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L’actu des Planches!

L’hommage vibrant de Damon Albarn au génie musical de l’Afrique

Les sons et la danse l’emportent dans le « Vol du boli », présenté au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Les indépendants de la culture organisent leurs Etats généraux

Cent cinquante délégués de lieux ou d’événements culturels se sont retrouvés à Lyon pour se réinventer après la pandémie.

« Le Vol du Boli », un spectacle hybride entre théâtre, musique, ombre et lumière sur les planches du Châtelet

Sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris pendant trois jours, l’opéra « Le Vol du Boli » déterre un évènement historique oublié : le vol d’un fétiche animiste africain par l’écrivain Michel Leiris dans les années 1930.

« L’Empereur des boulevards » : une pièce pétillante sur Georges Feydeau, l’homme derrière le vaudevilliste

Après « Edmond », sur Rostand, c’est Georges Feydeau qui a les honneurs d’un biopic théâtral très enlevé, à son image.

Avec « Hauts plateaux », Mathurin Bolze offre une nouvelle voltige au cirque contemporain

La compagnie de cirque contemporain MPTA part en tournée en France avec ce nouveau spectacle qui promet beaucoup de poésie et de féerie sur des thématiques parfois délicates. 

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Sciences sociales : nouveautés du 27 septembre 2020

L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.

Le terme de science sociale apparaît pour la première fois en 1824 dans l’ouvrage de William Thompson (1775-1833), An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness; applied to the Newly Proposed System of Voluntary Equality of Wealth.

Les débuts des sciences sociales au 18e siècle se reflètent dans la grande encyclopédie de Diderot, avec des articles de Jean-Jacques Rousseau et d’autres pionniers. L’émergence des sciences sociales se reflète également dans d’autres encyclopédies spécialisées. La période moderne a vu la science sociale être utilisée pour la première fois comme un champ conceptuel distinct.

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Sciences sociales : parutions du mois d’août 2020

L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.

Le terme de science sociale apparaît pour la première fois en 1824 dans l’ouvrage de William Thompson (1775-1833), An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness; applied to the Newly Proposed System of Voluntary Equality of Wealth.

Les débuts des sciences sociales au 18e siècle se reflètent dans la grande encyclopédie de Diderot, avec des articles de Jean-Jacques Rousseau et d’autres pionniers. L’émergence des sciences sociales se reflète également dans d’autres encyclopédies spécialisées. La période moderne a vu la science sociale être utilisée pour la première fois comme un champ conceptuel distinct.

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Entre Elles

Au Créole Arts Café à St-Pierre du 25 août au 4 novembre 2020

Le Créole Arts Café est un nouveau lieu culturel pour la Ville d’Art et d’Histoire, à la fois concept store, lieu d’exposition et café où se détendre, boire un verre, déguster un plat ou faire un petit goûter. Installé dans la toute première bâtisse reconstruite après la catastrophe avec son mobilier et son décor typique le concept store propose des réalisations de l’artisanat local, l’espace Galerie à l’étage invite à découvrir tous les deux mois une nouvelle collection d’artistes sélectionnés.

La nouvelle exposition intitulée « ENTRE ELLES » propose des peintures, sculptures et meubles d’artistes de Ghyslaine MARCEAU, Marie-Annette FOURNIER, Nadine LEJEUNE et Michèle ARRETCHE du 25 août au 4 novembre 2020.

Ghyslaine MARCEAU : Martiniquaise, avec des origines pierrotines, a vécu 26 ans en métropole et est revenue au pays depuis 2005.

Son goût pour le dessin et la peinture, ainsi que ses rencontres avec de nombreux artistes de talents ont permis à Ghyslaine Marceau de développer ses connaissance dans de nombreux domaines : peinture sur bois, sur métal, pastel, huiles et acrylique sur toile.

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Les Week-ends des patrimoines

Á la Martinique, les Journées européennes du patrimoine deviennent les Week-ends des patrimoines !

