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La hargne de Sarkozy envers Obama


   C'est plus fort que lui : quand on lui parle de ses échecs, Nicolas Sarkozy renvoie vers ceux de Barack Obama. Interrogé, lundi dernier sur TF1, sur sa méthode consistant à multiplier les réformes tous azimuts, il a répondu par une pique cinglante : "J'ai vu que M. Obama, pour lequel j'ai de l'estime et même de l'amitié, [a tout misé sur sa réforme de la santé]. Je n'ai pas vu que ça rendait les choses plus simples."

LES REMARQUES D'ALAIN MINC

Le président français n'en est pas à son coup d'essai. Début novembre, il avait déjà énoncé cet argument devant quelques journalistes – mieux vaut faire beaucoup de réformes qu'une seule –, assorti d'un commentaire peu amène : "Obama est au pouvoir depuis un an et il a déjà perdu trois élections partielles. Moi, j'ai gagné deux législatives et les européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit si j'avais perdu ?" Loin d'être anecdotique, la mauvaise humeur envers son homologue américain est devenue quasiment structurelle chez Nicolas Sarkozy. "Chaque fois qu'il peut le critiquer, il le fait, que ce soit en Conseil des ministres ou devant des visiteurs", indique, sous le couvert de l'anonymat, un bon connaisseur de la diplomatie française.

"Il n'arrive pas à avoir des rapports normaux avec Obama, ajoute cette source. Il dit toujours : 'Si j'avais fait la même chose que lui, qu'est-ce qu'on m'aurait dit ?' C'est une relation malsaine. On a l'impression qu'il tire prétexte des difficultés d'Obama à chaque fois qu'il peut. Son comportement est infantile, indigne d'un président."

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Religion cathodique

Je suis à cran
devant l’écran
de ma télé.
Changer de chaîne
nullement n’amène
la liberté,
c’est pas la peine…
Publicité,
publique, privée,
un faux problème,
en fait le hic
c’est le public
toujours privé…
…de vérité !
La politique,
question de fric !
L’information,
désolation
sans solutions,
diffamation
sans rémission !
Les émissions
à l’heure du "prime",
pas d’états d’âme :
d’l’action, du sang,
d’la sensation,
signe des temps,
bien trop de haine
sur toutes les chaînes,
malheurs en prime,
je vous l’affirme,
c’est la déprime !
Je vois partout
l’initiation
au mauvais goût
et la culture
paie la facture,
prend un bouillon
de jeux bidons !
Boîte à images,
j’tourne la page,
j’suis fatigué.
La solution
de fermeté :
ma religion
pas cathodique
est de tourner,
viré athée,
à fond l’bouton
de la télé
pour la fermer !

Patrick MATHELIÉ-GUINLET

 

«Il ne faut pas que l’âme de Haïti disparaisse sous l’aide internationale»

par Gustavo Torres,

 pour la section Martinique de la Ligue des Droits de l’homme

 

  Il faut donner de l’argent pour Haïti, beaucoup d’argent, et il faut continuer à donner mais sans que cela nous disculpe, sans que ce geste si simple et facile pour nous qui vivons du coté de l’opulence ne nous dédouane…

Et il faut donner du temps pour Haïti, et il faut continuer à donner de soi – ce qui est déjà un peu plus embarrassant – pour continuer à s’investir personnellement et aider Haïti à se reconstruire…

Mais essentiellement il faut aussi de la « vigilance » pour aider Haïti. Pour que personne ne profite de ce que le géant a un genou à terre pour lui tordre le cou… pour que personne ne vienne lui donner des leçons, lui faire la morale ni lui imposer un modèle de société.

La section Martinique de la Ligue des Droits de l’Homme appelle à votre générosité pour continuer à collecter de l’argent dans le public (indispensable et d’autant plus nécessaire qu’il vient des poches citoyennes qui ne monnayent pas la solidarité), et pour continuer à donner de votre temps (si précieux) et surtout pour que en vous sentant responsable de Haïti vous veilliez à ce que personne ne touche à son âme…
Car la machine qui s’est déjà mis en route est redoutable, toute habillée de bonnes intentions…

 

 

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La faille au jardin de plantains


Photo : Courtoisie Haïti couleurs
Arbre sacré, de Harold St Jean, œuvre originale haïtienne en acrylique sur toile.
 

par Joël Des Rosiers - Écrivain, psychiatre

«Pourquoi le philosophe ne se réjouirait-il pas de voir tout effacé d'un coup d'éponge? Alors les hommes repartiraient de zéro et joueraient le jeu avec de nouvelles règles. Qui sait si le gain ne serait pas plus grand que la perte?» - George R. Stewart, La Terre demeure, 1949
 

«Dieu nous hait!» La voix hors champ très vaste de la vieille femme interviewée sur CNN me réveilla de ma torpeur. Elle avait sur le coeur de quoi offusquer le ciel. Le corps de sa fille sous les décombres, dont un bras hors de son havre de béton pouvait faire signe, devenait tour à tour une femme, un objet, une toile, une odeur.

