De la mise en scène austère à la mise en scène chatoyante, toute la palette du théâtre contemporain
– Par Janine Bailly –
Au Portugal, le Festival international de théâtre d’Almada a su tenir bon, contre vents et marées et, par la volonté, la vaillance et l’obstination de toute une équipe, traverser les turbulences de deux « années Covid ». Par force, les frontières s’étant en 2019 refermées, isolant chacun dans sa tour d’ivoire, la manifestation, réduite à onze pièces de production locale, n’avait pu honorer sa 37e édition de ce fier épithète “d’international”. La 38e quant à elle, bénéficiant du ressac relatif et temporaire de l’épidémie, s’était tenue dans des conditions plus proches de la normale, mais sur une durée plus longue, apte à compenser la réduction de la jauge en salles.
En cet été 2022, la 39e édition s’est ouverte le 4 juillet dans une allégresse de bon aloi, dans le bonheur de ressentir à nouveau la vibration essentielle de l’autre auprès de soi, sans siège vide qui sépare, dans le sourire survivant, vainqueur de masques que d’aucuns plus fragiles, plus inquiets – ou plus conscients ?


À contre-courant NOS LARMES !
— Par Roland Sabra —

Quand Laetitia Guédon s’empare de Penthésilée reine des amazones, elle fait équipe avec Marie Dilasser et ça décoiffe !
La reprise de Cendrillon au théâtre de la Porte St martin, spectacle créé en 201, nous fait entrer de plein pied dans l’univers de Joël Pommarat , fondé sur un travail entre imaginaire et réel, entre savants jeu de cache -cache, de détournements, de non-dit et de révélé.
Le
Restitution de résidence artistique
« Tremblez les sorcières reviennent! » criait un mot d’ordre féministe des sixties. Tremblez encore aujourd’hui car les sorcières jouent les Cassandre. Elles prédisent le grand effondrement. C’est ce que la vieille de Thérèse Bosc nous annonce, ou plutôt ce qu’elle mime. Car sa vieille n’est plus seulement une sorcière, ni une bacchante prise de boisson, ni une folle en délire, elle est la Terre. Au début du rituel suscité par la représentation théâtrale, la vieille éméchée se prend pour la Terre et en fin de cérémonie elle est indubitablement la Terre. 
Les femmes combattantes et influentes « s’enflammeront » le 14 mai à 18h30, dans un spectacle nouveau et inédit, aux ruines de la maison coloniale de Saint-Pierre. Dans ce lieu de souffrance et de douleur anéanti par l’éruption de la montagne Pelée, ces femmes révolutionnaires, féministes et anarchistes…célébreront aussi l’hymne à la vie, éclairées par une singulière chorégraphie de flammes dirigées par l’association Histoire de Flammes de Saint-Pierre.
— Propos recueillis par Dominique Daeschler —
Projet de l’association Culture Égalité
Il faudra dix ans à Koltès, musicien émérite, égaré un temps dans une école de journalisme puis repéré par Robert Gignoux ( TNS ) pour faire entendre son écriture. En 1977, alors que se joue à Lyon sa pièce Sallinger commandée et mise en scène par Bruno Boeglin, il crée, pour Yves Ferry, acteur au TNS « la nuit juste avant les forêts » au festival d’Avignon ( off). C’est un succès, le milieu théâtral s’ouvre à l’écriture de celui qui fera un long compagnonnage avec Chéreau.
Le dramaturge et ex-chef d’entreprise Michel Vinaver, qui avait notamment transposé l’affaire Bettencourt au théâtre, est décédé dimanche à Paris à l’âge de 95 ans, a annoncé à l’AFP sa fille, la comédienne Anouk Grinberg.
D’après « Les veuves créoles », première comédie dramatique martiniquaise , anonyme, de 1768 
Christian Benedetti affiche toutes les pièces de l’auteur russe en même temps, au Théâtre-Studio d’Alfortville. 
Sur le rideau de scène une image, la statue de Joséphine, celle de la place de la Savane, avec sa tête qui se détache, qui se remet en place, qui hésite avant de choisir la décapitation précédant sa destruction. Sur le socle défilent les slogans chargés de cette souffrance en gésine qui n’en finit pas de se dire et qui toujours resurgit au moindre conflit. Et ce n’est pas le moindre mérite d’Hervé Deluge que de contextualiser, à sa façon, le si beau texte de Gaël Octavia qui nous parle de cette schize identitaire qui traverse la Martinique et ses habitants. L’autrice semble savoir au plus profond de sa chair ce qu’il en est de cette coupure, de cette dualité, elle qui porte un prénom épicène orthographié au masculin. 