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Les Chimères de Sébastien JEAN

par Scarlett JESUS.

 « Au clair de la lune, près de la mer, dans les endroits isolés de la campagne, l’on voit, plongé dans d’amères réflexions, toutes les choses revêtir des formes jaunes, indécises, fantastiques ».

LAUTREAMONT, Les Chants de Maldoror,

 

 Peintre et sculpteur, Sébastien JEAN est un jeune artiste haïtien audacieux qui cultive ses chimères. Sans se soucier véritablement de plaire. Adepte d’un art contemporain dérangeant, il a fait le choix de rendre compte de la réalité telle qu’il la perçoit, en visionnaire. D’ailleurs, lui-même ne se qualifie-t-il pas, malicieusement, de « fou » pour définir une pratique qu’il veut entièrement libre ?

Le travail que cet artiste a réalisé durant sa résidence de trois mois en Guadeloupe, à LARTOCARPE au Moule, confirme-t-il un tel propos, propos qui est loin d`être celui d’un naïf? Bien qu’autodidacte Sébastien JEAN s’est adonné à la peinture dès son plus jeune âge et a pu, à maintes reprises, confronter sa pratique à celle d’artistes de renommée internationale, à travers des expositions qui l’ont conduit de Miami à Marmande puis Paris et, tout dernièrement, à la Biennale de Venise.

Parler de « chimères » pour qualifier les œuvres de Sébastien JEAN, c'est avoir pleinement conscience de la polysémie de ce terme et de son ambiguïté. D’autant qu’à Haïti s’y ajoutent des connotations particulières, les « chimères » évoquant une réalité sociale très spéciale, celle des bandes armées qui, au service du Président ARISTIDE, semèrent la terreur dans la population entre 2001 et 2005.

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La mondialisation néolibérale n’est pas incontournable ou la lourde mais exaltante mission de F. Hollande

par Pierre Suédile

  Encore une fois, l’alternance a placé la gauche française à la direction des affaires de la France, dans une période de grandes difficultés et de progression de l’extrême droite. Les élections législatives vont à coup sûr confirmer l’attitude rationnelle des électeurs qui tacheront de lui donner la majorité requise pour gouverner. Quant à la droite engluée dans un néolibéralisme dicté par les trois piliers du capitalisme nouveau, la finance, les firmes transnationales et les fonds spéculatifs, elle a rejoint l’opposition qu’elle confond avec la formulation de menaces. C’est l’effet « pensée unique » qui fait croire que la France irait au chaos hors le respect des règles de la mondialisation néolibérale.
F. Hollande nouveau président de la République se positionne à l’intérieur de cette approche de la gouvernance tout en se rendant compte que l’Etat ne peut avoir une seule mission. Il doit tout mettre en oeuvre pour faire progresser la puissance du pays dans un monde de concurrence féroce, c’est l’affaire de la compétitivité, mais il doit également assurer aux populations un mode de vie conforme aux exigences de la conception moderne de la démocratie. Le chef de l’Etat se propose notamment mais prioritairement de mobiliser des fonds pour financer la croissance. Il s’est engagé à provoquer un changement majeur de la politique européenne, de la BCE en particulier, pour que les Etats de la zone euro bénéficient de financements destinés à se sortir des griffes des banques privées et à alimenter la création d’activités par la commande publique.
C’est bien mais c’est insuffisant.

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Exit Sarkozy, voici Hollande ! ... Et nous, et nous, et nous ...

Par Frantz Succab

  Nous restons (rété) dans notre pays qui vit au petit bonheur la « tchans » (Du verbe : tchansé).

Pendant toute la campagne présidentielle, je me suis personnellement bien gardé de faire le moindre commentaire public en faveur de l’un ou de l’autre, pour le vote blanc ou l’abstention. Pourquoi ?

D’abord, Guadeloupéen (de naissance et de conviction), je voyais bien que la Guadeloupe et son avenir ne faisaient pas partie du débat franco-français des présidentielles. Donc, je n’allais pas me faire plus français que français. À moins d’attendre que d’autres que nous pensent notre avenir à notre place, ce qui – reconnaissons-le- est chez nous une bien vieille et mauvaise habitude.

Ensuite, parce que mon patriotisme est, de mon point de vue, forcément internationaliste. Dès lors que l’intention d’une majorité de guadeloupéens en faveur de la Gauche française était de donner un modeste coup de pouce au peuple français pour marcher vers le progrès, ne fallait-il pas l’encourager? Réduire des inégalités sociales, ouvrir un plus grand champ aux libertés démocratiques et, surtout, pour ce qui nous concerne, permettre de renforcer à l’intérieur même de l’Hexagone d’une vraie opposition populaire à la politique coloniale de l’Etat français. Mais nous savons tous, hélas, que ce n’était pas le cas. Donc, il y avait loin de la coupe intégrationniste à mes lèvres patriotes.

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De l'usure du couple au théâtre

Léa Galva et Ruddy Sylairedans "Petits Crimes conjugaux", une pièce de  ( photo F-A)

Par Roland Sabra

   Ecrite en 2003 par Eric-Emmanuel Smit, "Petits crimes conjugaux" a déjà fait l'objet de nombreuses mises en scène, de la plus célèbre, la toute première,  Charlotte Rampling, et Bernard Giraudeau, mis en scène par Bernard Murat,  à la plus récente celle d'Aurélie Dalmat, aidée d'Hervé Deluge et José Exélis, avec Ruddy Sylaire et Léa Galva à l'Atrium les 18 et 19 mai 2012. Plus que jamais comparaison n'est pas raison. Les moyens des uns ne sont pas les moyens des autres. Alors qu'a-t-on vu à Fort-de-France?

 Au départ il y a une thématique qui pouvait être intéressante, celle des rapports conjugaux après quinze ans de mariage. Gilles, écrivain, est  frappé d'amnésie, à la suite d'un mauvais coup. Il se souvient de ses tables de multiplication, de ses déclinaisons latines mais il ne sait plus quel genre d'homme il est ou était. Il réapprend  par la bouche de son épouse, Lisa, ce qu' a été leur vie ces dernières années. Lisa reconstruit, enjolive, mêle la réalité plutôt prosaïque du partage des tâches par exemple, à ce qu'elle a rêvé qu'elle soit. Que reste-t-il de l'amour quand le désir s'émousse? A quelles conditions un couple peut-il résister à l'usure du temps? Voilà ce qui aurait pu suscité de l'intérêt.

