Politiques

« Le monde libre » par Aude Lancelin

aude_lancelinUne plongée sans précédent dans les eaux troubles du « quatrième pouvoir » ! Aude Lancelin, ancienne directrice adjointe de L’Obs et de Marianne, raconte de l’intérieur un système médiatique français à la dérive… et en miroir, une gauche en pleine déliquescence qui a perdu tous ses repères.
Un an avant une élection présidentielle, la « numéro deux » du plus célèbre hebdomadaire de la gauche française est brutalement licenciée. Rapidement, des causes politiques à cette éviction seront évoquées par les médias. Le parti au pouvoir, traître à toutes ses promesses, se verra ainsi soupçonné d’avoir voulu remettre au pas « sa » presse, tandis que les actionnaires du « Monde libre », auquel appartient le journal, seront interpellés au sujet de leur rôle dans l’affaire.

Partant de ces événements, la journaliste Aude Lancelin livre ici le récit de ses quinze années passées au cœur des médias français, entre décadence d’un métier, opérations de police intellectuelle, et socialisme d’appareil à l’agonie. Une plongée sans précédent dans le « quatrième pouvoir », par quelqu’un qui l’a connu de l’intérieur. Un appel aussi à la résurrection d’une vraie gauche, et à la libération des journalistes.

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Police : « « Il y a un sentiment de peur et de perte de sens »

police-2Pour Évelyne Sire-Marin,’ex-présidente du Syndicat de la magistrature, seule une minorité de policiers oppose justice et police. Mais Évelyne Sire-Marin alerte sur la dureté du mouvement et sa remise en cause des institutions.

Que signifie pour la magistrate que vous êtes des policiers qui se mettent hors-la-loi, en bravant leur obligation de réserve, pour manifester leur ras-le-bol ?

Cela signifie un immense malaise dans la police nationale et l’expression d’un sentiment de ne pas avoir d’interlocuteurs et de ne pas être entendus. C’est quand même très grave pour un corps dit « régalien », c’est-à-dire qui doit normalement préserver l’ordre public. Il y a un sentiment de peur, de danger dans l’exercice de leur fonction et de perte de sens. Quand on demande à un policier de la police judiciaire, qui travaille sur les dossiers, quel est le sens de sa fonction, il n’a aucun problème à y répondre. Je suis magistrat, j’ai été juge d’instruction, je travaille beaucoup sur des dossiers d’enquête de la police judiciaire et il n’y a pas de difficulté. Les policiers sont très conscients de leur fonction de faire des enquêtes, dans lesquelles ils font part d’initiatives pour les besoins de la justice.

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Nou Pèp La : est-ce du ripolinage politique ?

— Par Yves-Léopold Monthieux,

ripolinadeLa rentrée politique de NOU PEP-LA à Terpsichora, au Lamentin, avait de la gueule. On se rappelle que Marcellin Nadeau avait su donner un air original à sa participation à l’élection de la collectivité de Martinique, en décembre 2015. Les adversaires les plus déterminés de l’indépendance avaient reconnu l’intelligence du discours de celui qui avait su élever le courant politique qu’il représente (GRS, CNCP et MODEMAS) à un niveau électoral jamais atteint. Ce ne sont pas ses vieux compagnons, les spécialistes du passé, qui diront le contraire. Seul le slogan, « An nou poté mannèv » , emprunté au vocabulaire guadeloupéen, pourrait faire tiquer les défenseurs de l’identité martiniquaise. Mais l’import en tous genres n’est-il pas devenu, avec la culture du passé, la marque de fabrique de la Martinique ?

Lorsque la science est portée par le militantisme c’est toujours le militantisme qui l’emporte

Cette originalité s’est retrouvée lors de la rentrée politique de NOU PEP-LA, à Terpsichora. Elle s’est distinguée de celle des autres partis politiques en ce qu’elle a paru vouloir donner la primeur au débat d’idées.

