Catégorie : Arts de la scène

Miriam Makeba : musique et engagement

🎬 🎥 📽️ Mama Africa : Miriam Makeba, un film de Mika Kaurismäki 19h00 |📍 Fort-de-France – Théâtre du Lycée Schœlcher

— Par Sabrina Solar —

Mama Africa est un documentaire réalisé par Mika Kaurismäki, consacré à la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba. Le film retrace son parcours artistique et personnel sur plusieurs décennies, en s’appuyant sur des images d’archives, des extraits de concerts et des témoignages de proches, de collaborateurs et de musiciens.

Née en 1932 à Johannesburg, Miriam Makeba grandit dans un contexte marqué par des difficultés économiques et par la mise en place progressive du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Elle commence à chanter au début des années 1950, notamment avec les Cuban Brothers puis au sein des Manhattan Brothers, où elle acquiert une première reconnaissance. Sa participation au film Come Back, Africa, qui dénonce les conditions de vie sous l’apartheid, entraîne des conséquences immédiates : en 1959, alors qu’elle se trouve à l’étranger, les autorités sud-africaines lui interdisent de rentrer dans son pays. Cet exil forcé marque un tournant durable dans sa vie.

Installée d’abord aux États-Unis avec l’aide de Harry Belafonte, elle développe une carrière internationale.

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Festival Ciné-Communes : programme de la 2ème édition

Du 6 au 23 mai en communes en Martinique

Pour sa seconde édition, le festival Ciné Communes, initié par l’association Protea, poursuit une ambition forte : créer un dialogue vivant entre le cinéma et la mémoire. Baptisée « Ciné Mémoires », cette nouvelle programmation invite à explorer les récits qui construisent notre héritage commun et éclairent notre réalité contemporaine.

À travers une sélection engagée, deux grandes thématiques se dessinent. La première met à l’honneur des documentaires consacrés à des figures marquantes de la littérature martiniquaise, qu’elles soient célèbres ou plus discrètes, comme Loïc Léry, Joseph Zobel ou encore Mayotte Capécia. Leurs parcours et leurs œuvres offrent un regard précieux sur les dimensions sociales, culturelles et humaines du territoire. La seconde thématique propose une réflexion autour de l’esclavage et du colonialisme, à travers des films puissants tels que « Solitude, une figure de la liberté », « Mary Prince, récit autobiographique d’une esclave antillaise » ou « Le Sucre, pour la douceur et pour le pire », qui interrogent les traces laissées par ces systèmes et leurs échos dans le monde actuel.

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« Harriet Tubman – Passeuse de l’ombre », texte Penda Diouf, m.e.s. François Ebouélé

Mercredi 6 mai à 19h30 | Jeudi 7 mai à 9h30 | Tropiques-Atrium
Harriet Tubman, une héroïne afro-américaine trop longtemps restée dans l’ombre.

Née esclave dans le Maryland, au sud des États-Unis, Harriet Tubman parvient à s’échapper une nuit grâce à une intelligence vive et une ténacité hors du commun. Elle rejoint le Nord abolitionniste et s’installe en Pennsylvanie. Mais loin de se contenter de sa liberté, elle retourne à de nombreuses reprises dans le Sud pour libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves, au péril de sa vie.

Lorsque éclate la guerre de Sécession, elle s’engage auprès des forces de l’Union. D’abord cuisinière, elle devient rapidement éclaireuse, espionne et infirmière. Son courage et ses compétences la conduisent à entrer dans l’histoire : elle est la première femme à diriger une expédition militaire, menant une opération audacieuse à bord de trois bateaux à vapeur qui permet de libérer, en une seule nuit, 750 esclaves en Caroline du Sud.

À la fin de la guerre en 1865, l’esclavage est aboli, mais laisse place à un régime ségrégationniste durable. Harriet Tubman poursuit alors son combat en se consacrant à la défense des droits des femmes et à la lutte contre le racisme systémique.

