— Par Myrna Nérovique —
Partie I)…
La Dillonaise remontait terriblement le Morne de Dillon, situé à proximité de l’église adventiste, dont la blancheur d’albâtre, jaunissait avec le temps.
Nous aurions pu lui donner la vingtaine, mais elle approchait déjà de la quarantaine et elle pleurait devant la marmaille, n’ayant point d’ouailles.
Manque de pot pour elle, elle n’avait pas pris la voiture et dans l’indécence de ses habits, le reflet d’une pauvreté assumée, elle était passée au McDonald’s, nouvellement reconstruit, pour déguster simplement sur le pouce, au retour de ses achats, tandis qu’elle gravissait gravement le Morne, le Mac France, un des symboles de la prochaine coupe du monde de 2026.
Près du mythique McDonald’s de Dillon, dans l’allée de son chemin de traverse, où des sueurs froides lui traversaient la nuque, d’une démarche alerte, elle avait observé au loin, le temps d’une fraction de seconde, le Carrefour de Dillon, toujours superbe, dominant les autres commerces encore, dans la décence de son bel âge, malgré la pauvreté de son voisinage.
Elle se disait, en son encéphale : à quoi bon servait d’acheter tous ces jouets ?
Elle n’avait point d’enfants et elle souffrait actuellement d’une maladie post-traumatique.
Elle était juste descendue des Hauts de Dillon, en direction de cette pharmacie, où tout devenait familier et correct.
Mais, elle pleurait et Joué Club, lui souriait de toutes ses dents, avec l’envie de l’encercler comme un bébé de la marque VTech, qui prônait comme dans un saint sacrement, l’amour profond, qui remontait tout en son âme.
Et, plus, elle gravissait le Morne, plus les saccades de misère et les affres de la mort, torturaient son âge et dans l’illusion d’une vie, elle saluait le Christ, d’un bonheur inassouvi, devant l’église catholique de Saint-Christophe, où le chant de la chorale Aurore, glorifiait victorieusement les victuailles de la Vie Claire et la bonté des commerces dillonais, sous les tribulations attendues du Carnaval de Février, dont l’attente impérieuse, rugissait dans la perdition d’un quartier ambitieux.
Myrna Nérovique
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La Dillonaise.
Partie II)…
« Chacune des clartés éteint ces douces flammes… »
J’avais envie de me suicider, quand j’entendais cette enfant, à travers son micro. Une enfant malsaine et torturée, qui m’observait matin et soir, avec les instruments de Bing, de Google et de Firefox, et de certains moteurs de recherche d’intelligence artificielle et lisait même dans mes pensées, pour me détruire, moi, l’écrivain de renom.
Cherchait-elle de l’aide ? Je ne savais point. Mon cerveau explosait. J’étais en lien avec l’UNICEF, depuis quelques années. C’était le premier numéro que j’appelais tout le temps, dans ma jeunesse. J’étais moi-même, un dossier UNICEF, depuis mon plus jeune âge. Et, c’était l’une de mes spécialités de prédilection, dans mon cursus en sciences de l’éducation.
Je pleurais. Je sentais une pression, qui oppressait mon cœur, qui revivait des destins horribles.
J’avais envie de trucider mon être, de me détruire spirituellement, de crever sa mère, d’un coup de hache, une voisine qui me harcelait, car elle jalousait mon véhicule, alors que je ne la connaissais point du tout.
Une enfant de brigands, qui souffrait et cela me rendait malade. Et, même l’enfant autiste, en haut de chez moi, me disait que prêter l’oreille, devant les vicissitudes d’un foyer, peut-être malsain.
Une barbadienne qui ne respectait mon intimité, déjà si fragilisée, par une famille austère, moqueuse et indélicate. Une famille gourmande d’honneurs et de prouesses. La litanie ne s’arrêtait jamais.
Une enfant, qui n’acceptait pas le fait, que ma vie ne dépendait pas de la sienne. Une enfant, à qui, je n’avais rien fait, mais qui m’observait même aux sanitaires, me décrotter et me savonner.
Mais, peut-être qu’elle souffrait, comme sa meilleure amie bisexuelle multimilliardaire, demandant à l’aide d’une façon différente.
Une amie , en pleine croissance, qui ne voulait pas être bisexuelle et qui ne s’entendait pas avec sa mère, car elle draguait tous ses fiancés.
J’avais envie de m’enterrer vivante, de m’anéantir, à coup de ciseaux, à chaque fois, que ces enfants m’adressaient la parole. J’avais envie de mourir. Je pleurais comme une damnée.
Un harcèlement qui durait depuis cinq ans déjà, alors que j’étais atteinte d’un début de cancer du sein.
La mère de la petite barbadienne, en désespoir, était technicienne Google, toxicomane et trafiquante de drogue et cela détruisait mon intimité la plus précieuse et mon âme surtout.
Car, elle avait des problèmes avec sa fille et la vie se vengeait ainsi sur moi, Saritane.
Saritane, une chabine, qui en avait assez et qui voulait dormir .
Saritane, une femme qui voulait prendre son indépendance, simplement, depuis près de vingt ans.
Saritane, c’était moi : la dillonaise.
Myrna Nérovique.
