Catégorie : Sociologie

Appel à rejoindre, la mobilisation du mardi 29 septembre !

— Communiqué du Syndicat CGTM des Retraités –—

Manifestons et dénonçons les projets budgétaires du gouvernement Lecornu. Cure d’austérité pour les retraités et des milliards d’euros pour les nantis !

Parmi les mesures scélérates : La désindexation des pensions, c’est un braquage de 6 milliards, enlevé à la mesure de compensation de l’inflation.

Le gel des pensions qui suivra, une décision tout aussi odieuse. La suppression de l’abattement fiscal de 10%, ce qui alourdira l’impôt sur le revenu de nombreux foyers modestes. La Hausse de la CSG : ce qui aura pour conséquence, d’augmenter la contribution des pensions, de ce budget anti-pauvres. La réduction de la durée maximale de versement des indemnités journalières, en cas d’affection longue durée. La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS, cette suppression d’aide c’est 600 euros de moins, volés aux adultes handicapés.

En face, nous constatons l’ampleur des aides publiques aux entreprises

Un pognon de dingue (dixit Macron) en aides publiques aux riches : 211 milliards par an.

Des profits et dividendes records pour le CAC 40, en 2024 une année record à 133 milliards €.  Lire Plus

29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale

—- par Rodolf Étienne —

La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.

Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.

En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.

Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise

Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire.  Lire Plus

Kösem Sultan : La dame de Topkapi ou la conquête du sultanat

– par Rodolf Etienne

Kösem Sultan, la dame de Topkapi, entre dans l’histoire presque sans passé.

On ignore son nom, son lieu de naissance, les circonstances exactes qui l’ont conduite au palais impérial.

La dame de Topkapi se trouve pourtant historiquement au coeur même du pouvoir ottoman.

Compagne d’Ahmed Ier, mère de deux sultans, grand-mère d’un troisième, elle traverse près d’un demi-siècle de crises dynastiques et transforme la position traditionnellement réservée aux femmes du palais en véritable instrument politique.

Son histoire est celle d’une formidable ascension, mais aussi celle d’une femme qui conquiert le pouvoir sans jamais pouvoir sortir du système qui l’a d’abord enfermée.

Une femme surgie presque de nulle part

Le commencement de sa vie appartient davantage à l’incertitude qu’à l’histoire. Les sources ottomanes ne permettent pas d’établir précisément sa famille, son lieu de naissance ni les circonstances de son arrivée au palais. Elle aurait été d’origine chrétienne orthodoxe ; différentes traditions lui attribuent des origines grecques ou balkaniques. Les noms Mahpeyker et Kösem apparaissent ensuite dans les sources ottomanes. C’est donc avec prudence qu’il faut accueillir les biographies qui lui donnent une enfance très précisément documentée.  Lire Plus

Code noir / Kòd nwa

Avant‑propos de la version créole élaborée par James Fleurissaint

Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue
Job Silvert, linguiste-traductologue
(Septembre 2026)

« L’Édit du Roi portant règlement pour le gouvernement des esclaves dans les îles de l’Amérique », promulgué en mars 1685 sous l’autorité de Louis XIV, occupe une place centrale dans l’histoire juridique et politique de la France coloniale. Ce texte, devenu au fil du temps le « Code noir », constitue l’un des fondements normatifs de l’ordre esclavagiste instauré dans les possessions françaises d’outre‑mer. Il ne s’agit pas seulement d’un corpus législatif destiné à encadrer les pratiques des colons : l’Édit de 1685 est un instrument de gouvernement, un dispositif de régulation sociale et un cadre d’organisation des sociétés coloniales fondées sur l’asservissement. [Annotation 1 : L’appellation « Code noir » n’est pas contemporaine de 1685 ; elle apparaît dans les usages administratifs du XVIIIᵉ siècle et se fixe dans la littérature juridique du XIXᵉ siècle.]

