Tag Archive for Ysa de Saint-Auret

« Le marchand de Venise » : Personne n’est juste grâce à la loi

T.A.C. les 23, 24, 25 et 26 mars 2016 à19h 30

le_marchand_de_venise-1— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret. —

Le petit Théâtre Aimé Césaire ( T.A.C.) est l’écrin privilégié pour donner à cette mise en scène toute la mesure de son expression, en grâce et retenue, voulue par Pascal Faber .Sa dimension réduite force à l’épure, et l’intimité qu’il instaure entre la scène, les comédiens et les spectateurs, renforce encore la densité du propos, fait de drame et comédie à la fois.

Antonio le marchand, emprunte trois mille ducats à l’usurier juif Shylock, afin d’aider son ami qui veut conquérir la belle et riche Portia. Antonio ne pouvant rembourser la somme, Shylock exige que soit prélevé une livre de chair sur le corps de son débiteur… Une dette garantie par une livre de chair, un marché tout ordinaire pour du Shakespeare élémentaire. Si cette pièce est moins connue du public que d’autres, « Le Marchand de Venise » reste une œuvre très controversée du répertoire de Shakespeare, par les thèmes brûlants qu’elle aborde et qui posent problème aujourd’hui encore.…

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A la galerie Tout Koulé « Louise, Jeanne, Camille et les autres »

— Par Christian Antourel  & Ysa de Saint-Auret —

femme_aux_tissusClarisse Bagoé Dubosq propose un surgissement polychrome où la ligne émerge de la couleur, déjouant ainsi le piège de l’abstraction entière, à travers une œuvre spontanée. « Mes personnages se devinent et se découvrent en fonction de l’imaginaire, ces femmes de la vie, droites et fières qui avancent sans se retourner, souvent seules, souvent secrètes, toujours dignes. Elles me plaisent et l’aime les imaginer comme cela »
C’est du fond de son petit atelier, que l’on devine douillet, que l’artiste nous raconte des histoires habitées de femmes éternelles, via le langage universel de la peinture. Peut- être faut-il rechercher dans son enfance cette propension à peindre des femmes. Issue d’un milieu familial significatif, il s’y est développé une solidarité féminine très prégnante, revue dans une vision contemporaine Au fil de notre promenade picturale émergent ses personnages énigmatiques, communément étranges dans leur diversité. Son approche de la peinture est « intimiste, sans modèle, sans dessin préalable..» et passe par « une ébauche au pinceau ou au couteau de quelques lignes de composition, silhouettes, simples formes abstraites, formes surgies… d’un prétendu hasard »Dans son travail Clarisse sait évacuer les détails d’une figuration trop marquée et œuvrer par taches de couleurs, de lumière, de formes non-rationnelles.…

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« Fuck America » : entre humour et gravité

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

fuck_america-2Allemagne 1938, la famille juive allemande Bronsky se sent menacée par le nazisme et demande un visa d’émigration aux Etats Unis. La pièce commence par un échange épistolaire entre le père Bronsky et le consul des Etats Unis qui lui oppose une fin de non recevoir prétextant des quotas déjà atteints. Ce n’est qu’en 1952 que les Bronsky parviennent enfin aux States après avoir subi les pires outrages et avoir tout perdu.

Jacob le fils est un type un brin farfelu, au langage brut de décoffrage, sans la moindre fioriture et aux envies à forte inclinaison tendancieuses. Il a échappé par miracle aux rafles allemandes. Le voici sans le sous, quasi clodo dans le quartier interlope de Manhattan parmi de vieux clochards, les putes, les maquereaux. Il survit grâce à une multitude de jobs à la petite semaine. Jacob a deux obsessions écrire un roman où il pourrait raconter le ghetto, et trouver une femme de temps en temps.…

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Dominique Guesdon sous les feux de la rampe

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret.

guesdon_desordreLa création en régie lumière représente un univers à part entière. Une atmosphère, une ambiance particulière, elle signe une présence, souligne une absence. Un travail scrupuleux en perpétuelle oscillation entre la forme et l’informe conduit le spectateur dans l’univers de Guesdon, parfois sombre et dramatique, ou souriant, jouant à chat percé, mais aussi merveilleusement interrogateur et mystérieux. Sa lumière supporte la pièce, l’introduit dans l’amplitude nécessaire aux mises en scène de talent.

