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Déboulonnage des statues : Réflexion du Comité Devoir de Mémoire

Le procès relance le débat de la construction de l’Histoire du Pays : comment une société choisit-elle de raconter son histoire ?
Est-il nécessaire de détruire les symboles du passé pour dépasser la Colonialité ou les réinterpréter ?
Ces déboulonnages de statues ont fait resurgir brutalement en Martinique, dans le débat public, les drames de l’histoire coloniale .
Notre jeunesse dont une partie s’impatiente violemment ne supporte plus
les dégâts causés dans leur vécu par une situation dégradée au plan social, économique et politique et se développe alors une prise de Conscience politique.

Les inégalités de richesse et de développement, conséquences du passé esclavagiste, sont de plus en plus insupportables et ette situation participe aussi à cette colère de notre jeunesse.

En ce début de XXIème siècle naissent des revendications d’égalité, de liberté et de justice dans nos espaces urbains , héritiers de l’époque coloniale qui ont été bâtis par la sueur et le sang de nos ancêtres afrodescendants mais qui en ont été exclus dans leur conception.

Se développe alors le sentiment d‘être l’étranger dans sa ville.

Il est alors nécessaire de fabriquer une autre relation avec l’espace vécu, de réinventer cette empreinte mémorielle, née du double rapport entre contact colonial et peuple opprimé .

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Mémoires nomades

— Par Éric Cabéria du Comité Devoir de Mémoire Martinique —

Le projet de QR code porté par le Comité Devoir de Mémoire Martinique s’inscrit dans une histoire ancienne, patiente et obstinée : celle du projet Mémoires Nomades, auquel nous tenons depuis de nombreuses années.

Ce projet n’est pas né d’une mode technologique, ni d’un enthousiasme superficiel pour le numérique. Il est né d’une réflexion collective, conduite depuis longtemps au sein du Comité Devoir de Mémoire, notamment à partir des cogitations de Christian Jean-Étienne, de Serge Chalons, d’Éric Caberia, ainsi que d’autres membres du Comité qui ont, chacun à leur manière, nourri cette intuition fondamentale : la mémoire ne doit pas rester enfermée dans les livres, les archives, les cérémonies officielles ou les discours d’initiés. Elle doit descendre dans la rue, habiter les lieux, accompagner les passants, interpeller les jeunes, instruire les visiteurs et redonner sens aux espaces que nous traversons parfois sans les voir.

À l’origine, Mémoires Nomades reposait sur une idée techniquement ambitieuse pour son époque : installer, dans différents lieux de Fort-de-France, des points d’accès numériques permettant au public de consulter sur place des contenus historiques, culturels et mémoriels.

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Procès du déboulonnage des statues coloniales: la mémoire ou l’oubli ?

— Tribune du Comité Devoir de Mémoire Martinique —
La question est limpide pour notre communauté antillo-guyanaise :
quelle mémoire choisissons-nous de célébrer pour notre avenir ?
Il n’est pas anodin que cette question ressurgisse aujourd’hui, alors que de jeunes Martiniquais comparaissent devant la justice pour avoir déboulonné des statues coloniales.
Leur geste, qu’on voudrait réduire à un acte de vandalisme, interroge en réalité quelque chose de beaucoup plus profond : le rapport que notre société entretient avec sa mémoire, avec son passé, avec la manière dont elle choisit d’honorer ou d’ignorer.
Depuis plus de trois siècles, la dignité du peuple martiniquais a été niée, marchandisée, puis confinée au silence.
Lorsque l’esclavage fut aboli, la France indemnisa les anciens planteurs, jamais les esclaves affranchis.
Et comme un second châtiment, on enjoignit aux survivants d’oublier : oublier les chaînes, oublier les supplices, oublier les siècles d’humiliation.
L’histoire officielle, dès lors, fut écrite sans eux, et l’espace public modelé à l’image des maîtres d’hier.
Nos places, nos avenues, nos statues, nos écoles ont ainsi longtemps célébré non les vaincus qui se redressèrent, mais ceux qui les avaient écrasés.

