Catégorie : Sociologie

Bus en grève : une mise au point

—  Par le Comité de Grève des salariés grévistes de Transaglo soutenu par la CGTM —

Aux

  • Usagers des communes du Lamentin, de Schoelcher, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

  • Travailleuses, Travailleurs ;

  • Présidents des communautés d’agglomération (Cap Nord, CACEM, Espace Sud) ;

  • Conseillers municipaux des villes de Schoelcher, Lamentin, Saint-Joseph, Fort-de-France ;

« L’engagement est ce qui transforme une promesse en réalité ». (Abraham Lincoln)

Depuis le mardi 17 mars 2026, la grande majorité des employés de Transaglo, entreprise de transport de passagers dans la zone centre (Cacem) pour le compte de Martinique Transport sont en grève.

Ce mouvement arrive après le dépôt d’un préavis et le blocage des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur le point portant sur les salaires.

Depuis le début de la grève, plusieurs déclarations venant d’horizons divers ont été publiées sur le mouvement initié par les salariés et ses répercussions. Extraits :

  • « Depuis 9 jours, la population est prise en otage ; Usagers abandonnés chaque jour ; les usagers subissent » Association des Usagers des Transports en Martinique (AUTM).

  • « Disproportion entre un conflit social lié à un sous-traitant et la paralysie totale d’un réseau de transport d’un bassin de 170 000 habitants », (La Martinique ensemble, 30 mars 2026).

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Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »

— Collectif —

Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale

Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.

Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie III

Troisième partie : Napoléon Bonaparte : Le Néron de la France coloniale

« Si tu es neutre en situation d’injustice, c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur. »

(Desmond Tutu)

Jean-Jacques Dessalines ne doit-il pas être considéré comme le général Hannibal de l’Amérique? Il a traversé le morne Puilboreau avec une armée haillonneuse, composée de femmes et d’hommes faméliques, fatigués, mais déterminés, pour aller combattre les troupes du cruel Donatien de Rochambeau dans le nord d’Haïti. L’histoire a-t-elle relevé le nombre de compatriotes qui auraient péri durant la marche longue et harassante vers les lieux des ultimes combats? Affaiblis par la fatigue et la maladie, certains d’entre eux ont dû être enterrés, probablement, aux abords des chemins cahoteux, dans les plaines herbeuses ou aux sommets des montagnes empierrées. Sans sépulcre, ils seraient restés des anonymes de l’histoire muette. La plupart de nos ancêtres libérateurs combattaient les pieds nus. Pour Carthage, les Alpes engloutirent environ 75 000 hommes sur un total de 100 000. Mao a perdu lui-même 100 000 camarades dans son long périple qui a fait de la Chine la grande puissance militaire et économique qu’elle est devenue au 20ème et au début du 21ème siècle.

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La liberté d’éditer n’est pas à vendre

Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.

Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.

Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.

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Vers une nouvelle ère des restitutions : la France face à son héritage colonial

— Par Jean Samblé —

Longtemps reléguée aux marges du débat public, la question de la restitution des œuvres acquises dans des contextes de domination coloniale connaît aujourd’hui une inflexion décisive. L’adoption récente, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à en faciliter la procédure marque une étape significative dans l’évolution de la politique patrimoniale française. Ce texte, attendu de longue date tant en France que dans de nombreux pays africains, s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours de Ouagadougou, où il appelait à refonder les relations culturelles entre la France et le continent africain.

Depuis les indépendances, les demandes de restitution n’ont cessé de se multiplier, notamment sous l’impulsion de l’Unesco dans les années 1970. Toutefois, elles se sont longtemps heurtées à des obstacles juridiques et institutionnels, au premier rang desquels figure le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Hérité de la Révolution française, ce principe impose que les biens conservés dans les musées nationaux soient considérés comme appartenant au peuple, rendant leur cession particulièrement complexe.

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Les mirages de la communication «moderne»

— Par Robert Saé —
Incontestablement, les Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ont révolutionné le monde. Comme c’est chaque fois le cas, la question se pose : Dans quel but et au bénéfice de qui sont utilisées les technologies ?

