336 search results for "le geste et la matière"

« Gabou Léboueur », Dominique Guesdon : texte | Jean-Claude Leportier : texte & m.e.s.

Les 9, 10 et 11 octobre à 19h30 au T.A.C. ( Théâtre Aimé Césaire)

Stage dans le prologngement du spectacle
Du 13 au 24 octobre 2025
Espace Camille Darsières – Salle Théâtre
Horaires : 9h-12h et 13h-16h, du lundi au vendredi
Tarif : 50 € pour l’ensemble du stage

Contenu :

  • Atelier 1 : Langage marionnette, langage naturaliste, langage symbolique – conduit par Catherine Kremer

  • Atelier 2 : Fabrication d’une tête sculptée pour marionnette en tissu – conduit par Jean-Claude Leportier

Une création théâtrale de l’Association La Servante

En coproduction avec la Régie Autonome du SERMAC (ville de Fort-de-France) et la Compagnie Car’Avan Théâtre BoiKaré

Avec le soutien de la Collectivité Territoriale de Martinique et la Direction des Affaires Culturelles de Martinique

Un théâtre surréaliste pour marionnettes et comédiennes

« Gabou Léboueur » est une fable théâtrale singulière, mêlant marionnettes, jeu d’actrices, objets animés et poésie visuelle, portée par la plume de Dominique Guesdon et Jean-Claude Leportier, également à la mise en scène. Ce spectacle hybride et métaphorique convie le public à un voyage onirique, où le banal devient magique, et où la ville nocturne devient le théâtre des âmes en quête.

  Lire Plus

« Put Your Soul on Your Hand and Walk », un documentaire de Sepideh Farsi, Fatima Hassona

Mardi 30 septembre à 18h30 | Madiana  | Tropiques-Atrium !

— Par Sarha Fauré —

Synopsis :

« Put Your Soul on Your Hand and Walk » (Mets ton âme sur ta main et marche) est un cri de résistance, une réponse poignante et intime de la cinéaste iranienne Sepideh Farsi face aux massacres répétés des Palestiniens. Ce documentaire naît d’une rencontre imprévue mais miraculeuse entre Farsi et Fatima Hassouna, une photographe palestinienne vivant à Gaza, alors même que les frontières étaient fermées et que l’accès à Gaza était impossible pour les journalistes étrangers. En 2024, alors qu’elle tente de se rendre dans la bande de Gaza depuis Le Caire,  Sepideh Farsi entre en contact avec Fatima Hassona par l’intermédiaire d’un réfugié palestinien. Cette rencontre virtuelle entre les deux femmes devient la trame de ce documentaire, qui documente non seulement la réalité atroce vécue par les Gazaouis, mais aussi le quotidien de Fatima, sa résilience et son engagement.

Une collaboration à distance et un lien fragile

Le cœur du film réside dans un dispositif très particulier : des appels vidéo entre Sepideh Farsi et Fatima Hassona, enregistrés pendant près d’un an malgré les interruptions dues aux bombardements et aux coupures de réseau.

  Lire Plus

Claude Henry, la poésie en couleurs au Diamant

— Propos recueillis par Rodolf Étienne —

Installé au Diamant, Claude Henry, artiste peintre martiniquais, a ouvert son atelier-galerie « Aux Couleurs Locales » face à la mer. Anciennement installé à Gallochat, il a choisi ce nouveau lieu « séduit par la sérénité et la solidarité des habitants ».

Rodolf ETIENNE : Tu as entamé ta carrière d’artiste peintre en France, avant de t’installer en Martinique. Pourrais-tu nous présenter ton parcours ?

Claude HENRY : Oui, j’ai tenu un atelier-galerie d’abord en France, à Biot, dans l’arrière-pays de Nice. Je l’avais ouvert avec un ami. Nous y avons travaillé ensemble. C’était un village artisanal, qui est devenu un village de souffleurs de verre réputé. Puis, les choses se sont enchaînées et je suis rentré au pays, ici, en Martinique.

R.E : Et quelque chose s’est passée en Martinique, quelque chose qui a changé ton style ?