Chaque week-end du 18 juillet au 20 septembre 2020, propriétaires publics et privés de monuments historiques, membres d’associations de protection du patrimoine, conservateurs du patrimoine, médiateurs culturels, … se mobilisent pour mettre en valeur le patrimoine sous toutes ses formes (matériel, immatériel et naturel). Ils proposent aux visiteurs de nombreuses animations et expériences culturelles : visites guidées, démonstrations de savoir-faire, expositions, jeux/quiz, lectures, etc.

Profitez de vos vacances à la Martinique pour découvrir ces richesses grâce au thème « Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie ! » qui illustre – d’une manière conviviale et souvent ludique – tout le potentiel que recèle le patrimoine en tant qu’outil d’apprentissage et source d’inspiration pour l’avenir.

Tout le mois d’août découvrez la Martinique à travers une sélection d’habitations privées, d’églises, institutions et autres sites patrimoniaux chargés de notre histoire. Découvrez dès maintenant, en vidéo, l’Habitation Saint-Etienne, fief des rhumsHSE qui offre un ensemble architectural unique, inscrit à l’InventaireSupplémentaire des Monuments Historiques et classé Monument Historique. Site ouvert du lundi au samedi de 9h à 17h.

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Faire fuir les touristes ou protéger les Martiniquais ?

— Par Danielle Louise Alexandrine —

Nous avons été nombreux, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et en France métropolitaine à voir ces images de soignants cubains en blouses blanches, drapeau national fièrement déployé, se faire accueillir en grande pompe par le Président du Conseil Exécutif de la CTM et le Directeur du CHU. Un commentaire suivait, relayé par France 2 et par la plupart des grands quotidiens français : « 15 soignants cubains sont arrivés en Martinique le vendredi 26 juin, afin d’aider à lutter contre la pandémie de coronavirus. C’est une première en France, et un moment dont l’histoire du pays se souviendra. Les médecins cubains ont débarqué sur le sol martiniquais depuis La Havane, par un vol spécialement affrété. L’accueil a été solennel, avec le drapeau et l’hymne national cubain. »

Sur la chaîne locale, le directeur du CHU dont l’intervention a été quelque peu occultée par celle, tonitruante mais accueillante du Président du Conseil Exécutif de la CTM, a ajouté « actuellement, on est vraiment en train de gérer la crise de retard de soin, on a une très grosse activité, la crise nous inquiète un peu ».

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Notre Martinique aujourd’hui. Sera-t-on Martiniquais demain ?

Par Guy Lordinot —

« Entre l’intégration et la désintégration, il y a place pour l’invention. »
Aimé Césaire

Aujourd’hui, les Martiniquais sont en plein désarroi. Rien ne va plus.
Symptôme inquiétant : plus de trois mille jeunes émigrent chaque année vers d’autres pays afin de se forger, ailleurs, un avenir répondant à leurs souhaits, que la Martinique est incapable de leur offrir.

Conséquence : la population vieillit. Dans le même temps, l’arrivée régulière d’une population de race blanche montre qu’un génocide par substitution (expression d’Aimé Césaire) est en marche.

Le désarroi s’amplifie, certains cherchent les responsables de cette situation alarmante.
Pour eux, Victor Schœlcher, qu’ils considèrent comme un esclavagiste, en est le responsable. Décision est prise de démolir les deux statues érigées en son honneur. L’opération est menée le 22 mai 2020 par des hommes et des femmes, jeunes pour la plupart qui revendiquent leur geste symbolique à visage découvert face aux autorités de l’Etat.
Disparu depuis 1893, l’intéressé ne peut évidemment pas réagir. Il faut par conséquent trouver d’autres personnalités à incriminer, par exemple les békés, héritiers des esclavagistes. On les cloue au pilori et on s’attaque aux symboles de leur puissance économique.

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« Ce qui dérange, c’est le profil de ceux qui demandent le déplacement des statues de Colbert »

— Par Léonora Miano, écrivaine —

Selon l’écrivaine Léonora Miano, satisfaire la demande de citoyens « devenus français en raison d’un crime contre l’humanité », l’esclavage colonial, ne ferait pas pour autant disparaître Jean-Baptiste Colbert des livres d’histoire.