C'est cette présence du corps en décomposition comme lieu de la transgression qui place la tragédie tropicale haïtienne au centre de l'imaginaire contemporain, dans son traitement vertigineux des débris humains et du culte de l'organique. Devant la télé allumée en permanence, j'avais la conviction que l'île natale était, pour autant que je puisse en juger, la seule à faire voler en éclats la fausse théâtralité du désastre naturel, à dynamiter les langages et les codes de représentation de la douleur publique et de la mort. La seule enfin pour laquelle il a fallu créer, par choix ou par nécessité, une terminologie inouïe pour décrire ces nouvelles oeuvres de destruction et de survie. Avec un spectacle comme celui-ci, donné en un lieu inhabituel, sur une durée jamais atteinte — la Caraïbe demeure un éden car au même moment, un paquebot de croisières déversait sans vergogne des milliers de touristes à Labadie, dans le nord du pays —, l'espace public se voit infliger une série de mauvais traitements: sali, découpé, vidé, troué, écrabouillé... C'est l'inscription du corps (individuel ou collectif) — et son martyre — qui menace les normes du comportement social.

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MON PAYS QUE VOICI
Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge

Anthony Phelps

  Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.

Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.

J’ignore encore si la maison familiale est restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce ont été épargnés. Certains amis manquent à l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement, dans mon ancienne station de radio Radio Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon lieu de mémoire.

Nous n’irons pas poser nos nasses dans le lit de la voie lactée pour piéger des étoiles doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus au jeu nous avons dépassé le chant des marionnettes. Nous avons dépassé le chant de l’enfant-do. Et l’enfant ne dormira pas. Il fait un temps de veille. Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge.

L’église de mon enfance a été détruite, le Sacré-Cœur. Mon collège a disparu, l’Institution Saint Louis de Gonzague. Les lycées, universités et autres écoles n’existent plus. Tant de voix se sont tues à jamais ! Tant de victimes d’une aveugle colère de cette terre qui nous a portés !…

Entre la liane des racines tout un peuple affligé de silence se déplace dans l’argileux mutisme des abîmes et s’inscrivant dans les rétines le mouvement ouateux a remplacé le verbe. La vie partout est veilleuse.
En nous nos veines au sang tourné sur nous, le cataplasme de la peur et sa tiédeur gluante et notre peau fanée, doublée de crainte, comme un habit trop ample baille sur des vestiges d’hommes. La vie partout est en veilleuse. Ô mon pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.


Qui donc va me redessiner mon Pays?

Nous n’avons plus de bouche pour parler nous portons les malheurs du monde et les oiseaux ont fui notre odeur de cadavre. Le jour n’a plus sa transparence et ressemble à la nuit. O mon Pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.

Merci à celles et ceux dont les gestes viennent soulager notre détresse et nous aident à nous relever.

Étranger qui marches dans ma ville, souviens-toi que la terre que tu foules
est terre du Poète et la plus noble et la plus belle, puisqu’avant tout c’est ma terre natale.


À la table de concertation pour la reconstruction du pays, en plus de la voix des gros bailleurs de fonds, qu’on entende celle de Cuba, celle de la République dominicaine pour une réconciliation dans la dignité. Celles des créateurs. Que les citoyennes et citoyens des beaux quartiers et des quartiers défavorisés soient consultés. Plus jamais de bidonville.

Mais, qui dirigera un tel projet ? Déjà le grand voisin s’est clairement manifesté. Il a dépêché dix mille soldats du corps le plus aguerri, le plus brutal de l’armée états-unienne : les marines. Dix mille marines pour lutter contre les tremblements de terre ? Ou pour agrandir la base qu’ils viennent d’installer en Colombie ? Presque cent ans après l’invasion d’Haïti par les marines, assistons-nous à une nouvelle forme d’interventionnisme au nom de l’aide humanitaire?

Je me demande ô mon pays quelle main a tracé sur le registre des nations une petite étoile à côté de ton nom.
Yankee de mon cœur qui entres chez moi en pays conquis, Yankee de mon cœur qui viens dans ma caille parler en anglais qui changes le nom de mes vieilles rues, Yankee de mon cœur, j’attends dans ma nuit que le vent change d’aire.


Une fois de plus nous avons rendez-vous avec l’Histoire. Ne ratons pas cette opportunité de construire, sur cet immense malheur, une société plus juste où chacun aura sa place.
Réinventons un pays, pour que ce petit garçon et cette petite fille, qu’on a sortis des décombres, aient une ville où il fera bon vivre.

Après les pleurs et les douleurs, on entendra monter le chant qui séchera toutes tes larmes, ô mon beau Pays sans écho. On entendra monter le chant des enfants qui auront seize ans, à la prochaine pleine lune. Même si je dors sous la terre, leur chanson saura me rejoindre et je dirai dans un poème que j’écrirai avec mes os : Mon beau Pays ? Pas mort ! Pas mort !


