Catégorie : Sociologie

Le jardin botanique de Saint-Pierre (1803-1902), un joyau oublié.

Il était une fois le Jardin des Plantes de Saint-Pierre.

— Par Xavier Chevallier, Conservateur en chef des bibliothèques —

Le Jardin des Plantes (ou Jardin botanique ou Jardin colonial des Plantes) de Saint-Pierre est un site emblématique de l’histoire de la Martinique. Bien qu’ayant marqué son époque et contribué au prestige de l’île pendant près d’un siècle, il a été effacé de la mémoire collective. Il faisait pourtant la fierté de ses habitants et suscitait l’admiration de milliers de visiteurs. Ces derniers, souvent en provenance de l’étranger et de classe sociale aisée – botanistes, écrivains-voyageurs, photographes et autres personnalités -, étaient à la fois étonnés et charmés par le nombre et la diversité extraordinaire d’arbres, de plantes et de fruits, l’exubérance de la végétation, l’ingéniosité de ses infrastructures et ouvrages d’art, ainsi que la forte présence et mise en valeur de l’eau. Créé en 1803, le Jardin botanique de Saint-Pierre avait pour mission l’étude, l’acclimatation et l’échange de végétaux de Martinique, des Antilles, de la Caraïbe, d’Europe, d’Afrique et d’Asie dans le but de développer la colonie sur le plan agricole, alimentaire, médicinal mais aussi paysager et ornemental.

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Pour saluer Monsieur Edgar Morin

— Par Patrick Chamoiseau—

Cher Edgar Morin,

Vous accueillir ici, en Martinique, relève de l’honneur et du plaisir.
C’est un honneur, car le rayonnement de votre pensée nourrit, de par le monde, des milliers et des milliers de lecteurs. Et ces milliers de lecteurs considèrent vos ouvrages non comme des livres de chevet mais comme des tables d’existence. Innombrables, et même innumérables, sont ceux qui auraient tout donné pour être des nôtres ce soir, et de le savoir nous dresse quelque peu la mesure du privilège dont nous bénéficions.

C’est aussi un plaisir, mais un plaisir des plus variés, qui va de la reconnaissance à la pure gratitude, jusqu’à la satisfaction d’être en présence d’une très belle âme humaine.

Mais au-delà de l’honneur et du plaisir, je veux témoigner d’un sentiment très singulier : celui d’une vieille fraternité, et cela non parce que je fréquente vos pensées depuis trois décennies, mais surtout en raison de ce que vous êtes dans votre vie elle-même. Une vie conforme à vos idées, qui nous incline à reconnaître que nous sommes en présence d’un ami, et j’oserais dire : d’un frère.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Parties IX & X – Conclusion

Neuvième partie

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Pour les Carthages du monde

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« Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a besoin aussi de justification. Du point de vue du marxisme, qui exprime les intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l’accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et à l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme. »

(Léon Trotsky)

Nous avons abondamment expliqué, au cours de cette série, – dans laquelle nous utilisons le mot Carthage, qui représenta une cité prospère de l’antiquité, comme métaphore –, que les puissances esclavagistes ne sont pas disposées à soutenir véritablement les efforts de développement et d’autodétermination des pays qu’elles maintiennent elles-mêmes sous la dépendance et la domination du « Capital ». Yalta, cette ville historique de Crimée où se rencontrèrent en février 1945 Franklin D. Roosevelt des États-Unis, Winston Churchill du Royaume uni, Joseph Staline de l’Union soviétique, symbolise le lieu de la manifestation du cynisme des puissances impérialistes. Les futurs vainqueurs de la seconde guerre mondiale séparèrent entre eux la terre, l’océan et l’espace, avant même la défaite officielle de l’Allemagne et la capitulation du Japon.