Tribune. Les statues meurent aussi. Nous le savons depuis le film de Chris Marker, Alain Resnais et Ghislain Cloquet. Diatribe anticolonialiste sur le pillage des artefacts subsahariens, Les statues meurent aussi (1953) évoque le ravage intime que constitua le fait de détourner ces œuvres de leur fonction initiale pour les inhumer dans les musées français. Le film parlait d’une profanation. Il fut interdit avant d’être présenté, onze ans après sa création, dans une version tronquée par la censure.

Lire aussi  La statue de Colbert vandalisée devant l’Assemblée nationale

Que les statues meurent, la République l’avait su avant 1953. Comme souvent dans l’histoire, on s’était appliqué à soi-même les méthodes que l’on irait parfaire au loin. On avait abattu ses propres totems, vandalisé ses propres mausolées. La République naissante avait démonté nombre de statues royales en 1792, avant d’éventrer, en octobre 1793, le tombeau des monarques. Du passé, on faisait table rase.

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L’heure de nous-mêmes

— Par Christian Rapha, Maire de Saint-Pierre —

Deux statues de Victor Schœlcher détruites, des écoles qui peinent à rouvrir malgré le déconfinement et le contrôle de la situation sanitaire, des coupures d’eau intempestives sur tout notre territoire qui privent une grande partie de la population martiniquaise du service qu’elle est en droit d’attendre notamment en période de crise sanitaire, des transports qui fonctionnent par intermittence, le dossier du chlordécone enkayé alors que de nombreuses propositions concrètes et intéressantes sont formulées par des associations ou des parlementaires, des jeunes agriculteurs en quête de terre pour s’installer alors que 20 000 hectares sont en friche et que la CTM est gestionnaire d’une banque de terres agricoles… notre pays Martinique souffre de maux qui semblent hors de portée de notre action ! Comme si nous étions impuissants à actionner les manettes du changement de notre quotidien et de notre réalité alors que localement nous n’avons jamais été autant en responsabilité.
Alors qu’une partie des politiques fustigent l’Etat « français », parfois qualifié de colonialiste ou néocolonial, nous avons du mal à assumer pleinement notre responsabilité à l’échelon territorial et local (prérogatives qui sont nombreuses et étendues dans le cadre du statut de collectivité relevant de l’article 73) et à nous rassembler au-delà de nos divergences politiques pour convaincre le cas échéant le dit Etat quand nous estimons que nos intérêts ne sont pas pris en compte.

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Sciences sociales : nouveautés du 14 juin 2020

L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.

Le terme de science sociale apparaît pour la première fois en 1824 dans l’ouvrage de William Thompson (1775-1833), An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness; applied to the Newly Proposed System of Voluntary Equality of Wealth.

Les débuts des sciences sociales au 18e siècle se reflètent dans la grande encyclopédie de Diderot, avec des articles de Jean-Jacques Rousseau et d’autres pionniers. L’émergence des sciences sociales se reflète également dans d’autres encyclopédies spécialisées. La période moderne a vu la science sociale être utilisée pour la première fois comme un champ conceptuel distinct.

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Littératures : nouveautés du 14 juin 2020

Le mot littérature, issu du latin litteratura dérivé de littera (la lettre), apparaît au début du xiie siècle avec un sens technique de « chose écrite » puis évolue à la fin du Moyen Âge vers le sens de « savoir tiré des livres », avant d’atteindre aux XVIIe – XVIIIe siècles son sens principal actuel : ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique (ex. : « C’est avec les beaux sentiments que l’on fait de la mauvaise littérature » André Gide) ou activité participant à leur élaboration (ex. : « Se consacrer à la littérature »).

La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire, qu’il soit lecteur ou auditeur. La littérature — dont les frontières sont nécessairement floues et variables selon les appréciations personnelles — se caractérise donc, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique : la mise en forme du message l’emporte sur le contenu, dépassant ainsi la communication utilitaire limitée à la transmission d’informations même complexes.