© Anthony Phelps 2010 phelpsanthony@videotron.ca
Mon Pays Que Voici, suivi de Les dits du fou aux cailloux .Paris. Pierre-Jean Oswald 1968.
Mon pays que voici. Montréal. Mémoire d’encrier 2007
Mon Pays Que Voici. Poème dit par l’auteur. Montréal. Les disques Coumbite 1966.- Les Productions Caliban 2000

 
 

Les signes d’Haïti.

 par Jacky Dahomay

  La catastrophe qui frappe Haïti est terrible, comme s’il y avait là une finalité de la nature qui aurait visé symboliquement les institutions fondamentales du pays. Même la représentation religieuse en a été frappée. Le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 avait produit un bouleversement de la pensée philosophique et théologique européenne et une forte polémique entre Voltaire et Rousseau. Nous avons en ce moment à l’esprit ces vers extraits du poème que Voltaire avait consacré à l’événement : « D’autres peuples naîtront de vos murs écrasés/ Le Nord va s’enrichir de vos pertes fatales »

Mais nous ne sommes plus au XVIII° siècle et nos problématiques postmodernes sont bien éloignées de celles de Voltaire et de Rousseau. Pourtant nous avons le sentiment que le séisme qui produit un tel malheur dans l’ancienne « perle des Antilles » nous invite à dépasser une émotion légitime quoique trop médiatisée et à penser quelque chose que nous ne pensons pas encore et qui serait déterminant pour le monde et la philosophie politique de ce XXI° siècle commençant. Mais quoi ? L’écrivain haïtien René Depestre nous affirme qu’il faut voir, à travers ce soutien massif à Haïti, une forme d’éveil d’une société civile mondiale. A l’aube du XIX° siècle, Haïti avait obligé les Droits de l’homme à accomplir leur universalité dans leur concrétude. Aujourd’hui, ce pays meurtri mais digne donne une nouvelle dimension effective à l’idée d’humanité.

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Haïti ne mourra pas

Par ERNEST PÉPIN écrivain


 […] Nous sommes, avec vous, hommes de boues sèches et femmes que le silence déchire

Nous sommes, avec vous, enfants de malemort quand le pays s’en va, de secousses en secousses, dévorer les enfances.

Nous sommes avec vous et nous disons pour vous une parole bienveillante.

Parole déshabillée où seule règne une larme

Vous êtes toutes nos guerres et c’est notre sang qu’un cimetière allume comme un cierge.

Vous êtes l’ombre couchée de nos oublis d’antan. Les éclats de nos silences d’antan.

Des siècles ont crié meurtris de tant de cris et l’arbre s’est nourri du silence des oiseaux.

Mais la terre demeure

Haïti n’est pas mort sous ses paupières de nuit

Haïti ne mourra pas trop de poètes l’ont créé

[…] Haïti soleil des carrefours et qui va son chemin de lumière convulsée, d’imprévisible survie parmi les cimetières et la graphie des vents

Haïti ne mourra pas

Nous lui tendons les mains pleines d’ancêtres-frères et nous pleurons parce qu’il faut pleurer mais nous écrivons sur tous les murs tombés pour que renaisse l’enfant vieille de trois jours sans nom :

HAÏTI NE MOURRA PAS !
 

 

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Un silence de deuil défiant un arrêt de mort



 Ce plaidoyer, pour un deuil national,
je voulais l’adresser à ceux qui nous gouvernent,
non pas pour leur dire de sortir de leur silence mais
au contraire
pour pénétrer tous ensemble dans un monde de silence
affronter le monumental défi de la mort.

Les trois cent petites filles de Saint Gérard
elles sont toutes parties, dansant, chantant
dans un adieu de pieds nus et de jupe longue,
et tant de milliers d’autres sous le béton concassé,
le 21 janvier, en un jour, en un seul voyage,
dix mille personnes basculées dans les terres de Titanyen.

En cet état de mort nous n’aurions que faire de discours
de ceux qu’on débite comme des pensums,
vides comme vent, plus solennels que des draps mortuaires.
La mort elle ne mâche pas ses mots : elle fait ce qu’elle fait
avec une efficacité qui pétrifie.
regardant danser les écolières de Saint-Gérard,
nous revoyons ce spectacle qu’elles nous laissent
victoire sur un deuil de mort
quand dans nos yeux elles revivent,
par la mémoire par notre regard et notre silence
elles dansent une danse de vie
survivant à tout instant,
par leur naturelle grâce
défiant l’immobile grimace de la mort
cette subite avalanche si brutalement infligée
si cruellement, à la face du monde
sachant que nous n’aurions
jamais assez de fleurs pour les embaumer,
jamais assez d’encens pour leur offrir,
ni de mots pour dire seulement la litanie de leurs prénoms,
et encore moins
assez de larmes pour les pleurer

au terrible grondement de la terre
répond notre silence,
dans une persistante existence
d’une autre nature et d’un autre monde
silence du regard et de la mémoire
évocation reconnaissance de ces cinq minutes de danse
qui réveillent les disparus
par la mort même devenus capsules d’éternité.

Imaginons le pays couvert d’un deuil de trois fois cent jours
nos regards devenant le défi que nous dédions aux dieux du malheur
inventant répétant
intemporels
gestes et rituels, les chants et les danses,
les récits souvenirs et rêves
les promesses les parfums et les pardons
offrandes
à tant d’âmes qui flottent parmi nous.