C.H : Ah ben là, j’ai retrouvé, justement, une Martinique riche en culture. Oui, il y avait de quoi faire. Il suffit d’observer autour de soi pour découvrir toute la richesse identitaire. Il faut que nous soyons tous fiers de cette identité, qui est riche, riche en couleurs, mais aussi riche en joie de vivre.

  Lire Plus

Le vélo, un patrimoine vivant : chapitre 3

Par l’association Les Vélos Marin Martinique —

Ce texte est le troisième volet d’un article en quatre parties. C’est une tentative de compréhension, mais aussi un appel à faire évoluer le rapport de force actuel.

Le vélo, dans sa forme populaire, ne pourra avancer qu’à condition d’être pensé comme un bien commun, et reconnu dans sa dimension culturelle, sociale et immatérielle.

3. Protéger le vélo populaire

Alors que certains s’activent autour de la création d’une écologie labellisée, toujours plus saturée de nouveaux organismes, têtes de réseaux, éco-organismes et autres entités censées tout « éco-organiser », une question se pose, que vaut une transition sans lien humain ? Sans attention portée aux objets eux-mêmes, sans relation directe, sans réparation, sans le temps et l’espace réellement investis dans l’action ? Le vélo populaire, naturellement, nous ramène à cette échelle-là, celle de l’humain, du geste concret, de la proximité. Il est vivant parce qu’il évolue, et parce qu’il est façonné par celles et ceux qui le pratiquent, l’adaptent, le réparent, le transmettent. Mais cette vitalité, si elle n’est pas protégée, peut aussi se retourner contre lui.

  Lire Plus

L’aménagement du créole aux côtés du français…

 … à égalité statutaire, est une obligation inscrite dans la Constitution haïtienne de 1987

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

« L’aménagement linguistique, ou politique linguistique, est intrinsèquement lié au politique. Il s’agit d’actions délibérées visant à influencer le comportement linguistique d’un groupe, souvent dans un contexte étatique ou territorial, et impliquant des choix et des enjeux de pouvoir. Cet aménagement peut concerner la protection de langues minoritaires, la standardisation d’une langue majoritaire, ou encore la gestion du bilinguisme dans un contexte de mondialisation. » (Jacques Leclerc, « Les enjeux politiques de l’aménagement linguistique », CEFAN, Université Laval, n.d.)

Existe-t-il aujourd’hui en Haïti une instance de la société civile regroupant les professeurs de créole ? La réponse est « OUI » : il s’agit de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA) mais sa mission, ses interventions et ses projets sont encore insuffisamment connus au pays. Forte de 327 membres, cette institution à vocation nationale a été créée en 2017. L’APKA rassemble des enseignants détenteurs du baccalauréat de fin d’études secondaires et pourvus d’au moins deux ans d’expérience dans l’enseignement des sciences humaines et/ou des sciences sociales.

  Lire Plus

Et si la manière dont une société traite ses cyclistes révélait un peu de sa maturité ?

— Par Cyrille Morant, Les vélos Marin Martinique —

Tentative d’analyse de l’émission 7/10 de France Inter du 18 juin, lien ici: https://www.youtube.com/watch?v=bN52Qvst3fU&t=7s

Cette émission censée porter un regard éclairé sur la place du vélo dans notre société, n’a pas simplement « viré » à la caricature. Dès ses premières secondes, elle a manifesté une orientation idéologique , comme préméditée.

Tout dans sa construction , le choix des mots, le ton adopté, et une mise en scène du débat , a contribué non pas à éclairer un enjeu de société, mais à orchestrer un procès à charge contre le vélo, mais plus encore contre ce qu’il incarne de subversif, de populaire, de non conforme à l’ordre contemporain.

Nous avons réagi à cette émission dans deux articles publiés sur notre blog Les Vélos Marin Martinique, car choqués par l’ironie constante du présentateur, l’absence de contextualisation, et le traitement désinvolte d’un sujet pourtant central pour la transition écologique, et l’égalité d’accès à la mobilité.  Mais ce qui frappe le plus, rétrospectivement, douze jours après cette émission, ce n’est même plus le contenu déjà largement problématique : c’est l’absence totale de réaction.