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L’éphéméride du 13 juin

Naissance de Virginie Despentes le 13 juin 1969

Virginie Despentes, née Virginie Daget le 13 juin 1969 à Nancy, est une écrivaine et réalisatrice française, à l’occasion traductrice et parolière.

Elle a été révélée par son roman Baise-moi (1994), dont elle a ensuite réalisé l’adaptation cinématographique (2000). Son plus grand succès à ce jour est la trilogie Vernon Subutex publiée entre 2015 et 2017 et qui a été adaptée en série télévisée.

Elle est membre de l’académie Goncourt du 5 janvier 2016 jusqu’à sa démission le 6 janvier 2020.

Enfance turbulente (1969-1980)
À sa naissance, ses parents ont vingt et dix-neuf ans. Postiers engagés dans le syndicat CGT, ils participent aux manifestations avec leur fille. Son vrai nom est Virginie Daget5. Elle prendra à vingt-cinq ans le pseudonyme de Virginie Despentes. À deux ans, elle chante déjà L’Internationale.

Sa mère lui achète les Fantômette de la Bibliothèque rose, mais ce sont les subversifs Reiser et Wolinski qu’elle aime lire en cachette. À l’école primaire, elle exaspère ses maîtres par des bagarres incessantes avec les garçons, qu’elle dépasse tous en taille. En grandissant, c’est Marilyn Monroe, image de la fragilité féminine, qu’elle se choisit comme idole.

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Ces statues qui font l’actu…

Victor Schœlcher en Martinique

— par Christiane Chaulet Achour —

« Il y a une trentaine d’années, un Noir du plus beau teint, en plein coït avec une blonde « incendiaire », au moment de l’orgasme s’écria : « Vive Schœlcher ! » Quand on saura que Schœlcher est celui qui a fait adopter par la IIIe République le décret d’abolition de l’esclavage, on comprendra qu’il faille s’appesantir quelque peu sur les relations possibles entre le Noir et la Blanche ».

Frantz Fanon, Peau noire masques blancs

Près de soixante dix années séparent cette citation de Fanon et la destruction de deux statues de Schœlcher en Martinique, le 22 mai 2020, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Face à ces actes, faut-il se contenter de cris d’orfraies ou au contraire d’approbation ? Quel est l’impact d’une statue posée sans explication dans l’espace public et ainsi offerte au respect, sinon à l’admiration ? Les actes de ces jeunes femmes, intervenant intempestivement au vu et au su de tous, invitent à réfléchir à l’écriture de l’Histoire qui ne peut être scellée dans le marbre une bonne fois pour toutes et surtout à l’essaimage des symboles – statues et monuments, noms de rues et d’édifices publics -, qui ne peuvent être inamovibles dans le dynamisme des sociétés en devenir.

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L’invention de « l’Outre-mer » : 75 ans :  des « vieilles colonies » au goût âcre des ananas

Migrations, chlordécone, et aujourd’hui gestes barrières : la vieille histoire de l’Outre-mer.

(Le 29/05/2020, par Chloé Leprince, journaliste à France Culture. On peut aussi trouver de ses articles sur le site internet des Inrocks)

En matière de distanciation physique, certains Français compteraient en mètres, et d’autres plutôt en ananas. C’est en tous cas le sous-texte qu’on pouvait déduire d’une campagne pour les gestes barrières face à l’épidémie de Covid, qui a fait grand bruit à sa sortie, le 22 mai. A l’origine du visuel, la préfecture de Martinique, c’est-à-dire l’institution qui représente l’Etat central français sur l’île. Suite au tollé immédiat, le préfet de Martinique présentait ses excuses dès le lendemain, et faisait savoir que la campagne partait à la poubelle (…)

Début mai, en Polynésie française, le ministère du tourisme polynésien avait déjà créé une image du même cru, qui préconisait cette fois six noix de coco en plus du masque. Or l’archipel de Polynésie est une communauté d’outre-mer, et les 118 îles (une grosse moitié habitées) ont depuis 1984, un « président de gouvernement » — même si, en l’occurrence, c’était à l’époque le gaulliste Gaston Flosse, qui était proche de Paris et fut au même moment membre du gouvernement de Jacques Chirac en tant que “secrétaire d’État chargé des Problèmes du Pacifique sud”.