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Lettre ouverte à la ministre de la Culture pour le maintien des aides au spectacle vivant

Sur l’initiative de plusieurs organisations professionnelles et de personnalités du monde de la culture, des centaines de personnes demandent le maintien des aides au spectacle victimes de la politique austéritaire du gouvernement.

Madame la Ministre,

Nous sommes des professionnels du théâtre et du spectacle vivant. Chaque jour, nous faisons vivre la culture sur l’ensemble des territoires, dans de grandes comme de petites salles, partout avec la même exigence artistique. Chaque jour, nous sommes au contact de toutes les populations, sans distinction d’âge ni de milieu social. À la campagne comme en ville, dans les festivals comme sur l’ensemble des territoires, nous avons la chance d’offrir à nos publics une diversité de création unique.

Mais à quelques semaines du début du festival d’Avignon, nous sommes contraint·es de sonner l’alerte quant aux baisses drastiques qu’a subi le fonds d’aide à l’emploi pérenne, le FONPEPS, si indispensable pour nos secteurs.

Une fois de plus, ce sont les artistes qui vont particulièrement pâtir de la situation. Nous nous alarmons particulièrement, Madame la Ministre, de la fragilisation du dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique pour les salles de petite jauge (APAJ) qui a été réduit de moitié par un décret pris le 30 décembre dernier en catimini, sans aucune concertation.

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Kannari ! Ou « Moun isi, la suite… « , une comédie d’Hervé Deluge

Mercredi 6 mai 2026 – 15h et 20h – Grand Carbet Parc Aimé Césaire – FDF

— Par Rodolf Étienne —

(Reprise d’un article publié le 13/11/24)

Un Vendredi sur deux chez la famille Mounici, la coutume veut que l’on mange tous ensemble. Manman, ses fils, sa fille et ses belles filles. Ce vendredi est particulier car la famille va recevoir quelques invités. Hautement professionnel pour Louis Philippe, familial pour Lyas. Trois invités étrangers au reste de la famille… Une soirée toute en tensions, attisée par la petite dernière, Léonie qui se veut rebelle et non conventionnelle. Madame Mounisi « poto mitan de la famille » risque d’avoir bien du mal à passer une soirée ou tout devient « mutation » au sein de cette famille martiniquaise. Voilà pour un aperçu de l’histoire. Hervé Deluge, le metteur-en-scène explique que c’est « le succès fulgurant du spectacle « Moun Isi », variation créole tiré de la pièce de théâtre de Bacri-Jaoui « un air de famille » qui a vu huit représentations à guichet fermé à La salle Marcé de Saint Joseph, et deux au grand Carbet du Parc floral Aimée Césaire, à Fort-de-France, soit plus de 3 000 spectateurs en un mois, l’accueil de ce spectacle et la reconnaissance du public qui le soutient, tant pour la distribution que pour les auteurs », qui lui ont donné l’envie, comme une continuité demandée par la troupe et par le public, de créer un deuxième volet de l’histoire de cette famille.

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🎬 « Muganga, celui qui soigne »🎥 Film de Marie-Hélène Roux

📅Dimanche 3 mai ⏰ 18h 📍 Paillote du bourg, Les Ansesd’Arlet

Avec : Isaach De Bankolé | Vincent Macaigne | Manon Bresch | Babetida Sadjo | Déborah Lukumuena | France, Belgique – 2023 – 1h45 | Drame
📖 Synopsis :
Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la Paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec le chirurgien belge Guy Cadière redonnera un souffle nouveau à son engagement.

La presse en parle : 🙂 👿 
Le Figaro par Olivier Delcroix
Un film coup de poing.

Positif par Jean-Jacques Manzanera
Une aventure humaine bouleversante.

20 Minutes par Caroline Vié
Isaach de Bankolé est éblouissant dans la peau du Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege dans ce film passionnant récompensé à Angoulême.

Dernières Nouvelles d’Alsace par Thibault Liessi
Éprouvant mais nécessaire.

Femme Actuelle par La Rédaction
Dès la première scène, le film prend à la gorge pour ne plus nous lâcher.

