Psy_choses etc.

Psychanalyse du lien social et sociologie : une rencontre à élaborer

L’exemple de la délinquance juvénile contemporaine

lien_social-2— Par Fabrice Liégard —

[…] l’activité d’esprit humaine, celle qui a créée les
grandes institutions de la religion, du droit, de l’éthique
et de toutes les formes de la vie civique, vise au fond à
rendre possible la maîtrise de son complexe d’oedipe et à
faire passer sa libido de ses liaisons infantiles aux
liaisons sociales souhaitées en définitive
Freud (1924)
La satisfaction narcissique engendrée par l’idéal culturel
est une des forces qui contrebalance le plus efficacement
l’hostilité contre la civilisation […]
Freud (1927).

Ouverture
La collaboration entre anthropologie, ethnologie et psychanalyse pour l’étude des sociétés exotiques possède une longue histoire et a nourri de trop nombreux travaux empiriques et réflexions théoriques pour qu’ils puissent être cités ici. En revanche, pour ce qui relève de l’étude des sociétés contemporaines occidentales, que cela concerne leur dynamique ou leur morphologie, une collaboration entre sociologie, ou socio‑anthropologie, et psychanalyse peine à produire des travaux conséquents qui soient le fruit d’un échange théorique fécond entre ces disciplines1.

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L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations?

Martinique les 26 et 27 octobre et en Guadeloupe le 28 octobre 2016

esclavage_impact_pop-2— Par Professeur Aimé Charles–Nicolas, Président de l’Association First Caraïbes —

A l’initiative de l’Association Régionale FIRST CARAIBES, se tiendra à la Martinique les 26 et 27 octobre et en Guadeloupe le 28 octobre 2016 le Colloque Scientifique International «L’ : quel impact sur la psychologie des populations ?» dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les afro descendants 2015-2024.

Avec la présence de plus en plus insistante dans l’espace public de la thématique de l’esclavage nous nous sommes rendus compte que nous ne savions rien des conséquences psychologiques de la traite des Noirs et de leur mise en esclavage alors même que des travaux psychiatriques ont démontré la nécessité de traiter les psychotraumatismes, que des travaux d’épigénétique démontrent l’existence de traces sur l’ADN des traumatismes psychologiques et leur transmission de génération en génération, alors, enfin, que des travaux d’historiens ont mis au jour «la voix des esclaves». Il est alors apparu indispensable de faire se rencontrer historiens, psychiatres, généticiens, anthropologues et sociologues pour échanger sur cette question loin de toute posture victimaire.

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Sarkozy, ou la violence en politique

— Par Caroline Constant —

Gérard Miller démontre avec brio à quel point les façons d’être du politicien ont imprégné la vie et le débat politiques en France. Passionnant, surtout pour les spectateurs de gauche.

Gérard Miller n’a jamais caché ses sympathies de gauche. Quand il se lance dans un portrait psychanalytique de Nicolas Sarkozy, forcément, ça saigne. Avec Anaïs Feuillette, il retrace le parcours de l’ancien président de la République et candidat à la présidentielle, de l’enfance à sa candidature aux primaires de la droite. Mais il analyse le poids de la rhétorique et de ses méthodes sur la vie politique française. Des méthodes marquées par la violence, l’hyperréactivité et un discours toujours plus à droite. On n’y apprend pas forcément grand-chose sur le parcours de cet « homme qui courait plus vite que son ombre ». Mais ce documentaire, pour un spectateur de gauche, a deux vertus : d’abord, de remettre en cohérence les égarements de Sarkozy, qu’il montre comme un homme sans scrupule. Ensuite, le côté « vachard » de l’analyse met un peu de baume au cœur, dans un univers médiatique qui salue la moindre des sorties de l’ancien président.

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Transfert et lien social : séminaire du GAREFP

Samedi 29 et dimanche 30 octobre 2016. Hôtel Karibéa Sainte-Luce – Martinique.

transfert__lien_social-400Dans toute culture, les relations humaines président à un vivre ensemble et font lien social à partir de l’inscription des sujets dans le langage, donc dans des discours.