  Lire Plus

Quand les corps entrent en scène c’est déjà l’annonce d’une apothéose

My Fierce Ignorant Step | Concept et chorégraphie : Christos Papadopoulos

Première en France au Festival de Marseille
La Criée – Théâtre National de Marseille
27 et 28 juin 2025

— Par Jandira Bauer —

Originaire d’un petit village du Péloponnèse, Christos Papadopoulos a embrassé́ le théâtre et la danse à Athènes puis à Amsterdam, avant d’intégrer la compagnie de Dimítris Papaïoánnou durant huit ans. Fort du succès de ses pièces Elvedon, Opus, Ion et Larsen C, il enchaîne les commandes pour des ballets conquis par son écriture minimaliste, son univers plastique et visuel. Dans Mycelium, créée pour vingt danseurs -ses du ballet de l’Opéra national de Lyon, il puise dans les mystères des ramifications et des réseaux de filaments souterrains pour façonner « un écosystème fascinant, en perpétuelle métamorphose ». Dans Larsen C, il magnifie la combinaison entre sons vibratoires et ondulations des corps avec un sens inné́ de la danse de groupe à l’unisson. Loin de tout effet spectaculaire, telle une vague de fond aussi puissante que discrète. Trois pièces magistrales traversées par des préoccupations communes : la sensation du paysage, l’histoire contemporaine de son pays natal, les liens entre la musique et la littérature.

  Lire Plus

Pour Ina Césaire, celle qui fit parler la mémoire.

— Par Patrick Singaïny —

Écrivain et essayiste.

Auteur avec Ina Césaire de « Aimé Césaire, 10 ans déjà ! », L’Esprit du Temps, 2018.

C’est avec un pincement au cœur tout particulier que j’ai appris le départ d’Ina Césaire pour le paradis des éveilleurs de conscience, au bout de ce petit matin d’une nuit fraîche de l’hiver austral de l’île de la Réunion, mon île natale. Dans « mon ici », en situation d’exil, je dois avouer qu’à travers mes chroniques et autres textes, je fais souvent des allers-retours avec l’univers poétique martiniquais auquel je dois tant. Si l’une des conversations fondatrices avec Aimé C. me revient très souvent en bouche lors d’une conférence ou d’une prise de position, le souvenir émouvant des conversations avec Ina C. – sa voix particulière – dans son appartement foyalais continue encore aujourd’hui de m’accompagner de façon fragmentaire, probablement parce que je n’ai pas eu le temps de lui dire au revoir de vive voix.

« La Femme en Blanc »

10 ans après ces conversations d’une grande richesse, nous avons effectivement repris nos échanges pour faire aboutir un vieux projet : celui de publier le texte qu’elle avait écrit avec l’encre de ses larmes lors des funérailles nationales de son père.

  Lire Plus

« Kokliko »  : célébration de deux terres consanguines

Une lecture du roman de Rudy Rabathaly

—Par Jean-Durosier Desrivières, écrivain, comparatiste et créoliste — 

En 2013, Rudy Rabathaly, ancien rédacteur en chef du quotidien France-Antilles de Martinique, avait publié Pawol anba fey1 (Paroles en sourdine) qui correspond au titre similaire de sa rubrique hebdomadaire qui a duré presque quinze ans. Oliwon d’imaginaire créole2, recueil de « nouvelles et poésies » en français et en créole, paraît au courant de l’année 2024 et le roman Kokliko3 au début de l’année 2025. Les textes minimalistes du premier ouvrage semblaient préparer le chemin pour les deux autres, représentant ainsi un bilinguisme composé franco-créole. Toutefois, le roman traverse les frontières linguistiques en s’imposant comme une œuvre de langue française-créole et d’expression créole, arborant parfaitement une esthétique intercréole. Car l’histoire, que dis-je, les histoires des personnages, se déroulent en plusieurs lieux, principalement sur deux territoires linguistiques de la Caraïbe franco-créolophone – Martinique et Haïti.

Dès lors, il paraît nécessaire de démêler la complexité des lieux et du temps de cette fiction ; de cerner les différents aspects de l’une des principales caractéristiques de cette narration : oralité et oraliture4 ; de souligner cette célébration des cultures caribéennes dans ce roman qui fait la part belle à la musique et à la littérature haïtiennes.

