Les
Chimères de
Sébastien
JEAN

par
Scarlett JESUS.
«
Au clair de la
lune, près de
la mer, dans les
endroits
isolés de la
campagne,
l’on voit,
plongé dans
d’amères
réflexions,
toutes les choses
revêtir des
formes jaunes,
indécises,
fantastiques
».
LAUTREAMONT,
Les Chants de
Maldoror,
|
Peintre et sculpteur, Sébastien JEAN est
un jeune
artiste
haïtien
audacieux qui
cultive ses
chimères.
Sans se
soucier
véritablement
de plaire.
Adepte d’un
art
contemporain
dérangeant,
il a fait le
choix de
rendre compte
de la
réalité
telle qu’il la
perçoit,
en
visionnaire.
D’ailleurs,
lui-même
ne se
qualifie-t-il
pas,
malicieusement,
de « fou
» pour
définir
une pratique
qu’il veut
entièrement
libre ?
Le travail que
cet artiste a
réalisé
durant sa
résidence
de trois mois
en Guadeloupe,
à
LARTOCARPE au
Moule,
confirme-t-il
un tel propos,
propos qui est
loin
d`être
celui d’un
naïf?
Bien
qu’autodidacte
Sébastien
JEAN s’est
adonné
à la
peinture
dès son
plus jeune
âge et a
pu, à
maintes
reprises,
confronter sa
pratique
à celle
d’artistes de
renommée
internationale,
à
travers des
expositions
qui l’ont
conduit de
Miami à
Marmande puis
Paris et, tout
dernièrement,
à la
Biennale de
Venise.
Parler de
«
chimères
» pour
qualifier les
œuvres de
Sébastien
JEAN, c'est
avoir
pleinement
conscience de
la
polysémie
de ce terme et
de son
ambiguïté.
D’autant
qu’à
Haïti s’y
ajoutent des
connotations
particulières,
les «
chimères
»
évoquant
une
réalité
sociale
très
spéciale,
celle des
bandes
armées
qui, au
service du
Président
ARISTIDE,
semèrent
la terreur
dans la
population
entre 2001 et
2005.
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La mondialisation néolibérale n’est pas incontournable ou la lourde mais exaltante mission de F. Hollande

par Pierre
Suédile
Encore une
fois,
l’alternance a
placé
la gauche
française
à la
direction des
affaires de la
France, dans
une
période
de grandes
difficultés
et de
progression de
l’extrême
droite. Les
élections
législatives
vont à
coup sûr
confirmer
l’attitude
rationnelle
des
électeurs
qui tacheront
de lui donner
la
majorité
requise pour
gouverner.
Quant à
la droite
engluée
dans un
néolibéralisme
dicté
par les trois
piliers du
capitalisme
nouveau, la
finance, les
firmes
transnationales
et les fonds
spéculatifs,
elle a rejoint
l’opposition
qu’elle
confond avec
la formulation
de menaces.
C’est l’effet
«
pensée
unique »
qui fait
croire que la
France irait
au chaos hors
le respect des
règles
de la
mondialisation
néolibérale.
F. Hollande
nouveau
président
de la
République
se positionne
à
l’intérieur
de cette
approche de la
gouvernance
tout en se
rendant compte
que l’Etat ne
peut avoir une
seule mission.
Il doit tout
mettre en
oeuvre pour
faire
progresser la
puissance du
pays dans un
monde de
concurrence
féroce,
c’est
l’affaire de
la
compétitivité,
mais il doit
également
assurer aux
populations un
mode de vie
conforme aux
exigences de
la conception
moderne de la
démocratie.
Le chef de
l’Etat se
propose
notamment mais
prioritairement
de mobiliser
des fonds pour
financer la
croissance. Il
s’est
engagé
à
provoquer un
changement
majeur de la
politique
européenne,
de la BCE en
particulier,
pour que les
Etats de la
zone euro
bénéficient
de
financements
destinés
à se
sortir des
griffes des
banques
privées
et à
alimenter la
création
d’activités
par la
commande
publique.
C’est bien
mais c’est
insuffisant.
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Exit
Sarkozy, voici
Hollande !
... Et nous,
et nous, et
nous ...

Par Frantz
Succab
Nous
restons
(rété)
dans notre
pays qui vit
au petit
bonheur la
« tchans »
(Du
verbe :
tchansé).
Pendant
toute la
campagne
présidentielle,
je me suis
personnellement
bien
gardé
de faire le
moindre
commentaire
public en
faveur de l’un
ou de l’autre,
pour le vote
blanc ou
l’abstention.
Pourquoi ?
D’abord,
Guadeloupéen
(de
naissance et
de
conviction),
je voyais bien
que la
Guadeloupe et
son avenir ne
faisaient pas
partie du
débat
franco-français
des
présidentielles.
Donc, je
n’allais pas
me faire plus
français
que
français.
À moins
d’attendre que
d’autres que
nous pensent
notre avenir
à notre
place, ce qui
–
reconnaissons-le-
est chez nous
une bien
vieille et
mauvaise
habitude.
Ensuite,
parce que mon
patriotisme
est, de
mon point de
vue,
forcément
internationaliste.
Dès
lors que
l’intention
d’une
majorité
de
guadeloupéens
en faveur de
la Gauche
française
était
de donner un
modeste coup
de pouce au
peuple
français
pour marcher
vers le
progrès,
ne fallait-il
pas
l’encourager?
Réduire
des
inégalités
sociales,
ouvrir un plus
grand champ
aux
libertés
démocratiques
et, surtout,
pour ce qui
nous concerne,
permettre de
renforcer
à
l’intérieur
même de
l’Hexagone
d’une vraie
opposition
populaire
à la
politique
coloniale de
l’Etat
français.
Mais nous
savons tous,
hélas,
que ce
n’était
pas le cas.
Donc, il y
avait loin de
la coupe
intégrationniste
à mes
lèvres
patriotes.
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De l'usure du
couple au
théâtre

Léa
Galva et Ruddy
Sylairedans
"Petits Crimes
conjugaux",
une
pièce
de (
photo F-A)
Par Roland
Sabra
Ecrite en 2003
par
Eric-Emmanuel
Smit, "Petits
crimes
conjugaux" a
déjà
fait l'objet
de nombreuses
mises en
scène,
de la plus
célèbre,
la toute
première,
Charlotte
Rampling, et
Bernard
Giraudeau, mis
en
scène
par Bernard
Murat,
à la
plus
récente
celle
d'Aurélie
Dalmat,
aidée
d'Hervé
Deluge et
José
Exélis,
avec Ruddy
Sylaire et
Léa
Galva à
l'Atrium les
18 et 19 mai
2012. Plus que
jamais
comparaison
n'est pas
raison. Les
moyens des uns
ne sont pas
les moyens des
autres. Alors
qu'a-t-on vu
à
Fort-de-France?
Au
départ
il y a une
thématique
qui pouvait
être
intéressante,
celle des
rapports
conjugaux
après
quinze ans de
mariage.
Gilles,
écrivain,
est
frappé
d'amnésie,
à la
suite d'un
mauvais coup.
Il se souvient
de ses tables
de
multiplication,
de ses
déclinaisons
latines mais
il ne sait
plus quel
genre d'homme
il est ou
était.
Il
réapprend
par la bouche
de son
épouse,
Lisa, ce qu' a
été
leur vie ces
dernières
années.
Lisa
reconstruit,
enjolive,
mêle la
réalité
plutôt
prosaïque
du partage des
tâches
par exemple,
à ce
qu'elle a
rêvé
qu'elle soit.
Que reste-t-il
de l'amour
quand le
désir
s'émousse?
A quelles
conditions un
couple peut-il
résister
à
l'usure du
temps?
Voilà
ce qui aurait
pu
suscité
de
l'intérêt.
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Un roman
explosif
!