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Mémoire de l’esclavage et antiracisme : un débat, un combat et ses enjeux

Deux textes mis en ligne ces deux derniers jours sur Mediapart, et qui sont en train de provoquer le débat, en matière de mémoire de l’esclavage. Ils font suite à la mise en ligne sur le site du CNMHE, d’un texte  auquel a répliqué une tribune de Myriam Cottias, directrice du CIRESC au CNRS et ancienne présidente du CNMHE. On trouvera donc ci-après un lien vers le texte initial, la réponse de Myriam Cottias, un texte de Loïc Céry de l’Institut du Tout Monde qui précise les enjeux du débat et la plainte déposée par Frédéric Régent.


L’anti-esclavagisme peut-il exclure l’antiracisme?

—Par Myriam Cottias—

Exclure les combats anti-esclavagistes, des combats antiracistes n’est-ce pas une nouvelle tentative pour construire une identité particulariste qui oublie la violence de la relation esclavagiste et de la «race» et pour nier l’universalité des combats pour l’égalité du genre humain?

Les nombreux actes, écrits et injures antisémites et racistes montrent bien, une fois encore, que la période est au brouillage politique et à la révision de la connaissance historique par des discours guidés par une idéologie récurrente sur la minoration des facteurs qui ont soutenu l’histoire des génocides et des processus génocidaires de l’Histoire.

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Mémoires de l’esclavage : le saccage ultime

— Par Loïc Céry(*) —

Retour sur les soubresauts actuels autour de la véritable guerre des dates de commémoration du souvenir de l’esclavage, après la grève de la faim de Serge Romana et la réintroduction par le Sénat de l’article 20A si controversé, du projet de loi Égalité réelle outre mer. Chronique d’un saccage annoncé.
À vrai dire, c’est au gré d’un excellent sujet du JT de France Ô du mercredi 18 janvier 2017, au moment même de la réintroduction au Sénat de l’article 20A, qu’on peut mesurer combien ce qui est aujourd’hui considéré par le CM98 comme une victoire, provient d’une très longue guerre des dates de commémoration. Archives à l’appui (c’est aussi la force des synthèses journalistiques de fond), on reverra ici combien dès l’instauration en 2006 du 10 mai comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, Serge Romana s’est toujours opposé à ce choix, en faisant prévaloir la légitimité exclusive du 23 mai, en référence au 23 mai 1998 et à la manifestation des Antillais de Paris, manifestation dont il fut l’un des organisateurs, avant de fonder son association CM98.

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Quelle mémoire de l’esclavage ?

esprit

(Table ronde)

MAXIMIN Daniel, POCRAIN Stéphane et TAUBIRA Christiane

Pourquoi faire une loi instituant une commémoration de l’esclavage re­connu comme crime contre l’humanité ? En revenant sur l’origine de ce projet de loi, cette discussion contradictoire permet de comprendre les tenants et les aboutissants des demandes adressées au législateur.

ESPRIT – La loi Taubira, qui définit l’esclavage comme crime contre l’humanité, a été adoptée par l’Assemblée nationale en 2001. Cinq ans après, quel bilan dressez-vous de l’adoption de cette loi ?

Christiane TAUBIRA – La loi est le fruit d’un travail laborieux mené pendant deux années et demie. Le projet de loi fut déposé en 1998 et la première lecture à l’Assemblée eut lieu en février 1999. Le projet a d’abord soulevé l’enthousiasme, surtout chez les responsables socialistes. Mais très vite, la perspective des conséquences possibles de la loi a gelé cet enthousiasme. Certains faiseurs d’opinion au sein du parti socialiste ont souhaité que le texte proposé soit réduit à un article déclaratoire, dans la lignée de ce qui fut fait pour le génocide arménien. L’article sur la réparation, qui visait à faire évaluer le préjudice et proposer des politiques publiques de réparation, a notamment posé problème.

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Esclavage : plus grave crime contre l’humanité

Déclaration du Comité Devoir de Mémoire Martinique, le 28 mars 2026, sur le vote de l’ONU du 25 mars 2026

Le Comité Devoir de Mémoire Martinique prend acte du vote du 25 mars 2026 à l’ONU proclamant que  » la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » sont  » les plus graves crimes contre l’humanité », et s’interroge sur l’abstention de la France.

Pendant plus de quatre siècles, entre 12 et 15 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques.

Mais ce chiffre ne reflète qu’une partie de la tragédie.

