|
La hargne de Sarkozy
envers Obama

C'est plus fort que lui : quand on lui
parle de ses échecs, Nicolas Sarkozy
renvoie vers ceux de Barack Obama.
Interrogé, lundi dernier sur TF1, sur sa
méthode consistant à multiplier les
réformes tous azimuts, il a répondu par
une pique cinglante : "J'ai vu que M.
Obama, pour lequel j'ai de l'estime et
même de l'amitié, [a tout misé sur sa
réforme de la santé]. Je n'ai pas vu que
ça rendait les choses plus simples."
LES REMARQUES D'ALAIN MINC
Le président français n'en est pas à son
coup d'essai. Début novembre, il avait
déjà énoncé cet argument devant quelques
journalistes – mieux vaut faire beaucoup
de réformes qu'une seule –, assorti d'un
commentaire peu amène : "Obama est au
pouvoir depuis un an et il a déjà perdu
trois élections partielles. Moi, j'ai
gagné deux législatives et les
européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit
si j'avais perdu ?" Loin d'être
anecdotique, la mauvaise humeur envers
son homologue américain est devenue
quasiment structurelle chez Nicolas
Sarkozy. "Chaque fois qu'il peut le
critiquer, il le fait, que ce soit en
Conseil des ministres ou devant des
visiteurs", indique, sous le couvert de
l'anonymat, un bon connaisseur de la
diplomatie française.
"Il n'arrive pas à avoir des rapports
normaux avec Obama, ajoute cette source.
Il dit toujours : 'Si j'avais fait la
même chose que lui, qu'est-ce qu'on
m'aurait dit ?' C'est une relation
malsaine. On a l'impression qu'il tire
prétexte des difficultés d'Obama à
chaque fois qu'il peut. Son comportement
est infantile, indigne d'un président."
Lire la suite
|
|
 |
|
Religion
cathodique
Je suis à cran
devant l’écran
de ma télé.
Changer de chaîne
nullement n’amène
la liberté,
c’est pas la peine…
Publicité,
publique, privée,
un faux problème,
en fait le hic
c’est le public
toujours privé…
…de vérité !
La politique,
question de fric !
L’information,
désolation
sans solutions,
diffamation
sans rémission !
Les émissions
à l’heure du "prime",
pas d’états d’âme :
d’l’action, du sang,
d’la sensation,
signe des temps,
bien trop de haine
sur toutes les chaînes,
malheurs en prime,
je vous l’affirme,
c’est la déprime !
Je vois partout
l’initiation
au mauvais goût
et la culture
paie la facture,
prend un bouillon
de jeux bidons !
Boîte à images,
j’tourne la page,
j’suis fatigué.
La solution
de fermeté :
ma religion
pas cathodique
est de tourner,
viré athée,
à fond l’bouton
de la télé
pour la fermer !
Patrick MATHELIÉ-GUINLET |
|
|
|
 |
«Il ne faut pas que l’âme de Haïti
disparaisse sous l’aide internationale»

par Gustavo Torres,
pour la section Martinique
de la Ligue des Droits de l’homme
Il faut
donner de l’argent pour Haïti, beaucoup d’argent, et il
faut continuer à donner mais sans que cela nous
disculpe, sans que ce geste si simple et facile pour
nous qui vivons du coté de l’opulence ne nous dédouane…
Et il faut donner du
temps pour Haïti, et il faut continuer à donner de soi –
ce qui est déjà un peu plus embarrassant – pour
continuer à s’investir personnellement et aider Haïti à
se reconstruire…
Mais essentiellement
il faut aussi de la « vigilance » pour aider Haïti. Pour
que personne ne profite de ce que le géant a un genou à
terre pour lui tordre le cou… pour que personne ne
vienne lui donner des leçons, lui faire la morale ni lui
imposer un modèle de société.
La section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme
appelle à votre générosité pour continuer à collecter de
l’argent dans le public (indispensable et d’autant plus
nécessaire qu’il vient des poches citoyennes qui ne
monnayent pas la solidarité), et pour continuer à donner
de votre temps (si précieux) et surtout pour que en vous
sentant responsable de Haïti vous veilliez à ce que
personne ne touche à son âme…
Car la machine qui s’est déjà mis en route est
redoutable, toute habillée de bonnes intentions…
|
|
|
|
 |
|
La faille au jardin de
plantains

