par Geneviève Azam, Etienne Balibar, Thomas Coutrot, Dominique Méda, Yves Sintomer
Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". L'enjeu pour la gauche serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".
Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur "La dépense publique et son évolution", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000.
Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme,
pas des assurés sociaux ni des citoyens.
La scène est surréaliste.
"Tu vois, j'ai gagné ! J'ai gagné !" lance, triomphant et vengeur, Nicolas Sarkozy au député
du Nouveau Centre Charles de Courson, présent à l'Élysée
pour une cérémonie
début
2010. De quelle victoire si importante se prévaut donc le président
de la République
? D'avoir fait baisser le chômage ou rétabli l'équilibre
du commerce extérieur
? Rien de tout cela, bien sûr. Nicolas Sarkozy se félicite
des 390 millions d'euros qui vont échoir au couple Tapie (dont 45 au titre du préjudice
moral)
à la suite d'un arrêt du Conseil d'État qui rejette le recours intenté par quelques députés,
dont Courson, contre les conclusions d'un tribunal arbitral sur l'affaire Adidas-Crédit
lyonnais.
"J'ai
gagné ! J'ai gagné !" Stupéfiant
car, si victoire il y a, c'est celle de Tapie, l'ami du président.
Et pas du tout celle de l'État, contraint de faire un gros chèque.
Auteurs d'Un quinquennat à 500 milliards, Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité
les petites et grandes libéralités
du
président
de la République
avec ses "amis" Liliane Bettencourt ou Guy Wildenstein, ou, fait moins connu, avec Hubert Martigny, auquel l'État a racheté à prix d'or la salle Pleyel. Quand ils ne cherchent pas la petite bête, les deux auteurs se mettent aussi en surplomb pour livrer aux lecteurs-électeurs
le "vrai bilan" économique
du quinquennat Sarkozy. Et là ils ne font pas dans la dentelle. Leur audit étant assez terrifiant, on pourrait le juger militant. Mais les faits sont les faits.
La France a perdu son triple A, mais pas l'Allemagne: un camouflet pour le président de la République.
Par ANTOINE GUIRAL
PatatrAAA...
La France est dégradée
et c'est Nicolas Sarkozy qui dégringole.
Depuis des mois, le chef de l'Etat avait fait de la défense du triple AAA français un quasi signe de notre identité nationale. Persuadé avoir remporté début décembre une manche décisive contre les agences de notation grâce à l'accord franco-allemand passé avec la chancelière
Merkel, il a vite dû se rendre à l'évidence.
Standard & Poor's n'a que faire du calendrier électoral français et sa menace de dégradation
qui planait depuis l'automne n'était pas une galéjade.
par Jean-Luc
Gaffard, Sarah Guillou, Lionel Nesta, OFCE Sciences Po
La campagne électorale
donne du poids aux propositions simplistes quand elles ne sont pas simplement démagogiques.
Il en est ainsi du slogan "acheter français" qui semble faire écho à la nécessité
de
réindustrialiser
la France. Quoi de plus simple, en effet, pour y parvenir que de convaincre les résidents d'acheter les produits de leur propre pays. C'est, en outre, davantage acceptable politiquement que de prôner d'entrée de jeu le retour au protectionnisme. L'emploi devrait y gagner en même temps que la balance du commerce extérieur.
Mais
voilà,
l'économie
n'est pas une arithmétique sociale.
Par THOMAS PIKETTY directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie
de Paris
Selon
toute
vraisemblance,
le gouvernement s’apprête à annoncer, demain, lors du sommet social, un transfert massif de cotisations sociales sur un mélange de TVA et de CSG. S’il choisit de suivre le scénario haut présenté
par le Medef en novembre, la réforme pourrait consister à transférer
près de 50 milliards de cotisations patronales vers la TVA (afin d’alléger le coût du travail) et plus de 20 milliards d’euros de cotisations salariales vers la CSG (afin d’augmenter les salaires nets à la veille des élections et mieux faire passer la pilule de la hausse de TVA). Face à un tel activisme de dernière minute, la gauche ne peut pas se contenter de stigmatiser l’agitation perpétuelle
du
président
candidat,
prêt
à tout pour sauver son poste. La réforme du financement de la protection sociale est une vraie question. L’opposition doit saisir cette occasion pour sortir du cafouillage fiscal des deux dernières semaines et montrer au pays qu’elle est prête à gouverner, en formulant des contre-propositions
précises,
à la fois plus justes et plus efficaces que celle de la droite.