par Laurence
AURRY
Gérard
Oulion n’en
est pas
à son
coup d’essai.
Le Dynamiteur
de
pissotières,
est son
quatrième
roman. Un
petit roman
qui refuse de
se prendre au
sérieux.
Tout un
programme,
savamment
préparé,
calculé,
exécuté.
Il s’agit, en
effet, d’un
jeune
retraité
qui
décide
de mettre
à
profit son
temps libre
pour
réaliser
une œuvre
édifiante,
absurde et
dérangeante.
Le parfait
employé
de bureau,
sans reproches
et sans
ambition qui
veut marquer
d’une
manière
originale et
déroutante
son opposition
à la
société,
son ras le bol
des politiques
d’appauvrissement
et
d’abêtissement.
Une belle
satire de
notre
société
mais sans
formalisme et
surtout sans
sérieux.
Personnage et
auteur
refusent de se
prendre au
sérieux.
Pas des
révolutionnaires,
non, mais des
empêcheurs
de tourner en
rond, des
contradicteurs
qui prennent
pour cible un
symbole de
notre
architecture
moderne :
les
sanisettes.
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L’art
dans sa
relation au
lieu,
sous
la direction
de Dominique
Berthet

par
Sentier
La
relation au
lieu est une
condition
incontournable,
nécessaire
à la
création.
L’acte
créateur
est
indissociable
du lieu. Dans
ces
conditions, il
s’avère
indispensable
d’approfondir
cette question
des relations
entre l’art et
le lieu. Le
lieu est le
creuset dans
lequel se
forgent les
diversités,
les
différences
et les
multiplicités.
Dans chaque
lieu, qu’il
soit ici,
là-bas
ou ailleurs,
qu’il soit
souvenir,
utopique ou
désert,
la question de
la rencontre,
au centre de
la
réflexion
de Dominique
Berthet,
s’actualise et
prend forme.
Il n’est bien
sûr pas
aisé de
faire ainsi le
résumé
d’une
publication
dont un des
objectifs
principaux est
de provoquer
des rencontres
entre des
réflexions
qui concernent
à la
fois les modes
de
création
dans notre
territoire
caribéen,
si
profondément
meurtri par la
colonisation,
et d’autres
manières
de voir,
d’autres
points de vue,
curieux de
l’autre et
cherchant
à
penser quelles
consciences
des lieux
peuvent
émerger
en fonction
des
circonstances.
Que le
colloque
à
l’origine de
cet ouvrage
ait eu lieu
à la
Martinique,
terre de
ruptures, de
mélanges
inattendus, de
déplacements,
de
bouleversements,
d’impasses
sociétales,
mais aussi
lieu
d’émergence
de nouvelles
perspectives,
est bien
sûr
chargé
de sens. La
somme de
travaux
publiés
dans la revue
Recherches en
Esthétiques
et dans les
actes des
colloques du
CEREAP (Centre
d’Études
et de
Recherches en
Esthétique
et Arts
Plastiques) se
situe dans un
entre-deux
entre les
productions
artistiques et
les recherches
produites dans
la
caraïbe
francophone
principalement,
et le contexte
actuel de
l’art, de la
critique d’art
et de
l’esthétique.
Cette position
à la
fois
déterritorialisée
et
enracinée
qui se
développe
dans les
travaux du
CEREAP et dans
cette
publication
L’art et la
relation au
lieu en
particulier,
offre de
nombreuses
pistes
permettant de
mieux penser
le
génie
propre
à
chaque lieu.
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suite
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Carlos Fuentes, l’écriture du réel par les
symboles

par
Alain Nicolas
L’écrivain mexicain est décédé mardi. Tout un continent rend
hommage à
l’un des écrivains majeurs de la littérature latino-américaine.
La nouvelle de sa mort annoncée sur Twitter par le président Calderon. Célébré
par celui qui représentait un pouvoir qu’il avait toujours combattu, et en un
message de 140 signes, nul doute que Carlos Fuentes Macias aurait aimé cette
double ironie. Mais il était le plus grand écrivain du Mexique contemporain, et
conscient de l’être, et des responsabilités qui pesaient sur ses épaules. Lors
de son passage à Paris, en 2009, à l’occasion du Salon du livre, il nous
confiait que la voix d’un écrivain jouissant d’une certaine notoriété a plus de
poids dans son pays qu’en France, où cette conception de l’écrivain « engagé, ou
au moins intervenant », a été inventée. Et Carlos Fuentes connaissait bien la
France.
Il y avait occupé, de 1974 à 1977, le poste d’ambassadeur. Une vocation
familiale, puisque sa naissance à Panama est due à la carrière diplomatique de
son père, qu’il suivra de poste en poste au Pérou, au Brésil, en Argentine, au
Chili et aux États-Unis. Il revient au Mexique pour suivre des études de droit,
qu’il complète à Genève, à l’Institut des hautes études internationales du
développement, de 1950 à 1952. Il retrouve très vite cette ville en tant que
membre de la délégation mexicaine à l’Organisation internationale du travail,
qui y siège. Par la suite, il sera responsable du bureau de presse du ministère
des Affaires étrangères mexicain, mais sa carrière diplomatique sera toujours
entravée par ses opinions de gauche, dont il ne fait pas mystère.
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« Chocolat »,
mémoire
du racisme
ordinaire.

Chocolat
et Footit
Par Selim
Lander.
Formule
originale que
la
conférence-spectacle
de
Gérard
Noiriel et
Marcel Mankita
récemment
proposée
par le CMAC.
Gérard
Noiriel,
directeur
d’études
à
l’EHESS,
spécialiste
de l’histoire
sociale,
auteur de
nombreux
ouvrages
portant en
particulier
sur le racisme
et
l’immigration,
s’est
penché
sur le destin
singulier de
Rafael
Padilla,
né
esclave
à Cuba,
qui connut la
gloire
à Paris
à la
fin du XIXe
siècle
sous le nom de
« Chocolat ».
Ecouter
Gérard
Noiriel parler
de Rafael, un
sujet qui le
passionne,
nous apprend
autant sur le
métier
de clown que
sur la
mentalité
des
Français
au tournant du
XXe
siècle.
S’il faut en
croire G.
Noiriel, le
duo
formé
par le Clown
blanc et
l’Auguste fut
inventé
par deux
immigrés,
Footit dont le
nom traduit
l’origine
anglaise et
Chocolat dont
le nom traduit
la couleur de
la peau. Il
semble en
effet qu’il
n’y ait eu que
deux
manières
de nommer un
noir en
France,
à
l’époque
où se
constituait
son empire
colonial :
Bamboula ou
Chocolat !
L’historien a
pu retrouver
un livre
publié
du vivant des
deux clowns,
Les
Mémoires
[apocryphes]
de Footit
et Chocolat,
qui rend
compte
précisément
de leurs
sketchs. Les
expressions du
genre
« sale
nègre »
abondent dans
la bouche de
Footit, lequel
ne compte pas
par ailleurs
les coups
qu’il adresse
à son
partenaire.
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L'expressionnisme,
feu d'artifice
de couleurs

