197 search results for " Jean Genet"

Autonomie sans moyens : le piège ultramarin

De la question paradoxole des réparations et du principe de précaution appliqué à la réflexion sur l’autonomie ?

— Par Jean-MarieNol —

Dans le débat actuel sur l’autonomie des territoires ultramarins, la question des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation s’entrelace avec une problématique identitaire , juridique et politique plus vaste : celle du principe de précaution appliqué à une responsabilité locale accrue. Cette combinaison peut, si elle est mal pensée, se transformer en un piège redoutable : transférer aux collectivités ultramarines la charge morale et juridique de réparer des injustices historiques responsables de l’actuel mal développement tout en les privant des moyens financiers et institutionnels nécessaires pour y parvenir.

L’idée de réparation, dans son sens le plus noble, vise à reconnaître un tort, à en évaluer les conséquences et à mettre en œuvre des mesures de compensation. Or, dans le cas de l’esclavage et de la colonisation, la complexité historique et juridique rend cette démarche particulièrement délicate. Bien que la loi Taubira de 2001 ait reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité, aucune procédure claire de réparation matérielle n’a été instituée, et les demandes financières, comme celle des 200 milliards d’euros réclamés par le Mouvement international des réparations en 2005, se sont heurtées à l’impossibilité d’établir avec précision les préjudices subis.<p>  Lire Plus

L’inconnu de Mer frappée : Avant-propos, Préambule, Chapitre I

Par Robert Lodimus

AVANT PROPOS

Ce livre, mélange de fiction et de réalité, déplaira probablement à certaines gens. Il n’a pas été écrit non plus dans le but de plaire… Ou de flatter… L’époque qu’il décrit est satanique. Jamais on n’aurait pensé qu’il eût été possible pour la terreur de s’élever à une pareille hauteur. Beaucoup d’individus se reconnaîtront – qu’ils soient du bon ou du mauvais côté – au travers de ce récit émouvant où se déploient ligne après ligne, page après page, les tentacules d’un mal hideux qui a rongé, déstabilisé, démoli la république d’Haïti durant 29 ans, au cours de la deuxième moitié du siècle dernier. Le bilan est épouvantable. Il donne froid dans le dos. Glace le sang. Des centaines de milliers d’exilés. Des milliers de morts et de disparus. De quoi transformer une ville entière en cimetière ! Pourtant, l’on ne parle pas d’une région du monde écrasée sous les bombes de la guerre.

Dans un contexte social turpide décrit par « L’inconnu de Mer Frappée », le jeune José Marti Paulémon croise un érudit.<p>  Lire Plus

La lexicographie créole contemporaine : retour-synthèse

La lexicographie créole contemporaine : retour-synthèse sur ses caractéristiques historiques, son socle méthodologique, ses dictionnaires

et ses lexiques

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

« La lexicographie est la branche de la linguistique appliquée qui a pour objet d’observer, de recueillir, de choisir et de décrire les unités lexicales d’une langue et les interactions qui s’exercent entre elles. L’objet de son étude est donc le lexique, c’est-à-dire l’ensemble des mots, des locutions en ce qui a trait à leurs formes, à leurs significations, et à la façon dont ils se combinent entre eux. » (Marie-Éva De Villers : « Profession lexicographe », Presses de l’Université de Montréal, 2006.)

À la demande de plusieurs enseignants œuvrant en Haïti, nous effectuons avec le présent article un retour-synthèse sur les caractéristiques historiques de la lexicographie créole, sur son socle méthodologique, ses dictionnaires et ses lexiques. Conçu sur le mode d’une synoptique, cet article fournit un éclairage sur plusieurs aspects de la lexicographie créole : histoire, cadre analytique, cadre méthodologique de référence, problèmes et perspectives. Il met particulièrement l’accent sur la méthodologie de la lexicographie professionnelle, l’unique socle sur lequel doit être bâti toute la production lexicographique haïtienne.<p>  Lire Plus

La Mort pour la Vie ou Mourir pour Vivre : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA RÉSURRECTION

« Je mourrai face au soleil… »

(José Marti)