Franceinfo Culture par Laurence Houot
Le film rend hommage au courage du docteur Mukwege et des femmes qu’il soigne, qu’il répare, jour après jour, année après année, dans l’espoir qu’un jour cesse enfin dans son pays ce qu’il appelle la « guerre sur le corps des femmes ».

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« Juste une illusion », un film d’Olivier Nakache & Eric Toledano

Lundi 1er mai à 1915 & 21h45 à  Madiana et jusqu’au 7 mai
Avec : Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin |Comédie dramatique | 1h 56min
Synopsis
Tout public
Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.
Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”
La presse en parle :
Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
L’une des meilleures comédies françaises de ces dernières années, et sans doute la plus accomplie de la filmographie des deux cinéastes amis.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet
Toledano et Nakache y ont glissé une large part d’autobiographie, et cela se sent : le film a du vécu.

Le Parisien par Catherine Balle
Le long-métrage raconte aussi, avec une infinie tendresse et beaucoup d’humour, les montagnes russes, la fougue et les vertiges de l’adolescence.

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« In the Mood for Love », un film de Wong Kar-Wai

Jeudi 30 avril à 19h Médiathèque des Pitons du Nord Le Carbet ★★★★★

Avec Tony Leung Chiu Wai, Maggie Cheung, Rebecca Pan
Nationalités Français, Hong-Kongais

Synopsis :

20 ans après, redécouvrez au cinéma le film romantique ultime, dans une copie restaurée 4K exceptionnelle… Hong Kong, 1962. Mme Chan loue une chambre chez Mme Suen. Le même jour et sur le même palier, s’installe M. Chow. Leurs conjoints sont souvent absents. Un jour, M. Chow et Mme Chan découvrent que leurs époux sont amants. Blessés, ils se fréquentent alors de plus en plus et développent eux aussi une liaison…

La presse en parle :

Madinin’Art par R.S. :
A voir et à revoir sans cesse : un chef d’œuvre absolu

Aden par Philippe Piazzo
L’histoire d’un frisson à l’écoute d’une mélodie. Une sensation très physique d’être perdu en terrain connu. Un instant d’éternité.

Chronic’art.com par Grégoire Bénabent
(…) derrière cette variation sur le thème éternel du rendez-vous manqué se cache un mélo aux allures expérimentales dont la construction abstraite et sophistiquée n’est pas -bien au contraire- ennemie des larmes.

L’Humanité par Jean Roy
Sublimement, Wong Kar-Wai brasse le meilleur du cinéma mondial, européen comme d’Extrême-Orient, renonçant aux expérimentations formelles de ses derniers titres pour retrouver le classicisme charnel de ses débuts.

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« Michael Jackson, l’envers d’une légende », un documentaire de Sophie Fuller (58mn x3)

Disponible jusqu’au 23/11/2026 

De l’enfant prodige à l’icône mondiale, cette série inédite en 3 épisodes explore le génie, les controverses et les tragédies qui ont façonné la légende de Michael Jackson. Diffusée à l’occasion de la sortie cinéma du très attendue biopic qui lui est consacré, elle offre un éclairage inédit sur le parcours hors norme du Roi de la pop.

Episode 1 : L’enfant prodige
Disponible jusqu’au 23/11/2026
Cet épisode retrace l’ascension de Michael Jackson, de l’enfant prodige à l’icône mondiale, grâce aux témoignages de ses proches, dont celui de sa sœur La Toya. Des Jackson Five à ses débuts en solo, on découvre une enfance sous pression, marquée par l’autorité de son père Joseph Jackson et les premières fêlures derrière l’image parfaite. The Wiz marque un tournant : Michael s’émancipe, rencontre Quincy Jones et enregistre Off the Wall. Mais le succès fragilise encore les liens familiaux et le pousse à chercher refuge auprès des Témoins de Jéhovah. Avec Thriller, il devient une superstar mondiale, mais la célébrité l’isole. Après l’accident du tournage Pepsi, ses proches décrivent un artiste de plus en plus solitaire, obsédé par son image et rattrapé par les rumeurs.