Avant même l’embarquement, lors des captures, des razzias et des marches forcées vers les côtes, entre 2 et 4 millions de personnes périrent.

Durant la traversée atlantique, dans les cales des navires négriers, près de 2 millions d’êtres humains moururent. Une fois arrivés dans les Amériques, la mortalité demeura extrêmement élevée.

Dans les plantations esclavagistes, entre 30 % et 50 % des nouveaux arrivants mouraient dans les dix premières années, victimes du travail forcé, de la malnutrition, des maladies et des violences.

Cela représente entre 3 et 6 millions de morts supplémentaires.

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Hommage à Serge Châlons : une trace

— Par Christian Jean-Étienne (*) —

Serge Châlons, pédiatre, médecin de santé publique, d’une grande humilité, militant engagé, homme de combat, profondément humaniste et passionné par l’Être humain nous a quittés en mai 2024. Il laisse un grand vide.
Aussi, les quatre associations où il militait ont choisi de lui organiser un hommage durant tout le mois de juillet 2025 aux Archives Territoriales de Martinique pour rappeler son engagement humanitaire envers les enfants de la Caraïbe, sa lutte pour faire reconnaître l’esclavage crime contre l’humanité, son engagement en faveur des ouvriers agricoles et des personnes empoisonnées au chlordécone.

UNE EXPOSITION ET QUATRE CONFÉRENCES
Quatre conférences ont été proposées au public sur chacun de ses engagements, une exposition sur les Bateyes avec d’autres panneaux sur le Comité Devoir de Mémoire , les activités d’ESA-Caraïbes, l’orphelinat de Port-au-Prince, les actions réalisées à Thiotte dans le Sud-Est d’Haîti et la brochure scientifique pour comprendre les méfaits du chloredécone réalisée dans le cadre de Lyannaj pou dépoliyé Matinik.

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Combattre le racisme anti-haîtien en République Dominicaine

Pour une manifestation le Samedi 17 mai !

—- Le n° 304 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

Il fallait transformer en un Geste politique, les affects d’indignation et de dégoût suscités par images télévisuelles montrant la violence en actes, de la politique xénophobe, raciste, du gouvernement de la république dominicaine, en tout lieu, à toute heure, à l’encontre de personnes de tout âge, d’origine ou/et d’ascendance haïtienne, à la couleur de peau noire !

Cette politique dite de contrôle et de lutte contre l’immigration clandestine, s’est traduite en 2022 par la construction d’un mur en béton sur 160 Kms, à la frontière dHaïti et de la République dominicaine. Depuis novembre 2024, cette politique cynique s’adosse à un objectif de 10 000 expulsions d’Haïtien·ne·s par semaine, véritable permis de chasse et de rafles accordé à l’armée et à la police contre la communauté des Haïtien·ne·s y compris dans les hôpitaux et maternités !

En une semaine, un collectif de pas moins de 30 organisations et de plusieurs personnalités ont rédigé une déclaration commune intitulée : Halte à la xénophobie et au racisme contre les Haïtien·nes.

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Lonè épi respé ba misié Bertrand Caruge

Hommages :

Bertrand CARUGE avait 62 ans.

Extrêmement touché par sa brutale disparition dans la nuit de mercredi 19 à jeudi 20 février 2025, le Comité Devoir de Mémoire de Martinique s’incline devant sa mémoire et transmet à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances.

Il revient en Martinique en 1990 et depuis 1996 il prend sa place dans le paysage médiatique martiniquais. Journaliste brillant, engagé dans son métier , intègre et passionné il militait pour une Presse rigoureuse à la recherche de la vérité.

C’était un homme de caractère, sincère et exigeant. Diplomé d’Histoire, il montre très tôt son intérêt pour les questions politiques et socio-culturelles de Martinique .Fin observateur de la réalité martiniquaise ,il ne manquait pas d’audace et avait un style direct et une plume acérée. Curieux de tout , très sensible aux problématiques de la Caraïbe et à la situation politique mondiale, il se disait lui-même “Citoyen du Monde”.

Il laisse un grand vide à la Rédaction de Martinique 1ère et aussi auprès de ses confrères de la presse martiniquaise orpheline. Célèbre grâce à ses émissions originales comme “ Sa ou ka di” où il invitait tous les acteurs de la Société martiniquaise et plus récemment “Lonè épi respé” qui rencontrait un vif succès .

