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« Mési » – Création chorégraphique 2026 de Chimen Milo

« Lè nou ka gadé dèyè nou toujou travay, ki si swa ba nou menm, ki si swa ba lézot, nou toujou travay. »

Avec « Mési », l’association Chimen Milo propose une nouvelle création chorégraphique portée par Jean-Michel Casérus, au croisement de la mémoire, du mouvement et de la musique. Ce spectacle est une invitation à regarder derrière nous, à reconnaître les chemins parcourus et à rendre hommage à celles et ceux qui ont transmis un héritage culturel et humain précieux.

Nous, héritiers riches de notre histoire et fiers de nos mémoires, avons souvent dû nous dépasser pour être vus, entendus et compris. D’où vient ce besoin de prouver ce dont nous sommes capables ? Et d’où vient aussi cette force qui nous pousse à avancer ?
À travers « Mési », ces questions deviennent matière à danse, à chant et à partage.

Créé dans la continuité du travail mené par Chimen Milo, ce spectacle s’inscrit dans un engagement porté depuis 2002 : faire vivre et transmettre les pratiques traditionnelles martiniquaises – Danmyé, Kalenda et Bèlè – à travers ateliers, conférences et créations scéniques, en mémoire de Ti Émile.

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La trilogie haïtienne de Samuel Suffren : Mercredi 25 février – 19h Tropiques-Atrium

Samuel Suffren, filmer l’absence et le rêve d’ailleurs

Né en 1992, Samuel Suffren est un réalisateur et producteur haïtien dont le travail s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus singulières du cinéma caribéen contemporain. Son œuvre est profondément ancrée dans l’intime : elle prend racine dans l’histoire de son père, habité toute sa vie par le rêve de partir aux États-Unis sans jamais pouvoir quitter Haïti.

De ce matériau autobiographique naît une trilogie de courts métrages qui explore l’exil, l’attente et l’amour filial à travers ceux qui restent. Un triptyque sur « l’absence et l’ailleurs », décliné selon différents points de vue au sein d’un même cercle familial.

La trilogie haïtienne : un rêve américain vu depuis le rivage

Conçue après la mort de ses parents – son père en 2019, sa mère trois mois plus tard – la trilogie marque un tournant dans le parcours du cinéaste. Alors qu’il envisageait initialement un documentaire, il choisit finalement la fiction pour retravailler cette mémoire intime.

« Quand on s’accapare d’une matière à partir de son histoire personnelle pour la retravailler, ça peut s’avérer être un exercice masochiste.

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La descente aux enfers du système éducatif haïtien se poursuit

— Par Robert Berrouët-Oriol, —

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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Le système éducatif haïtien entre « réformes » et « refondation ?

Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation »

Par Robert Berrouët-Oriol (*)

Illusionnisme – Phénomène qui porte à susciter des illusions ou à se faire des illusions, à voir ou à faire voir la réalité de manière erronée. (ORTOlang, outils et ressources pour un traitement optimisé de la langue, Université de Nancy)

Les 21, 22 et 23 janvier 2026, le ministère de l’Éducation nationale d’Haïti a organisé à l’hôtel Karibe, à Pétion-Ville, les Assises nationales de la refondation du système éducatif. Entre propos soudé au récitatif d’une énième « réforme » et sermon écholalique annonçant la « refondation » du système éducatif national, ces « Assises » entendaient ratisser large, très large… En effet le 13 janvier 2026 le responsable des communications au ministère de l’Éducation nationale, Idson Saint-Fleur, a indiqué que le ministère s’apprêtait à « engager des actions concrètes en vue d’une refondation du système éducatif au regard des résultats d’un diagnostic ayant mis en évidence de nombreux problèmes structurels qui entravent la performance de l’école haïtienne.

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Jérôme Sainte-Luce : Visages de la mémoire caribéenne

Jusqu’au samedi 14 février, à Tropiques-Atrium.

Visages de la mémoire caribéenne
— Par Sarha Fauré —

Avec Figi — « visages » en créole — Jérôme Sainte-Luce présente à Tropiques-Atrium une exposition dense et habitée, où peinture, dessin et graphisme deviennent les vecteurs d’une réflexion sensible sur la mémoire, l’identité et les traces laissées par les civilisations disparues. Le peintre et plasticien guadeloupéen y déploie un univers singulier, nourri à la fois par une recherche approfondie sur les cultures amérindiennes de la Caraïbe et par une exploration introspective de son propre parcours.