Photo : Courtoisie Haïti couleurs
Arbre sacré, de Harold St Jean, œuvre
originale haïtienne en acrylique sur
toile.
par Joël Des Rosiers -
Écrivain, psychiatre
«Pourquoi le
philosophe ne se réjouirait-il pas de voir tout
effacé d'un coup d'éponge? Alors les hommes
repartiraient de zéro et joueraient le jeu avec
de nouvelles règles. Qui sait si le gain ne
serait pas plus grand que la perte?» - George R.
Stewart, La Terre demeure, 1949
«Dieu nous hait!» La voix hors champ très vaste
de la vieille femme interviewée sur CNN me
réveilla de ma torpeur. Elle avait sur le coeur
de quoi offusquer le ciel. Le corps de sa fille
sous les décombres, dont un bras hors de son
havre de béton pouvait faire signe, devenait
tour à tour une femme, un objet, une toile, une
odeur.
C'est cette présence du corps en décomposition
comme lieu de la transgression qui place la
tragédie tropicale haïtienne au centre de
l'imaginaire contemporain, dans son traitement
vertigineux des débris humains et du culte de
l'organique. Devant la télé allumée en
permanence, j'avais la conviction que l'île
natale était, pour autant que je puisse en
juger, la seule à faire voler en éclats la
fausse théâtralité du désastre naturel, à
dynamiter les langages et les codes de
représentation de la douleur publique et de la
mort. La seule enfin pour laquelle il a fallu
créer, par choix ou par nécessité, une
terminologie inouïe pour décrire ces nouvelles
oeuvres de destruction et de survie. Avec un
spectacle comme celui-ci, donné en un lieu
inhabituel, sur une durée jamais atteinte — la
Caraïbe demeure un éden car au même moment, un
paquebot de croisières déversait sans vergogne
des milliers de touristes à Labadie, dans le
nord du pays —, l'espace public se voit infliger
une série de mauvais traitements: sali, découpé,
vidé, troué, écrabouillé... C'est l'inscription
du corps (individuel ou collectif) — et son
martyre — qui menace les normes du comportement
social.
Lire la
suite |
|
|
|
 |
|
MON PAYS QUE VOICI
Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge
Anthony Phelps
Nous n’irons plus
jouer à la marelle et lancer nos pions
par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas
pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.
Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de
terre avait détruit ma ville natale, plusieurs
passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me
sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas,
en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à
l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais
le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.
J’ignore encore si la maison familiale est
restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce
ont été épargnés. Certains amis manquent à
l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement,
dans mon ancienne station de radio Radio
Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon
lieu de mémoire.
Nous n’irons pas poser nos nasses dans le lit
de la voie lactée pour piéger des étoiles
doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus
au jeu nous avons dépassé le chant des
marionnettes. Nous avons dépassé le chant de
l’enfant-do. Et l’enfant ne dormira pas. Il fait
un temps de veille. Mon Pays a un caillot de
sang dans la gorge.
L’église de mon enfance a été détruite, le
Sacré-Cœur. Mon collège a disparu, l’Institution
Saint Louis de Gonzague. Les lycées, universités
et autres écoles n’existent plus. Tant de voix
se sont tues à jamais ! Tant de victimes d’une
aveugle colère de cette terre qui nous a portés
!…
Entre la liane des racines tout un peuple
affligé de silence se déplace dans l’argileux
mutisme des abîmes et s’inscrivant dans les
rétines le mouvement ouateux a remplacé le
verbe. La vie partout est veilleuse.
En nous nos veines au sang tourné sur nous, le
cataplasme de la peur et sa tiédeur gluante et
notre peau fanée, doublée de crainte, comme un
habit trop ample baille sur des vestiges
d’hommes. La vie partout est en veilleuse. Ô mon
pays si triste est la saison qu’il est venu le
temps de se parler par signe.
Qui donc va me redessiner mon Pays?
Nous n’avons plus de bouche pour parler nous
portons les malheurs du monde et les oiseaux ont
fui notre odeur de cadavre. Le jour n’a plus sa
transparence et ressemble à la nuit. O mon Pays
si triste est la saison qu’il est venu le temps
de se parler par signe.
Merci à celles et ceux dont les gestes viennent
soulager notre détresse et nous aident à nous
relever.
Étranger qui marches dans ma ville,
souviens-toi que la terre que tu foules
est terre du Poète et la plus noble et la plus
belle, puisqu’avant tout c’est ma terre natale.
À la table de concertation pour la
reconstruction du pays, en plus de la voix des
gros bailleurs de fonds, qu’on entende celle de
Cuba, celle de la République dominicaine pour
une réconciliation dans la dignité. Celles des
créateurs. Que les citoyennes et citoyens des
beaux quartiers et des quartiers défavorisés
soient consultés. Plus jamais de bidonville.
Mais, qui dirigera un tel projet ? Déjà le grand
voisin s’est clairement manifesté. Il a dépêché
dix mille soldats du corps le plus aguerri, le
plus brutal de l’armée états-unienne : les
marines. Dix mille marines pour lutter contre
les tremblements de terre ? Ou pour agrandir la
base qu’ils viennent d’installer en Colombie ?
Presque cent ans après l’invasion d’Haïti par
les marines, assistons-nous à une nouvelle forme
d’interventionnisme au nom de l’aide
humanitaire?
Je me demande ô mon pays quelle main a tracé
sur le registre des nations une petite étoile à
côté de ton nom.
Yankee de mon cœur qui entres chez moi en pays
conquis, Yankee de mon cœur qui viens dans ma
caille parler en anglais qui changes le nom de
mes vieilles rues, Yankee de mon cœur, j’attends
dans ma nuit que le vent change d’aire.
Une fois de plus nous avons rendez-vous avec
l’Histoire. Ne ratons pas cette opportunité de
construire, sur cet immense malheur, une société
plus juste où chacun aura sa place.
Réinventons un pays, pour que ce petit garçon et
cette petite fille, qu’on a sortis des
décombres, aient une ville où il fera bon vivre.
Après les pleurs et les douleurs, on entendra
monter le chant qui séchera toutes tes larmes, ô
mon beau Pays sans écho. On entendra monter le
chant des enfants qui auront seize ans, à la
prochaine pleine lune. Même si je dors sous la
terre, leur chanson saura me rejoindre et je
dirai dans un poème que j’écrirai avec mes os :
Mon beau Pays ? Pas mort ! Pas mort !
© Anthony Phelps 2010 phelpsanthony@videotron.ca
Mon Pays Que Voici, suivi de Les dits du fou aux
cailloux .Paris. Pierre-Jean Oswald 1968.
Mon pays que voici. Montréal. Mémoire d’encrier
2007
Mon Pays Que Voici. Poème dit par l’auteur.
Montréal. Les disques Coumbite 1966.- Les
Productions Caliban 2000 |
|
|
|
|
|
Les signes d’Haïti.
par Jacky Dahomay
La catastrophe qui frappe
Haïti est terrible, comme s’il y avait là une
finalité de la nature qui aurait visé
symboliquement les institutions fondamentales du
pays. Même la représentation religieuse en a été
frappée. Le tremblement de terre de Lisbonne en
1755 avait produit un bouleversement de la
pensée philosophique et théologique européenne
et une forte polémique entre Voltaire et
Rousseau. Nous avons en ce moment à l’esprit ces
vers extraits du poème que Voltaire avait
consacré à l’événement : « D’autres peuples
naîtront de vos murs écrasés/ Le Nord va
s’enrichir de vos pertes fatales »
Mais nous ne sommes plus au XVIII° siècle et nos
problématiques postmodernes sont bien éloignées
de celles de Voltaire et de Rousseau. Pourtant
nous avons le sentiment que le séisme qui
produit un tel malheur dans l’ancienne « perle
des Antilles » nous invite à dépasser une
émotion légitime quoique trop médiatisée et à
penser quelque chose que nous ne pensons pas
encore et qui serait déterminant pour le monde
et la philosophie politique de ce XXI° siècle
commençant. Mais quoi ? L’écrivain haïtien René
Depestre nous affirme qu’il faut voir, à travers
ce soutien massif à Haïti, une forme d’éveil
d’une société civile mondiale. A l’aube du XIX°
siècle, Haïti avait obligé les Droits de l’homme
à accomplir leur universalité dans leur
concrétude. Aujourd’hui, ce pays meurtri mais
digne donne une nouvelle dimension effective à
l’idée d’humanité.
Lire la suite |
|
|
|