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Le portrait du colonisé d’Albert Memmi

Après avoir publié le « Portrait du colonisateur de bonne volonté » dans Les Temps modernes en avril 1957, Albert Memmi faisait paraître le « Le portrait du colonisé » dans Esprit, en mai 1957. Les deux textes devaient être réunis et développés dans « Portrait du colonisé – Portrait du colonisateur » [1]. Nous reproduisons ci-dessous Le Portrait du colonisé tel qu’il est proposé sur le site de la revue Esprit à l’occasion de la parution de son numéro de décembre 2006 intitulé « Pour comprendre la pensée postcoloniale » [2].

Le mythe

Tout comme la bourgeoisie propose une image du prolétaire, l’existence du colonisateur appelle et impose une image du colonisé. Alibis sans lesquels la conduite du colonisateur et celle du bourgeois, leurs existences mêmes, sembleraient scandaleuses. Mais nous éventons la mystification, précisément parce qu’elle les arrange trop bien.

Lorsque le colonisateur affirme, dans son langage, que le colonisé est un débile, il suggère par là que cette déficience appelle la protection. D’où, sans rire – je l’ai entendu souvent – la notion de protectorat. Il est dans l’intérêt du colonisé qu’il soit exclu des fonctions de direction ; et que ces lourdes responsabilités soient réservées au colonisateur.

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Soigner le corps et les murs : des graffeurs sénégalais au service de la lutte contre la covid 19

— Par Dominique Daeschler —

La Fondation Dapper avec ses derniers nés, des e-books à télécharger gratuitement sur son site, poursuit sur un mode plus ludique, plus directement accessible aux jeunes via smartphone et WhatsApp, la promotion de l’art contemporain africain. Dernière parution en ligne, « Le graffiti pour sauver des vies » qui valorise à la fois l’engagement des artistes graffeurs sénégalais au service du coronavirus et la volonté de la Fondation de présence au monde d’aujourd’hui pendant la pandémie.

L’ouvrage édité sous la direction d’Aude Leveau Mac Elhone, illustré par de nombreuses photos d’œuvres et d’artistes, se compose d’un historique sur le développement du graffiti, d’interviews et de présentations d’artistes et de collectifs, mettant particulièrement en exergue son rôle dans les rapports sociaux et dans sa façon d’aborder les problèmes de santé publique. Le propos tenu est clair et rigoureux, dans la lignée des livres d’art édités par Dapper. L’autrice s’est mise « au service de » : pas de discours redondant ou sentencieux mais une volonté d’entrer dans le vif du sujet en privilégiant le descriptif et la parole recueillie. A notre tour, écoutons – la.

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Ne plus voir les visages n’a rien d’une évidence

« Même s’il est nécessaire, le port du masque brouille énormément les relations sociales » : pourquoi ne plus voir les visages n’a rien d’une évidence

David Le Breton, sociologue et anthropologue, spécialiste du corps et de ses représentations, met en lumière l’importance du visage dans les interactions sociales.

Depuis quelques jours, le visage de la France change. Et le visage des Français également. Avec le déconfinement progressif engagé le 11 mai, le port du masque est obligatoire dans les transports en commun, et quasiment tout le monde en a un. Et dans les rues aussi, la plupart des Français portent ce masque désormais recommandé par toutes les autorités politiques et sanitaires, après qu’on ait dit à une certaine période qu’ils n’avaient pas forcément grand intérêt. Désormais c’est l’instrument indispensable du déconfinement, avec les gestes barrières, contre le coronavirus.