Dans le contexte du XVIIᵉ siècle, la monarchie absolue cherche à affirmer son autorité sur les îles de l’Amérique en imposant un cadre légal uniforme.  Lire Plus

Réparations : Le nouveau chapitre vers la dignité globale

-— Par Rodolf Étienne —

Pendant une grande partie du XXe siècle, la revendication centrale des peuples colonisés fut l’indépendance.

Mais les indépendances ont-elles réglé les comptes de la colonisation ? 

Soixante ou soixante-dix ans plus tard, voilà qu’une autre question prend une place croissante : après avoir obtenu le droit d’être libres, que faire des conséquences économiques, humaines, culturelles et patrimoniales de plusieurs siècles d’esclavage et de domination coloniale ?

C’est sous cet angle que la 3ème Conférence régionale de la CARICOM sur les réparations, organisée à la Barbade du 17 au 19 septembre 2026, prend une dimension qui dépasse largement Bridgetown. 

Réunis autour du thème Reparatory Justice as the Coming Enlightenment, responsables politiques, chercheurs, juristes, militants et représentants du monde africain et de ses diasporas ont travaillé à la mise en œuvre du Plan en 10 points révisé de la CARICOM pour la justice réparatrice.

La rencontre intervenait après l’adoption, le 25 mars 2026, de la résolution A/RES/80/250 des Nations unies sur la traite et l’asservissement racial des Africains. La CARICOM présente donc explicitement cette conférence comme le passage de la résolution à l’action.  Lire Plus

L’éphéméride du 23 septembre

Naissance à Limoges de la C.G.T. le 23 septembre 1895

La Confédération générale du travail, abrégé en CGT, est un syndicat français de salariés créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l’État avant la réforme de 2008.

La CGT a obtenu 1 570 500 suffrages (34 %) aux élections prud’homales de décembre 2008 (lors de ces élections un salarié sur quatre, soit 25 % du collège employés, a voté). Elle figure comme l’une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d’entreprise comme parmi les délégués du personnel. En 2017, 653 222 salariés sont syndiqués à la CGT, ce qui en fait la première confédération syndicale française en nombre d’adhérents1.

L’actuel secrétaire général de la confédération est Philippe Martinez.

La CGT est affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI). Elle a longtemps été un élément moteur de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de laquelle elle s’est désaffiliée en 1995. Lors de son 52e congrès à Dijon, les délégués votent un amendement actant à nouveau la recherche de l’unité avec les syndicats membres de la CSI, la CES mais aussi la FSM.  Lire Plus

Le silence sur 1804

Marx, Fanon et Arendt face à la révolution impensable

— Par Jean Jr. Lhérisson —

Uccle, mai 2026

Le négationnisme de bonne conscience

Il existe une forme de négationnisme qui ne s’avoue pas. Celui des bourreaux est bruyant, revendiqué, institutionnel. Mais il en existe un autre, plus subtil et en un sens plus redoutable : le négationnisme de bonne conscience, pratiqué par ceux qui se croient du côté des opprimés.

Karl Marx, Frantz Fanon et Hannah Arendt incarnent trois des consciences critiques les plus puissantes de la modernité. Le premier a forgé les outils de la critique du capitalisme. Le deuxième a consacré sa vie à dénoncer le colonialisme et ses ravages psychiques. La troisième a produit l’analyse la plus rigoureuse des totalitarismes modernes et de la condition humaine en politique. Tous trois ont pensé la liberté, l’oppression, la révolution, la dignité. Tous trois ont, malgré eux, refusé à Haïti la place qui lui revenait dans l’histoire de l’humanité.