Khmers
rouges sang Par TOBIE NATHAN Professeur de psychologie clinique et pathologique, université Paris-VIII
Avec
l’Elimination
publié
ces jours-ci chez Grasset, Rithy Panh, cinéaste cambodgien, survivant des massacres khmers rouges des années terribles 1975-1979, nous donne, aidé par Christophe Bataille, un livre terriblement puissant. Un livre ? Un coup de poing dans l’estomac, plutôt ! Vous le prenez là, vous vous pliez en deux et ensuite vous réagissez…
ou pas ! Mais alors, tant pis pour vous, parce qu’il vous travaille, pénètre
les
méandres
de votre âme et s’assoit là, tout au fond, comme un léopard à l’affût. Car il ne s’agit pas seulement d’un long hurlement ; c’est aussi un livre à l’intelligence décapante,
la lente déconstruction d’un système fou.
Les
femmes simulent, ce n'est pas nouveau. En revanche, aucune étude sérieuse n'expliquait réellement
pourquoi ces dames feignent de prendre du plaisir avec leur homme. C'est désormais chose faite : des scientifiques des universités
américaines
de Columbia et d'Oakland se sont penchés sur la question et lèvent le voile sur les raisons qui poussent les femmes à agir de la sorte. Résultat : 60 % des femmes qui reconnaissent simuler l'orgasme le font pour retenir leur compagnon.
Selon les conclusions des chercheurs, publiées dans Archives of Sexual Behavior, les femmes qui truquent le plus leurs orgasmes sont celles qui craignent que leur compagnon soit infidèle. Weeks-Shackelford,
de
l'Université
d'Oakland, a dirigé l'étude à laquelle ont participé 453 femmes, dont l'âge moyen était de 22 ans et qui vivaient en couple depuis au moins 33 mois. Premier constat : ces dames jouent beaucoup plus la comédie que leurs hommes. En effet, entre 50 et 60 % confient avoir déjà
menti pendant un rapport sexuel, alors que seuls 18 % des mâles reconnaissent avoir déjà
feint un orgasme, selon l'unique étude menée à son terme sur les hommes, publiée dans le Journal of Sexual Research. Pieux mensonge
«Il
est devenu un classique, ce qui le chagrinerait beaucoup»
InterviewCraig Calhoun, professeur de sciences sociales à New York, spécialiste
du sociologue :
Par SYLVAIN BOURMEAU
Professeur
à New York University, Craig Calhoun est l’un des grands noms de la sociologie mondiale. Président depuis 1999 de l’équivalent
américain
du CNRS pour les sciences sociales, il s’apprête à diriger en septembre la London School of Economics. Dix ans après sa mort, quelle place occupe Pierre Bourdieu dans les sciences sociales mondiales ?
Il demeure l’un des chercheurs en sciences sociales les plus influents au monde. Son influence s’est même étendue à la littérature,
à la philosophie, à l’histoire et à d’autres domaines. Il fait désormais partie d’un panthéon théorique qui comprend Lévi-Strauss,
Sartre et Merleau-Ponty ainsi que des figures de sa propre génération
comme Foucault et Habermas. Ce qui veut dire qu’il est déjà
devenu un «classique»
- ce qui le chagrinerait sans doute beaucoup. Il aurait peur de faire partie des autorités,
de ces maîtres que les élèves
doivent
bêtement
célébrer,
il
préférerait
rester une sorte d’enfant terrible. Si Bourdieu est aussi précieux, c’est qu’il traverse de très nombreux clivages qui opposent les chercheurs entre eux. C’est particulièrement
vrai lorsqu’il invite à transcender des dualités comme subjectif et objectif, ou action et structure. Ou qu’il réunit l’intéressé
et l’apparemment désintéressé,
le socioculturel et l’économique,
et donc l’empirique et le théorique.
Il s’adresse ainsi directement aux jeunes chercheurs qui souhaitent oublier les guerres académiques
des
générations
précédentes
et davantage s’attacher à lutter intellectuellement
contre les inégalités
qui traversent le monde aujourd’hui
Pourquoi
ne tient-on jamais nos bonnes résolutions?
Par Tony David, publié le 01/01/2012 à 10:00 sur lexpress.fr
Pourquoi
ne tient-on jamais nos bonnes résolutions?Avoir
une vie plus saine et arrêter de fumer, figurent chaque année parmi les bonnes résolutions
pour le passage à la nouvelle année.
Le passage à la nouvelle année est souvent l'occasion de prendre de bonnes résolutions.
Une tradition ancestrale, mais dont le résultat est souvent décevant.
Chaque année, c'est la même histoire: pour le passage au nouvel an, chacun y va de sa bonne résolution.
Arrêter de fumer, perdre du poids ou faire du sport ne sont que quelques uns des objectifs qui reviennent au fil des ans.
Dans l'hypothèse
où l'on prendrait ce film en cours de route, Il n'y a pas de rapport sexuel se donnerait à voir comme un making of de films X d'HPG. Un montage de séquences
tournées
dans le studio de ce personnage hors norme, hardeur professionnel, réalisateur,
cadreur et producteur de films porno, qui s'illustre régulièrement
par ailleurs comme auteur de films indépendants
"classiques"
(HPG, mon vit mes œuvres, On ne devrait pas exister...), prisés des festivals et de la critique cinéma.