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L’avenir de la monnaie européenne 

Les recettes du bon professeur Stiglitz

-— Par Michel Herland—

Les fédéralistes sont partisans de l’euro qui constitue une avancée majeure vers l’intégration économique et politique qu’ils appellent de leurs vœux. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à se montrer attachés à cette monnaie dont l’attractivité se mesure aisément par l’augmentation du nombre de pays qui sont entrés dans l’union monétaire. Les particuliers comme les entreprises apprécient à leur juste valeur les facilités apportées par la monnaie commune  dans leurs relations avec les autres pays de l’eurozone.

Impossible, cependant, de ne pas percevoir le désenchantement qui se manifeste par ailleurs. En dehors des quelques pays qui tirent plus ou moins leur épingle du jeu, l’Europe ne tient plus ses promesses aux yeux de bien des citoyens et l’euro est désormais pris bien souvent comme le bouc émissaire. 

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Quand tout acte contestataire peut être qualifié de «terrorisme»

— Par collectif —
liberte_securiteNous, chercheurs et enseignants-chercheurs des universités, condamnons avec indignation les faits au sujet desquels notre collègue Guillaume Vadot a porté plainte auprès du parquet de Bobigny ce 27 septembre. Ces faits sont les suivants : «abus d’autorité», «violences volontaires aggravées», «agression sexuelle aggravée», «menaces», «injures publiques» et «vol». Guillaume Vadot est doctorant et enseignant de statut précaire (attaché temporaire d’enseignement et de recherche, Ater) à la Sorbonne. Les menaces des policiers qui l’ont agressé («on va venir à la Sorbonne t’exterminer toi et tes collègues») s’inscrivent dans ce contexte plus large où la recherche en sciences sociales est de plus en plus accusée de fournir des excuses aux terroristes ou de relativiser l’horreur de leurs actes. Ces propos, relayés sous différentes formes par la majorité des élites politiques dans le contexte post-attentats, ne peuvent qu’être interprétés comme un chèque en blanc pour des pratiques toujours plus violentes et répressives.
Nous réagissons pour Guillaume Vadot, mais au-delà, contre toutes les formes de violences policières. La question n’est pas seulement «Que fait la police ?» mais aussi «A qui le fait-elle ?».

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Législatives 2017 : Le Centre-Atlantique de tous les possibles.

— Par Yves-Léopold Monthieux —

elections-2017Les élections législatives 2017 seront placées sous le sceau du non-cumul des mandats. Aussi les nouvelles dispositions législatives interdisent aux élus d’être à la fois député et maire, président de collectivité, conseiller exécutif ou président de collectivités d’agglomération. Cette incompatibilité frappe également les maires-adjoints et les vice-présidents des dites collectivités. Deux des élus sortants, s’ils sont réélus, répondent déjà aux exigences de ce nouveau format.

Circonscriptions de Fort-de-France et du sud : des candidats à leur réélection

Le député de Fort-de-France n’a que son mandat de député, de sorte qu’en cas de victoire son statut électoral demeurera inchangé. S’il est réélu il pourra, en 2020, ajouter au mandat de député celui de conseiller municipal, non exécutif. De là imaginer que Serge Letchimy pourrait conduire la liste des municipales et renoncer à être maire, il n’y a qu’un pas qui serait inévitablement évoqué au cours de la campagne électorale. En attendant, kolé tèt kolé zépol, le député et le maire de Fort-de-France ne se quittent plus, jusqu’à parfois s’inviter mutuellement devant la presse.

L’adversaire commun, Francis Carole, vient de se déclarer en des termes peu conquérants pour le leader de l’opposition foyalaise.

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L’histoire de l’esclavage et de la France : un grand marché

—Par Myriam Cottias (directrice de recherche au CNRS, ancienne présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage) —

esclavage__marche-2En adoptant en catimini le 5 octobre un amendement à la Loi Taubira, l’Assemblée nationale a créé une deuxième journée de commémoration autour de l’esclavage, consacrée aux « victimes de l’esclavage colonial » et entériné ainsi une vision racialiste de la nation française

« L’histoire semble être comme un grand marché où certains politiques, essayistes et autres leaders d’opinion viennent attraper un événement, un fait, une séquence, pour les cuisiner à leur façon. Ces derniers mois, cette privatisation idéologique s’est manifestée au travers de plusieurs déclarations : Laurence Rossignol, « les nègres américains qui étaient pour l’esclavage » ; l’affirmation d’Alain Mabanckou sur le fait que « Nous autres, Noirs de France, ne pouvons revendiquer ce passé (d’esclave) » ; nos ancêtres les Gaulois de Nicolas Sarkozy ; « le partage de la culture française avec les populations colonisées au XIXe siècle » de François Fillon ; le Code Noir édicté en 1685 présenté par L’Express comme un moyen de « ménager cette main-d’œuvre au fort taux de mortalité ».

