— Par Roland Sabra —
« A travers l’écriture et le récit théâtral, je cherche à explorer les tabous et les non-dits au sein des familles et de la société. » Le public de Françoise Dô était d’autant plus prévenu qu’il avait pu voir, dans cette même salle Frantz Fanon, il deux ans de cela « Aliénation noire« . Pour autant l’effet de sidération a joué à des degrés divers mais bien réels lors de la première d’ « A Parté » à entendre comme aparté, que le Larousse définit de la sorte : « Ce qu’un acteur dit à part soi sur la scène, et qui est censé n’être entendu que des spectateurs. Conversation discrète tenue à l’écart, dans une réunion, dans un petit groupe. » Il est donc question d’un dire à part, diffusé à voix basse, pas tout à fait caché, mais que tout un chacun connaît. Un non-dit entendu par tous. Le synopsis de la pièce de Françoise Dô, tel qu’il est annoncé dans la présentation participe au semi-secret en dissimulant l’objet dont il va être question.
526 search results for " Françoise Do"
Théâtre
Festival des petites formes du 15 au 27 janvier 2019

Festival des petites formes du 15 au 27 janvier 2018
Pass 50 € : 3 spectacles en Salle Frantz Fanon = 1 invitation Chapiteau
Télécharger le programme en pdf
« Dernier rivage » de Daniel Keene, m.e.s. Hassane Kassi Kouyaté
Mardi 15 janvier 2019 -19h –
Chapiteau Ex Espace Osenat à Schœlcher
Création
Le monologue d’un exilé aux poches trouées, qui se cherche une identité. Comment trouver sa place dans un monde où ce qu’on possède nous définit ? Les souvenirs de guerre se mêlent aux bruits de la rue et à l’imagination. Les paroles de musique comme un refrain bien connu ponctuent cette pièce qui questionne notre humanité.
Mise en scène & Scénographie : Hassane Kassi Kouyaté
Interprétation : Nathalie Vairac
Costumes : Anuncia Blas
Création lumière & Régie générale : Jean-Pierre Népost
Construction décors : Tony Raynaud & William Vahala
Production : Cie de La Lune Nouvelle
Coproduction : Tropiques Atrium Scène nationale & Cie Deux Temps Trois Mouvements Avec le soutien de l’Institut français de Daka
Théâtre
« Aliénation(s) » à la BU…
Le spectacle de Françoise DÔ jeudi 22 février 2018 à 19h
En partenariat avec Tropiques Atrium Scène nationale, la bibliothèque universitaire du campus de Schoelcher est heureuse de vous inviter, jeudi 22 février à 19h, à la représentation de la pièce «Aliénation(s)», écrite, mise en scène et interprétée par Françoise Dô.
Sophia est une jeune martiniquaise ayant fini ses études à Paris. Lors d’une réunion familiale, elle découvre une partie de la vie de sa mère, avec qui elle avait une relation impersonnelle. De sa migration, à l’époque par l’intermédiaire du BUMIDOM, à son rapport aux hommes, tout résonne et fait écho à sa propre vie. Remonte alors à la surface son histoire trouble autant avec sa terre d’accueil qu’avec sa terre d’origine. Est-elle vraiment libre de ses choix ? [FD]
Françoise Dô présente ainsi sa démarche artistique : « Bien que ce texte fasse intervenir plusieurs personnages, j’ai choisi de mettre sur scène une seule comédienne qui dans un monologue sur le principe de l’acteur-conteur se démultiplie pour présenter chaque protagoniste. Ce choix permet à mon sens d’accentuer la question de l’identité de la personne qui a migré (l’immigré, l’immigrant ou l’expatrié)… »
Créé en 1963 par le gouvernement français pour « contribuer à la solution des problèmes démographiques intéressant les départements d’outre-mer », le BUMIDOM fut chargé de traiter la question de l’émigration domienne vers la métropole.