Ce refus n’est pas anodin. Il n’est pas une distraction, une lacune secondaire, un oubli de l’histoire. Il est symptomatique. Il révèle que même les penseurs les plus critiques de l’ordre capitaliste, colonial et impérial restent, à un niveau profond, des produits d’une culture européenne qui a construit son universalisme sur l’exclusion fondamentale des peuples qu’elle opprimait.  Lire Plus

L’éphéméride du 10 septembre

Lancement en pleine 1ère Guerre Mondiale du Canard enchaîné le 10 septembre 1915

« La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas »

Le Canard enchaîné est un hebdomadaire de la presse satirique en France paraissant le mercredi. Fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne et Maurice Maréchal, aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c’est l’un des plus anciens titres de la presse française actuelle, notamment le plus ancien titre de presse satirique encore actif. Depuis les années 1960, c’est aussi un journal d’enquête qui révèle nombre d’affaires scandaleuses.

Pour l’historien Laurent Martin, ce journal, très attaché à la protection des sources d’information des journalistes, représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde ».

Histoire
Son nom fait allusion au quotidien L’Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement lors de la Première Guerre mondiale. Il subit alors la censure de la guerre5 et son nom fut changé pour L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, les journalistes Maurice et Jeanne Maréchal, aidés par le dessinateur H.-P.  Lire Plus

Automobile- ASAM – De Bernard Levalois à Simon Jean-Joseph : la fin d’un rêve?

— Par Rodolf Étienne —

En Martinique, le sport automobile ne se résume ni au bruit d’un moteur ni au prestige d’un palmarès. Il est fait de routes fermées à l’aube, de garages transformés en ateliers de haute précision, de copilotes penchés sur leurs notes, de commissaires, de mécaniciens, de familles et de foules massées dans les mornes.

2026 : le silence après le grondement
Le fait est plus grave qu’une annulation de calendrier. La huitième édition du Martinique Rallye Tour, prévue en juillet 2026, n’a pas eu lieu. Quelques semaines auparavant, la course de côte du Marin avait déjà été annulée. Pour le MRT, les données rendues publiques donnent la mesure du problème : un budget proche de 450 000 euros, environ 70 000 euros pour le seul transport maritime des véhicules invités et un besoin estimé à 350 bénévoles, alors que l’édition précédente n’avait pu en mobiliser qu’environ 200. L’organisateur Willy Nallamoutou-Sancho a préféré renoncer plutôt que prétendre garantir un événement dont les conditions financières et sécuritaires n’étaient plus réunies. Le choix est responsable. Le diagnostic, lui, est alarmant.  Lire Plus

Quand « L’écho d’avant » entre en prison…

— Par Emmanuel de Reynal —

Il y a quelques jours, je suis entré au centre pénitentiaire de Ducos avec un livre sous le bras. Pas tout à fait n’importe lequel puisqu’il s’agissait du mien, »L’écho d’avant » (éditions L’Harmattan). J’y étais invité par l’association Lire pour en Sortir, par l’entremise de mon amie Cécile, qui y est engagée depuis plusieurs années.

Je connaissais l’association de nom, mais assez peu son action. Créée autour d’une idée aussi simple que forte — faire de la lecture et de l’écriture des instruments de réinsertion —, elle organise dans les établissements pénitentiaires des programmes de lecture, des rencontres avec des auteurs et des ateliers d’écriture. Ce jour-là, une dizaine de détenus volontaires m’attendaient. Tous avaient lu L’écho d’avant. J’avoue que je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. La rencontre a commencé autour du livre. Très vite, les questions sont venues. Sur les personnages, sur la mémoire, sur l’enfance, sur ce que nous perdons en grandissant. Certaines remarques étaient précises, d’autres plus personnelles.

Toutes témoignaient d’une lecture attentive. Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la curiosité.  Lire Plus

Canicules : le télétravail peut-il encore se pratiquer à domicile ?