Beaucoup de philosophes tentèrent d’imposer leur propre définition du concept de « temps » dans ses dimensions complexes et controversées. Platon et Aristote l’abordèrent en tant qu’« image mobile de l’éternité ». Martin Heidegger dans « Être et temps » le considérait comme un aspect lié au fondement de la condition de l’individu tout le long de son parcours existentiel. Selon Saint Augustin, le temps se définissait par le présent. Car le passé évoquait la mémoire, et l’avenir renvoyait à une situation d’éventualité. En ce qui touchait le futur, nous aurions pu lui trouver un registre sémantique plus ouvert : expectative, prévision, perception, espérance…

En définitive, ce fut entre la « naissance » et la « mort » que le temps exista. Et il pouvait être considéré comme la somme des instants – bons ou mauvais – qui se situaient dans l’intervalle mobile, versatile, mais aussi inamovible des pôles de l’existence : le début et la fin, donc l’Alpha et l’Oméga.

Le temps s’arrêta à la frontière de la « mort » et s’ouvrit sur le néant.<p>  Lire Plus

Leksikografi kreyòl 1958-2024 

Istwa li, metòd li, leksik ak diksyonè li chapante, wòl yo lan amenajman lenguistik ann Ayiti

DOCUMENT DE RÉFÉRENCE

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Onè respè pou Pradel Pompilus,

pyonye leksikografi kreyòl ann Ayiti,
otè premye « Lexique créole-français » (Université de Paris, 1958).
Onè respè pou Pierre Vernet,

fondatè Fakilte Lengwistik Aplike nan Inivèsite Leta d Ayiti,
premye lengwis ki plede pou kreyòl ak fransè mache ansanm

Onè respè pou André Vilaire Chery,
otè « Dictionnaire de l’évolution du vocabulaire français en Haïti »
(tòm 1 ak tòm 2, Edisyon Édutex, 2000 ak 2002).

Onè respè pou Albert Valdman, depi plis pase 50 lane li bay lang kreyòl la
plizyè diksyonè potomitan ki kanpe sou fondas natal metodoloji leksikografi pwofesyonèl la.

KONFERANS LENGUIS-TÈMINOLÒG ROBERT BERROUËT-ORIOL BAY

NAN FLORIDA INTERNATIONAL UNIVERSITY (FIU) JOU KI 18 JIYÈ 2025

CONFÉRENCE DU LINGUISTE-TERMINOLOGUE ROBERT BERROUËT-ORIOL À LA FLORIDA INTERNATIONAL UNIVERSITY (FIU), 18 JUILLET 2025<p>  Lire Plus

La violence en Guadeloupe : Symptôme d’une déliaison sociale

La flambée  des violences en Guadeloupe est l’indice d’un affaissement de l’autorité et non plus d’une fracturation sociale .

— Par Jean-Marie Nol —

La flambée de violences que connaît actuellement la Guadeloupe ne peut se comprendre uniquement comme le symptôme d’une fracture sociétale classique comme en France hexagonale. Elle apparaît d’abord comme le signe inquiétant d’un affaissement général de l’autorité , d’un délitement de la valeur travail, et d’une perte de repères collectifs qui laissent la société guadeloupéenne livrée à elle-même. Penser qu’une société réputée pacifiée par le progrès social et l’existence d’un certain niveau de vie d’une importante classe moyenne serait à l’abri d’un basculement dans la violence extrême est une illusion dangereuse. L’histoire locale, marquée par l’esclavage, la période coloniale et des épisodes de guerres meurtrières, démontre que les sociétés créoles n’ont jamais été totalement éloignées de la brutalité. En analysant les choses sous cet angle de vue, faudrait -il alors se référer à l’épigénétique ou encore à la neuro -psycho généalogie ? Quoiqu’il en soit, la violence à laquelle nous assistons en Guadeloupe interpelle jusqu’à la sidération.<p>  Lire Plus

Sauver les océans?

De l’idée à l’action : où en est la France pour sauver les océans ?

— Collectif —

La France joue un rôle essentiel pour progresser vers l’objectif de conserver et utiliser durablement les océans, puisqu’avec la deuxième plus grande zone économique exclusive du monde, elle détient une grande partie du pouvoir d’orientation concernant l’utilisation des ressources océaniques. Ce rôle est au cœur des discussions internationales lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC 3), qui se tiend à Nice du 9 au 13 juin 2025.