A l’ère de la Révolution Industrielle, des lanceurs d’alertes avaient tiré la sonnette d’alarme concernant, notamment, les conséquences du machinisme généralisé sur les conditions de vie de la classe ouvrière et de la paysannerie. Ils étaient traités de passéistes et d’ennemis du progrès. On voit aujourd’hui où nous ont menés les mirages modernistes : la déshumanisation des travailleurs, la destruction de l’environnement et du vivant, le dérèglement climatique générateur de catastrophes de grande ampleur, etc.

Les NTIC portent en elles tous les germes des mêmes dangers. Les risques en sont accrus par la globalisation de l’économie mondiale et la concentration du pouvoir entre les mains d’une superclasse de prédateurs. Comment s’en prémunir et faire en sorte que la nouvelle Révolution Technologique soit utile au monde ? L’article qui suit proposera des éléments contribuant à répondre à cette question.

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Après plus de trois semaines de grève, Martinique Transport décide, enfin, de se manifester !

—Communiqué de la CGTM —

Jeudi 9 avril 2026, à la demande de Martinique Transport (MT) et de la Régie des Transports de Martinique (RTM), un commissaire de justice a notifié une assignation en référé aux travailleurs de Transaglo ainsi qu’à la CGTM, pour une audience fixée au vendredi 10 avril 2026 à 10 heures au Tribunal judiciaire. L’objet est d’obtenir de la justice une décision enjoignant aux grévistes de « libérer l’accès des sites du Lareinty et de l’Etang z’abricots ».

Le même jour, Martinique Transport et la Régie des Transports de Martinique ont également adressé aux grévistes une invitation à les rencontrer le vendredi 10 avril 2026 à 9 heures dans les locaux de l’ancien Conseil général à Fort-de-France.

Lors de l’audience du vendredi 10 avril 2026, la juge des référés a fait droit à la demande de report formulée par la CGTM. La nouvelle audience a ainsi été fixée au lundi 13 avril 2026 à 8 heures pour entendre les parties. Alors que dans un premier temps Martinique Transport avait proposé aux grévistes de poursuivre la discussion à l’issue de l’audience du 10 avril, elle a décidé de déplacer le rendez-vous au lundi 13 avril à … 11 heures, c’est-à­dire après la nouvelle audience.

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Martinique Transport refuse de négocier

— Communiqué de la CGTM —

Depuis le 17 mars 2026, 90% des chauffeurs de TRANSAGLO, société chargée d’effectuer le transport de passagers pour le compte de Martinique Transport sont en grève. Leur mouvement prend sa source dans la non-application intégrale du protocole d’accord signé le 13 mai 2025 portant sur l’harmonisation des salaires du réseau Centre et la substitution d’une prime de 13ème mois à une prime exceptionnelle.

Martinique Transport refuse de participer aux négociations initiées par la DEETS pour tenter de trouver une issue au conflit, intervient dans les NAO chez TRANSAGLO en demandant au gérant d’exclure le point portant sur les salaires, mais déclare en même temps ne pas être concernée par un conflit interne qui ne la concernerait pas. Une telle position n’est ni sérieuse, ni responsable.

La CGTM et ses syndicats affiliés réunis le 8 avril 2026, • Apportent leur soutien plein et entier aux travailleurs de TRANSAGLO en lutte depuis le 17 mars 2026

• Exigent de Martinique Transport qu’elle respecte ses engagements pris le 13 mai 2025
et cesse d’inciter le gérant de TRANSAGLO à exclure les salaires des négociations.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie 2

Deuxième partie
***
La France n’a jamais oublié sa défaite à Vertières
***

«… Les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais [1]. »

(Victor Hugo)

Depuis l’assassinat du fondateur de la patrie, les masses populaires haïtiennes s’enfoncent dans le sable de la déchéance. L’historien Philippe Girard [2] explique : « La nouvelle Haïti, libérée du carcan colonial français, mais pas de celui du travail forcé, était née. » Les Haïtiens ne sont pas non plus libérés de la pauvreté extrême. Les puissances néocolonialistes les regardent disparaître lentement, sans les secourir. Les bras croisés derrière le dos, comme l’empereur Napoléon Bonaparte, elles observent un peuple, qu’elles qualifient d’effronté pour son passé historique brave et hardi, un pays qu’elles ont maudit – comme Canaan le fils de Cham le fut par son grand-père Noé – qui descend vertigineusement dans les profondeurs nébuleuses de l’abîme. Elles attendent, comme le chasseur qui guette sa proie, l’année, le mois, la semaine, le jour, l’heure, la minute, la seconde décisive de l’instant fatidique.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie 1