— Par Gerhard Krauss —

Face aux canicules, le télétravail à domicile peut devenir éprouvant dans les logements mal isolés et exposés à la chaleur. Les espaces de coworking, climatisés ou plus tempérés, deviennent alors un refuge.
Lorsque les logements deviennent des “bouilloires thermiques”, travailler chez soi n’offre plus nécessairement de refuge face aux canicules. Pour préserver la santé des salariés et la productivité des entreprises, les espaces de coworking pourraient devenir un maillon essentiel de l’adaptation au réchauffement climatique.
En bref
• Les canicules obligent les entreprises à repenser les lieux, les horaires et les conditions de travail, au-delà des mesures d’urgence comme les ventilateurs ou la fermeture des stores.
• Le télétravail à domicile atteint ses limites lorsque les logements, notamment les petits appartements urbains, deviennent trop chauds pour travailler dans de bonnes conditions.
• Selon une étude de l’OCDE, dix jours durant lesquels la température dépasse 35 °C réduiraient la productivité des entreprises d’environ 0,3 %.
• Les espaces de coworking pourraient constituer des refuges climatiques de proximité, mais leur adaptation à la chaleur, leur répartition géographique et leur acceptation par les employeurs restent insuffisantes.  Lire Plus

Studio 54 : la nuit, la liberté et les excès

« Studio 54. Un lieu de liberté et d’excès », documentaire de Matt Tyrnauer (France–États-Unis, 2018, 93 min). Disponible à la demande sur Arte.tv jusqu’au 14 avril 2027.

— Par Sabrina Solar —

Il existe des lieux qui finissent par dépasser leur propre histoire. Le Studio 54 appartient à cette catégorie. Plus qu’une discothèque new-yorkaise, il est devenu, en quelques mois seulement, le symbole d’une époque, d’une génération et d’une certaine conception de la liberté. Entre 1977 et 1980, dans un New York encore marqué par la crise économique, les tensions sociales et les bouleversements culturels des années 1960 et 1970, cette ancienne salle de spectacle située sur Broadway devient l’un des endroits les plus célèbres du monde.

À l’origine de cette aventure, deux jeunes hommes originaires de Brooklyn, Steve Rubell et Ian Schrager, qui se sont rencontrés à l’université. Tout les oppose en apparence. Rubell est extraverti, chaleureux, spectaculaire et passionné par les relations humaines. Schrager est plus discret, méthodique et davantage attiré par l’organisation et la conception du projet. Leur amitié et leur complémentarité vont pourtant donner naissance à l’un des phénomènes culturels les plus étonnants de la fin du XXe siècle.  Lire Plus

Les compétences parentales au cœur d’une rencontre à Rivière-Pilote

Mercredi 12 août à 18 heures à l’école maternelle Mannikou

Comment accompagner son enfant dans un monde en constante évolution ? Comment poser un cadre tout en restant à l’écoute ? Comment gérer les conflits, les émotions, les inquiétudes et les nombreuses situations auxquelles les parents sont confrontés au quotidien ? Autant de questions qui seront au cœur d’une rencontre consacrée aux compétences parentales, organisée le mercredi 12 août à 18 heures, à l’école maternelle Mannikou de Rivière-Pilote.

À l’initiative de la Maison familiale rurale (MFR) de Rivière-Pilote, cette rencontre sera animée par Yvelise Pastel, conseillère conjugale et familiale. Elle s’adresse aux parents, mais également à l’ensemble du public intéressé par les questions liées à l’éducation, à la famille et à l’accompagnement des enfants et des jeunes.

L’objectif de ce rendez-vous est avant tout de proposer un temps d’échange, de réflexion et de transmission d’outils, dans un contexte où la parentalité peut parfois sembler de plus en plus complexe. Les enfants grandissent dans une société marquée par de profondes transformations : évolution des relations familiales, place importante du numérique et des réseaux sociaux, nouvelles formes de communication, difficultés scolaires, question de l’autorité, gestion des émotions ou encore besoin croissant de repères.  Lire Plus

Donald Trump, le mal ordinaire et la grammaire de la guerre

— Par : Dominique Steiler(*) —

Donald Trump incarne, selon l’auteur Dominique Steiler, une banalisation de la brutalité et du rapport de force qui dépasse largement le seul champ politique.