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Un roman explosif  !

par Laurence AURRY


   Gérard Oulion n’en est pas à son coup d’essai. Le Dynamiteur de pissotières, est son quatrième roman. Un petit roman qui refuse de se prendre au sérieux. Tout un programme, savamment préparé, calculé, exécuté. Il s’agit, en effet, d’un jeune retraité qui décide de mettre à profit son temps libre pour réaliser une œuvre édifiante, absurde et dérangeante. Le parfait employé de bureau, sans reproches et sans ambition qui veut marquer d’une manière originale et déroutante son opposition à la société, son ras le bol des politiques d’appauvrissement et d’abêtissement. Une belle satire de notre société mais sans formalisme et surtout sans sérieux. Personnage et auteur refusent de se prendre au sérieux. Pas des révolutionnaires, non, mais des empêcheurs de tourner en rond, des contradicteurs qui prennent pour cible un symbole de notre architecture moderne : les sanisettes.

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L’art dans sa relation au lieu,
sous la direction de Dominique Berthet

 par Sentier


   La relation au lieu est une condition incontournable, nécessaire à la création. L’acte créateur est indissociable du lieu. Dans ces conditions, il s’avère indispensable d’approfondir cette question des relations entre l’art et le lieu. Le lieu est le creuset dans lequel se forgent les diversités, les différences et les multiplicités. Dans chaque lieu, qu’il soit ici, là-bas ou ailleurs, qu’il soit souvenir, utopique ou désert, la question de la rencontre, au centre de la réflexion de Dominique Berthet, s’actualise et prend forme. Il n’est bien sûr pas aisé de faire ainsi le résumé d’une publication dont un des objectifs principaux est de provoquer des rencontres entre des réflexions qui concernent à la fois les modes de création dans notre territoire caribéen, si profondément meurtri par la colonisation, et d’autres manières de voir, d’autres points de vue, curieux de l’autre et cherchant à penser quelles consciences des lieux peuvent émerger en fonction des circonstances. Que le colloque à l’origine de cet ouvrage ait eu lieu à la Martinique, terre de ruptures, de mélanges inattendus, de déplacements, de bouleversements, d’impasses sociétales, mais aussi lieu d’émergence de nouvelles perspectives, est bien sûr chargé de sens. La somme de travaux publiés dans la revue Recherches en Esthétiques et dans les actes des colloques du CEREAP (Centre d’Études et de Recherches en Esthétique et Arts Plastiques) se situe dans un entre-deux entre les productions artistiques et les recherches produites dans la caraïbe francophone principalement, et le contexte actuel de l’art, de la critique d’art et de l’esthétique. Cette position à la fois déterritorialisée et enracinée qui se développe dans les travaux du CEREAP et dans cette publication L’art et la relation au lieu en particulier, offre de nombreuses pistes permettant de mieux penser le génie propre à chaque lieu.

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Carlos Fuentes, l’écriture du réel par les symboles


 

par Alain Nicolas



   L’écrivain mexicain est décédé mardi. Tout un continent rend 
hommage à l’un des écrivains majeurs de la littérature latino-américaine.

La nouvelle de sa mort annoncée sur Twitter par le président Calderon. Célébré par celui qui représentait un pouvoir qu’il avait toujours combattu, et en un message de 140 signes, nul doute que Carlos Fuentes Macias aurait aimé cette double ironie. Mais il était le plus grand écrivain du Mexique contemporain, et conscient de l’être, et des responsabilités qui pesaient sur ses épaules. Lors de son passage à Paris, en 2009, à l’occasion du Salon du livre, il nous confiait que la voix d’un écrivain jouissant d’une certaine notoriété a plus de poids dans son pays qu’en France, où cette conception de l’écrivain « engagé, ou au moins intervenant », a été inventée. Et Carlos Fuentes connaissait bien la France.

Il y avait occupé, de 1974 à 1977, le poste d’ambassadeur. Une vocation familiale, puisque sa naissance à Panama est due à la carrière diplomatique de son père, qu’il suivra de poste en poste au Pérou, au Brésil, en Argentine, au Chili et aux États-Unis. Il revient au Mexique pour suivre des études de droit, qu’il complète à Genève, à l’Institut des hautes études internationales du développement, de 1950 à 1952. Il retrouve très vite cette ville en tant que membre de la délégation mexicaine à ­l’Organisation internationale du travail, qui y siège. Par la suite, il sera responsable du ­bureau de presse du ministère des Affaires étrangères mexicain, mais sa carrière diplomatique sera ­toujours entravée par ses opinions de gauche, dont il ne fait pas mystère.

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« Chocolat », mémoire du racisme ordinaire.

Chocolat et Footit

Par Selim Lander.

   Formule originale que la conférence-spectacle de Gérard Noiriel et Marcel Mankita récemment proposée par le CMAC. Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS, spécialiste de l’histoire sociale, auteur de nombreux ouvrages portant en particulier sur le racisme et l’immigration, s’est penché sur le destin singulier de Rafael Padilla, né esclave à Cuba, qui connut la gloire à Paris à la fin du XIXe siècle sous le nom de « Chocolat ». Ecouter Gérard Noiriel parler de Rafael, un sujet qui le passionne, nous apprend autant sur le métier de clown que sur la mentalité des Français au tournant du XXe siècle.

 

S’il faut en croire G. Noiriel, le duo formé par le Clown blanc et l’Auguste fut inventé par deux immigrés, Footit dont le nom traduit l’origine anglaise et Chocolat dont le nom traduit la couleur de la peau. Il semble en effet qu’il n’y ait eu que deux manières de nommer un noir en France, à l’époque où se constituait son empire colonial : Bamboula ou Chocolat ! L’historien a pu retrouver un livre publié du vivant des deux clowns, Les Mémoires [apocryphes] de Footit et Chocolat, qui rend compte précisément de leurs sketchs. Les expressions du genre « sale nègre » abondent dans la bouche de Footit, lequel ne compte pas par ailleurs les coups qu’il adresse à son partenaire.