Avant-propos

Luttons ou mourons

Les historiens, dans bien des cas, n’insistent pas assez sur les éléments de « complot international », lorsqu’ils tentent de cerner les causes et les effets de la « décadence » de la République d’Haïti. Il s’agit d’un état situationnel provoqué par les anciens maîtres de cette colonie jadis juteuse et prospère. C’est cet angle de traitement que ceux qui se donnent pour mission de rédiger l’histoire doivent prioriser pour éviter que l’autoculpabilisation ne déroute l’énergie et la conscience de la lutte. Depuis les événements politiques qui ont conduit à la naissance de la patrie haïtienne, les pays comme les États-Unis, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, le Canada etc., n’ont-ils pas tout tenté pour prouver que les anciens esclaves ont échoué dans leur projet de construire et de vivre dans une société libre, un État indépendant et un pays prospère ? Jusqu’à présent, pourrait-on dire, ils ont réussi. Ce peuple de la Caraïbe vit actuellement dans une réserve miséreuse, sans faune et sans végétation, comme des animaux de l’âge préhistorique, dont ils semblent hériter le tragique destin. 

La route qui doit faire lever le soleil sur les ajoupas des pauvres, y compris ceux de la République d’Haïti, passera inévitablement par une lutte révolutionnaire.

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Présentation du projet de loi S.U.R.E.

1. Un contexte de crise du système pénal

Le projet de loi S.U.R.E. (« Sanction utile, rapide et efficace ») s’inscrit dans un contexte de dysfonctionnement du système pénal français marqué par trois difficultés majeures :

  • Un taux de récidive élevé (environ 60 % dans les 5 ans après une peine ferme), qui interroge l’efficacité des sanctions.
  • Une surpopulation carcérale chronique, empêchant l’exécution effective de toutes les peines.
  • Des délais de jugement excessifs, pouvant atteindre plusieurs années en matière criminelle.

Face à ces limites, la réforme vise à rendre la justice plus rapide, plus effective et plus dissuasive, tout en favorisant la réinsertion.

2. Les principaux axes de la réforme

a) L’introduction d’un « plaider-coupable » criminel

Le projet prévoit la création d’une procédure inspirée de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), appelée :

  • Procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR)

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Esclavage : plus grave crime contre l’humanité

Déclaration du Comité Devoir de Mémoire Martinique, le 28 mars 2026, sur le vote de l’ONU du 25 mars 2026

Le Comité Devoir de Mémoire Martinique prend acte du vote du 25 mars 2026 à l’ONU proclamant que  » la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » sont  » les plus graves crimes contre l’humanité », et s’interroge sur l’abstention de la France.

Pendant plus de quatre siècles, entre 12 et 15 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques.

Mais ce chiffre ne reflète qu’une partie de la tragédie.

Avant même l’embarquement, lors des captures, des razzias et des marches forcées vers les côtes, entre 2 et 4 millions de personnes périrent.

Durant la traversée atlantique, dans les cales des navires négriers, près de 2 millions d’êtres humains moururent. Une fois arrivés dans les Amériques, la mortalité demeura extrêmement élevée.

Dans les plantations esclavagistes, entre 30 % et 50 % des nouveaux arrivants mouraient dans les dix premières années, victimes du travail forcé, de la malnutrition, des maladies et des violences.

Cela représente entre 3 et 6 millions de morts supplémentaires.