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Mumia Abu-Jamal. Souscription pour le défendre et le soigner

mumia_abu-jamal_financePour se défendre et se soigner Mumia Abu-Jamal a toujours besoin de votre soutien financier. Téléchargez le bulletion de souscription
Appel à la solidarité finacière en faveur de Munia
Pour mémoire, le jugement rendu récemment a rejeté la requête sollicitant l’accès au traitement contre l’hépatite C dont Mumia souffre terriblement depuis près de deux ans, et ce au prétexte que ses avocats s’étaient contentés de mettre en cause l’administration pénitentiaire sans désigner les personnes responsables de ce refus. Maître Robert Boyle, son avocat, vient donc de déposer un recours sous la forme d’une plainte les désignant personnellement. Il s’agit du Secrétaire des prisons de Pennsylvanie, de cinq autres hauts responsables de l’administration du service de santé pour les prisonniers et du docteur en charge du suivi médical de Mumia.

Rappelons également que les avocates qui ont assuré la défense de Mumia et obtenu sa sortie du couloir de la mort en 2011 ont saisi la justice pour demander la révision de son procès au regard d’une nouvelle jurisprudence de la Cour Suprême des Etats-Unis. Cette dernière vient en effet de juger inconstitutionnel la possibilité pour un magistrat d’être partie prenante d’une décision en première instance puis de l’être à nouveau en procédure d’appel, ce qui fut le cas lors du procès de Mumia.

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Jackson Katz : «La masculinité blanche constitue le sous-texte essentiel de l’identité américaine»

— Par Clémentine Gallot —

masculinite_blancheDans une campagne présidentielle aux relents sexistes, Donald Trump joue face à Hillary Clinton la carte du mâle blanc délaissé. Selon l’activiste américain, cette rhétorique du genre s’inscrit dans l’histoire américaine depuis toujours. Le pouvoir symbolique peut-il aujourd’hui changer de sexe ?

Etre président, c’est être un homme, un vrai. En atteste Donald Trump, qui n’hésite pas à mettre en scène sa masculinité en faisant allusion à ses parties génitales, à l’instar de ces enregistrements dans lesquels il déclare pouvoir «attraper les femmes par la chatte». Lors du deuxième débat télévisé, dimanche dernier, le candidat républicain n’a d’ailleurs pas hésité à renvoyer Hillary Clinton à sa condition d’épouse en accusant Bill Clinton d’abus sexuels.

Caricaturale en apparence, cette rhétorique insidieuse s’est banalisée et fait l’objet d’un essai, Man Enough ?, publié cette année (1). L’auteur et activiste américain Jackson Katz y remplace le traditionnel «It’s the economy, stupid» par «It’s the masculinity, stupid». Selon lui, le genre est un champ sémantique qui imprègne le discours politique et renforce certains stéréotypes mis en scène lors des campagnes.

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Sarkozy, ou la violence en politique

— Par Caroline Constant —

Gérard Miller démontre avec brio à quel point les façons d’être du politicien ont imprégné la vie et le débat politiques en France. Passionnant, surtout pour les spectateurs de gauche.

Gérard Miller n’a jamais caché ses sympathies de gauche. Quand il se lance dans un portrait psychanalytique de Nicolas Sarkozy, forcément, ça saigne. Avec Anaïs Feuillette, il retrace le parcours de l’ancien président de la République et candidat à la présidentielle, de l’enfance à sa candidature aux primaires de la droite. Mais il analyse le poids de la rhétorique et de ses méthodes sur la vie politique française. Des méthodes marquées par la violence, l’hyperréactivité et un discours toujours plus à droite. On n’y apprend pas forcément grand-chose sur le parcours de cet « homme qui courait plus vite que son ombre ». Mais ce documentaire, pour un spectateur de gauche, a deux vertus : d’abord, de remettre en cohérence les égarements de Sarkozy, qu’il montre comme un homme sans scrupule. Ensuite, le côté « vachard » de l’analyse met un peu de baume au cœur, dans un univers médiatique qui salue la moindre des sorties de l’ancien président.

