— Par Yoshvani Medina —

« Ana en el trópico », ou de la nécessité être soi-même sans complexes.
Il neige à New York, ma fille m’a demandé une photo à côté de la statue de la liberté, et si je la fais aujourd´hui, ma petite pensera que la statue est blanche. Blanche neige qui tombe sur les milliers d’enfants qui marchent sur Broadway, et que je vois depuis le restaurant du Marriot, le gratte ciel qui abrite le mythique théâtre homonyme.
J’ai rendez-vous avec deux personnes qui travaillent dans le milieu ici, et qui me prient d’écrire mes pièces comme on conçoit un spectacle pour enfants. Il faut leur proposer un texte fluide, clair, compréhensible, il faut les épater, mais avec ce qu’ils attendent, me disent-ils. Il faut des histoires linéaires, sans flash-back, sans dialogues grossiers, sans situations tordues, bref, avec la clarté et la magie que les enfants demandent, mais pour les adultes, parce qu’au fond d’eux mêmes, les adultes n’ont pas grandit, ils ont autant besoin des histoires que les enfants.
Et la plupart des gens qui viennent au théâtre ce sont de vieux riches qui ne veulent pas être choqués, me dit mon interlocuteur secouant le manuscrit de mon texte « Merde !










Edito du 20/05/2008




Les comédiens et les comédiennes sont des êtres insupportables. Narcissiques, auto-centrés, mégalomanes, d’une redoutable fragilité qui se pare de la robe de l’infantilisme le plus indécrottable, on ne peut que les haïr de ne pouvoir faire du théâtre sans eux. Et pourtant… l’adage est bien connu qui affirme que l’on apprécie les gens que pour leurs qualités alors qu’on les aime pour leur défauts. Jandira de Jesus Bauer a été comédienne, ce qui explique pourquoi elle est sans doute assez folle pour s’embarquer avec trois comédiennes antillaises et monter « Les Bonnes » à Fort-de-France. Le résultat est à la mesure de l’entreprise, décalé, iconoclaste et fidèle, inventif et décapant, mais surtout réussi. 