La matière en soi est passionnante. Mais elle est loin de résumer ce film, qui échappe à toutes les catégories
existantes,
né de la rencontre entre HPG et le vidéaste
Raphaël
Siboni. Le producteur Thierry Lounas les a mis en relation quand il a découvert
que le premier accumulait depuis des années des milliers d'heures de rushes de making of. Laissant tourner plusieurs heures par jour, à différents
endroits de son studio, une caméra posée sur un trépied,
HPG avait recréé
là son propre petit loft, sans bien savoir à quoi pourraient servir les images. Siboni a tout visionné
et en a tiré un film.
Le Mardi soir à 19 h 30 Chez Lina's, 27 Rue Victor Hugo
Histoire
- Musique traditionnelle
Toutes les musiques créoles sont filles de l’Histoire, de notre histoire, celle des enfants de l’esclavage sur le sol américain.
Comme les langues créoles,
les
musiques
et danses traditionnelles
sont au carrefour des cultures africaines et occidentales. Elles sont, comme nous, un produit de l’Histoire et véhiculent
des symboles, des codes sociaux qui échappent
certainement
aux
non-initiés
et qui échapperont
peut-être
aux enfants de demain. Ce livre a pour vocation de sauvegarder et de faire découvrir
un aspect essentiel de la culture créole : les rythmes et musiques au tambour (comme le kasékò,
le
léròl,
le
grajé
ou encore le labasyou), les chansons
traditionnelles
les plus connues ainsi que les danses et costumes créoles. Ce livre s’adresse à tous ceux qui désirent découvrir l’âme de la culture antillo-guyanaise,
à ceux qui souhaitent préserver les traditions de leurs aïeux, et à ceux qui veulent enseigner les musiques et danses créoles au tambour. Monique BLERALD est maître de conférences
en langues e t cultures régionales
à
l’Université
des Antilles et de la Guyane. Ses publications portent sur les littératures
francophones de la Caraïbe e t les traditions populaires créoles.
Une trentaine d’historiens présentent
dans cet ouvrage Histoire & Mémoire un éclairage
nouveau et varié sur la Guyane au temps de l’esclavage, période de genèse de nos sociétés
contemporaines.
A travers des discours sur la Guyane française
au temps de l’esclavage, ces chercheurs s’interrogent sur des problématiques
telles la traite, le statut et la police des esclaves. L'analyse historique peut rendre intelligible les pratiques économiques
au temps de l’esclavage, mettre en évidence
les postures de rebelles, décrire les rapports complexes entre la religion et l’esclavage. Elle met aussi en lumière comment la société
guyanaise
inscrit,
aujourd’hui,
l’esclavage
dans la mémoire collective. Cet ouvrage a pour ambition d'offrir des clés pour aborder un période historique complexe et tente d’élargir
des champs peu explorés
de la recherche scientifique.
Auteurs Egle Barone-Visigalli,
Tristan
Bellardie,
Anne-Marie
Bruleaux, Nat halie Cazelles , Fabrice Cassagrande, Frédéric
Charlin, Lydie Ho Fong Choy-Choucoutou, Gérard Collomb, Pascal Cornuel, António de Almeida Mendes, Eugène Epailly, Eric Gassies, Elsa Geneste, Philippe Guyot, François Hubert, Dennis Lamaison, Yannick Le Roux, Catherine Losier, Jean Moomou, Caroline Oudin-Bastide, Marie Polderman, Jean-Yves Puyo, Marcilene Silva Da Costa, Margaret Tanger, Erika Thomas, Martijn van den Bel, Régis Verwimp.
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Emploi », à faire don de 15% (ou plus) du net de leurs rémunérations
publiques, en faveur la création d’un emploi ou d’une entreprise d’un jeune ou d’un sénior, qu’ils peuvent dès maintenant renvoyer leur formulaire « Parrainage Solidarité
Emploi » sur facebook.com/frantzgrava2012, et cela jusqu’au 31 janvier 2012. Il souhaite à tous et à toutes ses Meilleurs Voeux de Bonheur 2012 » Frantz GRAVA,Postlant-Candidat à l'élection des Députés Des Français
établis
hors de France 2ème Circonscription
INSCRIPTION ET DESINSCRIPTIONN
DANS
L'EN-TÊTE
du MESSAGE
<mailto:liste_[...]-subscribe@madinin-art.net> <mailto:liste_[...]-unsubscribe@madinin-art.net> Remplacer [...] par le numéro de la liste d'envoi ex : <mailto:liste_7-subscribe@madinin-art.net>
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A voir au CMAC le 1er et le 2 février 2012
Congre et Homard, production guadeloupéenne d’une pièce de Gaël Octavia. Joël Jernidier et Dominik Bernard
Par Selim Lander.