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« L’Avare » de Clément Poirée, un grand moment de théâtre

La peste soit de l’avarice et des avaricieux

— Par Selim Lander —

Le public de Fort-de-France qui avait rempli la grande salle de l’Atrium vendredi 24 avril n’a pas été déçu. Il y a longtemps, en effet, que l’on n’avait pas eu l’occasion d’assister ici à un mise en scène aussi moderne, dans un décor a priori déroutant mais qui en l’occurrence est dicté par l’intention de départ de cette mise en scène : ajouter un prologue qui joue avec l’idée d’avarice, en demandant au public d’apporter des oripeaux, des papiers de diverses sortes pour aider Harpagon à vêtir sa famille et sa domesticité, lesquelles, comme de juste, se présentent en « petite tenue » au début de la pièce, pendant que des couturiers/couturières s’activent à confectionner les costumes dans des cages grillagées. Des cages qui peuvent avoir d’autres usages et qui se déplacent pour composer autrement le décor. Les murs du plateau sont entièrement nus, pas le moindre pendrillon, une grande table poussée à jardin porte diverses boissons et victuailles permettant aux comédiens qui en éprouveraient le besoin de se restaurer au cours de cette représentation qui s’étire sur trois heures d’horloge.

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« Sur les pas de Victor Hugo » : fragments d’une vie et d’une œuvre

Sur les pas de Victor Hugo
De Estelle Andrea
Mise en scène : Estelle Andrea, Magali Paliès
Avec : Estelle Andrea, Oscar Clark, Julien Clément, Magali Paliès

Ce samedi 25 avril la salle du Théâtre Aimé Césaire  à Fort-de-France, qui était bien remplie, a réservé un accueil chaleureux et mérité à la Cie Coïncidences Vocales pour son retour en Martinique. Après avoir été  Sur les pas de Léonard de Vinci, elle est cette fois-ci sur  ceux de Victor Hugo.

Le spectacle s’ouvre sur une série de citations projetées qui introduisent la pensée et l’œuvre de Victor Hugo, avant de situer le contexte historique. L’action prend place après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, événement qui contraint l’écrivain à l’exil en raison de ses prises de position politiques. Après un passage par Jersey, Hugo s’installe à Guernesey en 1855, point de départ du récit proposé sur scène.

À son arrivée sur l’île, Hugo est confronté à une difficulté concrète : la disparition de la malle contenant ses manuscrits. Cette attente devient un fil dramatique, tant ces documents représentent l’essentiel de son travail en cours, notamment les premières pages de ce qui deviendra Les Misérables.

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« Mwa Siléma Lakarayib « 

Jusqu’au 20 mai de 13h30 à 17h30 | Faculté Jean Bernabé

La Faculté Jean Bernabé vous invite à découvrir le 🎬, un cycle de projections, gratuit et ouvert à tous, consacré aux cinémas de la Caraïbe et de l’océan Indien.

Organisé avec la participation des étudiants de la licence Créole, ce rendez-vous sera l’occasion de découvrir des œuvres cinématographiques issues de la Caraïbe et de l’océan Indien et d’échanger autour des thématiques abordées.

Tous les mercredis
Du 25 mars au 20 mai 2026

📅Mercredi 29 avril
⏰ 13h30 – 17h30
📍  Salle 10 – Faculté Jean Bernabé

⏰ 13h30
🎬 🎥 📽️ 🎞️Haïti : le profit et rien d’autre
Film documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck, 2001, durée 57
minutes
Synopsis : »Le capital a gagné », affirme ironiquement Raoul Peck au début de son film. Le profit et rien d’autre ! À la fois réalisateur et penseur politique, cet ancien ministre de la culture haïtien livre un essai politique en analysant l’économie et la réalité haïtienne face aux déclarations utopiques du nouvel ordre mondial.

⏰ 15h30
🎬 🎥L’heure de nous-mêmes à sonné
Film documentaire de Chantal Defontaine, 2017, durée 57 minutes Synopsis : documentaire retraçant la formidable et féconde expérience menée par Aimé Césaire à Fort-de-France aux débuts des années 1970.