«La
percée
dans la
digue»
de Karl
Schmidt-Rottluff,
1910. (©
Brücke-Museum
Berlin)
Crédits
photo :
BRÜCKE-MUSEUM
BERLIN
Par
Véronique
Prat
Contemporain
du fauvisme en
France,
l'expressionnisme
en Allemagne
est la
première
révolution
artistique du
XXe
siècle.
Plus d'une
centaine
d'oeuvres
flamboyantes
représentatives
de ce
mouvement sont
exposées
au
musée
de Grenoble.
Une
féerie.
En
1889, Van
Gogh, qui est
à
Saint-Rémy-de-Provence,
écrit
à son
frère
Théo:
«Il y a
un champ de
blé
à
côté.
C'est de
l'argent
tantôt
verdi,
tantôt
plus bleu,
bronzé,
blanchissant
sur terrain
jaune, rose,
violacé
ou
orangeâtre
jusqu'à
l'ocre
rouge.»
Vincent
restera
inconnu du
public de son
temps, mais il
aura sur les
autres
artistes une
influence
forte et
durable par la
vitalité
de son oeuvre,
où la
couleur tient
le premier
rôle.
Car à
mesure que
l'atmosphère
fin de
siècle
s'estompe, le
XXe
siècle
naissant prend
conscience de
son besoin de
donner forme
à ces
élans
subjectifs,
cette
liberté
créatrice
qui fut aussi
le combat de
Van Gogh et
qui sera celui
de
l'expressionnisme,
avec sa
révolte
contre le
passé
et son
adhésion
enthousiaste
aux forces
nouvelles.
Sur
le plan de
l'art, la
période
est d'une
richesse
inouïe.
Une multitude
de
révolutions
plastiques
vont se
succéder:
le nabisme, le
fauvisme, le
cubisme,
l'expressionnisme,
le
futurisme...
De grandes
figures
créatrices
surgissent:
Matisse et
Picasso,
Léger,
Braque et
Chagall, Klee
et Kandinsky.
Des
initiatives
géniales
annoncent de
futures
écoles:
dada, le
surréalisme,
le Stijl, le
Bauhaus,
l'abstrait.
Tout cela,
jusque dans le
foisonnement
de ses
contradictions,
va s'imposer
avec force.
Peu
d'époques
auront
été
plus vivantes
que
celle-là,
où tant
de
façons
de
créer
et de
concevoir la
création
auront
été
proposées,
essayées,
pratiquées
et
réussies,
jusqu'au
chef-d'oeuvre.
Ce sont ces
rayonnements
et ces
interférences
au sein du
mouvement
expressionniste
que retrace
l'exposition
du
musée
de Grenoble.
Lire
la suite
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De
mémoire
de bagnes
guyanais

Des photos
saisissantes
des prisons
coloniales en
ruine.
Par NATALIE
LEVISALLES
En 2008,
Jean-Luc de
Laguarigue a
commencé
à
s’intéresser
aux bagnes de
Guyane. Celui
de l’île
du Diable,
où
Dreyfus fut
détenu,
mais aussi
ceux des
îles
Royale et
Saint-Joseph,
et de
Saint-Laurent-du-Maroni.
Il en a
rapporté
des photos
frappantes des
colonies-prisons
et de ce
qu’elles ont
contenu de
vies, de
morts, de
souffrances,
tout cela
rendu à
la forêt
tropicale et
devenu comme
fantomatique.
Dans sa
préface,
il raconte le
choc quand il
débarque,
«l’envie
de passer
rapidement
tout en
voulant
pousser plus
loin»,
«le
ressac de la
vie et de la
mort imbibant
cette
forêt de
pierre et de
bois»
(il y a aussi
un texte de
Patrick
Chamoiseau,
«Traces-mémoires
du
bagne»).
Les
clichés
de Laguarigue
montrent le
quartier
disciplinaire,
prison dans la
prison, et les
graffitis qui
décomptent
le temps.
Parfois, la
pierre ocre ou
rosée
fait croire
à un
bâtiment
ordinaire,
mais il y a
toujours un
détail
qui rappelle
l’architecture
d’enfermement.
On
découvre
une immense
salle à
manger dont ne
restent que
les murs et la
structure
métallique
du toit, ou
les cellules
du quartier
dit
«spécial»,
celui des
condamnés
à mort.
A Saut-Tigre,
on voit le
fleuve, et des
vestiges de
bâtiments,
c’est le bagne
des Annamites,
qui a
fonctionné
jusqu’en 1945.
Au camp de la
Transportation,
une marque de
poêle
sur un mur
bleu
délavé
: on est dans
une cuisine
située
face à
la guillotine.
Il y a aussi
des
rangées
de cases qui
ne peuvent
qu’évoquer
celles des
esclaves qu’on
voit encore
à la
Martinique,
dont
Laguarigue est
originaire.
Les histoires
sont
différentes
mais, ici
comme
là-bas,
il y a eu la
déportation,
la bataille
contre la
forêt
tropicale, le
travail
forcé.
Tout semble
à la
fois
très
proche et
très
loin, atroce
et familier.
Au bagne, les
gens avaient
des vies, des
amours. On
voit les
petites tombes
du
cimetière
des enfants
des gardiens
à
l’île
Royale.

Libé
Livres 4 mai
2012 à
19:07
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Europe :
l'austérité n'est pas la solution