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L’esclavage existe encore : abolition ne veut pas dire disparition

— Par Hélène Bidard* —

esclave_en_france_todayTribune à l’occasion de la Journée européenne contre la traite des êtres humains ce 18 octobre 2016.
Femme, homme, enfant, toutes les victimes de la traite sont meurtries jusque dans leur chair. Des parcours de vies volées, violées, violentées. Le travail fait par les associations à leurs côtés est indispensable et admirable. Aujourd’hui, en France, esclavage domestique, prostitution, travail forcé et dissimulé, en un mot la traite des êtres humains, ce sujet non-dit de la société, existe bien et de façon massive malgré une interdiction inscrite en droit depuis environ deux siècles. Selon l’ONU, notre pays compterait 270 000 victimes de la traite toutes formes d’exploitation confondues. La France reconnaît aussi la traite comme « parmi les activités criminelles les plus développées et les plus lucratives dans le monde. […] Elle viole les droits de l’Homme et exploite l’être humain de multiples manières. Elle est une réalité tangible et massive, qui déplace des millions d’individus d’un pays à l’autre grâce à l’action de vastes réseaux organisés qui abusent de toutes les formes de vulnérabilité potentielle des personnes concernées ».

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Le Sénat poursuit son combat contre la liberté d’expression : le «J’accuse» des journalistes

liberticideTRIBUNE – Les sociétés des journalistes de 26 médias et associations de journalistes appellent à se mobiliser contre un projet de loi liberticide, qui enterre la loi de 1881 sur la liberté de la presse.
Le Sénat poursuit son combat contre la liberté d’expression : le «J’accuse» des journalistes
Le 18 octobre, les sénateurs enterreront peut-être la loi de 1881 sur la liberté de la presse lors du vote du projet de loi égalité et citoyenneté.

Sous prétexte de lutter contre les abus d’Internet, ils s’apprêtent à remettre en question ce texte fondateur, sans concertation préalable avec les représentants des journalistes. Les SDJ de 26 médias et associations de journalistes avaient lancé un appel pour obliger le Sénat à revoir sa copie. Mais il est resté sourd à notre appel.

Certes, il a aménagé le texte liberticide, mais la nouvelle mouture reste inacceptable.

La prescription des délits de presse (trois mois, aujourd’hui) passerait à un an pour les sites Web. Autrement dit, il y aura une justice à deux vitesses: pour la presse en ligne, ce sera toujours un an; pour les télévisions et les radios, la prescription sera de trois mois pour l’antenne et d’un an en ce qui concerne les podcasts et les replay.

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En Haïti, la colère gronde contre la gestion catastrophique de l’aide

Dix jours après le passage de l’ouragan Matthew, les villages les plus touchés n’ont reçu ni assistance ni nourriture

haiti_matthew-4Ils ont faim et leur estomac vide est le pire conseiller. A Glizan, un hameau situé à vingt minutes à peine à l’ouest de l’aéroport de Jérémie sur lequel sont stationnés les hélicoptères des Nations unies, ils sont une trentaine, massés au bord de la piste défoncée qui file en direction des petits bourgs de Bonbon et des Abricots. Fébrilement, ils guettent le passage de véhicules, convaincus que leurs chargements pourraient adoucir leur existence. Depuis le passage de l’ouragan Matthew et de ses rafales à 230 km/h qui ont causé au moins 546 morts, dans la nuit du 3 au 4 octobre, celle-ci ne tient plus qu’à un fil.

Pour signifier leur exaspération de n’avoir pas encore reçu d’aide, alimentaire ou autre, dix jours après la tempête, hommes, femmes et enfants – l’école a été détruite – ont érigé un barrage à l’aide de branchages et de câbles, jeudi 13 octobre.  » Les aides passent, dans des voitures, des camions et des hélicoptères et, nous, on n’a rien « , s’insurge un quinquagénaire en créole en pointant la route et le ciel.  

