A l'affiche, Agenda culturel de la semaine, Yékri
Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

La Collectivité territoriale de Martinique, lourdement endettée, cherche à redresser ses comptes
Comédie créole « Kannari » : la famille Mounisi au coeur du débat identitaire
Marie-Galante : un nouvel incendie à l’usine sucrière de Grand-Bourg
Le comédien Édouard Montoute : la Guyane, les hauts, les bas, Dumas…
Une série d’action prochainement tournée à La Réunion, la production recherche 300 figurants
1966 : la Polynésie quelques heures avant le premier essai nucléaire français dans le Pacifique
Décès du trompettiste haïtien André Déjean, figure incontournable du Kompa
Les ateliers du Sermac font le plein pour la rentrée culturelle à Fort-de-France
En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre
Le Guyana va accueillir des migrants expulsés par les États-Unis
Rentrée des associations : derrière chaque activité, des bénévoles indispensables Lire Plus
A l'affiche, Arts Plastiques, Ecologie, Peinture, Sculpture
Marie-Paule Désert : Kalinaga de la tortue au palmier royal
— par Rodolf Étienne
Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.
La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.
Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.
Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.
Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière. Lire Plus
A l'affiche, Littératures
Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?
Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?
— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—
Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…
Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, « L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.
À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ». Lire Plus
Arts Plastiques
Ernest Breleur, le plasticien des abysses
Politiques
Jounen pou nasyon Matinik
— RS n° 466 du lundi 28 septembre 2026 —
Construire la nation Martinique, ou mener la lutte de libération nationale?
La « jounen pou nasyon matinik » (JPNM), organisée par la section martiniquaise du Front international de décolonisation et JPNM elle-même, a été, au beau milieu du grand marché de l’espace Laguerre de Petit-Bourg, l’occasion de deux débats (Regards pluriels sur la nation Martiniquaise et construire la nation Martinique). Le présent article vise à en prolonger certains aspects.
S’interroger sur la nation
Son titre, un peu provocant, met l’accent sur le problème posé, d’entrée de jeu, par la première et remarquable intervention de l’anthropologue (et militant !) Louis-Félix Ozier-Lafontaine : n’est-ce pas un piège de s’interroger encore aujourd’hui sur la nation, quand il s’agit en fait d’émanciper les hommes et les femmes du peuple qui la constituent ? Comment éviter qu’à la place de la nation en lutte pour sa libération, on se contente de faire « communauté insulaire » sans grand danger pour un colonialisme aussi retors et vicieux que le français ?
L’absence
Si Marcel Sellaye a eu raison, dans le débat, de souligner que ces problématiques se posent à un moment de grand danger pour la survie de l’espèce humaine tout entière, il faut aussi s’interroger sur une absence béante observée lors du deuxième débat. Lire Plus
Echos d'éco
Ce qui change en octobre 2026

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A l'affiche, Agenda culturel de la semaine, Yékri
Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

La Collectivité territoriale de Martinique, lourdement endettée, cherche à redresser ses comptes
Comédie créole « Kannari » : la famille Mounisi au coeur du débat identitaire
Marie-Galante : un nouvel incendie à l’usine sucrière de Grand-Bourg
Le comédien Édouard Montoute : la Guyane, les hauts, les bas, Dumas…
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1966 : la Polynésie quelques heures avant le premier essai nucléaire français dans le Pacifique
Décès du trompettiste haïtien André Déjean, figure incontournable du Kompa
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Le Guyana va accueillir des migrants expulsés par les États-Unis
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Littératures, Peinture
Gibran Khalil Gibran (1) : L’homme derrière Le Prophète
— Par Rodolf Étienne
Il existe des écrivains que l’on oublie parce qu’on ne les lit plus. Gibran Khalil Gibran appartient à la catégorie inverse, puisqu’une partie de son œuvre a peut-être été oubliée parce qu’un seul de ses livres a été trop lu.
Derrière l’un des livres les plus célèbres du XXᵉ siècle se trouvait un écrivain arabe bilingue, un peintre, un homme d’exil et l’un des acteurs du renouvellement de la littérature arabe moderne.
Publié à New York en 1923, Le Prophète est devenu au fil du temps un phénomène éditorial mondial.
Des générations entières y ont cherché des mots pour parler d’amour, de mariage, d’enfants, de travail, de liberté, de douleur ou de mort. Le livre accompagne encore aujourd’hui mariages, deuils, méditations et cérémonies. Certaines de ses phrases se sont détachées du texte au point de devenir presque anonymes. Elles circulent sous forme de citations, de cartes, d’images et de publications sur les réseaux sociaux. Ce succès extraordinaire a pourtant produit un effet paradoxal.
Lire PlusÀ force de rencontrer partout Le Prophète, nous avons parfois fini par ne plus voir celui qui l’avait écrit.
A l'affiche, Arts Plastiques, Ecologie, Peinture, Sculpture
Marie-Paule Désert : Kalinaga de la tortue au palmier royal
— par Rodolf Étienne
Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.
La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.
Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.
Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.
Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière. Lire Plus
Yékri
L’éphéméride du 30 septembre
Première représentation de La Flûte enchantée, le 30 septembre 1791
La Flûte enchantée, K. 620, dont le titre original en allemand est Die Zauberflöte prononcé en allemand : [ˈdiː ˈt͡saʊ̯bɐˌfløːtə ] Écouter, est un opéra chanté en allemand (singspiel) composé par Mozart sur un livret d’Emanuel Schikaneder.