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Pour transmettre, reconnaître et honorer l’histoire du 22 mai 1848

Pour un lieu de mémoire, de transmission et de dignité dédié au 22 mai

La Martinique porte en elle une histoire majeure de la lutte pour la liberté, de la résistance à l’esclavage et de la conquête de la dignité humaine. Pourtant, malgré la portée universelle de cette mémoire, notre pays ne dispose toujours pas d’un grand lieu symbolique consacré à la traite négrière, à l’esclavage et aux combats qui ont conduit à l’insurrection du 22 mai 1848.

Dans le monde entier, des sites mémoriels rappellent cette histoire et permettent aux générations de comprendre, transmettre et méditer : Gorée au Sénégal, Ouidah au Bénin, le mémorial des Nations Unies à New York, le Mémorial ACTe en Guadeloupe ou encore le mémorial de Nantes. Ces lieux sont devenus des espaces de connaissance, de recueillement et de reconnaissance.

La Martinique, terre d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon et d’Édouard Glissant, mérite elle aussi un lieu fort, visible et fédérateur, capable de raconter notre histoire collective et de rendre hommage à celles et ceux qui ont résisté à l’oppression.

Le 21 mai 2026, lors d’une séance de l’Assemblée de Martinique, Louis Boutrin, Conseiller territorial, a proposé officiellement la création d’un grand lieu mémoriel martiniquais.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VIII

Huitième partie

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Sauver Carthage, c’est anéantir le néolibéralisme

« Vous me demandez ce qui me pousse à l’action? C’est la volonté de me trouver au cœur de toutes les révoltes contre l’humiliation, c’est d’être présent, toujours et partout, chez les humiliés en armes. »

(Ernesto Che Guevara)

Nous nous sommes réveillés le samedi 11 avril 2020 à l’aube avec l’idée que le Christ venait de décéder la veille, vendredi après-midi, dans l’indifférence mondiale. Sincèrement, y avons-nous pensé nous-mêmes? C’est vrai qu’avec le temps, les traditions socioreligieuses ont beaucoup changé. Le dimanche, qui était autrefois le jour consacré au Seigneur, est usurpé par les forces capitalistes qui cherchent toujours les moyens de mousser leurs plus-values. Le salarié n’a plus de repos. Toute sa vie est vendue au « Diable » de l’impérialisme. Le « dieu » de l’argent n’est-il pas en train de déloger tranquillement le « Dieu » du paradis? Au Canada, les églises vaticanes se ferment les unes après les autres. Pour défaut d’acquittement des bordereaux de l’eau chaude, de l’électricité, du chauffage etc.

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Faire du 22 Mai la fête nationale de la Martinique

— Par Guy Lordinot —

La Martinique fait partie de la république française dont l’emblème est le drapeau bleu blanc rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve.

La fête de la nation se déroule le 14 Juillet.

La Martinique est une collectivité d’Outremer, ce qui signifie qu’elle a quelques spécificités venant de sa géographie et de son histoire qui peuvent justifier qu’elle ait en plus du 14 juillet, sa propre fête nationale.

Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848 mais l’abolition effective date du 22 mai 1848, date à laquelle la révolte des esclaves a imposé au gouverneur Rostoland de la décréter. Depuis 43 ans que le 22 mai est devenu un jour férié, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
Pour faire peuple, une population a besoin d’un symbole. Pour la France c’est le drapeau bleu blanc rouge qui est bien sûr celui des martiniquais.

Nous proposons de faire du 22 mai une fête nationale.

Le symbole qui peut permettre aux martiniquais de faire peuple provient du sport.

En effet les seuls évènements qui unissent la quasi-totalité de population de la Martinique sont le Tour des Yoles et le Tour cycliste.

