– Par Rodolf Étienne
« L’homme a peur de son rêve au moment de le satisfaire… »
L’Appel. Les Indes. Édouard Glissant. Ed. Du Seuil, 1956.
Précision indispensable : le delirium tremens est une urgence médicale liée au sevrage alcoolique sévère. Il n’est nullement utilisé ici comme qualification médicale de la société martiniquaise, mais exclusivement comme image littéraire et politique du sevrage et de la dépendance.
La Martinique semble parfois hésiter au seuil de sa propre transformation : entre désir d’émancipation et besoin de protection, revendication identitaire et dépendance économique, créolité assumée et attachement au cadre français.
Le tremblement du sevrage
La question est moins simple qu’elle n’en a l’air. Depuis plusieurs générations, le discours collectif porte simultanément une volonté de différenciation et une demande d’égalité, un désir d’autonomie et un besoin de protection, une critique de la dépendance et une inquiétude profonde devant les conséquences de sa disparition. En clair, le Martiniquais affirme vouloir davantage décider, ici-même, en Martinique, mais continue à attendre énormément de Paris. Il dénonce une économie dépendante, mais une part essentielle de son niveau de vie repose sur des mécanismes de redistribution, des dépenses publiques, des prestations sociales, des rémunérations et des investissements qui s’inscrivent dans l’ensemble français et européen.<p> Lire Plus



(Editions 2025 chez Matthes et Seitz (Berlin, Allemagne) Spécialistes de l’Afrique et des Caraïbes
Compagnie Cyparis Circus
Le colloque international « Le caractère multidimensionnel de la poésie d’Aimé Césaire » à l’occasion du 110e anniversaire de la naissance de l’écrivain
La vie est chère à la Martinique ; très chère, trop chère. Savez-vous pourquoi ?
— par Georges-Henri Lèotin —
— Par Gary Klang —
La Toni-Morrison Society organise régulièrement des événements en Martinique autour de l’anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire. Ces événements rappellent l’attachement que Toni Morrison, auteure américaine et prix Nobel de littérature, avait pour le poète et pour son travail remarquable sur la Négritude.
Né en 1913, mort en 2008, Aimé Césaire aura eu une longue carrière tant politique que littéraire, les deux indissociablement liés au demeurant, puisque les poèmes, au-delà de leurs innovations formelles, nous en apprennent beaucoup sur ce qui a motivé l’action du député-maire, indignation et action, l’action qui naît de l’indignation.
— Par Roland Sabra —
Césaire est mort à 95 ans en 2008. Pour les lycéens martiniquais âgés aujourd’hui de quinze ans Césaire fait partie du monde d’avant, celui d’avant leur naissance, lorsque le poète-député-maire commandait de près ou de loin l’actualité de l’île. Le livre qui vient de paraître n’a pas été écrit spécialement à leur intention, il vise sûrement un plus large public. Il n’empêche que sa place paraît toute trouvée dans les chaumières martiniquaises – comme celles de la diaspora – pour apprendre aux jeunes générations qui fut ce grand homme qui a tellement compté localement.
La question abordée par Yves-Léopold MONTHIEUX au sujet du
Ou sont passés tous ces Blancs qui ont été accusés de « génocider » le peuple martiniquais depuis plus d’un demi-siècle ? On ne les voit pas dans les statistiques, on ne les voit pas non plus dans des cimetières dédiés. Le phénomène est pourtant inscrit dans le marbre de la conscience martiniquaise. Ainsi, chaque fois qu’est abordée la question de la baisse de la population en Martinique, chacun, de Ti Sonson au député du coin, y va de son couplet sur le «
Une interview de Maryse Condé dans France Antilles a refait surface récemment sur les réseaux sociaux. Elle porte un titre provocateur au pays d’Aimé Césaire : «
Par sa forte personnalité et sa capacité de convaincre, au vu de la durée de son magistère et des moyens à sa disposition, Alfred Marie-Jeanne (AMJ) pouvait faire des grandes choses pour la Martinique. Parvenu
… Initilman, pou anmizé kò’y, kapitenn-la ka pann an gran verg li-a, nèg pli wouspétè-a, oben ka fouté’y an lanmè-a, oben ka fè sé molos féros li-a dévoré’y