La première représentation a lieu le 30 septembre 1791 dans les faubourgs de Vienne, au théâtre de Schikaneder, petite salle en bois fréquentée par un public plus populaire que celui d’une salle d’opéra habituelle. Du fait de son succès, la 100e représentation est atteinte un an plus tard. C’est dans cet opéra que l’on entend le célèbre air de la Reine de la Nuit et plusieurs autres airs ou chœurs, comme l’air de l’oiseleur, le duo de Tamino et Pamina, les deux airs de Sarastro, dont l’un avec chœur, etc.
Ont inspiré Schikaneder : le Dschinnistan (de), recueil de contes de Christoph Martin Wieland et August Jacob Liebeskind (de) (Lulu ou la Flûte enchantée et Les Garçons judicieux) et Thamos, roi d’Égypte, drame de Tobias Philipp von Gebler (de)
Argument
Ouverture
Dans une ambiance musicale à la fois profonde et déjà presque surnaturelle, c’est par un enchaînement ascendant de trois accords, entrecoupés de courts silences, que débute son premier volet, joué adagio. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
L’heure de vérité de la crise ?
— Par Jean-Marie Nol —
Flambée des prix de l’essence , Dette, budget de rigueur, méthode de gouvernance : l’heure de vérité de la crise qui vient sonne -t-elle aux Antilles , avec ce poison lent de l’inflation sur l’économie ?
Bien que le contexte international actuel maintienne une forte pression sur les cours mondiaux de l’énergie (notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des instabilités dans le détroit d’Ormuz), les prix des carburants dans les Antilles même si ils restent strictement réglementés par l’État risquent de connaître une sensible augmentation en octobre . La crainte d’un franchissement de seuil provient principalement de la situation en France métropolitaine, où le blocage de certaines routes maritimes internationales a poussé le prix moyen de certains carburants au-delà des 2,40 €/L dans certaines stations à la rentrée 2026. Toutefois, les autorités locales rappellent régulièrement que le mécanisme de calcul administré en Outre-mer permet de lisser et de contenir en partie ces chocs par rapport à l’Hexagone. Mais il n’en reste pas moins que le risque subsiste d’un impact négatif d’un choc pétrolier sur l’ensemble de l’économie des Antilles. Lire Plus
Littératures
Thélyson Orélien
— Par Gary Klang —Expositions, Peinture
Kerry James Marshall : la peinture contre l’invisibilisation
— Par Sabrina Solar —
Avec Kerry James Marshall, la peinture ne se contente pas de représenter. Elle intervient dans une histoire de l’art dont une partie des personnages a longtemps été tenue à distance. Né en 1955 à Birmingham, en Alabama, et élevé à Watts, à Los Angeles, l’artiste américain a construit depuis les années 1980 une œuvre qui s’attaque frontalement à cette absence : celle des figures noires dans les récits, les images et les institutions qui ont façonné la peinture occidentale.
Le Musée d’Art moderne de Paris présente jusqu’au 24 janvier 202è la plus importante rétrospective européenne consacrée à Marshall. Intitulée The Histories, l’exposition réunit environ 70 œuvres monumentales, dont une nouvelle série consacrée à l’histoire de l’esclavage. Après la rétrospective présentée à la Royal Academy of Arts de Londres en 2025, Paris offre ainsi une lecture d’ensemble d’une œuvre qui, depuis plus de quarante ans, interroge la place accordée aux Noirs dans l’histoire de l’art.
Marshall ne cherche pourtant pas à abandonner la peinture traditionnelle. Il en reprend au contraire les codes pour mieux les déplacer. Lire Plus
Autres
Vers un “bilinguisme numérique”…
Apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans
— Par Daniel Andler —
Comme pour les technologies qui l’ont précédée, l’enjeu est d’apprendre à maîtriser l’IA tout en gardant la capacité de s’en passer.
Et si les élèves apprenaient avec l’intelligence artificielle, mais aussi sans aucun outil numérique ? Le « bilinguisme éducatif » propose deux modalités d’enseignement distinctes pour développer les compétences numériques tout en préservant l’autonomie de pensée.
En bref
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L’IA dans l’éducation présente des bénéfices et des risques : aide personnalisée et accessibilité, mais aussi possible perte de compétences et affaiblissement du jugement critique.
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Le « bilinguisme éducatif » propose, dès le collège, des enseignements avec et sans outils numériques, pour apprendre à utiliser l’IA tout en conservant la capacité de travailler sans elle.
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Cette double approche permettrait de comparer les effets des deux modalités sur les mêmes élèves, tout en préservant les savoirs fondamentaux, les échanges en classe et l’autonomie face aux technologies.
Sommaire
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Quels bénéfices pour les apprenants ?
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Les dangers inhérents au principe même de l’intervention de l’IA dans l’éducation
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Le risque de la perte de sens critique
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Du côté des enseignants
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Laisser l’enseignant décider : une réponse majoritaire, mais qui présente des limites
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Vers un “bilinguisme numérique” : apprendre à faire avec l’IA et apprendre à faire sans
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L’IA dans l’éducation : bonne ou mauvaise chose ?
Autres
Martinique – Cuba : Trente ans de coopération médicale
— Par Rodolf Etienne —
Lorsque quinze médecins cubains débarquent à l’aéroport Aimé-Césaire le 26 juin 2020, en pleine crise du Covid-19, une grande partie de la Martinique découvre presque simultanément que Cuba pourrait être un partenaire médical de l’île.
L’image est forte : des médecins venus de La Havane pour renforcer un système hospitalier martiniquais confronté à des spécialités en tension.