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Honorer nos aïeux en bâtissant demain

  Chaque mois de mai, la Martinique s’habille de mémoire. Le 22, nous commémorons l’abolition de l’esclavage de 1848, ce jour où nos ancêtres sont passés du statut de biens à celui d’hommes et de femmes libres.
  Nous avons bien sûr raison de le faire. La mémoire est une dette sacrée. Oublier serait trahir. Mais la sagesse créole d’aujourd’hui nous enseigne aussi qu’il ne faut pas rester le regard fixé dans le rétroviseur pendant que la route file devant. Commémorer, oui. Se figer dans la commémoration, non.
  Le passé nous a légué des blessures, des forces et des complexités. Il nous a donné le sens de la dignité, la rage de vivre, le goût de la liberté chèrement acquise. Pourtant, le présent nous interpelle avec urgence : chômage qui ronge surtout les jeunes, départ massif des forces vives, dépendance économique encore trop lourde, services publics qui peinent, violence qui abîme nos quartiers, préservation de notre environnement menacé par le changement climatique et nos propres négligences.
  Alors que faire ? Faut-il choisir entre honorer nos morts et nourrir nos vivants ?

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Cyber harcèlement sexiste au Lycée Jardin d’essai aux Abymes.

Ce mois de mai, 80 jeunes femmes du Lycée Jardin d’essai aux Abymes se sont retrouvées sans leur consentement sur une liste publiée dans les réseaux sociaux, les classant dans des catégories dégradantes avec leurs photos et des commentaires sexistes. Elles ont réagi en manifestant le 6 mai, et l’établissement a porté plainte, excluant les auteurs présumés de cette liste humiliante.

Cet événement témoigne, de façon inquiétante, de la persistance du sexisme et de la progression du masculinisme le plus abject largement propagés sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France1 attire l’attention sur une dynamique préoccupante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes.

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Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

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80 ans de Départementalisation : tous Français ?

— Par Guy Flandrina —

La question des « réparations du crime contre l’humanité » que fut l’esclavage se pose avec de plus en plus de force et d’acuité dans tous les pays où cette abjection fut de mise.

Il ne semble pas inintéressant, en parallèle à ce 22 mai 2026, de placer cette interrogation en miroir de la départementalisation qui était supposée faire des ressortissants des quatre « vieilles colonies » des « français à part entière »…

Le 25 mars 2026, l’ONU a franchi un cap : elle a qualifié la traite des esclaves africains et l’esclavage racialisé de « plus grave crime contre l’humanité » et appelé à des mesures de justice réparatrice. Un tournant, vingt-cinq ans après la loi Taubira.

La résolution 80/250, portée par le Ghana au nom du Groupe des États africains, a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, parmi lesquelles celle de la France. De là naît le cœur du débat : comment le « pays des droits humains » peut-il s’abstenir sur un texte d’une telle portée ?

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VII

Septième partie
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Une croissance économique également au service des pauvres
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« Mange ton pain pendant qu’il est encore pain.
Et profite du feu pour faire cuire ta soupe
pendant qu’elle est encore soupe.
Par les temps qui courent,
il ne faut pas remettre à demain
ce que tu peux manger ce soir,
car le grand chambardement est peut-être pour cette nuit.
À l’aube, qui sait si le pain ne sera pas fusil,
la soupe poison et le feu sang… »

(Richard Brisson, Collection du Verbe Présent)

 

Au moment d’entamer ce nouveau chapitre de l’ouvrage, nous avons appris avec peine que le grand Africain, Emmanuel N’Djoké Dibango dit Manu Dibango, le célèbre musicien-compositeur, est décédé de la terrible maladie du XXIe siècle le 24 mars 2020 à Melun, en France, à l’âge de 86 ans. L’ange de la mort, qui se déplace avec la Covid-19, a frappé à la porte de Papagroove ou Papa Manu, et il a décidé de l’emmener avec lui, de le conduire là d’où les voyageurs de l’aventure terrestre ne reviennent jamais.

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“Possibles !” : un appel à projets pour expérimenter la ville de demain

Va jouer dehors ! est une association d’intérêt général fondée en 2019 par Matthieu Poitevin à la suite du drame de la rue d’Aubagne à Marseille. Face aux urgences climatiques, sociales et urbaines, l’association est née d’une volonté forte : repenser collectivement la manière de fabriquer la ville et ouvrir des perspectives plus durables, plus solidaires et plus désirables.