Dans les sociétés antillaises, le lien social porte l’empreinte de la violence radicale de l’esclavage racialisé qui les a constituées.

Le malaise s’y exprime dans une parole qui se dérobe et ne tient pas, dans des relations marquées par la méfiance voire la disqualification de l’autre, avec une prégnance du scopique, du magico-religieux, de la violence et du passage à l’acte.

La référence à l’Histoire et à son déterminisme, suffit-elle à rendre compte des difficultés particulières du transfert dans notre clinique ?

Pouvons-nous entendre ces modes d’être comme des effets du discours capitaliste qui se caractérise par le démenti de la castration et de l’altérité ? Comme des effets de Réel non-inscrits dans la transmission ?

Les mutations auxquelles nous assistons de manière plus générale dans nos sociétés contemporaines nous amènent à interroger la capacité du psychanalyste à occuper sa fonction, à entendre les modalités du transfert, du lien social, des symptômes et du politique.

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Le lien social comme effet de discours

— Par Marie-Elisabeth Volckrick —
lien_socialComment la psychanalyse permet-elle de penser le lien social ? Freud a posé la question du lien social en terme de processus inconscients liés à un objet extérieur idéalisé. Lacan, tout en reprenant ces éléments, va transformer leur trajet, en faisant intervenir la notion de discours 1. Pour Lacan, le discours, c’est le lien social.
« En fin de compte, il n’y a que ça, le lien social. Je le désigne du terme de discours parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de le désigner dés qu’on s’est aperçu que le lien social ne s’instaure que de s’ancrer dans la façon dont le langage se situe et s’imprime, se situe sur ce qui grouille, à savoir l’être parlant. » 2
(78)C’est principalement dans L’Envers de la Psychanalyse 3 que Lacan utilise le terme de discours : « C’est le discours qui fait lien social » et « le propre d’un discours c’est d’être sans paroles ». Comment comprendre ces assertions ?
Je propose de reprendre ici rapidement le schéma des quatre discours décrit par Lacan.

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L’autoradicalisation, une disposition psychique mortifère

— Par Dominique Jacques Roth, psychanalyste et auteur —

mere_titulaire_pere_benevoleLes attentats qui se perpétuent depuis 2015 ne sauraient être empêchés sur un mode seulement mécanique, car dès qu’un nouveau est perpétré, il n’est plus question que d’instaurer de nouvelles mesures sécuritaires, comme si l’éradication du terrorisme se réduisait à la mise en place de mesures répressives supplémentaires. Un tel empressement occulte le fait que les idéaux d’une société gestionnaire invalident le père comme tiers de la parole, car c’est la catégorie du père elle-même qui défaille dans le discours contemporain. L’auto-radicalisation participe d’une disposition psychique mortifère qui prend des allures protéiformes. « Faire bloc contre le terrorisme » suppose aussi et avant tout une analyse de la manière dont les pères des nations, leurs présidents et leurs élites manient l’ordre symbolique, pour accrocher la problématique terroriste à des causes bien plus profondes, constamment éludées.

La prolongation de l’état d’urgence et la mise en place de mesures de sûreté ne suffiront jamais à mettre un terme à une forme de guerre non conventionnelle née d’une parole paternelle défaillante.

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Oui, un secret de famille peut tuer. Mais nous pouvons tous l’empêcher.

— Par Sandrine Alivon, psychologue clinicienne —

family_secretEn tant que psychologue dans le monde de l’enfance et animatrice d’ateliers-débats, je suis régulièrement invitée à discuter publiquement des secrets de famille. Que sont-ils ? Faut-il les dévoiler ? Quelles sont les conséquences de leur révélation ou de leur non révélation ? Dans une « actualité » qui nous fait toujours tanguer entre la peur et le courage, il n’est pas de trop de partager le contenu de ces échanges oraux avec vous, lecteurs.

Qu’est-ce qu’un secret de famille ?