Donald Trump n’a pas inventé la brutalité, le mépris ou la logique du rapport de force. Mais il a contribué à les rendre dicibles, acceptables et imitables. Cette analyse voit dans cette désinhibition le symptôme d’un paradigme plus profond, qui traverse la politique, l’entreprise, les relations sociales et notre rapport au vivant.

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • Donald Trump est présenté comme le révélateur et l’accélérateur d’une “désinhibition morale” qui banalise l’insulte, le mépris et la transgression.
  • À partir d’Hannah Arendt, René Girard, Emmanuel Levinas ou Erich Fromm, le texte analyse le mal comme un processus de division et de rupture des liens.
  • Cette logique du rapport de force dépasse la politique : elle traverse le management, l’économie, les relations sociales et notre rapport au vivant.
  • La “guerre économique” et la brutalisation du langage sont décrites comme participant d’un même paradigme que les affrontements géopolitiques.
  • Face à cette “grammaire de la guerre”, le texte défend une culture de paix fondée sur la reconnaissance de l’autre comme sujet digne.
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Johanna Fernandez, une historienne au service des luttes

— Par Hélène Lemoine  —

Certaines historiennes écrivent l’histoire. D’autres la vivent, la prolongent et contribuent à la transformer. Johanna Fernandez appartenait à cette seconde catégorie. Jusqu’à son dernier souffle, elle n’a jamais séparé le travail intellectuel de l’engagement politique, ni la recherche historique de la solidarité avec celles et ceux que l’histoire officielle oublie ou réduit au silence.

Disparue le 30 juillet 2026 à l’âge de cinquante-cinq ans, des suites d’un cancer contre lequel elle luttait depuis plusieurs années, Johanna Fernandez laisse une œuvre considérable et une empreinte profonde dans les mouvements sociaux américains. Historienne, professeure à la City University of New York (CUNY), documentariste, journaliste, organisatrice, abolitionniste et militante socialiste, elle fut surtout une infatigable passeuse de mémoire, convaincue que comprendre les combats du passé était une condition pour inventer les émancipations de demain.

Née à New York le 2 décembre 1970 dans une famille dominicaine ayant fui la guerre civile de 1965, elle grandit dans le Bronx au sein d’un foyer où l’espagnol était la langue du quotidien et où la solidarité n’était pas un slogan mais une manière d’habiter le monde.  Lire Plus

L’atelier, le vélo, et l’aveuglement de la machine administrative 

— Par Les Vélos Marins Martinique —

Bien sûr que nous aimons les images d’ateliers pleines de choses positives et souriantes. Et de fait, elles reflètent la fertilité et la dynamique des ateliers participatifs vélo, ça donne envie, ça motive les bénévoles, ça rassure les financeurs… Mais, que se passe t’il quand la communication ne montre que ce côté lumineux ?

En observant régulièrement les sites internet et les réseaux sociaux de nombreux ateliers en métropole, nous avons remarqué que leurs difficultés sont très rarement évoquées. Pourtant, lorsque nous échangeons directement dans l’intimité avec leurs responsables ou leurs bénévoles, nous découvrons plus ou moins les mêmes problèmes que ceux que nous rencontrons ici. Pourquoi un tel écart entre les récits publics et ce qu’ils vivent ?

