Le tribunal
correctionnel de Paris a rendu,
jeudi 19 février, sa décision dans
l’affaire portant sur les conditions
de départ à la retraite de Serge
Letchimy, actuel
président du conseil exécutif de la
Collectivité territoriale de
Martinique (CTM).
Initialement
poursuivi pour détournement et recel
de détournement de fonds publics,
l’élu martiniquais a finalement été
relaxé de ces chefs. Les juges ont
toutefois requalifié les faits en concussion,
c’est-à-dire « le fait,
par une personne dépositaire de
l’autorité publique ou chargée d’une
mission de service public, de
recevoir, exiger ou ordonner de
percevoir à titre de droits ou
contributions, impôts ou taxes
publics, une somme qu’elle sait ne
pas être due, ou excéder ce qui est
dû« , estimant qu’il avait
perçu des sommes indues en raison de
sa position et de sa parfaite
connaissance des règles applicables
aux agents publics.
Une
condamnation assortie d’un appel
Serge
Letchimy a été condamné à 18
mois de prison avec sursis,
150 000 euros
d’amende et cinq
ans d’inéligibilité. Le
tribunal n’a pas prononcé l’exécution
provisoire de cette peine
d’inéligibilité.
Forum
environnemental
sur la Martinique
de demain.
— Par Florent Grabin,
président de l’association écologique
P.U.M.A. —
Il est de plus en plus documenté que le
changement climatique touche toutes les
régions du monde. Le moment est venu pour
organiser le grand soir d’un forum
environnemental, afin d’oser rêver grand
ensemble !!!
Les calottes glaciaires polaires fondent
et le niveau des océans monte. Certaines
régions sont confrontées à des
précipitations et des phénomènes extrêmes
et de plus fréquents sur le plan
météorologique, comme ce qui se passe
actuellement en France continentale ;
tandis que d’autres doivent faire face à
des vagues de chaleur et à des sécheresses
de plus en plus intenses. Afin de faire
face à tous ces changements, sommes-nous
prêts ?
Il semble que nous payons déjà lourdement
les principales conséquences de nos
fourberies. En effet, après avoir consulté
différents membres de la société civile,
il en ressort que nous devrions agir
rapidement pour restructurer notre
relation avec la Nature plutôt que de
chercher à l’affronter : car c’est un
combat que nous perdrions d’avance. Notre
territoire connaitra un grand
bouleversement qui nous obligera à tirer
les leçons du passé, en cherchant à
lier : environnement avec économie et
santé.
5e édition de
Trimovies : la Cacem mobilise
les lycéens autour des nouveaux
enjeux du tri
Le tri sélectif s’est
progressivement imposé dans notre
quotidien. Nous trions davantage que
les générations précédentes, et les
plus jeunes adoptent ces réflexes de
plus en plus tôt. Pourtant, il reste
essentiel de rappeler pourquoi ces
gestes sont si importants et comment
ils participent concrètement à la
protection de notre environnement.
C’est dans cette
dynamique que la Communauté
d’Agglomération du Centre de la
Martinique (Cacem) organise la
5e édition de Trimovies, un concours
audiovisuel inter-lycées destiné à
sensibiliser les jeunes au tri des
déchets à travers la création vidéo.
Le tri :
un geste simple, un impact réel
Le tri des déchets
consiste à séparer les déchets selon
leur nature afin de permettre leur
recyclage ou leur valorisation.
L’objectif est de réduire au maximum
la part des déchets ménagers
résiduels, c’est-à-dire ceux qui ne
peuvent pas être recyclés et qui
finissent enfouis ou incinérés.
Chaque geste de tri
produit des effets concrets :
Éviter le
gaspillage : un
emballage correctement trié
devient une matière première.
L’aération des
stations d’épuration engloutit
jusqu’à 80 % de leur
consommation d’énergie… et une part
non négligeable de la facture d’eau
des ménages. Pour s’en passer, des
chercheurs misent sur des
microorganismes capables de
“respirer” sans oxygène : les
bactéries électriques.
En France, le coût
du traitement de l’eau (ou «
assainissement collectif »)
représente 40 %
de son prix de vente. Un
ménage paie
en moyenne 260 euros
par an juste pour
l’assainissement… dont plus de
35 euros directement
imputable à la consommation
d’énergie des stations
d’épuration. Au vu de la
volatilité du prix de l’énergie,
de nouvelles solutions émergent
pour réduire drastiquement la
consommation énergétique des
stations de traitement. Des
solutions qui utilisent des
bactéries électriques !