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L'expressionnisme, feu d'artifice de couleurs
«La
                                                          percée
                                                          dans la
                                                          digue»
                                                          de Karl
                                                          Schmidt-Rottluff,
                                                          1910. (©
                                                          Brücke-Museum
                                                          Berlin)

«La percée dans la digue» de Karl Schmidt-Rottluff, 1910. (© Brücke-Museum Berlin) Crédits photo : BRÜCKE-MUSEUM BERLIN

Par Véronique Prat

   Contemporain du fauvisme en France, l'expressionnisme en Allemagne est la première révolution artistique du XXe siècle. Plus d'une centaine d'oeuvres flamboyantes représentatives de ce mouvement sont exposées au musée de Grenoble. Une féerie.

En 1889, Van Gogh, qui est à Saint-Rémy-de-Provence, écrit à son frère Théo: «Il y a un champ de blé à côté. C'est de l'argent tantôt verdi, tantôt plus bleu, bronzé, blanchissant sur terrain jaune, rose, violacé ou orangeâtre jusqu'à l'ocre rouge.» Vincent restera inconnu du public de son temps, mais il aura sur les autres artistes une influence forte et durable par la vitalité de son oeuvre, où la couleur tient le premier rôle. Car à mesure que l'atmosphère fin de siècle s'estompe, le XXe siècle naissant prend conscience de son besoin de donner forme à ces élans subjectifs, cette liberté créatrice qui fut aussi le combat de Van Gogh et qui sera celui de l'expressionnisme, avec sa révolte contre le passé et son adhésion enthousiaste aux forces nouvelles.

Sur le plan de l'art, la période est d'une richesse inouïe. Une multitude de révolutions plastiques vont se succéder: le nabisme, le fauvisme, le cubisme, l'expressionnisme, le futurisme... De grandes figures créatrices surgissent: Matisse et Picasso, Léger, Braque et Chagall, Klee et Kandinsky. Des initiatives géniales annoncent de futures écoles: dada, le surréalisme, le Stijl, le Bauhaus, l'abstrait. Tout cela, jusque dans le foisonnement de ses contradictions, va s'imposer avec force. Peu d'époques auront été plus vivantes que celle-là, où tant de façons de créer et de concevoir la création auront été proposées, essayées, pratiquées et réussies, jusqu'au chef-d'oeuvre. Ce sont ces rayonnements et ces interférences au sein du mouvement expressionniste que retrace l'exposition du musée de Grenoble.

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De mémoire de bagnes guyanais


Des photos saisissantes des prisons coloniales en ruine.
Par NATALIE LEVISALLES


   En 2008, Jean-Luc de Laguarigue a commencé à s’intéresser aux bagnes de Guyane. Celui de l’île du Diable, où Dreyfus fut détenu, mais aussi ceux des îles Royale et Saint-Joseph, et de Saint-Laurent-du-Maroni. Il en a rapporté des photos frappantes des colonies-prisons et de ce qu’elles ont contenu de vies, de morts, de souffrances, tout cela rendu à la forêt tropicale et devenu comme fantomatique.

Dans sa préface, il raconte le choc quand il débarque, «l’envie de passer rapidement tout en voulant pousser plus loin», «le ressac de la vie et de la mort imbibant cette forêt de pierre et de bois» (il y a aussi un texte de Patrick Chamoiseau, «Traces-mémoires du bagne»). Les clichés de Laguarigue montrent le quartier disciplinaire, prison dans la prison, et les graffitis qui décomptent le temps.

Parfois, la pierre ocre ou rosée fait croire à un bâtiment ordinaire, mais il y a toujours un détail qui rappelle l’architecture d’enfermement. On découvre une immense salle à manger dont ne restent que les murs et la structure métallique du toit, ou les cellules du quartier dit «spécial», celui des condamnés à mort. A Saut-Tigre, on voit le fleuve, et des vestiges de bâtiments, c’est le bagne des Annamites, qui a fonctionné jusqu’en 1945. Au camp de la Transportation, une marque de poêle sur un mur bleu délavé : on est dans une cuisine située face à la guillotine.

Il y a aussi des rangées de cases qui ne peuvent qu’évoquer celles des esclaves qu’on voit encore à la Martinique, dont Laguarigue est originaire. Les histoires sont différentes mais, ici comme là-bas, il y a eu la déportation, la bataille contre la forêt tropicale, le travail forcé. Tout semble à la fois très proche et très loin, atroce et familier. Au bagne, les gens avaient des vies, des amours. On voit les petites tombes du cimetière des enfants des gardiens à l’île Royale.
 

Libé Livres 4 mai 2012 à 19:07

 

Europe : l'austérité n'est pas la solution



Par Joseph E. Stiglitz,



NEW-YORK – La conférence annuelle du FMI a mis en évidence cette année l'absence de direction claire de l'Europe et de la communauté internationale en terme de politique économique. Les responsables financiers, des ministres des Finances aux dirigeants des établissements financiers privés, répètent le mantra à la mode : "Les pays en crise doivent mettre de l'ordre chez eux, réduire leur déficit, diminuer leur dette publique, entreprendre des réformes structurelles, stimuler la croissance et restaurer ainsi la confiance".


Il est cocasse d'entendre pontifier ainsi ceux qui ont conduit le système financier mondial au bord du gouffre, qu'il s'agisse de gouverneurs des banques centrales, de ministres des Finances ou de responsables des banques privées. Pire encore, ils n'expliquent pas comment résoudre la quadrature du cercle. Comment restaurer la confiance alors la crise se transforme en récession dans nombre de pays ? Comment restaurer la croissance alors que l'austérité va très probablement se traduire par une baisse supplémentaire de la demande agrégée, ce qui entraînera une diminution de la production et une hausse du chômage ?

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ATTENTION DATE LIMITE D'ENVOI DES DOSSIERS 31 MAI 2012

APPEL A PROJET
  RÉSIDENCE D’ÉCRITURE AU QUÉBEC
Ecriture Théâtrale Contemporaine en Caraîbe

en partenariat avec le CEAD et l'Institut Canadien de Québec
Propose pour la 5ème année
une résidence d'écriture du 2 au 30 septembre 2012 au Québec
Cette résidence est ouverte aux auteurs dramatiques de la Caraïbe et Guyane ou diaspora, ayant un projet d'écriture théâtrale et pouvant s'exprimer en langue française.