C’est un cercle vicieux, plus on montre une image lisse et maîtrisée de nos ateliers, moins nos partenaires ont l’occasion de développer une vraie sensibilité à ce qu’on vit réellement sur le terrain, et moins ils sont sensibles à cette réalité, plus on se sent obligés de se rendre « lisibles » dans leur langage, celui des chiffres et des réussites bien visibles et affichées.  Lire Plus

Kavinsky, l’artisan d’une électro cinématographique devenue culte

— Par Sabrina Solar —

Avec sa silhouette dissimulée derrière des lunettes noires, son univers inspiré des années 1980 et ses nappes de synthétiseurs aux accents mélancoliques, Kavinsky s’est imposé comme l’une des figures les plus singulières de la French Touch. De son vrai nom Vincent Belorgey, le musicien, DJ et producteur français, né le 31 juillet 1975 à Paris, a marqué durablement la scène électronique internationale grâce à une œuvre rare mais immédiatement identifiable, culminant avec le succès planétaire de Nightcall, devenu l’un des morceaux emblématiques du film Drive (2011).

Rien ne prédestinait pourtant Vincent Belorgey à une carrière musicale. Après une scolarité difficile, ponctuée de redoublements, il obtient un brevet de technicien dessinateur maquettiste avant d’enchaîner les emplois alimentaires : employé au courrier, conseiller clientèle, peintre de figurines ou encore manutentionnaire. Passionné de cinéma, de culture populaire américaine, de graffiti et de jeux vidéo, il se lie très tôt d’amitié avec Quentin Dupieux, futur Mr. Oizo, avec lequel il tourne plusieurs courts-métrages. C’est ce dernier qui lui donne le goût de la création musicale en lui offrant un ordinateur équipé d’un logiciel de composition.  Lire Plus

Raoul Vaneigem (1934-2026)

Écrivain, philosophe libertaire et théoricien de l’insurrection de la vie quotidienne

— Par Sarha Fauré —

Raoul Vaneigem (1934-2026) est l’une des grandes figures de la pensée critique et libertaire de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Écrivain, philosophe, philologue de formation et ancien membre de l’Internationale situationniste, il est l’auteur d’une œuvre abondante qui a profondément marqué la contestation de Mai 1968 et influencé plusieurs générations de militants, de penseurs et d’artistes. Son œuvre, traversée par une exigence constante de liberté, de plaisir de vivre et d’autonomie individuelle, constitue une critique radicale de la société marchande, de toutes les formes de domination et des idéologies autoritaires.

Une jeunesse marquée par le monde ouvrier

Raoul Vaneigem naît en 1934 à Lessines, dans le Hainaut belge, au sein d’un milieu populaire. Son père est cheminot et sa mère est originaire de Tournai. La région est alors profondément marquée par les carrières de porphyre et par les luttes ouvrières, qui façonnent très tôt sa conscience sociale.

Encouragé par son père, il entreprend des études de philologie romane à l’Université libre de Bruxelles entre 1952 et 1956.  Lire Plus

Le Sénégal et la Martinique, le pont retrouvé

— Communiqué de presse —

Le lundi 3 août 2026, la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique accueillera une délégation du Sénégal.
La rencontre se tiendra en son amphithéâtre, sous la présidence de Fred-Michel TIRAULT, Président de la CAESM.
Cette action est née d’une initiative de l’association Martinique Yole Ronde Transmanche, présidée par Christophe Dédé. C’est elle qui a impulsé, en mai dernier, le voyage de la délégation martiniquaise à Gorée, à l’occasion des commémorations du 22 mai. Ce déplacement a permis la remise officielle, aux autorités sénégalaises, de la yole ronde Martinique, fière ambassadrice de notre île.
Cette réception s’inscrit dans un anniversaire particulier : le 13 février 1976, Léopold Sédar Senghor effectuait la première visite d’un chef d’État africain aux Antilles, un voyage qui scellait le lien d’amitié ancien l’unissant à Aimé Césaire.
Cinquante ans plus tard, cette matinée portera la trace de cet héritage, où mémoire et filiation se rejoindront en présence des deux familles.
Particulièrement engagée dans cette dynamique de coopération, la CAESM a souhaité associer à cet événement les maires des communes de Martinique, le Président du Conseil exécutif de Martinique, les parlementaires, ainsi que les représentants du monde culturel et associatif.
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Canicule au travail : ce que les employeurs doivent désormais faire pour protéger leurs salariés

— Par Michel Miné (*) —

Des seuils de 28 °C, 30 °C et 34 °C sont reconnus pour prévenir la sécurité et la santé des travailleurs.