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Transaglo : le pourquoi de la gève

Pour nos salaires, respect des engagements pris

— Par le Comité de grève des chaufeurs de Transaglo.—

Nous, chauffeurs de la société TRANSAGLO sommes en grève depuis mardi 17 mars 2026. Nos revendications portent autant sur nos rémunérations que sur nos conditions de travail.
Comme trop souvent, de nombreuses critiques fusent, venant de personnes qui n’ont même pas pris la peine de nous interroger sur les raisons de notre mobilisation.
Nous avions déjà mené une lutte du 11 avril au 13 mai 2025 et nous avons signé un accord dont l’article 4 est ainsi rédigé :

Article 4 : Instauration d’une prime de 13ème mois en substitution de la prime semestrielle forfaitaire

MARTINIQUE TRANSPORT s’engage dans le cadre de la préparation de la prochaine convention de délégation de service public, devant entrer en vigueur au 1er septembre 2025, à intégrer dans le calcul des dépenses salariales la prime de 13e mois qui se substituera à la prime forfaitaire semestrielle.

Ce principe s’inscrit dans un cadre d’objectif d’harmonisation des salaires qui devra être mis en place par la société dédiée qui regroupera l’ensemble des salariés  travaillant sur le réseau centre.

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Pourquoi se fait‑on tatouer?

— Par Joan Tahull Fort, Universitat de Lleida —

Dans une époque marquée par l’instantanéité et les tendances éphémères, nous choisissons d’apposer quelque chose de « permanent » sur notre peau en nous faisant tatouer. Pourquoi agissons-nous ainsi ? Des raisons historiques, sociologiques et psychologiques permettent de l’expliquer.

Un tatouage peut apparaître comme une contradiction : à une époque marquée par l’instantanéité et les modes éphémères qui disparaissent rapidement, nous décidons d’inscrire quelque chose « pour toujours » sur notre peau.

Cette tension n’est pas un détail esthétique : c’est un indice. Pour comprendre pourquoi nous nous faisons tatouer aujourd’hui, il faut regarder au-delà de l’encre et se demander ce qui se cache derrière.

D’une « pratique marginale » à un langage devenu courant

Pendant des décennies, en Occident, les tatouages ont été socialement stigmatisés et associés presque exclusivement aux prisonniers, aux marins, aux milieux criminels ou aux personnes en marge de la société. Dans d’autres contextes culturels (notamment dans diverses sociétés d’Asie, d’Afrique et d’Océanie), traditionnellement, le tatouage a toujours été accepté et intégré dans la vie sociale : il s’agissait non seulement d’une pratique normalisée, mais aussi fonctionnelle, car elle indiquait le statut, la profession, l’appartenance ou marquait des rites de passage.

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Tournoi de domino – Festinina

📅 Vendredi 27 mars – 15h : Éliminations | Samedi 28 mars : Demi-finales | Dimanche 29 mars :Finale
📍 Habitation La Merveilleuse – Morne Figue, La Trinité 

La Solidarité Martiniquaise de Jeu, en partenariat avec Festinina, organise un tournoi de domino dont les bénéfices permettront de soutenir des projets en faveur des personnes les plus démunies.

Trois prix seront attribués aux meilleurs joueurs (en espèces ou par virement selon le nombre de participants).

Au-delà de la compétition, ce rendez-vous promet une ambiance conviviale et stratégique : les joueurs sont invités à venir démontrer leur maîtrise autour de la table, dans une atmosphère où l’on vient autant pour gagner que pour partager un moment de plaisir.

Les dominos : origines, règles et tradition en Martinique

Les origines du jeu de domino

Le jeu de domino trouve ses racines en Chine, où il apparaît dans les textes dès le XIIIᵉ siècle. La plus ancienne mention connue figure dans un ouvrage du lettré Zhou Mi (1232-1298).

Le jeu arrive ensuite en Europe au XVIIIᵉ siècle, probablement par les routes commerciales, et se diffuse d’abord en Italie vers 1760 avant de se populariser rapidement en France.

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Jean-François Boclé, l’art comme mémorial des violences de l’histoire

Jean-François Boclé, artiste martiniquais majeur de la scène contemporaine, est décédé à l’âge de 55 ans. Peintre, sculpteur, vidéaste, performeur et écrivain, il laisse derrière lui une œuvre dense et engagée, traversée par la mémoire coloniale, les violences historiques et la recherche d’un « Nous » capable de dépasser les fractures du monde contemporain.

