Madinin’Art a déjà publié une longue critique de cette pièce par Hélène Lemoine qui dit déjà beaucoup de choses. Elle s’ouvre sur un « verdict sans appel : un texte pauvre, une intrigue fragile laissant un goût d’inachevé », nuancé néanmoins grâce à quelques « moments d’humour grinçant et d’incivilité ». De fait, les spectateurs interrogés à la sortie de la représentation à la Martinique ont confié s’être pas mal ennuyé. Et pourtant la salle a chaleureusement applaudi.
Ces réactions contradictoires sont bien à la mesure d’une pièce dont on ne peut que saluer les bonnes intentions comme l’engagement des deux comédiens, tout en déplorant l’absence d’intrigue et les longueurs, en particulier au début où une cliente des services sociaux s’efforce d’obtenir une réponse à propos du versement de son RSA, réponse qu’elle n’obtiendra (évidemment) pas de la part d’un employé plus intéressé à corriger les fautes de français que de réparer les anomalies du dossier. Le principe, valable tout au long de la pièce, est en effet celui des échanges téléphoniques.
La pièce s’améliore ensuite avec deux scènes effectivement plus humoristiques : une émission des radios de nuit où les auditeurs confient leurs difficultés sentimentales ; le sondage à distance.


— Par Selim Lander —
— par Selim Lander —

— Par Selim Lander —

— Par Selim Lander —




Les expositions du PABE (Plastik Art Band Experimental, association de plasticiennes martiniquaises) se suivent et ne se ressemblent pas puisque organisées autour d’un thème qui se renouvelle à chaque fois. On se souvient d’une exposition mémorable à l’Atrium de Fort-de-France qui avait pour sujet « le sac ». Le thème de l’exposition actuelle auquel les membres de l’association ont dû se plier est le recyclage, up-cycling en anglais, un mot qui par un détour assez mystérieux a conduit les organisatrices au terme up-sapiens. L’idée étant, si l’on comprend bien, que de même que les déchets de toute sortes (ferraille, bouts de verre ou de tissu, vieux outils, etc.) se trouvent magnifiés une fois transformés en œuvres d’art, l’homo sapiens, avec tous ses défauts (le moindre n’étant pas de produire tant de déchets), s’il se tourne vers l’art et adopte un mode de vie plus respectueux de son environnement sera, sinon le sur-homme nietzchéen, un super sapiens.


Pour la première fois, Hélène Jacob et Sandrine Zédame, deux complices présentes ensemble depuis longtemps dans des expositions collectives exposent seules dans les trois salles du premier étage du Créole Art Café à Saint-Pierre (Martinique). Trois salles pour trois ensembles différents : la suite des femmes célèbres d’H. Jacob, un ensemble de peintures plus intimistes de deux artistes, enfin des photographies de S. Zédame.
Plein Emploi ou Pôle Emploi ? Ce n’est pas la même chose et la secrétaire de Plein Emploi commence à en avoir plein le dos des appels pour Pôle Emploi qui arrivent sur son téléphone de la part de chômeurs qui ont confondu les deux termes. Mais comme elle leur dit (à peu près) : est-ce que vous avez déjà entendu quelqu’un au bout du fil quand vous appelez Pôle Emploi ? Non, bien sûr, vous n’avez jamais qu’un répondeur : ici, c’est différent. A ceci près que cette association d’insertion appelée Plein Emploi est pour l’essentiel une arnaque servant à accaparer les fonds publics. Parmi les chômeurs qui appellent il y a un certain M. Marie-Joseph (clin d’œil à l’intention des habitants de la Martinique où un Marie-Joseph célèbre, loin d’être au chômage, est propriétaire de plusieurs entreprises…). La pièce commence, muette, par la secrétaire Philomène (Rita Ravier) qui s’installe en prenant tout son temps. Arrive ensuite Pierre-Antoine (Virgil Venance), le patron de la boite, en tenue de cycliste. Il entreprendra de se changer mais ne metta jamais son pantalon, il restera jusqu’au bout en chemise-cravatte et les jambes nues sous sa culotte de vélo.


