Ce que la condamnation de Serge Letchimy dit de la République
Ce texte met en débat une justice à deux vitesses qui frappe les élus antillais avec une rapidité et une sévérité que l’on ne retrouve pas au sommet de l’État. Là où les dossiers parisiens traînent souvent pendant des décennies, les procédures en Outre-mer sont utilisées comme de véritables outils de mise hors-jeu politique immédiate. Cette inégalité de traitement transforme les condamnés en victimes aux yeux de la population, renforçant le sentiment d’une discipline coloniale plutôt que d’une véritable justice pour tous. Que cette composition ne soit pas interprétée comme une porte ouverte au laisser-faire ou un sauf-conduit pour la corruption, mais plutôt comme un rappel : la moralité en politique doit suivre ce principe du ruissellement — des sommets vers les plaines — réputé si cher aux chantres de la gestion rigoureuse de la chose publique.
La condamnation de Serge Letchimy, s’inscrivant dans une suite de procédures visant les figures de l’échiquier antillais, dépasse le simple cadre du purisme judiciaire. Elle agit comme le révélateur d’une tension historique profonde : celle d’une République qui exige de ses périphéries une vertu qu’elle peine, aux sommets de l’État, à s’appliquer à elle-même.

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Le 20 août 2024, dans l’arène démocrate réunie à
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