Théâtre
« La fin de l’homme rouge » de Svetlana Alexievitch, m.e.s. Stéphanie Loïk
17 novembre 2017 à 20 h Tropiques-Atrium
De Svetlana Alexievitch – Prix Nobel de littérature 2015 –
Svetlana Alexievitch écrit à partir d’interviews de russes et biélorusses, de tous âges et de toutes conditions sociales, ayant vécu ou non l’ère soviétique. Elle questionne non sur la politique, mais sur… les détails d’une vie.
La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement (1ère partie), traite de l’effondrement de l’Union soviétique.
Dix histoires au milieu de nulle part (2ème partie) raconte la Russie et la Biélorussie d’aujourd’hui, sous l’ère de Vladimir Poutine et d’Alexandre Loukachenko.
Durée estimée du spectacle: 2 heures 45 mn.
Pour La fin de l’homme rouge ou Le temps du désenchantement, comme pour ses autres textes, armée d’un magnétophone et d’un stylo, Svetlana Alexievitch, avec une acuité, une attention et une fidélité uniques, s’acharne à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu’a été l’U.R.S.S, à raconter la petite histoire d’une grande utopie. Il s’agit de son dernier roman-témoignages, traduit par Sophie Benech et publié chez Actes-Sud (il a reçu le Prix Médicis Essai 2013), réalisé à partir d’interviews de femmes et d’hommes de tous âges et de toutes conditions sociales, russes et biélorusses ayant vécu ou non l’ère soviétique.
Littératures, Théâtre
À lire, à entendre, « La jupe de la rue Gît-le Cœur », et « Frantz »
— par Janine Bailly —
Connaissez-vous l’Œuf, au 19 de la rue Garnier Pagès à Fort-de-France ? Il y là, tapi entre ses semblables, un vieil immeuble traditionnel qui dormait au cœur de la ville, laissant un fier bananier s’épanouir dans sa petite cour intérieure, laissant tristement s’empoussiérer murs et escaliers, et faisant sous le soleil et la pluie le dos rond. Mais un jour, une association décida de le louer, pour en faire une maison d’artistes. Alors, il se réveilla, rouvrit sur la rue passante ses hautes portes, son balcon et ses volets de bois. Il se fit œuf, œuf où germent non de jaunes poussins, mais des idées, des œuvres, des créations et élucubrations diverses, enfantées par des artistes de tout poil. Ici, chacun est bienvenu, acteur dynamique autant que simple « regardeur » à l’œil toujours en éveil. Ici l’on peut voir, tout ce qui décore le lieu, tout ce qui s’expose, et qui parfois s’offre à la vente. Ici fleurissent sur les murs, sur les marches, sur sols et plafonds, toutes les couleurs de l’arc en ciel. Ici, enfin, l’on peut se rencontrer, on peut entendre.
Jean-Durosier Desrivières, Théâtre
Lectures : « La Jupe de la rue Git-le-cœur » de J.-D. Desrivières ; « Frantz » de M. Herland
Vendredi 30 juin, 20 heures – à L’Œuf-Maison d’artistes, rue Garnier Pagès, Fort-de-France
Jean-Durosier Desrivières revisite « l’audience »
Jean-Durosier Desrivières est connu comme poète, avec deux recueils publiés chez Caractères (2). Il est également l’auteur, pour le théâtre, de deux pièces brèves (3). La jupe de la rue Gît-le-Cœur met en scène deux personnages, « l’écrivain » et « l’audienceur », sans qu’il y ait pour autant dialogue, la dérive verbale du premier – qui accompagne sa dérive pédestre au quartier latin, en quête des bureaux de l’éditeur auquel il entend proposer un manuscrit – nourrissant les propos de l’audienceur, une figure de la société haïtienne, pas tout-à-fait un conteur, plutôt un affabulateur qui brode à loisir sur des faits réels.