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« Matrices », texte & m.e.s. Daniely Francisque

Mercredi 29 avril – 19h30  (Complet) | Jeudi 30 avril – 9h30 | Tropiques-Atrium

Texte et mise en scène : Daniely Francisque Avec Mylène Wagram, Karine Pédurand, Nelson-Rafaëll Madel et Cindy Vincent

Matrices est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Daniely Francisque, autrice et comédienne martiniquaise, connue et reconnue. Le texte, dit en français et en créole martiniquais, est porté sur scène par quatre interprètes : Mylène Wagram, Karine Pédurand, Nelson-Rafaëll Madel et Cindy Vincent.

Un récit fragmenté à travers quatre figures

Le spectacle suit le parcours d’une femme qui remonte le fil de sa propre histoire pour en démêler les blessures, les silences et les héritages. Trois figures la composent successivement : une Fille, déracinée dans une cité de banlieue parisienne, élevée dans une famille marquée par l’absence et la violence ; une Femme, de retour en Martinique, prise dans une relation de couple où la violence conjugale fait écho à une violence bien plus ancienne ; une Dame, enfin, figure d’ancêtre en connexion avec la nature et le cosmos, qui tente de dénouer ce qui, de génération en génération, continue d’habiter et d’abîmer les corps.

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« Nuestra Tierra », un film de Lucrecia Martel

📅Mardi 4 mai14h 📍Madiana

Documentaire |Argentine, U.S.A., Mexique, France, Pays-Bas, Danemark | 2026 | 2h03 | VOSTFR |
Synopsis :
Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d’expulser les membres de la communauté autochtone Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d’impunité et des siècles d’histoire coloniale, le procès s’ouvre.

La presse en parle :
Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Par sa relecture engagée du roman national argentin, la critique de son révisionnisme, Nuestra Tierra est un acte politique de réappropriation et de réparation, de lutte pour la vérité et la justice. Un acte nourri par les récits intérieurs, présents et mémoriels des Chuschagastas.

L’Humanité par Samuel Gleyze-Esteban
Filmant une petite communauté autochtone du nord de l’Argentine en lutte pour le droit à habiter ses terres, Lucrecia Martel signe un film de survie où se lisent toutes les disparitions générées par le capitalisme. Un documentaire majeur.

Les Fiches du Cinéma par Thomas Fouet
À partir du récit du procès, en Argentine, de trois propriétaires blancs, accusés notamment du meurtre du membre d’une communauté autochtone, Lucrecia Martel met au jour les méthodes et récits coloniaux avec une clarté et une éthique qui forcent le respect.

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« La corde au cou » : autopsie d’un désespoir à l’ère du spectacle

À Madiana jusqu’au 7 mai à 19h

— Par Sarha Fauré —

Avec La corde au cou, Gus Van Sant signe un retour à la fois attendu et déroutant, prolongeant une œuvre profondément habitée par les marges et les figures de la rupture. Dans la lignée de Elephant, Prête à tout ou encore Harvey Milk, le cinéaste puise dans un fait divers réel pour mieux ausculter les fractures d’une société américaine fascinée par ses propres débordements.

Le récit s’ancre dans l’affaire Tony Kiritsis, dont l’acte désespéré — l’enlèvement du fils d’un courtier qu’il tient pour responsable de sa ruine — devient sous l’œil de Van Sant un prisme à travers lequel observer la fabrication du spectacle médiatique. À mesure que la prise d’otage se déploie, le film élargit son champ, embrassant policiers débordés, journalistes opportunistes et opinion publique captivée. L’intervention d’un animateur radio charismatique, incarné avec intensité par Colman Domingo, parachève cette mutation du drame intime en événement national.

La grande réussite formelle du film tient à son dispositif visuel hybride. Fidèle à son goût pour une matière cinématographique organique, Van Sant mêle images retravaillées, fausses archives, photographies argentiques et captations vidéo, recréant avec une précision troublante la texture des années 1970.