Par Joseph E. Stiglitz,
NEW-YORK – La conférence annuelle du FMI a mis en évidence cette année l'absence
de direction claire de l'Europe et de la communauté internationale en terme de
politique économique. Les responsables financiers, des ministres des Finances
aux dirigeants des établissements financiers privés, répètent le mantra à la
mode : "Les pays en crise doivent mettre de l'ordre chez eux, réduire leur
déficit, diminuer leur dette publique, entreprendre des réformes structurelles,
stimuler la croissance et restaurer ainsi la confiance".
Il est cocasse d'entendre pontifier ainsi ceux qui ont conduit le système
financier mondial au bord du gouffre, qu'il s'agisse de gouverneurs des banques
centrales, de ministres des Finances ou de responsables des banques privées.
Pire encore, ils n'expliquent pas comment résoudre la quadrature du cercle.
Comment restaurer la confiance alors la crise se transforme en récession dans
nombre de pays ? Comment restaurer la croissance alors que l'austérité va très
probablement se traduire par une baisse supplémentaire de la demande agrégée, ce
qui entraînera une diminution de la production et une hausse du chômage ?
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ATTENTION
DATE LIMITE
D'ENVOI DES
DOSSIERS 31
MAI 2012
APPEL
A PROJET
RÉSIDENCE
D’ÉCRITURE
AU
QUÉBEC
Ecriture
Théâtrale
Contemporaine
en
Caraîbe
en partenariat
avec le CEAD
et l'Institut
Canadien de
Québec
Propose pour
la 5ème
année
une
résidence
d'écriture
du 2 au 30
septembre 2012
au
Québec
Cette
résidence
est ouverte
aux auteurs
dramatiques de
la
Caraïbe
et Guyane ou
diaspora,
ayant un
projet
d'écriture
théâtrale
et pouvant
s'exprimer en
langue
française.
Objectifs du
programme
Cette
résidence
croisée
s’inscrit dans
le cadre d’une
coopération
initiée
par
ETC_Caraïbe
et le Centre
des auteurs
dramatiques
(CEAD), avec
la
collaboration
de L’Institut
Canadien de
Québec,
en vue de
développer
les
initiatives
permettant le
rayonnement
des auteurs
dramatiques
entre le
Québec
et la
Caraïbe.
Pour les
auteurs
choisis, la
résidence
permet
d’amorcer ou
de poursuivre
un projet
d’écriture
théâtrale,
d’élargir
leur
réseau
de contacts
professionnels,
de rencontrer
des publics
pour faire
connaître
le
théâtre
québécois
et
caribéen,
d’avoir
accès
à des
productions
théâtrales
diversifiées.
Le transport,
la bourse et
le
séjour
· La
résidence
d'écriture
s'effectuera
à
MONTREAL du 2
au 30
septembre 2012
· Les
lauréats
de la
Caraïbe
bénéficient
d’une bourse
équivalente
à 300 $
can. par
semaine
octroyée
par L’Institut
Canadien de
Québec
ou le CEAD. .
Cette bourse
permet aux
auteurs de
s’acquitter
des
dépenses
suivantes :
assurances
personnelles,
frais de
subsistance,
déplacements
personnels et
frais de
réalisation
du projet.
·
L’hébergement
et le
dispositif
d’accueil sont
fournis
gratuitement
par les
organismes
hôtes.
· Les
frais de
déplacement
international
des auteurs de
la
Caraïbe
sont
assumés
par
ETC_Caraïbe.
Les auteurs
participant
s'engagent
à:
Ø
être
disponible
pour une
période
d’un mois aux
dates
annoncées
dans l'appel
Ø
accepter de
participer
à un
programme
d’activités
lors de leur
séjour
Ø
pouvoir
communiquer en
français.
0 être
membre d'Etc
caraibe (ou le
devenir) et
être
à jour
de ses
cotisations
Les
critères
d’évaluation
des dossiers
de
candidatures
suivants sont
retenus :
Ø
qualité
de
l’écriture;
Ø
intérêt
du projet
d’écriture
en regard de
la
démarche
de l’auteur et
des
possibilités
d’activités
culturelles
et/ou de
rencontres
professionnelles;
Ø
qualité
du dossier de
candidature.
Le dossier du
candidat doit
inclure les
éléments
suivants :
Ø le
formulaire
d’inscription
dûment
signé
par le
candidat;
Ø le
curriculum
vitae du
candidat
(maximum 5
pages);
Ø la
présentation
du projet;
Ø un
dossier de
presse s’il y
a lieu;
Ø le
texte complet
de sa
dernière
œuvre
Les
candidatures
motivées,
le projet et
pièces
complémentaires
ainsi que le
formulaire
ci-joint
complété
doivent
être
adressés
à
etc_caraibe@hotmail.com
Les candidats
s'engagent
à
détenir
un passeport
en cours de
validité
et à
tout mettre en
oeuvre pour
obtenir un
éventuel
visa.
Pour tout
renseignements
complémentaires,
vous pouvez
vous adresser
à
Danielle VENDE
0690 493681 ou
à
etc_caraibe@hotmail.com
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Le
festival
de rue lezard
ti show,
gratuit, Trinité
place
du jet d'eau
de 9 h
à 21 h
.le 20
mai
Nombreux
spectacles et
activités
:
Programmation
2012
Équilibriste
sur chaise
avec
Marie-thé-
“Les
Comédiens”
de Tartane :
association de
théâtre-
Tour de magie
avec Luc le
Magicien-
Atelier graph
sur banderole
avec le
Graffeur :
Sebastien
Dométille
Les artistes
et spectacles
de
l'association
An ti sik-
La cigale et
la fourmis-
Les korrigans-
Les clowns
Pipo et Molo
- L'histoire
du Chapeau-
Danse hip-hop
avec David-
Contes
musicaux pour
enfants avec
Pidou-
Spectacle de
conte
jonglé
le
zébre
et le feu avec
l'association
Pou Nou Sa
Jonglé-
Contes
dessinés
« le
voyage de M.
Six »
par Yaya-
« les
fables de La
Fontaine
revisitées
» par
l'association
pou nou Sa
Jonglé-
La «
marionnette
» par
l'association
pou Nou Sa
Jonglé-
Démonstration
de Tai Chi par
l'association
Tai Chi de
Sainte Marie
dès 19
h :
- Les ombres
chinoises :
« prince
et princesse
» et
« le
petit
garçon
»-
Spectacles
lumineux par
l'association
Antisik-
«
lézard
en
flammé
» par
l'association
Antisik et Pou
nou sa
Jonglé
Et toute la
journée
des artisans
dans l'espace
«
Lézard
ti zans
»
présenteront
leursavoir
faire (
chapeau
colliers, cerf
volant
…Ateliers
enfants toute
la
journée
( jeux,
bricolage
….)Restauration
possible sur
place ( repas
végétariens,
pâtisseries
créoles
… )
Catherine
BONNIER
"Si vous
pensez que
vous
êtes
trop petit
pour changer
quoi que se
soit, essayez
de dormir avec
un moustique
dans votre
chambre"
Vieux proverbe
africain
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Télécharger
le
programme
2011-2011
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Fort-deFrance

Le
Mardi soir
à 19 h
30 Chez
Lina's, 27 Rue
Victor Hugo
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Sur la Place Bertin de Saint-Pierre
MARDI 22 MAI,
de 9h à 22 h :
Village d'artisans, scènes de vie du Saint-Pierre
d'avant-volcan, théâtre, paroles, podiums musicaux,
show laser et feu d'artiices... et mille surprises !
Vous pourrez aussi dialoguer en
direct avec toute l'équipe du Grand Saint-Pierre !
ENTREE LIBRE
Venez nombreux et en-ceatera !
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INSCRIPTION
ET
DESINSCRIPTIONN
DANS
L'EN-TÊTE
du
MESSAGE
<mailto:liste_[...]-subscribe@madinin-art.net>
<mailto:liste_[...]-unsubscribe@madinin-art.net>
Remplacer
[...] par le
numéro
de la liste
d'envoi
ex :
<mailto:liste_7-subscribe@madinin-art.net>
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Du brillant « Holy Motors »
au besogneux « Sur la route »