|
|
Haïti ne
mourra pas
Par ERNEST PÉPIN écrivain
[…] Nous sommes, avec vous, hommes de boues
sèches et femmes que le silence déchire
Nous sommes, avec vous, enfants de malemort
quand le pays s’en va, de secousses en
secousses, dévorer les enfances.
Nous sommes avec vous et nous disons pour vous
une parole bienveillante.
Parole déshabillée où seule règne une larme
Vous êtes toutes nos guerres et c’est notre sang
qu’un cimetière allume comme un cierge.
Vous êtes l’ombre couchée de nos oublis d’antan.
Les éclats de nos silences d’antan.
Des siècles ont crié meurtris de tant de cris et
l’arbre s’est nourri du silence des oiseaux.
Mais la terre demeure
Haïti n’est pas mort sous ses paupières de nuit
Haïti ne mourra pas trop de poètes l’ont créé
[…] Haïti soleil des carrefours et qui va son
chemin de lumière convulsée, d’imprévisible
survie parmi les cimetières et la graphie des
vents
Haïti ne mourra pas
Nous lui tendons les mains pleines
d’ancêtres-frères et nous pleurons parce qu’il
faut pleurer mais nous écrivons sur tous les
murs tombés pour que renaisse l’enfant vieille
de trois jours sans nom :
HAÏTI NE MOURRA PAS !
|
|
|
|

|
|
Un silence
de deuil défiant un arrêt de mort
Ce plaidoyer, pour un deuil national,
je voulais l’adresser à ceux qui nous
gouvernent,
non pas pour leur dire de sortir de leur silence
mais
au contraire
pour pénétrer tous ensemble dans un monde de
silence
affronter le monumental défi de la mort.
Les trois cent petites filles de Saint Gérard
elles sont toutes parties, dansant, chantant
dans un adieu de pieds nus et de jupe longue,
et tant de milliers d’autres sous le béton
concassé,
le 21 janvier, en un jour, en un seul voyage,
dix mille personnes basculées dans les terres de
Titanyen.
En cet état de mort nous n’aurions que faire de
discours
de ceux qu’on débite comme des pensums,
vides comme vent, plus solennels que des draps
mortuaires.
La mort elle ne mâche pas ses mots : elle fait
ce qu’elle fait
avec une efficacité qui pétrifie.
regardant danser les écolières de Saint-Gérard,
nous revoyons ce spectacle qu’elles nous
laissent
victoire sur un deuil de mort
quand dans nos yeux elles revivent,
par la mémoire par notre regard et notre silence
elles dansent une danse de vie
survivant à tout instant,
par leur naturelle grâce
défiant l’immobile grimace de la mort
cette subite avalanche si brutalement infligée
si cruellement, à la face du monde
sachant que nous n’aurions
jamais assez de fleurs pour les embaumer,
jamais assez d’encens pour leur offrir,
ni de mots pour dire seulement la litanie de
leurs prénoms,
et encore moins
assez de larmes pour les pleurer
au terrible grondement de la terre
répond notre silence,
dans une persistante existence
d’une autre nature et d’un autre monde
silence du regard et de la mémoire
évocation reconnaissance de ces cinq minutes de
danse
qui réveillent les disparus
par la mort même devenus capsules d’éternité.
Imaginons le pays couvert d’un deuil de trois
fois cent jours
nos regards devenant le défi que nous dédions
aux dieux du malheur
inventant répétant
intemporels
gestes et rituels, les chants et les danses,
les récits souvenirs et rêves
les promesses les parfums et les pardons
offrandes
à tant d’âmes qui flottent parmi nous.
Jean-Claude Bajeux.
Par Jean-Claude Bajeux
Directeur Exécutif du Centre Œcuménique des
Droits Humains (CEDH)
|
|
|
|