Objectifs du programme

Cette résidence croisée s’inscrit dans le cadre d’une coopération initiée par ETC_Caraïbe et le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), avec la collaboration de L’Institut Canadien de Québec, en vue de développer les initiatives permettant le rayonnement des auteurs dramatiques entre le Québec et la Caraïbe. Pour les auteurs choisis, la résidence permet d’amorcer ou de poursuivre un projet d’écriture théâtrale, d’élargir leur réseau de contacts professionnels, de rencontrer des publics pour faire connaître le théâtre québécois et caribéen, d’avoir accès à des productions théâtrales diversifiées.

Le transport, la bourse et le séjour

· La résidence d'écriture s'effectuera à MONTREAL du 2 au 30 septembre 2012


· Les lauréats de la Caraïbe bénéficient d’une bourse équivalente à 300 $ can. par semaine octroyée par L’Institut Canadien de Québec ou le CEAD. . Cette bourse permet aux auteurs de s’acquitter des dépenses suivantes : assurances personnelles, frais de subsistance, déplacements personnels et frais de réalisation du projet.

· L’hébergement et le dispositif d’accueil sont fournis gratuitement par les organismes hôtes.

· Les frais de déplacement international des auteurs de la Caraïbe sont assumés par ETC_Caraïbe.

Les auteurs participant s'engagent à:


Ø être disponible pour une période d’un mois aux dates annoncées dans l'appel

Ø accepter de participer à un programme d’activités lors de leur séjour

Ø pouvoir communiquer en français.

0 être membre d'Etc caraibe (ou le devenir) et être à jour de ses cotisations
Les critères d’évaluation des dossiers de candidatures suivants sont retenus :

Ø qualité de l’écriture;

Ø intérêt du projet d’écriture en regard de la démarche de l’auteur et des possibilités d’activités culturelles et/ou de rencontres professionnelles;

Ø qualité du dossier de candidature.

Le dossier du candidat doit inclure les éléments suivants :

Ø le formulaire d’inscription dûment signé par le candidat;

Ø le curriculum vitae du candidat (maximum 5 pages);

Ø la présentation du projet;

Ø un dossier de presse s’il y a lieu;

Ø le texte complet de sa dernière œuvre

Les candidatures motivées, le projet et pièces complémentaires ainsi que le formulaire ci-joint complété doivent être adressés à etc_caraibe@hotmail.com

Les candidats s'engagent à détenir un passeport en cours de validité et à tout mettre en oeuvre pour obtenir un éventuel visa.

Pour tout renseignements complémentaires, vous pouvez vous adresser à Danielle VENDE 0690 493681 ou à etc_caraibe@hotmail.com

 

 
A
                                                          l'affiche
Le festival de rue lezard ti show,
gratuit, Trinité
  place du jet d'eau de 9 h à 21 h .le 20 mai 
Nombreux spectacles et activités :
Programmation 2012 


Équilibriste sur chaise avec Marie-thé-
“Les Comédiens” de Tartane : association de théâtre-
Tour de magie avec Luc le Magicien-
Atelier graph sur banderole avec le Graffeur : Sebastien Dométille
Les artistes et spectacles de l'association An ti sik-
La cigale et la fourmis-
Les korrigans-
Les clowns Pipo et Molo
- L'histoire du Chapeau-
Danse hip-hop avec David-
Contes musicaux pour enfants avec Pidou-
Spectacle de conte jonglé le zébre et le feu avec l'association Pou Nou Sa Jonglé-
Contes dessinés « le voyage de M. Six » par Yaya- « les fables de La Fontaine revisitées » par l'association pou nou Sa Jonglé-
La « marionnette » par l'association pou Nou Sa Jonglé-
Démonstration de Tai Chi par l'association Tai Chi de Sainte Marie

dès 19 h :
- Les ombres chinoises : « prince et princesse » et « le petit garçon »- Spectacles lumineux par l'association Antisik-
« lézard en flammé » par l'association Antisik et Pou nou sa Jonglé

Et toute la journée des artisans dans l'espace « Lézard ti zans » présenteront leursavoir faire ( chapeau colliers, cerf volant …Ateliers enfants toute la journée ( jeux, bricolage ….)Restauration possible sur place ( repas végétariens, pâtisseries créoles … )


Catherine BONNIER
"Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoi que se soit, essayez de dormir avec un moustique dans votre chambre" Vieux proverbe africain

 

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Télécharger le programme 2011-2011

 

Fort-deFrance

Le Mardi soir à 19 h 30 Chez Lina's, 27 Rue Victor Hugo

 

 
 
 
 

Sur la Place Bertin de Saint-Pierre
MARDI 22 MAI,
de 9h à 22 h :
 Village d'artisans, scènes de vie du Saint-Pierre d'avant-volcan, théâtre, paroles, podiums musicaux,
show laser et feu d'artiices... et mille surprises !
 
Vous pourrez aussi dialoguer en direct avec toute l'équipe du Grand Saint-Pierre ! 
 
ENTREE LIBRE
Venez nombreux et en-ceatera !
 
 
 
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Du brillant « Holy Motors » au besogneux « Sur la route »


Leos Carax signe magnifiquement son retour sur la Croisette

Par Guillaume Loison 23 mai 2012


  19 h 30 : l’heure rêvée pour découvrir « Holy motors » de Carax – papiers envoyés, conscience soulagée, manque de sommeil enfoui sous la caféine. « Holy motors » donc, cinquième film du poète maudit, premier depuis « Pola X » en 1999 : salle bondée, applaudissements devant la typo godardienne qui se fixe sur l’écran. Ouverture splendide, déjà, qui promet un chef d’œuvre en puissance. Carax commence par un contre champ : un public de cinéma qui nous regarde dans la pénombre. Puis le montage traverse le miroir : Carax sort d’un lit en pyjama, lunette et clope au bec, la caméra panote sur la chambre capte une myriade de lumières dans la nuit, resserre sur un mur. Motif du papier peint : boisé, une forêt de conte de fée, à la Cocteau. Carax y fixe une serrure, pousse. Bois qui craque, mur transpercé. Carax s’engouffre dans la brèche qui le mène dans la salle de cinéma derrière le public. Des créatures fantastiques remontent les allées vers l’écran. « Holy motors » n’a pas vraiment commencé mais ce prologue sublime réveille une nostalgie en forme de certitude poétique. Oui, Carax nous avait manqué comme il avait manqué au cinéma. Tout remonte : sa puissance lyrique, la manière dont la caméra malaxe le réel, sa mégalomanie buissonnière - forcer le passage, mieux en créer un, littéralement. Plus qu’une image, voire même une séquence. Ce cinéma-là ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même.