Une information qui concerne un ou plusieurs membres d’une famille et que l’on protège par le silence. Nous avons tous besoin d’une vie privée, d’une intimité, donc de secrets pour la protéger. Ainsi, ce qui reste caché nous nourrit et nous élève. Le problème arrive lorsque nous ne protégeons plus ce qui nous fait du bien mais ce qui nous blesse, nous rabaisse et nous maintient en esclavage. Si j’ai eu une liaison avec un homme/une femme qui n’était pas bien vu/e de ma famille, mais que cela m’a tellement aidé/e à grandir, à me réparer ou à m’exprimer pleinement, alors oui j’assume la garder secrète.

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Psychopathologie du racisme : le cas Ralf Gonflant

hopital-de-jourUn rapport presque imaginaire du docteur Nimbus

« La haine n’est qu’une défaite de l’imagination », Graham Greene.

Ralf Gonflant (le nom est changé) est venu nous consulter à la demande de la justice après avoir fait l’objet de plusieurs plaintes portant sur des agressions à caractère raciste. C’est un homme dans la force de l’âge appartenant à la classe moyenne supérieure, un intellectuel qui exerce sa profession avec succès, tout en menant parallèlement une carrière artistique qui lui a conféré une renommée dépassant le cadre étroit de l’île où il est né et où s’est déroulée toute sa carrière.

Ce patient est métissé. Psychothérapeute mais jamais auparavant confronté à la pathologie du racisme, ce fait m’a tout d’abord surpris. Il me semblait qu’un métis devait moins que tout autre succomber à ce mal. N’est-il pas lui-même, fruit de l’union de plusieurs races, l’incarnation du caractère artificiel de leur séparation ?

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La psychiatrie perd un grand témoin

— Par Adams Kwateh, France-Antilles —
didier_trystramLe Dr Didier Trystram était arrivé en Martinique en 1969.
Le médecin psychiatre, Didier Trystram est décédé hier matin des suites d’un malaise qui l’a frappé alors qu’il assistait à la réunion de l’Amarhisfa (l’Association martiniquaise de recherche sur l’histoire des familles) dont il était un membre actif. Didier Trystram, qui aurait eu 80 ans le 15 mai prochain, était arrivé en Martinique en 1969, à l’époque où l’hôpital de Colson prenait son envol. Il se définissait comme de la troisième génération de psychiatres métropolitains en Martinique et le premier à choisir ce pays pour y vivre définitivement.
Héritier d’une psychiatrie d’avant-garde initiée par Despinoy en Martinique et Collomb au Sénégal en 1954, il s’était imprégné des réalités sociales et religieuses de la Martinique pour mieux appréhender la maladie mentale. Son nom est lié à la sectorisation de Colson destinée à la pratique d’une psychiatrie de proximité. Avant de prendre sa retraite, il avait consacré les 15 dernières années de sa carrière à la pédopsychiatrie, notamment dans le Nord-Atlantique et le Nord-Caraïbe.

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L’éducation bientraitante contre la violence

julie_ostan-casimirJulie Ostan-Casimir est
Psychologue clinicienne (Paris, 1978)
Docteur en psychologie de l’enfant et de l’adolescent (Paris, 1983)
Docteur en psychopathologie et psychologie clinique (Toulouse, 2006)

Vient de publier un troisième ouvrage : « L’éducation bientraitante contre la violence »
(K. éditions 2015)

Madinin-art : Pourquoi avoir publié un ouvrage sur l’éducation ?
Julie Ostan-Casimir : Lors de la parution de « Adolescents dans la tourmente, Troubles des conduites et des comportements » (K.Editions, 2013) de nombreuses questions de lecteurs ont porté sur l’éducation. Un entretien avec madame Manin, Présidente du Conseil Général d’alors, a aussi porté sur l’éducation. Par ailleurs de jeunes parents s’interrogent sur leur mode éducationnel. En temps que psychologue, il m’a paru important d’ouvrir le débat, car l’éducation se pose en processus et participe à l’élaboration de la personnalité. Je me suis intéressée pour l’heure à la période des 0-11 ans, me proposant de publier ultérieurement un ouvrage dédié aux adolescents.

