Aimé Césaire, la voix de la fraternité

En 1976, Aimé Césaire s’entretenait avec Edouard Maunick, poète et journaliste mauricien, au cours d’une série de cinq émissions. Le poète et homme politique antillais avait 63 ans à cette époque. Dans ces entretiens, il parle de son parcours intellectuel et de son attachement à la culture antillaise et africaine. Il évoque aussi la douleur de l’exil, le racisme toujours présent dans les sociétés occidentales et l’importance de maintenir l’espoir parmi les peuples noirs opprimés.

Aimé Césaire est né en Martinique en 1913. Après de brillantes études au lycée Schoelcher de Fort-de-France, il obtient en 1931 une bourse qui lui permet de suivre des études à Paris. En 1934, il fonde la revue L’Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée, puis entre à l’Ecole Normale  Supérieure. En 1935, il commence à écrire un long poème, le Cahier d’un retour au pays natal, pour lutter contre le dépaysement et l’exil. Il invente le terme de négritude. En 1939, il retourne en Martinique où il enseigne au lycée de Fort-de-France. En 1941, il fonde la revue Tropiques avec sa femme et d’autres amis. André Breton est très impressionné et lui témoigne son soutien à son passage dans l’île en 1941. A partir de 1945, date de son élection à la mairie de Fort-de-France puis à la députation, il mène une double carrière fertile en engagements, politique d’un côté et littéraire de l’autre (romans, poésie et théâtre). Aimé Césaire s’est opposé à la fois aux nostalgiques de l’ordre établi colonial (Discours sur le colonialisme, 1953) et à ses anciens alliés communistes (Lettre à Maurice Thorez, 1956). A partir de 1974, il préside le Parti progressiste martiniquais de tendance autonomiste. Il est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France où il a été enterré lors d’obsèques nationales dans une ferveur populaire qui a témoigné de l’amour vibrant que lui porte le peuple martiniquais. Certaines voix se sont élevées pour demander le transfert de sa dépouille au Panthéon. Nègre je suis, nègre je resterai.

Une production d’Edouard Maunick, réalisée par Marie-Andrée Armynot. Archive INA-Radio France

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Source : France Culture