  Lire Plus

 » Tu ne mentiras point », un film de Tim Mielants

Jeudi 26 juin – 19h | Madiana |

Par Enda Walsh, avec Cillian Murphy, Eileen Walsh, Emily Watson | 30 avril 2025 en salle | 1h 38min |Titre original Small Things Like These Drame

Synopsis
Tout public
Irlande, 1985. Modeste entrepreneur dans la vente de charbon, Bill Furlong tache de maintenir à flot son entreprise, et de subvenir aux besoins de sa famille. Un jour, lors d’une livraison au couvent de la ville, il fait une découverte qui le bouleverse. Ce secret longtemps dissimulé va le confronter à son passé et au silence complice d’une communauté vivant dans la peur.
La presse en parle :
L’Humanité par Eléonore Houée
Durant deux siècles, des milliers de femmes ont subi des abus dans les couvents de la Madeleine, en Irlande. Le réalisateur belge Tim Mielants signe un film majeur et terrassant sur ce traumatisme, avec Cillian Murphy, tout en sensibilité et mutisme dans le rôle principal.

CinemaTeaser par Aurélien Allin
La précision de l’écriture et de la mise en scène sert une prestation splendide de Cillian Murphy.

Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Un récit intelligent et conscient sur l’injustice, sans prêchi-prêcha.

  Lire Plus

L’éphéméride du 13 juin

Découverte de l’Île de la Jeunesse par Colomb le 13 juin 1494
Naissance de Virginie Despentes le 13 juin 1969

L’île de la Jeunesse (en espagnol : Isla de la Juventud) (île des Pins jusqu’en 1978) est la plus grande île cubaine après l’île de Cuba, et la sixième plus grande des Caraïbes. Comme c’est depuis 1830 un lieu de détention et de relégation (lieu dit de « rééducation » depuis 1960) et le site de la prison de Presidio Modelo, elle est considérée comme une municipalité spéciale administrée directement par le gouvernement central de Cuba, et non comme une province du pays.

Géographie
L’île de la Jeunesse est située à 100 km environ au sud-ouest de l’île de Cuba, dont elle est séparée par le golfe de Batabanó (en), et se trouve presque directement au sud de La Havane et de Pinar del Río. Elle s’étend sur environ 55 km du nord au sud et sur 65 km d’est en ouest.

Histoire
On connaît peu la civilisation pré-colombienne de l’île, mais une série de grottes près de la plage de Punta del Este ont préservé 235 anciennes peintures réalisées par la population indigène.

  Lire Plus

La face cachée du soutien aux associations

— Par Les Vélos Marin Martinique 
Souvent présentées comme un levier essentiel, les subventions sont censées financer des projets, encourager la participation citoyenne et renforcer les dynamiques territoriales. Mais notre expérience avec Les Vélos Marin Martinique nous a confrontés à une réalité bien plus complexe. Loin d’être un simple appui, ces financements conditionnent en profondeur l’orientation des associations. De manière implicite, parfois insidieuse, ils les poussent à se conformer à des logiques souvent éloignées des besoins réels du terrain. Cette dynamique transforme des objectifs qui devraient être , endogènes et ancrés dans les réalités sociales, en projets standardisés . Les critères de sélection de dossiers sont rigides, et le suivi ainsi que la communication des institutions offrant ces financements sont eux-mêmes impersonnels et déconnectés. Ces éléments limitent, voire empêchent, des approches ou des initiatives pourtant porteuses d’un fort potentiel de transformation sociale. Plutôt que de soutenir ces dynamiques organiques, les subventions tendent à les orienter, à les influencer, et de plus en plus souvent, même dès la genèse d’un projet, à les dénaturer.

Un constat de terrain, notre propre expérience

Le contexte local nous a conduits à adopter un modèle basé sur la gratuité, non par idéologie, mais à la suite d’une observation des réalités du terrain.

