Viol : pourquoi la parole des victimes reste-t-elle si difficile à croire ?

—  Par Alexane Guérin (*) — 

Patrick Bruel, PPDA… font face à des dizaines de plaintes pour violences sexuelles ont été déposées. Ils contestent les faits qui leur sont reprochés.

Quand une femme dénonce un viol, ce n’est pas seulement la justice qui est mise à l’épreuve. Derrière le célèbre « parole contre parole », des mécanismes sociaux invisibles influencent la manière dont nous accordons, ou refusons, notre confiance aux victimes comme aux accusés.

Depuis presque une décennie, le mouvement #MeToo a révélé la lutte qui se joue autour de la crédibilité des femmes lorsqu’elles dénoncent des violences sexuelles. Face aux dénonciations publiques, les réactions prennent souvent la forme de formules devenues familières : “La présomption d’innocence doit prévaloir”, “Laissons la justice faire son travail”, “Tant qu’il n’y a pas eu de condamnation, on ne peut pas savoir.” Fréquemment mobilisées lorsqu’un homme est accusé publiquement de violences sexuelles, ces réactions traduisent l’idée qu’il existerait une instance neutre capable de départager objectivement les récits. Le tribunal apparaît alors comme le lieu privilégié de cette vérité attendue.

Pourtant, les analyses du traitement judiciaire des viols montrent combien ces dossiers mettent à l’épreuve le régime classique de la preuve.

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