#Culturecheznous, deux nouveaux spectacles !

#Culturecheznous – SAMO, a tribute to Basquiat de Koffi Kwahulé

Laëtitia Guédon, un parcours sans faute

Formée à l’École du Studio d’Asnières et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Laëtitia Guédon fonde la Compagnie 0,10 et dirige de 2009 à 2014 le « Festival au Féminin » à Paris. Elle met en scène des textes de Koffi Kwahulé, Kevin Keiss, Patrick Chamoiseau… 

Riche d’un métissage singulier, elle est en quête d’une esthétique indisciplinée où se mêlent en permanence les arts et en particulier le théâtre, la danse et la musique live. Elle accorde une attention particulière aux écritures contemporaines en associant des auteurs vivants à l’écriture des spectacles.

En 2016, elle est nommée à la direction des « Plateaux Sauvages », fabrique artistique de la Ville de Paris, établissement culturel situé au coeur du XXème arrondissement. « Dans la capitale, peu de lieux de résidence sont disponibles pour les artistes. Heureusement, voici ce nouvel espace, une vaste fabrique dédiée à la création et au partage artistiques : 2 600 m², répartis sur 4 niveaux … » (Télérama)

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/laetitia-guédon/

Artiste associée depuis 2015 à La Comédie de Caen / CDN de Normandie, Laëtitia y crée en 2016 « SAMO », en complicité avec l’auteur Koffi Kwahulé.

Parallèlement aux projets professionnels réunissant des équipes nombreuses,  elle fait de la transmission artistique une de ses missions essentielles : elle intervient depuis cinq ans au Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers pour des ateliers en milieu scolaire, et met un point d’honneur à accompagner les créations de sa compagnie d’un projet pédagogique complet. C’est le cas pour « SAMO », avec la proposition du projet de transmission artistique « Signal Ethique » qui convoque l’art dramatique, la scénographie urbaine et l’écriture contemporaine.

Laëtitia était programmée cette année 2020 au Festival In d’Avignon. Sur Sceneweb, elle parle de sa pièce : « Penthésilé.e.s – Amazonomachies »

« Penthésilée est la reine des Amazones. Une société de guerre, de violence, qui a exclu le masculin… Tour à tour guerrière insatiable de violence et de mots, corps métamorphosé mi-femme-mi-homme mi-animal, ou déesse au langage vocal insondable, Penthésilée est la reine des Amazones mais aussi une des figures féminines de la guerre de Troie. Face à Achille, elle est puissance et fragilité, malmenée par des décisions impossibles. En demandant à Marie Dilasser d’écrire une Penthésilée pour les temps d’aujourd’hui et dans une langue dégenrée, la metteuse en scène Laëtitia Guédon souhaite parler des espaces de révélations offerts aux femmes. L’intime, le mystère, le combat sont autant de terrains pour ressentir les relations complexes des femmes à leur puissance… Avec Marie Dilasser, nous tentons d’écrire un oratorio-manifeste pour les générations futures et poser la question d’une possible réconciliation. »

Production Compagnie 0,10. Coproduction Comédie de Caen Centre dramatique national de Normandie, Théâtre des Îlets Centre dramatique national de Montluçon, Festival d’Avignon)

« SAMO, a tribute to Basquiat », captation vidéo

Nous voici donc privés de Festival d’Avignon, et bien tristes de ne pouvoir découvrir ce « Penthésilée », nous qui avons aimé par-dessus tout la mise en scène qu’elle fit de « Samo, a tribune to Basquiat »,  avec la complicité et sur les mots de  Koffi Kwahulé, d’après l’oeuvre et la vie de Jean-Michel Basquiat — un texte lauréat de la Commission nationale d’Aide à la création de textes dramatiques – Artcena ! Une petite consolation, bienvenue cette semaine, puisque Tropiques-Atrium nous permet de revoir sur son site le spectacle, enregistré à Fort-de-France.

 Laëtitia présentait ainsi « SAMO » sur France-Culture

« Qui est Samo ? Basquiat, Al Diaz et Shannon Dawson créent avec “ SAMO ” (anagramme de “Same Old Shit”), les prémices du graffiti. Basquiat est le moteur principal de ce projet et traduit son observation sensible du monde par des messages lapidaires inscrits, tagués, sur les édifices de l’environnement urbain new-yorkais. Les courts messages qu’il inscrit à l’époque sont déjà, avant ses toiles, des actes poétiques et politiques. La suite : la rencontre avec Warhol, la vitalité désespérée qui le conduit à cette production boulimique de tableaux, le succès, les trop nombreuses drogues et son entrée dans le funeste Club 27. Ce qui m’intéresse ici c’est l’avant, la période d’errance, de marche, de recherche, la période de signalétique, où à New York on se dit : “ qui est SAMO ? ” Ce moment où le très jeune homme au regard timide lance un mouvement artistique sans le savoir.