Leos Carax signe magnifiquement son retour sur la Croisette
Par Guillaume Loison 23 mai 2012
19 h 30 : l’heure rêvée pour découvrir « Holy motors » de Carax – papiers
envoyés, conscience soulagée, manque de sommeil enfoui sous la caféine. « Holy
motors » donc, cinquième film du poète maudit, premier depuis « Pola X » en 1999
: salle bondée, applaudissements devant la typo godardienne qui se fixe sur
l’écran. Ouverture splendide, déjà, qui promet un chef d’œuvre en puissance.
Carax commence par un contre champ : un public de cinéma qui nous regarde dans
la pénombre. Puis le montage traverse le miroir : Carax sort d’un lit en pyjama,
lunette et clope au bec, la caméra panote sur la chambre capte une myriade de
lumières dans la nuit, resserre sur un mur. Motif du papier peint : boisé, une
forêt de conte de fée, à la Cocteau. Carax y fixe une serrure, pousse. Bois qui
craque, mur transpercé. Carax s’engouffre dans la brèche qui le mène dans la
salle de cinéma derrière le public. Des créatures fantastiques remontent les
allées vers l’écran. « Holy motors » n’a pas vraiment commencé mais ce prologue
sublime réveille une nostalgie en forme de certitude poétique. Oui, Carax nous
avait manqué comme il avait manqué au cinéma. Tout remonte : sa puissance
lyrique, la manière dont la caméra malaxe le réel, sa mégalomanie buissonnière -
forcer le passage, mieux en créer un, littéralement. Plus qu’une image, voire
même une séquence. Ce cinéma-là ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même.
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suite |
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"La Chasse" : la cabale
au fond des bois

Mads Mikkelsen
Par Jean-Luc Wachthausen, Olivier Delcroix
Thomas Vinterberg retrace la descente aux enfers d'un homme victime d'un
mensonge. Saisissant.
La rumeur, ce mensonge qui enfle, se nourrit de la suspicion, cette «fumée du
bruit», disait Victor Hugo. Dans son nouveau film, La Chasse, le réalisateur
danois Thomas Vinterberg (43 ans) la débusque, la soupèse et observe froidement
ses ravages dans les cœurs et les esprits. Avec elle, tout devient irrationnel,
incontrôlable. L'enfer c'est les autres, le doute s'installe dans leur regard.
Il suffit d'un mot, d'un geste pour basculer dans une spirale cauchemardesque.
Comme la neige qui tombe, elle recouvre tout, lentement, sournoisement.
Cette rumeur s'installe dans une petite ville de province, au milieu des lacs et
des forêts. Tout y est paisible, bucolique, à la veille des fêtes de Noël. Un
beau matin, elle va s'abattre sur Lucas, quadragénaire tranquille qui essaie de
reconstruire sa vie après son divorce et de renouer avec son fils Marcus. Il
partage sa vie avec une nouvelle femme et travaille dans une maternelle où les
enfants l'aiment bien. Particulièrement une petite fille blonde, celle de ses
meilleurs amis. Elle semble solitaire et a beaucoup d'imagination. Jusqu'à là,
tout va bien.
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"De rouille et d'os" :
Jacques Audiard, Sa Majesté des orques

Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard dans le film français de
Jacques Audiard, "De rouille et d'os".
Hypothèse amusante, doublée d'un petit problème de pataphysique : à quoi
ressemblerait Intouchables si Jacques Audiard le réalisait ? La réponse est
donnée jeudi 17 mai dans les salles françaises et au Festival de Cannes, où le
film est en compétition : il ressemblerait à De rouille et d'os. La plaisanterie
s'enlève sur la rouille de la fable : une romance entre une handicapée d'honnête
condition et une armoire à glace échappée du quart-monde, l'alliance magnifiée
de deux faiblesses contre l'injustice et la cruauté du monde.
C'est à l'os qu'on sent la différence : de genre (mélo noir plutôt que conte
comique) ; de tonalité (lyrisme plutôt que poilade) ; et de style (virtuosité
musclée contre facture concertante). L'action - inspirée d'un recueil de
nouvelles de l'écrivain canadien anglophone Craig Davidson - commence dans le
Nord, emmenant un colosse (Matthias Schoenaerts) et un garçonnet aux abois vers
la Côte d'Azur.
D'où ce père brutal et embarrassé tient-il ce fils, et que fuient-ils au juste?
On ne le saura jamais. Ce qui est sûr, c'est qu'ils s'installent dans la maison
déglinguée de la sœur du héros (Corinne Masiero), une caissière de supermarché
qui compagnonne avec un chauffeur de poids lourd. Accueil ému, après une longue
séparation, mais néanmoins suspicieux. Elle connaît son frère.
Ivresse du combat clandestin
Et elle a raison. Ali lui abandonne le petit le plus clair du temps, pour courir
la gueuse et embrasser des carrières que sa morphologie autorise. Videur de
boîte de nuit, puis vigile dans un supermarché, il finit par goûter à l'ivresse
du combat clandestin, plus propice à la montée de l'adrénaline et au bouclage de
fin de mois.
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"Paradis : Amour" ("Paradies
: Liebe") : Ulrich Seidl, post coïtum animal triste

Une scène du film autrichien d'Ulrich Seidl, "Paradies : Liebe"
("Paradis : Amour")
Par Jacques Mandelbaum
Pourquoi l'art autrichien, du moins dans ses manifestations les plus
significatives, entretient-il de si longue date une telle fascination pour
l'abjection ?
Pourquoi les manifestations de la vie - et plus particulièrement de la sexualité
- y semblent-elles à ce point entachées par l'obsession de la mort ? Pourquoi
cette culture, en cela unique au monde, produit-elle des antagonistes aussi
extrêmes que Wolfgang Amadeus Mozart et Adolf Hitler, ou, à une autre échelle,
Romy Schneider et Arnold Schwarzenegger ?
Pourquoi ses plus grands artistes contemporains, tels les écrivains Thomas
Bernhard ou Elfriede Jelinek, vouent-ils une haine aussi recuite à la mère
patrie ?
En toute justice, il appartiendrait à quelqu'un de plus compétent qu'un critique
de cinéma français - mettons un médecin viennois aussi autorisé que Sigmund
Freud - de se prononcer sur la question.
En attendant, voici les dernières nouvelles du cinéma autrichien en direct live
de la Croisette. Elles ne couperont pas court, c'est à craindre, aux abominables
idées générales qu'on vient d'énumérer.
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"Au-delà des
collines": qu'est-ce que Mungiu nous pousse à exorciser ?

Cristian Mungiu entouré de ses deux actrices, Cristina Flutur et
Cosmina Stratan, qui interprètent deux amies d'enfance.
Par Jacques Mandelbaum
A Cannes, plus qu'ailleurs, on sent que la frontière qui sépare l'adhésion du
rejet tient parfois à un cheveu. Ce sentiment, qui ouvre une brèche inquiétante
dans l'assurance qu'on croit avoir de son propre goût, fait du Festival, contre
toute attente, une expérience philosophique.
Vendredi 18 mai était dévoilé en projection de presse le troisième long-métrage
du Roumain Cristian Mungiu, Au-delà des collines. Une entrée très attendue,
puisque son auteur fut le récipiendaire de la Palme d'or, en 2007, avec 4 mois,
3 semaines, 2 jours, chronique émancipatrice d'un avortement clandestin sous
l'ère Ceaucescu.
Cosmina Stratan et Cristina Flutur dans le film roumain de Cristian Mungiu,
"Au-delà des collines" ("Dupã Dealuri").
Suivent 2 h 30 d'un film consacré à la relation élective entre deux jeunes
femmes enfermées entre les murs d'un monastère. Premiers signes d'éreintement
après deux pleines journées cannoises ? Défaut de sensibilité au sujet ? L'ennui
frôle en tout cas votre serviteur de son aile grise, en dépit de l'admiration
pour la beauté du film. Un de ces ennuis vertueux qui doute un peu de lui-même.
Sur le chemin du retour, quelques rencontres professionnelles soufflent le chaud
et le froid. Une nuit passe. Au matin, ce constat stupéfait : le film, par un
travail dont on ignore à peu près tout, est revenu vous chercher. Incrustant ses
images, imposant ses personnages, déployant sa richesse.
Lire la suite |
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"Viva
Riva !" : feux
croisés
dans Kinshasa
convulsée

