— Par Victor Anicet —
Monsieur l’Archevêque de Fort de France et Saint-Pierre,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses,
Mesdames, Messieurs,
Il est des créations dont se satisfait plus ou moins l’artiste qui les conçoit ; des créations « contentement », des créations « tâtonnement », des créations « atermoiement »…
Et puis, il est des créations comme du nouveau né qui parait, qui s’insinuant dans la vie de l’artiste, ébranlent ses habitudes ; des créations « tempête » qui s’abattant sur la tête de l’homme, bouleversent le champ de ses perceptions…
Lorsqu’on me confia en 2002 la réalisation des vitraux de la cathédrale de Saint-Pierre, j’avais conscience du défi artistique à relever, mais non des limites qu’il me faudrait repousser dans l’exercice de mon art, ni de l’extraordinaire introspection qu’il me faudrait mener dans l’antre indicible de la lumière.
Ma démarche a consisté tout d’abord à m’imprégner du lieu. Je voulais créer des vitraux, à l’image de cet espace, propice au recueillement, symbole de rassemblement ; en rapport avec cette cité chargée d’histoires ; en accord avec la culture et l’identité d’un peuple.









Raconter l’histoire multimillénaire d’un peuple à travers sa musique, ses chants et ses danses tel est le pari magnifiquement réussi de deux femmes sud-africaines, Thelmi Nyandemi, ancienne danseuse étoile d’un spectacle renommé « Ipi Ntombi » et Todd Twala, chorégraphe qui dans les vingt dernières années du vingtième siècle décidèrent d’unir leur forces et de mettre au service d’une noble cause : sortir les enfants des boulevards qui mènent au crime et leur offrir une possibilité de s’approprier leur histoire niée par le régime de l’apartheid. Umoja nous conte une histoire éternelle, universelle, parce que très précisément inscrite en un lieu géographique, historique, ethnographique on ne peut plus précis, celui du peuple Zoulou. A travers toutes les vicissitudes de l’histoire, mais aussi ses moments flamboyants, dans les rites de la naissance, de l’initiation, des mariages, de la mort des proches et des ancêtres UMOJA nous rappelle que l’ histoire de l’humanité n’est rien d’autre que l’histoire des hommes et des femmes, de leurs amours, de leurs rivalités, de leurs différences irréductibles, et de leurs rencontres possibles et impossibles.


Le choix de deux interprètes blancs pour évoquer la négritude surprend au prime abord.
Il y a, selon moi, deux approches de la notion d’actualité :







Chorégraphié et interprété par Laurence Couzinet et Thierry Sirou