Les vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels mais un risque professionnel à part entière. Depuis 2025, le Code du travail impose de nouvelles obligations aux employeurs, tandis que les salariés disposent de plusieurs recours lorsque leur santé est menacée par des températures extrêmes.

Écrit par The Conversation

En bref

  • Depuis le décret du 27 mai 2025, les employeurs doivent intégrer le risque lié aux fortes chaleurs dans leur évaluation des risques professionnels et mettre en place des mesures de prévention adaptées.
  • Les entreprises doivent notamment adapter les horaires, prévoir davantage de pauses, fournir de l’eau fraîche, limiter l’exposition à la chaleur et, lorsque cela est possible, modifier l’organisation du travail.
  • Plusieurs repères existent : l’INRS considère qu’au-delà de 28 °C pour un travail physique, 30 °C pour une activité sédentaire et 33 °C en général, la chaleur peut devenir dangereuse pour la santé des travailleurs.
  • En cas de danger grave et imminent, les représentants du personnel peuvent déclencher un droit d’alerte et les salariés exercer leur droit de retrait.
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La communauté universitaire du Québec rend hommage au linguiste haïtien Nathan Ménard (1942-2026)

 — Par Robert Berrouët-Oriol, lnguiste-terminologue

Montréal, le 6 juillet 2026

NDLR – Robert Berrouët-Oriol a œuvré à l’Office québécois de la langue française, à la Banque de terminologie du Québec (aujourd’hui Grand dictionnaire terminologique) où il a été responsable de la coopération inter-universitaire. Il a ensuite enseigné à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti. Spécialiste de l’aménagement linguistique et de la lexicographie créole, il est actuellement conseiller spécial au Conseil national d’administration du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH), conseiller permanent de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA) et membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones.

Une figure majeure de la linguistique haïtienne et québécoise

Décédé à Montréal le 18 juin 2026, le linguiste Nathan Ménard, natif du Dondon, au Nord d’Haïti, occupe une place singulière dans l’histoire intellectuelle d’Haïti et du Québec. Docteur en linguistique de l’Université de Strasbourg, chercheur rigoureux, pédagogue d’exception, il a marqué durablement le champ des sciences du langage par l’ampleur de ses travaux, la profondeur de ses analyses et la générosité de son engagement auprès des générations d’étudiants qu’il a formés.  Lire Plus

« Fusils contre chiens, la Martinique sombre dans la violence légale »

Le Sénat français donne l’autorisation aux chasseurs de tirer pendant deux mois tous les chiens errants des D.O.M.

Avec ce projet présenté prochainement au vote à l’Assemblée Nationale, la Martinique a touché le fond. Plus que de l’indifférence envers le sort des chiens abandonnés, c’est clairement de la part des élus et instances nationales et locales, de l’hostilité directe contre les animaux de compagnie des DOM.

Premièrement, pour couper court à la justification principale de cette mesure ultime:

Personne ne nie que des meutes de chiens abandonnés ou lâchés négligemment par leurs propriétaires humains attaquent régulièrement les troupeaux des éleveurs.

Personne ne nie que c’est un brise-cœur que de voir tous ces animaux en détresse sur toutes nos plages, forêts et zones industrielles ou écrasés sur la route.

Personne ne nie qu’il faut absolument trouver et isoler ces chiens qui tuent cruellement les animaux de rente, sans gain possible pour les éleveurs qui en prennent soin.