Jean-Claude Bajeux.
Par Jean-Claude Bajeux
Directeur Exécutif du Centre Œcuménique des Droits Humains (CEDH)

 

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Commère Maréchale Misère
Par Dominique DOMIQUIN



 Trois boites de haricots rouges, trois boites de maïs, trois boites de macédoine de légumes, des tampons périodiques, deux packs de MatouCapès. Les bénévoles me remercient chaleureusement. Leurs visages sont graves et leurs sourires sincères. Je quitte Destreland un peu plus léger que d’habitude. Je me demande si je n’aurais pas dû donner plus pour Haïti. Me priver un peu plus, même si les temps sont durs sous le soleil de Gwada. En même temps, qu’est-ce que je pèse, moi, petit guadeloupéen, face à l’aide internationale massive ?

Adolescent, lorsqu’on me demandait d’accomplir une tache pénible et ingrate, ou qu’on tentait de me gruger, j’avais coutume de répondre : « Tu me prends pour ton Haïtien, ou quoi ? » C’étaient les années 80. J’avais pourtant dévoré Jacques Roumain et Jacques Stephen Alexis. Mais de là à faire le lien entre le puissant « Gouverneurs de la Rosée », le flamboyant « Compère Général Soleil » et ces ombres furtives qu’on appelait Haïtiens ! Fallait pas trop m’en demander ! Non, décidément, ces gens-là ne collaient pas à mon idée d’Haïti.

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Haïti : ces cadavres que l’on montre

Par Christian Eboulé, journaliste.


 Quand, à l’effroi, au tragique, à la cruauté la plus abjecte, s’ajoute l’indécence, l’impudeur et le mépris télévisuels, alors oui, la douleur que l’on éprouve devient plus qu’insupportable. Fort heureusement, d’abord par Internet, ensuite et bien sûr de façon massive, grâce à la radio et aux chaînes de télévision, le monde entier sait, aujourd’hui, qu’un tremblement de terre d’une ampleur historique s’est abattu sur Haïti. Mais pourquoi diable, ces mêmes chaînes de télévision choisissent-elles de nous montrer, de manière quasiment ininterrompue, ces centaines de cadavres haïtiens, ces victimes innocentes d’un séisme meurtrier et dévastateur ? Pourquoi une telle absence d’égards ? Pourtant, la plupart du temps, lorsqu’il s’agit de victimes occidentales, l’on n’assiste presque jamais à un tel étalage obscène.

Trop, c’est trop ! Les victimes du Sud ont aussi droit au respect de leurs sépultures, quelles que soient, d’ailleurs, les circonstances qui ont entraîné leur mort.

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En Haïti, "les esprits savaient"

Port-au-Prince Envoyée spéciale

 Comment oublier ce 5 janvier ? Comment ne pas se dire que les esprits, ce soir-là, avaient lancé un signe et tenté de prévenir ? A leur façon bien sûr, codée et mystérieuse. Difficile à interpréter. Mais enfin, leur comportement si étrange, une semaine avant le séisme, était à l'évidence un message. Et Jean-Alex Marc, prêtre vaudou à Tabarre, un faubourg de Port-au-Prince, reste troublé par le souvenir. Il n'avait pas su voir.

C'était pour lui un grand jour, et la cérémonie qu'il avait longuement préparée promettait d'être à la fois fervente et délirante. "Une tradition pour moi ce 5 janvier. On l'appelle le "couché yanm", la communion de tous les esprits. Autant dire que c'est plein d'énergie !" Il avait invité d'autres hougans (prêtres vaudous), des dizaines d'initiés ; et très vite, après une longue prière, les tambours s'étaient déchaînés. Les esprits invoqués étaient venus, comme attendu. Mais ils étaient, comment dire, réticents. "Ils ne parlaient pas, ne mangeaient pas, ne festoyaient pas. Ils pleuraient. C'était bouleversant."

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Sociologie culturelle

5 FEVRIER 2010 :JE-A PA FINI !

 
Un écrivain éructe son mépris pour le peuple. Des politiciens de droite croient leur heure revenue. La valse des visites ministérielles reprend, précédant celle, annoncée, de Sarkozy. Le préfet invite les secrétaires généraux de syndicats à venir sabler le champagne pour la nouvelle année.
Ainsi donc le spectre du mouvement social se serait évanoui et chacun tranquillement, profiteurs en tête, pourrait vaquer à ses occupations habituelles? On passerait ainsi par pertes et profits les sacrifices consentis par la population en février/mars 2009, en se consolant avec 200 euros -non encore intégralement versés-,une baisse sur 400 articles -dont certains sont périodiquement déclarés en rupture de stock- sur certains services, sur certaines taxes .On se contenterait de la demi application de l'engagement de la priorité aux Martiniquais-e-s dans l'Ecole et des promesses d'un "conseil interministériel" qui sort déjà des mémoires ?
Il est vrai que quand on compare avec l'augmentation du SMIC concédée aux bas salaires de France :0,5 % ! On pourrait ici s'estimer heureux !
Mais il est évident que le compte n'y est pas. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. La volonté de rogner sur les gains est évidente. Le refus de reprendre les négociations est une provocation. Le silence de l'Etat sur l'augmentation réclamée des minima sociaux, des pensions de retraite, sur la revendication d'un plan d'urgence pour la formation et l'emploi des jeunes, sur la situation des personnes souffrant d'un handicap, sur la réouverture des hôtels fermés est assourdissant.