Cependant, remplir un mandat aussi nécessaire qu’ambitieux d’accélération et de mobilisation de l’action ne sera pas simple. Les discussions de l’Unoc 3 se déroulent dans un contexte où l’océan est confronté à des défis sans précédent dans l’histoire de l’humanité, notamment en raison des impacts de plus en plus prégnants du changement climatique.

À lire aussi : À la pêche aux filets fantômes : comment Healthy Seas plonge pour nettoyer nos côtes

Atténuer et s’adapter : l’urgence d’un cap fondé sur la science

Ces effets se manifestent avec une intensité croissante dans toutes les régions du monde, de la surface aux eaux les plus profondes de l’océan Austral autour du continent antarctique aux zones côtières densément peuplées où les risques climatiques s’accumulent, affectant notamment les pêcheries.<p>  Lire Plus

« Résonances » – les bonnes et leurs diplomates

— Par Selim Lander — Voyant cette pièce on pense irrésistiblement aux Bonnes de Jean Genet, non que celles évoquées dans Résonances soient prêtes à passer au meurtre mais leur hargne ne paraît pas moindre que celle des sœurs Papin. Si la violence est maîtrisée, elle n’est pas moins présente et la pièce de Yure Romao et de ses complices, sous des dehors légers – samba et bossa nova au rendez-vous –, n’en est pas moins une dénonciation au vitriol de la condition ancillaire. Certes, cela a déjà été fait et non sans succès par Genet et aussi, bien sûr, Octave Mirbeau dans Le Journal d’une femme de chambre (Jeanne Moreau dans le film de Bunuel !), etc., mais cette nouvelle exploration de la condition ancillaire parvient à se faire une place dans un répertoire déjà aussi riche. Car elle se concentre sur un échantillon très particulier et éminemment folklorique pour un spectateur français, celui des bonnes importées du Brésil par les diplomates brésiliens en France. Passent presque inaperçus, en effet, les passages consacrés au témoignage de Françoise Ega (1920-1976), martiniquaise d’origine, auteure des Lettres à une noire, description de son expérience de femme de ménage à Marseille, comme celle des employées de maison expédiées en Métropole par le Bumidon.<p>  Lire Plus

Entre mémoire et chaos

La violence actuelle aux Antilles n’est pas seulement liée à un phénomène de rupture sociologique , mais à une continuité historique !

— Par Jean-Marie Nol —

Dans un monde en crise de sens, la pensée d’Édouard Glissant apparaît comme un phare dans la nuit, particulièrement pour les sociétés antillaises, aux prises avec une violence endémique sur fond de profondes tensions identitaires. En Guadeloupe et en Martinique, la montée des violences urbaines, des désordres sociaux et de la défiance généralisée à l’égard des institutions ne peut se comprendre sans remonter à une question essentielle : celle de l’identité, de sa construction, de sa déchirure. À cet égard, le legs intellectuel de Glissant, notamment à travers ses concepts de créolisation et de relation, offre une grille de lecture d’une actualité brûlante.

Né dans une société marquée par le traumatisme de l’esclavage et le silence colonial, Édouard Glissant n’a cessé de dénoncer les effets persistants d’une histoire amputée, tronquée, refoulée. Il s’est élevé contre les tentatives d’enfermer les Antilles dans une identité figée, imposée de l’extérieur, que ce soit par l’assimilation française ou par une quête identitaire nostalgique de pureté.<p>  Lire Plus

« Réinventer l’avenir des Antilles »

— Par Jean-Marie Nol —

Se libérer des chaînes du passé et s’émanciper des difficultés du présent pour mieux penser l’avenir !