Gaël Octavia, comme son nom ne l’indique pas, est une jeune femme d’origine martiniquaise. Congre et Homard n’est pas son premier essai d’écriture théâtrale mais sa première pièce montée. Elle y révèle une étonnante maîtrise. Construction parfaite (dans le genre des pièces à tiroir avec des rebondissements successifs qui relancent l’action), langue brillante avec quelques rares pépites empruntées à un vocabulaire plus populaire, voire créole puisque nous avons affaire respectivement à deux représentants du petit peuple antillais : un pêcheur et un « jobeur » (c’est-à-dire un chômeur « officiel » faisant des petits boulots).
On ne racontera surtout pas l’histoire. Disons simplement que le pêcheur a une bonne raison d’en vouloir au jobeur et qu’il lui fera passer de très mauvais moments. Le premier, Dominik Bernard – qui a également assuré la mise en scène – mène le jeu avec un bagout et une autorité sans faille. Joël Jernidier, son comparse, qui endosse le rôle plus ingrat d’une victime presque tout le temps passive, démontre une belle intériorité.
Ce spectacle est exemplaire parce qu’il réunit toutes les qualités que l’on attend du théâtre : 1) un vrai texte, écrit pour le théâtre, utilisant de manière magistrale les techniques propres à l’écriture théâtrale. 2) des comédiens talentueux. 3) une mise en scène rigoureuse et une scénographie au service du texte. En l’occurrence, le parti retenu par le metteur en scène et le décorateur (Pascal Catayee) fut de placer les deux hommes (tous deux vêtus d’une combinaison de travail) face à face de part et d’autre d’une table qu’on pourrait imaginer dans un bistrot branché, cubique de forme et d’où surgit par moment une lumière bleutée. Le bleu est d’ailleurs la tonalité dominante et cette lumière froide n’est pas sans contribuer à la tension qui domine le spectacle de bout en bout. Lumière bleue qui contraste avec le rouge qui accompagne le tout début du spectacle lorsque le pêcheur, seul en scène, esquisse une valse. Première fausse piste ; il y en aura bien d’autres !
Eïa pour notre « Frère Volcan »
Vincent Placoly
par Rodolf Etienne
Un mémoire simple de Vincent Placoly consisterait à le présenter
comme suit : enseignant, écrivain,
dramaturge,
militant
politique,
membre
fondateur du Groupe Révolutionnaire Socialiste (GRS).
Une telle présentation
expliquerait
à elle seule, à bien des égards, le silence qui règne autour de l'œuvre de Vincent Placoly. Pourquoi une telle affirmation ? Il suffit pour s'en convaincre de se remémorer
la Martinique du temps de Placoly et notamment la Martinique politique. On l'a dit Vincent Placoly était militant au sein du GRS, une organisation politique d'obédience
trotskiste,
qui donc d'extrême
gauche. Mais encore ?
Gilbert Pago, membre co-fondateur du GRS, dans une présentation
posthume de son ami nous dit : "En 1969, de retour en Martinique, Vincent Placoly partage avec ses camarades de Génération
46, les déconvenues
du Parti Communiste Martiniquais". Ceux de Génération
46, comme il les appelait lui-même,
sont ces amis intimes, ceux qu'il avait rencontrés
sur les bancs du Lycée Schœlcher et avec qui il partageait de nombreux points de vue politiques. Gilbert Pago poursuit : "Les bases pour créer un organe révolutionnaire
sont
jetées
et Vincent Placoly avec quelques-uns de ses amis de Génération
46 et quelques amis de la Guadeloupe créent un mouvement Trotskystes qui développera
pendant les années 70, à travers les syndicats ouvriers et les Comités de lutte lycéens,
l'idéologie
trotskistes et le concept d'indépendance
: le Groupe Révolutionnaire
Socialiste
(GRS) et son organe de Jeunes Trotskystes, Jeunesse d'Avant-Garde (JAG) dont Vincent Placoly aura la charge et l'éducation
politique,
intellectuelle
et
littéraire".
Vincent
Placoly sera dès lors présent sur tous les fronts de la justice sociale, inspiré par l'idéologie
révolutionnaire
communiste. Et c'est justement là que le bât blesse. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’en la matière,
il est un pionnier… Mais remontons le fil de l’histoire…
Radio France Internationale est en péril. Menacée,
jusque dans son existence, par la fusion juridique et rédactionnelle
avec la chaîne de télévision
France 24, voulue par le président
de la République
française
et
menée
à
marche
forcée
par les responsables actuels de l’Audiovisuel extérieur
de la France (AEF).
Rapprocher des outils publics d’information internationale semble, de prime abord, logique. Mais fusionner une radio […] avec une télévision
[…] ne l’est assurément
pas. Ni dans l’organisation technique ni dans les pratiques professionnelles.