Qui pouvait s'imaginer, devant ce mépris objectif, que le Collectif du 5 février, cette originale création qui regroupe les forces quotidiennement au service des luttes du peuple, allait rester bras croisés en attendant le passage des masques ?
L'appel à 24 heures de grève le 5 février 2010 est d'abord une affirmation de dignité: PA FOUTE PAMAL DI NOU !


C'est une occasion donnée aux travailleurs/euses et à la population en général d'exiger que les gens d'en face se remettent à la table des négociations pour parler sérieusement. Ils ne devraient surtout pas se méprendre. Dans les profondeurs du peuple on pense,on évalue, on mesure, on pèse le pour ,le contre,on cherche de nouvelles voies, mais on n'est ni résigné ni écrasé.

Le K5F a parfaitement compris qu'il faut, avant même de négocier,rouvrir une grande causerie des combattantes et des combattants .Ce sera le vrai début de notre consultation à nous ! Après la manifestation de rue qui partira des abords du Palais des sports du Lamentin nous reviendrons pour écouter, nous écouter et débattre;
Cette journée sera donc de grande utilité. Pour empêcher son succès les profiteurs et leurs zélés serviteurs veulent faire croire que nous ambitionnons de remettre le couvert pour 38 nouveaux jours dans la rue .C'est vraiment prendre tout le monde pour des imbéciles .Cette fois, nous nous contenterons de 24 heures et ne menaçons le carnaval de personne. Peu nous importe comment nos adversaires évaluent notre stratégie. Ce qui compte pour nous, c'est l'opinion et la mobilisation de celles et ceux qui nous ont mandaté pour conduire les luttes légitimes et indispensables de la population pour arrêter les mauvais coups qui ne cessent de pleuvoir sous prétexte de crise et améliorer son propre sort

Donnons nous un bon 5 février 2010 pour qu'au moins ils comprennent !



Philippe Pierre-Charles

 
 

 A l'affiche

 

Nous venons de mettre en ligne  10 entrevues en profondeur accordées par M.
Anglade en 2008 au journal Le Nouvelliste. Celles-ci sont accessibles à partir de la page d'index de M. Anglade sur le site Classiques des sciences sociales:
De plus son livre



L'HEBDO DE GEORGES ANGLADE.CHRONIQUE D'UNE ESPÉRANCE. 2008.

est téléchargeable gratuitement sur le même site. Il sera suivi dans les
prochaines semaines de l'essentiel de son œuvre.

La pensée de ce grand universitaire haïtien tué dans le tremblement de terre
concerne tous les Antillais, et au delà

Jean Benoist
 

 

MUSEE DAPPER : un espace d'arts et de cultures pour l'Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas

 

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Galerie IMAGIN'Art Les Filaos - Domaine de Nogent 97115 SAINTE-ROSE 0590 28 00 10 - 0690 55 74 67 galerieimaginart@orange.fr

 

 

Musiques

altermusica

   C'est le « peu de conscience de la mondialisation culturelle et la sous- représentation des musiques du monde au niveau médiatique » qui a poussé Ophélie Cohen, la toute jeune fondatrice et directrice d'Altermusica, à créer, en octobre 2005, cette web-radio associative. Son objectif ; valoriser les musiques et les cultures du monde, idée plutôt ingénieuse dans un secteur aussi actif Bilan: plus de trois cents émissions et des reportages photo en ligne nourris d'une insatiable volonté d'ouverture à l'autre, de compréhension et de connaissance. Outre ces chaleureux voyages musicaux hors de nos frontières, Altermusica communique des dates de concerts et de festivals, des playlists, des rediffusions de concerts. En parallèle, l'équipe vient de sortir le magazine papier Alia (premier numéro paru en avril dernier), consacré à la vie culturelle alternative dans toute l'Île-de-France, et diffusé gratuitement à 15 000 exemplaires par mois. Équitable..

CAROLE ALTER pour Télérama

 

 

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 À Madiana

Avatar, hélas !

par Selim Lander

  Dans un article récent du Monde (27 janvier 2010), Pierre Desjardins, professeur dans un CEGEP québécois, présente une judicieuse analyse de l’idéologie militariste du film événement de ce début d’année, qui a déjà fait onze millions (!) d’entrées en France (chiffre des six premières semaines). Depuis l’effondrement de « l’arbre-maison » qui évoque celui du WTC de New York jusqu’à l’apparition finale d’un dragon volant salvateur, image de l’aigle américain, tout est fait pour convaincre le spectateur que la guerre à outrance est juste pourvu qu’elle soit défensive. La transformation des paisibles Na’vi, qui versaient des larmes de crocodile chaque fois qu’ils devaient tuer un animal à la chasse, en guerriers assoiffés de sang passe ainsi comme une lettre à la poste. Les bons soldats se battent à la loyale, avec des arcs, des flèches et des poignards, tandis que les méchants, loin de se contenter de leurs gros calibres, dévastent les forêts au napalm et vont même jusqu’à tenter d’utiliser des armes chimiques. Heureusement, tout finit bien qui doit bien finir : les bons sont vainqueurs et ils expulsent manu militari les quelques envahisseurs qui ont survécu au carnage.