Photo extraite
du film
congolais
"Viva Riva !"
de Djo Tunda
Wa
par Thomas
Sotinel
Le montage qui
ouvre Viva
Riva ! met en
scène
la vedette
omniprésente
de ce film
noir et brutal
: une ville au
bord du
précipice,
agitée
de
perpétuels
soubresauts.
Ces jours-ci,
elle est
convulsée
par une
pénurie
d'essence qui
désespère
aussi bien les
chauffeurs de
taxi que les
propriétaires
de voiture
allemande. On
voit les
queues devant
les
stations-service,
le
marché
noir où
on aspire le
carburant dans
sa bouche pour
vérifier
qu'il n'est
pas
coupé
d'eau, les
embouteillages
parfaitement
immobiles (pas
d'essence,
vous dit-on)
entre les
vestiges de
l'architecture
coloniale et
la
prolifération
des
bâtiments
plus ou moins
précaires.
Djo Tunda wa
Munga, le
réalisateur
de Viva Riva
!, investit ce
paysage
mouvant, non
pour en tirer
de grandes
conclusions
politiques ou
sociales, mais
pour en faire
un champ de
bataille. Dans
Kinshasa
l'assoiffée
débarque
Riva, petit
voyou parti
depuis des
années
pour l'Angola.
Il en revient
en traversant
le Pool sur
une barge
chargée
de fûts
d'essence
qu'il a
subtilisés
à son
employeur, un
élégant
truand
angolais
nommé
César.
L'essence (qui
se
négocie
autour de 7
dollars le
litre - et le
film a
été
tourné
il y a plus de
deux ans) peut
apporter la
richesse
à Riva,
fils honni
d'un
honnête
fonctionnaire
ruiné
par la
déchéance
de son pays
depuis les
pillages de
1991. Mais
l'essence est
inflammable,
et sa seule
présence
dans les rues
de Kinshasa va
suffire
à
mettre en
mouvement des
forces
vouées
à
l'affrontement.
Lire la suite
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7ème Rencontres Cinémas de
Martinique
En hommage au septième art, la 7ème édition des
Rencontres Cinémas de Martinique vous propose une invitation au voyage :
Shanghai avec le film “I wish I Knew”, le Havre avec Aki Kaurismaïki, la
Jamaïque dans les ghettos de Kingston, la Côte d’Ivoire ; l’inoubliable polar,
“La Soif du Mal” film mythique d’Orson Welles, auquel s’ajoute une révélation du
Festival de Cannes 2011 : “Take Shelter” et “Teza”, histoire dramatiquement liée
à la sanglante dictature en Ethiopie ; des invités, Stéphanie et Steve James de
Guadeloupe avec “Fan Do Brasil”, Fabien Gaffez et Bruce Paddington pour animer
les tables rondes ; des partenariats hors les murs avec le domaine de
Fonds Saint-Jacques, l’Atlas des Anses d’Arlets, Madiana, Ekoclap et Martinique
1ère ; des courts métrages, et pour soutenir les artistes de demain, pour la
première fois, une séance réservée aux réalisations des jeunes de Martinique et
de Guadeloupe, à qui s’adresse cette affirmation de Théo Angelopoulos : “On
devient cinéaste quand on croise son propre regard avec le regard des autres”.
L’équipe du CMAC
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Télécharger le
programme |
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Les
"borderlines",
ces
écorchés
vifs

Le
portrait de
Marilyn
Monroe, pris
en 1957
à New
York a
été
adjugé
169 000 euros.
(Photo:
Copyright 1957
The Richard
Avedon
Foundation)
Par Christine
Angiolini
New
York, 1955.
Une femme
à
l'aube de la
trentaine
écrit
une lettre
à l'un
de ses amis
sur le papier
à
en-tête
d'un grand
hôtel :
"En tant que
'borderline',
je ne peux
m'intéresser
qu'à un
autre
'borderline'."
Ces mots ont
été
griffonnés
par la blonde
la plus
célèbre
de la
planète.
Dans Fragments
(Seuil, 2010),
Marilyn Monroe
dévoile
ses doutes, sa
fragilité
au travers de
lettres, de
poèmes,
de notes...
Borderline, la
blonde
mi-femme-enfant,
mi-femme
fatale, adepte
de la
psychanalyse ?
"On pourrait
l'imaginer,
répond
Jean-Michel
Fourcade,
docteur en
psychologie,
psychanalyste
et auteur des
Personnalités
limites
(Eyrolles,
2011). On note
chez elle une
instabilité
émotionnelle
avec de fortes
angoisses
d'abandon et
des moments
où elle
disjoncte. De
plus, elle est
dépressive,
très
accro aux
médicaments
et multiplie
les tentatives
de suicide."
Le terme
"borderline"
signifie
"limite", ou
"près
du bord". Et
il ne date pas
d'hier... A la
fin du XIXe
siècle,
il
apparaît
sous la plume
de Charles
Hamilton
Hughes
(1839-1916),
un psychiatre
américain
qui
désigne
ainsi la
survenue de
symptômes
physiques au
cours de
troubles
psychiatriques.
De leur
côté,
les
psychanalystes,
dès les
années
1930, y voient
plutôt
une structure
psychique
particulière,
entre
névrose
et psychose.
Lire
la suite
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Dékré
labolisyon
lesklavaj 27
avril 1848

An
tradiksyon
Kréyol
Rodolf Etienne
Edition
bilingue
suivie du
"Rapport de la
commission
pour
préparer
l'abolition
immédiate
de
l'esclavage"
Genre
littéraire
Document
historique
Fiche
technique
ISBN :
978-2-9536710-4-9
Format du
livre 13 cm x
21 cm
Nombre de
pages 102
Prix : 14,00 €
Date de
sortie : 15
mai 2012
L’ouvrage
Les
décrets
d’abolition de
l’esclavage de
1848 ont fait
l’objet de peu
d’études
critiques et
ont rarement
été
édité
in extenso.
Cette
traduction
créole
est une
première
de la
littérature
créole
et souhaite
populariser un
document
historique
fondamental
pour
l’étude
et la
compréhension
de l’histoire
nationale et
régionale.
Publié
en annexe du
document, le
Rapport par la
commission
pour
préparer
l’abolition
immédiate
de
l’esclavage,
en version
unilingue
français,
nous plonge au
cœur des
préoccupations
du mouvement
abolitionniste
républicain.
Victor
Schoelcher,
franc-maçon,
est
président
de cette
commission
chargé
par
François
Arago, alors
ministre de la
marine et des
colonies, de
préparer
l’abolition de
l’esclavage
dans les plus
brefs
délais.
Mis en
parallèle,
ces textes et
leur
traduction
créole
ouvrent de
nouvelles
perspectives
d’analyse et
de perception
de cette
époque
de grands
bouleversements
et de
changements
radicaux dans
les «
colonies et
possessions
françaises
».
Lire la
suite
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N°11:
Entretien avec
Jean
Métellus
Ce
qui
empêche
Haïti
de
démarrer?