Les technologies
d’épuration des eaux usées sont
connues de longue date et très
matures. Leur principe est
relativement simple : il s’agit de
soustraire (ou mieux, d’éliminer)
les polluants de l’eau, du plus
gros au plus petit. Dans ces
étapes, celle dite d’aération est
une étape clef… mais c’est
également la principale
consommatrice d’énergie !
Composée en 1910 par
Scott Joplin, figure majeure du
ragtime et pionnier de la musique
afro-américaine savante, Treemonisha
est l’unique opéra achevé du
compositeur. Joplin en écrit lui-même
le livret, affirmant ainsi une vision
artistique et politique forte : faire
entrer l’histoire, les aspirations et
les luttes de la communauté
afro-américaine dans le cercle alors
fermé de l’opéra, réservé presque
exclusivement aux Blancs.
Si Scott Joplin ne
connut jamais la reconnaissance de son
vivant pour cette œuvre – faute de
moyens financiers et face aux
barrières raciales de son époque – Treemonisha
est aujourd’hui reconnue comme un
chef-d’œuvre, au croisement de la
musique européenne, du ragtime, du
gospel et de l’opérette, et comme une
pièce essentielle du répertoire
lyrique américain.
L’argument :
l’éducation contre l’obscurantisme
L’action se déroule
dans une plantation de l’Arkansas, peu
après l’abolition de l’esclavage,
alors que les anciens esclaves
prennent en main leur propre destin.
Ned et Monisha, anciens esclaves
devenus responsables de la plantation,
découvrent un jour un bébé abandonné
sous un arbre.
Chaque 14
février, des millions de
couples célèbrent la
Saint-Valentin à travers
le monde. Roses rouges,
chocolats, cartes
illustrées et déclarations
enflammées rythment cette
journée devenue
emblématique de l’amour
romantique. Pourtant,
derrière les clichés et le
succès commercial,
l’histoire de la
Saint-Valentin demeure
complexe, mêlant
traditions antiques,
légendes chrétiennes,
poésie médiévale et
stratégies marketing
modernes.
Des
racines antiques
controversées
Certains
font remonter la
Saint-Valentin aux Lupercales,
fête romaine célébrée du
13 au 15 février en
l’honneur de Lupercus,
dieu de la fécondité. Lors
de ces rituels, des
prêtres parcouraient la
ville en frappant les
femmes avec des lanières
de cuir censées favoriser
leur fertilité. Ces
célébrations, marquées par
une forte dimension
sexuelle et carnavalesque,
visaient à encourager la
reproduction et
symbolisaient le renouveau
du printemps.
Toutefois,
aucun texte antique
n’associe directement le
14 février à l’amour
romantique. Si l’Église a
su christianiser
bien des fêtes païennes,
le lien direct entre les
Lupercales et la fête des
amoureux reste
historiquement fragile.
Les
figures de saint
Valentin : entre
histoire et légende
Plusieurs
martyrs chrétiens nommés
Valentin sont célébrés le
14 février.
Alors que le
gouvernement prépare une loi d’urgence
agricole, plus de 650 experts
dénoncent une politique qui privilégie
le court terme au détriment de la
remise en cause d’un modèle dont les
limites sont établies de longue date
par la recherche.
Au moment où une
nouvelle loi d’urgence pour
l’agriculture est annoncée, la France
semble rejouer un scénario désormais
bien connu. Face à une colère agricole
profonde et légitime, la réponse
politique privilégie des mesures de
court terme, repoussant, une fois
encore, l’examen de fond d’un modèle
agricole dont les limites sont
établies de longue date par la
recherche.
Nous, médecins et
scientifiques issus de disciplines
allant de l’économie à la toxicologie
en passant par l’agronomie, prenons
aujourd’hui la parole collectivement
pour alerter sur le décalage croissant
entre l’état des connaissances
scientifiques et la fabrique de la
loi. Non pour opposer agriculture et
environnement, mais pour rappeler la
nécessité de les reconnecter, au
moment où les orientations politiques
adoptées ces dernières années
s’éloignent dangereusement de ce que
recommande la science.
Le clarinettiste,
saxophoniste, bandonéoniste et
compositeur Michel Portal est mort le 12
février 2026 à Paris, à l’âge de 90
ans. Avec lui disparaît l’une des
figures les plus singulières et les
plus libres de la musique européenne
des soixante dernières années : un
soliste international formé au
classique, pionnier du free jazz,
compagnon des avant-gardes
contemporaines et compositeur
célébré pour le cinéma.