|
|
Commère Maréchale Misère
Par Dominique DOMIQUIN
Trois
boites de haricots rouges, trois boites de maïs,
trois boites de macédoine de légumes, des
tampons périodiques, deux packs de MatouCapès.
Les bénévoles me remercient chaleureusement.
Leurs visages sont graves et leurs sourires
sincères. Je quitte Destreland un peu plus léger
que d’habitude. Je me demande si je n’aurais pas
dû donner plus pour Haïti. Me priver un peu
plus, même si les temps sont durs sous le soleil
de Gwada. En même temps, qu’est-ce que je pèse,
moi, petit guadeloupéen, face à l’aide
internationale massive ?
Adolescent, lorsqu’on me demandait d’accomplir
une tache pénible et ingrate, ou qu’on tentait
de me gruger, j’avais coutume de répondre : « Tu
me prends pour ton Haïtien, ou quoi ? »
C’étaient les années 80. J’avais pourtant dévoré
Jacques Roumain et Jacques Stephen Alexis. Mais
de là à faire le lien entre le puissant
« Gouverneurs de la Rosée », le flamboyant
« Compère Général Soleil » et ces ombres
furtives qu’on appelait Haïtiens ! Fallait pas
trop m’en demander ! Non, décidément, ces
gens-là ne collaient pas à mon idée d’Haïti.
Lire la suite |
|
|
|

|
|
Haïti : ces cadavres que
l’on montre
Par Christian Eboulé, journaliste.
Quand, à l’effroi, au tragique, à la cruauté la
plus abjecte, s’ajoute l’indécence, l’impudeur
et le mépris télévisuels, alors oui, la douleur
que l’on éprouve devient plus qu’insupportable.
Fort heureusement, d’abord par Internet, ensuite
et bien sûr de façon massive, grâce à la radio
et aux chaînes de télévision, le monde entier
sait, aujourd’hui, qu’un tremblement de terre
d’une ampleur historique s’est abattu sur Haïti.
Mais pourquoi diable, ces mêmes chaînes de
télévision choisissent-elles de nous montrer, de
manière quasiment ininterrompue, ces centaines
de cadavres haïtiens, ces victimes innocentes
d’un séisme meurtrier et dévastateur ? Pourquoi
une telle absence d’égards ? Pourtant, la
plupart du temps, lorsqu’il s’agit de victimes
occidentales, l’on n’assiste presque jamais à un
tel étalage obscène.
Trop, c’est trop ! Les victimes du Sud ont aussi
droit au respect de leurs sépultures, quelles
que soient, d’ailleurs, les circonstances qui
ont entraîné leur mort.
Lire la suite |
|
|
|

|
|
En Haïti, "les
esprits savaient"

Port-au-Prince Envoyée spéciale
Comment oublier ce 5 janvier ? Comment ne pas se
dire que les esprits, ce soir-là, avaient lancé
un signe et tenté de prévenir ? A leur façon
bien sûr, codée et mystérieuse. Difficile à
interpréter. Mais enfin, leur comportement si
étrange, une semaine avant le séisme, était à
l'évidence un message. Et Jean-Alex Marc, prêtre
vaudou à Tabarre, un faubourg de Port-au-Prince,
reste troublé par le souvenir. Il n'avait pas su
voir.
C'était pour lui un grand jour, et la cérémonie
qu'il avait longuement préparée promettait
d'être à la fois fervente et délirante. "Une
tradition pour moi ce 5 janvier. On l'appelle le
"couché yanm", la communion de tous les esprits.
Autant dire que c'est plein d'énergie !" Il
avait invité d'autres hougans (prêtres vaudous),
des dizaines d'initiés ; et très vite, après une
longue prière, les tambours s'étaient déchaînés.
Les esprits invoqués étaient venus, comme
attendu. Mais ils étaient, comment dire,
réticents. "Ils ne parlaient pas, ne mangeaient
pas, ne festoyaient pas. Ils pleuraient. C'était
bouleversant."
Lire la suite |
|
|
|
 |
|
5 FEVRIER
2010 :JE-A PA FINI !
Un écrivain éructe son mépris pour le peuple.
Des politiciens de droite croient leur heure
revenue. La valse des visites ministérielles
reprend, précédant celle, annoncée, de Sarkozy.
Le préfet invite les secrétaires généraux de
syndicats à venir sabler le champagne pour la
nouvelle année.
Ainsi donc le spectre du mouvement social se
serait évanoui et chacun tranquillement,
profiteurs en tête, pourrait vaquer à ses
occupations habituelles? On passerait ainsi par
pertes et profits les sacrifices consentis par
la population en février/mars 2009, en se
consolant avec 200 euros -non encore
intégralement versés-,une baisse sur 400
articles -dont certains sont périodiquement
déclarés en rupture de stock- sur certains
services, sur certaines taxes .On se
contenterait de la demi application de
l'engagement de la priorité aux Martiniquais-e-s
dans l'Ecole et des promesses d'un "conseil
interministériel" qui sort déjà des mémoires ?
Il est vrai que quand on compare avec
l'augmentation du SMIC concédée aux bas salaires
de France :0,5 % ! On pourrait ici s'estimer
heureux !
Mais il est évident que le compte n'y est pas.
Les résultats ne sont pas à la hauteur des
attentes. La volonté de rogner sur les gains est
évidente. Le refus de reprendre les
négociations est une provocation. Le silence de
l'Etat sur l'augmentation réclamée des minima
sociaux, des pensions de retraite, sur la
revendication d'un plan d'urgence pour la
formation et l'emploi des jeunes, sur la
situation des personnes souffrant d'un handicap,
sur la réouverture des hôtels fermés est
assourdissant.
Qui pouvait s'imaginer, devant ce mépris
objectif, que le Collectif du 5 février, cette
originale création qui regroupe les forces
quotidiennement au service des luttes du peuple,
allait rester bras croisés en attendant le
passage des masques ?
L'appel à 24 heures de grève le 5 février 2010
est d'abord une affirmation de dignité: PA FOUTE
PAMAL DI NOU !
C'est une occasion donnée aux travailleurs/euses
et à la population en général d'exiger que les
gens d'en face se remettent à la table des
négociations pour parler sérieusement. Ils ne
devraient surtout pas se méprendre. Dans les
profondeurs du peuple on pense,on évalue, on
mesure, on pèse le pour ,le contre,on cherche de
nouvelles voies, mais on n'est ni résigné ni
écrasé.
Le K5F a parfaitement compris qu'il faut, avant
même de négocier,rouvrir une grande causerie des
combattantes et des combattants .Ce sera le vrai
début de notre consultation à nous ! Après la
manifestation de rue qui partira des abords du
Palais des sports du Lamentin nous reviendrons
pour écouter, nous écouter et débattre;
Cette journée sera donc de grande utilité. Pour
empêcher son succès les profiteurs et leurs
zélés serviteurs veulent faire croire que nous
ambitionnons de remettre le couvert pour 38
nouveaux jours dans la rue .C'est vraiment
prendre tout le monde pour des imbéciles .Cette
fois, nous nous contenterons de 24 heures et ne
menaçons le carnaval de personne. Peu nous
importe comment nos adversaires évaluent notre
stratégie. Ce qui compte pour nous, c'est
l'opinion et la mobilisation de celles et ceux
qui nous ont mandaté pour conduire les luttes
légitimes et indispensables de la population
pour arrêter les mauvais coups qui ne cessent de
pleuvoir sous prétexte de crise et améliorer son
propre sort
Donnons nous un bon 5 février 2010 pour qu'au
moins ils comprennent !
Philippe Pierre-Charles |
|
|
| |
|
 |
|
|
|
Nous venons de mettre en ligne
10 entrevues en profondeur accordées par M.
Anglade en 2008 au journal Le Nouvelliste.
Celles-ci sont accessibles à partir de la page
d'index de M. Anglade sur le site
Classiques des sciences sociales:
De plus son livre