On se souvient que France 24 n’a pas été
conçue au sein de l’audiovisuel public extérieur de la France […] mais qu’elle est la résultante
d’une
étrange
alchimie, qui a d’abord mêlé
des
intérêts
privés
(groupe TF1) et publics (France Télévision),
avant
d’être
abritée
par la holding de l’AEF. […]
Tarification
inégale
de la téléphonie
mobile entre les DOM et l’Hexagone
Claudy Siar, Délégué
interministériel
pour
l’égalité
des chances des Français
d’Outre-mer
interpelle les opérateurs
de
téléphonie
mobile sur leurs politiques tarifaires qui assimilent les départements
d’Outre-mer
à des pays étrangers. Le déficit de valorisation de l’Outre-mer à l’échelle nationale entraîne parfois une inégalité
de traitement et une absence de prise en compte des problématiques
des populations issues de ces départements. La France est une et indivisible. La continuité
territoriale est un principe de service public appliqué dans l’Hexagone et qui peine à l’être envers les originaires d’Outre-mer. Comment justifier des forfaits spécifiques
pour communiquer entre la France hexagonale et ses régions d’Outre-mer ? En effet, selon où l’on réside, les opérateurs
proposent dans ces forfaits « Métropole/International
», « Dom/Europe », « Dom/International
». Chez certains opérateurs
le coût d’un appel dans les Dom est identique à celui d’un appel en Belgique.
CYCLE WILLIAM SHAKESPEARE. Roméo
& Juliette Le théâtre "audiovisuel" Par Christian Antourel
Un
pas de plus a été
accompli dans le prolongement d’un théâtre
idéal,
pris comme unique modèle, en voulant être « la nouvelle vague »
et qui est devenu une des caractéristiques
psychologiques
d’un
théâtre
contemporain.
Dominique Serron et la Compagnie des Mutants n’hésitent
pas à s’engager au service d’une dimension qui fait aujourd’hui référence
en
matière
d’audace
très
structurée,
auprès de laquelle même notre jeunesse doit pouvoir s’identifier. Ainsi est envisagé de nouveaux rapports entre une mise en scène, jusqu’alors improbable et un théâtre
ancien du XVIème siècle. S’il faut sans cesse se confronter aux « grands
ainés »comme
on dit, à leur toujours éclatante jeunesse ; l’art et la manière ont brusquement évolué ;
nous entrons de plain-pied dans l’ère de l’Internet, comme un langage en marche, une matière vivante du théâtre.
La
préoccupation
de Dominique Serron est ici toute orientée vers ce mélange, cette métamorphose
des genres, pour une impression saisissante. Le renversement qui s’opère est d’abord un effet d’écriture.
L’écriture
devient l’espace d’un réaménagement
des positions subjectives, une fête pour l’imagination entre le théâtre
de toujours et les techniques actuelles. L’écrit devient écriture, la parole devient gravure, le corps se fait livre, et Roméo recherche Juliette sur son blog, via Google sur Internet pour un amour connecté webcam. Quand la vidéo impose l’ambiance et son décor avec des balayages de plans panneautés :
qui combinent des prises de vues panoramiques et des travellings, lorsque la caméra s’introduit dans le décor et ici, au plus proche de costumes qui mélangent les époques
« Les histoires d’amour finissent mal…en général »
La
question du créole dans la Caraïbe francophone : querelles
de chapelle en la chapelle
Note :Cet article-compte-rendu,
légèrement
modifié,
a
été
publié
dans les colonnes du quotidien haïtien Le Nouvelliste en 2001. Presque onze (11) ans après, je prends plaisir à le diffuser sur ce site, une façon de le partager à un plus large public, pour montrer que les questions liées à la langue créole en espace caribéen
qui y sont évoquées,
ce sont quasiment les mêmes qui alimentent actuellement le débat houleux sur la langue créole en Haïti, voire en Martinique, dans une incompréhension
presque totale entre écrivains,
linguistes,
intellectuels
et
défenseurs
de cette langue.
A Fonds Saint-Jacques, Centre des cultures et des arts de la caraïbe, situé à Sainte-Marie, commune du nord caraïbe de la Martinique, s’est tenu, dans le cadre d’un « Atelier
de traduction et d’interprétation
d’œuvres
caribéennes
et
contemporaines »,
un ensemble de conférences-débats,
les vendredi 20 et samedi 21 avril 2001, autour du thème :
« Langue
et
traduction :
passage,
ouverture,
transmission ».
Sur les douze communications, les unes plus percutantes que les autres, qui ont alimenté les réflexions
et
réactions
de plus d’un, celles de Georges Castera, « Traduire
dans une langue aminorée »
(le
créole),
et de Lyonel Trouillot, « Créole,
langue
réelle,
langue
imaginée »,
s’opposent
à toute idéologie démagogique
de la langue, et à toute démarche de technocrate se posant comme « des gourous de la langue créole ».