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Contre le racisme anti-noir : un appel à l’égalité, à la dignité et à l’action du gouvernement

Déclaration Officielle du Comité Devoir de Mémoire

À l’attention du Gouvernement français et de l’opinion publique nationale,

Le Comité Devoir de Mémoire, dans sa mission de préserver et de défendre l’héritage des luttes contre l’esclavage, le colonialisme et toutes les formes de discrimination, exprime son indignation face à la vague de haine raciste visant Ebony, finaliste de la « Star Academy ». Ces attaques, proférées sur les réseaux sociaux, révèlent une fois de plus l’ampleur et la persistance du racisme anti-noir en France, un fléau profondément enraciné qui continue de fracturer notre société.

Un rappel au principe d’égalité :

Le Comité Devoir de Mémoire tient à rappeler que le racisme, sous toutes ses formes, est un délit, comme inscrit dans les lois de la République. En tant qu’organisation mémorielle, nous dénonçons l’absence de protection efficace des citoyens ultramarins, qui se trouvent trop souvent victimes de discriminations systémiques et d’un mépris latent. Ce silence de l’État sur des agressions d’une telle gravité constitue une atteinte aux principes fondamentaux d’égalité et de fraternité qui fondent la République française.

Un traitement inégal des discriminations

Nous observons avec regret que ce racisme anti-noir ne suscite ni le même élan de condamnation ni la même mobilisation politique et médiatique que d’autres formes de discrimination, telles que l’antisémitisme.

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Jacques Adélaïde-Merlande : pionnier de l’enseignement supérieur et figure majeure de l’histoire des Antilles

Jacques Adélaïde-Merlande, historien français, est né le 1er juin 1933 à Fort-de-France, en Martinique, et est décédé le 14 novembre 2024 à l’âge de 91 ans. D’origine guadeloupéenne et martiniquaise, il a marqué l’histoire de l’enseignement supérieur aux Antilles et en Guyane.

Après des études d’histoire à la Sorbonne, où il s’intéresse à la colonisation et au mouvement ouvrier, il obtient l’agrégation en 1962. Deux ans plus tard, il devient le premier directeur du Centre d’enseignement supérieur littéraire de Pointe-à-Pitre, précurseur de l’Université des Antilles et de la Guyane. De 1972 à 1977, il occupe le poste de président du Centre universitaire Antilles-Guyane, jouant un rôle clé dans la structuration et le développement de l’enseignement supérieur dans la région.

Jacques Adélaïde-Merlande est reconnu pour sa contribution à l’histoire des Antilles, en particulier sur les périodes révolutionnaires et les origines du mouvement ouvrier. Il a dirigé plusieurs volumes de l’**Historial antillais**, ouvrage de référence sur les études historiques antillaises, et publié de nombreux articles dans des revues spécialisées. En 2000, il est fait docteur honoris causa de l’Université des Indes occidentales, en reconnaissance de son travail de coordination des recherches historiques dans la Caraïbe.

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Misère sociale et complexité d’une réalité martiniquaise

— Par Christian Jean-Etienne, président —
Le Comité Devoir de Mémoire Martinique, préoccupé par la situation de crise que nous vivons depuis trop longtemps s’interroge sur la Vie chère en Martinique. Elle est le résultat direct de mécanismes économiques issus de l’époque coloniale. On peut remonter à 1670, siècle de l’absolutisme pour l’installation du pacte colonial afin de comprendre cette situation. Cette doctrine économique avait pour but de favoriser les intérêts économiques de la Métropole coloniale en consolidant son pouvoir financier et en contrôlant son monopole sur le commerce et le système de l’exclusif. Selon cette doctrine, la colonie est autorisée à exporter uniquement vers la Métropole les matières premières indispensables au développement de son industrie et à n’importer que des produits venant de la Métropole.

Ce rappel historique est utile pour mieux appréhender la complexité de la réalité vécue et pour comprendre le ras-le-bol légitime des Martiniquais. Cette réalité illustre un contexte social et économique caractérisé par un taux de pauvreté 5 à 10 fois plus élevé qu’en France et une cherté de la vie hors du commun, jusqu’à 40% plus élevée.

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Serge Chalons et Gérard Guillaume : gages d’engagement comme hommage !

