— Par Roland Sabra —
Malavoi a fait une ouverture mitigée du 38 ème festival culturel de Fort-de-France placé sous le titre « Moissons vivantes ». Ralph Tamar est apparu « encravaté » avec boucle d’oreille, dans un costume anthracite rayé de VRP en recherche de respectabilité. Il y avait un coté chanteur sur le retour pour « mémères décorées comme des arbres de Noêl » (Brel). Mais le public à l’image de son chanteur s’y est reconnu. L’introduction, même si elle est un hymne la Martinique a semblé un peu « lourdingue » à l’image du leader vocal engoncé dans son costard de chez Tati. Si le bassiste était étrangement absent, parti ailleurs on ne sait où, le tenant des claviers a fait son boulot avec quelques solos bien balancés en écho à ceux des violons. La violoncelliste faisait de la pure décoration et il fallu attendre le dernier morceau pour un petit solo de percus. La deuxième partie avec une reprise de classiques balançait un petit peu plus : Ralph Tamar avait laissé tombé la veste et la cravate et opté pour une chemise blanche bien empesée sur le pantalon inchangé du costard. Lire Plus










En écoutant André Lucrèce, écrivain et sociologue, le 31 mars dernier à l’Atrium de Fort de France en ouverture des Rencontres théâtrales 2009 en Martinique, sur « le Théâtre de Shakespeare et la cérémonie de la violence », la question de l’utilité de la représentation théâtrale dans notre société, s’est imposée à deux niveaux.
Pourquoi n’existe-t-il pas une entreprise des métiers de la scène et du spectacle vivant en Martinique ? Une des nombreuses interrogations posées par de nombreux Martiniquais qui ont l’audace d’imaginer la production culturelle et artistique comme source de revenus et de développement pour la Martinique mais aussi comme vecteur dans le monde d’une culture insulaire caribéenne issue de notre métissage.




On connait bien Hervé Deluge . Il a travaillé ces derniers temps sous la direction de Lucette Salibur. Les résultats étaient inégaux, avec une question lancinante : qui du comédien ou du metteur en scène devait payer la facture? Le spectacle proposé les 20 et 21 novembre 2008 à l’Atrium donne une réponse en forme de pirouette. Hervé Deluge se met en scène lui-même. Avec un coup de main de Rudy Sylaire il est vrai. Le matériau central d »Un marmonneur providentiel » est tiré de « Cahier d’un retour au pays natal », « Et les chiens se taisaient » et aussi d’autres textes césairiens. Hervé Deluge connait son Césaire. Une des qualités de ce travail, il en a plusieurs, est de mettre en évidence une force d’interprétation du verbe du poète qui le porte à une telle incandescence que la forme se consume ne laissant subsister que le trait acéré qu’elle enveloppait. Hervé Deluge a fait une vraie lecture des textes de Césaire, en se les appropriant de façon charnelle, en leur faisant l’amour, et nous les restituant, transformés par la seule magie du dire, en une langue presque naturelle.