Le monologue de l’écrivain s’alimente à plusieurs sources, parmi lesquelles la topographie du quartier latin, bien sûr, mais encore les passants et surtout les passantes dont il remarque qu’elles sont toutes, ou presque, en ce printemps, vêtues des mêmes pantalons blancs (« Trop de pantalons blancs, me suis-je dit. Et trop de mauvaise fesses dans ces pantalons blancs.
En librairie
Lire « Tropique de la violence. » de Natacha Appanah
— Par Françoise Dô (*)—
J’ai alors dit la chose la plus stupide de ma vie « Mais c’est la France ici quand même » et Chebani a tellement ri qu’il en a eu les larmes aux yeux. (p.113)
Lire Tropique de la violence.
Qu’est-ce que c’est? Très clairement accepter d’être emporté à Mayotte.
J’ai pas envie… a été ma réaction naturelle. Pour quoi faire… a été ma seconde réaction naturelle. C’est une histoire qui se passe à Mayotte et « Mayotte, c’est la France et ça n’intéresse personne. » (Extrait de la page 112).
C’est plutôt vrai.
J’ai tout de même ouvert la première page pour lire les premières lignes à reculons. Quelques heures plus tard j’y étais toujours. Propulsée à Mayotte, par une écriture initialement au rythme quasi-frénétique. On croit à l’histoire de Marie mais il ne s’agit pas de cela. D’abord ébouriffée du voyage donc, puis giflée. Putain Mayotte quoi! J’ai brûlé comme peut brûler un pneu un jour de grève.
Brûler de la rage de vivre malgré la misère. Car la misère est ce dont il est question.
Théâtre
Le festival des Petites Formes » – Un Bilan
— Par Selim Lander —
Pour la deuxième année consécutive, Tropiques Atrium Scène nationale a organisé dans la deuxième quinzaine de janvier un festival de théâtre qui se caractérise à la fois par l’économie de moyens (un ou deux comédiens au maximum dans chaque spectacle) et une présence massive des créations antillaises avec L’Aliénation noire de et avec Françoise Dô en ouverture le 17 janvier, Circulez de José Jernidier qui joue accompagné de son frère Joël le 21 janvier, Médée Kali de Laurent Gaudé avec Karine Pedurand le 24 janvier, Le But de Roberto Carlos de Michel Simonot avec Elie Pennont dans une MES d’Hassane Kouyaté. Unique exception un spectacle venu de Suisse, Le Relais de et avec Patrick Mohr. À noter que la plupart de ces spectacles ont été également présentés « en communes ».
François Dô dans L’Aliénation noire
Françoise Dô, jeune martiniquaise, est la lauréate du concours d’écriture théâtrale lancé par Tropiques Atrium en 2016 ce qui lui a valu une aide à la création. Elle signe cependant elle-même la MES, ce qui semble confirmer qu’ « aux âmes bien né/es, la valeur n’attend point le nombre des années », comme dirait un certain Corneille.
Musiques, Théâtre
Un « Festival des petites formes » au féminin, premier temps
— par Janine Bailly —
Le festival des petites formes, deuxième du nom, proposé par Tropiques Atrium Scène Nationale, met heureusement en lumière(s) les artistes antillais, que leur voix emprunte, pour se faire entendre, la forme théâtrale, la forme poétique ou la forme musicale. Et les femmes y ont cette année plus que droit de cité, une place de choix !
C’est à l’une d’entre elles que revint, à la salle Frantz Fanon, l’honneur d’ouvrir la manifestation. Et ce fut pour tous une découverte, celle d’une jeune femme, écrivaine et comédienne au talent prometteur, Françoise Dô qui interpréta sur scène le texte grâce auquel elle a été sacrée lauréate du concours En avant la création de Tropiques Atrium. Avec L’Aliénation Noire, elle conquit son public, jouant pour lui, avec élégance et justesse, avec humour aussi, les bonheurs et les affres de l’exil, du pays où l’on naît à celui où, par les vicissitudes de l’existence, l’on est un jour appelé à vivre. Nous disant la dure conquête d’une identité singulière, de celle que l’on prétend nous forger à celle que soi-même on travaille à se bâtir, seule ou avec les autres, dans la douleur ou dans la joie !