Né en 1981 à Perpignan, Jérôme Sainte-Luce se forme très tôt aux arts visuels. Il débute son parcours par des études d’arts appliqués à Rivières-des-Pères, avant de s’orienter vers les arts plastiques à partir de 1999. Son cheminement artistique se construit également au gré d’expériences menées hors de la Caraïbe, notamment en Espagne et en Ardèche, qui enrichissent son regard et affinent sa pratique. En 2002, il obtient un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués, spécialité design, à l’École Estienne à Paris. Depuis 2009, il transmet à son tour cette exigence et cette sensibilité en tant que formateur en arts appliqués, intervenant dans plusieurs centres de formation en Guadeloupe.

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Arts du montage et de l’assemblage

Dominique Berthet (dir.), Arts du montage et de l’assemblage, Pointe-à-Pitre, Presses universitaires des Antilles, coll. « Arts et esthétique », 2025, 202 pages.

— Par Hélène Sirven —

Le livre contient 14 textes illustrés issus des deux journées du 24e colloque du CEREAP intitulé « Montage et assemblage en art », tenu à l’Inspé de Martinique en 2019 avec une introduction de Dominique Berthet. La diversité caractérise ces textes, réunis cependant en trois axes : « cinéma et théories du montage » ; « poïétique du montage et de l’assemblage » ; « montage, assemblage dans les arts plastiques ».

Dans son introduction, Dominique Berthet rappelle les liens entre montage, assemblage, collage. C’est la pratique du collage qui a fait exploser l’esthétique fondée sur l’imitation. Le montage, en cinéma, désigne l’organisation de plans pour générer des séquences. Mais le concept de montage concerne d’autres domaines des arts plastiques, des arts, de la littérature. L’assemblage est fait de coexistences et de rencontres, de connexions. La poétique de la r(R)encontre et de la r(R)elation change les frontières de l’art, créant de nouvelles géographies.

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« Résurrection », un film de Bi Gan – Festival de Cannes – Prix Spécial 2025

Mardi 27 janvier | 14h📍 Tropiques-Atrium Salle Frantz Fanon
🎭 Drame / Policier ⏱️ 2h40 🌍 Chine, France – 2025

🎥 Avec
Jackson Yee, Shu Qi, Mark Chao, Li Gengxi, Huang Jue,
Chen Yongzhong, Guo Mucheng

📝 Synopsis
Dans Résurrection, une femme, après une opération cérébrale, se retrouve en état de semi-conscience dans un monde dévasté.
Elle y découvre le corps inerte d’un androïde, auquel elle décide de raconter, nuit après nuit, des récits tirés de l’histoire de la Chine.
Ces histoires réactivent peu à peu les sens du robot.
À l’issue de son récit, elle se retrouve face à un dilemme : retourner dans le monde réel ou rester aux côtés de cette entité mécanique pour laquelle elle commence à éprouver des sentiments.

La presse en parle :
Bande à part par Jo Fishley
Le Chinois Bi Gan invente un monstre à rêves : un homme-cinéma, à l’intérieur duquel un projecteur le propulse dans une traversée onirique de films qui sont autant de songes sophistiqués, d’une terrassante beauté. Prix du Jury au Festival de Cannes, « Resurrection » promet la vie éternelle du cinéma.

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La beauté, un art de l’instant

Du 24 janvier au 7 mars au Cabinet Médical Etang Z’Abricot FdF

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant
et suspendue entre deux néants.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, 1932

— Par Marie Gauthier —

Sur le thème de la danse, l’artiste plasticienne Valérie H. Biegel présente des œuvres plus graphiques que picturales, des dessins délicats où se mêlent sur le même support encre, peinture, collages sur papier, le tout souvent marouflé sur toile. Son intention est de partager avec nous lumière et joie de vivre.