Jean
Durosier
DESRIVIERES
L’écrivain
et
médecin
haïtien,
Jean
Métellus,
était
de passage
à la
Martinique, en
avril 2004, en
même
temps que
Christophe
Wargny
Logés
tous les deux
au Squash
Hôtel
à
Fort-de-France,
j’y ai
rencontré
le premier
«au
pipirite
chantant»,
aux
premières
lueurs de la
journée
du 28 avril.
Son regard
étincelant
et sa vigueur
remarquable
n’ont
d’égal
que sa rage
retenue
vis-à-vis
des forfaits
de l’occident
et le plaisir
indéfinissable
de parler d’un
pays
rongé,
dont il est
encore fier.
Il n’en
démord
pas: le blanc
– à
entendre les
puissances
étrangères,
dans la bouche
d’un
haïtien –
est à
ses yeux le
principal
responsable du
malheur
d’Haïti.
Quant aux
idées
de la
«créolité»,
elles sont
loin des
réponses
à ses
préoccupations.
Jean-Durosier
Desrivières: Le 18 mai marque la date de la
création
(en 1803) du
drapeau
haïtien
(bleu et
rouge),
symbole de
l’union des
noirs et des
mulâtres
devant
constituer la
nation
haïtienne.
Que vous
inspire cette
date en 2004?
Jean
Métellus:
C’est une date
qu’il faut
saluer, qu’il
faut
commémorer.
C’est un
événement
qu’il importe
de
célébrer.
Et il ne
suffit pas de
penser que
c’est
seulement
l’union entre
les blancs et
les
mulâtres
– le drapeau
symbolise
l’union,
certes – mais
c’est aussi le
signe qu’il y
avait quelque
chose
d’intermédiaire
entre le noir
et le
mulâtre
qui a
été
enlevé
définitivement.
C’est-à-dire
que les noirs
et les
mulâtres
doivent se
mettre
vraiment
ensemble et
oublier la
présence
du blanc qui
est toujours
là. Il
est à
l’extérieur,
il nous
regarde et il
veut encore
semer la
zizanie entre
nous.
Plusieurs
événements
montrent que
le blanc n’a
pas fini de
regretter ce
qui s’est
passé
en Haïti
en 1803. Et ce
qui donne
raison
à
l’abbé
Grégoire
qui avait
écrit
merveilleusement
que
«Haïti
est un phare
élevé
dans les
bassins des
Caraïbes,
vers lequel
les
maîtres
et les
esclaves se
tournent, les
uns en
rugissant, les
autres en
soupirant.»
Donc, il faut
penser que des
anciens
maîtres
continuent
à rugir
de
colère
et les autres
pays
nègres
du monde
soupirent en
voyant
Haïti.
Mais il y a
beaucoup de
choses
auxquelles il
faut faire
attention, car
le
maître
est à
l’extérieur
et il peut
encore faire
du mal.
Lire
la suite
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Alain Oncin :
un militant
d'exception
est mort

AN NOU
ALLÉ et
la
fédération
TOTAL RESPECT
|
TJENBÉ
RÈD
(qui rassemble
dix
organisations
de lutte
contre les
racismes, les
homophobies
& le sida)
ont la douleur
d’annoncer la
mort choquante
d’Alain
Oncins,
cofondateur
d’AN NOU
ALLÉ.
Depuis huit
ans, ce
Bordelais
d’origine
luttait contre
les
homophobies et
le sida en
Martinique,
son île
d’adoption,
où il
avait deux
enfants.
AN NOU
ALLÉ et
TOTAL RESPECT
|
TJENBÉ
RÈD
rendent
hommage
à
l’humanité
et au courage
d’Alain Oncins
: d’un
caractère
entier, il
s’était
investi dans
ces combats,
qu’il avait su
incarner et
faire
progresser
auprès
de l’opinion
publique
martiniquaise.
Nous
étions
en contact
régulier
avec lui :
alors qu’il ne
faisait
état
d’aucune
menace pesant
sur sa vie ou
sa
sécurité,
il a
été
découvert
égorgé
à son
domicile,
dimanche
matin. Nous
veillerons
à ce
que l’ensemble
des pistes
d’investigation
possibles
soient
explorées
par la police
et la justice,
notamment la
piste
homophobe qui
ne peut
à ce
jour
être ni
établie,
ni exclue.
AN NOU
ALLÉ et
TOTAL RESPECT
|
TJENBÉ
RÈD
saluent la
mémoire
d’Alain Oncins
et expriment,
en ces
circonstances
tragiques,
leur profonde
compassion
à son
compagnon,
à sa
famille et
à ses
proches. Alain
Oncins laisse
un grand vide
: nous
formulons le
voeu que le
combat qu’il
menait soit
poursuivi en
faisant vivre,
en Martinique,
les valeurs
d’humanisme et
de
solidarité.
_
Contacts :
Louis-Georges
Tin,
président
d’An Nou
Allé
tinluigi@aol.com
06 19 45 45 52
Willy Medhi
Mélinard,
vice-président
régional
de
Tjenbé
Rèd
Prévention
en
Martinique-Guadeloupe
martinique@tjenbered.fr
David Auerbach
Chiffrin,
président
de Total
Respect |
Tjenbé
Rèd,
secrétaire
général
d’An Nou
Allé
federation@tjenbered.fr
06 96 32 56 70
| 06 10 55 63
60
AN
NOU
ALLÉ /
FÉDÉRATION
TOTAL RESPECT
|
TJENBÉ
RÈD
Communiqué
de presse
n°TRF2012-01G
Rivière-Salée
/
Rivière-Pilote,
mercredi 16
mai 2012
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Donna Summer,
belle à
facettes