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" Avatar " L'évolutionnisme mal dégrossi du film  reflète notre imaginaire


 par Thomas Heams

Maître de conférences en génomique à AgroParisTech
, codirecteur des " Mondes darwiniens, l'évolution de l'évolution " (Syllepse 2009)
James Cameron, encore un effort pour être darwinien !


 La première hypothèse sur laquelle se fonde Avatar, le film de James Cameron, c'est qu'il existe une vie extraterrestre très près de la nôtre. Elle s'invite dans un des débats les plus vifs aux frontières de la biologie et de la cosmologie, qui est justement la question des origines du vivant : ce qui s'est passé sur Terre il y a 3,8 milliards d'années était-il un processus inexorable compte tenu des éléments disponibles et des conditions de l'époque, ou bien est-ce une splendide exception ? Pour y répondre, les chercheurs de vie extraterrestre, les exobiologistes, scrutent nos plus proches voisines, notamment Mars.

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Denzel Washington, pèlerin du futur


Dans Le Livre d'Eli, Denzel Washington doit protéger le dernier exemplaire de la Bible.

 par Olivier Delcroix


 Dans «Le Livre d'Eli», road-movie apocalyptique des frères Hughes, l'acteur compose un moine guerrier, ultime possesseur de la Bible.

Après l'Amérique en cendres de Terminator Renaissance, après le road-movie de fin du monde La Route, tiré du best-seller de Cormac McCarthy adapté par John Hillcoat, voici Le Livre d'Eli, un nouveau blockbuster postapocalyptique mis en scène par les frères Hughes (From Hell) et produit par Joel Silver, le producteur de la trilogie Matrix.

Les Américains seraient-ils donc si inquiets pour leur avenir ? Il semble bien que la réponse soit oui. Sorti aux États-Unis il y a deux semaines, Le Livre d'Eli a d'ores et déjà engrangé près de 31,6 millions de dollars de recettes, s'octroyant une honorable deuxième place au box-office américain face au rouleau compresseur Avatar, de James Cameron (dont les recettes ont dépassé les 500 millions de dollars).

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 Tanya ELISABETH
L’Art Performance

Le corps dans le décor

Un art qui apparaît d’autant plus vivant, qu’il semble n’obéir à aucune règle définie, fourmillant d’imprévus et d’inventions.

par Christian Antourel
 

 Tanya Elisabeth est une artiste au devenir prometteur. L’imaginaire artistique qu’elle développe, ses représentations quelle réalise comme dans l’envolée d’une apparition de colombes font de cette artiste plasticienne, une magicienne, mais aussi une danseuse a la recherche du temps perdu qu’elle retient dans l’étreinte spontanée d’une interprétation de la nature. Elle vit une aventure qui la porte dans des ressentis tenaces, volatils et fugitifs qu’elle envisage en connivence entre corps et décors, dans un accord tacite, un périple audacieux ou des espaces vides s’habillent entre transparence et apparence de couleurs vraies et fugaces. Elle danse dans l’espace de nos regards, maintenue en équilibre entre les surfaces modulables de toute la réalité d’un rêve, par essence, évanescente et éphémère.

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Vernissage à  la galerie T § T de Basse-Terre le 21 janvier 2010 :

« Le casse-tête » de
T(hierry ALE)T.

par Scarlett Jésus

   André BRETON collectionnait les masques africains. D’autres peuvent s’enorgueillir de posséder une galerie de portraits de leurs ancêtres. T(hierry ALE)T est un voleur de têtes. Un artiste « serial killer » à l’imagination toute puissante et qui n’en fait qu’à sa tête. Un véritable Barbe-bleue qui détient, dans son cabinet de curiosités une fabuleuse (et assez mystérieuse) collection de têtes. Des têtes « cou coupé » et qui rient étrangement… face à la Mort.

Avoir choisi de dévoiler une partie de sa collection ce 21 janvier n’est pas anodin. T a-t-il toute sa tête ? Une telle date, qui coïncide avec le déclenchement des 44 jours de grève en 2009, se situe dans la période du Carnaval, à dix jours à peine du désastre d’Haïti. Le choix d’une telle date, qui associe trois évènements aussi disparates, ne revient-il à convier pour l’exposition, de façon oxymorique, le Rire et la Mort dans ce qui pourrait s’apparenter à une Danse macabre ? Les Grecs le savaient, les Dieux se rient du malheur des hommes…

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 Vanina Tougon
Pots de fleurs en résine


Exposition itinérante dans les grandes surfaces.

par Christian Antourel

  Si la discipline, de designer n’a toujours pas de statut officiel, et le mot design de définition tangible, c’est que chaque époque, chaque courant réinvente « sa » définition du design
La recherche hors des sentiers battus, pour mettre en relation des éléments structurels et fonctionnels, qui fait de l’objet une unité cohérente est-ce cela le design, une conception pour un environnement en adéquation à la fois pratique et esthétique ? Rien a voir avec l’esthétique du banal on pencherait plutôt pour une filiation avec l’utile et l’agréable redéfini, où il s’agit de s’extraire en dehors d’une théorie de l’habitude rationnelle, aller là où l’insolence naturellement, porte loin en avant dans l’expression de formes en rupture avec l’ennui la routine, la monotonie et son miroir. Vanina aime les fleurs en pots, objet de décoration pour la maison. Alors elle les invente ses pots précieux  par un jeu de manipulations, sans cesse renaissant.