L'HEBDO DE GEORGES ANGLADE.CHRONIQUE D'UNE
ESPÉRANCE. 2008.
est téléchargeable gratuitement sur le même
site. Il sera suivi dans les
prochaines semaines de l'essentiel de son œuvre.
La pensée de ce grand universitaire haïtien tué
dans le tremblement de terre
concerne tous les Antillais, et au delà
Jean Benoist
|
|
|
|

|
| |
|

|
|

|
|
|
|
 |
|
|
 |
|

|
|
C'est le « peu de conscience de la mondialisation culturelle et la sous- représentation des musiques du monde au niveau médiatique » qui a poussé Ophélie Cohen, la toute jeune fondatrice et directrice d'Altermusica, à créer, en octobre 2005, cette web-radio associative. Son objectif ; valoriser les musiques et les cultures du monde, idée plutôt ingénieuse dans un secteur aussi actif Bilan: plus de trois cents émissions et des reportages photo en ligne nourris d'une insatiable volonté d'ouverture à l'autre, de compréhension et de connaissance. Outre ces chaleureux voyages musicaux hors de nos frontières, Altermusica communique des dates de concerts et de festivals, des playlists, des rediffusions de concerts. En parallèle, l'équipe vient de sortir le magazine papier Alia (premier numéro paru en avril dernier), consacré à la vie culturelle alternative dans toute l'Île-de-France, et diffusé gratuitement à 15 000 exemplaires par mois. Équitable..
CAROLE ALTER pour Télérama
|
| |
|
|
|
Si vous ne la recevez pas encore et pour vous abonner à la Lettre de Madinin'Art cliquez ci-dessous
|
|

|
|
__ |
 |
|
À Madiana
Avatar,
hélas !

par Selim Lander
Dans un article récent du Monde (27 janvier 2010),
Pierre Desjardins, professeur dans un CEGEP
québécois, présente une judicieuse analyse de
l’idéologie militariste du film événement de ce
début d’année, qui a déjà fait onze millions (!)
d’entrées en France (chiffre des six premières
semaines). Depuis l’effondrement de
« l’arbre-maison » qui évoque celui du WTC de New
York jusqu’à l’apparition finale d’un dragon volant
salvateur, image de l’aigle américain, tout est fait
pour convaincre le spectateur que la guerre à
outrance est juste pourvu qu’elle soit défensive. La
transformation des paisibles Na’vi, qui versaient
des larmes de crocodile chaque fois qu’ils devaient
tuer un animal à la chasse, en guerriers assoiffés
de sang passe ainsi comme une lettre à la poste. Les
bons soldats se battent à la loyale, avec des arcs,
des flèches et des poignards, tandis que les
méchants, loin de se contenter de leurs gros
calibres, dévastent les forêts au napalm et vont
même jusqu’à tenter d’utiliser des armes chimiques.
Heureusement, tout finit bien qui doit bien finir :
les bons sont vainqueurs et ils expulsent manu
militari les quelques envahisseurs qui ont
survécu au carnage.
Lire la
suite |
|
|
 |
" Avatar " L'évolutionnisme
mal dégrossi du film reflète notre imaginaire