Madinin-art : Proposez-vous des recettes ?
Julie Ostan-Casimir : Il ne s’agit surtout pas dans cet ouvrage de donner des recettes, mais simplement de tenter une approche dans le domaine de l’éducation, interrogeant certains concepts et théories dans le champ de la psychologie, pour inviter tout un chacun à la réflexion, pour dégager des pistes que le parent pourra adapter librement.

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Georges Vigarello : «Le plaisir sexuel n’a plus de modèle»

— Par Georges Vigarello, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales —

plaisir_diversL’année 2015 a eu quelque chose d’irrespirable. Nous avons voulu trouver de la légèreté pour démarrer l’année qui vient.

Si on pense immédiatement au sexe quand on parle plaisir, bien d’autres réjouissances gravitent en réalité autour de celui-ci, et n’ont cessé de se diversifier au fil du temps. L’historien Georges Vigarello, spécialiste des représentations du corps et des pratiques corporelles, retrace cette conquête de l’individu, qui s’intéresse davantage à lui-même et cherche à accroître sa sensibilité. Petit tour d’horizon, chronologique, du plaisir.
Au Moyen âge, contrôle et pulsions

«L’Eglise exerce un contrôle considérable sur le plaisir sexuel, dénonçant notamment l’amour excessif qu’un homme peut porter à sa femme. Dangereuse pour l’homme, la passion fait de la chair un piège ou une prison. Le père saint Jérôme peut ainsi écrire : « Adultère est aussi l’amoureux trop ardent de sa femme. » Et si « rien n’est plus infâme que d’aimer son épouse comme une maîtresse », le plaisir ne doit être orienté que vers la fécondation.

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Roland Gori : « Le néolibéralisme détruit les biens communs et le lien social depuis 40 ans »

— Entretien réalisé par Lucie Fougeron de l’Humanité Dimanche —

desaffiliationAprès les attentats de novembre 2015, le psychanalyste et essayiste* revient sur la nature des groupes terroristes et pose les jalons d’une réponse à une crise de civilisation qui suppose de repenser totalement le monde.
HD. De quoi les groupes terroristes qui ont mené notamment les attentats de novembre en France se nourrissent-ils ?
ROLAND GORI*. Ils émergent de la niche écologique d’une crise de civilisation qui s’est développée dès lors que les démocraties libérales ont voulu imposer ce que Pierre Bourdieu a appelé un faux universel, c’est-à-dire une raison du monde qui repose essentiellement sur le droit et les affaires. La prétention de rétablir par la tyrannie et la terreur des valeurs intégristes en matière de religion et de famille correspond à ce que la rationalité, que j’appelle « pratico-formelle » – la raison du droit et celle des affaires –, a laissé de côté : les valeurs traditionnelles de la morale et de la religion. Elles constituent le fonds de commerce d’une propagande à même d’appâter les individus les plus « désaffiliés » de notre société.

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Mon toupet

—Par Victor Lina —

face_a_faceA voir passer ce petit oiseau volant en vitesse devant l’immense éléphant d’Afrique bien campé dans la savane, on n’a pas idée de ce que l’on va trouver dans ce recueil qui retranscrit le premier séminaire de Jacques Lacan en 1954.

En fait on ne voit rien passer du tout, c’est une image fixe qui montre l’image floue d’un oiseau incomplètement saisi en plein vol par l’objectif du photographe qui a choisi de régler la vitesse d’obturation à un niveau suffisant pour que se détache toute la majesté de cet éléphant d’allure altière et dont les pavillons sont largement déployés.

Ce que l’on trouve par contre à l’intérieur du recueil est saisissant. Et je me suis laissé aller en pensant au titre de l’album d’Eugène Mona « Face à face ».

Face à face car Lacan évoque un mythe philosophique, il s’agit de celui laborieusement construit par G.W. Friedrich Hegel en ce début du 19ième siècle. Ce mythe originel se trouve au cœur de l’ouvrage portant le titre Phénoménologie de l’esprit.