Dans un tel contexte, toutes les déviations
par rapport au thème central replongent les intervenants dans un vieux débat, non sans de sérieuses polémiques,
dont l’issue reste encore à trouver : français langue dominante / créole langue dominée. Ajouté à tout cela, un malentendu fondamental, problème que chaque partie doit résoudre :
tendance vers une vision pan-créole
de la réalité
sociolinguistique
des îles en question (Haïti, Guadeloupe, Martinique…), faute d’un manque de précision de situation quelquefois de chaque interlocuteur.
L’amateur
de
théâtre
qui se trouvait par hasard à Aix-en-Provence
à la mi-janvier se voyait proposer un programme éclectique
qui invite à quelques commentaires. Découverte,
en premier lieu, d’un « match
d’improvisation
théâtrale ».
S’affrontaient
deux
équipes
de
six comédiens
: la LIPAIX (ligue d’improvisation du Pays d’Aix, puissance invitante) contre les Bouffons de Marly. Devant une salle remplie par un public plutôt estudiantin, à en croire les apparences, les comédiens devaient improviser sur les thèmes fixés par un arbitre, dans un temps limité et le plus souvent sur un mode « mixte »,
c’est-à-dire
les deux équipes mélangées,
ce qui les obligeait à réagir face à des partenaires qu’ils ne connaissaient pas et avec lesquels ils n’avaient pu s’entendre à l’avance. A la fin de chaque brève séquence (quelques minutes), le public désignait le vainqueur en brandissant un carton de la couleur de l’équipe de son choix. L’ambiance festive n’était pas sans rappeler celle des matches de boxe, autant pour la brièveté
des rounds, que pour la présence d’un arbitre bouc-émissaire,
bombardé
de projectiles (chaussettes nouées) par les spectateurs, et pour le jeu stéréotypé
des acteurs.
Nous
avons
rencontré
le professeur Marcel Dorigny en septembre 2004, à son hôtel, du côté
de l’ancienne route de Schoelcher, lors de son passage en Martinique, dans le cadre du colloque :
« De
Saint-Domingue
à
l’Italie,
Moreau de Saint-Méry
ou les ambiguïtés
d’un
créole
des
Lumières ».
C’était
après
le
départ
forcé
de
Jean-Bertrand
Aristide
d’Haïti
le 29 février 2004 et la publication en mars de la même année de Haïti
et la France, Rapport à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, signé par Régis Debray1. L’historien faisait partie du « Comité
indépendant
de
réflexion
et de propositions sur les relations franco-haïtiennes ».
Jean-Durosier
Desrivières :
Parlez-nous du rôle que vous avez joué dans la commission, dirigée par Régis Debray, qui se penchait sur les relations franco-haïtiennes
au mois de janvier de cette année (2004).
Marcel Dorigny : La commission était composée d’une dizaine de personnes, chacun ayant plus ou moins une spécialité :
il y avait des diplomates, des économistes,
des financiers, il y avait quelqu’un qui était plutôt anthropologue, Gérard Barthélemy,
et puis deux historiens, Myriam Cottias et moi. J’étais l’un des deux historiens de la commission, dans la mesure où l’on ne peut pas faire abstraction de l’Histoire, pour comprendre, expliquer et puis essayer d’améliorer
les relations entre la France et Haïti. C’est une relation compliquée,
qui ne s’explique, qui ne se comprend – si elle se comprend – que par l’Histoire. L’histoire particulière
de la naissance d’Haïti à partir d’une colonie française,
de la langue française,
de la difficulté
que la France a eue, pendant très longtemps, à accepter l’indépendance
d’Haïti.
Cela a été long.
"Le complexe de Thénardier"
de José Pliya : une variation moderne et réussie de la dialectique du maître et de l'esclave
par Roland Sabra
La
fin est au début. De façon plus claire le dénouement
de l'histoire qui va nous être contée est posée sur scène dés les premières phrases : « Vido
s'en va. Voilà je m'en vais. Vous dormez. Je n'aurai pas votre bénédiction.
Ce n'est pas grave. Je reviendrai. »
Une
manière
de
débarrasser
l'esprit du spectateur d'une question inutile, quelle issue pour ce drame ? pour qu'il puisse se concentrer sur l'essentiel :
la langue et sa structure poétique, sa découpe au scalpel, le tranchant des mots et la finesse de leur lame, dans une joute verbale qui décline une variation moderne de l'antique et toujours actuelle thématique
du maitre et de l'esclave. « Dans
un lieu hors du temps et de l'espace, la mère a recueilli Vido qui fuyait le génocide. Pour se rendre utile Vidomégon,
c'est son vrai nom, devient servante, femme à tout faire. Un jour, une nuit, peu importe, Vido décide de s'en aller. Mais voilà comment faire ?
Madinin'Art a pu voir au théâtre
Aimé
Césaire
de
Fort-de-France
dans le cycle Shakespeare " Roméo
et Juliette" dans une mise en scène qui flirte allégrement
avec le burlesque à la limite de la dérision;
et si quelques libertés
sont prises avec le texte elles rencontrent une large approbation dans le public jeune. Dommage que la salle soit pliée en deux de rire dans certaines scènes qui relèvent
de la tragédie.