Poésies, Théâtre
Festival des petites formes
Du 17 au 29 janvier 2017
Spectacles à Tropiques Atrium à 20h
L’Aliénation noire – le 17
Circulez ! – le 21
Médée Kali – le 24
Le but de Roberto Carlos – les 27 et 28
Sous le Chapiteau – Schœlcher ex Espace Osenat
Hommage à Vincent Placoly – le 18 à 19h
Lauréats – de 25 ans, Prix Etc_Caraïbe – le 19 à 19h
L’Aliénation noire – le 19 à 20h30
Nuit de la poésie avec Nicole Cage & Widad Amra – le 20 à 19h
Le Relais – le 26 à 20h
Circulez ! – le 29 à 16h
Territoires en Culture
Circulez ! – le 26 à 19h30 – Centre culturel du bourg
Circulez ! – le 27 à 19h30 – Centre culturel Basse Gondeau
Circulez ! – le 28 à 19h – Centre culturel Petit Bambou
Le Relais – au François
Voir le détail ci-dessous
Parutions
Parutions : nouveautés du 28 novembre au 7 décembre 2016
Littératures et arts postcoloniaux dans l’émergence civilisationnelle caribéenne
Alexandre Alaric, Rodolphe Solbiac
Cet ouvrage examine le dynamisme des sociétés caribéennes postcoloniales par le biais de leurs différentes productions artistiques. Ces contributions révèlent un ensemble de productions littéraires, musicales, plastiques et performatives, de la région et de ses diasporas au XXème siècle. Les travaux passent en revue les démarches créatives et les conceptualisations qui contribuent à la construction du sujet caribéen et accompagnent son émancipation dans les champs littéraires anglophones, francophones et hispanophones. Ils examinent aussi les formes musicales populaires du reggae, du compass et du zouk.Broché(19 euros, 180 p., décembre 2016) EAN : 9782343107707
EAN PDF : 9782140024818
… Voir les nouveautés du 28 novembre au 07 décembre 2016…
Théâtre
« Romyo & Julie » : un symptôme de l’état du théâtre martiniquais
— Par Roland Sabra —
« Des actions contre nature produisent des désordres contre nature. »
William Shakespeare ; Macbeth (1605)
Disons le tout net de Roméo et Juliette il ne reste pas grand chose dans « Romyo & Julie » que nous présente Hervé Deluge, mais vraiment pas grand chose. Les rares traces de Shakespeare que l’on trouve dans le texte viennent d’autres œuvres de l’homme de Stratford-upon-Avon, de Hamlet déclarant à Ophélia « Doute que les astres soient de flammes, doute que le soleil tourne, doute de la vérité même, mais jamais ne doute que je t’aime » ou de la célèbre tirade de Shylock du Marchand de Venise : « Un Juif n’a-t-il pas des yeux ? Un Juif n’a-t-il pas des mains… » par exemple. Il y a aussi du Jean-Paul Sartre, celui qui écrit “L’important n’est pas ce qu’on a fait de moi mais ce que je fais moi-même de ce qu’on a fait de moi. ». Il y a aussi un petite pique gratuite à l’encontre de « Tous créoles » et encore un « Touche pas la femme blanche » de Marco Ferreri .
Théâtre
« Romyo & Julie », adaptation et m-e-s d’Hervé Deluge
Dans cette adaptation du texte de Shakespeare, l’amour se joue sur un fond socio-historique complexe, dans un monde en passe de renouveau. 1848, la France abolit l’esclavage des nègres dans les colonies.
Tout sépare Romyo et Julie, lui est le nègre qui avec son tambour annonce sur les habitations l’abolition.