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Les inédits de Frantz Fanon

— Par Michel Herland —

Fanon Inédits« Nous sommes les uns et les autres trop éloignés de soi-même, trop à la dérive dans les choses… c’est au sein des choses, de l’objet que nous nous retrouverons. »[1]

Frantz Fanon, Écrits sur l’aliénation et la liberté. Textes inédits réunis, introduits et présentés par Jean Khalfa et Robert Young, Paris, La Découverte, 2015, 678 p., 26 €.

Tous les Fanoniens, et au-delà tous ceux qui souhaitent mieux connaître le militant exemplaire de la lutte anticoloniale, le « guerrier-silex » de Césaire[2], vont devoir se précipiter sur un ouvrage désormais indispensable. Ce gros recueil présente les diverses facettes de l’œuvre de Fanon, à l’exclusion de l’homme intime : la médecine psychiatrique, la politique et – plus inattendue – la littérature, puisque il fut aussi, pendant ses années d’étudiant, l’auteur de deux pièces de théâtre (L’œil se noie et Les Mains parallèles). Les textes rassemblés dans ces Écrits ne constituent pas toujours des « inédits » au sens strict : une thèse de médecine est « publiée » et a fortiori les actes d’un congrès médical ou des articles d’El Moudjahid.

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De mo kat pawol anlè sa kwéyol ka poté ba nou épi ich nou

— Par George HUYGHUES DES ETAGES – psychologue, auteure d’ouvrages éducatifs – (texte avec son enregistrement sur CD audio, extrait de son livre « A l’écoute de la Martinique ») —

kreyol_la-2Déjapouyonn, kwéyol sé an zouti ki ka sèvi nou pou lyennen épi anlo moun ka palé’y oliron latè : sépa selman Matnik, Gwadloup épi Giyan étila yo ka palé kwéyol, ni plis di 9 milyon moun ka palé kwéyol bokoté nou kon tel Ayti étila kwéyol sé lang ofisyel, Sentlysi, Dominik ki paka palé fwansé. Plilwen nou ni Lareynyion, Moris épi Séchel. Nou ka konpwann ki kwéyol sépa lang an réjyon Lafwans selman, sépa an lang réjyonal sé an lang ki minoritè pis pa ni anpil moun ka palè’y atè Lafwans .

Dézièm bagay : kwéyol sé an lang ki pé pewmet sé timanmay-la apwann dot lang ki ka sanblé sé mo-a ant ‘yo menm mannyè kon’y kontel langlé. Ki donk sa pé fasilité sé timanmay-la pou apwann sé lang tala –

Twazyèm bagay ki pli potalan anko pas sé pou lékilib mantal pèp-nou : kwéyol sé lang zanset-nou, lang manman nou é – ki nou lé ki nou palé – timanmay-nou ka lévé adan’y, ka benyen adan’y dépi yo fèt é sé lang tala ka pôté lespwi zanset nou, valé ek kilti pèp-nou é sé pousa fodwé pa nou kité ‘y mô (é sé pétèt pousa yo lé nou kité’y mô,pou nou blyé pasé-nou, pou nou fonn adan la « mondialisation » épi nou pèd tout nanm-nou, tousa ka fè nou ka santi nouka sanm, nou lyennen, nou soudé antnou).

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Souffrance au travail : évaluation individualisée des performances et tournant gestionnaire

travail_souffranceRetranscription : Isabelle Aubert-Baudron

Christophe Dejours, vous êtes psychiatre, titulaire de la chaire de psychanalyse santé travail au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris, vous êtes responsable de l’équipe psycho-dynamique du travail et de l’action, vos travaux portent donc sur la souffrance au travail, en cause selon vous le tournant gestionnaire des années quatre-vingt, qui a donné une emprise de plus en plus importante à l’évaluation individualisée des performances, au contrat d’objectifs, résultat un collectif atomisé, vous êtes donc parfaitement dans le thème de cette semaine.

