Des îles sans eau

Quand l’eau manque : les Antilles face à une crise qui bouleverse le rapport au territoire

— Par Sabrina Solar —

Aux Antilles françaises, l’été ne se résume pas aux paysages de carte postale, aux rivières fraîches et aux plages baignées de soleil. En Guadeloupe comme en Martinique, l’eau, ressource que l’on croyait abondante dans ces territoires tropicaux, devient aujourd’hui un sujet de préoccupation quotidienne. Robinets à sec, tours d’eau, rivières contaminées, plages interdites à la baignade : derrière la crise climatique se dessine une fragilité beaucoup plus ancienne, celle d’infrastructures qui peinent à répondre aux besoins des populations.

En Guadeloupe, la situation est particulièrement révélatrice de ce paradoxe. L’archipel dispose d’un environnement qui donne traditionnellement l’image d’une terre généreuse en eau. Pourtant, le mois de juin a été le deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991, selon Météo-France. Sur la Grande-Terre, le déficit pluviométrique a atteint jusqu’à 75 %. Cette sécheresse prolongée intervient alors que le réseau d’eau potable est déjà fortement fragilisé par les fuites.

La conséquence est très concrète pour les habitants : l’eau ne coule plus nécessairement lorsque l’on ouvre le robinet.<p>  Lire Plus