En ce mois de mai, empreint de mémoire et d’histoire, la Guadeloupe et la Martinique se trouvent à un tournant de leur destin. Leurs territoires portent en eux les stigmates d’un passé colonial douloureux et les incertitudes d’un présent fragilisé. Pourtant, dans cette tension permanente entre mémoire et actualité, se dessine la possibilité d’une réinvention. Se libérer des chaînes du passé, non pour l’oublier, mais pour le comprendre et l’intégrer pleinement. S’émanciper des difficultés du présent, non pour les nier, mais pour les dépasser. Tel est le chemin exigeant mais nécessaire pour que ces sociétés insulaires puissent enfin penser un avenir à la hauteur de leurs aspirations.

Le mois de mai, dans les Antilles françaises, résonne avec la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Chaque année, les cérémonies officielles tentent de rendre hommage aux victimes de cette histoire, mais elles peinent à contenir les interrogations persistantes qui traversent les consciences : le passé continue-t-il de peser sur le présent ?<p>  Lire Plus

Science muselée, santé en danger !

Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Ministres de la Santé, de l’Agriculture, du Travail et de l’Environnement.

Paris le 14 avril 2025
Mesdames et Messieurs les Ministres,

L’impact des pesticides sur le vivant n’est plus à démontrer

Deux expertises collectives, celle de l’INSERM en 2021 et celle de l’INRAE en 2022 ont permis d’établir des faits scientifiques incontestables : la contamination par les pesticides de tous les milieux et du biote qui y vit est généralisée et tous les niveaux d’organisation biologique sont impactés (expertise complémentaire INRAE-IFREMER). La liste des pathologies en lien avec l’exposition professionnelle aux pesticides ne cesse de s’allonger, tout comme celle des pathologies impactant la population générale, en particulier par la contamination lors de fenêtres de vulnérabilité comme la grossesse.

Comment cette situation alarmante peut-elle perdurer alors que la mise sur le marché des pesticides est régie par le règlement européen 1107/2009 ? Celui-ci prévoit que, conformément à des lignes directrices établies au niveau international, les industriels doivent fournir les données toxicologiques à partir desquelles les agences – l’EFSA pour ce qui est des substances actives, l’ANSES en France pour ce qui est des formulations complètes – produisent leurs avis.<p>  Lire Plus

Pour un grand musée de l’histoire de la Guadeloupe

De la nécessité d’un grand musée de l’histoire de la Guadeloupe pour la transmission de la mémoire et la thérapie des traumatismes passés et actuels .

— Par Jean-Marie Nol —

Le mois de mai en Guadeloupe n’est pas seulement une étape de la transmission de l’histoire de l’esclavage dans le calendrier ; il est un moment chargé de mémoire. Commémorations de l’abolition de l’esclavage, réflexions sur l’identité, questionnements sur les réparations : autant de manifestations d’un passé qui ne cesse de résonner dans le présent. Mais au-delà des cérémonies et des discours officiels, une interrogation plus profonde traverse aujourd’hui les consciences : le traumatisme de l’esclavage, tel qu’il a été vécu par les ancêtres, se transmet-il biologiquement et psychiquement à leurs descendants ? C’est dans ce sillage que se déploie une réflexion renouvelée, à la croisée de la science et de la mémoire, entre épigénétique et psychogénéalogie.
Transmission des traumatismes : possible héritage biologique (épigénétique) et psychique (psychogénéalogie) des souffrances de l’esclavage.
Selon une experte en la matière originaire de la Guadeloupe, le taux de maladies mentales est élevé environ 30%+, plusieurs facteurs sont à prendre en compte: les causes historiques sont très importantes, il n’y a qu’à observer les personnes qui vont en prison ,se droguent, sont violentes , alors cherchez leur origine ethnique et regardez le film zion,vous aurez quelques reponses à cette interrogation de l’origine de nos traumatismes.<p>  Lire Plus

La dette de la lexicographie créole contemporaine envers ses pionniers

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

À la mémoire de Pradel Pompilus,
pionnier de la lexicographie créole contemporaine et auteur, en 1958, du premier Lexique créole-français (Université de Paris).

À la mémoire de Pierre Vernet,
fondateur de la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti et précurseur du partenariat créole-français en Haïti.

À la mémoire d’André Vilaire Chery, rédacteur d’ouvrages lexicographiques
de haute qualité scientifique et auteur
du Dictionnaire de l’évolution du vocabulaire français en Haïti
(tomes 1 et 2, Éditions Édutex, 2000 et 2002).