Alors tout d’abord, Christophe Dejours, une première question,une question rituelle: à la lumière de vos travaux, dans quelle mesure assiste-t-on, selon vous à une crise du collectif, et à quelles conditions pourrait-on en sortir pour donc refaire l’histoire ?

Christophe Dejours: En une seule réponse ?

France culture : On a trente-cinq minutes.

CD: Oui, je pense que le travail est un bon analyseur de la situation. C’est effectivement dans les dernières décennies que des transformations importantes ont été introduites dans des méthodes d’organisation du travail, et que ces méthodes ont une incidence majeure justement sur la vie du collectif.

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Groupe Antillais de Recherche d’Etude et de Formation Psychanalytique (GAREFP)

Programme 2015- 2016

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G.A.R.E.F.P. Membre de l’Inter – Associatif Européen de Psychanalyse
PROGRAMME 2015-2016
Pour tout renseignement et inscription s’adresser à
Mme Josiane DESROSES
Tél. 05 96 96 85 27 ou 06 96 29 41 66
Mme Marie-Line LOUISE-JULIE
Tél. 06 96 36 69 56
Nous vous présentons le programme du G.A.R.E.F.P. pour l’année 2015 – 2016.
Nous vous rappelons que le travail au G.A.R.E.F.P. peut se faire sous différentes modalités.
En tant que membre.
En tant que participant.
Les groupes sont donc ouverts aux cliniciens, psychanalystes ou non, et à toute personne intéressée par la psychanalyse.
Pour les membres, la cotisation est de 35 euros par mois.
Pour les participants, elle est de 20 euros par mois.
Pour le groupe d’analyse des pratiques, la participation est de 20e par personne et par séance.
Toutes nos réunions se tiennent N°82, ancienne route de Schœlcher (cf. panneau Médecin)
Certains groupes de travail débute l’année par une Réunion Inter Groupe destinée à l’ensemble des membres et des participants, dont la visée est de présenter le travail de l’année précédente et d’en débattre.

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Risques psychosociaux au travail. Comment faire face? Quels indicateurs pour les repérer?

Mardi 15/09 de 8h à 16 h. A la Mutualité, bd du Gal De Gaulle. Fort-de-France.

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La souffrance au travail peut sévir partout : dans les entreprises privées, les associations, les Collectivités, les Administrations. Ce fléau nuit au travail et détruit la santé des victimes. Apprendre à en repérer les mécanismes, définir des stratégies de prévention, d’accompagnement des victimes, de remédiation, s’armer pour lutter contre ce mal, c’est l’objectif de ce séminaire. Aux cotés des travailleurs-euses sur ce grave sujet, la CDMT remercie ses partenaires et vous attend.

Sortir de la souffrance au travail

— Par Christophe Dejours —

La discordance s’accroît, en France, entre la souffrance qui continue de s’aggraver dans le monde du travail et le débat qui s’intensifie dans l’espace public cependant que des mouvements de protestation se manifestent de plus en plus bruyamment dans la cité. Cette discordance pose des problèmes sérieux à ceux qui sont préoccupés par l’action en vue d’expérimenter de nouvelles méthodes d’organisation du travail.

Des solutions existent en effet, mais elles se heurtent à des obstacles dont l’analyse est indispensable avant d’ appeler à quelque action que ce soit.

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« Resterez-vous sourd à cette détresse humaine qui hurle à nos oreilles… »

— Yolène de Vassoigne, présidente de l’Association Equinoxe ___

le_cri_esquisse-2« Lettre ouverte au Maire de la Ville de Fort-de-France, à tous les élus de la Martinique et au peuple martiniquais

Monsieur le Maire,

J’aurais préféré m’adresser à vous dans de toutes autres circonstances, mais je tiens à vous faire part de mon indignation. Oui je suis indignée par la situation injuste faite à un usager de la psychiatrie que je connais bien puisqu’il fréquente le GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle) de Fort-de-France. Mais aussi à beaucoup d’autres que je connais et que je ne connais pas car ils vivent tous le même enfer du rejet, de l’exclusion et de l’intolérance.