Mais qu’est ce que le port du masque change dans nos rapports sociaux ?Pour y répondre, franceinfo a interrogé David Le Breton, professeur de sociologie et d’anthropologie à l’université de Strasbourg. Il est l’auteur, entre autres ouvrages, Des Visages. Un essai d’anthropologie (éditions Métailié, 1992) et de Marcher la vie.

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La pandémie de Covid-19 aggrave la condition des femmes dans le monde

Le Fonds des Nations unies pour la population alerte sur les risques accrus de grossesses non désirées, de mariages forcés et de violences sexistes pendant l’épidémie.

— Par Martine Valo —

0L’écran montre d’abord des sages-femmes chinoises à l’allure de cosmonautes, équipées de pied en cap. Puis, en cette journée internationale dédiée à ces soignantes qui accueillent la vie, mardi 5 mai, Jismin Khatun finit par apparaître à son tour, tout sourire, le visage encadré d’un simple voile rose. Du fond d’un camp de réfugiés au Bangladesh, malgré une liaison difficile, elle dit avoir toujours voulu aider les mères à ne pas mourir en couches, se dit « fière d’œuvrer auprès des femmes, sans discrimination ». Pour elle, le nouveau coronavirus apparaît simplement comme un obstacle de plus dans un quotidien de difficultés, alors que pour nombre de ses homologues dans le monde exercer par temps de pandémie relève de la gageure.

« Oui, je peux faire mon métier en ce moment… Mais dans des conditions que je qualifierais de troublantes, inhabituelles, inconfortables et parfois effrayantes, a notamment répondu au Monde Marie Bass Gomez, qui travaille au centre de santé maternel et infantile Bundung, à Serrekunda, en Gambie.

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Antenor #1

Revue éphémère d’analyses décoloniales / avril 2020

— Par Ali Babar Kenjah —

Vrai nom

Je nommerai désert ce château que tu fus, Nuit cette voix, absence ton visage,

Et quand tu tomberas dans la terre stérile Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté. Mourir est un pays que tu aimais. Je viens

Mais éternellement par tes sombres chemins. Je détruis ton désir, ta forme, ta mémoire, Je suis ton ennemi qui n’aura de pitié. Je te nommerai guerre et je prendrai Sur toi les libertés de la guerre et j’aurai Dans mes mains ton visage obscur et traversé, Dans mon cœur ce pays qu’illumine l’orage.

Yves Bonnefoy

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Raymond Soubie : « Ce sont les contribuables qui paieront cette crise »

Public Sénat vous propose le regard, l’analyse, la mise en perspective de grands experts sur une crise déjà entrée dans l’Histoire. Aujourd’hui, le regard de… Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, président du groupe de conseil Alixio. Pour lui, c’est un tour de force que va devoir réussir l’exécutif à l’issue de cette crise. Il lui faudra répondre à une contrainte double et contradictoire : la demande sociale forte et légitime, et le redémarrage de la machine qui nécessitera des économies. Une « équation épouvantable » dit-il.

Par Rebecca Fitoussi

Le gouvernement vient de renforcer son plan d’urgence, le faisant passer de 45 à 100 milliards d’euros. Qui paiera à la fin ? C’est forcément le contribuable qui paiera cette crise ?

Ce sont les Français donc les contribuables qui paieront cette crise. Comment l’Etat arrive-t-il à financer ces 100 milliards ? Il les finance par emprunt. Nous avons un taux d’emprunt par rapport au PIB qui devient considérable et on dépasse le déficit budgétaire, le sacro-saint 2%, puisqu’on est actuellement dans des prévisions de l’ordre de 7%. Par conséquent, il y a deux sujets.

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Avec ou sans la peur, luttons !