— De Jean-Durosier Desrivières, écrivain, comparatiste et créoliste —

Pour dire mon affection aux esprits de Serge Chalons et de Gérard Guillaume, j’aurais aimé que mes mots soient aussi précis que concis, mais non sans poésie. Dire poésie, c’est dire densité et clarté d’une franchise, comme combinaison de mots de Saint-Aude – Clément Magloire – et d’Eluard. Oui, denses, sombres, mais clairs malgré tout, pour cœurs vibrants. La magie, au sens strict, n’est pas toujours principe premier des rencontres importantes. Mais le mystère, sans doute : mystère, au sens d’énigme, de miracle, en marge de toute confession…

De mes deux amis martiniquais partis trop tôt, sans doute, au pays sans chapeau, comme tant d’autres amis et amies chers de l’île d’Aimé – je pense fortement à feu Marius Gottin, caribéen au plus profond de son être –, Serge compte parmi les premiers. J’ai embrassé sa passion en tant que président du Comité Devoir de Mémoire Martinique, un 2 mai 2001, à la galerie André Arsenec de l’ex-Atrium, à Fort-de-France, sous l’auspice de Médecins du Monde. Cela faisait seulement deux ans depuis que j’avais foulé la terre d’Eugène Mona : il y avait colloque, organisé après création dudit comité pour le cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique (1848-1998).

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Disparition du Dr. Serge Châlons : un héritage de dévouement et d’humanité

Le Dr. Serge Châlons, pédiatre émérite et humaniste engagé, s’est éteint à l’âge de 71 ans. Sa vie dévouée à soigner les enfants de la Caraïbe, en particulier ceux d’Haïti, a laissé une empreinte indélébile dans la région. Son engagement sans faille contre les injustices, son refus tenace de toutes les oppressions et son sens aigu de la solidarité ont marqué ceux qui l’ont connu et aimé.

En tant que responsable du réseau périnatal en Martinique, le Dr. Châlons a coordonné une vaste équipe de spécialistes pour venir en aide aux enfants de divers horizons, de Sainte-Lucie à Haïti. Son action ne se limitait pas aux soins médicaux, mais s’étendait à des combats essentiels pour la justice et la santé publique. Il a été un fervent défenseur de la cause des victimes de la pollution au chlordécone, militant infatigable pour la vérité, la justice et les réparations.

Son dévouement envers Haïti était profondément enraciné, et ses voyages fréquents dans le pays avec Médecins du Monde témoignent de son engagement envers les plus vulnérables. Son association, Enfants Soleil Avenir, a été un pilier de soutien pour les enfants de la région, incarnant sa vision d’une approche communautaire en santé publique.

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Suspension des expulsion vers Haïti depuis la Martinique

Vertières : anniversaire 18 novembre 1803 – 18 novembre 2022
Chasses aux migrants et expulsions en République Dominicaine

Ce 18 novembre est le jour anniversaire de la bataille de Vertières, qui vit en 1803 la défaite de l’armée française napoléonienne devant l’armée haïtienne menée par Jean Jacques Dessalines, donnant naissance à la nation haïtienne et mettant fin à l’esclavage en terre d’Haïti.

Cet anniversaire rend encore plus scandaleuses et inacceptables, les images dramatiques, diffusées sur les réseaux sociaux et à la télévision, d’expulsions massives et de chasses aux migrant.e.s haïtien.ne.s en République Dominicaine.

ESA Caraïbes rappelle la terrible situation sécuritaire et humanitaire que subit Haïti depuis de longs mois, privant la population et particulièrement les enfants des droits humains les plus élémentaires à la sécurité, la santé et l’éducation, et appelle la population martiniquaise à manifester sa solidarité et à apporter son soutien aux nombreuses associations, à la Martinique notamment, qui agissent en faveur d’Haïti.