L’éclairage ne s’improvise pas : l’exercice de style est impressionnant et réclame souvent une fécondité créative sous une maitrise technique avérée offrant toute une gamme de mouvements  des plus simples. Jouant des clairs obscurs ou soudainement plus complexes, propulsant le comédien le danseur sous des sunlights obéissants, sous des dehors débridés. Malgré les changements incessants d’ambiance de couleurs, malgré la musique par fois très présente, le contenu de l’espace scénique tient la route reste moderne et surtout lumineux.…

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Les fables de La Fontaine : « Un théâtre exigeant et festif »

10 , 11 & 12 decembre 2015 à 19h 30 au T.A.C.

les_fables_de_la_fontaine-3—Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

Un dessin animé vif et alerte comme l’éclair et ses bulles éclatées d’humour décalé. Une cacophonie circassienne comme on les aime, où l’on cherche encore qui de la tortue, d’un lièvre italien de la cigale, de la fourmi, de la souris, ou du rat, d’un coq texan, ou de l’âne, ces animaux vedettes des fables, est le Monsieur Loyal, le clown triste, le clown blanc ou encore le clown chef d’orchestre. Et pourtant ils tiennent chacun leur rôle, leur place et leurs limites.

Si l’énergie qui nous éclabousse, déborde notre étonnement, notre ravissement couleurs carnaval et de feu d’artifice, c’est parce que c’est bien ainsi que Monsieur de La Fontaine l’a voulue, et que William Mesguich nous la rend intacte dans l’esprit et croyez le dans la forme, juste métissée des facéties et des fantaisies d’un théâtre d’aujourd’hui.…

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« Femmes du monde » de Titouan Lamazou : une saison sur la terre

Habitation Saint- Etienne jusqu’au 31 décembre 2015.

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

titouan_lamazou_peintreCélèbre navigateur, champion du monde au large 1986-1990 et vainqueur du 1er Vendée Globe. Né sous le signe du nomade, il sillonne le globe depuis sa jeunesse. Curieux dans l’âme, Titouan Lamazou est avant tout un artiste et un voyageur, qui a publié de nombreux ouvrages et exposé dans le monde entier mais jamais encore aux caraïbes.

Même si certains restent nostalgiques de la compagnie du fringant jeune homme d’alors, sa vivacité primesautière et avec elle l’insolence de la jeunesse s’est estompée. Mais la maturité n’empêche pas ce charme indéfinissable unique dans son regard intense. A l’écoute des envies nouvelles, ses anciennes obsessions mettent le cap sur une mémoire vivace : tous ces dessins saisis entre deux départs pour l’ailleurs « Femmes du monde » mais pas seulement, Dans ses carnets de voyage restitués dans de véritables tableaux aux couleurs locales chaudes.…

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Créon le pouvoir, Antigone la révolte

Séance supplémentaire le Dimanche 18 Octobre – 14h Salle Aimé Césaire du Tropiques-Atrium

antigone2— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

L’intrigue de la pièce s’enracine dans un autre feuilleton la guerre qui passe et d’antiques orgueils et théories politico-religieuses. Créon, roi de Thèbes décrète que Polynice qu’il considère comme traitre contrairement à Etéocle ne recevra pas de sépulture. Antigone leur sœur brave l’interdiction royale en tentant d’ensevelir son frère et encourt la mort.

Quoi de plus moderne ou à tout le moins intemporel que le mythe d’Antigone ? Au delà de la trame assez simple résumée en trois lignes des détails historiques attachés à l’époque et au lieu (Grèce, période hellénistique) et du contexte plus religieux d’alors. Le message de large portée reste universel quelque soit l’auditeur et aisément transposable à plus forte raison ici en Martinique et maintenant, en 2015. Tout ceci participe de l’enrichissement de la pièce parce que modernité et tradition se côtoient heureusement par l’apport délicieusement subjectif du parlér typiquement créole de Georges Mauvois à la langue de Molière.…

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Célimène et le Cardinal : de Molière à Rampal

Le 17 & 18 avril au T.A.C. à 19 h 30

celimene_&_le_cardinal-400— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

Voici une œuvre crée en 1992. C’est une comédie romantique d’où le temps n’a pas effacé certains des traits de caractère et ce qui en fait un petit bijou de littérature c’est son style, l’intelligence des digressions, cocasse, émouvante et érotique ; le style Rampal, c’est ici l’ambigüité si plaisante, et merveilleuse à l’oreille à la lecture, de la ponctuation, des styles directs et indirects, des conditionnels et des futurs… à la manière de Molière. Et toujours l’humour, véritable garantie de son authenticité. Le tout en alexandrins, dans une fraicheur de langage et de ton actuels, par un auteur contemporain. Une gageure, un exploit !