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Recycler Molière : promesse et limites d’un Avare participatif

— Par Sabrina Solar —

Imaginée comme une expérience à la fois théâtrale, collective et écologique, cette relecture de L’Avare de Molière s’appuie sur un dispositif singulier : chaque représentation se construit à partir d’objets apportés par le public. Vêtements délaissés, accessoires insolites, fragments du quotidien deviennent ainsi la matière première d’un spectacle en perpétuelle recomposition. Le geste n’a rien d’anecdotique. Il inscrit d’emblée la proposition dans une réflexion contemporaine sur le réemploi, la valeur des choses et la transformation du rebut en ressource, tout en faisant écho, de manière presque littérale, à l’obsession de l’accumulation qui définit Harpagon.

Dès l’ouverture, le plateau apparaît comme un espace en friche : quelques structures de rangement, des bacs de tri, et cette masse d’objets encore inertes. Très vite, comédiennes et comédiens s’en emparent, fouillent, commentent, expérimentent. Ce moment liminaire, où il s’agit presque de “s’habiller pour exister”, donne à voir un théâtre en train de se faire, dans une forme de nudité revendiquée. À leurs côtés, les techniciens — habituellement relégués dans l’ombre — occupent ici une place centrale. Création sonore à partir d’objets détournés, élaboration de silhouettes à la volée, ajustements lumière visibles : tout concourt à faire de cette fabrication en direct un spectacle en soi.

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Festival Lézard Ti Show 2026 : l’art vivant au cœur de la Martinique

Du 25 au 26 avril 2026 | Le Carbet | Voir le programme

La commune du Carbet, en Martinique, accueillera la 15ᵉ édition du festival Lézard Ti Show, un rendez-vous désormais incontournable des arts de rue et du cirque dans la Caraïbe. Pendant une semaine, ce festival transforme les espaces publics en véritables scènes à ciel ouvert, offrant au public une immersion artistique unique, libre et gratuite.

Depuis sa création en 2010, le Lézard Ti Show porte une ambition forte : rendre l’art accessible à tous en l’inscrivant directement dans le quotidien. Rues, places et paysages du littoral deviennent ainsi des lieux de rencontres entre artistes, habitants et visiteurs, dans une atmosphère conviviale et ouverte.

Une édition 2026 ambitieuse et fédératrice

Pour cette édition anniversaire, le festival confirme son développement avec un format étendu sur une semaine complète. En amont, un prologue dédié aux scolaires et aux actions culturelles vient renforcer son engagement en faveur de la transmission et de l’éducation artistique.

Au total, plus de 50 spectacles gratuits seront proposés, portés par une trentaine de compagnies venues de Martinique, de la Caraïbe et de l’international.

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« Sur les pas de Victor Hugo », spectacle visuel et musical

Du 23 au 25 avril au T.A.C. à Fort-de-France

— Par Selim Lander —

Le Théâtre Municipal de Fort-de-France offre à son public un spectacle imaginé par Estelle Andréa (texte et musique) pour le plaisir des yeux et des oreilles. Pour les yeux avec les nombreux changements de décor et de costumes ; pour les oreilles avec les chansons accompagnées tantôt par une musique enregistrée, tantôt par un violon et une guitare sur le plateau. Ils sont quatre comédiens-musiciens, deux femmes (Estelle Andréa et Magali Paliès, toutes les deux également à la mise en scène) et deux hommes (Oscar Clark et Julien Clément).

La pièce raconte en une série de tableaux des faits saillants de la carrière de Victor Hugo comme poète et romancier (le dramaturge est oublié). Cela commence par l’exil à Guernesey, ce qui est l’occasion de rappeler les convictions républicaines d’Hugo, puis par des évocations de ses principaux romans, Notre-Dame de Paris et Les Misérables (la première photo). D’autres scènes sont situées sur un quai et dans un cabaret de Guernesey (photo n°2), dans la maison et dans le jardin d’Hauteville House, la maison de la famille Hugo à Guernesey toujours (1), devant le Fontaine Médicis à Paris, dans une carrière évoquant, nous a-t-il semblé, le bagne.