À la fois structure porteuse d’événements, média d’idées et espace de réflexion collective, Va jouer dehors ! réunit architectes, urbanistes, artistes, chercheurs, entreprises, élus, collectifs et habitants autour d’un même objectif : expérimenter une nouvelle urbanité, plus participative, plus joyeuse et plus attentive aux usages réels des territoires.

Dans cette dynamique, l’association lance l’appel à projets du Festival de la Ville 2050 pour les éditions 2026-2027-2028, sous le thème « Possibles ! ».

Du manifeste à l’expérimentation

Le Festival de la Ville affirme une conviction simple : la ville ne se raconte pas, elle se pratique. Ces trois prochaines éditions souhaitent devenir l’écho de celles et ceux qui veulent agir concrètement sur le terrain et inventer de nouvelles manières d’habiter, de construire et de partager la ville.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie VI

Sixième partie

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Haïti, comme la Carthage d’Hannibal

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« Pour les petits et les pauvres, la vie est un couloir de wagon où il faut s’aplatir pour laisser passer les autres, et encore sourire, et même demander pardon. »

(Gilbert Cesbron)

Le jeudi 19 mars 2020, la panique s’installait au sein de la population haïtienne. Deux cas de coronavirus venaient d’être diagnostiqués par les autorités sanitaires. La situation paraissait se compliquer davantage pour des individus qui menaient une existence déjà précarisée. « La République d’Haïti, vraisemblablement, n’allait pas pouvoir faire face à un fléau de cette ampleur », pensions-nous? Sans être superstitieux, nous croisions les doigts – comme beaucoup de compatriotes, peut-être – pour que les îles antillaises soient écartées, même miraculeusement, du chemin de la catastrophe provoquée… Malheureusement, le sort en avait décidé autrement. Un indigène et un étranger belge furent testés positifs. Le mal était donc fait. Désormais, les Haïtiens se comptaient aussi parmi les peuples de l’univers qui luttaient pour se protéger contre la pandémie mystérieuse et meurtrière. La nouvelle – même si l’on s’y attendait – avait causé de l’émoi jusque dans la diaspora.

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Polémique et accusations d’escroquerie liées à la diaspora haïtienne 2026

Charlatanisme, imposture et enfumage : actualisation des liaisons délictueuses entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Charlatanisme – subst. masc. (a) Art d’exploiter la crédulité d’autrui érigé en système. Le charlatanisme à côté du mérite est comme le zéro à la droite d’un chiffre et décuple sa partenairevaleur (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 3, 1836, p. 228). (b) Péj. Comportement de charlatan. Ceci était charlatanisme pur et conscient (Montherlant, Les Lépreuses,1939, p. 1467). (c) Caractère de ce qui est digne d’un charlatan. Le charlatanisme d’un écrit (Senancour, Obermann, t. 1, 1840, p. 11). Dictionnaire OrtoLang, Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS, Université de Nancy.

À l’entame du présent article, il est utile de contextualiser notre propos en posant une question de premier plan : le Canada étant un État de droit, une organisation culturelle haïtienne sise à Montréal peut-elle en toute impunité offrir l’hospitalité et donner la parole à une institution haïtienne objet, en Haïti, dune demande d’audit financier et administratif auprès de la Cour supérieure des comptes ?

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Cinq questions sur le 10 mai, journée nationale des mémoires de l’esclavage

En France, depuis 2006, le 10 mai est la « journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Retour en cinq questions sur les travaux et les lieux qui permettent de poursuivre la réflexion sur l’histoire de la traite et de l’esclavage.

Le 10 mai marque la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et leur abolition. Après la découverte de l’Amérique par les Européens en 1492, du XVe au XIXe siècles, plus de 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été capturés en Afrique, transportés à travers l’Atlantique et réduits en esclavage pour travailler dans des conditions très dures au sein d’exploitations coloniales dans les Amériques.