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La sombre lettre des évêques aux « habitants de France »

georges_pontierIdentités fragilisées, intégration en panne, laïcité sous tension, éducation en crise… Les évêques publient vendredi une longue et sombre lettre « aux habitants de France », qui appelle à un constat « lucide » sur l’état du pays à quelques mois de la présidentielle.

« Si nous parlons aujourd’hui, c’est parce que nous aimons notre pays et que nous sommes préoccupés par sa situation »: ainsi commence ce document rare, intitulé  » Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique « .

Si nous parlons aujourd’hui c’est parce que nous aimons notre pays et que nous sommes préoccupés par sa situation #SensduPolitique pic.twitter.com/YoMHwacVui— P.Laurent BERTHOUT (@DiocesedeBayeux) 13 octobre 2016″L’intention de ce message est de s’inscrire en faux contre la sinistrose ambiante », explique l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois dans Le Figaro de jeudi.

Lire la suite sur www.lesechos.fr…

Il est dressé par les dix membres du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), émanation de l’assemblée générale de l’épiscopat catholique, qui regroupe les quelque 120 évêques français.

Il est intitulé : Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique (Bayard, Cerf, Mame, 94 pages, 4 euros) et, étant destiné non pas aux seuls catholiques, mais à l’ensemble de la population, il sera diffusé en librairie.

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Outre-mer: l’Assemblée approuve le projet de loi sur l’égalité réelle en première lecture

egalite_reelleLes députés ont approuvé mardi à une large majorité en première lecture le projet de loi sur l’égalité réelle outre-mer, qui vise à réduire les écarts de développement entre populations ultramarines et de métropole.
Le texte, qui doit maintenant être débattu au Sénat à majorité de droite, a été approuvé par 314 voix, contre 140 et 29 abstentions. Tous les groupes de gauche et l’UDI ont voté pour, alors que les élus Les Républicains ont émis « un vote négatif d’encouragement », selon la formule de leur orateur Philippe Gosselin.
Le projet de loi, défendu par la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, propose la création, dans chacune des onze collectivités d’outre-mer habitées, d’un « plan de convergence » pour déterminer un objectif de rattrapage avec la métropole en 10 ou 20 ans. Plan qui serait décliné ensuite en « contrats de convergence » de six ans entre Etat et collectivités locales, avec objectifs « contraignants » et « contrôles » sur l’avancée.
Il s’agira d’abord d’établir un diagnostic, en définissant des indicateurs spécifiques à chaque territoire (décrochage scolaire, chômage, mortalité infantile, etc.),

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Une atteinte à la mémoire de l’esclavage !

— Par Sylvie Glissant, Loïc Céry, Louis Sala-Molins —

institut_tout-monde_logoParis, le 11 octobre 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Avis de l’Institut du Tout-Monde sur la célébration des mémoires de l’esclavage

Le 5 octobre 2016, c’est à l’unanimité d’une poignée de députés que l’Assemblée nationale a adopté, dans le cadre de la première lecture du projet de loi sur l’Égalité réelle outre mer, un amendement modifiant la loi du 30 juin 1983 relative à la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Pour être définitivement ratifié, cet amendement devra faire l’objet de l’adoption définitive de la loi, actuellement en voie de navette parlementaire.

Le 7 octobre, l’Institut du Tout-Monde a rendu publique sur Mediapart une tribune s’opposant à cet amendement, et lancé une pétition visant à en obtenir le retrait (voir liens indiqués en annexes). Nous avons été rejoints depuis par plusieurs associations dont le Collectif du 10 mai et MIR France, demandant aux parlementaires français de réexaminer cette modification de la loi que nous estimons dangereuse à plus d’un titre.