  Lire Plus

L’aménagement du créole dans l’École haïtienne, entre mutité et cécité

Le ministre de l’Éducation nationale Augustin Antoine et l’aménagement du créole dans l’École haïtienne, entre mutité et cécité

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Montréal, le 28 mai 2025

De gauche à droite : Sterline Civil, nouvelle directrice du Fonds national de l’Éducation (FNE) ; Augustin Antoine, ministre de l’Éducation nationale ; Didier Fils-Aimé, Premier ministre ; Fritz Alphonse Jean, actuel président du Conseil présidentiel de transition. (Source : profil Facebook du Fonds national de l’Éducation, 16 mai 2025.)

Augustin Antoine, un enseignant de carrière, a accédé au poste de ministre de l’Éducation nationale d’Haïti le 11 juin 2024. Sociologue de formation, ancien étudiant en sociologie à la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti, Augustin Antoine est détenteur d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie de l’Université catholique de Louvain. Il est actuellement doctorant en sociologie à l’Université de Liège en Belgique. Le sociologue Augustin Antoine est dépositaire d’une vaste expérience des milieux de l’éducation en Haïti, tant sur le registre de la conception que sur celui de la mise en œuvre de projets et de programmes divers. Il a été responsable de la Direction de l’enseignement secondaire (DES) au ministère de l’Éducation nationale où il a travaillé au suivi pédagogique des programmes du Secondaire et à l’élaboration du document-maître des « Lycées de référence ».

  Lire Plus

Santé publique : les sargasses, une menace chronique pour les établissements scolaires

Collège Robert 3 : la crise des sargasses met l’école en suspens

— Par Sabrina Solar —

Les sargasses, autrefois perçues comme un fléau saisonnier, sont désormais considérées comme une menace sanitaire structurelle pour la Martinique. Un rapport préliminaire alarmant du Comité Indépendant d’Experts, commandité par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), tire la sonnette d’alarme : la santé des élèves, enseignants et habitants des zones littorales est en péril.

Au cœur de ce constat : la situation critique du collège Robert 3, situé à Pontaléry, dans la commune du Robert. Fermé depuis le 10 avril 2025 à la suite d’un nouvel échouement massif d’algues brunes, l’établissement symbolise l’impasse dans laquelle se trouve la gestion de cette crise sanitaire. Une pétition de la communauté scolaire et le droit de retrait exercé par les enseignants ont précipité la décision de fermeture.

Un danger invisible mais bien réel

  Lire Plus

Sortir du piège du “Recyclage” en Martinique

— Les Velos Marin Martinique —
Pour celles et ceux qui s’intéressent et s’impliquent dans les enjeux écologiques, un  consensus semble émerger : la situation est critique. L’évolution vers un équilibre durable, vers un changement de paradigme en accord avec les défis écologiques  paraît aujourd’hui de plus en plus difficile à atteindre. Face à ce constat, il est impératif de réfléchir, de faire entendre des voix nouvelles, d’ouvrir d’autres directions. L’inaction serait une irresponsabilité.
Pourtant, ce sentiment d’urgence peine à se traduire en actions transformatrices profondes. Pourquoi cette difficulté à engager un véritable changement ? Peut-être parce que notre compréhension même des enjeux est faussée. Elle est viciée par des erreurs de langage, des glissements de sens, des intuitions communes trompeuses qui nous empêchent de percevoir certaines dimensions essentielles du déséquilibre.
L’importance de bien nommer : une expérience de terrain
Ces réflexions sont nées de quatre années d’expérience concrète au sein de l’association Les Vélos Marin Martinique. À partir d’une action simple, la récupération de vieux vélos, nous avons peu à peu été amenés à interroger la notion de recyclage telle que notre culture l’entend et l’applique.