Une enfance
basque, entre fêtes et rigueur
Né le 27 novembre
1935 à Bayonne, dans les quartiers
populaires du Saint-Esprit, Michel
Portal grandit dans un univers
mêlant artisanat, petites échoppes,
synagogue, école Jules-Ferry et
gare. Il aimait rappeler, non sans
malice, que l’on disait en
traversant l’Adour : « Je vais à
Bayonne », comme si son quartier en
était à la lisière — image d’un
destin toujours un peu à côté des
cadres établis.
Son père, Sylvain
Portal, l’initie très tôt à la
musique. À 9 ans, il apprend le
bandonéon, instrument qu’il ne
quittera jamais tout à fait. Il étudie
ensuite la clarinette à l’école
nationale de musique de la ville.
En proclamant 2026 «
Année Constantin Brâncuși », la
Roumanie, sa terre natale, ne se
contente pas seulement de célébrer un
anniversaire. Elle réaffirme avec
éclat une évidence trop souvent
oubliée : la modernité artistique
européenne ne s’est pas construite
uniquement autour des grandes
capitales, à Paris, Berlin ou Rome,
mais aussi depuis ses marges, depuis
l’Europe orientale, rurale,
spirituelle, parfois reléguée hors du
grand récit occidental.
Né en 1876, Constantin
Brâncuși aurait eu 150 ans en 2026. Un
siècle et demi après sa naissance, son
œuvre continue d’irriguer la
sculpture, l’architecture, le design,
la photographie et même la pensée
contemporaine de la forme.
Un geste politique et
culturel fort
La décision, adoptée
par la Chambre des députés roumaine,
d’inscrire 2026 comme « Année Brâncuși
» engage l’État, les collectivités,
les institutions culturelles et
éducatives autour d’un programme
national et international de
manifestations : expositions,
restaurations patrimoniales, actions
pédagogiques, coopérations muséales.
Ce geste n’est pas neutre, tandis
qu’il s’agit pour la Roumanie de
réinscrire Brâncuși dans son histoire
nationale, dans sa géographie, tout en
assumant sa dimension universelle.
Entre
christianisation de la culture
locale et diabolisation du vaudou
Henri
Claude Telusma
Préface : Monesty Junior Fanfil
Collection : Documentation
haïtienne
Présentation
L’hymnologie et la prédication
chrétienne ont constitué en Haïti des
moyens privilégiés de transmission de
la foi et de construction d’une
identité chrétienne collective. Grâce
à la traduction des cantiques en
créole et à l’intégration de rythmes
locaux, les Églises ont su adapter
leur message aux sensibilités
populaires, tout en contribuant à une
mise à distance du vaudou.
Caractéristiques
EAN : 9782336557854
Parution :
08/01/2026
Format : 135 x 215
mm
224 pages
23,00 €
Deux
histoires franco-caraïbes
Isabeau et
Isabelle de Roger de
Beauvoir
Néarah de Guillaume Lejean
Présentation : Barbara
T. Cooper
Collection : Autrement Mêmes
« Imaginez que
vous soyez le dirigeant d’un pays et
que vous soyez confronté à un dilemme.
Environ un demi-million de personnes,
essentielles à la vie quotidienne de
tous, vivent dans votre pays. Elles
s’occupent de parents âgés,
travaillent dans de petites et de
grandes entreprises, récoltent la
nourriture qui arrive sur nos tables.
Elles font aussi partie de votre
communauté. Le week-end, elles se
promènent dans les parcs, vont au
restaurant et jouent dans des équipes
locales de football amateur.
Mais une chose essentielle distingue
ces quelque cinq cent mille personnes
des autres habitants de votre pays :
elles ne disposent pas des documents
légaux leur permettant d’y vivre. En
conséquence, elles n’ont pas les mêmes
droits que les citoyens de votre pays
et ne peuvent pas remplir les mêmes
obligations. Elles ne peuvent pas
accéder à l’enseignement supérieur,
payer des impôts ni cotiser à la
Sécurité sociale.
Que devons-nous faire de ces personnes
? Certains dirigeants ont choisi de
les traquer et de les expulser à
travers des opérations à la fois
illégales et cruelles.