Les surfaces organisent des graffiti qui immédiatement font penser à des écritures. Notre regard s’attarde et reconnaît alors des silhouettes graciles, des corps humains en mouvement réduits à des signes, accompagnés parfois de points, de virgules, d’apostrophes, en un mot d’arabesques colorées, heureux repentirs sur des fonds clairs qui donnent un effet de lumière, de légèreté, au-dessus ou à l’intérieur du vide. Parfois des bribes de poèmes, des bleus doux, des rouges toniques, accompagnent ces mouvements dansants rythmés de noirs intenses.

Outre l’influence évidente des idéogrammes de la calligraphie orientale, l’artiste nous révèle aussi son goût pour le papier artisanal : papier aquarelle, papier de soie, papier coton, papier de riz, papier Jaipur ou Wenzhou.

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Didier Meynard : Sous la peau du paysage

15 janvier – 07 mars 2026 | L’Artocarpe – art contemporain

— Par Sarha Fauré —
À l’occasion de cette exposition présentée à L’Artocarpe, Didier Meynard déploie une proposition artistique inédite, profondément liée à la Guadeloupe, territoire de l’enfance et de la mémoire. Ce retour sur une terre longtemps tenue à distance devient le moteur d’un travail pictural intense, traversé par l’émotion, la sensation et l’attention portée au vivant. L’exposition réunit un ensemble d’œuvres réalisées dans un contexte de réactivation mémorielle, où peindre revient à renouer avec une géographie intime autant qu’avec un héritage culturel et sensible.

La peinture de Didier Meynard se situe à la croisée du paysage et de la figure, du corps et de son environnement. Une large part des œuvres présentées est consacrée au végétal, envisagé non comme un simple motif décoratif mais comme une matière active, un milieu vivant chargé de mémoire et de résistances. Feuillages denses, herbes entremêlées, troncs, sols et clairières composent des espaces picturaux traversés par une temporalité lente, organique, presque méditative. Le végétal y devient un véritable espace de pensée, un lieu où s’inscrit le temps long du vivant et où se superposent sensations, souvenirs et perceptions.

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La France doit restituer les 30 milliards volés à Haïti

Les Français doivent restituer les 30 milliards d’euros qu’ils ont volés au peuple haïtien…!

— Par Robert Lodimus —

« Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une Nation : l’une est par l’épée; l’autre par la dette. »

(John Quincy Adams, 6e président des Etats-Unis)

Tout ce que les populations du Sud ont hérité de l’Occident, c’est la religion et son illusionnisme. La prédication de l’Évangile a permis aux colons européens de commettre des crimes abominables en Amérique et en Afrique au nom de leur « Dieu ». Les Indiens, les Noirs et les Arabes ont grandement pâti de la cruauté de l’esclavage. Le 15e siècle, avec la fameuse expédition colombienne, a ouvert davantage la voie à la « déshumanisation de l’être » par des activités de travail dévalorisantes qui ont fait l’objet d’études et de dénonciation dans les travaux et les essais de plusieurs sociologues et philosophes progressistes, notamment Karl Marx, Friedrich Nietzsche…

L’individu, parvenu au stade de l’état déshumanisant dans lequel les systèmes féodal, capitaliste, impérialiste, néolibéral l’ont précipité et maintenu contre son gré, n’est presque plus capable de réfléchir lucidement et d’organiser son avenir.

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« Au NON du père » de Ahmed Madani : une dramaturgie du réel et du libre arbitre

— Par Hélène Lemoine —

On connait bien Ahmed Madani en Martinique. « Illumination(s) », « F(l)ammes », « Incandescences », « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » ont bouversé, enthousiasmé publics et critiques.  Avec Au non du père il poursuit sa recherche théâtrale singulière, située à l’endroit fragile où la vie réelle devient matière scénique sans jamais se réduire au témoignage. Le spectacle s’inscrit pleinement dans la trajectoire d’un artiste qui, depuis plusieurs décennies, interroge la capacité du théâtre à accueillir des récits minorés et à les transformer en expériences esthétiques partagées. Après la realation Mère/fille dans « J’ai rencontré Dieu sur Facebook » , dans Au non du père, la quête d’Anissa — retrouver un père absent — constitue moins un sujet qu’un dispositif, un point d’entrée vers une réflexion profonde sur la filiation, la liberté individuelle et le pouvoir de la fiction.