Pourtant, cette arrivée très médiatisée n’est pas le commencement d’une relation sanitaire entre les deux îles. Elle en constitue plutôt l’un des épisodes les plus visibles. Car entre la Martinique et Cuba, la santé se conjugue déjà depuis près de trente ans.
Le premier fil conduit au Lamentin et à Santiago de Cuba. Les deux villes sont officiellement jumelées depuis 1996, dans une coopération qui touche la culture, l’éducation, la jeunesse, le sport, le développement local mais également la santé.
Cette relation territoriale va rapidement prendre une dimension hospitalière : Daniel Riam, alors responsable hospitalier martiniquais, sera notamment à l’origine d’une coopération entre l’hôpital du Lamentin et l’hôpital provincial de Santiago de Cuba qui fonctionnera de 1997 à 2007. Lire Plus
Féminismes
Les archives féministes historiques d’Andrée Michel
— par Rodolf Étienne
Il arrive que les archives racontent davantage qu’une vie. Elles révèlent une époque, les combats qui l’ont traversée et, parfois, tout ce qu’une société a mis du temps à reconnaître.
Andrée Michel (1920 – 2022) fut l’une des pionnières françaises de la sociologie féministe.
Le fonds Andrée Michel, conservé aux Archives nationales présente sur 52,8 mètres linéaires et 215 articles, couvrant une période allant de 1886 à 2018 : correspondances, carnets, enquêtes, photographies, dossiers scientifiques et documents militants. Ce sont ainsi les traces d’une existence passée à interroger la domination des femmes, mais aussi la guerre, le colonialisme et les mécanismes du pouvoir.
Entrée au CNRS en 1951, Andrée Michel travaille très tôt sur les rapports entre famille, travail, immigration et condition féminine, à une époque où les sciences sociales françaises accordent encore peu de place à ces questions.
Chez elle, la recherche n’est cependant jamais séparée de l’engagement. À partir des années 1970, elle participe directement au mouvement féministe et fonde en 1974 un groupe consacré aux femmes et à la sociologie.
Ses archives permettent ainsi de suivre une grande partie des transformations intellectuelles et politiques de la seconde moitié du XXe siècle : revendication du droit à la contraception et à l’avortement, dénonciation du sexisme, réflexion sur la division sexuelle du travail, mais également engagement anticolonialiste et critique des logiques militaires. Lire Plus
Politiques, Yékri
L’éphéméride du 29 septembre
Massacre de Babi Yar les 29 et 30 septembre 1941
Le massacre de Babi Yar est le plus grand massacre de la Shoah ukrainienne par balles mené par les Einsatzgruppen en URSS : 33 771 Juifs furent assassinés par les nazis et leurs collaborateurs locaux, principalement le 201e bataillon Schutzmannschaft, les 29 et 30 septembre 1941 aux abords du ravin de Babi Yar.
D’autres massacres eurent lieu au ravin de Babi Yar dans les mois suivants, faisant entre 100 000 et 150 000 morts (Juifs, prisonniers de guerre soviétiques, communistes, Tziganes, Ukrainiens et otages civils) jusqu’à la mise en place en 1942 du camp de concentration de Syrets.
Babi Yar (« ravin des bonnes femmes ; en russe : Бабий Яр ; en ukrainien : Бабин Яр, Babyn Yar ; en polonais : Babi Jar) est un lieu-dit de la ville de Kiev (Ukraine) entre les quartiers de Louk’ianivka (Лук’янівка) et de Syrets’ (Сирець).
Un contexte particulier : la conquête nazie de l’Union soviétique
Arrivée de la Wehrmacht en Ukraine
Le 22 juin 1941, plus de trois millions de soldats allemands envahissent le territoire soviétique. Lire Plus
Sociologie
Appel à rejoindre, la mobilisation du mardi 29 septembre !
— Communiqué du Syndicat CGTM des Retraités –—
Manifestons et dénonçons les projets budgétaires du gouvernement Lecornu. Cure d’austérité pour les retraités et des milliards d’euros pour les nantis !
Parmi les mesures scélérates : La désindexation des pensions, c’est un braquage de 6 milliards, enlevé à la mesure de compensation de l’inflation.
Le gel des pensions qui suivra, une décision tout aussi odieuse. La suppression de l’abattement fiscal de 10%, ce qui alourdira l’impôt sur le revenu de nombreux foyers modestes. La Hausse de la CSG : ce qui aura pour conséquence, d’augmenter la contribution des pensions, de ce budget anti-pauvres. La réduction de la durée maximale de versement des indemnités journalières, en cas d’affection longue durée. La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS, cette suppression d’aide c’est 600 euros de moins, volés aux adultes handicapés.
En face, nous constatons l’ampleur des aides publiques aux entreprises
Un pognon de dingue (dixit Macron) en aides publiques aux riches : 211 milliards par an.
Des profits et dividendes records pour le CAC 40, en 2024 une année record à 133 milliards €. Lire Plus
Echos d'éco
Caricom, Sainte-Lucie, Saint-Martin : Une nouvelle cartographie du ciel
– par Rodolf Etienne
À Sainte-Lucie comme à Saint-Martin, le ciel change.
Les compagnies américaines renforcent leurs positions, les plateformes aéroportuaires se modernisent et les transporteurs régionaux tentent de reconstruire les liaisons entre les îles.
Dans le même temps, la CARICOM dispose depuis 2020 d’un accord visant à créer un véritable marché unique du transport aérien. Le paradoxe est saisissant : la Caraïbe n’a jamais été aussi accessible depuis Miami, New York, Atlanta ou Orlando, mais elle reste encore difficile à parcourir de l’intérieur. Et cette recomposition intervient justement au moment où Washington replace officiellement l’hémisphère occidental au cœur de sa stratégie.