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"La Chasse" : la cabale au fond des bois

Mads Mikkelsen

Par Jean-Luc Wachthausen, Olivier Delcroix


  Thomas Vinterberg retrace la descente aux enfers d'un homme victime d'un mensonge. Saisissant.

La rumeur, ce mensonge qui ­enfle, se nourrit de la suspicion, cette «fumée du bruit», disait Victor Hugo. Dans son nouveau film, La Chasse, le réalisateur danois Thomas Vinterberg (43 ans) la débusque, la soupèse et observe froi­dement ses ravages dans les cœurs et les esprits. Avec elle, tout devient irra­tionnel, incontrôlable. L'enfer c'est les autres, le doute s'installe dans leur regard. Il suffit d'un mot, d'un geste pour basculer dans une spirale cauchemardesque. Comme la neige qui tombe, elle recouvre tout, lentement, sournoisement.

Cette rumeur s'installe dans une petite ville de province, au milieu des lacs et des forêts. Tout y est paisible, bucolique, à la veille des fêtes de Noël. Un beau matin, elle va s'abattre sur Lucas, quadragénaire tranquille qui essaie de reconstruire sa vie après son divorce et de renouer avec son fils Marcus. Il partage sa vie avec une nouvelle femme et travaille dans une ­maternelle où les enfants l'aiment bien. Particulièrement une petite fille blonde, celle de ses meilleurs amis. Elle semble solitaire et a beaucoup d'imagination. Jusqu'à là, tout va bien.

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"De rouille et d'os" : Jacques Audiard, Sa Majesté des orques

Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard dans le film français de Jacques Audiard, "De rouille et d'os".


  Hypothèse amusante, doublée d'un petit problème de pataphysique : à quoi ressemblerait Intouchables si Jacques Audiard le réalisait ? La réponse est donnée jeudi 17 mai dans les salles françaises et au Festival de Cannes, où le film est en compétition : il ressemblerait à De rouille et d'os. La plaisanterie s'enlève sur la rouille de la fable : une romance entre une handicapée d'honnête condition et une armoire à glace échappée du quart-monde, l'alliance magnifiée de deux faiblesses contre l'injustice et la cruauté du monde.

C'est à l'os qu'on sent la différence : de genre (mélo noir plutôt que conte comique) ; de tonalité (lyrisme plutôt que poilade) ; et de style (virtuosité musclée contre facture concertante). L'action - inspirée d'un recueil de nouvelles de l'écrivain canadien anglophone Craig Davidson - commence dans le Nord, emmenant un colosse (Matthias Schoenaerts) et un garçonnet aux abois vers la Côte d'Azur.

D'où ce père brutal et embarrassé tient-il ce fils, et que fuient-ils au juste? On ne le saura jamais. Ce qui est sûr, c'est qu'ils s'installent dans la maison déglinguée de la sœur du héros (Corinne Masiero), une caissière de supermarché qui compagnonne avec un chauffeur de poids lourd. Accueil ému, après une longue séparation, mais néanmoins suspicieux. Elle connaît son frère.

Ivresse du combat clandestin

Et elle a raison. Ali lui abandonne le petit le plus clair du temps, pour courir la gueuse et embrasser des carrières que sa morphologie autorise. Videur de boîte de nuit, puis vigile dans un supermarché, il finit par goûter à l'ivresse du combat clandestin, plus propice à la montée de l'adrénaline et au bouclage de fin de mois.

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"Paradis : Amour" ("Paradies : Liebe") : Ulrich Seidl, post coïtum animal triste

Une scène du film autrichien d'Ulrich Seidl, "Paradies : Liebe" ("Paradis : Amour")

Par Jacques Mandelbaum


    Pourquoi l'art autrichien, du moins dans ses manifestations les plus significatives, entretient-il de si longue date une telle fascination pour l'abjection ?

Pourquoi les manifestations de la vie - et plus particulièrement de la sexualité - y semblent-elles à ce point entachées par l'obsession de la mort ? Pourquoi cette culture, en cela unique au monde, produit-elle des antagonistes aussi extrêmes que Wolfgang Amadeus Mozart et Adolf Hitler, ou, à une autre échelle, Romy Schneider et Arnold Schwarzenegger ?

Pourquoi ses plus grands artistes contemporains, tels les écrivains Thomas Bernhard ou Elfriede Jelinek, vouent-ils une haine aussi recuite à la mère patrie ?

En toute justice, il appartiendrait à quelqu'un de plus compétent qu'un critique de cinéma français - mettons un médecin viennois aussi autorisé que Sigmund Freud - de se prononcer sur la question.

En attendant, voici les dernières nouvelles du cinéma autrichien en direct live de la Croisette. Elles ne couperont pas court, c'est à craindre, aux abominables idées générales qu'on vient d'énumérer.

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"Au-delà des collines": qu'est-ce que Mungiu nous pousse à exorciser ?


Cristian Mungiu entouré de ses deux actrices, Cristina Flutur et Cosmina Stratan, qui interprètent deux amies d'enfance.

Par Jacques Mandelbaum

    A Cannes, plus qu'ailleurs, on sent que la frontière qui sépare l'adhésion du rejet tient parfois à un cheveu. Ce sentiment, qui ouvre une brèche inquiétante dans l'assurance qu'on croit avoir de son propre goût, fait du Festival, contre toute attente, une expérience philosophique.