La présence d’Ahmed Madani sur scène est centrale. Il n’y apparaît ni comme garant d’une vérité, ni comme simple accompagnateur, mais comme une figure de médiation. À la fois auteur, metteur en scène et partenaire de jeu, il orchestre le récit tout en acceptant d’en perdre le contrôle.

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Didier Meynard : exposition

Visible jusqu’au samedi 07 mars 2026
L’Artocarpe – Contemporary Art
55 rue Victor Hugo, 97160 Le Moule, Guadeloupe

L’Artocarpe a l’honneur de présenter une exposition inédite de Didier Meynard, artiste peintre majeur de la scène contemporaine, à l’occasion de son retour en Guadeloupe, terre de ses racines familiales. Cette exposition s’inscrit comme un temps fort, à la fois intime et universel, où la peinture devient espace de mémoire, de transformation et de dialogue avec le vivant.

Né en 1960 à Bar-le-Duc (Meuse) de parents guadeloupéens originaires de Petit-Bourg, Didier Meynard débute très tôt la peinture. Dès les années 1990, son travail est exposé en France et à l’international. Membre de la Maison des Artistes depuis 1994 et de la Fondation Taylor, son parcours est marqué par de nombreux voyages, notamment en Inde et aux États-Unis, ainsi que par des rencontres décisives avec des traditions picturales anciennes et des pratiques visuelles contemporaines.

La peinture de Didier Meynard se déploie comme un territoire d’exploration sensible, où les figures émergent, se transforment et échappent à toute narration figée. Les corps, traversés de traces, de sillages et d’effacements, semblent pris dans un état de métamorphose permanente.

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Abishag ou le féminin comme matrice du vivant

Artiste plasticienne, créatrice textile et passeuse de sens, Abishag développe une œuvre plurielle où peinture, matière, bijou et vêtement dialoguent autour d’un même fil intérieur : la transmission.

Nourrie d’un héritage familial métissé, d’une formation artistique entre l’Afrique et l’Europe, et d’un engagement profond auprès des publics fragilisés, Abishag explore le féminin comme matrice du vivant, espace de réconciliation, de guérison et de transcendance. Dans cet entretien, elle évoque sa dynamique créatrice, sa relation à la couleur, à l’Afrique, à l’amour et à l’énergie, et interroge, au-delà des clivages, ce qui relie l’art à l’essence même de l’être.

Entretien avec Rodolf Étienne

Rodolf Étienne : Ce qui est fascinant quand on découvre ou redécouvre ton rendu artistique, c’est la richesse de ses tonalités et la diversité de ses formes d’expression. Chaque approche semble portée par une véritable profondeur, une recherche singulière. Comment expliquer cette dynamique presque kaléidoscopique de la création ? Est-elle le fruit d’une longue maturation intérieure, d’une réflexion qui s’affine autour d’un message singulier à transmettre ? Relève-t-elle plutôt d’un choix esthétique assumé, d’une volonté de donner à voir la pluralité des regards et la diversité de l’expérience humaine ?

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L’état de droit à la Martinique

— Par Michel Herland —

Cet article qui fait suivre à celui portant sur le verdict du procès des « déboulonnages » des statues à la Martinique (*) se propose d’étudier plus largement la situation de l’état de droit. Compte tenu des similitudes structurelles existantes entre la Martinique et les autres collectivités françaises d’Outre-mer cette analyse pourra s’appliquer, mutatis mutandis, à ces dernières.

Deux définitions pour commencer.

L’état de droit. A priori, l’état (sans majuscule) de droit règne dans un pays lorsque les lois sont globalement respectées. Mais dans les démocraties libérales la définition est différente, l’état de droit suppose en outre que les lois ne contredisent pas les droits de l’homme – les droits humains – tels que définis par diverses chartes, avec toutes les ambiguïtés que cela suppose (1). Ainsi considère-t-on chez nous que l’état de droit ne prévaut pas en Chine, même si les lois y sont respectées bien plus que dans bien des démocraties occidentales.

Légitimité de l’État. Ce n’est pas une question de droit mais de sentiment. Un État (avec majuscule) est ou non perçu (globalement) par les citoyens comme légitime – et donc plus ou moins en mesure de faire régner la loi.