Son cas interpelle particulièrement par le courage qu’il a manifesté ces dernières années dans son combat contre la drogue, par ses efforts colossaux pour s’en sortir. Avec l’aide du GEM il est devenu quelqu’un d’autre, enfin lui-même. Artiste plasticien, nous lui avions accordé une place particulière lors des Journées Portes Ouvertes du GEM en Juin dernier et il eut la fierté de faire l’objet d’un article publié dans le quotidien local (article partagé juste après).

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Lacan sur grand écran

— Par Yann Diener psychanalyste —
trois_souvenirs_de_ma_jeuneDans le film d’Arnaud Desplechin, Trois souvenirs de ma jeunesse, Lacan est présent en filigrane, intégré à la matière même de l’oeuvre.

«Les procès faits ces temps-ci à la psychanalyse sont un mouvement réactionnaire, l’époque est réactionnaire». Ça n’est pas un psychanalyste qui a fait cette déclaration, c’est un cinéaste, en l’occurrence Arnaud Desplechin.
Desplechin affirme que la psychanalyse est pour lui une matière familière. Ce qui se confirme dans son dernier film, Trois souvenirs de ma jeunesse : Jacques Lacan en est un des personnages principaux. Le réalisateur freudophile n’a pas eu besoin de demander à un acteur d’incarner le génial psychanalyste français, d’imiter son phrasé théâtral et de revêtir ses costumes super seventies – difficile d’imiter le Lacan qui crève l’écran dans Télévision, filmé par Benoît Jacquot en 1973 (il y prophétise la montée des exactions déguisées en humanitairerie).

Dans Trois souvenirs de ma jeunesse, Lacan est là en filigrane, intégré à la matière même du film. Il y a déjà la récurrence de cette photo de l’analyste baroque en train de fumer son cigare tordu.

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Le plaisir au féminin

Adeline Fleury, ancienne collaboratrice au JDD, fait l’éloge de la jouissance féminine.

jouissance-400La jouissance féminine, « vaste programme » aurait dit le général de Gaulle, qui n’a pas toujours été le « bonnet de nuit » qu’on imagine. Le Petit Éloge que lui consacre Adeline Fleury est un livre courageux (l’auteure s’y expose), argumenté (elle s’y confronte aux grands textes), écrit avec finesse et audace. Elle y avoue avoir attendu ses 35 ans pour découvrir la plénitude sexuelle, cette jouissance à propos de laquelle le philosophe Jean-Luc Nancy écrit : « Jouir, c’est s’échapper à soi-même. » Le point crucial concerne moins le caractère tardif de cette métamorphose que l’émerveillement généré par cette révolution.

Le livre suit un double chemin : 1/Adèle raconte sans détour cet épanouissement, du premier émoi quand la main de « l’homme électrochoc » se pose sur son jean jusqu’aux ardeurs les plus extrêmes ; 2/Adeline s’interroge : d’où vient l’effroi qui peut tenir en lisière la jouissance féminine, et qui fit passer les femmes pour des sorcières, des hystériques, des épileptiques?

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Violence et délinquance des jeunes en Martinique

— Par George Huygues des Étages, psychologue et auteure d’ouvrages éducatifs —
a_lecoute_de_la_martiniqueCi-après, quelques extraits de mon livre « A l’écoute de la Martinique » qui, sans vouloir ni cautionner ni exonérer, peuvent apporter des pistes d’explications aux comportements délictueux de certains jeunes adultes à l’encontre des gendarmes, de la police et même des pompiers, corps de métiers à leurs yeux disqualifiés (« bavures policières », »justice considérée comme injuste ») qui représentent confusément pour eux un Etat, des lois, un ordre, un système (responsables de l’esclavage, du colonialisme, de la gestion néo-coloniale, des « magouilles », du « deux poids deux mesures » et du « filon »-copinage selon eux institutionnalisés, de la « crise »et de leur précarité) qu’ils récusent et contre lesquels ils se rebellent de façon certes maladroite car n’ont à leur disposition ni éducation, ni instruction, ni formation politique, ni projet collectif mobilisateur leur laissant entrevoir une amélioration de leur situation.
« La genèse de la violence des jeunes se trouve peut-être dans cette lucidité nouvelle (et douloureuse dans son impuissance à influer sur la réalité) de cette génération, largement informée par les media des « affaires », des abus et exactions commis par certains adultes détenteurs du pouvoir, de l’autorité, de la notoriété.