Vendredi 18 mai était dévoilé en projection de presse le troisième long-métrage du Roumain Cristian Mungiu, Au-delà des collines. Une entrée très attendue, puisque son auteur fut le récipiendaire de la Palme d'or, en 2007, avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours, chronique émancipatrice d'un avortement clandestin sous l'ère Ceaucescu.

Cosmina Stratan et Cristina Flutur dans le film roumain de Cristian Mungiu, "Au-delà des collines" ("Dupã Dealuri").

Suivent 2 h 30 d'un film consacré à la relation élective entre deux jeunes femmes enfermées entre les murs d'un monastère. Premiers signes d'éreintement après deux pleines journées cannoises ? Défaut de sensibilité au sujet ? L'ennui frôle en tout cas votre serviteur de son aile grise, en dépit de l'admiration pour la beauté du film. Un de ces ennuis vertueux qui doute un peu de lui-même.

Sur le chemin du retour, quelques rencontres professionnelles soufflent le chaud et le froid. Une nuit passe. Au matin, ce constat stupéfait : le film, par un travail dont on ignore à peu près tout, est revenu vous chercher. Incrustant ses images, imposant ses personnages, déployant sa richesse.

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"Viva Riva !" : feux croisés dans Kinshasa convulsée

Photo extraite du film congolais "Viva Riva !" de Djo Tunda Wa

par Thomas Sotinel

    Le montage qui ouvre Viva Riva ! met en scène la vedette omniprésente de ce film noir et brutal : une ville au bord du précipice, agitée de perpétuels soubresauts. Ces jours-ci, elle est convulsée par une pénurie d'essence qui désespère aussi bien les chauffeurs de taxi que les propriétaires de voiture allemande. On voit les queues devant les stations-service, le marché noir où on aspire le carburant dans sa bouche pour vérifier qu'il n'est pas coupé d'eau, les embouteillages parfaitement immobiles (pas d'essence, vous dit-on) entre les vestiges de l'architecture coloniale et la prolifération des bâtiments plus ou moins précaires.

Djo Tunda wa Munga, le réalisateur de Viva Riva !, investit ce paysage mouvant, non pour en tirer de grandes conclusions politiques ou sociales, mais pour en faire un champ de bataille. Dans Kinshasa l'assoiffée débarque Riva, petit voyou parti depuis des années pour l'Angola. Il en revient en traversant le Pool sur une barge chargée de fûts d'essence qu'il a subtilisés à son employeur, un élégant truand angolais nommé César.

L'essence (qui se négocie autour de 7 dollars le litre - et le film a été tourné il y a plus de deux ans) peut apporter la richesse à Riva, fils honni d'un honnête fonctionnaire ruiné par la déchéance de son pays depuis les pillages de 1991. Mais l'essence est inflammable, et sa seule présence dans les rues de Kinshasa va suffire à mettre en mouvement des forces vouées à l'affrontement.

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7ème Rencontres Cinémas de Martinique

En hommage au septième art, la 7ème édition des Rencontres Cinémas de Martinique vous propose une invitation au voyage : Shanghai avec le film “I wish I Knew”, le Havre avec Aki Kaurismaïki, la Jamaïque dans les ghettos de Kingston, la Côte d’Ivoire ; l’inoubliable polar, “La Soif du Mal” film mythique d’Orson Welles, auquel s’ajoute une révélation du Festival de Cannes 2011 : “Take Shelter” et “Teza”, histoire dramatiquement liée à la sanglante dictature en Ethiopie ; des invités, Stéphanie et Steve James de Guadeloupe avec “Fan Do Brasil”, Fabien Gaffez et Bruce Paddington pour animer les tables rondes ; des partenariats  hors les murs avec le domaine de Fonds Saint-Jacques, l’Atlas des Anses d’Arlets, Madiana, Ekoclap et Martinique 1ère ; des courts métrages, et pour soutenir les artistes de demain, pour la première fois, une séance réservée aux réalisations des jeunes de Martinique et de Guadeloupe, à qui s’adresse cette affirmation de Théo Angelopoulos : “On devient cinéaste quand on croise son propre regard avec le regard des autres”.

L’équipe du CMAC
 

 
 

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Les "borderlines", ces écorchés vifs

Le portrait de Marilyn Monroe, pris en 1957 à New York a été adjugé 169 000 euros.
(Photo: Copyright 1957 The Richard Avedon Foundation)


Par Christine Angiolini


  New York, 1955. Une femme à l'aube de la trentaine écrit une lettre à l'un de ses amis sur le papier à en-tête d'un grand hôtel : "En tant que 'borderline', je ne peux m'intéresser qu'à un autre 'borderline'." Ces mots ont été griffonnés par la blonde la plus célèbre de la planète. Dans Fragments (Seuil, 2010), Marilyn Monroe dévoile ses doutes, sa fragilité au travers de lettres, de poèmes, de notes...

Borderline, la blonde mi-femme-enfant, mi-femme fatale, adepte de la psychanalyse ? "On pourrait l'imaginer, répond Jean-Michel Fourcade, docteur en psychologie, psychanalyste et auteur des Personnalités limites (Eyrolles, 2011). On note chez elle une instabilité émotionnelle avec de fortes angoisses d'abandon et des moments où elle disjoncte. De plus, elle est dépressive, très accro aux médicaments et multiplie les tentatives de suicide."

Le terme "borderline" signifie "limite", ou "près du bord". Et il ne date pas d'hier... A la fin du XIXe siècle, il apparaît sous la plume de Charles Hamilton Hughes (1839-1916), un psychiatre américain qui désigne ainsi la survenue de symptômes physiques au cours de troubles psychiatriques. De leur côté, les psychanalystes, dès les années 1930, y voient plutôt une structure psychique particulière, entre névrose et psychose.