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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Exposition : Mini Formats des Avents

Jusau’au 10 janvier | Cabinet médical des  Drs Jean-Laurent

— Par Philippe Charvein —

Rassemblées dans la pièce principale du Cabinet médical des Dr Charles JEAN-LAURENT et Dr Medhi JEAN-LAURENT, les œuvres qui constituent l’exposition : « Mini Formats des Avents » déclinent – à l’envi – leurs formes, leurs couleurs et leurs messages.

D’un point de vue symbolique, elles apportent douceur et bien-être aux femmes accueillies dans ce cabinet et qui souvent… « attendent » un heureux évènement…redoublant ainsi le travail des praticiens dont la tâche consiste précisément à veiller au bien-être physique et mental de leurs patientes au seuil d’un tournant existentiel et humain.

Notons la présence de petits textes poétiques qui viennent redoubler le « discours » pictural, démultipliant dans le même temps les possibilités de l’Art invitant l’humain à redécouvrir les siennes.

Dix artistes, en effet (Victor ANICET, Julie BESSARD, Nadia BURNER, Carole BUTTIN, Marie GAUTHIER, Karine JOSEPH-ROSE, HAMID, ISKIAS, Pierre MONTAGARD, Martine PORRY), nous proposent des réalisations diverses, relevant aussi bien du dessin, du collage, de la peinture que de la céramique.

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Comment ChatGPT a bouleversé, en 3 ans, notre façon de chercher de l’information

Par Deborah Lee (*) —

En trois ans, ChatGPT est devenu le premier réflexe d’une part croissante de la population lorsqu’il s’agit de comprendre, réparer, apprendre ou décider. Avec près de 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2025, l’agent conversationnel ne remplace pas Google ou YouTube, mais redessine l’entrée même vers l’information – et nos usages numériques au passage.

Il y a trois ans, lorsqu’il fallait réparer un robinet qui fuit ou comprendre l’inflation, la plupart des gens avaient trois réflexes : taper leur question sur Google, chercher un tutoriel sur YouTube ou appeler désespérément un assistant vocal à l’aide. Aujourd’hui, des millions de personnes adoptent une autre stratégie : elles ouvrent ChatGPT et posent simplement leur question.

Je suis professeure et directrice de la recherche et de la stratégie en matière d’IA à la Mississippi State University Libraries. En qualité de chercheuse spécialisée dans la recherche d’informations, je constate que ce changement dans l’outil vers lequel les gens se tournent en premier pour trouver des informations est au cœur de la manière dont ChatGPT a transformé nos usages technologiques quotidiens.

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Requiem pour l’outre-mer avec le subreptice désengagement de l’État ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le débat sur la continuité territoriale révèle aujourd’hui une fracture profonde entre les promesses affichées par l’État français et la réalité vécue dans les régions ultrapériphériques, au premier rang desquelles la Guadeloupe. Alors que le gouvernement vient d’annoncer une rallonge exceptionnelle de 50 millions d’euros pour la Corse, portant à 237 millions l’enveloppe consacrée en 2026 au soutien des liaisons aériennes et maritimes de l’île méditerranéenne, les territoires d’outre-mer assistent, eux, à un désengagement financier préoccupant. Cette décision, justifiée par la hausse du carburant, l’intensification du trafic et la volonté affirmée de soutenir le quotidien des Corses « y compris les plus modestes », met en lumière un contraste saisissant : une île déjà fortement soutenue voit son aide renforcée, pendant que les régions ultramarines, confrontées à des contraintes d’insularité et d’éloignement incomparablement plus fortes, voient leurs demandes systématiquement renvoyées à des difficultés juridiques, budgétaires ou européennes.

L’annonce d’une rallonge de 50 millions d’euros dédiée à la continuité territoriale de la Corse, portant l’enveloppe à 237 millions d’euros en 2026, a mis en lumière un déséquilibre de plus en plus manifeste entre le soutien que l’État accorde à l’île méditerranéenne et celui qu’il consent aux régions ultramarines.

