L’éphéméride du 23 juillet

Plus de 300 personnes quittent Dieppe et émigrent pour coloniser la Nouvelle-France le 23 juillet 1632

La Nouvelle-France est un ensemble colonial français d’Amérique du Nord qui a existé de 1534 à 1763 avec le statut de vice-royauté. Sa capitale était Québec.

Son territoire était constitué des colonies d’Acadie, du Canada et de la Louisiane. À son apogée vers 1745, il comprenait le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le nord de la Prairie, et une grande partie de la péninsule du Labrador. Les descendants des habitants de cette ancienne colonie sont les Acadiens, les Brayons, les Cadiens, les Créoles louisianais, les Canadiens français (en majorité au Québec) et les Métis du Canada.

Ce fut d’abord une colonie-comptoir administrée par des compagnies coloniales, puis une colonie de peuplement sous le gouvernement royal du Conseil souverain de la Nouvelle-France.

La position géographique de la Nouvelle-France empêchait l’expansion vers l’ouest des treize colonies britanniques d’Amérique du Nord, ainsi que la liaison entre ces colonies et la Terre de Rupert. Cela entraîna des tensions qui culminèrent avec l’affaire Jumonville en 1754, événement déclencheur de la guerre de la Conquête, aspect nord-américain de la guerre de Sept Ans, qui se termina par la reddition de la Nouvelle-France en 1760, suivie du traité de Paris de 1763, en conséquence duquel la France cède à la Grande-Bretagne une part importante de son premier empire colonial.

Origine de la dénomination
Giovanni da Verrazzano est le premier émissaire français à utiliser l’expression de « Nouvelle-France » (en latin : Nova Francia) pour nommer les terres qu’il avait découvertes en Amérique. En effet, en 1524 il avait accompli au nom du roi de France une mission de reconnaissance le long du littoral atlantique de l’Amérique du Nord1, faisant escale sur la côte almouchiquoise.

Histoire
Article détaillé : Histoire de la Nouvelle-France.
1534-1645: Prise de possession du territoire par les Européens et création d’une colonie-comptoir
Le golfe du Saint-Laurent fut exploré par Jacques Cartier dès 1534. Celui-ci rencontra des nations autochtones et y fit, en tout, trois voyages ; la légende du Royaume de Saguenay ayant contribué aux expéditions subséquentes. La Nouvelle-France fut progressivement occupée de façon permanente par le royaume de France de l’Ancien Régime.

Alors que les coureurs des bois entreprirent la traite des fourrures pendant la seconde moitié du xvie siècle, ce n’est qu’en 1600 que le premier comptoir commercial permanent fut établi à Tadoussac. Puis en 1603, sur la pointe Saint-Mathieu, Samuel de Champlain conclut un traité d’établissement au Canada avec les Montagnais, Malécites et Micmacs. Et alors, des colons français s’y implantèrent de façon permanente après la fondation de la ville de Québec en 1608. La vallée du Saint-Laurent devenait alors le cœur d’un développement colonial maritime, avec pour centre le cap Diamant et l’île d’Orléans, séparés par la baie de Beauport.

Ce n’est qu’en 1604 qu’on établit le premier établissement permanent en Amérique du Nord à Port-Royal en Acadie (Nouvelle-Écosse).

Cette colonie servait alors uniquement à la pêche et à la traite des fourrures. C’était alors une colonie-comptoir2. Elle portait ce titre puisqu’on ne vivait que temporairement en Nouvelle-France à cette époque. Les Français exploitaient les ressources dont ils avaient besoin et repartaient en Métropole.

Cependant, Louis Hébert, après deux séjours en Acadie (de 1606 à 1607 et de 1610 à 1613), revint en 1617 avec femme et enfants pour s’installer définitivement à Québec, devenant ainsi le premier des colons français à s’établir de façon permanente en Nouvelle-France.

Le mercantilisme (ou colbertisme) inspirait alors les décisions prises pour la Nouvelle-France, dont le développement et gouvernement était confié aux compagnies de commerce à monopole.

En 1627, le Cardinal de Richelieu créa à cet effet la Compagnie des Cent-Associés. La Coutume de Paris et le régime seigneurial furent alors introduits en Nouvelle-France.

Plusieurs compagnies coloniales se sont succédé dans le but d’assurer le gouvernement et le développement commercial de la Nouvelle-France :

Compagnie de Rouen ;
Compagnie de Montmorency ;
Compagnie des Cent-Associés ;
Compagnie française des Indes occidentales ;
Compagnie de la Baie du Nord ;
Compagnie des Habitants ;
Compagnie de la Louisiane ;
Compagnie d’Occident ;
Compagnie du Mississippi.
En 1629, les frères Kirke conduisirent l’invasion de Québec qui mena à l’occupation de la Nouvelle-France, par le royaume d’Angleterre, qui se termina à la restitution du territoire au roi Louis XIII par le traité de Saint-Germain-en-Laye de 1632.

1645-1745: Passage d’une colonie-comptoir à une colonie de peuplement

Ce n’est que sous le règne de Louis XIV que furent envoyées les Filles du Roi et que furent adoptées les politiques de croissance de la population par l’intendant Jean Talon.