Elle, est l’héritière des colons hostiles au changement. Pourtant, ils s’aiment d’un amour fou et sincère en dépit des lois, des préjugés et de toutes les manigances. Entouré d’une vingtaine de comédiens, danseurs et musiciens, Hervé Deluge propose une transposition caribéenne, qui tout en divertissant, se situe dans une césure historique qui témoigne du passage brusque d’une société esclavagiste à une société postesclavagiste, voire moderne -à l’image des États-Unis passant du président Lincoln au président Obama.
Hervé Deluge
Formé au Nowtéat, au CDR puis à l’École régionale des Acteurs de Cannes, il joue ou met en scène tous les styles. On lui doit plusieurs adaptations de Classiques, des mises en scène de théâtre de rue avec un sens de la surprise et du spectacle.
Après « Tartuffe » il s’ataque à » Roméo et Juliette »
D’après Roméo & Juliette de Shakespeare
Création Tropiques Atrium Scène Nationale
Adaptation & mise en scène : Hervé Deluge
Collaborateur artistique : Michel Bourgade
Assistant : Marc-Julien Louka
Création Lumière : Dominique Guesdon
Scénographie : Maud Hostache
Consultant pédagogique : Jean-Durosier Desrivières
Photo-Vidéo : Frédérique Chantossel
Musique : Groupe Bulma : Maurice Mouflet, Eddy Erepmoc, Jean-Marc Réunif
© visuel : Frédéric Lagnau
Avec :
Jean José Alpha, Jocelyne Béroard, Sully Cally, Max Cicéron, Aliou Cissé, Françoise Dô, Jean-Michel Dubray, Sarah-Corinne Emmanuel, , Daniely Francisque, Marina Jean-François, Joël Jernidier, Francky Joseph, Jean-Claude Lamorandièe, Charly Lérandy, Marc-Julien Louka, Aymeric Manuel, Florine Mullard, Gustavo Paz, Emile Pelti, Yannik Rivalain, Robert Ténébay, Virgil Venance, Vincent Vermignon, Patrick Womba

En librairie, Littératures
Le respect de l’amour (2)
Une vie du Sénégal à la France par Djenaba DIALLO & Michel PENNETIER

Mohamed se promène dans la rue. Il porte une belle ceinture à la taille et une montre de valeur au bras. Un individu l’aborde : « Mohamed, quelle magnifique ceinture ! Regarde, moi, je n’ai que cette ficelle pour tenir mon pantalon. » Mohamed donne sa ceinture et rentre à la maison en tenant de ses mains son pantalon. Mais avant d’arriver, il a donné sa montre à un autre quémandeur.
Mohamed est relativement aisé, il ne supporte pas de regarder la misère autour de lui sans réagir. Il achète régulièrement des sacs de céréales pour ses voisins.
Force de la bonté. Sa propension innée à l’empathie lui fait ressentir toute souffrance, tout désarroi de l’autre. Il ne laisse personne sans secours.
Arts Plastiques, Expositions
Césaire, Lam, Picasso, « Nous nous sommes trouvés »
Se tient à la Fondation Clément au François, sans doute la plus belle exposition jamais organisée en Martinique.
— par Roland Sabra —
Fin avril 1941 le vapeur Capitaine Paul Lemerle arrive enfin dans la baie de Fort-de-France un mois après son départ de Marseille avec à son bord trois cents cinquante intellectuels européens pourchassés par le nazisme triomphant. Le bateau a vingt ans d’âge, poussif il est au deux tiers de sa vie. Il ne dispose que de sept couchettes réparties entre deux cabines. Les passagers, s’entassent dans les cales sans air ni lumière sur des lits de fortune, ou ce qui en tient lieu, des grabats plutôt. Qui y-a-t-il parmi cette « racaille » selon les termes employés par la police »collaborationniste » de Marseille ? André Breton, Claude Levi-Strauss, Victor Serge, Anna Seghers, Wifredo Lam, des artistes, des savants, des communistes, des juifs, des anarchistes, des républicains espagnols. Une fondation étasunienne l’ »Emergency Rescue Committee » (ERC) est chargée par son gouvernement de sauver les personnalités intellectuelles menacées par l’hitlérisme qui en échange accepteront d’offrir à la grande Amérique le service de leur savoir.
Arts Plastiques, Expositions
Césaire & Picasso, Césaire & Lam à la Fondation Clément
Suite de l’article « En revenant de l’Expo. »
—Par Roland Sabra —
Quand le dessin illustre le poème
Parmi les pièces rares présentées on peut voir l’enveloppe originale dans laquelle le tapuscrit de « Tombeau du soleil », annoté de la main de Césaire, a été envoyé à « Monsieur André Breton, 45 West 56 th St, New-York, 19 NY, Etats-Unis d’Amérique », ansi qu’un tiré à part du « Cahier d’un retour au pays natal » dédicacé à Wifredo Lam avec pourrait-on croire une plume Sergent Major trempée dans un encrier d’écolier. Émotions assurées.
Césaire n’était pas né que déjà Picasso découvrait l’art africain qu’il utilisera comme une machine de guerre contre l’art occidental. Césaire partira lui à la recherche du « Nègre fondamental » avec un objectif qu’il ne lâchera plus jamais : « Me reconquérir, voilà mon obsession » dit-il. Ces deux démarches suffisent-elle à provoquer la rencontre ? Certainement pas, d’autres faisceaux vont converger. Plus que l’appartenance en elle-même au Parti Communiste Français ( PCF) dès le lendemain de la seconde guerre ce sont les modalités de cette appartenance qui les réunissent.
Sciences Sociales, Sociologie
Génération Y… Les empêcheurs de travailler en rond
— Par Guillemette Faure —
C’est l’histoire de la directrice d’une agence de pub qui a voulu secouer un de ses salariés âgé de 28 ans pour qu’il accepte d’arriver au bureau avant 11 h 30 et qui s’est vu répondre : « C’est pas de ma faute, c’est mon biorythme. » C’est l’histoire de la responsable d’un magasin de luxe qui a trouvé son employé affalé dans un fauteuil en vente, un café à la main et a entendu : »Ben quoi, je suis en pause. » C’est l’histoire de la responsable des ressources humaines d’une grande entreprise de bâtiment à laquelle un jeune conducteur de travaux a demandé de cesser de prélever de sa paie les cotisations retraite, avec cet argument : « La retraite, ça ne m’intéresse pas. » Des anecdotes déversées par chariots dans les formations au « management intergénérationnel », voire plus explicitement intitulées « Apprendre à manager la génération Y ». Autrement dit, les moins de 30 ans (lire l’encadré).
« Comme dans « Super Nanny », les dirigeants font appel à des personnes extérieures pour élever leurs enfants », blague à moitié Christine Charlotin, du cabinet Openmind Conseil, qui intervient dans toutes sortes d’ entreprises, de Hermès à Eiffage.
Yékri
L’éphéméride du 17 mai
Le Conseil Constitutionnel valide la loi sur le mariage pour tous le 17 mai 2013.
Alfred Marie-Jeanne, Nestor Azérot, Jean-Philippe Nilor avaient voté contre.
Le mariage de couples de même sexe, également appelé mariage homosexuel ou mariage pour tous, est la possibilité pour un couple de deux femmes ou de deux hommes de contracter un mariage civil, initialement réservé à un homme et une femme, instituée en France le 17 mai 2013.
Depuis 1999, les couples homosexuels ou hétérosexuels avaient la possibilité de signer un partenariat civil, appelé pacte civil de solidarité (PACS) ou de s’établir en concubinage. Cependant, l’un et l’autre n’offrent pas les mêmes garanties juridiques que le mariage civil.