Abstention,
défiance, vote populiste… le récit
d’une France lassée de la démocratie
s’est imposé. Mais derrière cette
lecture anxiogène, les enquêtes
dessinent une réalité plus
complexe : un attachement profond
au régime démocratique, doublé d’une
insatisfaction croissante sur la
manière dont il fonctionne.
Les
Françaises et les Français
seraient-ils en train de se lasser de
la démocratie ? À écouter certains
commentateurs, la réponse semble
évidente. Montée de la défiance,
abstention élevée, succès des partis
de droite radicale populiste… Tout
indiquerait un pays gagné par la
tentation illibérale et autoritaire.
Pourtant, les données disponibles
livrent une image
plus nuancée et, d’une certaine
manière, plus rassurante.
Selon
l’Enquête
sociale européenne (ESS) de
2020, les citoyens restent en effet
massivement attachés au régime
démocratique. Une écrasante majorité
juge important voire très important le
fait de vivre en démocratie. Là où le
bât blesse, c’est sur la
pratique : près de la moitié des
enquêtés appartiennent à la catégorie
des démocrates insatisfaits, celles et
ceux qui soutiennent la démocratie
mais se disent mécontents de la façon
dont elle fonctionne en France (figure
1).
Cette
exposition s’est tenue au premier
étage du Centre commercial Le
Rond-Point, à l’espace « Rond-Point
des Arts » du 2 au 30 janvier 2026.
Tout
est partie de la collection de cartes
postales anciennes de Martinique
réalisée par Mme Claire ROSEAU, la
gérante du Centre Commercial Le
Rond-Point. Notamment, celle qui
représentait la rhumerie CHAUVET à la
Pointe des Nègres l’a intriguée et
elle a voulu en savoir plus sur
l’histoire de ce quartier où est
implanté le centre commercial depuis
une trentaine d’années.
L’idée
de l’expo était née :
« Bellevue d’hier et
d’aujourd’hui ».
. L’intérêt de cette
exposition était d’aider les
visiteurs et les habitants du
quartier à redécouvrir le territoire
et à s’approprier l’évolution de
Bellevue et de Pointe-des-Nègres au
plan historique, géographique et
culturel
Ont participé, avec les
précieuses notes de Marie
CHOMEREAU-LAMOTH, 95ans,
véritable mémoire vivante du
quartier :
La
photographe Adeline RAPON,
les
cartes postales anciennes de Claire
ROSEAU,
La
Scénographie avec Corinne
DAUNAR, Frédéric et
Mathieu de TMDF,
L’accompagnement
du Géographe Christian
JEAN-ETIENNE.
D’un côté, des partis
toujours présents dans les
institutions ; de l’autre, une part
croissante de citoyens qui ne s’en
sentent plus proches : l’écart se
creuse entre représentation politique
et société.
Jamais les partis
politiques français n’ont semblé aussi
fragiles. Entre montée des
“sans-parti”, vote par défaut et rejet
massif des formations existantes, le
lien entre citoyens et organisations
partisanes s’effrite – au risque de
déstabiliser durablement notre modèle
démocratique.
Nous vivons une
étrange période politique. La
coalition qui gouverne n’est pas celle
qui est sortie victorieuse des
élections de 2024. Les débats
continuent à s’organiser autour des
figures et partis politiques comme si
de rien n’était. La perspective de la
présidentielle est dans les têtes et
elle est préparée activement dans les
cercles partisans. Pourtant, les
niveaux de défiance n’ont jamais été
aussi forts en France et la classe
politique est devenue un des sujets
majeurs de préoccupations des
répondants aux sondages. La “grande
démission civique” aboutit à ce
que de plus en plus de citoyens se
détournent des urnes et des partis
pour faire politique autrement.
À travers ses pas sur
les chemins de la Grande Terre,
Nicolas Kurtovitch interroge la
mémoire, les paysages et la profondeur
de l’expérience humaine.
Chaque marche devient rencontre : avec
une ville, une tribu, un silence, une
parole ancienne. Chaque souffle est
dialogue : entre le visible et
l’invisible, entre l’intime et
l’universel.
Poète et passeur d’histoires, il
inscrit dans ces pages une quête —
celle du Do Kamo, de l’humanité en
marche, qui cherche à se construire
dans le lien, l’écoute et la vérité.
Mais ce livre n’est pas seulement une
invitation à la contemplation : il
exige vigilance et responsabilité.
Reconnaître que « quelque chose s’est
passé », c’est accepter de ne plus
détourner le regard ; c’est accueillir
la parole des anciens, la mémoire des
lieux et l’épreuve du présent.