La lexicographie, discipline différentielle de la linguistique appliquée, est très peu connue en Haïti. Il est attesté que nombre de personnes qui s’intéressent au créole à des titres divers, y compris des professeurs de créole, ne savent même pas qu’il existe une lexicographie créole, qu’elle a eu ses pionniers, qu’elle compte une histoire déjà vieille de 67 ans, qu’elle est dépositaire d’une production langagière, certes inégale, de plus de 75 titres comprenant des lexiques et des dictionnaires, et qu’elle est porteuse depuis ses débuts d’une embryonnaire réflexion théorique.<p>  Lire Plus

L’Apocalypse d’un poète. Hommage à Anthony Phelps (1928-2025)

— Par Joël Des Rosiers —

Le poète Anthony Phelps fut une voix supérieure à la manière du peintre québécois Jean-Paul Riopelle qualifié de « trappeur supérieur » par André Breton, le premier admirateur du premier Césaire. Céramiste, chimiste de formation, potier autant que poète, Phelps rencontra dans les contrées boréales des héritages artistiques et culturels autochtones qui ne purent que vivifier son œuvre. Le souffle phelpsien fut happé par les territoires nordiques, vastes espaces qui fournissaient une cohérence continentale américaine à l’insularité caraïbe. Écopoétique où le poète de l’exil manie « une langue de sel / sur des peaux de cartographe ».

Si Phelps prie désormais aux pieds des « Arbres de glace / Blanches morsures / têtes caraïbes sous le coupe-coupe du froid », il chante aussi les nouvelles réjouissances de l’épluchette de blé d’Inde, l’autre nom du maïs sucré au Québec. Ce sont des épis aux cheveux blonds dont les feuilles vertes font l’objet d’un effeuillage au cours d’un rassemblement traditionnel sous la lumière du mois d’août. Or cette céréale, originaire de l’Amérique du Sud, était cultivée depuis 3000 ans par les Autochtones, hommes et femmes de maïs de la Caraïbe :<p>  Lire Plus

Traduction en créole haïtien de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne simplifiée

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Repères bibliographiques 

Titre de l’ouvrage : « Chat dwa ak libète moun Vèsyon senp », 40 pages, 2024. (Traduction en créole haïtien de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne simplifiée.)

Traduction : Sabine Monpierre, Conseillère en éducation et promotion des droits, Direction de l’éducation et de la promotion des droits, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Éditeur : Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Mention : « Komisyon dwa moun ak dwa jèn yo remèsye Éducaloi pou kontribisyon li nan redaksyon vèsyon orijinal dokiman sila a. »

Revizyon : Walph Ferentzi Youyou. Pou Komite entènasyonal pou pwomosyon kreyòl ak alfabetizasyon (KEPKAA) : Pierre-Roland Bain, Marvens Jeanty, lengwis, tradiktè.

Avètisman. « Vèsyon senp sila se yon zouti pou edikasyon ki pa gen okenn valè legal. Li pa ranplase tèks orijinal Chat la. Nou dwe refere nou nan tèks orijnal Chat la pou tout revandikasyon politik osnon tout sipò jiridik. »

Le spectacle inaugural de la 23ème édition du Mois du créole à Montréal a tenu le pari de ne pas enfermer la langue créole dans l’enclos de la myopie historique ou du discours identitaire clivant, sectaire et dogmatique.<p>  Lire Plus

Parutions du 7 novembre 2024

Psychanalyse et Philosophie

Études psychanalytiques
Monologue partagé avec la folie
Guy Briole
Comment parler de la folie, ce terme aux contours parfois énigmatiques ? Cet ouvrage se propose d’en explorer les multiples facettes et expressions dans des contextes très divers. Dès lors qu’on l’associe à la psychanalyse et au lien transférentiel, ce mot, folie, prend un sens tout à fait singulier qui met au travail le psychanalyste et ceux qui s’adressent à lui quand il leur arrive de perdre la[…] EAN : 9782336490816
31/10/2024
135 x 215 mm
Collection : Études Psychanalytiques
184 pages
20.00 €