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« Soumsoum, la nuit des astres », un film de Mahamat-Saleh Haroun

Mardi 5 mai – 14h ★★★★
Sous les astres, la révolte des invisibles

— Par Hélène Lemoine—

Avec Soumsoum, la nuit des astres, Mahamat-Saleh Haroun poursuit le virage amorcé avec Lingui, les liens sacrés et signe une œuvre d’une grande tenue esthétique et morale, à la croisée du réalisme et d’un fantastique discret. Tourné dans les paysages grandioses du plateau de l’Ennedi, le film déploie un univers où la beauté minérale du désert dialogue avec les tensions sociales et spirituelles qui traversent les communautés tchadiennes.

Le récit s’attache à Kellou, adolescente marginalisée, marquée par une naissance entourée de croyances ambivalentes. Considérée comme porteuse de malheur, elle incarne la figure du bouc émissaire, rejetée par les siens dans un environnement dominé par la peur de la différence. Sa rencontre avec Aya, sage-femme elle aussi ostracisée, ouvre un espace de transmission et de résistance : entre ces deux femmes se tisse une solidarité profonde, fondée autant sur l’expérience de l’exclusion que sur une forme de savoir invisible.

En s’aventurant sur le terrain du merveilleux — non comme un effet spectaculaire, mais comme une extension du réel — Haroun enrichit son cinéma d’une dimension symbolique nouvelle.

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« Le Cri des gardes », un film de Claire Denis

Madiana : Lundi 27 avril – 14h | Mardi 28 avril – 19h | Dimanche 3 mai – 19h | Mercredi 6 mai – 19h

Avec Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce
Titre original The Fence | 8 avril 2026 |
Synopsis :
Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier.
La presse en parle :
20 Minutes par Caroline Vié
Un film somptueux et radical.

Culturopoing.com par Miriem Méghaïzerou
Habituellement éclatante, la dimension charnelle est ici contenue, confirmant le talent de Claire Denis à laisser affleurer les tensions dans la confrontation des corps.

Les Inrockuptibles par Gérard Lefort
Le Cri des gardes mérite notre amour fou puisque c’est un film qui nous aime à la folie.

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L’Avare, de Molière, m.e.s. Clément Poirée

Vendredi 24 avril à 19h Tropiques-Atrium
Avec : Nelson Rafael Madel, Mathilde Auneveux, Pascal Césari, Marie Razafindrakoto, John Arnold, Virgil Leclaire, Laurent Ménoret, Anne-Elodie Sorlin
Au lieu de jeter, ramenez ce que vous n’utilisez plus pour qu’il trouve sa place sur scène !

L’histoire d’une génération qui ne veut rien lâcher au risque de nécroser celle qui vient, Molière l’a génialement racontée dans L’Avare. Pièce hilarante sur un grand vice, un désir ogresque qui confine à la folie, à la tyrannie.

Clément Poirée se risque à revisiter cette comédie « en mode radin » pour interroger ses résonances au temps de la décroissance aujourd’hui où les valeurs sont renversées. Sur scène, une troupe en slip devant des étagères vides ! Tout le monde est là, les interprètes mais aussi l’équipe artistique qui habituellement œuvre dans le secret des répétitions. Ils n’attendent que le public et… ce qu’il voudra bien leur donner. Objets, vêtements, draps, livres, papier, boîtes, bijoux, CD, craies, café soluble… tout est bon !

Un happening chaque soir différent. Une manière d’éclairer notre rapport intime à l’avarice et de mettre à nu ce qui fait la richesse d’un spectacle : une équipe à l’unisson et un public-artiste qui apporte la pièce manquante.

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Publications : 🎭 Nouveautés Théâtre Avril 2026

📘 Nos seins

Françoise Lorente
Quand Françoise apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, sa vie bascule.
Entre humour et colère, cette pièce retrace son parcours intime : rendez-vous médicaux, transformations du corps, souvenirs, accompagnement de sa compagne… jusqu’à l’apparition de Sainte Agathe de Catane.

Infos pratiques :

  • EAN : 9782336611990
  • Parution : 30/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Théâtres
  • 78 pages
  • 💶 12.00 €

📘 Quelqu’un quelque part

Natacha Astuto
Dans les lieux de passage — gares, ports, aéroports — les vies se croisent et se séparent.
Une réflexion sensible sur les rencontres, les absences et les traces laissées par les autres.