L’atrabilaire amoureux, Misanthrope s’est achevé par la rupture d’Alceste et de Célimène. Après le refus de la jeune femme de se retirer du monde et de le suivre, Alceste s’isole dans la religion et devient un homme de pouvoir, un puisant cardinal.

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Shirley Rufin : à chacun sa chimère. La plasticienne au scalpel

Jusqu’au 19 avril 2015- Case à Léo. Habitation Clément

— Par Christian Antourel  & Ysa de Saint-Auret —

shirley_rufin-2Cette expo au charme outsider, bien en dehors des canons du circuit de l’art sonne l’heure d’une drôle de re création, déconcerte par sa démesure, son  inquiétante étrangeté,  et son panache. Découpées au scalpel, les ambiances vont de vagues de démence, à impressions d’insécurité frontale et stupéfiante. L’artiste y déshabille de façon instinctive le processus de la marginalisation, elle exploite de son mieux tout le registre sémantique de la photographie, et dans sa folle habileté, nous livre la générosité des émotions crues.

Elle est bercée par une avalanche de délires fantasmatiques qu’elle métamorphose en images et en puissance. Elle témoigne d’un nouveau mode de concevoir, dans ce passage révélé par ses sculptures photographiques, toujours temporaires, dans l’espace interchangeable : celui de la galerie dans laquelle elles poursuivent leur conversation muette. Ses photographies, puissamment, noblement, voluptueusement engagées pour témoigner de l’homme dans une logique du pourrissement.…

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« Bwa Koré » : Hector Charpentier – Une dynamique de progrès

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint-Auret —

hector_carpentierLe monde dans lequel l’art d’Hector Charpentier nous fait pénétrer, n’a rien de commun avec celui de la science. Il n’est pas fait de quantités mesurables et de relations mathématiques, mais de qualités sensibles et de valeurs poétiques. A ce point qu’il parvient dans un même tableau à confondre ce qui est figuré et le reste suggéré, ouvert à l’interprétation.

Ses formes opposées ont cependant des caractères communs qui tiennent à la nature de l’art. L’artiste les perçoit dans « leur pureté originelle, » il nous dévoile sa réalité. Cette division s’inscrit en deux langages différents. Tandis que celui de l’homme qui dans le moyen de ses observations et de ses sensations se satisfait d’épouser le plein des choses, le langage de l’artiste, du poète, lui, tend à une univocité picturale. À la saisie d’’une vérité susceptible de démonstration logique ou courtoise. Vérité relative cependant à la conscience intellectuelle de l’observateur et au profil que celle-ci découpe dans le visible⋅⋅ La volonté d’abstraction s’élève ainsi jusqu’à la conception d’une voie picturale alternative entre deux mouvements artistiques fondamentalement opposés, l’abstrait, et le figuratif dans l’espace du réel⋅ C’est le principe de la figurabstraction inventé par Hector Charpentier flibustier libre, et heureux.…

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« Césaire, Neruda, Tagore » : Pour un univers réconcilié

— Par Christian Antourel & Ysa de Saint –Auret —

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LE DOCUMENTAIRE INTIMISTE

Grandiose, l’exposition consacrée par l’UNESCO à Tagore, Neruda, et Césaire, et que propose la Ville de Fort-de-France sur le parcours de ces trois figures emblématiques et humanistes. Vaste, chronologique thématique et pédagogique, elle permet de saisir la variété de leurs actions diffusées de part le monde et donc de sortir des a priori. Car si leur œuvre est connue, il fallait faire honneur aux hommes qu’ils ont été et à l’exemplarité des faits d’armes qui ont fait leur glorieuse réputation. Après un rappel de leur identité, qui donne d’emblée le ton, on (re) découvre de panneaux en panneaux la fresque humaniste qui les unit aujourd’hui. Il était très ambitieux, ou plus simplement normal d’établir cette relation, et il ne faut donc pas craindre la saturation ni le survol. C’était le risque de l’exercice, mais l’exposition mérite absolument une petite échappée du côte du Théâtre Aime Césaire.…

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