Psychanalyse du clash
Transgressions et adolescence
Claude Savinaud, Préface par Philippe Gutton
Au décours de l’adolescence notamment, les transgressions sont monnaie courante. Elles font parfois appel à une réponse judiciaire ou sanitaire, laquelle s’assortit souvent d’une incitation à aller voir du côté des motifs de l’acte transgressif, pour en débrouiller les arcanes inconscients. Notre travail de praticien de la psychopathologie nous amène à en proposer une écoute psychanalytique qui te[…] EAN : 9782336470979
14/11/2024
135 x 215 mm
Collection : Études Psychanalytiques
232 pages
24.00 €<p>  Lire Plus

Essai actualisé de taxonomie de la lexicographie créole de 1958 à 2024

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

À la mémoire de Pradel Pompilus,
pionnier de la lexicographie créole contemporaine
et auteur, en 1958, du premier Lexique créole-français
(Université de Paris).
À la mémoire de Pierre Vernet,
fondateur de la Faculté de linguistique appliquée
de l’Université d’État d’Haïti et précurseur du partenariat créole-françaisen Haïti.
À la mémoire d’André Vilaire Chery, rédacteur d’ouvrages lexicographiques de haute qualité scientifique et auteur
du Dictionnaire de l’évolution du vocabulaire français en Haïti
(tomes 1 et 2, Éditions Édutex, 2000 et 2002).

 

Au cours des dernières années, nous avons étudié de près divers travaux et publications de la lexicographie créole haïtienne et publié une trentaine d’articles traitant de l’un ou l’autre aspect de la production lexicographique créole. Ces articles ont été assemblés et seront bientôt publiés au format livre sous le titre « Plaidoyer pour une lexicographie créole de haute qualité scientifique ». Destinée aux enseignants, aux lexicographes, aux linguistes créolistes et aux rédacteurs de manuels scolaires, cette nouvelle publication paraîtra en Haïti aux Éditions Zémès et au Canada aux Éditions du Cidihca.

Parmi les articles que nous avons publiés au fil des ans sur la lexicographie créole le lecteur (re)lira notamment :<p>  Lire Plus

Barnier aux commandes : l’alliance des perdants pour un crash annoncé

— Par Jean Samblé —

Après des semaines de tractations intenses, Michel Barnier a dévoilé la composition de son nouveau gouvernement le 21 septembre, marqué par une nette inflexion à droite. Réunis autour de 39 ministres, ministres délégués et secrétaires d’État, ce cabinet reflète une alliance stratégique entre Les Républicains (LR) et les anciens alliés du président Emmanuel Macron. Malgré des appels à l’ouverture, notamment vers la gauche, la formation de ce gouvernement montre un choix résolu : un recentrage vers la droite conservatrice, tranchant ainsi avec les premières années du quinquennat macroniste, où la logique du « en même temps » semblait encore d’actualité.

Une orientation à droite toute

Le poids des Républicains dans cette nouvelle équipe est évident. Bruno Retailleau, chef des sénateurs LR, hérite du ministère de l’Intérieur, un poste de premier plan, confirmant le recentrage à droite des priorités sécuritaires et migratoires. D’autres figures importantes du parti, comme Annie Genevard à l’Agriculture ou Laurence Garnier à la Consommation, traduisent ce retour en force des conservateurs dans l’appareil d’État. Garnier, par exemple, dont les positions polémiques sur le mariage pour tous et l’IVG ont fait couler beaucoup d’encre, incarne cette droite idéologiquement ancrée dans des valeurs traditionnelles.<p>  Lire Plus

L’enseignement-apprentissage des mathématiques en créole…

… à l’épreuve de la « pédagogie interactive » et de l’« aprantisaj aktif » de l’Inisyativ MIT-Ayiti

— Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue —

« (…) il n’est pas de production de connaissance robuste et fiable hors du collectif de scientifiques qui s’intéressent aux mêmes objets, faits et questions. La connaissance scientifique doit être mise à l’épreuve et vérifiée par des collègues ou pairs compétents, à savoir ceux qui sont préoccupés par les mêmes questions ou sont pour le moins familiers de la démarche scientifique concernant la matière spécifique (…). » (« Les sciences et leurs problèmes : la fraude scientifique, un moyen de diversion ? », par Serge Gutwirth et Jenneke Christiaens, Revue interdisciplinaire d’études juridiques 2015/1 (volume 74).