Un enfant de Martinique marqué par son île

Né en 1971 à Fort-de-France, Jean-François Boclé passe ses premières années en Martinique, dans un environnement qui marquera profondément son imaginaire et sa pensée. Il quitte l’île à l’adolescence pour poursuivre ses études en métropole, mais restera toute sa vie profondément attaché à ses racines caribéennes. La Martinique, avec ses blessures historiques et sa richesse culturelle, restera au cœur de sa réflexion artistique.

Après des études de littérature moderne à la Université Paris-Sorbonne, il choisit de se consacrer aux arts plastiques. Il intègre l’École nationale supérieure d’art de Bourges en 1992 avant de poursuivre sa formation à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris entre 1995 et 1998. Cette formation dans deux institutions majeures de l’enseignement artistique français ouvre rapidement à Boclé les portes de la scène contemporaine internationale.

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Boubacar Ould Messaoud, ancien esclave devenu figure de la lutte antiesclavagiste, est mort

Le militant mauritanien des droits humains Boubacar Ould Messaoud, fondateur de l’ONG SOS Esclaves, est décédé jeudi 12 mars 2026 à Nouakchott à l’âge de 80 ans. Figure majeure du combat contre l’esclavage en Mauritanie, il aura consacré plus d’un demi-siècle à défendre les droits des personnes réduites en servitude et à porter la cause des Haratines sur la scène nationale et internationale.

Né le 15 mai 1945 à Rosso, dans le sud de la Mauritanie, Boubacar Ould Messaoud est issu d’une famille d’esclaves. Son accès à l’école, rendu possible grâce à l’intervention d’un directeur d’établissement, marque le début d’un parcours exceptionnel vers l’émancipation. Après des études à Nouakchott puis à l’École nationale d’ingénierie de Bamako, au Mali, il obtient une bourse pour poursuivre sa formation en Union soviétique. Il étudie à l’université d’État de Moscou avant d’intégrer l’Institut d’architecture de Moscou, où il obtient un diplôme d’architecture avec mention excellente. De retour en Mauritanie en 1974, il participe à l’élaboration de plusieurs projets architecturaux à Nouakchott, notamment le quartier de la Socogim.

Parallèlement à sa carrière d’architecte, il s’engage très tôt dans la lutte contre l’esclavage, un système officiellement aboli en 1981 mais qui perdure dans certaines régions du pays.

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3133, le nouveau numéro national pour signaler une situation de maltraitance

Victime ou témoin de maltraitances envers une personne adulte vulnérable, âgée, en situation de handicap ou de précarité ? Depuis le 1er mars 2026, le numéro national dédié à la lutte contre les maltraitances est le 3133. Il remplace le 3977.

Les violences, maltraitances ou négligences peuvent prendre des formes multiples : physiques, psychologiques, sexuelles, financières ou matérielles ou institutionnelles. Ces actes portent gravement atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes particulièrement vulnérables. Même en cas de doute, le 3133 vous accompagne dans votre démarche et vous apporte conseil si besoin.

Comment fonctionne le 3133 ?

Le 3133 est un numéro gratuit et accessible 7 j/7, de 9 h à 20 h. Il peut être composé même en cas de doute. Il participe au repérage des maltraitances afin d’y apporter des solutions rapidement. Le 3133 peut être composé par tous et est ouvert à toute personne victime ou témoin d’une situation de maltraitance :

  • une personne âgée ;
  • une personne majeure en situation de handicap ;
  • une personne majeure en situation de précarité ;
  • un proche, un aidant ou toute personne témoin ou inquiète pour une personne vulnérable.

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L’Heure du Grand Dévoiement

Lettre ouverte à l’attention des membres des Comités Nobel et des Lauréats du monde entier.
 Par Yves Untel Pastel —

L’obsession guerrière paroxysmique est là. Le monde ne bascule plus ; il s’est rompu. Nous assistons à l’effondrement définitif des digues qui retenaient encore un simulacre d’humanité. Ce qui s’érige aujourd’hui sur les décombres du droit des peuples, c’est la déification de la force brute et le sacre de l’appétit dérégulé. En cette période de ruptures géopolitiques sans précédent, cet appel est une exigence citoyenne adressée à ceux que notre civilisation a désignés comme les dépositaires de l’autorité morale.