  Lire Plus

Le Global comme Croyance

— Par Cyrille Morant —
Introduction :
Cet article est né d’un engagement, et s’il est un peu long, c’est parce que nous cherchons à comprendre, à digérer ce qui nous arrive en ce moment, à mettre des mots sur ce que nous vivons. 
Depuis plusieurs années, notre association récupère des vélos abandonnés, les répare et les transmet à ceux qui en ont besoin. Aujourd’hui pourtant, nous sommes contraints de nous infliger une violence : en l’espace de trois semaines à peine, nous avons dû jeter plus de 130 vélos. Non parce qu’ils étaient irrécupérables, mais parce qu’on nous l’a imposé. Ces destructions nous sont imposées dans un silence assourdissant, une incompréhension totale et sous la menace de poursuite en justice. 
Nous faisons face à une attaque frontale contre notre action, sans qu’aucun dialogue constructif ne soit possible. Un tiers nous interdit catégoriquement d’agir selon nos convictions, refuse toute discussion et nous menace de poursuites judiciaires si nous osions simplement le nommer ici ou ailleurs. Cette situation n’est pas sans rappeler 2021, où une tentative d’arrêter notre action avait déjà eu lieu.

  Lire Plus

Une plainte historique contre la grande distribution en Martinique

Un combat citoyen contre la vie chère

— Par Jan Samblé —

Le combat contre la vie chère en Martinique a franchi un tournant décisif avec le dépôt d’une plainte historique contre la grande distribution, déposée le 14 janvier 2025 devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France. L’initiative, portée par quatre lanceurs d’alerte, dénonce des pratiques anticoncurrentielles et un abus de position dominante, qui impactent directement les prix des produits dans les territoires ultramarins. Ce recours inédit, qualifié de citoyen, est désormais ouvert à tous ceux qui se sentent victimes de la cherté de la vie dans la région, une démarche qui pourrait avoir un poids décisif sur les suites judiciaires de l’affaire.

Une plainte ouverte à tous les citoyens
L’avocat des lanceurs d’alerte, Me Renaud Portejoie, a annoncé que cette plainte ne se limiterait pas aux initiateurs, mais serait accessible à tous les citoyens. Chaque Martiniquais peut désormais s’associer à cette action collective en remplissant un formulaire disponible sur la plateforme contrelaviechere.fr. Ce geste simple et gratuit pourrait influer sur le déroulement de la procédure judiciaire et donner plus de force à la revendication de transparence sur les pratiques des acteurs économiques locaux, notamment dans les secteurs clés de la grande distribution et de l’automobile.

  Lire Plus

« L’Or », d’après Blaise Cendrars

Jeudi 16 janvier, Vendredi 17 janvier & Samedi 18 janvier à 19h30 au T.A.C.

Spectacle musical Adaptation, mise en scène et jeu Xavier Simonin

Adapté et mis en scène par Xavier Simonin, L’Or, le chef-d’œuvre de Blaise Cendrars, est un spectacle qui nous plonge dans une épopée à la fois héroïque et tragique. À travers l’histoire vraie de Johann August Sutter, un aventurier suisse devenu l’un des hommes les plus riches du monde avant de tout perdre, Cendrars nous raconte une aventure humaine d’une grande intensité, marquée par l’espoir, l’ambition et la ruine. Ce roman publié en 1925 est l’une des œuvres majeures de l’écrivain, qui abandonne ici la poésie pour se consacrer à la fiction romanesque, tout en conservant son goût pour l’aventure et les récits flamboyants.

Xavier Simonin, acteur et metteur en scène prolifique avec une carrière de plus de trente ans, a su s’emparer de ce récit épique et de ses enjeux universels. De ses premières créations comme L’Or et Les Raisins de la colère qui ont tourné dans de nombreux pays, à ses plus récentes productions comme Oreille Rouge (inspirée de l’œuvre d’Eric Chevillard), Simonin mêle avec brio théâtre classique et enjeux contemporains.

  Lire Plus

La filière REP : quel avenir pour le vélo en Martinique ?

— Les Vélos Marin Martinique —

La Filière à Responsabilité Élargie du Producteur (REP) : quel avenir pour le vélo en Martinique ?

Pour notre association, un vélo n’est jamais un simple objet. C’est une ressource précieuse, une matière première , en conséquence il est aussi un outil qui crée des liens sociaux et valorise l’économie locale. Depuis notre quartier populaire, nous récupérons des vélos abandonnés, les réparons, et les rendons accessibles à ceux qui en ont besoin. Cette démarche repose sur des pratiques de terrain.. L’arrivée de la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) pour les articles de sport, dont les vélos, soulève des interrogations .