Sainte-Lucie – deux aéroports, deux logiques
Sainte-Lucie donne une première clé de lecture. Depuis Hewanorra, American Airlines dessert Miami et Charlotte ; Delta, Atlanta ; JetBlue, New York et Boston ; United, Newark. Air Canada, WestJet et British Airways maintiennent les grands axes internationaux. Mais, autour de George F. L. Charles, une autre carte se dessine : Caribbean Airlines, LIAT 20, Winair, interCaribbean, Sunrise Airways ou Air Adelphi travaillent les liaisons régionales. L’île dispose donc de deux portes : Hewanorra vers les grands marchés extérieurs, George F. Lire Plus
Sciences & Technologies, Yékri
L’éphéméride du 28 septembre
- Fondation de l’Association internationale des travailleurs (« Première Internationale ») le 28 septembre 1864
- Découverte de la relativité restreinte par Einstein le 28 septembre 1905
La relativité restreinte est la théorie élaborée par Albert Einstein en 1905 en vue de tirer toutes les conséquences physiques de la relativité galiléenne et du principe selon lequel la vitesse de la lumière dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels galiléens (ou inertiels), ce qui était implicitement énoncé dans les équations de Maxwell (mais interprété bien différemment jusque-là, avec « l’espace absolu » de Newton et l’éther).
La relativité galiléenne énonce, en langage moderne, que toute expérience faite dans un référentiel inertiel se déroule de manière parfaitement identique dans tout autre référentiel inertiel. Devenu « principe de relativité », son énoncé sera ensuite modifié par Einstein pour être étendu aux référentiels non inertiels : de « restreinte », la relativité deviendra « générale », et traitera de plus de la gravitation, ce que ne fait pas la relativité restreinte.
La théorie de la relativité restreinte a établi de nouvelles formules permettant de passer d’un référentiel galiléen à un autre. Lire Plus
Musiques
Lu Wilson ou le reggae comme géographie
– par Rodolf Etienne
Il y a des musiciens que l’on raconte par une discographie. Pour Lu Wilson, il faudrait presque commencer par une carte.
Bouaké, la Martinique, Londres et Brixton, Kingston, Tahiti. Afrique, Caraïbe, Europe, Jamaïque, Pacifique : autant de lieux traversés, habités parfois pendant des années, qui ont fini par dessiner un parcours où le reggae est vécue comme une langue commune.
Revenu en Martinique pour un séjour de plusieurs mois, le chanteur et guitariste entend en profiter pour ouvrir – écrire – une nouvelle étape de son histoire et de son parcours musical. Pas simplement revenir jouer dans son pays, reprendre contact, reconstruire une formation, enregistrer, rencontrer, en un mot, partager.
Né en Afrique, grandi en Martinique
Lu Wilson est né à Bouaké, en Côte d’Ivoire, de parents martiniquais. La Martinique est ensuite l’île où il grandit, fréquente l’école, se fait des amis et construit une partie essentielle de son identité. Mais la trajectoire de Lu Wilson est justement faite de départs. Londres devient l’un de ses territoires de formation musicale et humaine. Brixton, avec ce que ce quartier a représenté pour les diasporas caribéennes, africaines et pour la culture reggae britannique, constitue une étape importante. Lire Plus
Sociologie
29 septembre : Grève générale pour une journée sous haute tension sociale
—- par Rodolf Étienne —
La journée du mardi 29 septembre 2026 pourrait être une journée particulièrement sensible en Martinique.
Deux dossiers, distincts mais étroitement liés dans leurs conséquences quotidiennes, vont se rencontrer : une mobilisation nationale de la fonction publique, élargie localement à l’ensemble des secteurs, et une nouvelle échéance financière pour un système de transports collectifs déjà profondément fragilisé.
En Martinique, les organisations syndicales ont annoncé samedi 26 septembre leur volonté de relayer la journée nationale de grève et de l’élargir à l’ensemble des secteurs. La mobilisation nationale concerne initialement les agents de la fonction publique : les préavis couvrent notamment les trois versants — État, territoriale et hospitalière — et portent principalement sur les rémunérations, la revalorisation du point d’indice, les conditions de travail et le pouvoir d’achat.
Une mobilisation nationale qui prend une dimension martiniquaise
Le mouvement du 29 septembre ne naît donc pas en Martinique. Au niveau national, plusieurs organisations syndicales contestent la politique salariale appliquée aux agents publics. La CFDT réclame notamment des mesures générales et immédiates sur les salaires, une revalorisation du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA et le maintien intégral de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
Antilles : surveiller les signaux faibles
Oui assurément , la crise budgétaire et financière était évitable en Martinique , avec le recours à la veille et à l’analyse prospective !
— Par Jean-Marie Nol —
L’image que l’on dépeint fréquemment de l’homme politique est celle, un peu poussiéreuse, de l’élu qui endort ses auditoires par des explications idéologiques soporifiques que les citoyens doivent mémoriser sans trop savoir pourquoi ni comment faute de transparence . L’explication officielle de la dérive financière de la CTM fait état d’un déséquilibre structurel et non de mauvais choix de gestion. Mais force est de souligner que cette explication est un peu trop courte et à la limite de la caricature ,car fort éloignée des réalités de l’ensemble des régions et collectivités d’outre-mer, où la Martinique fait seule exception quant à la dégradation accélérée des paramètres budgétaires et financiers. La véritable question qui se pose aujourd’hui aux Antilles n’est plus seulement celle de la gestion du passé et du présent en solitaire d’une certaine collectivité , mais celle de la capacité collective à anticiper un avenir devenu beaucoup plus incertain. Dans un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement public, les tensions sociales, la fragilisation des finances publiques et la transformation rapide des modèles économiques, gouverner ne peut plus consister à mettre en avant un déséquilibre structurel et encore moins à réagir après coup aux crises lorsqu’elles surviennent. Lire Plus
A l'affiche, Littératures
Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?
Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?
— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—
Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…
Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, « L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.
À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ». Lire Plus
Féminismes
Kösem Sultan : La dame de Topkapi ou la conquête du sultanat
– par Rodolf Etienne
Kösem Sultan, la dame de Topkapi, entre dans l’histoire presque sans passé.
On ignore son nom, son lieu de naissance, les circonstances exactes qui l’ont conduite au palais impérial.
La dame de Topkapi se trouve pourtant historiquement au coeur même du pouvoir ottoman.
Compagne d’Ahmed Ier, mère de deux sultans, grand-mère d’un troisième, elle traverse près d’un demi-siècle de crises dynastiques et transforme la position traditionnellement réservée aux femmes du palais en véritable instrument politique.
Son histoire est celle d’une formidable ascension, mais aussi celle d’une femme qui conquiert le pouvoir sans jamais pouvoir sortir du système qui l’a d’abord enfermée.
Une femme surgie presque de nulle part
Le commencement de sa vie appartient davantage à l’incertitude qu’à l’histoire. Les sources ottomanes ne permettent pas d’établir précisément sa famille, son lieu de naissance ni les circonstances de son arrivée au palais. Elle aurait été d’origine chrétienne orthodoxe ; différentes traditions lui attribuent des origines grecques ou balkaniques. Les noms Mahpeyker et Kösem apparaissent ensuite dans les sources ottomanes. C’est donc avec prudence qu’il faut accueillir les biographies qui lui donnent une enfance très précisément documentée. Lire Plus
Sciences & Technologies, Yékri
L’éphéméride du 27 septembre
Richard Stallman annonce son projet GNU (système d’exploitation entièrement libre) le 27 septembre 1983
Le projet GNU est un projet informatique dont les premiers développements ont été réalisés en janvier 1984 par Richard Stallman pour développer le système d’exploitation GNU. Le projet est maintenu par une communauté de hackers organisée en sous-projets. Chaque brique du projet est un logiciel libre utilisable de par sa nature dans des projets tiers, mais dont la finalité est de s’inscrire dans une logique cohérente avec l’ensemble des sous-projets en vue de la réalisation d’un système d’exploitation complet et entièrement libre, et avec pour stratégie, l’utilisation de l’existant.
C’est ainsi que la première version fonctionnelle du système GNU est construite en 1992 avec l’utilisation du noyau Linux, un projet développé indépendamment du projet GNU par Linus Torvalds. Mais si la « rencontre GNU/Linux » permet l’assemblage d’un système libre, le développement d’un micro-noyau reste aujourd’hui l’un des objectifs techniques du projet.
Le projet est soutenu par la Free Software Foundation, en assurant notamment sa protection légale par la gestion de ses droits d’auteurs. Les objectifs et la philosophie du projet sont par ailleurs définis dans le manifeste GNU, lequel représente l’acte fondateur du mouvement du logiciel libre9. Lire Plus
Politiques, Santé
Santé – Urgences : Au CHUM, plus de 11 139 passages en trois mois
– par Rodolf Étienne
Depuis plusieurs mois, la question des urgences hospitalières revient avec insistance en Martinique.
Fermeture nocturne des admissions à l’hôpital Louis-Domergue de Trinité, difficultés de recrutement des médecins urgentistes, tensions sur les effectifs, organisation exceptionnelle du CHU de Martinique : les signes de la fragilisation du dispositif sont désormais mesurables.
Pourtant, lorsqu’on cherche à mesurer précisément cette tension, notamment à travers le nombre de passages et les durées d’attente, les données disponibles restent étonnamment parcellaires.
Le chiffre le plus précis communiqué récemment par le CHU de Martinique concerne les urgences de Pierre-Zobda-Quitman. Entre le 20 avril et le 20 juillet 2026, l’établissement hospitalier indique avoir enregistré 11 139 passages, soit environ 121 passages par jour en moyenne. Ce chiffre a été rendu public à l’occasion du bilan du dispositif numérique FollowMe (https://followme-urgences.fr/), mis en place afin de permettre aux patients et aux accompagnants de suivre les différentes étapes de leur parcours aux urgences. Ce volume est loin d’être négligeable.
À titre de comparaison, Pierre-Zobda-Quitman avait enregistré 42 444 passages sur l’ensemble de l’année 2024, soit environ 116 passages par jour.