Ne nous dites pas que personne n’a pensé à renforcer les trappages respectueux, sans les tuer. Des fléchettes hypodermiques vendues généreusement par certains vétérinaires sont déjà utilisées illégalement par les trappeurs afin de les livrer à la fourrière en les endormissant.  Lire Plus

Alé Viré relance l’appel du retour au pays : cap sur la 9e édition du Salon du Retour

Partir pour étudier, travailler, découvrir d’autres horizons… De nombreux Martiniquais font ce choix chaque année. Mais une autre question se pose : celle du retour. Comment recréer des liens avec son territoire ? Comment imaginer un avenir professionnel et personnel en Martinique après une expérience ailleurs ?

Depuis plusieurs années, l’association Alé Viré s’est donné une mission : transformer cette question en véritable projet de société. À travers son Salon du Retour, devenu au fil du temps un rendez-vous incontournable, elle souhaite encourager les Martiniquais vivant ailleurs à envisager un retour durable sur leur territoire.

Du 3 au 10 juillet, l’association organise la 9e édition du Salon du Retour, une manifestation entièrement consacrée à l’accompagnement de celles et ceux qui souhaitent revenir vivre, entreprendre ou travailler en Martinique.

Chaque année, l’île continue en effet de perdre plusieurs milliers d’habitants, avec une forte proportion de jeunes qui quittent le territoire pour leurs études ou leur carrière professionnelle sans forcément revenir. Face à cette réalité démographique, Alé Viré défend une autre vision : celle d’une Martinique capable d’attirer à nouveau ses talents, ses compétences et ses forces vives.  Lire Plus

L’éphéméride du 1er juillet

Promulgation de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association.

En droit français des associations, une association loi de 1901 est, en France et dans de nombreux pays colonisés à l’époque par la France, une association à but non lucratif qui relève de la loi du 1er juillet 19011 mise en place par Waldeck-Rousseau (alors président du Conseil et ministre de l’Intérieur et des Cultes) et du décret du 16 août 19012. Ces dispositions ne concernent toutefois pas les associations ayant leur siège dans les trois départements annexés en 1871 du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle lorsqu’elles ont choisi d’être régies par le droit local, en l’occurrence une ancienne loi allemande, dite de 1908.

Ainsi, une association loi de 1901 peut exercer ou non des activités commerciales (cela dépend des statuts de l’association3). Dans tous les cas de figure, les bénéfices ne peuvent finalement pas être partagés, ce qui oppose cette forme d’entreprise aux autres formes d’entreprises, notamment celles dites « commerciales ». Ainsi, les recettes dites lucratives, sont soumises à déclaration et à imposition.
Histoire
Article détaillé : Liberté d’association.  Lire Plus

En Martinique, le don textile,est aussi une chaîne de solidarité locale

— Par Jean-Christophe Rilos (*) —

Depuis plusieurs semaines, une campagne nationale invite les citoyens à déposer leurs textiles, linges de maison et chaussures usagés en point de collecte. Son message est simple : même usés, abîmés ou dépassés, les textiles peuvent encore avoir une seconde vie.

Sur le principe, cette campagne répond à un objectif nécessaire. La filière textile doit être mieux connue. Le geste de tri doit être encouragé. Trop de vêtements finissent encore dans les déchets ménagers alors qu’ils pourraient être réemployés, réparés, recyclés ou valorisés.

Mais en Martinique, cette communication nationale produit aussi un effet inattendu. Depuis sa diffusion, plusieurs habitants nous interrogent : « Qui est Refashion ? » « Faut-il désormais donner à Refashion ? » « Est-ce que Refashion remplace l’ACISE Insertion Environnement ? »

Ces questions ne traduisent pas un rejet. Elles révèlent une confusion.

Une histoire de proximité

Elles rappellent surtout une réalité essentielle : en Martinique, la collecte textile n’est pas née d’une campagne nationale. Elle s’est construite dans le temps, à partir d’une initiative locale, sociale et solidaire, historiquement liée à l’aide aux personnes sans domicile, aux familles en grande précarité et aux publics fragiles.  Lire Plus