils s’étaient retrouvés.
Lors, non content de ne pas tenir ses promesses,
la République avait lâché ses C.R.S.
racistes qui, par la police secondés,
avaient chargé la foule avec brutalité.
Trois morts étaient tombés, fleur de notre jeunesse,
pour défendre à tout prix la dignité bafouée
et la liberté du peuple martiniquais.
À Betzi, Marajo, Rosile, honneur, respect !
Aujourd’hui d’autres leurres à nos choix sont offerts,
alors songeons aux déconvenues du passé
et sachons voir ce qui peut se cacher derrière
afin que nos martyrs ne soient point morts en vain…

Patrick MATHELIÉ-GUINLET

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Autiste, un poême de Patrick Mathélié-Guinlet

 

Je ne vois rien

mais ne suis pas aveugle…

Je n’entends rien

mais je ne suis pas sourd

ni muet, pour autant

je ne dis rien

mais n’en pense pas moins…

Et ce monde où je vis,

où je me réfugie,

certes vaut bien le tien !

Tu parles de folie

quand tu ne comprends rien…

Mais c’est la jalousie

qui fait parler ainsi

lorsque ta vie tu rêves

et que souvent t’en crèves

des rêves inassouvis

alors que j’ai choisi

de vivre dans les miens

que j’aime à la folie !

Change donc ton regard

car mon indifférence,

en fait, à ton égard

est juste une apparence,

plutôt ma différence

et d’or est mon silence…

C’est pas une maladie,

différent je le suis,

mais on peut être amis

dans un monde enrichi

si, au lieu de rejet,

vient un peu de respect.

Lors, à bon entendeur

si tu ouvres ton cœur,

l’autiste te salue…

 

Patrick MATHELIÉ-GUINLET

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