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  Sociologie
                                                          culturelle
 

Dékré labolisyon lesklavaj 27 avril 1848

An tradiksyon Kréyol Rodolf Etienne Edition bilingue suivie du
"Rapport de la commission pour préparer l'abolition immédiate de l'esclavage"

   Genre littéraire
Document historique
Fiche technique
ISBN : 978-2-9536710-4-9
Format du livre 13 cm x 21 cm
Nombre de pages 102
Prix : 14,00 €
Date de sortie : 15 mai 2012
L’ouvrage
Les décrets d’abolition de l’esclavage de 1848 ont fait l’objet de peu d’études critiques et ont rarement été édité in extenso. Cette traduction créole est une première de la littérature créole et souhaite populariser un document historique fondamental pour l’étude et la compréhension de l’histoire nationale et régionale.
Publié en annexe du document, le Rapport par la commission pour préparer l’abolition immédiate de l’esclavage, en version unilingue français, nous plonge au cœur des préoccupations du mouvement abolitionniste républicain. Victor Schoelcher, franc-maçon, est président de cette commission chargé par François Arago, alors ministre de la marine et des colonies, de préparer l’abolition de l’esclavage dans les plus brefs délais. Mis en parallèle, ces textes et leur traduction créole ouvrent de nouvelles perspectives d’analyse et de perception de cette époque de grands bouleversements et de changements radicaux dans les « colonies et possessions françaises ».

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N°11: Entretien avec Jean Métellus

Ce qui empêche Haïti de démarrer?

Jean Durosier DESRIVIERES

   L’écrivain et médecin haïtien, Jean Métellus, était de passage à la Martinique, en avril 2004, en même temps que Christophe Wargny Logés tous les deux au Squash Hôtel à Fort-de-France, j’y ai rencontré le premier «au pipirite chantant», aux premières lueurs de la journée du 28 avril. Son regard étincelant et sa vigueur remarquable n’ont d’égal que sa rage retenue vis-à-vis des forfaits de l’occident et le plaisir indéfinissable de parler d’un pays rongé, dont il est encore fier. Il n’en démord pas: le blanc – à entendre les puissances étrangères, dans la bouche d’un haïtien – est à ses yeux le principal responsable du malheur d’Haïti. Quant aux idées de la «créolité», elles sont loin des réponses à ses préoccupations.

Jean-Durosier Desrivières: Le 18 mai marque la date de la création (en 1803) du drapeau haïtien (bleu et rouge), symbole de l’union des noirs et des mulâtres devant constituer la nation haïtienne. Que vous inspire cette date en 2004?

Jean Métellus: C’est une date qu’il faut saluer, qu’il faut commémorer. C’est un événement qu’il importe de célébrer. Et il ne suffit pas de penser que c’est seulement l’union entre les blancs et les mulâtres – le drapeau symbolise l’union, certes – mais c’est aussi le signe qu’il y avait quelque chose d’intermédiaire entre le noir et le mulâtre qui a été enlevé définitivement. C’est-à-dire que les noirs et les mulâtres doivent se mettre vraiment ensemble et oublier la présence du blanc qui est toujours là. Il est à l’extérieur, il nous regarde et il veut encore semer la zizanie entre nous. Plusieurs événements montrent que le blanc n’a pas fini de regretter ce qui s’est passé en Haïti en 1803. Et ce qui donne raison à l’abbé Grégoire qui avait écrit merveilleusement que «Haïti est un phare élevé dans les bassins des Caraïbes, vers lequel les maîtres et les esclaves se tournent, les uns en rugissant, les autres en soupirant.» Donc, il faut penser que des anciens maîtres continuent à rugir de colère et les autres pays nègres du monde soupirent en voyant Haïti. Mais il y a beaucoup de choses auxquelles il faut faire attention, car le maître est à l’extérieur et il peut encore faire du mal.

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Alain Oncin : un militant d'exception est mort


   AN NOU ALLÉ et la fédération TOTAL RESPECT | TJENBÉ RÈD (qui rassemble dix organisations de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida) ont la douleur d’annoncer la mort choquante d’Alain Oncins, cofondateur d’AN NOU ALLÉ. Depuis huit ans, ce Bordelais d’origine luttait contre les homophobies et le sida en Martinique, son île d’adoption, où il avait deux enfants.
AN NOU ALLÉ et TOTAL RESPECT | TJENBÉ RÈD rendent hommage à l’humanité et au courage d’Alain Oncins : d’un caractère entier, il s’était investi dans ces combats, qu’il avait su incarner et faire progresser auprès de l’opinion publique martiniquaise.
Nous étions en contact régulier avec lui : alors qu’il ne faisait état d’aucune menace pesant sur sa vie ou sa sécurité, il a été découvert égorgé à son domicile, dimanche matin. Nous veillerons à ce que l’ensemble des pistes d’investigation possibles soient explorées par la police et la justice, notamment la piste homophobe qui ne peut à ce jour être ni établie, ni exclue.
AN NOU ALLÉ et TOTAL RESPECT | TJENBÉ RÈD saluent la mémoire d’Alain Oncins et expriment, en ces circonstances tragiques, leur profonde compassion à son compagnon, à sa famille et à ses proches. Alain Oncins laisse un grand vide : nous formulons le voeu que le combat qu’il menait soit poursuivi en faisant vivre, en Martinique, les valeurs d’humanisme et de solidarité.


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Contacts :
Louis-Georges Tin,
président d’An Nou Allé
tinluigi@aol.com
06 19 45 45 52

Willy Medhi Mélinard,
vice-président régional
de Tjenbé Rèd Prévention
en Martinique-Guadeloupe
martinique@tjenbered.fr

David Auerbach Chiffrin,
président de Total Respect | Tjenbé Rèd,
secrétaire général d’An Nou Allé
federation@tjenbered.fr
06 96 32 56 70 | 06 10 55 63 60

 AN NOU ALLÉ / FÉDÉRATION TOTAL RESPECT | TJENBÉ RÈD
Communiqué de presse n°TRF2012-01G
Rivière-Salée / Rivière-Pilote, mercredi 16 mai 2012

   
 

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Donna Summer, belle à facettes



    La disco queen, interprète de «Love to Love You Baby» et de «Hot Stuff», est morte jeudi, à l’âge de 63 ans.