Si le XVIe siècle fut l’ère des premières expéditions et des établissements français éphémères, le règne d’Henri IV donna une impulsion importante à la colonisation de la Nouvelle-France. Au xviie siècle, Richelieu puis Colbert furent les principaux acteurs de la politique coloniale au sein du Conseil du roi de France.

En 1663, le Conseil souverain de la Nouvelle-France fut créé hors du domaine royal, afin de prendre la relève des compagnies coloniales. Malgré la monarchie absolue qui demeurait en vigueur en Métropole, la vice-royauté se voyait alors investie de pouvoirs qui rappelaient le régime féodal du Moyen Âge. Dès lors, ce gouvernement royal releva du secrétaire d’État de la Marine.

C’est en 1664 que débarquent les premières Filles du Roi. Huit cents Filles du Roi venues de France et éduquées à Paris par la fine fleur de l’aristocratie française s’installent à demeure en Nouvelle-France jusqu’en 1673, soit un apport représentant près de 25 % de la population d’avant leur arrivée. Tant et si bien que 9 ans après les premières arrivées, la population double pour un total de « 6 700 âmes en 1672 » ; elle triple en 1682 moins de 18 ans après l’arrivée des premières Filles du Roy pour un total de 10 000 âmes3.

Un siècle plus tard, la population s’élevait à 90 000 personnes4. Les colons français ayant peuplé le Canada de la Nouvelle-France provenaient principalement de Paris, de l’Île-de-France et des provinces françaises d’Aunis, d’Anjou, de Bretagne, du Maine, de Normandie, de Bourgogne , du Pays-Basque, de Perche, de Picardie, du Poitou dont les Deux-Sèvres et la Vendée, de Saintonge et de Touraine. Les Filles du Roi provenaient de l’Orléanais alors que quelques dignitaires arrivaient directement d’Île-de-France. Plaisance ou colonie de Terre-Neuve fut fondé par les Basques du Sud-Ouest de la France. La Louisiane et la Baie du Nord furent principalement peuplées par des colons provenant de Nouvelle-France où ils s’étaient établis préalablement.

Politique administrative
Outre les nations autochtones, la Nouvelle-France partageait principalement le territoire de l’Amérique du Nord avec les colonies britanniques, dont la Nouvelle-Angleterre et, la vice-royauté de Nouvelle-Espagne.

Contrairement à l’Acadie, la Louisiane et Plaisance, il relevait directement du gouverneur de la Nouvelle-France qui siégeait à Québec. Cependant, la colonie connut la création de trois gouvernements régionaux distincts, soit ceux de Québec (1608), des Trois-Rivières (1634) et de Montréal (1642). La région des Pays-d’en-Haut comprenait le bassin versant des Grands Lacs, dont les forts de Pontchartrain (Détroit) et Michillimakinac (Sault-Sainte-Marie) formaient à peu près les uniques pôles de peuplement français après la destruction de la Huronie.

Lors du premier recensement effectué en Nouvelle-France, par Nicolas Levieux, sieur de Hauteville5, secrétaire du conseil des finances de Monsieur, frère du roi, et lieutenant général civil de la Nouvelle France et lieutenant général criminel de la Sénéchaussée de Québec, en 1666, on comptait quelque 3 215 Européens dans la vallée du Saint-Laurent (voir Canada).

1745-1763
C’est vers les années 1750 qu’elle atteignit son apogée territoriale. Elle regroupait alors cinq colonies possédant chacune sa propre administration régionale.
[…] Relations avec les nations autochtones
Dès le début du xviie siècle, les colonisateurs français entrèrent en contact avec les tribus autochtones. Ils s’allièrent avec les Micmacs, les Abénaquis, les Algonquins, les Innus et les Hurons. Samuel de Champlain participa à la protection de la colonie contre les Iroquois, devenus les ennemis des Hurons et des Algonquins, à cause de leur rivalité engendrée par le commerce des fourrures et le fait que les Hurons avaient perdu leurs terres au profit des Iroquois.

Dans la continuité des alliances, Samuel de Champlain s’entretient en 1633 à Trois-Rivières avec le chef Capitanal. La Relations des jésuites du père Paul Le Jeune rapporte : « La conclusion fut que le sieur de Champlain leur dit, quand cette grande maison fera faite, alors nos garçons se marieront à vos filles, & nous ne ferons plus qu’un peuple »8 ; Champlain parle de la naissance de la Nation métisse en Nouvelle-France.

Le roi Louis XIV ordonne au gouverneur Daniel de Rémy de Courcelles, en 1665, que « les officiers, les soldats et tous les sujets de Sa Majesté doivent traiter les Autochtones de façon équitable, sans jamais avoir recours à la violence »9.

La Grande Paix de Montréal en 1701 rétablit les relations avec les Iroquois. La Ligue iroquoise s’engage à rester neutre dans une éventuelle guerre opposant Anglais et Français.
Au terme de la guerre de la Conquête, la Nouvelle-France tomba sous occupation militaire britannique de 1760 à 1763. À la suite du traité de Paris de 1763, le royaume de France ne conserva que ses territoires aux Antilles ainsi que les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon.