La pièce « La réunification des 2 Corées » s’est jouée, samedi soir, à guichet fermé

— Par Roland Sabra —
On n’oubliera pas la querelle intense, passionnée qui traversé de part en part la reconstruction du lycée Schoelcher et notamment la question de l’existence d’une salle de théâtre : Fallait-il la supprimer, la réserver uniquement aux enseignements de l’art des planches, la réduire, lui donner plus d’autonomie ?
La bataille a été rude, mais très vite, dès le début, Gustavo Torrès l’architecte, maître d’œuvre du projet, en homme de culture accompli, s’est rangé du coté de ceux qui voulaient pouvoir offrir, en dehors des heures de cours la possibilité d’accès à une salle de théâtre dont la conception serait le reflet du multiculturalisme martiniquais. Bataille gagnée ! Le plateau sépare deux espaces bi-frontaux réservés au public. D’un coté, en léger arrondi, un théâtre à l’italienne et de l’autre un amphithéâtre, évocation d’un pitt, pour cette spécificité antillaise qu’est le conte.
En matière de visibilité quelque soit la place occupée la réussite est totale. Les fauteuils, confortables, font oublier les « tape-culs »(?)

Sylvère Faraudière, dans un article […]
Oui, un feuilleton. Je frémis en pensant que ce lycée pourrait disparaître, lui qui fait partie de notre patrimoine. A partir du moment où chaque jour on s’attend à quelque chose de nouveau, on peut parler de feuilleton. Avant, avant-hier la maternité ; avant-hier Tartenson ; hier Acajou ; jeudi 16 juin (selon France-Antilles) Bellevue / Joseph-Gaillard.
La question du lycée Schoelcher, au travers de sa reconstruction et de son déplacement transitoire, est l’objet d’âpres discussions, de contradictions voire de tensions entre la communauté scolaire, le rectorat et la collectivité territoriale de Martinique. Les tensions qui persistent entre les forces politiques rivales au sein de la CTM prévalent sur la recherche d’une solution valable, rendant plus difficile un choix consensuel par les élèves, les parents et les syndicats.
La reconstruction du Lycée SCHOELCHER est susceptible de constituer un test majeur pour la crédibilité des dirigeants de la nouvelle CTM .
Ce projet, évalué à 60 millions d’euros au stade des études et sans doute entre 70 et 80 millions non compris le lycée de transit ex-hôpital Victor-Fouche évalué à 35 millions d’euros) une fois les travaux achevés est-il toujours nécessaire ? Ce montant représente le coût des deux lycées Acajou II et Joseph-Zobel, construits il y a 25 ans, sur des terrains extrêmement difficiles qui ont nécessité de très gros travaux de terrassement.
(Reprise d’un aticle publié initialement le 25-05-2011 dans Madinin’Art)
Patrick Kermann définit son théâtre ainsi : « Le théâtre est le territoire de la mort, ce lieu rituel où les vivants tentent la communication avec l’au-delà. Sur scène, dans une balance incessante entre incarnation et désincarnation, matériel et immatériel, visible et invisible, apparaissent des fantômes qui portent la parole des morts, pour nous encore et tout juste vivants ».
C’est en visitant un petit cimetière de la campagne française que m’est venue l’idée de construire une « polyphonie de l’au-delà » en redonnant la parole aux centaines de défunts enterrés depuis un siècle à Moret-sur-Raguse, village symbolique inventé de toutes pièces…
La reconstruction du lycée Schoelcher sera t-elle la pierre tombale de la Région ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser tant les nuages s’accumulent sur cette opération.
Michel Dural anime le mercredi après-midi dans la salle Aimé Césaire du Lycée Schoelcher l’atelier théâtre de l’ Association pour le Développement des Activités et des Pratiques Artistiques et Culturelles Scolaires (ADAPACS). Ils sont une dizaine de tous âges, enseignants, lycéens mais aussi venus d’autres horizons à s’initier aux joies et aux plaisirs des planches. Selon la coutume de presque tous les ateliers il y a en fin d’année une présentation du travail réalisé. Les 29 et 30 juin 2013 le spectacle proposé s’intitulait « Miscellanées ». Le Larousse nous apprend qu’il s’agit d’un « recueil sur des sujets divers de science et de littérature, d’études, n’ayant aucun lien entre eux. On dit quelques fois miscellanea et plus souvent, mélanges ». Reconnaissons que miscellanées en jette un peu plus que mélanges. Il s’agit donc d’un genre littéraire composé de divers textes dont on cherche parfois le fil conducteur, sorte de mosaïque, assemblage hybride et morcelé qu’il s’agit de faire tenir ensemble. » Quel est le fil rouge » de ce travail comme le questionneront à plusieurs reprises les comédiens?

Lycée de « L’excellence pour tous » le Lycée Schoelcher, fondé il y a 111 ans, doit être détruit et reconstruit. Un déménagement provisoire est prévu dans les locaux de l’ancienne maternité de Redoute totalement rénovés à cet effet. Le choix de l’excellence est confirmé par l’accueil à partir de la rentrée 2016 des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles ( CPGE) de Maths Physique Chimie & Sciences de l’Ingénieur. Si l’on ajoute le fait d’être le seul lycée de Martinique à présenter l’enseignement de spécialité théâtre on voit nettement la cohérence du choix de l’excellence : former des scientifiques lettrés. Ce qui n’est pas rien! 