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Haïti : l’aménagement des deux langues, créole et français

L’aménagement constitutionnel des deux langues du patrimoine linguistique historique d’Haïti, le créole et le français : une synthèse

— Par Robert Berrouët-Oriol —

Linguiste-terminologue

Conseiller spécial, Conseil national d’administration

du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH)
Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones

Montréal, le 24 novembre 2025

Amplement diffusé en Haïti et consulté par des lectorats divers, notre plus récent article daté du 18 novembre 2025 a donné lieu à des échanges fructueux comme en témoignent les nombreux commentaires que nous avons reçus. Cet article, « L’aménagement du créole en Haïti : retour-synthèse sur ses obstacles institutionnels, idéologiques, politiques et instrumentaux », est paru sur plusieurs sites et il a été diffusé sur les 17 plateformes régionales du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH) et sur le fil info de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA).

Évoquée dans notre article du 18 novembre 2025, la dimension constitutionnelle de l’aménagement linguistique en Haïti, stricto sensu, est encore trop peu étayée, trop peu connue, mal connue sinon inconnue au pays.

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Le cercle apoétique – L’achronique continu(e)

– Saison 2, épisode 1 –

Par Loran Kristian  —

Comment vous dire ?

Il existe différents types de champs de matière mouvante, diverses sortes de plans dessinant de belles lignes de force, je ne vous apprends rien. Certains sont faits pour les cartésiens habitués aux espaces plats et euclidiens, d’autres pour les projectifs préférant les points de fuite à l’infini, ceux qui aiment les surfaces courbes et les grands cercles à tendances elliptiques, d’autres encore pour les amateurs de vies conformes, complexes ou plus discrètes.

Mais de l’endroit où je regarde bouger le monde, recueil de corps et d’esprits, le plan semble gâché à l’équateur. Plus grand-chose à tenir ferme et bon sans perdre la tête ou l’équilibre. Pourtant, dit-on, il nous faut rendre hommage à la destinée manifeste comme à ceux qui nous ont précédés. Garder la force de regarder demain en mangeant notre paquet de courage. Entre cyclopes et cyclones, en dépit de ce qui nous poisse comme jamais, il nous faudrait prendre la vie à bras le corps, de front, comme des gladiateurs affrontent le diable dans tous les détails.

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Les Théâtrales de Novembre : dix jours pour célébrer le théâtre sous toutes ses formes

Pendant dix jours, la Martinique vivra au rythme du théâtre. La cinquième édition des Théâtrales de Novembre, organisée par ETC Caraïbe, rassemblera passionnés, curieux et professionnels du spectacle vivant autour d’un programme foisonnant, mêlant créations, rencontres et découvertes.

Chaque année, en novembre, le festival met en lumière les projets artistiques soutenus par ETC Caraïbe — qu’ils soient en cours d’écriture, de création, de traduction ou d’édition. Ce rendez-vous incontournable du calendrier culturel caribéen se déploie dans plusieurs communes de l’île, du Saint-Esprit au Carbet, en passant par Le Marin et Fort-de-France. Son ambition : faire dialoguer les auteurs et autrices de théâtre avec tous les publics, des plus jeunes aux plus avertis.

« Nous allons vraiment du jeune public au tout public, explique Alfred Alexandre, dramaturge et directeur artistique d’ETC Caraïbe. Nous avons accueilli des enfants dès trois ans, mais aussi des collégiens, des lycéens, des étudiants, grâce à des partenariats avec plusieurs établissements scolaires. »
Ainsi, les Théâtrales de Novembre ne se limitent pas aux représentations : elles proposent également ateliers, lectures, tables rondes et échanges avec les artistes, afin de renforcer les liens entre la création contemporaine et la société.

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Laurent Mauvignier, ou la mémoire des silences : le Goncourt 2025 consacre « La Maison vide »

— Par Hélène Lemoine —

C’est un roman de chair, de mémoire et de silence qui vient d’être couronné par le prix Goncourt 2025. Avec La Maison vide (Éditions de Minuit), Laurent Mauvignier signe une œuvre magistrale, ample et bouleversante, qui explore les blessures enfouies de sa lignée familiale sur quatre générations. Né en 1967 à Tours, l’écrivain, ému à son arrivée au restaurant Drouant, a salué une récompense « énorme », dédiée à l’enfance et à la transmission : « C’est un livre qui vient de plusieurs générations », confiait-il.

