— Par Yoshvani Medina —

« Ana en el trópico », ou de la nécessité être soi-même sans complexes.
Il neige à New York, ma fille m’a demandé une photo à côté de la statue de la liberté, et si je la fais aujourd´hui, ma petite pensera que la statue est blanche. Blanche neige qui tombe sur les milliers d’enfants qui marchent sur Broadway, et que je vois depuis le restaurant du Marriot, le gratte ciel qui abrite le mythique théâtre homonyme.
J’ai rendez-vous avec deux personnes qui travaillent dans le milieu ici, et qui me prient d’écrire mes pièces comme on conçoit un spectacle pour enfants. Il faut leur proposer un texte fluide, clair, compréhensible, il faut les épater, mais avec ce qu’ils attendent, me disent-ils. Il faut des histoires linéaires, sans flash-back, sans dialogues grossiers, sans situations tordues, bref, avec la clarté et la magie que les enfants demandent, mais pour les adultes, parce qu’au fond d’eux mêmes, les adultes n’ont pas grandit, ils ont autant besoin des histoires que les enfants.
Et la plupart des gens qui viennent au théâtre ce sont de vieux riches qui ne veulent pas être choqués, me dit mon interlocuteur secouant le manuscrit de mon texte « Merde ! Lire Plus








— Par Christian Antourel —


Edito du 20/05/2008




On peut débarquer du « 9-3 », être nourri de la culture des banlieues, être porteur d’une identité bâtarde, avec du martiniquais mêlé à bien d’autres origines, et être néanmoins capable de s’adresser aux Antillais d’ici, à ceux qui ont fait le choix de rester dans le pays du premier exil, le pays des anciennes humiliations et des douleurs jamais complètement effacées. A en juger par l’émotion qui a saisi les spectateurs, D’ de Kabal, l’auteur et principal interprète d’Ecorce de peines, présentée à Fort-de-France le 17 avril, a su les toucher au plus profond et, qui sait ? leur apprendre quelque chose d’eux-mêmes qu’ils ignoraient, comme la fraternité profonde qui les lie aux « sauvageons » des banlieues, à l’égard desquels il leur arrive pourtant – quand la violence se met à déferler sur les cités – de tenir des propos dépourvus de toute compréhension.