Le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, déposé au Parlement le 7 novembre 2012, a fait l’objet de débats importants et a connu en France une opposition plus forte que dans d’autres pays européens1. La loi no 2013-404 a été définitivement adoptée le 23 avril 2013 puis validée par le Conseil constitutionnel et promulguée le 17 mai 2013. Le premier mariage homosexuel français a été célébré le 29 mai 2013 à Montpellier.
Yékri
L’éphéméride du 12 mai
Journée des Barricades le 12 mai 1588
La journée des Barricades désigne le soulèvement populaire qui éclate à Paris le 12 mai 1588, durant la huitième guerre de Religion. Ce soulèvement est mené par le « Conseil des Seize » ainsi que par le duc de Guise.
Cause
Ce soulèvement a pour cause principale l’animosité du peuple à l’égard du roi Henri III, soupçonné de vouloir désigner comme successeur Henri de Navarre (futur Henri IV), un protestant. Dès lors, le peuple de Paris se range derrière le duc de Guise, chef de la Sainte Ligue. Celui-ci est en effet, malgré l’interdiction royale, revenu à Paris. Dès lors, méfiant et craignant pour sa vie, Henri III fait venir dans la capitale plusieurs bataillons des régiments de Gardes suisses et de Gardes françaises. Le roi ayant violé un privilège qui veut qu’aucune troupe étrangère n’ait le droit de séjourner à Paris, et les Parisiens craignant de voir les chefs catholiques arrêtés, les esprits s’échauffent.
Le soulèvement
Le 9 mai 1588, malgré la défense du roi, Henri duc de Guise qui était parti à Soissons arrive à Paris, se rend au Louvre et passe au milieu des compagnies des Gardes françaises.
Les chroniques de Jean-Marie Nol
Mémoire contre développement
Quand la quête mémorielle devient obstacle à toute pensée en capacité de se projeter sur l’avenir du développement économique ?
— Par Jean-Marie Nol —
La Guadeloupe vit aujourd’hui une contradiction silencieuse mais profonde : jamais le devoir de mémoire n’a été aussi présent dans le débat public, et jamais, dans le même temps, l’avenir économique et social du territoire n’a semblé aussi incertain. La mémoire collective de l’esclavage, de la colonisation, des humiliations historiques et des blessures identitaires occupe en ce mois de mai une place centrale dans le discours politique, culturel et militant. Pourtant, à mesure que cette mémoire devient le principal prisme d’analyse du présent, une question dérangeante s’impose progressivement : et si le passé, lorsqu’il devient une obsession permanente, finissait par empêcher la société guadeloupéenne de construire son avenir ?
Les neurosciences contemporaines apportent un éclairage particulièrement intéressant sur cette interrogation. Contrairement à l’idée longtemps admise d’une mémoire figée, les chercheurs montrent aujourd’hui que les souvenirs se reconstruisent continuellement. Le passé n’est pas un fichier immobile conservé intact dans l’esprit humain ; il est réinterprété à chaque rappel, influencé par les émotions, les discours, les relations sociales et les préoccupations du présent.
Parutions
Parutions mai 2026 : Éducation, Pédagogie & Didactique
Sélection de nouveautés éditoriales – 2026
🏛️ Éducation et société
📘 L’Université africaine : de la colonialité à l’autonomie
Épistémologies et méthodes des sciences sociales en Afrique postcoloniale
Maurice Ntububa Bisimwa
Cet ouvrage interroge la production des savoirs en sciences humaines et sociales en Afrique, inscrite dans une tension fondatrice entre héritage colonial et quête d’autonomie. À partir du cas congolais, il analyse comment ces disciplines ont été façonnées par des cadres idéologiques et épistémologiques dominants, du marxisme au structuro-fonctionnalisme, souvent inadaptés aux réalités locales.