par Thomas HeamsMaître de conférences en génomique à AgroParisTech
, codirecteur des " Mondes darwiniens, l'évolution
de l'évolution " (Syllepse 2009)
James Cameron, encore un effort pour être darwinien
!
La première hypothèse sur laquelle se fonde Avatar,
le film de James Cameron, c'est qu'il existe une vie
extraterrestre très près de la nôtre. Elle s'invite
dans un des débats les plus vifs aux frontières de
la biologie et de la cosmologie, qui est justement
la question des origines du vivant : ce qui s'est
passé sur Terre il y a 3,8 milliards d'années
était-il un processus inexorable compte tenu des
éléments disponibles et des conditions de l'époque,
ou bien est-ce une splendide exception ? Pour y
répondre, les chercheurs de vie extraterrestre, les
exobiologistes, scrutent nos plus proches voisines,
notamment Mars.
Lire la suite |
|
|
 |
|
Denzel Washington, pèlerin du
futur

Dans Le Livre d'Eli, Denzel Washington
doit protéger le dernier exemplaire de la Bible.
par Olivier Delcroix
Dans «Le Livre d'Eli», road-movie apocalyptique des
frères Hughes, l'acteur compose un moine guerrier,
ultime possesseur de la Bible.
Après l'Amérique en cendres de Terminator
Renaissance, après le road-movie de fin du monde La
Route, tiré du best-seller de Cormac McCarthy adapté
par John Hillcoat, voici Le Livre d'Eli, un nouveau
blockbuster postapocalyptique mis en scène par les
frères Hughes (From Hell) et produit par Joel Silver,
le producteur de la trilogie Matrix.
Les Américains seraient-ils donc si inquiets pour
leur avenir ? Il semble bien que la réponse soit
oui. Sorti aux États-Unis il y a deux semaines, Le
Livre d'Eli a d'ores et déjà engrangé près de 31,6
millions de dollars de recettes, s'octroyant une
honorable deuxième place au box-office américain
face au rouleau compresseur Avatar, de James Cameron
(dont les recettes ont dépassé les 500 millions de
dollars).
Lire la suite |
|
|
 |
Tanya
ELISABETH L’Art Performance
Le corps dans le décor

Un art qui apparaît d’autant plus vivant, qu’il
semble n’obéir à aucune règle définie, fourmillant
d’imprévus et d’inventions.par Christian
Antourel
Tanya Elisabeth est une artiste
au devenir prometteur. L’imaginaire artistique
qu’elle développe, ses représentations quelle
réalise comme dans l’envolée d’une apparition de
colombes font de cette artiste plasticienne, une
magicienne, mais aussi une danseuse a la recherche
du temps perdu qu’elle retient dans l’étreinte
spontanée d’une interprétation de la nature. Elle
vit une aventure qui la porte dans des ressentis
tenaces, volatils et fugitifs qu’elle envisage en
connivence entre corps et décors, dans un accord
tacite, un périple audacieux ou des espaces vides
s’habillent entre transparence et apparence de
couleurs vraies et fugaces. Elle danse dans l’espace
de nos regards, maintenue en équilibre entre les
surfaces modulables de toute la réalité d’un rêve,
par essence, évanescente et éphémère.
Lire
la suite |
| |
 |
|
Vernissage à la
galerie T § T de Basse-Terre le 21 janvier 2010 :
« Le casse-tête » de T(hierry
ALE)T.

par
Scarlett Jésus
André BRETON
collectionnait les masques africains. D’autres
peuvent s’enorgueillir de posséder une galerie de
portraits de leurs ancêtres. T(hierry ALE)T est un
voleur de têtes. Un artiste « serial killer » à
l’imagination toute puissante et qui n’en fait qu’à
sa tête. Un véritable Barbe-bleue qui détient, dans
son cabinet de curiosités une fabuleuse (et assez
mystérieuse) collection de têtes. Des têtes « cou
coupé » et qui rient étrangement… face à la Mort.
Avoir choisi de dévoiler une partie de sa collection
ce 21 janvier n’est pas anodin. T a-t-il toute sa
tête ? Une telle date, qui coïncide avec le
déclenchement des 44 jours de grève en 2009, se
situe dans la période du Carnaval, à dix jours à
peine du désastre d’Haïti. Le choix d’une telle
date, qui associe trois évènements aussi disparates,
ne revient-il à convier pour l’exposition, de façon
oxymorique, le Rire et la Mort dans ce qui pourrait
s’apparenter à une Danse macabre ? Les Grecs le
savaient, les Dieux se rient du malheur des hommes…
Lire la
suite |
|
|
 |
Vanina Tougon
Pots de fleurs en résine

Exposition itinérante dans les grandes surfaces.
par Christian
Antourel
Si la discipline, de designer
n’a toujours pas de statut officiel, et le mot
design de définition tangible, c’est que chaque
époque, chaque courant réinvente « sa »
définition du design
La recherche hors des sentiers battus, pour
mettre en relation des éléments structurels et
fonctionnels, qui fait de l’objet une unité
cohérente est-ce cela le design, une conception
pour un environnement en adéquation à la fois
pratique et esthétique ? Rien a voir avec
l’esthétique du banal on pencherait plutôt pour
une filiation avec l’utile et l’agréable
redéfini, où il s’agit de s’extraire en dehors
d’une théorie de l’habitude rationnelle, aller
là où l’insolence naturellement, porte loin en
avant dans l’expression de formes en rupture
avec l’ennui la routine, la monotonie et son
miroir. Vanina aime les fleurs en pots, objet de
décoration pour la maison. Alors elle les
invente ses pots précieux par un jeu de
manipulations, sans cesse renaissant.
Lire la suite |
| |
 |
Les artistes
qui comptent
s'installent à
Berlin