Un texte lyrique et sans concession,
qui rappelle que vivre ici, c’est se
tenir debout dans le temps et devant
l’Histoire.
*****
***
*
J’ai pris un réel
plaisir à lire Quelque chose s’est
passé de Nicolas Kurtovitch, un récit
à la hauteur de sa réputation. Pour
J’apprécier pleinement, il faut entrer
dans son univers, son style, sa
poésie.
Une note interne du
ministère de l’Économie et des
Finances vient raviver avec intensité
le débat sur la contribution fiscale
des plus grandes fortunes françaises.
Les chiffres, transmis aux présidents
de la commission des finances du Sénat
et révélés par Le Monde, sont sans
équivoque : en 2024, 18 525 foyers
disposant d’un patrimoine immobilier
taxable d’au moins 1,3 million d’euros
n’ont acquitté aucun impôt sur le
revenu.
Après retraitement des
données — exclusion des contribuables
décédés en cours d’année et de ceux
qui ne sont pas résidents fiscaux en
France — 13 335 ménages très fortunés
demeurent dans cette situation.
Autrement dit, plus de treize mille
foyers appartenant aux 0,5 % les plus
riches en patrimoine immobilier ne
paient pas d’impôt sur le revenu.
Un
chiffre qui tranche le débat
politique
Ces révélations
donnent un relief particulier aux
déclarations faites en janvier par
l’ancien ministre de l’Économie Eric
Lombard. Celui-ci avait affirmé que «
des milliers » de contribuables parmi
les plus fortunés affichaient un
revenu fiscal de référence nul, et
échappaient ainsi à l’impôt sur le
revenu.
Ses propos avaient
immédiatement été contestés par Amélie
de Montchalin, alors ministre chargée
des Comptes publics, qui assurait
qu’aucun document officiel ne
corroborait l’existence de « dizaines
de milliers » de cas similaires.
Visite d’échanges
et de réflexion patrimoniale
avec le Parc Naturel de la
Martinique.
— Par
Patrick Chamoiseau —
Le
Château Dubuc est un haut lieu
mémoriel de notre fondation
collective. Nos ancêtres partagés y
ont mené durant des siècles une lutte
antagoniste et solidaire. Cette
habitation sucrière fut l’une des plus
puissantes de la côte atlantique. On y
produisit du sucre, du tafia, de
l’indigo ; on y exploita des terres
défrichées au prix de la
“désapparition” de nos ancêtres
Kalinago ; on y fit travailler des
centaines d’Africains, puis leurs
descendants, réduits en esclavage et
aux aliénations. Les archives
attestent de pratiques de contrebande
et d’un commerce négrier clandestin
qui reliait cet endroit aux réseaux
atlantiques. La prospérité du site fut
brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ
siècle — mais son empreinte demeure.
Ici,
comme partout ailleurs chez nous, la
notion de patrimoine est
problématique. La mémoire coloniale y
a laissé des vestiges qui constituent
un monument visible (bâtiments
d’exploitation, canaux, citerne,
moulin, cachot, débarcadère…),
relevant d’une structure de domination
totalitaire. Les mémoires
amérindiennes, africaines et créoles,
y ont laissé des traces qui tissent de
nouvelles alchimies patrimoniales.
Carême et
pélagianisme : grâce, conversion
et liberté humaine
Chaque année, le Carême
ouvre pour les chrétiens un temps
particulier : quarante jours de
préparation à Pâques, marqués par la
prière, le jeûne et le partage. En
2026, il débute le mercredi 18 février
avec le rite des Cendres. Mais au-delà
des pratiques visibles, le Carême
soulève une question spirituelle
essentielle : l’homme peut-il
se sauver par ses propres efforts,
ou dépend-il d’une grâce qui le
dépasse ? Cette
interrogation traverse l’histoire
chrétienne et se cristallise notamment
dans la controverse du pélagianisme.
Le Carême : un
temps de conversion et de grâce
Dans l’Église
catholique, le Carême commence le
mercredi des Cendres, fixé au VIe
siècle par le pape Grégoire Ier. Ce jour-là, les
fidèles reçoivent sur le front une
croix de cendres, issues des rameaux
bénis l’année précédente. Deux
paroles bibliques peuvent
accompagner ce geste :
« Convertissez-vous et croyez à
l’Évangile » ou
« Souviens-toi que tu es poussière
et que tu retourneras à la poussière
».