Fils d’un ouvrier et d’une femme de ménage, Mauvignier a grandi dans une maison modeste, mais riche d’histoires tues. Dans son parcours, la littérature s’est imposée comme une nécessité vitale. D’abord formé aux beaux-arts, il est devenu un véritable plasticien des mots, modelant la langue comme une matière organique. Depuis son premier roman Loin d’eux (1999), il s’attache à rendre visibles les existences ordinaires, à sonder les silences et les blessures d’un monde souvent oublié.

Une maison comme métaphore du roman

Depuis ses débuts, Laurent Mauvignier imagine chaque roman comme une « maison » à habiter.

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La romancière Yanick Lahens à l’apogée de ses talents, sur les cimes de l’Académie française

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

LA NOUVELLE a brasillé dans la presse conventionnelle et les médias numériques, sur diverses plateformes et portails d’information ainsi que sur les réseaux sociaux, WhatsApp et Instagram n’ont pas dérougi… Telle une singulière voix chorale surgissant d’une foultitude d’archipels et autres terres îliennes, LA NOUVELLE a eu l’effet d’un tsunami : L’Académie française, dans sa séance du jeudi 30 octobre 2025, a décerné son Grand Prix du roman (…) à Yanick LAHENS pour son roman « Passagères de nuit ». (Source : site Web de l’Académie française, 30 octobre 2025).

Yanick LAHENS figure en

  • Deuxième sélection du Prix Goncourt 2025

  • Deuxième sélection du Prix Jean Giono 2025

  • Sélection mensuelle du Grand Prix des lectrices de ELLE 2026


Le Grand Prix du roman de l’Académie française est l’un des plus prestigieux prix littéraires français. Il a été créé en 1914 et, chaque année, il est décerné au mois d’octobre pour récompenser l’auteur du roman que l’Académie a jugé le meilleur de l’année. Ce prestigieux prix littéraire ouvre traditionnellement la saison des prix littéraires français.

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Créole : entre défense légitime et aveuglement idéologique

L’unilatéralisme créole, promu par les Ayatollahs fondamentalistes au titre d’une politique d’État en Haïti, est une mystification

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Journée internationale du créole

« On ne peut plus écrire son paysage ni écrire sa propre langue de manière monolingue. Par conséquent, les gens qui, comme par exemple les Américains, les États-Uniens, n’imaginent pas la problématique des langues, n’imaginent même pas le monde. Certains défenseurs du créole sont complètement fermés à cette problématique. Ils veulent défendre le créole de manière monolingue, à la manière de ceux qui les ont opprimés linguistiquement. Ils héritent de ce monolinguisme sectaire et ils défendent leur langue à mon avis d’une mauvaise manière. Ma position sur la question est qu’on ne sauvera pas une langue dans un pays en laissant tomber les autres. » (Lise Gauvin, « L’imaginaire des langues : entretien avec Édouard Glissant », dans « L’Amérique entre les langues », Études françaises, volume 28, numéros 2-3, automne–hiver 1992.)

Octobre est le mois des célébrations de la langue et des cultures créoles dans les communautés linguistiques créolophones à travers le monde.

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Cinq députés d’Outre-mer socialistes voteront la censure contre le gouvernement Lecornu

— Par Sabrina Solar —

À la veille d’un vote décisif à l’Assemblée nationale, une fracture nette s’est dessinée au sein du groupe socialiste. Mercredi 15 octobre, cinq députés d’Outre-mer — Christian Baptiste (Guadeloupe), Béatrice Bellay (Martinique), Élie Califer (Guadeloupe), Philippe Naillet (La Réunion) et Jiovanny William (Martinique) — ont annoncé qu’ils voteraient en faveur de la motion de censure déposée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, rompant ainsi avec la ligne fixée par leur direction nationale.

Dans un communiqué adressé à l’AFP, les élus expliquent leur décision par un profond désaccord politique et symbolique :

« Ce jeudi, notre vote sera sans ambiguïté : en faveur de la censure d’un gouvernement qui réaffirme de manière ostensible son désamour à l’égard des territoires d’Outre-mer et de leurs populations. Cette censure se veut être une alerte pour un gouvernement qui doit mériter la confiance de nos territoires. »

Les parlementaires ultramarins dénoncent la politique budgétaire du gouvernement, estimant que les Outre-mer sont injustement mis à contribution dans les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2026.

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