— Collectif —

Si personne, quoiqu’on dise, ne peut prédire le rythme ni même l’ampleur finale de l’expansion du Covid 19 chez nous, il est juste de proclamer que l’hécatombe n’est pas fatale. Non pour tirer argument de sa vitesse apparemment moins grande pour le moment ici que sous d’autres cieux pour relâcher une vigilance bien insuffisante, mais au contraire, pour mettre à profit notre position dans une sorte d’ œil du cyclone pour s’armer et faire face.
Dans une émission de grande écoute de Martinique Première, le nouveau préfet a listé des fronts et des acteurs séparés allant du personnel soignant jusqu’au simple citoyen. Le rôle attribué à ce dernier ou à cette dernière, serait de  » rester confiné  » La seule tâche de  » l’arrière « , pour reprendre la métaphore guerrière, serait de vaquer aux activités familiales, d’applaudir les soignant-e-s et d’avoir un œil sur le voisinage immédiat. C’est maigre ! pour deux raisons :
D’abord la coupure entre période confinée et période post confinement risque d’être moins nette que l’on croit, la durée du confinement s’annonçant bien longue s’il n »y a pas un changement dans la stratégie globale, conçue au départ comme une adaptation (qui ne dit pas son nom !)

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Sciences sociales : nouveautés du 04 février 2020

L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.

Le terme de science sociale apparaît pour la première fois en 1824 dans l’ouvrage de William Thompson (1775-1833), An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness; applied to the Newly Proposed System of Voluntary Equality of Wealth.

Les débuts des sciences sociales au 18e siècle se reflètent dans la grande encyclopédie de Diderot, avec des articles de Jean-Jacques Rousseau et d’autres pionniers. L’émergence des sciences sociales se reflète également dans d’autres encyclopédies spécialisées. La période moderne a vu la science sociale être utilisée pour la première fois comme un champ conceptuel distinct.

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« Jaz », entre cris et murmures, entre aveux et secrets

— par Janine Bailly —

Toujours dans ce Festival des Petites Formes, à la salle Frantz Fanon (bien plus adéquate que le fameux chapiteau installé à Schœlcher), il nous a été donné de voir « JAZ », de Koffi Kwahulé, dans la mise en scène de Ayouba Ali et l’interprétation originale d’Astrid Bayiha et Swala Emati. Une pièce déjà découverte avec bonheur à Fort-de-France en 2017 au Théâtre Aimé Césaire, dans le travail abouti de Jandira Bauer et Jann Beaudry.

Dans cette nouvelle version de « Jaz », il y a — et cela tient à mes préférences personnelles en matière de théâtre et non à la qualité intrinsèque du spectacle — il y a trop de tout, ou trop peu. Trop d’espace, que les deux comédiennes ne peuvent en dépit de leurs déplacements s’approprier, le plateau ne portant par ailleurs pour tout élément de décor qu’une cuvette de toilettes maculée. Trop de vélocité dans la diction, et les finales des phrases ne me permettent pas de bien saisir tout ce qui est dit. Trop de réalisme, à demi assumé cependant dans les choix de mise en scène.

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Sciences sociales : nouveautés du 22 décembre 2019

L’histoire des sciences sociales débute avec le siècle des Lumières, autours de 1650, lorsqu’une révolution au sein de la philosophie naturelle a changé le cadre de référence avec lequel les individus jaugeaient de la scientificité. Les sciences sociales sont issues de l’éthique de cette époque et ont été influencées par le long XIXe siècle ( la révolution industrielle et la révolution française, notamment). Les sciences sociales se sont développées à partir des sciences (expérimentales et appliquées), de savoirs existants, de pratiques normatives, et ce, dans un élan et une vision de progrès social lié à des groupes sociaux donnés.

Le terme de science sociale apparaît pour la première fois en 1824 dans l’ouvrage de William Thompson (1775-1833), An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness; applied to the Newly Proposed System of Voluntary Equality of Wealth.

Les débuts des sciences sociales au 18e siècle se reflètent dans la grande encyclopédie de Diderot, avec des articles de Jean-Jacques Rousseau et d’autres pionniers. L’émergence des sciences sociales se reflète également dans d’autres encyclopédies spécialisées. La période moderne a vu la science sociale être utilisée pour la première fois comme un champ conceptuel distinct.

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