Écrits
Mes chers Trompinou et Rubicon,
— Par Gary Klang —
Je me fais l’avocat, non pas du diable, mais d’un pays que j’aime beaucoup : Cuba. Pourquoi nuire à ce pays qui a fait l’une des plus belles révolutions du monde avec à sa tête un certain Fidel Castro, accompagné d’un dénommé Che Guevara ? Révolution qui a permis de donner l’éducation et les soins gratuits à tout un peuple et d’envoyer des médecins partout dans le monde pour soigner les plus pauvres. J’en ai vu en Haïti. Sans oublier l’envoi de troupes en Angola par ce même Fidel, afin d’aider Nelson Mandela à se libérer de l’apartheid. A-t-il eu tort ? Bien sûr que non. Alors, Trompinou et Rubicon, pourquoi ne pas imiter ce que font les Cubains au lieu de vouloir les détruire? J’avoue avoir du mal à vous comprendre. Est-ce parce que Rubicon en veut au pays de ses parents que la Révolution aurait chassés ? Cela ne le grandirait pas. Alors, un conseil : changez votre fusil d’épaule. Soyez l’ami des Cubains. Laissez-les libres de choisir leur régime et tout ira pour le mieux. Lire Plus
Littératures
« L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique
–
— Par Robert Berrouët-Oriol (*)
Un tsunami. Une déferlante. Dans nos villes, d’Ankara à Jacmel, de Montréal à Paris, de Fort-de-France à Québec, de Miami à Buenos Aires. Dans nos chaumières, nos venelles, nos ruelles encombrées et nasillardes et nos avenues bègues…
Un cortège liturgique. Une procession. Avec son clergé, ses rituels, missels et cérémoniels, ses chorales tonitruantes, sa cacophonie trémmulante…
Une foi identitaire, bavarde et bavardeuse, racoleuse et lénifiante, brandie tel un improbable bric-à-brac et à l’aune d’un exponentiel lamayòt…
C’est cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien convoquée depuis deux jours au grand oral de la guillotine numérique. C’est encore cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien avec, en son centre comme en ses banlieues, toutes les nuances de ce qui semble s’apparenter –à propos du roman C’était ça ou mourir (Boréal/Grasset, 2026)–, au delirium tremens… Au grand oral de la guillotine numérique et dans les amphithéâtres où se libèrent tous les registres de la vocifération identitariste, le delirium tremens renvoie à des tremblements généralisés, à des hallucinations visuelles et auditives, à la confusion mentale, à la tachycardie, au risque de convulsion et de collapsus cardiovasculaire…
« L’affaire » Thélyson Orélien, dont l’épicentre est le roman C’était ça ou mourir, qu’on se le dise : c’est du sérieux, c’est du lourd…
« L’affaire » Thélyson Orélien désigne la polémique née des accusations d’usage de l’IA pour rédiger C’était ça ou mourir. Lire Plus
Politiques
De Camille Darsières à Serge Letchimy : d’une faute à l’autre, d’une crise à l’autre
— Les Contrechroniques d’Yves-LéopoldMonthieux —
En quarante ans de décentralisation – d’apprentissage de l’autonomie –, la gouvernance régionale a trop souvent substitué l’incantation idéologique au sens de l’anticipation. Du mythe du « dépeuplement » au naufrage de la collectivité, retour sur une trajectoire budgétaire où l’imprévoyance locale s’érige en provocateur de l’État régalien auprès duquel, néanmoins, il cherche systématiquement son salut. Le silence des médias et des intellectuels étant acquis, les perdants sont réputés avoir eu raison de toujours se tromper. Une façon de les inviter à persévérer.
LA FAUSSE PANNE DÉMOGRAPHIQUE : ANATOMIE D’UNE MYSTIFICATION
À en croire le récit convenu façonné par les sachants et les faiseurs d’opinion, le BUMIDOM aurait véritablement dépouillé la Martinique de ses « forces vives », portant la responsabilité exclusive du non-développement de la collectivité. Cette assertion constitue pourtant l’une des plus grandes escroqueries intellectuelles et politiques de notre histoire récente. Elle a permis aux gouvernants locaux de se couler dans une posture d’opposition systématique aux mesures gouvernementales des années 1960 et 1970, érigeant le BUMIDOM en videur de « forces vives » et le Service militaire adapté (SMA) en « armée d’occupation coloniale ». Lire Plus
Poésies
Désenchantement
Désenchantement
— Par Camille Loty Malebranche —
Je me suis réveillé
Au coeur d’un monde
Colosse de mirage, empoigné de déroutes
Exhalant l’odeur âcre, méphitique
De nos ordres chaotiques, imprégnés de malheurs
Et l’entêtement des bonheurs artificiels
Je me suis réveillé
Et je n’ai vu que la lourdeur de nos gestes et l’interaction de nos maux
Jonglerie maniaque pour nos spartiates désabusés,
Nos fauves anthropomorphes, anthropophages
Je me suis réveillé
Au coeur d’une terre vacillante, entropie ténébreuse
Aux baraques sanguines des mers guerrières.
Et le sang qui gicle dans son tourbillon
Disque d’accrétion létale, patibulaire
Au sens contraire des rotations de la Terre,
Dément les soleils faux de nos chartes balisées de noirceurs intestines
Et malgré l’évolutive odyssée temporelle de l’histoire aux avatars et du progrès,
Piétinent nos vœux, pataugent les pas sans marche, traîne-savates, démarche abjecte de l’homme, phylum de nains, d’avortons
Hibernent les étoiles, soleils scalpés;
Et les ères génitrices où la terre s’est faite mère,
Au firmament de nos oeuvres,
Accouchent de tertres mortuaires, tremplin mortel
Aux dépouilles de l’homme, aux débris de l’humain
Ah! Voûtes géantes, spectrales de nos actes! Lire Plus
Philosophie
Le mythe transforme l’ethnie, le groupe ou la nation en race…
— Par Camille Loty Malebranche —
Le verbe créateur de l’identité du groupe s’érige en mythe dès qu’il s’impose en vision sacrée qui sacralise l’ethnie, la peau, la nation, le groupe… Tout ce qui substantialise la condition, les contingences pour essentialiser des collectivités humaines afin de leur conférer des privilèges logiquement indus à cause de leur origine, de leur clan, de leur couleur, en en excluant tous les autres, est constitution d’une race. Ainsi, toute discrimination – terme à ne pas confondre avec la différenciation par les vraies valeurs spirituelles, morales, intellectuelles et les justes combats menés selon ces valeurs – est du racisme.