Une enquête : Une enquête pour savoir comment la parole, les mots de Koffi Kwahulé mettront un coup de poignard dans le silence du mur immaculé prêt à être peint. Une enquête pour savoir comment les torsions du corps du danseur Willy Pierre-Joseph viendront étrangler la sidération face au texte codé, ou prendre acte physique du jeune Basquiat errant de longues heures pour trouver le bon spot, la bonne place, le bon message. Une enquête pour savoir comment l’univers beat box et musical de Blade MC Ali M’baye viendra lapider le ghetto blaster d’époque crachant les prémices du hip hop de rue. Une enquête pour savoir comment Yohann Pisiou, comédien aux traits étrangement semblables à ceux du peintre, sait que “SAMO is not dead”. Une enquête avec le public pour se dire : Que laissons-nous comme trace pour nous raconter et raconter ce monde ? »

« SAMO » : Coproduction : La Comédie de Caen – Centre Dramatique National de Normandie, Le Théâtre des Quartiers d’Ivry – Centre Dramatique National du Val de Marne, La Loge (Paris), Tropique Atrium – Scène Nationale de la Martinique, Théâtre Victor Hugo – Bagneux / Vallée Sud Grand Paris. Avec le soutien du Fonds SACD Théâtre,  de l’ADAMI et d’Arcadi – Organisme culturel régional d’Ile de France.

Présentation par Tropiques-Atrium

Symbole même du grand talent consumé en une vie trop brève – tel Jimmy Hendrix ou Janis Joplin – Jean- Michel Basquiat naît en 1960 à Brooklyn d’une mère portoricaine et d’un père haïtien.

Adolescent en rupture, il se consacre à la musique et commence à taguer les murs de Manhattan de messages caustiques qu’il signe SAMO (SAMe Old shit). Bientôt repéré par une galerie new-yorkaise, il se voit proposer un atelier : il est en 1982 le plus jeune artiste exposant à Dokumenta-Cassel, se lie d’amitié et collabore avec Andy Warhol dont il rejoint la Factory. Ses tableaux se vendent cent mille dollars pièce… lorsqu’en 1987, il meurt d’overdose.

L’oeuvre de Jean-Michel Basquiat se donne comme une critique acerbe de l’Amérique et de la position qu’y occupent les Noirs. Imprégné par la danse, traversé par la musique live du saxophone, ponctué d’inserts visuels, le texte de Koffi Kwahulé témoigne de la frénésie, de l’urgence de création qui animaient ce météore dont la notoriété n’avait pas fermé les blessures intimes.

Pour voir le film, rendez-vous sur le site de «tropiques-atrium.fr»

 

#Culturecheznous – F(L)AMMES d’Ahmed Madani

Ahmed Madani, auteur et metteur en scène engagé 

Né le 8 mars 1952, en Algérie, il arrive en France en 1958Psychothérapeute de formation, il est rapidement attiré par le théâtre. En 1985, il fonde sa propre compagnie « Madani Compagnie ». Il réalise une œuvre dont la pierre angulaire est le rapport au sociétal, et écrit aussi bien en direction de la jeunesse que des adultes. Il engage une recherche sur de nouvelles formes de création en milieu urbain en prenant en compte les diversités des composantes de la société française. Il s’adresse à tous les publics et prend en compte de façon significative la jeunesse.

Dans cette démarche d’ouverture à tous les publics, il inscrit ses réalisations dans les théâtres aussi bien que dans des lieux improbables : entrepôts, magasins inoccupés, immeubles abandonnés, haras. Son écriture se nourrit souvent de faits de société : le rapport à la terre, à la transmission, à la mémoire… (Wikipédia)

https://www.babelio.com/auteur/Ahmed-Madani/160086

« La jeunesse est devenue un nouveau continent, et le théâtre ne peut pas prétendre à un objectif humain s’il ne parvient pas s’y engager et à l’explorer. » Edward Bond

Présentation de F(L)AMMES  par le Théâtre « La Tempête »

F(l)ammes, réalisé avec des jeunes femmes issues des quartiers populaires, fait suite à Illumination(s) qui en constituait le versant masculin. Ahmed Madani souhaite ainsi faire découvrir de l’intérieur la réalité de ces jeunes Français vivant dans une zone urbaine sensible. Aucune étude sociologique ou démographique ne rendra compte des espoirs et des peines, des questions et des rêves qui animent ces jeunes gens. Aucun espace n’est aussi propice à leur partage que la scène. La puissance du théâtre se révèle dans ces moments où nous pouvons voir le monde avec les yeux d’un autre, et ainsi changer de regard. La question des femmes semble avoir été longtemps un point aveugle de l’histoire de l’immigration. La réalité de la jeune génération est plus complexe, plus riche et plus folle ou créative qu’on ne veut bien nous le dire. Et c’est le désir de raconter, de jouer, de danser et de chanter qui, en chaque interprète, va le mieux révéler sa sensibilité et refléter ses identités multiples et mouvantes. Cette création partagée constitue un vibrant témoignage : le récit que portent les jeunes filles à la fois les inclut et les dépasse ; et chacune se découvre « différente de sa différence », avec feu, avec flammes.

Pour voir le film, rendez-vous sur le site de «tropiques-atrium.fr»L

Pour écouter Laëtitia :

.Fort-de-France, le 8 mai 2020