Ce rite ancien renvoie
à la fragilité humaine et à la
reconnaissance du péché.
Le 20 août 2024, dans
l’arène démocrate réunie à Chicago, la foule se leva
d’un même mouvement. Une standing
ovation, longue, presque recueillie,
saluait l’entrée de Jesse Jackson.
Affaibli, la voix éteinte par la
maladie de Parkinson diagnostiquée
en 2017 puis par une paralysie
supranucléaire progressive qui
l’avait contraint à de longues
hospitalisations, il ne pouvait plus
haranguer les délégués comme
autrefois. Assis dans son fauteuil
roulant, il souriait, levait la
main, recevait l’hommage. L’homme
qui avait fait trembler les
conventions démocrates de ses
anaphores et de ses slogans
flamboyants appartenait déjà à
l’histoire vivante du parti.
Le révérend est mort le
17 février 2026, à 84 ans, « en paix,
entouré par sa famille », selon un
communiqué des siens et de la Rainbow
PUSH Coalition. « Son engagement
indéfectible en faveur de la justice,
de l’égalité et des droits humains a
contribué à façonner un mouvement
mondial pour la liberté et la dignité
», ont-ils souligné. Avec lui
disparaît l’une des dernières grandes
figures du mouvement des droits
civiques, un homme qui aura traversé
plus d’un demi-siècle de convulsions
américaines, des lois de déségrégation
à l’ère Obama, puis aux fractures
ravivées du trumpisme.
Peindre à la
Martinique, l’exposition qui
vient de se substituer à celle
consacrée à Christian Bertin –
laquelle a dû laisser plus d’un
visiteur dubitatif – est une
nouvelle exposition patrimoniale, à
l’instar de Aux origines de la
Caraïbe, Taïnos et Kalinagos
qui se poursuit jusqu’au 15 mars, et
à nouveau en étroite collaboration
avec le Musée du Quai Branly,
héritier des fonds du Musée
colonial. Elle devrait rallier tous
les suffrages, ceux des nombreux
visiteurs venus d’ailleurs et plus
encore sans doute ceux des habitants
actuels de la Martinique. On y
découvre « la Perle des Antilles » à
travers les yeux des peintres et des
premiers photographes d’antan, ce
qui permet de mesurer les
transformations radicales qui se
sont produites au fil du temps (et
pas toujours pour le meilleur !).
Ainsi, les planches d’un album de
photos d’Eugène Cicéry, coloriées
puis lithographiées, prises un peu
avant 1860, représentent-elles
certaines constructions de
Fort-de-France qui existent toujours
(la Fontaine Gueydon, l’ancien
Palais de justice, …) mais situées
dans un environnement qui n’est plus
reconnaissable.
Dans Les
Nouveaux Esclavagistes,
Barbie Latza Nadeau signe une enquête
internationale d’une ampleur rare sur
l’un des trafics les plus lucratifs et
les plus méconnus de notre époque : la
traite des êtres humains. Loin d’être
un phénomène marginal, ce commerce
clandestin constitue aujourd’hui une
véritable industrie mondialisée,
générant des profits colossaux et
faisant une nouvelle victime toutes
les trente secondes.
L’ouvrage montre que la
traite des êtres humains constitue
aujourd’hui une véritable économie
mondialisée, générant environ 150
milliards de dollars par an. Ce
chiffre vertigineux révèle une réalité
glaçante : derrière chaque bénéfice se
trouve une vie exploitée.
Une enquête
internationale au long cours
Journaliste
d’investigation installée en Italie,
Barbie Latza Nadeau s’est d’abord
intéressée aux migrations en
Méditerranée. En embarquant sur des
navires humanitaires venus secourir
des embarcations de fortune, elle
observe un phénomène récurrent : la
présence massive de jeunes femmes
nigérianes. En creusant, elle découvre
l’ampleur des réseaux de traite
sexuelle opérant entre l’Afrique et
l’Europe, souvent en lien avec des
organisations criminelles structurées.
Mais son livre élargit
considérablement le champ. Des côtes
libyennes aux États-Unis, de l’Ukraine
à la Thaïlande, elle cartographie un
système tentaculaire et
intercontinental.