Mais bon il est mal venu de faire la fine bouche devant une programmation de qualité qui relève d'une nécessité
de service public et que le théâtre
foyalais
assure avec bonheur auprès des générations
montantes et des autres.
Dans
un tout autre genre l'Atrium nous a présenté
une
adaptation
de "Ce soir on improvise" mise en scène par Philippe Adrien, qui cette fois semble avoir réellement
contribué
à la prestation fournie. Le résultat est plaisant, même si le rythme est encore un peu lent avec quelques longueurs et si les comédiens paraissent quelques fois perdus sur le plateau vide de la grande salle du CMAC. Aurélie Dalmat truculente et gouailleuse à souhait est dans un registre qui lui va comme un gant, mieux en tout cas que celui de la tragédie, Aliou Cissé égal à lui-même confirme pièce après pièce
la palette de ses talents, Orlane donne l'impression de découvrir
un potentiel insoupçonné en elle de comédienne
et les apports " extérieurs"
s'agrègent
plutôt
bien au noyau martiniquais. Le texte de Pirandello est, on le sait, une belle leçon de théâtre
avec ses mises en abimes, de théâtre
dans le théâtre
qui parle du théâtre
etc. Une pièce à voir donc, par tous les amateurs de... théâtre.
M'A
Vent
nouveau sur l'ethnomusicologie française
Cercueil porté en procession vers la sépulture,
en 1993, à Bokho, sur l'île de Sulawesi.DANA RAPPOPORTE
Fini le temps d'une séparation
entre
études
formelles et études d'urgence : une génération
" multipiste " émerge
Dans son bureau du Musée du quai Branly, Madeleine Leclair épluche L'Afrique Fantôme, de Michel Leiris, journal de bord de la mission Dakar-Djibouti menée, de 1931 à 1934, par l'ethnologue Marcel Griaule pour le compte de l'Etat français. Afin de décrire au mieux cette traversée de l'Afrique d'Ouest en Est, le dessinateur Gaston-Louis Roux avait été
chargé
des croquis, et André Schaeffner, directeur du département
d'ethnomusicologie
du futur Musée de l'homme (il sera créé
en 1937), du recensement musical.
Il en est resté vingt-quatre cylindres de cire, conservés au Centre de recherche en musicologie (CREM, un département
du CNRS). " Seize ont été
gravés
par Schaeffner. C'est à chaque fois cinq minutes de musique. C'est dire la précision,
la
préparation
qu'il fallait pour trouver exactement ce que l'on voulait, dans des conditions techniques qui induisaient une très grande proximité avec le sujet ", précise Madeleine Leclair, vice-présidente
de la Société
française
d'ethnomusicologie
et responsable de l'Unité patrimoniale des collections d'instruments de musique du Quai Branly.
«
Les
inégalités
scolaires se construisent aussi dans la classe »
Professeur
en sciences de l’éducation
à
Paris-VIII,
Jean-Yves
Rochex vient de codiriger un ouvrage passionnant (1) décryptant
les processus qui, au sein même des classes, participent à la fabrication des inégalités
scolaires.
Apprentissages
différenciés,
exigences
implicites…
Les enfants de milieux populaires sont les premiers à pâtir de ces phénomènes insidieux.
Créé
en 2001, le réseau Reseida, animé par Jean-Yves Rochex, travaille sur la question de l’inégalité
scolaire en s’intéressant
plus
spécifiquement
aux
inégalités
d’accès
aux
apprentissages.
Son
équipe de chercheurs essaye d’ouvrir ce que certains appellent « la boîte noire » de l’école : regarder non pas seulement les inégalités
une fois produites mais étudier leur fabrication dans l’ordinaire des classes, quand des élèves
inégalement
préparés
à faire face à ce qu’on leur demande sont confrontés
à des tâches préparées
par des enseignants, eux-mêmes inégalement
conscients des différences
entre
élèves…
Pour cet ouvrage (1), les chercheurs ont suivi pendant plus d’un an des classes de grande section maternelle et CP, d’une part, et de CM2 d’autre part. Toujours en essayant de mettre au jour des phénomènes
récurrents
qui contribuent à la production de l’inégalité scolaire.
L'autisme
a beau être la grande cause nationale de 2012, les familles qui y sont confrontées
restent
démunies.
Car, en France, les psychanalystes s'opposent aux méthodes
comportementalistes
ayant pourtant fait leurs preuves à l'étranger.