Paru en Haïti dans Le Nouvelliste daté du 16 mai 2024, l’article « Ansèyman ak aprantisaj matematik vin pi fasil gras ak bourad Inisyativ MIT-Ayiti », que signe le Biwo kominikasyon MIT-Ayiti, a médusé nombre d’enseignants préoccupés par la didactique du créole ainsi que des professeurs de créole soucieux d’intégrer à leur enseignement les apports de la lexicographie créole.<p>  Lire Plus

Généalogies, exposition d’arts plastiques

Du 25 mai au 27 août 2024 au cabinet médical Étang Z’Abricots

– Par Marie Gauthier, plasticienne, agrégée d’arts plastiques —

La généalogie est une recherche des origines et concerne l’histoire des proches ascendants et descendants, et des héritages. Les transmissions familiales constituent une histoire, qui influe la grande histoire et inversement.

L’arbre généalogique condense les récits des implantations, des migrations, dans l’espace, mais aussi dans le temps, les fluctuations des ascensions ou déchéances sociales des familles. La généalogie informe sur les activités des hommes et des femmes, leurs rapports, leurs habitudes, leurs rites, leurs modes de vie, leur manière d’éduquer, de se soigner, d’introduire ou d’exclure des membres.

Les transmissions orales organisent l’histoire des naissances et des décès, des parcours de chacun des membres des familles dans la société. Elles élaborent des mythologies familiales qui structurent et nourrissent les imaginaires, les manières de penser et les réalités du quotidien des groupes sociaux. Les généalogies des familles se croisent naturellement et affirment des relations d’appartenance et de différence qui enrichissent leurs échanges.

Les généalogies caribéennes sont marquées par la situation coloniale et postcoloniale.<p>  Lire Plus

Jouer aux apprentis sorciers avec le climat : la folie des projets de géo-ingénierie

Par Emmanuelle Rio, François Graner & Roland Lehoucq (*) —

L’inquiétude quant au changement climatique grandit et fait malheureusement naître des projets aussi grandioses qu’alarmants. La géo-ingénierie, c’est-à-dire les interventions à l’échelle de la planète entière grâce à la technologie, s’avère fertile en idées mais malgré tout controversée. Si la Terre se réchauffe, c’est qu’elle reçoit plus d’énergie du Soleil qu’elle n’en émet vers l’espace : on dit qu’elle n’est plus à « l’équilibre radiatif ». D’après le GIEC, cette situation est sans aucun doute possible la conséquence de l’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre émis par l’humanité depuis le début de l’ère industrielle.

Pour réduire le déséquilibre énergétique du système Terre, nommé forçage radiatif, la géo-ingénierie propose, par exemple, de limiter le rayonnement solaire frappant la Terre ou d’en renvoyer plus vers l’espace. Il serait possible, entre autres, de déployer des parasols spatiaux ou d’injecter massivement dans la stratosphère un aérosol diffusant la lumière solaire : du dioxyde de soufre.

Géo-inégnierie : des projets fous réalisables ou non ?

Ces propositions ont-elles quelque pertinence ?<p>  Lire Plus

La canne : aux origines, une herbe géante sans sucre!

— Par Jean Samblé —

La canne à sucre, cette herbe géante de la famille des graminées, a une histoire aussi riche que sa sève sucrée. Originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée, elle a vu le jour dans ces terres fertiles où la diversité génétique abondait. Les premières communautés humaines qui l’ont côtoyée ont sans doute remarqué sa tige imposante, mais peu savoureuse à l’époque. Les chercheurs, telles des archéologues du monde végétal, ont en effet découvert que la canne à sucre, à son origine, n’était guère sucrée. C’est grâce à des millénaires de sélection naturelle et de domestication que les premiers cultivateurs ont réussi à extraire peu à peu sa douceur cachée. À partir d’une espèce sauvage robuste mais peu sucrée, ils ont patiemment développé des variétés de plus en plus sucrées, jusqu’à obtenir la canne que nous connaissons aujourd’hui.