Cet amendement procède à la rupture d’un équilibre qui avait été trouvé au sein de la législation française à propos des mémoires de l’esclavage, en vertu des dispositions inhérentes à la loi dite Taubira du 21 mai 2001 portant reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité et du décret pris le 30 mars 2006 par Président de la République, faisant du 10 mai la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

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« Bananiers de la République en colère »

14 octobre à 18 h. Bibliothèque Schoelcher.

bananiers_repu_colereLa prise des tarmacs en Guadeloupe et en Martinique

Que reste-r-il des événements qui ont secoué la Guadeloupe et la Martinique en novembre 1992 […] ?

« Bananiers de la République en colère », titre ô combien symbolique, tombe à point nommé, à l’approche du vingt-cinquième anniversaire d’un mouvement qui a assurément marqué la conscience collective des Antillais.

L’ouvrage nous rappelle, en effet, l’importance de cette mobilisation et son caractère pour le moins exceptionnel : les aéroports internationaux du Raizet et du Lamentin, lieux straté­giques par excellence dans un contexte d’insularité, sont pris d’assaut par les bananiers en colère qui ont réussi à déjouer les dispositifs de surveillance dans les deux îles.

D’une incroyable audace, ces opérations témoignent des craintes éprouvées par les profes­sionnels de la banane et, dans leur sillage, par une bonne partie des populations antillaises.

Tout au long d’une enquête minutieuse et contextualisée, Guy µFlandrina, nous place au coeur des évènements qui se déroulent du 22 au 26 novembre 1992 : de la prise d’assaut des aéroports aux mesures arrêtées par le gouvernement en réponse à la crise, en passant par l’organisation déployées sur les tarmacs, sans oublier les négociations qui ont lieu parallelement à Paris et à Bruxelles
Extraits de la préface de Justin Daniel.

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Non ! « Les Noirs » n’ont pas vendu leurs frères et leurs soeurs!

— Transmis par Robert Saé —

assiette_au_beurreL’affaire n’a pas eu l’écho mérité, mais elle est emblématique d’un combat idéologique qui fait rage aujourd’hui. A l’occasion d’une exposition, le Musée parisien du Quai Branly s’apprêtait à diffuser massivement et gratuitement, en particulier aux enfants scolarisés, une brochure dans laquelle on pouvait lire : « que les esclaves avaient été vendus à des européens par des africains », que ceux-ci « vendaient leurs frères et sœurs noirs », que parmi les esclaves, « certains étaient très malheureux et maltraités alors que d’autres avaient une vie plus agréable», que « la discrimination raciale avait pris fin aux Etats-Unis en 1964 ». Heureusement, la vigilance et la mobilisation de militants panafricanistes a fait échouer l’opération*.

Imaginez que l’on vous dise : « La bourgeoisie capitaliste n’est pas responsables du véritable esclavage subi par les enfants dans les mines européennes au 19° siècle car c’étaient leurs parents eux-mêmes qui vendaient ceux-ci aux patrons » ! Imaginez que vous lisiez dans une brochure : « Ce sont les Français, les blancs, qui ont livré leurs frères et sœurs aux nazis !

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Appel à l’union de la gauche antilibérale

— Par un collectif —
union_forceLa gauche, qui refuse la logique libérale avec laquelle François Hollande et Manuel Valls acceptent de composer, doit se rassembler pour l’élection présidentielle.

Il faut unir nos forces pour une alternative à gauche. Après un quinquennat calamiteux, le pire semble aujourd’hui possible. Avec un FN en voie de banalisation. Avec une droite extrêmisée que Hollande et Valls décomplexent. Avec l’autoritarisme du 49.3.

Le pire semble aujourd’hui possible. Face à la violence des licenciements, du chômage, des CDD à perpétuité, des vies empêchées, ruinées, des campements de migrants évacués sans solution, vouloir imposer «l’identité française», le burkini, l’islam, la nationalité (et sa déchéance) au cœur des débats politiques. Face au terrorisme, pour exaspérer les peurs, la fuite en avant sécuritaire, inefficace. Et sur l’écologie, surtout ne rien faire ou plutôt faire le contraire de ce que l’on proclame !

Cela doit cesser. Sans attendre. Depuis trop longtemps François Hollande chante du Joe Dassin au Medef : «On ira où tu voudras, quand tu voudras.»