Les vélos délaissés : un stock et potentiel silencieux dans les foyers
Depuis le début de nos activités, nous avons constaté un phénomène intéressant: Les vélos cassés ou inutilisés ne sont que rarement jetés. Ils restent dans les foyers ,dans les garages, jardins ou balcons, conservant une valeur sentimentale ou utilitaire. Ces “réserves dormantes” attendent un enfant qui grandit, un adulte en quête de mobilité, ou une réparation improvisée , ou quiconque est prêt à le valoriser.

  Lire Plus

Village An Limiè, 2ème édition : le programme 2024

Du 5 au 7 décembre à la pointe Faula du Vauclin

Le SMEM (Syndicat Mixte d’Électricité de la Martinique) et la municipalité du Vauclin organisent la seconde édition de l’événement An Limiè, un rassemblement dédié à la sensibilisation aux économies d’énergie et à la transition énergétique. Du 5 au 7 décembre, la plage de la Pointe Faula se transforme en un véritable centre d’activités ludiques et éducatives, avec un accent mis sur les pratiques écoresponsables et la promotion des énergies renouvelables.

Le SMEM, autorité responsable de la distribution de l’électricité en Martinique, utilise cette manifestation pour sensibiliser le public à l’importance d’une consommation énergétique rationnelle. L’objectif est de favoriser un changement vers des solutions énergétiques plus durables, dans un contexte où EDF, actuellement, exploite des centrales à diesel et des turbines à combustion. Le passage vers des énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire, est essentiel, étant donné le fort potentiel solaire de la région.

Le Village An Limiè proposera une série d’ateliers et d’animations visant à éduquer les visiteurs sur la réduction de leur consommation d’énergie et sur les alternatives écologiques.

  Lire Plus

Une France ingouvernable et une crise des institutions qui affectera irrémédiablement l’Outre Mer!

— Par Jean-Marie Nol —
Depuis aujourd’hui avec la chute du gouvernement Barnier , la France se trouve plongée dans une tourmente politique d’une ampleur inédite, où s’entrelacent ambitions partisanes, crises institutionnelles et bouleversements électoraux. Au centre de cette instabilité se tient le Rassemblement national (RN), dont la stratégie audacieuse de faire tomber le gouvernement Barnier a catalysé une succession d’événements qui redessinent le paysage politique français. Pour bien comprendre l’anomie et le point d’acmè actuel, il convient de faire un bref rappel des évènements passés sur le plan politique en France. Pour mémoire, l’appel répété du RN à la dissolution de l’Assemblée nationale, longtemps perçu comme un slogan électoral, a pris une tournure concrète après les élections européennes, conduisant le président Emmanuel Macron à un choix qui restera dans l’histoire politique contemporaine.

En effet, le 9 juin, le RN, fort de son succès écrasant aux élections européennes, a une nouvelle fois réclamé la dissolution de l’Assemblée nationale. Ce succès, marqué par un score historique de près de 33 % obtenu par la liste menée par Jordan Bardella, a placé le parti dans une position de force inédite.

  Lire Plus

L’aménagement du créole à l’épreuve des errements de l’État haïtien et du populisme des créolistes fondamentalistes

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

Fatwâ فتوى, au pl. fatāwā فتاوى :

« Avis juridique, verdict religieux qui n’engage que le savant jurisconsulte qui le prononce.

Les personnes habilitées à donner des fatâwâ sont les muftis. »

(Les Cahiers de l’islam, n.d.)

« Avis ou décision ayant valeur de loi, rendu par un mufti,

donc par une autorité religieuse. » (Dictionnaire Orthodidacte)

Existe-il une « guerre des langues » en Haïti ? Dans son « Préambule », la Constitution haïtienne de 1987 consigne et institue « l’acceptation de la communauté de langueS et de culture » et, aux articles 5 et 40, elle établit la co-officialisation du créole et du français, les deux langues de notre patrimoine linguistique historique. Est-il fondé, au nom de la légitime défense du créole, de passer outre ce « Préambule » ainsi que les articles 5 et 40 de notre charte fondamentale dans le but d’alimenter la diabolisation du français affublé de l’infâmante étiquette de « langue du colon », langue de la « gwojemoni neyokolonyal » ?

