Cinéma

Les Bruits de Recife : tranches de vie en pays émergent

Par Selim Lander – Les Bruits de Recife : un premier long métrage de Kleber Mendonça Filho tourné dans une ville du  Brésil en plein boum économique, avec les gratte-ciels qui poussent partout ; plusieurs lignes narratives très lâches qui se développent simultanément, se croisent parfois ; un film patchwork, des personnages ordinaires, « sans qualité », vivant une existence banale, à l’exception de l’un d’entre eux qui veut assouvir une vengeance (mais cela nous ne le découvrirons qu’à la fin).

Bethléem : la guerre sans fin

Par Selim Lander – « L’occupation (de la Palestine) ou la sécurité, vous n’aurez pas les deux à la fois ». Tel est le message envoyé aux Israéliens, via Al Jazeera, par le terroriste palestinien Ibrahim. Ce dernier a un jeune frère, Sanfur, qui a été retourné par un agent secret israélien, Razi. Entre ces deux-là se sont nouées des relations affectives – réciproques – très fortes (à en croire le cinéma, le film Omar par exemple, les services secrets israéliens seraient très doués pour ce jeu-là). On voit toute la richesse d’une situation dans laquelle les deux principaux protagonistes (Sanfur et Razi) se trouvent pris entre des fidélités contradictoires, chacun devant à la fois protéger son ami et demeurer loyal envers son camp. De tels dilemmes ne se tranchent jamais de manière satisfaisante (ou il y faut beaucoup d’artifice comme dans le Cid de Corneille).

Au cinéma !

 Par Selim Lander – Toujours dans la série le CMAC à Madiana, Steve Szebina présente en ce mois d’avril quatre films inédits en Martinique, plus la reprise de The Lunchbox, projeté naguère mais qui mérite effectivement d’être proposé à nouveau aux cinéphiles qui l’auraient raté la première fois. Surprise : un film français à l’affiche : Lulu femme nue de Solveig Anspach, une fable tirée de la bande dessinée d’Etienne Davodeau. Lulu, une jeune dame (Karin Viard), néanmoins mère de trois enfants, décide qu’elle a besoin d’une coupure avec le train-train qu’on devine étouffant de la vie familiale. Habitant un petit village près d’Angers, elle se retrouve un peu par hasard à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Au fil des jours elle y fera deux rencontres qui vont changer sa vie, plus pompeusement, la manière dont elle appréhende la condition humaine : Charles (Bouli Lanners) tout juste libéré de prison, en quête, comme elle d’affection et Marthe (Claude Gensac), vieille dame énergique. Nous ferons connaissance aussi avec les deux frères de Charles (Pascal Demolon et Philippe Rebbot) – deux âmes simples qui se sont autoproclamées ses gardes du corps –, de Morgane – la fille adolescente de Lulu (Solène Rigot), tête à claques mais bon cœur – et de quelques autres personnages également hauts en couleur. Le film ne tire pas à conséquence. A défaut d’être beau, tout le monde est gentil (oui même l’ado Morgane). Il y a bien le mari qui joue le rôle de l’affreux, sale (il est garagiste, alors…) et méchant, mais son rôle est si convenu qu’on a du mal à le prendre au tragique. On rit, on sourit et l’on sort de là plutôt réconcilié avec l’humanité. La photo contribue à notre plaisir : la mer avec les vagues, la lumière rasante sur les maisons vendéennes d’une blancheur immaculée. Il y a même, en prime, pour les nostalgiques des autos d’antan lontan, une Ami 6 Citroën (celle de Marthe). Que dire après tout cela, sinon merci à Etienne Davodeau et à Solveig Anspach !

« Un été à Osage County » : mauvais temps!

On pouvait aussi ajouter à la liste un peu d'acomoclitisme, très répandu de nos jours, et une dose d'urolagnie, sans oublier pour les Antilles une bonne rasade de  mécanophilie mais trop c'est trop ! N'est pas Tennessee Williams ou  même Edward Albee qui veut !  Ce n'est pas l'accumulation des thèmes, fussent-ils scabreux qui fait un bon film. C'est bien évidemment la manière de les traiter, de les comprendre et  de les approfondir. L'adaptation cinématographique par l'auteur, Tracy Letts, de la pièce de théâtre étasunienne « Un été à Osage County » et réalisée par John Wells est éprouvante. Plus exactement fatigante. Ce n'est pas faute de beau linge. En effet la distribution réunie Meryl Streep, Julia Roberts, Sam Shepard, Juliette Lewis, Chris Cooper et Ewan McGregor.