Une légère confusion a régné hier, en fin d’après-midi, à l’annonce du décès de Donna Summer. Spontanément, on a entendu untel se mettre à fredonner le cruellement antinomique I Will Survive, tandis que telle autre mentionnait au débotté Upside Down. Pourtant, bien que partageant avec ses ex-consœurs les traits caractéristiques d’avoir été une chanteuse noire américaine immensément populaire dans les années 70, Donna Summer n’était ni Gloria Gaynor - l’interprète de l’hymne des Bleus triomphants de 1998 (même l’AFP se plantait dans une première dépêche, en attribuant à la défunte la scie désormais beuglée dans tous les stades) - ni Diana Ross, la voix des légendaires Supremes qui avait ensuite su si bien voguer en solo. Non, Donna Summer était juste une des figures les plus éminentes du mouvement disco, dont l’honnêteté liminaire nous doit ici de préciser qu’il abîma pas mal de tympans, avant de bénéficier d’un revival nostalgique jamais totalement éteint depuis.

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Un poème de Philippe PILOTIN en hommage au journal "Le P'tit Makrel"

Le P'tit Makrel

Je suis un magazine universel
Qui n’est point intemporel.
Je ne suis ni masculin ni féminin
Et ce n'est pas une fantaisie du destin.

Ma devise n'est pas celle des trois singes
Car je ne cache rien sous mes linges.
Je vois tout, j’entends tout, je dis tout
Et pardessus tout, je suis partout.

Je suis plus subtil que le 7 août (sept ou)
Car d’avance, moi, je sais tout
Et tout en étant exempt de reproches,
Je suis à l'aise dans une poche.

Pratique et aussi plaisant à lire,
Je comble sans craintes vos loisirs.
Tout en étant, média inédit,
Je suis le guide parfait de vos sorties.

Pour me trouver en surfant sur la toile,
Pas besoin de hisser la grande voile.
Lors d’un « P’tit makrélage »
Cliquez simplement sur mes pages.

Ne cherchez pas qui je suis,
Je suis simplement ce que je suis,
Je suis un complice bourré de zèle
Et qui répond toujours présent à l'appel.

Je ne cherche pas non plus de compliments,
Je veux juste être de vos sorties, le piment
Et pour vos confidences, le modèle.
Je suis « le P'tit Makrel »

Philippe PILOTIN
 
 
 

« Coulisses » : Vive le « nouveau cirque » !

Par Selim Lander.

   Des hommes nus. Le premier est accroupi dans un coin de la scène. Un autre apparaît, couché sur le sol, côté cour, bientôt suivi d’un troisième. Ils progressent en une étonnante reptation, s’aidant seulement des pieds et des épaules. Ils finissent par s’orienter face à la salle. Une pomme roule vers eux qu’ils vont se partager, toujours sans les mains, à coups de dents. Si l’un a ingurgité un trop gros morceau, il en recrache une partie qui sera récupérée par son partenaire. Les spectateurs sont médusés. C’est drôle. On rit, on applaudit. La suite sera moins dévêtue mais tout aussi drôle. Le succès de ce spectacle – à notre avis le clou de la saison 2011-2012 du CMAC – repose en effet autant sur son humour qui ne se relâche jamais que sur sa constante inventivité. Certes le programme nous avait prévenus : il valait mieux laisser au vestiaire les souvenirs des cirques de notre enfance. De fait, pas de clowns, ici, ni de trapézistes, ni de dompteurs. Coulisses présente une épure du cirque. Les cinq garçons qui composent la troupe « Sacékripa », produits de l’école du cirque de Toulouse, s’inscrivent en effet dans une esthétique nouvelle, en rupture par rapport aux numéros traditionnels. L’essentiel n’est plus de démontrer sa virtuosité (pourtant bien là) mais de faire rêver en racontant de petites histoires sans parole. Nul besoin de mots, en effet, quand on sait faire parler une balle ou une soupière. L’éloquence peut être muette : on peut faire du théâtre avec des mimiques et des gestes.

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« Le Prénom » en ouverture du festival de théâtre amateur.

Par Selim Lander.

    Ouverture du festival avec une pièce, « Le Prénom », qui a connu un grand succès sur le boulevard à Paris et qui a fait récemment l’objet d’un film avec Patrick Bruel dans le rôle principal. Son personnage, Vincent, adore faire marcher ses amis, par exemple en prétendant qu’il donnera à son premier fils le prénom d’Adolphe, en hommage à Benjamin Constant. Son beau-frère, Pierre, tout comme son ami Claude se récrient : personne ne songera au héros de Constant, argumentent-ils, on n’aura en tête que le tyran qui a écrasé l’Europe sous la botte nazie. Ainsi commence une pièce qui s’éloignera bientôt de ce sujet pour en aborder d’autres, en particulier la vie privée de Claude, lequel est surnommé « prune » (comme la « reine-claude » !) par ses amis, parce qu’ils lui trouvent un air plutôt efféminé (son rôle a d’ailleurs été judicieusement confié à une comédienne). Pendant toute la pièce, les cinq personnages, qui demeurent pourtant attachés par les liens de la famille ou d’une longue amitié, ne cesseront de se disputer, sans perdre leur sens de l’humour sauf lorsqu’une vérité les atteint au cœur (puisqu’il n’y a que la vérité qui blesse).

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Courtes Lignes présente

« Spéciale dernière » (« Front Page »).

 Par Selim Lander.

   Fidèle à une tradition que les Martiniquais espèrent bien établie, la compagnie guadeloupéenne Courte Lignes établit ses pénates au Théâtre de Fort-de-France à l’occasion du festival amateur. Fidèle, ici encore, à ses habitudes, Courtes Lignes se présente avec une pièce de boulevard, cette année une comédie américaine qui se déroule à Chicago à la fin des années 30. Flics et politiciens véreux, journalistes prêts à tout pour obtenir une exclusivité, tout semble réuni a priori pour monter une intrigue aussi sulfureuse que passionnante. Au départ, cinq journalistes sont réunis dans la salle de presse de la prison tandis que dans la cour, en contrebas, on monte l’échafaud où doit être pendue, au petit matin, une certaine Victoria Sanchez condamnée pour le meurtre d’un policier. L’action se déroulera entièrement dans la salle de presse soigneusement reconstituée. Il faut féliciter une nouvelle fois Courtes Lignes pour son souci de réalisme, qui se manifeste aussi bien au niveau du décor que des costumes. Bien sûr nous restons au théâtre, la réalité ne sera jamais que stylisée, mais la volonté affichée de ne pas tricher avec l’environnement dans lequel se situe l’action demeure l’un des charmes du théâtre bourgeois

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