Nous appelons à l’effraction citoyenne, au soulèvement du peuple de gauche qui refuse cette situation, de ce peuple arc-en-ciel où depuis toujours, pour chaque conquête sociale, toute liberté gagnée, se mêlent les socialistes qui refusent le libéralisme, les écologistes, les féministes, les communistes, les libertaires, les altermondialistes, nous tous, salariés, privés d’emploi, retraités, jeunes, rassemblés contre la loi travail, rassemblés contre le nucléaire, rassemblés contre la fermeture des usines, des maternités, des classes, des services publics qui protègent ceux qui n’ont rien, rassemblés contre le logement cher et les morts dans la rue, rassemblés contre la criminalisation des résistances sociales, des sans-papiers, des sans-emplois stigmatisés, abandonnés, rassemblés pour l’égalité des droits entre homos et hétéros…

Pour 2017, les urgences, nous les connaissons.

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«Informer n’est pas un délit». Menaces sur la liberté de la presse

liberte_presse-3Les sociétés des journalistes signataires font part de leur vive inquiétude à propos du projet de loi intitulé « égalité et citoyenneté » qui pourrait réduire dangereusement la liberté de la presse.

Ce texte est examiné par le Sénat depuis mardi. Il entend vider de son contenu la loi du 29 juillet 1881, sous couvert de lutter contre les abus d’internet. Le Sénat s’apprête à remettre en cause ce texte fondateur sans concertation préalable avec les représentants des journalistes.
De quoi s’agit-il ? Les sénateurs envisagent notamment jeter à la poubelle le principe de la prescription des délits de presse – à commencer par la diffamation – au bout de trois mois, à compter de la date de publication : sur le support internet, ces infractions deviendraient, de fait, imprescriptibles, au même titre que les crimes contre l’humanité.
Ainsi, les contenus audiovisuels rediffusés ou disponibles conjointement en ligne (podcasts, replays, etc…), pourront être poursuivis indéfiniment, ce qui introduit une discrimination manifeste entre les médias et les supports.

De même, selon le texte sénatorial, la presse en ligne, uniquement disponible sur internet, se trouve totalement discriminée par rapport à la presse diffusée à la fois sur support papier et internet, puisqu’elle sera, par nature, exclue de la prescription trimestrielle et soumise à un risque d’action tant que ses articles seront en ligne.

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Où sont passés les magistrats et les hauts fonctionnaires martiniquais ?

— Par Yves-Léopold Monthieux —

holmesSoyons clairs, la disparition des fonctionnaires métropolitains en Martinique n’est pas pour demain. Même en cas de séparation d’avec la France, les Martiniquais pourraient encore en être demandeurs. Cependant, l’image donnée par les réunions des chefs de service de l’Etat et de la justice ne laissent pas de choquer, à juste titre, en raison de la présence quasi exclusive de responsables métropolitains lors de ces rencontres.

La ministre et les autres : « un pruneau dans un verre de lait ».

A cet égard, deux photographies parues dans la presse, l’une prise tout récemment à l’hôtel de police, l’autre au cours d’une réunion de travail avec l’ancienne ministre des DOM paraissent caricaturales. Au cours de sa visite aux policiers, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazenave, était entouré par quatre directeurs de la maison, tous des Blancs. Lors d’une séance de travail, peu avant qu’elle ne quitte le gouvernement, la présence de la ministre autour de la table, à la Préfecture, m’avait rappelé, dans toute la rudesse de l’époque, cette pawol bô kay décrivant une personne de couleur noire, perdue au milieu d’une compagnie de Blancs : « un pruneau dans un verre de lait ».

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Lettre ouverte à Monsieur le Maire du Diamant

— Par Maryse et Lucien Cidalise Montaise

lettres-2Objet : Nuisances sonores et diverses

Monsieur le Maire

Ce courrier a la volonté de vous faire connaître la situation que nous, habitants de la Commune, vivons depuis longtemps.

Votre ambition est dit-on de faire du Diamant une station balnéaire. C’est une louable intention et nous vous en félicitons. Vous devez donc tout faire pour concrétiser cette idée. Il est clair que pour l’instant, Rien ne semble avoir été fait. Cet intéressant projet impose en effet une vision large des problèmes qui se posent dans votre commune. Demandez donc à vos conseillers et agents responsables de toutes qualités, de loger au Centre-Bourg. Ils comprendront !