La Profanation du Vivant Le corps des plus faibles — enfants, vieillards, innocents — n’est plus seulement une victime collatérale ; il est devenu le territoire même de la guerre. Cette désanctuarisation de la vie humaine marque le passage d’un conflit d’intérêts à une pathologie civilisationnelle. La vie est profanée, jetée dans les cataractes de sang, tandis que la folie sert de pitance à un navire planétaire en dérive totale. Au cœur même des nations qui se prétendaient exemplaires, le pouvoir est confisqué par des élites dont l’immoralité est devenue une bannière.

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Tout goudron, tout béton et l’on s’en fout du rhum Neisson

— Par Térèz Léotin —

Il existe au Carbet, à la Martinique, un rhum très apprécié des amateurs du monde entier. Il est hélas en danger de mort cependant. Ce rhum n’est autre que le Rhum Neisson avec notamment son « zépol karé » légendaire largement prisé, ainsi dénommé en raison de la forme très originale de la bouteille. Ce rhum agricole nécessite, comme tous les autres, un environnement approprié qui favorise la qualité de la production. Les concepteurs martiniquais, en effet, ont été les premiers et les seuls à obtenir le label rhum agricole de la Martinique, d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Le « Rhum de la Martinique » l’est devenu par décret du 05 novembre 1996, publié dans le Journal officiel de la République française du 08 novembre de la même année. L’AOC a été délivrée par l’Institut national des appellations d’origine, « après plus de vingt années de démarches de la part des acteurs de la filière. » L’appellation d’origine contrôlée (AOC) concerne notamment les spiritueux. Elle garantit au consommateur « un lien étroit entre le produit et son terroir qui tous les deux doivent être de qualité ».

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Le Monde en face : Le Pays taliban », par par Solène Chalvon-Fioriti et Marianne Getti,

Dimanche 8 mars à 21h05 | France 5

Le documentaire « Le Monde en face : Le Pays taliban », réalisé par Solène Chalvon-Fioriti et Marianne Getti, propose une immersion dans l’Afghanistan près de cinq ans après le retour au pouvoir des talibans. À travers un voyage à travers le pays, les journalistes montrent le fonctionnement d’un régime fondamentaliste extrêmement strict, largement isolé du reste du monde et particulièrement répressif envers les femmes.

Le film s’ouvre sur le témoignage d’Abu, un jeune garçon dont la famille est liée aux talibans. Avec l’innocence de son âge, il explique que ses proches servent le pays en arrêtant les voleurs ou les personnes qui boivent de l’alcool. Ce regard d’enfant révèle l’idéologie inculquée dès le plus jeune âge. Dans cette société profondément conservatrice, les relations entre filles et garçons sont fortement limitées, même si Abu avoue jouer au ballon avec sa sœur malgré l’interdit.

Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, l’Afghanistan est devenu l’« Émirat islamique d’Afghanistan », un régime très rigide et largement non reconnu par la communauté internationale.

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L’alliance avec le Nommo au Pays Dogon (Mali)

Ce que disent les Dogons : «  Nous n’avons jamais été esclaves et nous n’avons mis personne en esclavage « 

Paysan berrichon, paysan chinois, paysan dogon : même pensée «  Pleuvra-t-il assez, pleuvra-t-il trop ? »

« L’eau est ce qui, dans le monde, est le plus proche de Dieu » ( Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien)

Voilà un titre bien mystérieux ! Le Pays Dogon ? Une région du Mali, non loin de la frontière avec le Burkina-Fasso, constitué d’une gigantesque falaise en arc de cercle, longue de 200 km , au pied de laquelle vit le peuple des Dogons qui sont environ 500 000 aujourd’hui, répartis en une multitude de villages. Les Dogons sont aujourd’hui bien connus par les amateurs de l’art africain grâce à une grande exposition au Musée du quai Branly il y a quelques années. Mais plus lointainement, les Dogons ont fait parler d’eux depuis les années trente du siècle dernier à travers le livre de l’ethnologue Marcel Griaule «  Dieu d’eau, trente jours de conversation avec le vieux sage Ogotoméli ». Cette enquête et à proprement parler cette initiation à la spiritualité dogon s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui avec les nombreux travaux de l’école de Marcel Griaule comme si ce petit peuple s’était doté d’une spiritualité secrète dont la profondeur et la créativité fascinent tous ceux qui cherchent à la comprendre.