Une position rétrograde
dénoncée
par Sophie Robert dans un documentaire, "Le Mur", dont la diffusion est suspendue à la décision
d'un tribunal, le 26 janvier. Par Laure Mentzel / Illustrations Shannon Freshwater
Sur l'écran, une grand-mère
à col Claudine enfourne son bras entre les mâchoires d'un crocodile en plastique. Cette pédopsychiatre
chevronnée
mime devant la caméra le concept lacanien de "mère crocodile" - envahissante et castratrice - qui a autrefois expliqué les causes de l'autisme. Dans les années 1950, on considérait
avec Bruno Bettelheim et Jacques Lacan que cette pathologie résultait d'un trouble de la relation mère-enfant.
A l'heure où le monde entier tient pour acquise l'origine neurobiologique du handicap et la nécessité
de
rééduquer
les enfants qui en sont atteints, la professionnelle expose son approche sans ciller : ce qu'il faut soigner avant tout, c'est la "folie maternelle". A en croire le documentaire Le Mur de Sophie Robert dont est extraite cette scène, les psychiatres français seraient dépendants
des
théories
psychanalytiques,
considérées
partout ailleurs comme obsolètes pour le traitement de l'autisme. Les paroles de psychiatres se succèdent et accablent surtout ceux qui les prononcent : parents forcément coupables du handicap de leur enfant, retard de langage dû à un désir de "rester dans l'oeuf", absence de solution, rejet de l'idée même de progression... Le film glace et agace. N'y a-t-il donc aucun psychiatre digne de ce nom en France ?
Par ANNETTE LÉVY-WILLARD journaliste à «Libération»
Absentes
des listes UMP pour les prochaines législatives
à
Paris,
cantonnées
à
l'arrière
des bus israéliens
ou encore oubliées
dans les projets de Constitution libyenne... le sort des femmes revient au cœur de l'actualité.
L'année 2012 démarre en se trompant de vitesse : elle passe la marche arrière. Un détail simplement énervant pour les femmes occidentales, plus dramatique pour les autres.
Je me réveille jeudi en entendant un ponte UMP souffler dans mes oreilles - à la radio dois-je préciser - que son parti n'a investi que des hommes, dont lui-même, dit-il avec satisfaction, dans les circonscriptions gagnables pour la droite à Paris, virant les femmes en place : «non investies» en langage politique hypocrite. Mais, ajoute-t-il, cynique, ces courageuses pourront aller au casse-pipe (!) dans les circonscriptions sans espoir. Les lecteurs et lectrices de mon journal ne vont pas pleurer pour quelques élues de droite qui se font doubler violemment par leurs camarades de parti, mais ils devraient repérer le symptôme «air du temps». Celui que je trouve énervant dans la foulée des vœux optimistes pour une formidable année 2012.
Le Comité Guadeloupéen
du Projet a été
officiellement
installé
le 03 juin 2010. Dans sa composition actuelle, il comprend plus d’une soixantaine de membres issus d’associations ou organismes de natures diverses (culturelle, universitaire, politique, patronale, syndicale...) ; autant dire qu’il offre une image de la société
guadeloupéenne
dans toute sa diversité.
Suite au Congrès des 8 et 9 décembre 2011, consacré au projet guadeloupéen
de
société,
les deux présidents
ont
souhaité
que la société
civile, dont le rôle a ainsi été
confirmé,
se charge de relancer et d’animer le débat. Lors de la réunion du comité guadeloupéen
du projet, le 29 décembre, ils nous ont confié la mission de constituer l’équipe de direction du comité. Ils ont par ailleurs affirmé la nécessaire
autonomie du comité par rapport aux instances politiques.
Perte
du triple A de la France : la faillite du système libéral
Une des trois agences de notation, Standard & Poor's, a décidé
vendredi 13 janvier d’abaisser la note de neuf pays européens dont la France.
Celle-ci a donc perdu son triple A, dont le maintien était devenu depuis quelques mois l’objectif central de la politique menée par le gouvernement, justifiant ainsi la contre-réforme
des retraites, les plans d’austérité
qui se sont succédés
et ceux annoncés.
A travers cet abaissement des notes de neuf pays sur dix-sept de la zone euro, c’est la crise d’un système aberrant qui fait la part belle aux spéculateurs.
Ainsi, cette aberration permet aux banques d’emprunter à la BCE au taux de 1 % pour ensuite prêter aux Etats à des taux exorbitants. Au 13 janvier, les taux des obligations à dix ans sont de 12,40 % pour le Portugal, 6,66 % pour l’Italie, 5,31 % pour l’Espagne, 3,29 % pour l’Autriche et 3,12 % pour la France. Pour la Grèce, après plusieurs plans d’austérité,
ils sont à 44,59 % !
Avec
les taux d’intérêt
qui vont augmenter, ce seront les dépenses publiques qui vont diminuer, la consommation qui va baisser et le chômage qui va encore augmenter en Guadeloupe.
Pour sortir de cette spirale infernale, il nous faut construire une économie de production à partir d’une alternative politique qui tourne le dos au libéralisme
qui nous a été
imposé
par notre intégration
à l’Union Européenne. C’est tout le projet du CIPPA. Le président du CIPPA