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L’ambivalence de la mère

ambivalence-400Qu’est-ce que l’ambivalence ? Qu’est-ce qu’une mère ? Être mère consiste en partie à dissocier les registres du sexuel et du maternel à l’endroit de l’enfant. L’ambivalence maternelle n’est pas un accident de la relation de la mère à l’enfant mais une nécessité structurante dont le manque induit lui-même une pathologie. La démarche clinique ne vise donc pas à « supprimer » l’ambivalence mais à en permettre une certaine reconnaissance, élaboration qui ferait qu’elle s’exerce de façon structurante pour la mère et l’enfant. L’ambivalence s’avérera « négative » ou « positive », ou encore la haine sera destructrice et mortifère, ou vitale et structurante. Cette haine, l’auteur en suppose l’origine du côté de la mère et non du côté de l’enfant. À partir de là, se pose la question de savoir ce qui se noue psychiquement dans la relation d’une mère à son enfant et qui verra cette haine originaire se résoudre soit en haine vitale, c’est-à-dire se symboliser en amour maternel, soit en haine pathologique, c’est-à-dire évoluer dans le registre de l’abandon ou de l’infanticide comme des faits divers tragiques nous le rappellent régulièrement.

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Quand la valeur marchande écrase tout

Il y a un lien direct entre la logique de la globalisation et la souffrance psychique

souffrance_psy—Par Marie-Jean Sauret, psychanalyste —
Comment ne pas se révolter devant les commentaires qui, émission après émission, article après article, affirment que l’austérité sauve l’Europe de la faillite ? Quand bien même cela serait vrai, ne convient-il pas de mentionner le nombre de victimes dont le capitalisme et le capitalisme aggravé par celle-ci sont responsables ? Comment faire confiance en un système qui sait que la principale source de richesse d’une société est sa population, mais qui prélève ses bénéfices ou économise en période difficile sur les besoins fondamentaux que sont la santé, le logement et le travail, et ce, pour enrichir les nantis et les corrompus ? Les affaires d’évasions fiscales légalement organisées à partir du Luxembourg par Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne chargée d’y mettre un terme (!), ou de la quatrième banque mondiale, HSBC, dont le profit warning du 8 février 2007 (relèvement de ses provisions pour créances douteuses (!)

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Le S.M.P.R. vous dit « Merci »

Le Personnel mobilisé du Service Médico-Psychologique Régional de Ducos (Martinique):

Notre tâche depuis 1996 est d’assurer une mission de service public, en prodiguant des soins curatifs et préventifs ; en offrant une aide et un cadre à visée thérapeutique aux personnes incarcérées. Pour ce faire, nous nous sommes formés, avons appris à travailler pour octroyer aux personnes incarcérées, quelles qu’en soient les raisons, la même disponibilité à l’écoute à laquelle tout humain a droit dans cette société.

Merci, d’avoir apporté et d’apporter votre soutien à …

…l’existence d’un service pluridisciplinaire offrant aux personnes détenues : soutien psychologique et cheminement thérapeutique, soins infirmiers et traitements psychiatriques, par la promotion d’une exigence comprenant :
-l’écoute, et le respect de la personne
-des actions en faveur de la prévention et de la responsabilisation
-des actions en faveur de la préparation à la réinsertion à la vie dans notre société

Nous personnels de l’ex-hôpital Colson (Infirmiers, Assistante Sociale, Psychologues) travaillant dans le service du SMPR (Service Médico-Psychologique Régional) déplorons le fait d’avoir, après un préavis de 5 jours, été contraint de nous mettre en grève pour nous faire entendre.

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