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Les artistes qui comptent s'installent à Berlin

Robin Rhode : «Je suis venu à Berlin en 2001 par hasard, par amour pour ma future femme. Pour moi, Sud-Africain, le climat est terrible. Ce n'est pas beau comme Paris ou New York, mais c'est une ville complexe, multicouche, fascinante.» (Robin Rhode)

  Vingt ans après la chute du Mur,la capitale allemande est devenue le point de ralliement des créateurs et des galeries les plus dynamiques d'Europe.

Tous les chemins mènent-ils à Berlin ? Malgré sa position excentrée et septentrionale, malgré la crise, la capitale allemande s'affirme comme l'eldorado des artistes venus du monde entier. De Scandinavie, comme Olafur Eliasson, 42 ans, le magicien de la Terre qui a fait jaillir des cascades à Manhattan en 2008. Du Portugal, comme Jorge Queiroz, 43 ans, dessinateur aux pastels surréalistes. D'Afrique du Sud, comme Robin Rhode, 33 ans, danseur et vidéaste venu du street art, ou Pieter Hugo, 33 ans, photographe vedette de la dernière Biennale de Bamako. De France, comme Saâdane Afif, 39 ans, prix Marcel-Duchamp 2009, Damien Deroubaix, 37 ans, et Nicolas Moulin, 39 ans, ses compétiteurs. De toute l'Allemagne, aussi, de l'Ouest, comme le peintre du «trash» Jonathan Meese, ou de l'Est, comme celui de l'abstraction acidulée, Frank Nitsche. Tous ont choisi de vivre à Berlin et contribuent à en faire une ville d'artistes, paisible, décalée, enthousiaste et active.
 

 
Sociologie culturelle
Tunisie : la scandaleuse condamnation de Taoufik Ben Brik

par William Bourdon, Hélène Flautre, François Gèze...

 L'accord d'association entre l'Union européenne et la Tunisie doit être suspendu.

L'atroce comédie en quatre actes se déroule sous nos yeux, mais, en haut lieu, personne ne bouge.

Acte I : le 25 octobre 2009, le général Zine el-Abidine Ben Ali est "réélu" pour un cinquième mandat à la tête de la Tunisie avec 89,62 % de suffrages exprimés, s'attirant aussitôt les "sincères" félicitations du président français, Nicolas Sarkozy.

Acte II : le même jour, à 16 h 45, le journaliste Taoufik Ben Brik, infernal trublion depuis plus de dix ans – et qui depuis des semaines distillait ses billets assassins contre le régime tunisien sur de nombreux sites Web –, fait l'objet d'une provocation, qu'il dénonce immédiatement par des posts aux sites Web français : alors qu'il va chercher sa fille de dix ans à l'école, il est violemment pris à partie par une automobiliste, qui l'accuse contre toute évidence d'avoir heurté son véhicule et de l'avoir agressée.

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Lakouzémi : "Maintenant que nous avons touché le fond..."

  Ce texte de Monchoachi, écrivain, est le texte introductif au débat de la journée Lakouzémi qui se tiendra le 30 janvier 2010 à Sainte-Anne, en Martinique.
"pèd pou pèd"

"Sur le désastre du 10 janvier 2010, après la furie qui l’escorte, pouvons-nous entendre quelques considérations ?

1. Il s’agit d’une humiliation qui atteint la Martinique dans son ensemble et chaque Martiniquais en particulier car elle est la manifestation de la décomposition d’un peuple dont la seule volonté collective en mesure aujourd’hui de se manifester avec force est de ne pas vouloir s’appartenir. Pire que l’esclavage est la servitude volontaire. De ce point de vue, il faut être habité d’une singulière conception de la liberté pour se réjouir de pareil « attachement » qu’on s’illusionnerait par ailleurs débordant de lyrisme et se rapporter à « la France et aux valeurs républicaines ».

2. Parler en l’occurrence de « lucidité » et de « courage » devant le spectacle d’un peuple qui se dissout sous le poids d’un pragmatisme élémentaire ou aux relents d’un parfait cynisme, cela revient à peindre la fleur pour tenter d’en masquer l’odeur. Les motivations et considérations qui ont conduit à une telle humiliation, si elles sont sombres, ne sont pas pour autant tenues secrètes : les gens les ont largement et clairement fait connaître. Le plus renversant de tout, ce sont ceux qui s’engouent à clamer « peuple » une communauté dont ils s’activent par ailleurs rageusement à soutirer les penchants avilissants et autodestructeurs.

3. Quant aux politiques qui rêvent tout haut s’attribuer le « mérite » d’un tel désastre, pour être misérable leur posture n’en est pas moins surtout présomptueuse. Car ce qu’illustre à l’évidence la votation du 10 janvier c’est l’absolue mise hors jeu des politiques. C’en est même l’une des leçons majeures : le court-circuitage de la représentation politique dès lors que l’on se persuade qu’une quelconque initiative du politique risquerait tant soit peu de contrecarrer les logiques accumulatives (consommer plus) auxquelles l’on est assujetti.