Une note
interne du ministère de
l’Économie et des Finances
vient raviver avec intensité
le débat sur la contribution
fiscale des plus grandes
fortunes françaises. Les
chiffres, transmis aux
présidents de la commission
des finances du Sénat et
révélés par Le Monde, sont
sans équivoque : en 2024, 18
525 foyers disposant d’un
patrimoine immobilier taxable
d’au moins 1,3 million d’euros
n’ont acquitté aucun impôt sur
le revenu.
Après
retraitement des données —
exclusion des contribuables
décédés en cours d’année et de
ceux qui ne sont pas résidents
fiscaux en France — 13 335
ménages très fortunés
demeurent dans cette
situation. Autrement dit, plus
de treize mille foyers
appartenant aux 0,5 % les plus
riches en patrimoine
immobilier ne paient pas
d’impôt sur le revenu.
Un
chiffre qui tranche le
débat politique
Ces
révélations donnent un relief
particulier aux déclarations
faites en janvier par l’ancien
ministre de l’Économie Eric
Lombard. Celui-ci avait
affirmé que « des milliers »
de contribuables parmi les
plus fortunés affichaient un
revenu fiscal de référence
nul, et échappaient ainsi à
l’impôt sur le revenu.
Ses propos
avaient immédiatement été
contestés par Amélie de
Montchalin, alors ministre
chargée des Comptes publics,
qui assurait qu’aucun document
officiel ne corroborait
l’existence de « dizaines de
milliers » de cas similaires.
Visite d’échanges et de
réflexion patrimoniale
avec le Parc Naturel de
la Martinique.
— Par Patrick
Chamoiseau —
Le Château
Dubuc est un haut lieu
mémoriel de notre fondation
collective. Nos ancêtres
partagés y ont mené durant des
siècles une lutte antagoniste
et solidaire. Cette habitation
sucrière fut l’une des plus
puissantes de la côte
atlantique. On y produisit du
sucre, du tafia, de l’indigo ;
on y exploita des terres
défrichées au prix de la
“désapparition” de nos
ancêtres Kalinago ; on y fit
travailler des centaines
d’Africains, puis leurs
descendants, réduits en
esclavage et aux aliénations.
Les archives attestent de
pratiques de contrebande et
d’un commerce négrier
clandestin qui reliait cet
endroit aux réseaux
atlantiques. La prospérité du
site fut brève, sa chute
rapide au XVIIIᵉ siècle — mais
son empreinte demeure.
Ici, comme
partout ailleurs chez nous, la
notion de patrimoine est
problématique. La mémoire
coloniale y a laissé des
vestiges qui constituent un
monument visible (bâtiments
d’exploitation, canaux,
citerne, moulin, cachot,
débarcadère…), relevant d’une
structure de domination
totalitaire. Les mémoires
amérindiennes, africaines et
créoles, y ont laissé des
traces qui tissent de
nouvelles alchimies
patrimoniales.
Carême et pélagianisme :
grâce, conversion et
liberté humaine
Chaque année,
le Carême ouvre pour les
chrétiens un temps particulier
: quarante jours de
préparation à Pâques, marqués
par la prière, le jeûne et le
partage. En 2026, il débute le
mercredi 18 février avec le
rite des Cendres. Mais au-delà
des pratiques visibles, le
Carême soulève une question
spirituelle essentielle :
l’homme peut-il se sauver
par ses propres efforts, ou
dépend-il d’une grâce qui le
dépasse ? Cette
interrogation traverse
l’histoire chrétienne et se
cristallise notamment dans la
controverse du pélagianisme.
Le
Carême : un temps de
conversion et de grâce
Dans l’Église
catholique, le Carême
commence le mercredi des
Cendres, fixé au VIe siècle
par le pape Grégoire
Ier. Ce jour-là,
les fidèles reçoivent sur le
front une croix de cendres,
issues des rameaux bénis
l’année précédente. Deux
paroles bibliques peuvent
accompagner ce geste :
« Convertissez-vous et
croyez à l’Évangile » ou
« Souviens-toi que tu es
poussière et que tu
retourneras à la poussière
».
Ce rite
ancien renvoie à la fragilité
humaine et à la reconnaissance
du péché.
Selon
l’Autorité, cette situation ne
peut être réduite à la seule
question des marges des
distributeurs. Elle met en
avant des causes multiples et
profondément structurelles.
L’économie martiniquaise
repose en grande partie sur
les importations, notamment
depuis la métropole, d’où
proviennent environ 80 % des
produits alimentaires. À cette
dépendance s’ajoutent
l’étroitesse du marché local,
la concentration des acteurs à
chaque étape de la chaîne
logistique, ainsi que le poids
de la fiscalité spécifique
(TVA et octroi de mer).