ESA Caraïbes, qui s’associe à l’appel du Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits Humains « à tous les pays de la région, (…) à mettre fin à l’expulsion d’Haïtien.ne.s 

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Sonjé 22 Mé

22 Mé Lanmanten…

Programme des manifestations sur le Lamentin pour le 22 mai 2021

Le Maire de la Ville du Lamentin vous informe du programme des manifestations prévues sur le territoire du Lamentin dans le cadre du 173ème anniversaire de la commémoration de l’abolition de l’esclavage :

. + Vendredi 21 mai à 16h30 à la médiathèque, rue Hardy de Saint Omer

. présentation de l’ouvrage « l’esclavage, une histoire de héros » de Simone Mornet avec le comité Devoir de Mémoire. Ce livre sous-titré « une grand-mère à ses petits-enfants » est un récit historique de l’esclavage, illustré d’images et de cartes pour les plus jeunes. C’est le choix de cette grand-mère à ses petits enfants qui de manière originale leur conte chaque soir cette histoire de héros en valorisant la lutte de ces derniers et leur terrible combat. Inscriptions à la médiathèque au 0596-517788. Diffusion live sur la page Facebook Mairie du Lamentin Martinique.

. + Samedi 22 mai

* « marche commémorative du 22 mai 1848 » à travers les quartiers organisée par la Ville du Lamentin, l’Office de la Culture et le Foyer Rural de Sarrault-Duchesne Au programme :

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La Martinique, malade de sa colonialité et de sa structure gérontocratique

— Par Isis Labeau-Caberia —

Les réactions extrêmement critiques qui ont déferlé suite au déboulonnement des statues de Victor Schœlcher sont symptomatiques de deux maux qui gangrènent la société martiniquaise : d’une part, son inertie face à un héritage colonial encore vivace ; d’autre part, le fossé grandissant entre une société vieillissante et embourgeoisée et sa jeunesse réclamant le changement social.
Le 22 mai 2020, de jeunes militant.es martiniquais.es procédaient au déboulonnement de deux statues de Victor Schœlcher, s’attaquant ainsi aux représentations de celui qui, depuis la IIe République, a été systématiquement érigé en symbole paternaliste de la « générosité » de l’État français à l’égard des esclaves de ses colonies. En choisissant cette date hautement symbolique du 22 mai — jour de commémoration du soulèvement servile qui, le 23 mai 1848, contraignit le gouverneur local à proclamer l’abolition immédiate de l’esclavage sur l’île et ce, avant même l’entrée en vigueur du décret d’abolition adopté le 27 avril à Paris — ces militant.es envoyaient un message fort : il s’agissait de dénoncer le récit colonial et assimilationiste d’une abolition « par le haut », un récit répété ad nauseam depuis 1848 et qui continue à ce jour à occuper une place centrale (voire exclusive) dans le champ de la mémoire officielle de l’esclavage, au détriment de la longue histoire des luttes serviles.

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Du 27 avril au… 22 mai : la longue marche

— Par Christian Jean-Etienne, Président du Comité Devoir de Mémoire —
22-Mé pli bel dat’ : C’est autour des années 1970 qu’on entend ce slogan en Martinique.
Le premier ouvrier qui a œuvré pour sortir de l’oubli cette date du 22 Mai 1848 est l’historien Armand Nicolas, véritable pionnier de ce travail de mémoire qui a publié une brochure dans laquelle il apportait des arguments de taille pour contrer ceux qui étaient favorables à célébrer la date du 27 Avril, celle du décret de Victor Schoelcher. Ce dernier choix à l’époque rassemblait le plus grand nombre, notamment les hommes de Droite en Martinique.
Toutefois le travail d’Histoire commence bien plus tôt et s’inscrit dans un contexte particulier, avec la prise de conscience collective de la population, la pensée de Frantz Fanon, les écrits d’Aimé Césaire, la quête identitaire avec le mouvement de la Négritude … il trouve son origine dans la naissance du mouvement anticolonialiste en Martinique, à la fin des années 1960 et dans les années 1970 et 1980. Cette période est jalonnée de quelques évènements mémorables : Décembre 59, l’ordonnance de 1960 qui sanctionne trois fonctionnaires martiniquais militants politiques (Jean Dufond, Armand Nicolas, Éleuthère Mauvois), l’emprisonnement et le procès des jeunes de L’OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise), les trois morts du Lamentin en Mars 1961 qui s’ajoutent à ceux du François de 1900 et le discours du maire Georges Gratiant « sur trois tombes » , les évènements de Chalvet de Février 1974 …

La Martinique est partagée en deux clans
A tous ces faits historiques qui illustrent l’histoire des peuples noirs en lutte, s’ajoute le travail de conscientisation mené par l’AGEM auprès des étudiants martiniquais qui rentrent au Pays et s’investissent dans le militantisme.