L’évolution de la canne à sucre est intimement liée à l’ingéniosité humaine et à son besoin croissant de sucre. Au fil des millénaires, les cultures agricoles se sont développées, les techniques de sélection se sont affinées, et la canne à sucre a suivi le rythme de cette évolution.<p>  Lire Plus

MamiSargassa 3.0.  : Un voyage au cœur de l’écoféminisme radical

Mercredi 20 mars à 19h Salle mobile au Saint-Esprit

— Par Hélène Lemoine —

Plongez dans un conte caribéen futuriste où l’art, la sorcellerie et la résilience s’entremêlent dans une expérience immersive. MamiSargassa 3.0. & ses guests est bien plus qu’un simple spectacle : c’est une exploration captivante de l’écologie et de la condition féminine, portée par la vision unique de la chorégraphe martiniquaise Annabel Guérédrat.

Au cœur de cette performance envoûtante, Annabel Guérédrat, accompagnée de ses deux musiciens performeurs, Raphaël Gautier et Daniel Dantin, vous emmène dans un voyage artistique intense. Inspirée par les rituels d’enterrement de la sargasse, une algue toxique devenue emblématique, cette œuvre vous transporte en 2083, sur une île déserte jadis appelée Martinique.

Imaginez un monde où seules les sargasses ont survécu, où une nouvelle entité génétiquement modifiée, Mami Sargassa, émerge pour défier l’extinction. Pour survivre, elle s’enterre dans la sargasse fraîche, accomplissant ainsi un acte de sorcellerie qui lui permet de renaître, de se réhumaniser et d’enfanter de nouveaux êtres hybrides.

Annabel Guérédrat, artiste multidisciplinaire ancrée dans son héritage caribéen, explore avec passion les thèmes de l’écoféminisme radical et de la dark ecology.

<p>  Lire Plus

Quid de la quête de la diagonale du pouvoir pour changer le visage de la France à horizon 2027 ?

— Par Jean-Marie-Nol, économiste —

Un grand chambardement  d’ampleur aura lieu autour du 15 janvier 2024 en France hexagonale et les cartes risquent d’être totalement rebattues en matière politique tant en Guadeloupe qu’en Martinique sur la question en suspens de l’évolution statutaire ou institutionnelle.

Emmanuel Macron se projette déjà dans l’après. Comme si le président ne fondait que peu d’espoir dans la capacité de la classe politique actuelle à réformer en profondeur la Guadeloupe et la Martinique ainsi d’ailleurs que la France hexagonale au vu des mutations technologiques et sociologiques de la société antillaise et française. 

Si les faits politiques et les sondages d’opinion ont encore un sens, Emmanuel Macron devrait pouvoir, sauf accident malencontreux, se sortir sans trop de dommages de la séquence de la loi immigration en procédant dès le début de l’année prochaine à un profond renouvellement de la vie politique française. <p>  Lire Plus

Appel : « Monsieur le Président, ne promulguez pas la loi immigration ! »

À l’initiative de l’Humanité, des élus, des syndicalistes, des intellectuels et des artistes exhortent Emmanuel Macron à renoncer à une législation qui « fracture les fondements de la République, en instillant le poison xénophobe de la préférence nationale ».

À la dernière élection présidentielle, des millions de voix se sont reportées sur Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen. « Ce vote m’oblige », avait assuré le président élu. La loi immigration, véritable marchepied à l’idéologie nationaliste de l’extrême droite, est une trahison de cet engagement solennel pris devant les Français.

Soutenu par le RN, ce texte, adopté sans réel débat au Parlement, fracture le camp présidentiel mais, surtout, les fondements de notre République. En instillant le poison xénophobe de la préférence nationale, en remettant en cause le droit du sol, il bafoue les principes d’égalité et de non-discrimination, socle de notre démocratie fraternelle.

Cette loi de haine et de division fait peser une lourde menace sur le sort de nos semblables, étrangers ou immigrés, donc sur la cohésion de notre société. Elle ouvre la voie au pire.<p>  Lire Plus