Le 10 mai, des cérémonies sont organisées par les préfets en lien avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. 

C’est aussi une journée de réflexion civique sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l’humanité, notamment au sein du ministère de l’éducation nationale.  

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Disparition de Roland Ménil, figure engagée de la Martinique

Roland Ménil est décédé à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un homme de conviction dont l’engagement aura profondément marqué la vie politique, éducative et associative de la Martinique.

Enseignant de profession, il a consacré une grande partie de sa vie à la transmission du savoir et à l’éducation populaire. Directeur de l’Association Martiniquaise d’Éducation Populaire (AMEP), il s’est attaché à former et accompagner plusieurs générations de jeunes Martiniquais, fidèle à une conception exigeante de l’éducation comme outil d’émancipation.

Figure engagée du paysage politique martiniquais, Roland Ménil fut d’abord membre du Parti Progressiste Martiniquais avant de rejoindre le Mouvement Indépendantiste Martiniquais. Ancien conseiller municipal de Fort-de-France au début des années 2000, durant le mandat de Serge Letchimy, il aura défendu avec constance ses idéaux politiques et son attachement à l’identité martiniquaise.

Son parcours militant s’est également illustré à travers son rôle de directeur de publication du journal Le Progressiste, son engagement au sein de l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe ainsi que sa participation au cercle Frantz Fanon. Ceux qui l’ont côtoyé retiennent un homme profondément attaché à la Martinique, à son peuple, à son histoire et à sa culture.

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Attestation d’honorabilité obligatoire !

L’attestation d’honorabilité devient obligatoire pour les professionnels intervenant auprès d’enfants handicapés

L’attestation d’honorabilité est un document officiel garantissant qu’une personne n’a pas de condamnation écrite dans un casier judiciaire ou sur le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAISV) qui empêche d’intervenir auprès des mineurs. Les démarches pour l’obtenir se font via une plateforme dédiée en fonction de votre statut.

Elle est obligatoire depuis octobre 2025 pour tous les professionnels et les bénévoles intervenant dans le champ de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant (assistants maternels, assistants familiaux, professionnels et bénévoles des crèches, foyers…). Depuis le 1er février 2026, elle l’est aussi pour les personnes s’engageant dans une procédure d’adoption.

À noter:

Le dispositif sera progressivement étendu en 2027 aux professionnels et bénévoles intervenant au sein d’un établissement ou service accompagnant des adultes en situation de handicap, puis en 2028 aux professionnels et bénévoles intervenant auprès des personnes âgées.

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70 ans de la SIMAR : Habiter le temps, vivre ensemble

Ouverture des portes de la Villa Pacific le 06 mai

Depuis 70 ans, la Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) ne se limite pas à construire et gérer des logements : elle participe activement à la transformation du territoire et accompagne des milliers de parcours de vie. À l’occasion de cet anniversaire emblématique, elle propose une saison exceptionnelle mêlant mémoire, partage et célébration.

Une ouverture symbolique : la Villa Pacific

Le 6 mai 2026, la SIMAR ouvre exceptionnellement les portes de la Villa Pacific, ancienne résidence de fonction de direction, pour une soirée de vernissage unique.

Au cœur de ce lieu chargé d’histoire, l’exposition immersive et interactive
« 70 ans, Habiter le Temps » invite les visiteurs à parcourir sept décennies d’évolution du logement social en Martinique.