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Tel qui pleurait hier aujourd’hui se réjouit
par Michel Herland



  Un écrivain célèbre s’est illustré, aux lendemains du 10 janvier, en insultant copieusement les Martiniquais, coupables selon lui d’inconséquence notoire. Selon cet auteur, en effet, il n’était pas cohérent de refuser l’ouverture vers l’autonomie accrue qui aurait résulté du passage au régime d’une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, après avoir crié bruyamment, pendant les événements de février-mars 2009, que la Martinique appartenait aux seuls Martiniquais et que les Français de France n’avaient rien à y faire.

En réalité, il n’y avait aucune contradiction là-dedans. Outre que les manifestants enrôlés sous la bannière du K5F ne représentaient pas toute la Martinique, il n’est nullement absurde, en politique, d’envoyer simultanément au « maître » (l’État français) un message négatif (« tu n’es pas ici chez toi ») et un message positif (« non, nous ne voulons pas changer de statut car nous refusons de courir le risque de voir diminuer les transferts financiers en provenance de ton budget »). Qui ne voit, en effet, que, aussi longtemps que l’État français désirera conserver la Martinique, il n’est pas inopportun de lui faire savoir qu’il n’est pas vraiment chez lui ici mais que, à défaut d’être aimé, il peut néanmoins se rendre indispensable en faisant, de temps en temps, un geste supplémentaire. Les manifestants de février-mars étaient donc tout autant dans leur rôle que les personnes – en partie les mêmes – qui, le 10 janvier, ont donné une majorité écrasante au non.

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Le sens de nos votes ?

  Le droit acquis de voter a fait l’objet de luttes âpres par les peuples de tous les pays et notamment de la population française. Ce même droit a été acquis par la population de la Martinique dont la partie la plus nombreuse a pu être libérée du joug des esclavagistes. Celle-ci devait pouvoir s’exprimer démocratiquement.

La relative très bonne participation au scrutin du 10 janvier 2010, a démontré que le citoyen pouvait se rendre aux urnes en nombre. Ce 24 janvier nous sommes dans une configuration décevante mais dont les chiffres de participation expriment néanmoins un taux assez habituel des Martiniquais dès lors que le passionnel ne guide pas son geste citoyen de voter.

Il est vrai que le 10, les Martiniquais ont exprimé, à tort ou à raison, leur refus de tendre vers une autonomie même à minima avec des acteurs politiques qui ont montré leurs limites à travers leur « idéologisme » aveugle. Eloignés des réelles préoccupations des Martiniquais exprimées notamment le 5 février 2009, mais dont la nature a été détournée au gré des orientations politiques trop politiciennes, nos élus actuels vieillissants ont manqué de réponses à apporter aux citoyens dans ce monde où beaucoup de curseurs ont été déplacés tant économiquement, socialement que dans le fonctionnement de la société en général.

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Martinique : La marche vers notre émancipation reprendra avec force...

Par Robert Sae

  Fort de France. Mardi 26 janvier 10.CCN. Robert Sae , porte parole du Conseil National des Comités Populaires(CNCP) Martiniquais, porte ici un éclairage plein de lucidité et une analyse nécessaire sur les deux élections qui viennent de marquer le paysage politique de son pays. Le CNCP est avec le Mouvement Indépendantiste Martiniquais ( MIM) , d’Alfred Marie Jeanne, l’une des composantes du groupe des « Patriotes Martiniquais » majoritaire à la Région,Martinique. Le CNCP faisait aussi partie du « Rassemblement Martiniquais pour le Changement ( RMC) favorable à l’application en Martinique de l’article 74 de la constitution francaise

Les forces politiques réactionnaires jubilent : «80 % de non ! C’en est fini des patriotes et de question institutionnelle ! » Certains défenseurs du oui ne décolèrent pas : «C’est quoi ce peuple qui braille dans la rue et refuse le pouvoir de défendre ses intérêts propres ! » Et puis, le gouvernement a lancé sa campagne de propagande au plan international : « Voilà la preuve que ce sont bien des terres françaises et que la population d’outre-mer nous est définitivement attachée ! » Est-ce ainsi que tournerait la roue de l’histoire ?

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Le Café Poésie du LINA'S CAFÉ

Samedi 13 févier 2010
à 18 Heures 30 à Fort-de-France

L’Association Poétique
les Griots de la Martinique
reçoit

- Euphrasie CALMONT, Emma ou la rage de vivre, (Roman).
- Véronique COMBO - Concept de la famille martiniquaise.
- Isambert DURIVEAU – Sculture sur pierre.

Vernissage 20 février 2010 à 19 H 00, LINAS CAFÉ

- Expression libre.
AU LINA’S CAFÉ
15 rue Victor Hugo à Fort-de-France
Venez nombreux, l’entrée est gratuite
Contact : 0596 53 32 39 - 0596 71 91 92
NOUVEAU !
Entrée gratuite.
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