  Lire Plus

Le livre « Vèvè Vodou Haïti » de Roxane Ledan – Taino-L

… ou l’éblouissante traversée d’un univers pictural exceptionnel

Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

 Livre-événement le lundi 11 novembre 2024 à 18 h

 Librairie Le Port-de-Tête

369 Avenue Mont Royal Est

Montréal, Québec

Le livre « Vèvè Vodou Haïti » de Roxane Ledan, de son nom d’artiste Taino-L, a pour la première fois rencontré son public en Haïti, au Cap-Haïtien, le 25 juillet 2023 à l’hôtel Mont Joli, puis le 1er août 2023 à l’Hostellerie du Roy Christophe. Ce remarquable ouvrage de 104 pages est le résultat d’un minutieux travail de terrain mené par l’auteure en Haïti durant plus de vingt ans. Le livre est assorti d’exceptionnelles et inédites photos, toutes prises par l’auteure : il comprend 81 illustrations, incluant 38 vèvè de Milo Rigaud. L’ouvrage a été édité en Haïti en 2023 par AYITI BÈL. La deuxième édition, datée elle aussi de 2023, a été assurée à Montréal par le Cidihca. Le livre « Vèvè Vodou Haïti » sera l’objet, à Montréal, d’un livre-événement le 11 novembre 2024 à 18 h à la Librairie Le Port-de-Tête (369 Avenue Mont-Royal Est, Montréal).

  Lire Plus

Conflit de la vie chère : alea jacta est !

— Par Jean-Marie Nol, économiste —

Alea jacta est une locution latine signifiant « le sort en est jeté », ou « les dés sont jetés », que Jules César aurait prononcée en se préparant à franchir le Rubicon avec ses troupes, en violation de la loi romaine, pour pénétrer sur le territoire italien.

C’est une métaphore de ce qui peut se produire en Martinique en matière de franchissement de ligne rouge par le RPPRAC.

Un accord historique a été signé ce mercredi 16 octobre en Martinique entre la grande distribution, les élus et l’État pour abaisser les prix de 20 % en moyenne sur 6.000 à 7.000 produits de première nécessité dans le secteur alimentaire de l’île. Si cette décision a pu être perçue comme un geste de soulagement pour une partie de la population, elle n’a pas suffi à calmer les ardeurs du RPPRAC, un collectif à l’origine de la mobilisation du 1ᵉʳ septembre dernier, qui refuse de signer le protocole d’accord. Le mouvement réclame une baisse généralisée sur tous les produits alimentaires et a lancé un appel à poursuivre la contestation et amplifier la mobilisation de masse .

  Lire Plus

Vie chère en Martinique : le dilemme de l’autonomie sans moyens

L’apparence du pouvoir politique local en Martinique , mais sans aucune réalité effective de pouvoir économique et financier.

— Par Jean-Marie Nol, économiste —

D’aucuns considèrent que la sixième table ronde sur la vie chère se soldera au final par un semi échec de nature à remettre de l’huile sur le feu. Aux yeux de certains politologues, l’État français est actuellement en porte à faux en Martinique à cause de la gestion chaotique volontaire ou non du dossier de la vie chère. Alors peut -t-on craindre une politique de désengagement et une stratégie camouflée de l’État qui va finir tôt ou tard par forcément réagir avec un retour de bâton financier ?
La Martinique traverse actuellement une crise profonde, marquée par la question de la vie chère, la montée des tensions ethniques et une remise en cause de l’autorité de l’État français. La gestion de cette crise, ponctuée de violences, de manifestations et de blocages économiques, révèle une situation complexe où l’apparence d’un pouvoir local depuis la création de la collectivité unique (CTM) se heurte à une réalité financière étouffante. L’État français qui est sans conteste le principal contributeur financier à même de dénouer les blocages sur les points sensibles en négociation, et pourtant à travers la représentation du préfet, semble s’être effacé volontairement dans la gestion des négociations, cédant la place à la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), dirigée par Serge Letchimy.

  Lire Plus