Sur plus de 200 m², le parcours plonge le public dans une expérience vivante :

  • Explorer le passé et comprendre les transformations du territoire
  • Écouter, voir et ressentir les récits de vie liés à l’habitat
  • S’exprimer, interagir et laisser une trace personnelle

Pensée comme un véritable espace de mémoire vivante, cette exposition met en lumière l’impact concret du logement social dans la vie des Martiniquais, tout en ouvrant des perspectives vers l’avenir.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie V

Cinquième partie
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Les États esclavagistes ont juré de reprendre Haïti
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« Le monde a proclamé la liberté, ces dernières années surtout; mais que représente cette liberté! Rien que l’esclavage et le suicide! Car le monde dit : Tu as des besoins, assouvis-les, tu possèdes les mêmes droits que les grands et les riches. Ne crains donc pas de les assouvir, accrois-les même; voilà ce qu’on enseigne maintenant. Telle est leur conception de la liberté. Et que résulte-t-il de ce droit à accroître les besoins? Chez les riches, la solitude et le suicide spirituel; chez les pauvres, l’envie et le meurtre, car on a conféré des droits, mais on n’a pas encore indiqué les moyens d’assouvir les besoins. »

(Fiodor Dostoïevski)

Au moment où nous rédigeons cette série de réflexions philosophiques et politiques, le monde se prépare à vivre une nouvelle tragédie d’une ampleur imprévisible. Les frontières terrestres et maritimes se ferment les unes après les autres. Le mal qui répand la terreur aujourd’hui, après la peste de l’époque médiévale, la grippe espagnole de 1918 et l’Ébola, s’appelle « coronavirus (COVID-19) ».

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Pour saluer la mémoire de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

L’annonce du décès de Michèle Voltaire Marcelin, poétesse, peintre, romancière et comédienne, a fait l’effet d’un tsunami : la sachant malade, ses amis, ses parents, ses proches s’y attendaient, tous habités par l’effroi, le cœur transi de chagrin… Mais lorsque la Grande Faucheuse frappe à la porte, nous voici mutiques, la parole en berne, nous voici claudiquant sur l’archipel des gestes désormais orphelins…

Michèle Voltaire Marcelin est décédée le 29 avril 2026 à New York où elle vivait depuis de nombreuses années. Je cherche encore mes mots, j’en trouve quelques-uns, fébriles et bègues, pour adresser mes condoléances émues à sa famille, à ses frères Frantz et Leslie, à son fils Leo Coltrane Marcelin et à son conjoint Jocelyn McCalla.

L’ŒUVRE DE MICHÈLE VOLTAIRE MARCELIN

L’œuvre littéraire de Michèle Voltaire Marcelin compte plusieurs titres, notamment « La Désenchantée » (roman, Éditions du Cidihca, 2005), « Lost and Found » (poésie, Éditions du Cidihca, 2009), « Amours et bagatelles » (Éditions du Cidihca, 2009), « Clair/Obscur | Depth/Glow » (Éditions du Cidihca, 2026). « Amours et bagatelles » a été traduit en espagnol aux éditions Alba à Cuba, en 2016, sous le titre « Amores y cosas sin importancia ».

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie IV

Quatrième partie, IL FAUT SAUVER CARTHAGE, Robert Lodimus

« La plus grande de toutes les injustices, parce qu’elle les comprend toutes, c’est l’esclavage. L’esclavage est l’asservissement de toutes les facultés d’un homme au profit d’un autre. L’esclave ne développe son intelligence que dans l’intérêt du maître. Ce n’est pas pour l’éclairer, c’est pour le rendre plus utile qu’on lui permet quelques exercices de la pensée. L’esclave n’a pas la liberté de ses mouvements ; on l’attache à la terre, on le vend avec elle ou on l’enchaîne à la personne du maître. L’esclave n’a pas d’affection, il n’a pas de famille, il n’a point de femme, il n’a point d’enfant : il a une femelle et des petits. Son activité ne lui appartient pas, car le produit de son travail est à un autre. Mais pour que rien ne manque à l’esclavage, il faut aller plus loin, il faut abolir dans l’esclave le sentiment inné de la liberté ; il faut éteindre en lui toute idée de droit ; car tant que cette idée subsiste, l’esclavage est mal assuré, et à un pouvoir illégitime et odieux peut tout d’un coup répondre le droit terrible de l’insurrection, cette raison dernière des opprimés contre les abus de la force. 