La disco
queen,
interprète
de «Love
to Love You
Baby» et
de «Hot
Stuff»,
est morte
jeudi,
à
l’âge de
63 ans.
Une
légère
confusion a
régné
hier, en fin
d’après-midi,
à
l’annonce du
décès
de Donna
Summer.
Spontanément,
on a entendu
untel se
mettre
à
fredonner le
cruellement
antinomique I
Will Survive,
tandis que
telle autre
mentionnait au
débotté
Upside Down.
Pourtant, bien
que partageant
avec ses
ex-consœurs
les traits
caractéristiques
d’avoir
été
une chanteuse
noire
américaine
immensément
populaire dans
les
années
70, Donna
Summer
n’était
ni Gloria
Gaynor -
l’interprète
de l’hymne des
Bleus
triomphants de
1998
(même
l’AFP se
plantait dans
une
première
dépêche,
en attribuant
à la
défunte
la scie
désormais
beuglée
dans tous les
stades) - ni
Diana Ross, la
voix des
légendaires
Supremes qui
avait ensuite
su si bien
voguer en
solo. Non,
Donna Summer
était
juste une des
figures les
plus
éminentes
du mouvement
disco, dont
l’honnêteté
liminaire nous
doit ici de
préciser
qu’il
abîma
pas mal de
tympans, avant
de
bénéficier
d’un revival
nostalgique
jamais
totalement
éteint
depuis.
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Un
poème
de Philippe
PILOTIN en
hommage au
journal "Le
P'tit Makrel"
Le
P'tit Makrel
Je suis un
magazine
universel
Qui n’est
point
intemporel.
Je ne suis ni
masculin ni
féminin
Et ce n'est
pas une
fantaisie du
destin.
Ma devise
n'est pas
celle des
trois singes
Car je ne
cache rien
sous mes
linges.
Je vois tout,
j’entends
tout, je dis
tout
Et pardessus
tout, je suis
partout.
Je suis plus
subtil que le
7 août
(sept ou)
Car d’avance,
moi, je sais
tout
Et tout en
étant
exempt de
reproches,
Je suis
à
l'aise dans
une poche.
Pratique et
aussi plaisant
à lire,
Je comble sans
craintes vos
loisirs.
Tout en
étant,
média
inédit,
Je suis le
guide parfait
de vos
sorties.
Pour me
trouver en
surfant sur la
toile,
Pas besoin de
hisser la
grande voile.
Lors d’un
« P’tit
makrélage
»
Cliquez
simplement sur
mes pages.
Ne cherchez
pas qui je
suis,
Je suis
simplement ce
que je suis,
Je suis un
complice
bourré
de zèle
Et qui
répond
toujours
présent
à
l'appel.
Je ne cherche
pas non plus
de
compliments,
Je veux juste
être de
vos sorties,
le piment
Et pour vos
confidences,
le
modèle.
Je suis
« le
P'tit Makrel
»
Philippe
PILOTIN
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« Coulisses » :
Vive le
« nouveau
cirque » !

Par Selim
Lander.
Des
hommes nus. Le
premier est
accroupi dans
un coin de la
scène.
Un autre
apparaît,
couché
sur le sol,
côté
cour,
bientôt
suivi d’un
troisième.
Ils
progressent en
une
étonnante
reptation,
s’aidant
seulement des
pieds et des
épaules.
Ils finissent
par s’orienter
face à
la salle. Une
pomme roule
vers eux
qu’ils vont se
partager,
toujours sans
les mains,
à coups
de dents. Si
l’un a
ingurgité
un trop gros
morceau, il en
recrache une
partie qui
sera
récupérée
par son
partenaire.
Les
spectateurs
sont
médusés.
C’est
drôle.
On rit, on
applaudit. La
suite sera
moins
dévêtue
mais tout
aussi
drôle.
Le
succès
de ce
spectacle –
à notre
avis le clou
de la saison
2011-2012 du
CMAC – repose
en effet
autant sur son
humour qui ne
se
relâche
jamais que sur
sa constante
inventivité.
Certes le
programme nous
avait
prévenus :
il valait
mieux laisser
au vestiaire
les souvenirs
des cirques de
notre enfance.
De fait, pas
de clowns,
ici, ni de
trapézistes,
ni de
dompteurs. Coulisses
présente
une
épure
du cirque. Les
cinq
garçons
qui composent
la troupe
« Sacékripa »,
produits de
l’école
du cirque de
Toulouse,
s’inscrivent
en effet dans
une
esthétique
nouvelle, en
rupture par
rapport aux
numéros
traditionnels.
L’essentiel
n’est plus de
démontrer
sa
virtuosité
(pourtant bien
là)
mais de faire
rêver en
racontant de
petites
histoires sans
parole. Nul
besoin de
mots, en
effet, quand
on sait faire
parler une
balle ou une
soupière.
L’éloquence
peut
être
muette :
on peut faire
du
théâtre
avec des
mimiques et
des gestes.
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« Le Prénom » en
ouverture du
festival de
théâtre
amateur.

Par
Selim Lander.
Ouverture
du festival
avec une
pièce, « Le
Prénom », qui a connu un grand succès sur
le boulevard
à Paris
et qui a fait
récemment
l’objet d’un
film avec
Patrick Bruel
dans le
rôle
principal. Son
personnage,
Vincent, adore
faire marcher
ses amis, par
exemple en
prétendant
qu’il donnera
à son
premier fils
le
prénom
d’Adolphe, en
hommage
à
Benjamin
Constant. Son
beau-frère,
Pierre, tout
comme son ami
Claude se
récrient :
personne ne
songera au
héros
de Constant,
argumentent-ils,
on n’aura en
tête que
le tyran qui a
écrasé
l’Europe sous
la botte
nazie. Ainsi
commence une
pièce
qui
s’éloignera
bientôt
de ce sujet
pour en
aborder
d’autres, en
particulier la
vie
privée
de Claude,
lequel est
surnommé
« prune »
(comme la
« reine-claude » !)
par ses amis,
parce qu’ils
lui trouvent
un air
plutôt
efféminé
(son
rôle a
d’ailleurs
été
judicieusement
confié
à une
comédienne).
Pendant toute
la
pièce,
les cinq
personnages,
qui demeurent
pourtant
attachés
par les liens
de la famille
ou d’une
longue
amitié,
ne cesseront
de se
disputer, sans
perdre leur
sens de
l’humour sauf
lorsqu’une
vérité
les atteint au
cœur
(puisqu’il n’y
a que la
vérité
qui blesse).
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Courtes Lignes
présente
« Spéciale
dernière » (« Front
Page »).

Par
Selim Lander.
Fidèle
à une
tradition que
les
Martiniquais
espèrent
bien
établie,
la compagnie
guadeloupéenne
Courte Lignes
établit
ses
pénates
au
Théâtre
de
Fort-de-France
à
l’occasion du
festival
amateur.
Fidèle,
ici encore,
à ses
habitudes,
Courtes Lignes
se
présente
avec une
pièce
de boulevard,
cette
année
une
comédie
américaine
qui se
déroule
à
Chicago
à la
fin des
années
30. Flics et
politiciens
véreux,
journalistes
prêts
à tout
pour obtenir
une
exclusivité,
tout semble
réuni a
priori pour
monter une
intrigue aussi
sulfureuse que
passionnante.
Au
départ,
cinq
journalistes
sont
réunis
dans la salle
de presse de
la prison
tandis que
dans la cour,
en contrebas,
on monte
l’échafaud
où doit
être
pendue, au
petit matin,
une certaine
Victoria
Sanchez
condamnée
pour le
meurtre d’un
policier.
L’action se
déroulera
entièrement
dans la salle
de presse
soigneusement
reconstituée.
Il faut
féliciter
une nouvelle
fois Courtes
Lignes pour
son souci de
réalisme,
qui se
manifeste
aussi bien au
niveau du
décor
que des
costumes. Bien
sûr nous
restons au
théâtre,
la
réalité
ne sera jamais
que
stylisée,
mais la
volonté
affichée
de ne pas
tricher avec
l’environnement
dans lequel se
situe l’action
demeure l’un
des charmes du
théâtre
bourgeois
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la suite.
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Les dates connues
du CMAC

Ce programme peut être
soumis à des modifications


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Les dates de parution de la Lettre de
Madinin'Art sont désormais
le 10, le 20 et le 30 de chaque mois.
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