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M. Huygues Despointes, félicité, lavé de toute opprobre, honoré et médaillé.

esclavage5Le Comité Devoir de Mémoire, se doit de réagir devant un événement passé le 15 Août dernier, lors de la fête patronale de Case Pilote. Monsieur Alain Huygues Despointes a été mis à l’honneur et médaillé, en présence de plusieurs personnalités politiques.
En 2009, suite au reportage diffusé sur Canal+ « Les Derniers Maîtres de la Martinique », Monsieur Huygues Despointes a été traduit en Justice pour des propos infamants, à caractère racistes qui ne peuvent être oubliés :
….. « Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous (ndlr : les Békés), on a voulu préserver la race » « Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage et c’est regrettable » …… « Les bons côtés de l’esclavage et les colons qui étaient très humains avec leurs esclaves, qui les ont affranchis et qui leur donnaient la possibilité d’avoir un métier ».
Propos qui, dans un élan de spontanéité, traduisait le cœur de sa pensée.
Ces propos, dans notre société, avec son histoire esclavagiste et la monstrueuse infériorisation de l’homme noir qu’elle a engendrée ne peuvent être banalisés, voir oubliés !

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Le programme de la 11ème édition du Cénacle

cenacle_2016

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Mardi 5 Juillet 2016

Thème : Les Vertus du Rire

Douvan C : Duo comique Wilfried Lamart et Bobi

Intervenants :

– Docteur Henri Rubinstein, Neurologue

– Fabrice Loizeau, Ambassadeur mondial du yoga du rire et directeur de l’Institut Français et international du Yoga du Rire & Santé

Le Rire c’est la Santé – Henri Rubinstein

“Le rire c’est la santé” est une vérité connue depuis la Bible. Aujourd’hui nous savons expliquer précisément ce qui se passe dans notre corps quand nous rions. Je dirai pourquoi et comment retrouver le rire qui est en soi permet de conserver son bien-être (…)

After C : Extrait de la pièce culte « Le dorlis de ces dames » dans une mise en scène de Jocelyn Régina par la Compagnie Mouchamyel

Pour aller plus loin :Participez au Master class de Yoga du rire avec Fabrice Loizeau sur 3 jours du 6 au 8 juillet 2016 à l’Espace Camille Darsières.

Information et Inscription : 0596 71 82 69 et par mail à festivaldefortdefrance@gmail.com

Mercredi 6 Juillet 2016

Thème : L’Errance …

Intervenants :

– Docteur Alex Bottius, Psychiatrie des hôpitaux, Membre fondateur et ancien Référent départemental de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique

– Gerry Letang, Maître de conférences HDR en anthropologie à l’Université des Antilles (CRILLASH, Martinique)

-Modérateur : Anicet Soquet , Ingénieur social urbain ,Chargé de cours à l’université des Antilles, Acteur de la participation citoyenne et de l’action de proximité

La Drive ou l’errance ensorcelée –

Gerry Letang

L’explication sorcière de la drive donne une origine et un sens à l’inacceptable.

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Festival culturel de Fort-de-France, 45ème édition

Du 1er au 24 juillet 2016

festival_fdf_2016_afficheDu 1er au 24 juillet 2016, la Ville de Fort de France organise la 45ème édition du Festival culturel qui est l’un des grands évènements festif du calendrier des grandes vacances.
Le Festival culturel, c’est un moment de divertissement et d’échange autour de la musique, du théâtre, de la danse, d’expositions et de débats.

pdf-50Télécharger le programme en pdfpdf-50

Samedi 23 juillet

9h/16h : Espace Camille Darsieres du 04 au 23 juillet (gratuit) Expo : «Atelier Arts plastiques du SERMAC» Exposition croisée «Regards d’Hommes», Salle Dessin-Peinture
9h30/12h et de 16h/19h – Coridon C. C. G.Nouvet (gratuit) Expo : Escale au Sénégal de Ibrahima Diouf

Sixième édition de la Jazz Night

19h30 : Parc Culturel A. CESAIRE – Concert en plein air Pelouse : Table 30€ – Gradins et Pelouse 25€ 18h30 à 00H30 : Foyal fait son jazz, comme un air de dolce vita durant cette soirée.