Robin Rhode : «Je
suis venu à Berlin en 2001 par hasard, par amour
pour ma future femme. Pour moi, Sud-Africain, le
climat est terrible. Ce n'est pas beau comme
Paris ou New York, mais c'est une ville
complexe, multicouche, fascinante.» (Robin Rhode)
Vingt ans après la
chute du Mur,la capitale allemande est devenue
le point de ralliement des créateurs et des
galeries les plus dynamiques d'Europe.
Tous les chemins mènent-ils à Berlin ? Malgré sa
position excentrée et septentrionale, malgré la
crise, la capitale allemande s'affirme comme
l'eldorado des artistes venus du monde entier.
De Scandinavie, comme Olafur Eliasson, 42 ans,
le magicien de la Terre qui a fait jaillir des
cascades à Manhattan en 2008. Du Portugal, comme
Jorge Queiroz, 43 ans, dessinateur aux pastels
surréalistes. D'Afrique du Sud, comme Robin
Rhode, 33 ans, danseur et vidéaste venu du
street art, ou Pieter Hugo, 33 ans, photographe
vedette de la dernière Biennale de Bamako. De
France, comme Saâdane Afif, 39 ans, prix
Marcel-Duchamp 2009, Damien Deroubaix, 37 ans,
et Nicolas Moulin, 39 ans, ses compétiteurs. De
toute l'Allemagne, aussi, de l'Ouest, comme le
peintre du «trash» Jonathan Meese, ou de l'Est,
comme celui de l'abstraction acidulée, Frank
Nitsche. Tous ont choisi de vivre à Berlin et
contribuent à en faire une ville d'artistes,
paisible, décalée, enthousiaste et active.
|
| |
 |
|
Tunisie
: la scandaleuse condamnation de Taoufik Ben
Brik

par William Bourdon, Hélène Flautre, François
Gèze...
L'accord d'association entre l'Union européenne
et la Tunisie doit être suspendu.
L'atroce comédie en quatre actes se déroule sous
nos yeux, mais, en haut lieu, personne ne bouge.
Acte I : le 25 octobre 2009, le général Zine el-Abidine
Ben Ali est "réélu" pour un cinquième mandat à
la tête de la Tunisie avec 89,62 % de suffrages
exprimés, s'attirant aussitôt les "sincères"
félicitations du président français, Nicolas
Sarkozy.
Acte II : le même jour, à 16 h 45, le
journaliste Taoufik Ben Brik, infernal trublion
depuis plus de dix ans – et qui depuis des
semaines distillait ses billets assassins contre
le régime tunisien sur de nombreux sites Web –,
fait l'objet d'une provocation, qu'il dénonce
immédiatement par des posts aux sites Web
français : alors qu'il va chercher sa fille de
dix ans à l'école, il est violemment pris à
partie par une automobiliste, qui l'accuse
contre toute évidence d'avoir heurté son
véhicule et de l'avoir agressée.
Lire la
suite |
| |
|
|
| |
| |
 |
| |
| |
 |
|
Lakouzémi : "Maintenant que
nous avons touché le fond..."
Ce texte de Monchoachi, écrivain, est le texte
introductif au débat de la journée Lakouzémi qui se
tiendra le 30 janvier 2010 à Sainte-Anne, en
Martinique.
"pèd pou pèd"
"Sur le désastre du 10 janvier 2010, après la furie
qui l’escorte, pouvons-nous entendre quelques
considérations ?
1. Il s’agit d’une humiliation
qui atteint la Martinique dans son ensemble et
chaque Martiniquais en particulier car elle est la
manifestation de la décomposition d’un peuple dont
la seule volonté collective en mesure aujourd’hui de
se manifester avec force est de ne pas vouloir
s’appartenir. Pire que l’esclavage est la servitude
volontaire. De ce point de vue, il faut être habité
d’une singulière conception de la liberté pour se
réjouir de pareil « attachement » qu’on
s’illusionnerait par ailleurs débordant de lyrisme
et se rapporter à « la France et aux valeurs
républicaines ».
2. Parler en l’occurrence de «
lucidité » et de « courage » devant le spectacle
d’un peuple qui se dissout sous le poids d’un
pragmatisme élémentaire ou aux relents d’un parfait
cynisme, cela revient à peindre la fleur pour tenter
d’en masquer l’odeur. Les motivations et
considérations qui ont conduit à une telle
humiliation, si elles sont sombres, ne sont pas pour
autant tenues secrètes : les gens les ont largement
et clairement fait connaître. Le plus renversant de
tout, ce sont ceux qui s’engouent à clamer « peuple
» une communauté dont ils s’activent par ailleurs
rageusement à soutirer les penchants avilissants et
autodestructeurs.
3. Quant aux politiques qui
rêvent tout haut s’attribuer le « mérite » d’un tel
désastre, pour être misérable leur posture n’en est
pas moins surtout présomptueuse. Car ce qu’illustre
à l’évidence la votation du 10 janvier c’est
l’absolue mise hors jeu des politiques. C’en est
même l’une des leçons majeures : le court-circuitage
de la représentation politique dès lors que l’on se
persuade qu’une quelconque initiative du politique
risquerait tant soit peu de contrecarrer les
logiques accumulatives (consommer plus) auxquelles
l’on est assujetti.
Lire la suite |
| |
| |
Tel qui pleurait hier
aujourd’hui se réjouit
par Michel Herland
Un écrivain célèbre s’est illustré, aux lendemains
du 10 janvier, en insultant copieusement les
Martiniquais, coupables selon lui d’inconséquence
notoire. Selon cet auteur, en effet, il n’était pas
cohérent de refuser l’ouverture vers l’autonomie
accrue qui aurait résulté du passage au régime d’une
collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de
la Constitution, après avoir crié bruyamment,
pendant les événements de février-mars 2009, que la
Martinique appartenait aux seuls Martiniquais et que
les Français de France n’avaient rien à y faire.
En réalité, il n’y avait aucune contradiction
là-dedans. Outre que les manifestants enrôlés sous
la bannière du K5F ne représentaient pas toute la
Martinique, il n’est nullement absurde, en
politique, d’envoyer simultanément au « maître »
(l’État français) un message négatif (« tu n’es pas
ici chez toi ») et un message positif (« non, nous
ne voulons pas changer de statut car nous refusons
de courir le risque de voir diminuer les transferts
financiers en provenance de ton budget »). Qui ne
voit, en effet, que, aussi longtemps que l’État
français désirera conserver la Martinique, il n’est
pas inopportun de lui faire savoir qu’il n’est pas
vraiment chez lui ici mais que, à défaut d’être
aimé, il peut néanmoins se rendre indispensable en
faisant, de temps en temps, un geste supplémentaire.
Les manifestants de février-mars étaient donc tout
autant dans leur rôle que les personnes – en partie
les mêmes – qui, le 10 janvier, ont donné une
majorité écrasante au non.
Lire la suite |
| |
 |
|
Le sens de nos
votes ?

