– par Rodolf Etienne
Edouard Glissant, Eugène Mona, Valérie Kristofic.
Le 21 septembre 1928 naît Édouard Glissant. Le 21 septembre 1991 disparaît Eugène Mona. Et le 21 septembre 2024 Fabienne Valérie Kristofic, autrice martiniquaise de littérature jeunesse s’éteint.
Il est des dates qui, sans l’avoir cherché, finissent par dessiner une géographie de la mémoire. Trois générations, trois univers, trois engagements, trois manières de dire le pays.
Le 21 septembre en est une pour la Martinique.
Chez Édouard Glissant, la Martinique devient pensée du monde. Né le 21 septembre 1928, l’écrivain, poète et philosophe élargit l’expérience antillaise jusqu’à en faire une réflexion sur la Relation, les langues, les mémoires, l’archipel et les identités qui ne se ferment pas sur elles-mêmes. L’œuvre d’Edouard Glissant interroge la façon dont nous entrons en relation avec les autres.
Chez Eugène Mona, cette même interrogation passe par le corps, la voix, le tambour et la flûte. Le chanteur martiniquais meurt le 21 septembre 1991, à 48 ans. Son œuvre plonge dans la langue créole, l’oralité, les mornes, les héritages africains, européens et indiens. Mona n’écrit pas un traité de l’identité martiniquaise : il la fait entendre.<p> Lire Plus

« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »
En 1998 à la Sorbonne, lors du colloque “Poétiques d’Édouard Glissant” qui s’était tenu du 11 au 13 mars 1998 à la Sorbonne, l’événement fut cette déclaration tenue par Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau et Wole Soyinka, réclamant la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité, en guise de conclusion imprévue au colloque international ; Pétition à l’appui.
À Paris, Anne Hidalgo maire de la ville mais également candidate à la prochaine élection présidentielle, a inauguré la Promenade Édouard Glissant. Le célèbre philosophe et poète martiniquais possède désormais un lieu à son nom dans cette ville qu’il aimait tant, entre Seine et musée d’Orsay, au centre de la capitale. Un hommage en forme d’anniversaire, puisqu’Édouard Glissant aurait eu quatre-vingt-treize ans, ce mardi 21 septembre 2021, jour à l’aube duquel une plaque à son nom a été dévoilée, entre autres par Christiane Taubira, sur les berges du fleuve, en face du quai Aimé Césaire et à quelques pas du musée d’Orsay.
Lorsqu’on parle de Lam, on mentionne inévitablement ses relations et son amitié avec quelques intellectuels célèbres. Parmi les européens, Pablo Picasso et André Breton ainsi que leurs expériences entre Paris et Marseille de 1938 à 1941 sont immanquablement cités. S’il s’agit des Caraïbes, Aimé Césaire, un géant des lettres antillaises lié – comme l’était aussi le peintre cubain – à la pensée surréaliste, est le premier évoqué.
Dans les années 2000, les deux écrivains martiniquais
Un ouvrage rassemble, pour la première fois, six textes coécrits par les penseurs martiniquais Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant. Dix ans après la mort de ce dernier, d’autres ouvrages nous invitent à naviguer dans son sillage.
— par Patrick Chamoiseau —
Édouard Glissant s’en va
L’Institut du Tout-Monde est heureux d’annoncer la création du Centre international d’études Édouard Glissant, nouvelle entité dédiée à la recherche concernant l’œuvre d’Édouard Glissant et à la diffusion de sa pensée. Fondée sur sept partenariats internationaux, le Centre entend promouvoir l’engouement considérable qui se joue actuellement autour de l’œuvre d’Édouard Glissant, en coordonnant autant que possible le renouvellement du discours critique à son propos. Vous pouvez découvrir d’ores et déjà
— Par Loïc Céry —
Dans cet entretien, le poète et écrivain martiniquais Edouard Glissant revient sur sa pratique poétique qu’il lie de manière fondamentale avec ses engagements politiques et principalement l’anticolonialisme. Dire le paysage, conter l’histoire, et écrire en présence de toutes les langues du monde sont quelques-unes des fonctions qu’assigne Glissant à la poésie. Le poète du « chaos-monde », dit-il, fait œuvre de libération et doit contribuer à changer les imaginaires.
Madame Kora Véron a publié mercredi 30 septembre dans l’édition électronique de
Face à un monde qui se défait devant nous, la pensée du poète, essayiste, romancier martiniquais, Edouard Glissant n’a jamais été aussi vive et fondée.
Invitation
Miss Baylavwa, militant culturel de Guadeloupe et qui s’intéresse à la culture créole a consacré une interview à la récente publication de Rodolf Etienne « Monsieur Toussaint – Misyé Tousen », traduction créole (Martinique) de « Monsieur Toussaint » d’Edouard Glissant. Une interview menée en créole dont Madininart retranscrit la substance. La version française figure en bas de page.
Préface de Michaël Dash, Université de New York
C’est au début de l’année 2005, un soir de janvier, à la galerie Léo Scheer, rue de Verneuil, à Paris. Vêtu d’un chapeau noir, avec une veste noire sur une chemise rouge, Édouard Glissant est l’invité d’un débat philosophique. Sa voix est douce, presque chantante, ses mots profonds, puissants, mais immédiatement accessibles, communicatifs. Sans détour, sa pensée pointe au vif et donne le sentiment du mouvement, dans une sorte d’élégance qui suit son chemin.