📖 Collection : Hors collection – Académia
📅 Parution : 12 mai 2026
📏 Format : 135 × 215 mm
📄 198 pages
💶 20 €
🔖 EAN : 9782806139672
Arts de la scène
Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant
Sur l’initiative de plusieurs organisations professionnelles et de personnalités du monde de la culture, des centaines de personnes demandent le maintien des aides au spectacle victimes de la politique austéritaire du gouvernement.
Madame la Ministre,
Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.
Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.
Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.
Parutions
Parutions : nouveautés d’avril 2026 – Histoire,Littérature & Sciences Humaines
🔗 Esclavage et colonisation
Infortunes de mulâtres
Quatre récits du XIXe siècle
Présenté par Barbara T. Cooper, en collaboration avec Roger Little
Ce volume regroupe quatre œuvres du XIXe siècle mettant en scène des personnages qualifiés de « mulâtres », terme racialiste et dépréciateur courant à l’époque. Si chaque auteur – Édouard Corbière, « S. », Victor Charlier et Pauline Drouard – porte un éclairage particulier sur la condition des métis dans les colonies et sur la complexité des enjeux identitaires, sociaux et juridiques da[…]
- EAN : 9782336604831
- Parution : 26/03/2026
- Format : 135 x 215 mm
- Collection : Autrement Mêmes
- Pages : 156
- Prix : 17.00 €
Fragments de cultures
De la déculturation à la résilience dans les littératures insulaires
Christine Lara
Pourquoi et comment les sociétés insulaires du Pacifique et des Antilles ont-elles vu leur culture bouleversée ? Ce livre plonge au cœur des littératures insulaires pour décrypter les mécanismes de la déculturation et de l’acculturation, du choc colonial à la résilience contemporaine.
À travers l’analyse d’œuvres majeures, l’autrice met en lumière la perte, la résistance et la renaissance des […]
Politiques, Sociologie
Grasset : « Nous, éditeurs, dénonçons une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour »
— Collectif —
Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 200 éditeurs et éditrices, parmi lesquels Antoine Gallimard, Françoise Nyssen et Denis Olivennes, s’inquiète du limogeage d’Olivier Nora et dénonce une dangereuse atteinte à la diversité éditoriale
Nous, éditeurs travaillant dans des maisons et des groupes différents, de générations et de sensibilités diverses, sommes unis par la même passion pour le livre et le même attachement à ceux qui consacrent leur vie à l’écriture, de l’auteur au libraire. Nous sommes convaincus que notre époque n’a jamais eu autant besoin de lire, à l’heure où l’étude récente du Centre national du livre (CNL) montre le déclin alarmant de la lecture.
Nous partageons la même inquiétude à la suite du limogeage brutal d’Olivier Nora, président-directeur général des éditions Grasset depuis vingt-six ans, éditeur estimé et respecté par toute la profession. Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour. Nous témoignons de notre solidarité à l’égard de toutes les équipes du groupe Hachette Livre, propriété de Vincent Bolloré.
En librairie, Théâtre
Publications : 🎭 Nouveautés Théâtre Avril 2026
📘 Nos seins
Françoise Lorente
Quand Françoise apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, sa vie bascule.
Entre humour et colère, cette pièce retrace son parcours intime : rendez-vous médicaux, transformations du corps, souvenirs, accompagnement de sa compagne… jusqu’à l’apparition de Sainte Agathe de Catane.
Infos pratiques :
- EAN : 9782336611990
- Parution : 30/03/2026
- Format : 135 x 215 mm
- Collection : Théâtres
- 78 pages
- 💶 12.00 €
📘 Quelqu’un quelque part
Natacha Astuto
Dans les lieux de passage — gares, ports, aéroports — les vies se croisent et se séparent.
Une réflexion sensible sur les rencontres, les absences et les traces laissées par les autres.
Infos pratiques :
- EAN : 9782336603667
- Parution : 12/03/2026
- Format : 135 x 215 mm
- Collection : Théâtres
- 92 pages
- 💶 13.00 €