Infos pratiques :

  • EAN : 9782336603667
  • Parution : 12/03/2026
  • Format : 135 x 215 mm
  • Collection : Théâtres
  • 92 pages
  • 💶 13.00 €

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Nathalie Baye, l’élégance du jeu et une certaine idée de la vérité au cinéma s’éteint à 77 ans

La disparition de Nathalie Baye, survenue le 17 avril 2026 à Paris à l’âge de 77 ans, marque la fin d’une trajectoire exceptionnelle du cinéma français. Actrice majeure, à la fois discrète et intensément présente à l’écran, elle laisse derrière elle une œuvre riche de plus de quatre décennies et une empreinte durable dans l’histotiographie du septième art.

Une enfance libre, une vocation construite seule

Née le 6 juillet 1948 à Mainneville, dans l’Eure, au sein d’une famille d’artistes peintres bohèmes, Nathalie Baye grandit dans un environnement à la fois créatif et instable. Très tôt indépendante, elle quitte l’école à 14 ans pour se consacrer à la danse, d’abord à Monaco, puis aux États-Unis. De retour en France, elle se tourne vers le théâtre, suit les cours du cours Simon, avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont elle sort diplômée en 1972.

Les débuts avec la Nouvelle Vague et l’ascension

C’est sous l’impulsion de François Truffaut qu’elle fait ses premiers pas remarqués au cinéma dans La Nuit américaine (1973), avant de devenir l’une de ses interprètes privilégiées. Elle s’impose rapidement par un jeu naturel, spontané, et une présence singulière, faite de retenue et d’intensité.

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« Plus fort que moi », un film de Kirk Jones (II)

À Madiana✨ 🌟 ⭐ 💫

Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake
Titre original I Swear | 1 avril 2026 en salle | 2h 01min | Biopic, Drame
Synopsis
Tout public
Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d’embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.

La Presse en parle :
Bande à part par Mary Noelle Dana
L’histoire vraie, et merveilleusement bien adaptée pour le grand écran, de John Davidson, qui a contribué bien malgré lui à faire connaître le syndrome de Gilles de la Tourette. L’histoire aussi d’un corps déréglé, de filtres inexistants, et d’un ordre social qui vacille.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier
Inscrit dans la tradition du cinéma humaniste de Ken Loach, ce feel good movie doit aussi sa réussite à son formidable casting. En tête, Robert Aramayo, récompensé par un très mérité Bafta, cousin british des César.

20 Minutes par Caroline Vié
Plus fort que moi est utile parce qu’il rend le spectateur plus compréhensif face à la maladie mais il s’agit aussi d’une belle aventure humaine.

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« Pillowgraphies » : hypnotique, fantasmagorique, magique, | À voir absolument |

Samedi 11 avril à 19h30 au T.A.C. (Théâtre Aimé Césaire)

— Par Hélène Lemoine —

Pillowgraphies, conçu par la compagnie La BaZooKa, propose une exploration chorégraphique originale fondée sur le jeu d’illusion et une approche accessible de l’histoire de la danse. Imaginé par Sarah Crépin et Étienne Cuppens, il s’adresse à un public large, en particulier familial, en combinant simplicité visuelle et richesse de références.

La pièce repose sur un dispositif scénique minimal : des interprètes recouverts de draps blancs, plongés dans une lumière noire. Ce procédé efface les appuis au sol et donne l’impression que les corps flottent dans l’espace. L’illusion, volontairement rudimentaire, renvoie à une imagerie enfantine du fantôme, tout en permettant un travail précis sur le mouvement. Par de légères variations – inclinaison, rythme, posture – les danseurs parviennent à individualiser leurs présences et à suggérer des émotions, malgré l’absence de visages visibles.

La chorégraphie, élaborée en collaboration avec les interprètes, s’organise comme une suite de tableaux sans parole. Elle alterne des moments collectifs (défilés, compositions géométriques, effets de groupe) et des séquences plus individuelles où se dessinent des caractères distincts.

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