Le verbe créateur d’identité de groupes humains n’est pas toujours sacré. Parfois, il n’est que rassembleur! Il dévie en mythe quand il devient agressivement sacré et menaçant pour l’altérité. Sacré (parfois littéralement religieux), liant la naissance et l’existence de la société au suprahumain au cosmique voire au supracosmique et au divin via un naturalisme sacral, le verbe créateur d’identité, risque des déviations sur la route des excès parce que frontière diabolique pouvant dériver en pathogénies discriminatoires. En effet, c’est de la sacralisation verbale que naît la fiction de la race, des faux mérites et toutes les imbécillités de ceux qui distillent leur être identitaire dans une vision où ils se voudraient supérieurs à tous les autres qui ne sont de leur « nature raciale et sociale ». Lire Plus
Poésies
Tro souvan
Tro souvan
— Par Daniel M. Berté —
Tro souvan
man pran wonm pou soup
ek ritouvé kò-mwen ka bouché an dalo
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran lanmè sèvi savann
douvan bekmè majò ka kouri dèyè-mwen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran an sis pou an nef
opwen ki man vini kondi an Kris anglé
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran koko pou zabriko
épi pèdi kò-mwen an drivayaj san fen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran bol-jounou manman pou an manch-pilon
moun di ki man pilé an kracha italyen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran kaka-kabrit pou ti-pwa
é sakisav afiwmé ki sé mal yo fè-mwen
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran tjim-savon pou let
é tout lasent jounen man ka ba lari chenn
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran lapo-lanmori pou vyann
é man té tjoupèpè ka bat bè ek mizè
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran pawol épi manzè alkol
ek maché san wontri an lanmen douvan an lanmen dèyè
an lari Sentespri
Tro souvan
man pran rézolisyon
ponmet jiré kraché di maché an nonm dwet
an lari Sentespri
Daniel M. Lire Plus
Etudes Créoles, Politiques
Mais où va le Festival entènasyonal literati kreyòl ?

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —
Résumé
Cet article propose une analyse critique des récentes mutations du Festival entènasyonal literati kreyòl (FEL) en l’inscrivant dans un cadre plus large, celui de l’aménagement constitutionnel des deux langues officielles d’Haïti, de la Créolophonie et de l’État de droit. La réflexion analytique sur les récentes mutations du FEL s’articule à la notion de citoyenneté linguistique et aux obligations constitutionnelles du bilinguisme de l’équité des droits linguistiques (articles 5 et 40 de la Constitution de 1987) et elle soutient la perspective selon laquelle la culture doit contribuer à la consolidation de l’État de droit. Le texte promeut également l’indépendance du champ culturel face aux tentatives d’instrumentalisation des pouvoirs politiques, en particulier celles du PHTK néo-duvaliériste dont l’« arme d’intervention stratégique », dans le champ culturel, est le Fonds national de l’éducation (FNE) connu comme une véritable « industrie » de la corruption et du détournement des finances de l’État. L’analyse reproduit et soumet à l’analyse critique un document clé : le message public d’Anivence Jean Baptiste daté du 17 septembre 2026 et dans lequel le FEL célèbre l’ancien ministre PHTKiste Nesmy Manigat, rédacteur de FELmagazine, au titre de modernisateur du système éducatif national. Lire Plus
Echos d'éco, Education Formation
Éducation – IA, école et fracture technologique
— par Rodolf Étienne

Les modèles de langages (LLM), dits « intelligence artificielle générative », sont déjà là.
Là, dans les téléphones, les bureaux, les universités, les entreprises et, qu’on le veuille ou non, dans les cartables.
Mais, en Martinique, la vraie question pourrait être : qui saura réellement utiliser l’IA, qui pourra la contrôler, et qui sont ceux qui risquent simplement de la subir.
Il y a quelque chose de subtilement trompeur dans la facilité avec laquelle nous parlons aujourd’hui à une IA. Il suffit d’ouvrir une application, de poser une question, de demander un courrier, une traduction, une image, un calcul ou un résumé. Tout paraît immédiatement accessible.
Mais derrière cette apparente simplicité se cache une nouvelle ligne de fracture. Car avoir accès à ChatGPT, Gemini ou à un autre outil ne signifie ni savoir l’utiliser, ni savoir vérifier ce qu’il produit, encore moins savoir l’intégrer intelligemment à son travail ou à son apprentissage.
strong>En Martinique, cette question est d’autant plus importante que l’intelligence artificielle arrive sur un territoire où les inégalités numériques, scolaires et sociales existaient longtemps avant elle. Lire Plus
Yékri
L’éphéméride du 26 septembre
Création à Broadway le 26 septembre 1957 du spectacle musical « West Side Story » qui deviendra un film à Hollywood en 1961
West Side Story est un drame lyrique américain de Leonard Bernstein, Stephen Sondheim (lyrics) et Arthur Laurents (livret), inspiré de la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare et créé le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre de Broadway. La chorégraphie et la mise en scène étaient de Jerome Robbins, les décors d’Oliver Smith et les costumes d’Irene Sharaff.