The Jam BangTheory Création Jazz Night. C’est l’expérience musicale menée par Axel Zebina et Noss, deux jeunes musiciens de la nouvelle vague martiniquaise.
Ronald Tulle Quartet et Happy Lewis ancien trompettiste des vikings qui nous raconterons la K’raibe.

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COMAIMOR’

comaimorLa période des commémorations de l’abolition de l’esclavage commence avec le 27 avril (signature du décret d’abolition de l’esclavage), se poursuit avec le 10 mai (adoption par le Parlement de la loi Taubira reconnaissant l’esclavage crime contre l’humanité), le 22 mai (abolition de l’esclavage en Martinique), le 27 mai (abolition de l’esclavage en Guadeloupe) et le 10 juin (abolition de l’esclavage en Guyane).

Pourquoi une commémoration sur un mois :
Cette manifestation, étendue sur un mois, plutôt que sur une journée pour “acquérir des connaissances sur les questions de la traite négrière, de l’esclavage, des abolitions et de la mémoire.
Ces connaissances sur ces sujets ont pour objectifs de développer une réflexion civique sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l’humanité.
DATES À RETENIR
CONFÉRENCES

Les arts et les lettres contre l’esclavage : le combat abolitionniste par les arts.
Marcel Dorigny – Maître de conférence – Université de Paris VIII
– En savoir plus
10 mai 2016 / 18h30 – 20h00 – Salle polyvalente École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE)

Le devoir de mémoire : fin de l’amnésie ?

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Sur la biodiversité.

—  Par Jacky Dahomay —

biodiversite
Vous trouverez [ ci-après] un tract signé par plusieurs associations sur le problème de notre biodiversité. Du 24 au 26 juin prochain sera examinée à l’Assemblée Nationale une loi visant à limiter l’accès à notre biodiversité. Il y a là le risque qu’une telle loi et surtout les politiques de l’Etat qui s’en suivront soient néfastes pour les petits entrepreneurs guadeloupéens face aux lobbies multinationaux notamment dans le domaine pharmaceutique. Mais plus globalement, il faut comprendre les dangers qui pèsent sur notre patrimoine commun face à la puissance du capitalisme globalisé. Ceci est d’autant plus inquiétant que 80% de la richesse en biodiversité de la France se trouve dans les Outre-Mer.
En effet, depuis les années 80, le redéploiement du capitalisme avec ce qu’il est convenu d’appeler le néolibéralisme s’accompagne d’une sorte de sauvagerie : le pillage, mené par certains États occidentaux et les puissants oligopoles privés, de ce qui appartenait jusques là à l’Etat social et au domaine public ou encore était encore sous le contrôle de communautés locales. En ce sens, comme l’ont montré Pierre Dardot et Christian Laval dans un ouvrage récent, Commun (la Découverte), il s’agirait comme d’un nouveau mouvement des enclosures : « Le développement du capitalisme contemporain apparait comme la répétition historique du grand mouvement de dépossession commencé à la fin du Moyen Age dans les campagnes européennes ».

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Le « Nous » haïtien / Le « Nous » martiniquais ?

— Par Jean-Durosier Desrivières —

Note : Cet article a été publié initialement dans les colonnes du quotidien haïtien Le Nouvelliste au cours de l’année 2001 sous le titre originel : « Une mémoire en colère ». Il est diffusé ici, pour mémoire, après de légères corrections et amputations.

 

Le Comité Devoir de Mémoire Martinique, sous l’égide de Médecins du Monde, a fait de l’Atrium de Fort-de-France, le 2 mai 2001, le siège d’un colloque intitulé : « Histoire et mémoire des sociétés post-esclavagistes… ou … La révolte contre l’oubli ». C’est dans ce cadre que s’inscrit « Une mémoire en colère », la communication de l’historien haïtien Pierre Buteau, laquelle a interpellé ses pairs historiens, politiciens, professeurs d’histoire et amateurs curieux des problématiques de la région caribéenne, constituant l’humble assistance. Comment saisir les rapports que les haïtiens entretiennent avec les lieux de mémoire, avec le passé et le présent ? Telle est la question fondamentale qui, selon nous, se dégage de l’exposé du « mémorialiste ».

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