Les
« frais d’approche » –
c’est-à-dire l’ensemble des
coûts liés à l’acheminement
des marchandises, du port de
départ jusqu’aux rayons des
magasins – jouent un rôle
déterminant.
Le 20
août 2024, dans l’arène
démocrate réunie à Chicago, la foule se
leva d’un même mouvement.
Une standing ovation,
longue, presque recueillie,
saluait l’entrée de Jesse
Jackson. Affaibli, la voix
éteinte par la maladie de
Parkinson diagnostiquée en
2017 puis par une paralysie
supranucléaire progressive
qui l’avait contraint à de
longues hospitalisations, il
ne pouvait plus haranguer
les délégués comme
autrefois. Assis dans son
fauteuil roulant, il
souriait, levait la main,
recevait l’hommage. L’homme
qui avait fait trembler les
conventions démocrates de
ses anaphores et de ses
slogans flamboyants
appartenait déjà à
l’histoire vivante du parti.
Le révérend est mort le 17
février 2026, à 84 ans, « en
paix, entouré par sa famille
», selon un communiqué des
siens et de la Rainbow PUSH
Coalition. « Son engagement
indéfectible en faveur de la
justice, de l’égalité et des
droits humains a contribué à
façonner un mouvement mondial
pour la liberté et la dignité
», ont-ils souligné. Avec lui
disparaît l’une des dernières
grandes figures du mouvement
des droits civiques, un homme
qui aura traversé plus d’un
demi-siècle de convulsions
américaines, des lois de
déségrégation à l’ère Obama,
puis aux fractures ravivées du
trumpisme.
L’Exposition :
« Authenticité»
Corinne Solitude ’exposition
deCorinne
Solitudeest
construite autour de la
question de l’ «Authenticité »
et de ses manifestations.
Quelles
sont les marques et les
expressions de
celle-ci ? Telle est
la question à laquelle
Corinne SOLITUDEtente
de répondre par le
biais de vingt-cinq
toilesarticulées
autour de motifs
divers : visages de
femmes ;
d’enfants ;
représentations de
femmes de générations
différentes ;
scènes de la vie
quotidienne ;
représentations de deux
fauves.
N’oublions
pas les corps;
les corpsqui disent encore, avec
justesse, naturel et
sincérité, par leurs
attitudes, ce qui se noue
à l’intérieur des êtres. Images
d’un corps qui se
rassemble, pour se
prémunir contre
l’extérieur ou se
recentrer ; corps
qui se détache de la
pénombre pour affirmer
son
« être-là »;
corps résilients ;
corps déliés et stylisés
exprimant toute la grâce
de la féminité ;
corps dansants …
Motifs qui
déclinent donc ce thème de
l’authenticité cher à
l’artiste peintre, renvoyant
précisément à la
complexité de l’être ;
à la complexité de
chaque visage ;
de chaque portrait
illustrant chacun une
existence complexe, riche de
sens.
De la
coopération Sud-Sud aux
obligations “pandas”, Pékin
transforme la transition
énergétique en levier
d’influence géopolitique.
Derrière les panneaux solaires
et les batteries, c’est un
projet de leadership mondial
qui se dessine.
L’image d’une
alliance entre grands pays du
Sud global lors de la
rencontre Xi Jinping,
Vladimir Poutine et
Narendra Modi pendant la
réunion
de l’Organisation de
coopération de Shanghai
(OCS) à Tianjin en
septembre 2025, est un message
aux pays du monde
occidental : il existe
une alternative au
multilatéralisme. L’importante
délégation chinoise à la
COP 30 en
novembre 2025, au Brésil,
et l’organisation dans ce
cadre, d’un évènement sur la coopération
Sud-Sud relatif au
climat, illustre l’un des
principaux vecteurs de cette
coopération. La Chine est
devenue le premier
investisseur mondial dans les
énergies renouvelables.
Cette
stratégie vise à servir
l’ambition chinoise de devenir
la première puissance
économique mondiale en 2049.
Elle doit notamment lui
permettre de jouer un rôle
majeur dans la définition des
normes et des standards
internationaux.
Une stratégie
offensive pour concurrencer
l’Occident
L’affaiblissement
des économies occidentales
lors de la crise financière de
2007 a été concomitante de la
volonté des pays du Sud de
monter en puissance dans la
gouvernance mondiale.