Le droit acquis de voter a fait l’objet de luttes
âpres par les peuples de tous les pays et notamment
de la population française. Ce même droit a été
acquis par la population de la Martinique dont la
partie la plus nombreuse a pu être libérée du joug
des esclavagistes. Celle-ci devait pouvoir
s’exprimer démocratiquement.
La relative très bonne participation au scrutin du
10 janvier 2010, a démontré que le citoyen pouvait
se rendre aux urnes en nombre. Ce 24 janvier nous
sommes dans une configuration décevante mais dont
les chiffres de participation expriment néanmoins un
taux assez habituel des Martiniquais dès lors que le
passionnel ne guide pas son geste citoyen de voter.
Il est vrai que le 10, les Martiniquais ont exprimé,
à tort ou à raison, leur refus de tendre vers une
autonomie même à minima avec des acteurs politiques
qui ont montré leurs limites à travers leur « idéologisme »
aveugle. Eloignés des réelles préoccupations des
Martiniquais exprimées notamment le 5 février 2009,
mais dont la nature a été détournée au gré des
orientations politiques trop politiciennes, nos élus
actuels vieillissants ont manqué de réponses à
apporter aux citoyens dans ce monde où beaucoup de
curseurs ont été déplacés tant économiquement,
socialement que dans le fonctionnement de la société
en général.
Lire la suite
|
| |
 |
Martinique : La marche
vers notre émancipation reprendra avec force...

Par Robert Sae
Fort de France. Mardi 26 janvier 10.CCN. Robert
Sae , porte parole du Conseil National des
Comités Populaires(CNCP) Martiniquais, porte ici
un éclairage plein de lucidité et une analyse
nécessaire sur les deux élections qui viennent
de marquer le paysage politique de son pays. Le
CNCP est avec le Mouvement Indépendantiste
Martiniquais ( MIM) , d’Alfred Marie Jeanne,
l’une des composantes du groupe des « Patriotes
Martiniquais » majoritaire à la
Région,Martinique. Le CNCP faisait aussi partie
du « Rassemblement Martiniquais pour le
Changement ( RMC) favorable à l’application en
Martinique de l’article 74 de la constitution
francaise
Les forces politiques réactionnaires jubilent :
«80 % de non ! C’en est fini des patriotes et de
question institutionnelle ! » Certains
défenseurs du oui ne décolèrent pas : «C’est
quoi ce peuple qui braille dans la rue et refuse
le pouvoir de défendre ses intérêts propres ! »
Et puis, le gouvernement a lancé sa campagne de
propagande au plan international : « Voilà la
preuve que ce sont bien des terres françaises et
que la population d’outre-mer nous est
définitivement attachée ! » Est-ce ainsi que
tournerait la roue de l’histoire ?
Lire la suite |
| |
 |
|
Toutes les annonces de spectacles,
conférences, séminaires, casting, etc.

|
| |
 |
Le Café Poésie du LINA'S CAFÉ
Samedi 13 févier 2010
à 18 Heures 30 à Fort-de-France
L’Association Poétique
les Griots de la Martinique
reçoit
- Euphrasie CALMONT, Emma ou la rage de vivre,
(Roman).
- Véronique COMBO - Concept de la famille
martiniquaise.
- Isambert DURIVEAU – Sculture sur pierre.
Vernissage 20 février 2010 à
19 H 00, LINAS CAFÉ
- Expression libre.
AU LINA’S CAFÉ
15 rue Victor Hugo à Fort-de-France
Venez nombreux, l’entrée est gratuite
Contact : 0596 53 32 39 - 0596 71 91 92
NOUVEAU !
Entrée gratuite.
Prévoir consommation, sur place.
Voir le programme |
| |
 |
|
 |
|
Consulter le programme
|
| |
|
 |
|

|
|
| |
|
|
|
Si les liens ne fonctionnent pas essayez celui de la flèche verte ou recopiez-le dans votre navigateur : http://www.madinin-art.net/index.ftml |
 |
|