Du Marivaux en créole, du Beckett en marionnettes: les compagnies réunionnaises, présentes en force cette année à Avignon, aspirent à ce que la métropole les regarde « d’un oeil attentif », loin de tout exotisme.
Un collectif de neuf compagnies ont joint leurs forces pour la 56e édition du Off d’Avignon, le plus grand « marché » de spectacle vivant en France.
« J’ai beaucoup de fierté à amener ma compagnie pour la première fois à Avignon parce qu’on sait combien c’est difficile pour les Outremer de montrer leur travail » en métropole, affirme à l’AFP Lolita Tergémina, directrice de la compagnie Sakidi.
Elle a adapté « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux en créole réunionnais, qui est à base lexicale française: « Kan lamour èk lo azar i zoué avek ».
– Démocratisation et émergence –
Au théâtre de la Chapelle du Verbe Incarné, la compagnie interprète avec brio cette comédie, avec surtitrage en français. « Mi prefer i done amoin la shans trap out ker plitok done amoin tout lo bien néna su la ter » (« J’aimerais mieux qu’il me fût permis de te demander ton coeur que d’avoir tous les biens du monde »), soupire Dorante, travesti en faux serviteur.

Je ne suis pas d’ici, je suis ici
Avec Marie-Paule Bonnemason, Antonin Chedigny, Brigitte Mounier et Sarah Nouveau
Together
— Par Michèle Bigot —

À contre-courant NOS LARMES !
— Par Roland Sabra —

Quand Laetitia Guédon s’empare de Penthésilée reine des amazones, elle fait équipe avec Marie Dilasser et ça décoiffe !
La reprise de Cendrillon au théâtre de la Porte St martin, spectacle créé en 201, nous fait entrer de plein pied dans l’univers de Joël Pommarat , fondé sur un travail entre imaginaire et réel, entre savants jeu de cache -cache, de détournements, de non-dit et de révélé.
Le
Restitution de résidence artistique
« Tremblez les sorcières reviennent! » criait un mot d’ordre féministe des sixties. Tremblez encore aujourd’hui car les sorcières jouent les Cassandre. Elles prédisent le grand effondrement. C’est ce que la vieille de Thérèse Bosc nous annonce, ou plutôt ce qu’elle mime. Car sa vieille n’est plus seulement une sorcière, ni une bacchante prise de boisson, ni une folle en délire, elle est la Terre. Au début du rituel suscité par la représentation théâtrale, la vieille éméchée se prend pour la Terre et en fin de cérémonie elle est indubitablement la Terre. 
Les femmes combattantes et influentes « s’enflammeront » le 14 mai à 18h30, dans un spectacle nouveau et inédit, aux ruines de la maison coloniale de Saint-Pierre. Dans ce lieu de souffrance et de douleur anéanti par l’éruption de la montagne Pelée, ces femmes révolutionnaires, féministes et anarchistes…célébreront aussi l’hymne à la vie, éclairées par une singulière chorégraphie de flammes dirigées par l’association Histoire de Flammes de Saint-Pierre.
— Propos recueillis par Dominique Daeschler —
Projet de l’association Culture Égalité
Il faudra dix ans à Koltès, musicien émérite, égaré un temps dans une école de journalisme puis repéré par Robert Gignoux ( TNS ) pour faire entendre son écriture. En 1977, alors que se joue à Lyon sa pièce Sallinger commandée et mise en scène par Bruno Boeglin, il crée, pour Yves Ferry, acteur au TNS « la nuit juste avant les forêts » au festival d’Avignon ( off). C’est un succès, le milieu théâtral s’ouvre à l’écriture de celui qui fera un long compagnonnage avec Chéreau.