Les bruits, les désordres consécutifs à l’absence de l’Autorité Municipale à travers ses agents et ses conseillers sont insupportables et deviennent inacceptables donc susceptibles de protestations officielles de la part de ceux qui en souffrent. Un jour, ces désordres finiront dans le drame et vous en serez moralement et administrativement responsable. Accidents, Rixes, Bruits, Trafics de toutes sortes…

Je vous saurais gré de nous faire connaître vos décisions afin que nous, Citoyens et Diamantinois soyons pleinement et rapidement rassurés.

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FIFA : la nouvelle marotte martiniquaise

— Par Yves-Léopold Monthieux —

fifa_972Ainsi donc, le ministre des sports vient de renouveler son désaccord pour l’affiliation directe du foot-ball martiniquais à la FIFA. C’est devenu l’obsession d’une ligue qui a échoué à faire avancer ce sport dans le cadre et selon l’esprit qu’elle s’est elle-même fixée depuis 40 ans. Mais tout, dans ce pays, se ramène à une affaire d’institutions et de pouvoirs qu’il nous manque. Il nous faut donc quitter la Fédération française pour être membre à part entière de la Fédération internationale. Dans le monde du foot-ball et sous le regard intéressé des politiques, la FIFA est devenue la nouvelle marotte.

Candidature martiniquaise à la FIFA : pour quelle politique sportive ?

La FIFA sera-t-elle le remède-miracle du foot-ball en Martinique ? Nous apportera-t-elle de nouveaux équipements ? Permettra-t-elle de remplir nos stades et de pourvoir à une meilleure formation de nos jeunes ? Permettra-t-elle d’obtenir en nombre des techniciens et des arbitres de qualité dont les insuffisances n’ont jamais été aussi fortes ? Facilitera-t-elle l’émergence d’une élite qui permettra peut-être de rencontrer la France en Coupe du monde ?

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Christiane Taubira : « Quand ça veut lutter un homme, ça peut lutter »

— Par Kareen Janselme —

Les mineurs de 1948 ont retrouvé leurs grades militaires plus de soixante après en avoir été spoliés pour fait de grève.
C’est Christiane Taubira qui a ouvert la cérémonie. « Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers… », citant Jean Ferrat, Louis Aragon, Paul Eluard, l’ancienne Garde des Sceaux a rendu hommage aux mineurs grévistes de 1948, chargés par les CRS, spoliés de leurs droits, dégradés militairement, et à leurs femmes elles-aussi victimes. « Quand ça veut lutter un homme, ça peut lutter » a-t-elle conclu en regardant tête haute François Hollande.

C’est le président de la République qui a « souhaité que cette cérémonie soit ouverte par Christiane Taubira ». C’est bien elle qui a relancé le début de la réhabilitation des mineurs alors que la cour de cassation s’était prononcée contre leurs indemnisations aux Prud’hommes, bloquant une procédure entamée en 2007. Fin 2014, la ministre de la justice introduisait dans la loi de finances une indemnisation forfaitaire des mineurs et leurs ayant-droit, affirmant que « La République française reconnaît le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève des mineurs grévistes en 1948 et 1952 ».

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Le Venezuela au bord du précipice

— Une analyse de Yves Besançon. —
venezuela_precipiceLa République bolivarienne du Venezuela, ébranlée par une crise à la fois économique, politique et humanitaire, est en passe, dans sa chute vertigineuse, de retrouver un niveau de son produit intérieur brut (PIB) par habitant inférieur à celui du début des années……soixante ! Bien évidemment, cette crise économique est à mettre en relation avec la diminution sensible du prix du pétrole à partir de 2013 – le cours du Brent passant en moyenne annuelle de 112 à 40 dollars entre 2012 et le premier semestre 2016 -, dans le cadre d’une économie nationale caractérisée par la « monoculture pétrolière ». Pour autant, la baisse du prix de l’or noir ne saurait tout expliquer du cataclysme en cours. Radiographie d’un chaos économique inédit dans l’histoire pétrolière du pays.

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