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Haïti : Pour comprendre le phénomène des gangs armés…

— Par Robert Lodimus —

« Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de « liberté », réelle et véritable. »

  (Lénine)

Tout va de travers dans ce pays que l’on appelait autrefois – et non par ironie – la Perle des Antilles. À cette époque-là – qui était aussi celle du Bicentenaire du président Dumarsais Estimé – les touristes venus des quatre coins de la planète déambulaient par dizaines dans les rues des villes accueillantes et longeaient sans inquiétude les sentiers des campagnes verdoyantes, noyées dans l’exubérance des forêts vierges. Ce temps béni et enchanteur n’existe plus dans cette presqu’île mourante de la Caraïbe. Aujourd’hui, la République d’Haïti incarne, symbolise aux yeux des étrangers une clocharde lépreuse qui attend sa dernière heure dans la honte grisailleuse, une pestiférée malchanceuse que même sa diaspora cherche volontairement à éviter par tous les moyens. 

En 2025, la population haïtienne était évaluée à 12 037 506 habitants. 75% du nombre se retranchaient dans les bas-fonds d’une misère au goût de fiel.

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Intermittence : refuser la précarisation, défendre nos territoires

Lettre ouverte à Mesdames, Messieurs les Élu.e.s nationaux représentant les territoires ultramarins au Sénat et à l’Assemblée nationale quant à la nécessaire adaptation du régime d’intermittents du spectacle dans les territoires ultramarins.

— De Manuel Césaire (*) —

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Créé en 1936 sous le Front populaire, consolidé à partir de 1969, puis restructuré au début des années 2000, le régime des intermittents est l’expression concrète de la reconnaissance, par un État, des réalités, des spécificités, des besoins et des problématiques d’un secteur : le secteur culturel. Ce secteur qui plus globalement participe très concrètement à l’économie française avec une valeur ajoutée de 49,5 milliards d’euros en 2023, soit 2% de l’économie française.

Face à une activité discontinue, des contrats de courte durée, le régime d’intermittent par la voie de l’adaptabilité et porteur de flexibilité a permis et continue de permettre à plus de 300 000 femmes et hommes d’accéder à une assurance chômage adaptée, une protection maladie et maternité, des congés payés mutualisés, des droits à la retraite, ainsi que des dispositifs de mutuelle et de prévoyance.

Ce régime continue de jouer un rôle moteur vertueux pour la structuration et la professionnalisation du secteur culturel.

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Tourisme régénératif : la leçon de Marcel Mauss pour réinventer le voyage

— Par Élodie Manthé (*) —

Et si le tourisme de demain ne se mesurait plus à l’intensité des expériences consommées, mais à la qualité des liens tissés ? En relisant Essai sur le don de Marcel Mauss, une autre voie apparaît : voyager non plus comme un client, mais comme un partenaire engagé dans un échange durable.

Dans un article récent, je m’intéresse aux travaux de l’anthropologue Marcel Mauss dans son Essai sur le don de 1925, une œuvre majeure qui éclaire la dimension sociale et symbolique des échanges et qui nous permet d’ouvrir une troisième voie pour résoudre ce dilemme. Selon cette analyse, le tourisme moderne – qui traverse une phase de désillusion – doit dépasser les solutions purement transactionnelles pour s’ancrer dans une dynamique plus humaine et équilibrée. En s’appuyant sur deux exemples extrêmes d’échange étudiés par Mauss – le potlatch et le kula –, l’article propose un outil précieux pour décrypter les excès du tourisme contemporain.

Le potlatch, pratiqué sur la côte nord-ouest de l’Amérique et décrit au XIXᵉ siècle, consiste à accumuler des biens pour les détruire ou les distribuer de manière ostentatoire, affichant ainsi pouvoir et prestige.

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