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Les élections municipales de 2026 en Martinique : analyses et bilans

Quels sont les faits marquants de ces élections municipales et communautaires de mars 2026 en Martinique?

Quels sont les résultats détaillés pour chacune des 34 communes de l’lie ? Quelle est la composition des conseils municipaux et des conseils commanditaires à la suite de ces dernières élections?

Combien de nouveaux maires?

La parité, quelles réalités?

Quel est l’âge moyen des maires de Martinique?

Quelle est l’évolution de la participation aux élections municipales depuis 1971 ?

Quel est le régime indemnitaire des élus municipaux et communautaires en 2026

Vous trouverez la réponse il toutes ces questions dans ce memento sous forme de visualisations graphiques et de tableaux.

Ce mémento s’adresse aux citoyens, aux élus, à leurs collaborateurs, aux militants, et à tous les observateurs de la vie politique de Martinique.

Jonathan Théodose et Olivier Ernest Jean-Marie sont les créateurs de Politic Data, la plateforme de visualisation de dionées électorales compilant les résultats des 69 000 bureaux de vote de France depuis 2007.

Jonathan Théodose est ingénieur, en informatique décisionnelle et data designer

Olivier Jean-Marie est data collector et expert électoral

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Promenades en forêt : vous êtes obligé de tenir votre chien en laisse jusqu’au 30 juin

Comme chaque année, les propriétaires de chiens ont pour obligation de ne pas détacher leurs animaux en dehors des allées forestières, à partir du 15 avril. L’objectif est de préserver la faune sauvage durant une période marquée par le début de la mise-bas des mammifères et la nidification des oiseaux.

Pendant toute l’année, vous devez garder vos chiens sous surveillance lors de vos balades en forêt ; ils ne doivent pas se trouver à plus de 100 mètres de vous. Entre le 15 avril et le 30 juin, la réglementation est plus stricte : vous devez tenir vos chiens en laisse lorsque vous vous trouvez en dehors d’une allée forestière. Sont notamment considérés comme des allées forestières :

  • les routes ;

  • les chemins ;

  • les sentiers forestiers (sentiers de grande randonnée ou GR, chemins de promenade…).

Cette règle vise à :

  • éviter que vos chiens n’attaquent des oiseaux ou d’autres espèces d’animaux ;

  • favoriser le repeuplement de cette faune sauvage.

À noter

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Bus en grève : une mise au point

—  Par le Comité de Grève des salariés grévistes de Transaglo soutenu par la CGTM —

Aux

  • Usagers des communes du Lamentin, de Schoelcher, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

  • Travailleuses, Travailleurs ;

  • Présidents des communautés d’agglomération (Cap Nord, CACEM, Espace Sud) ;

  • Conseillers municipaux des villes de Schoelcher, Lamentin, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

« L’engagement est ce qui transforme une promesse en réalité ». (Abraham Lincoln)

Depuis le mardi 17 mars 2026, la grande majorité des employés de Transaglo, entreprise de transport de passagers dans la zone centre (Cacem) pour le compte de Martinique Transport sont en grève.

Ce mouvement arrive après le dépôt d’un préavis et le blocage des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur le point portant sur les salaires.

Depuis le début de la grève, plusieurs déclarations venant d’horizons divers ont été publiées sur le mouvement initié par les salariés et ses répercussions. Extraits :

  • « Depuis 9 jours, la population est prise en otage ; Usagers abandonnés chaque jour ; les usagers subissent » Association des Usagers des Transports en Martinique (AUTM).

  • « Disproportion entre un conflit social lié à un sous-traitant et la paralysie totale d’un réseau de transport d’un bassin de 170 000 habitants », (La Martinique ensemble, 30 mars 2026).

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Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »

— Collectif —

Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale

Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.

Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.

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