Située dans le quartier de Upper West Side à Manhattan dans le milieu des années 1950, l’intrigue cible surtout la rivalité entre Jets et Sharks, deux bandes de jeunes des bas-quartiers, pour le monopole du territoire. Les Jets, jeunes de la classe ouvrière blanche, se considèrent comme les véritables Américains car nés en Amérique, même si de parents eux-mêmes émigrés, d’Irlande, de Suède ou encore de Pologne. Les Sharks appartiennent à la deuxième génération d’émigrés venus, eux, de Porto Rico. Tony, ami du chef des Jets, Riff, rencontre Maria, la sœur de Bernardo, chef des Sharks. Ils tombent amoureux l’un de l’autre au premier regard lors d’une soirée dansante. Lire Plus
Écrits
Analyse du texte : Je n’ai pas pris l’autre chemin
L’analyse du texte « Je n’ai pas pris l’autre chemin » de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus (publié sur des plateformes comme Rezo Nòdwès) révèle une œuvre à forte charge tragique, politique et allégorique. Le titre fait écho à un choix moral et à un refus du compromis, un thème récurrent dans les écrits engagés de l’auteur.
Voici les axes principaux pour comprendre et structurer l’analyse de ce texte :
1. La métaphore du chemin et l’engagement éthique
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Le refus de la facilité : Ne pas prendre « l’autre chemin » symbolise le rejet des voies de la compromission, de la corruption ou de la soumission face à l’oppression. Lodimus choisit une voie plus difficile mais guidée par l’intégrité.
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L’esthétique de la résilience : À l’image de ses autres écrits (comme Mourir pour Vivre), ce texte explore la capacité de l’individu à rester debout malgré un environnement hostile et étouffant, marqué par l’hébétude et l’emprise des ténèbres (évoquées à travers la figure mythologique de Nyx).
2. Le « Mal du siècle » et le drame historique d’Haïti
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Un miroir de l’histoire collective :
Robert Lodimus dresse un parallèle saisissant entre son parcours personnel et le destin de son peuple. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
Quand les tensions s’additionnent
La Martinique prise en étau aujourd’hui sur la ligne de crête de la crise financière, voire économique , et demain une situation sociale hautement inflammable .*
— Par Jean-Marie Nol —
La Martinique aborde les prochaines semaines sur une véritable ligne de crête. D’un côté, une population déjà éprouvée par la vie chère, la stagnation des revenus et la crainte du déclassement ; de l’autre, une collectivité territoriale très endettée dont les marges de manœuvre financières se réduisent et qui doit désormais composer avec la nécessité d’un sérieux budgétaire accru. Entre ces deux réalités, le risque n’est plus seulement économique ou financier : il devient social. En effet la crise sociale constitue l’autre face de cette équation.
La Martinique navigue sur une ligne de crête fragile, marquée par une anxiété sociale grandissante mise en lumière par l’inquiétude sur la situation financière de la collectivité territoriale de Martinique et aux tensions persistantes sur le pouvoir d’achat .L’expression ligne de crête désigne une position d’équilibre instable ou une situation très délicate entre deux choix, deux exigences ou deux opinions contraires. Exemple : Un gouvernement ou une collectivité territoriale comme celle de la Martinique qui essaie de trouver un compromis entre la résorption de la dette et les mesures nécessaires de rigueur pour freiner les dépenses navigue sur une « ligne de crête » : un faux pas d’un côté ou de l’autre risque de faire basculer la situation en crise sociale ouverte , car la vie chère ne disparaît pas parce que l’inflation ralentit de façon temporaire et surtout que le hic c’est que la dépense publique est vraiment hors de contrôle. Lire Plus
Musiques, Yékri
Connie Han : Du feu aux 88 touches
– par Rodolf Etienne
Il suffit de quelques mesures pour saisir que Connie Han n’envisage pas le piano comme un meuble délicat installé au milieu d’un trio de jazz.
Héritière de McCoy Tyner et de Kenny Kirkland, la pianiste américaine Connie Han refuse de choisir entre tradition et affirmation de soi.
Avec Secrets of Inanna, elle est même allée chercher dans la mythologie sumérienne une figure féminine vieille de plusieurs millénaires.
🎶👉 https://www.youtube.com/watch?v=EgCS0K78Sps
Chez Connie Han, l’instrument frappe, répond, provoque, soutient, accélère. Le rythme n’accompagne pas son jeu. Il semble en constituer l’ossature. Cela n’a rien d’accidentel.
À 14 ans, Connie Han intègre la Los Angeles County High School for the Arts, d’abord en piano classique et chant avant de basculer vers le jazz.
Parmi les pianistes qu’elle revendique figurent McCoy Tyner, Kenny Kirkland, Mulgrew Miller, Hank Jones, Chick Corea et Wynton Kelly. Elle raconte d’ailleurs avoir développé une part essentielle de son langage auprès du batteur Bill Wysaske, son mentor à la Los Angeles County High School for the Arts.
Lire PlusNée à Los Angeles dans une famille de musiciens professionnels chinois, Connie Han commence le piano avec sa mère dès l’enfance.
Yékri
L’éphéméride du 25 septembre
Naissance de William Faulkner le 25 septembre 1897
William Faulkner est un romancier et nouvelliste américain, né William Cuthbert Falkner le 25 septembre 1897 à New Albany, dans l’État du Mississippi, et mort le 6 juillet 1962 (à 64 ans) à Byhalia dans le même État. Publié à partir des années 1920, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1949, alors qu’il est encore relativement peu connu.
Il est essentiellement connu pour ses romans et ses nouvelles, mais il a aussi publié des poèmes, des ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse et a travaillé occasionnellement comme scénariste pour le cinéma.
Faulkner, qui a situé la plupart de ses récits dans son état natal du Mississippi, est l’un des écrivains du Sud les plus marquants, aux côtés de Mark Twain, Robert Penn Warren, Flannery O’Connor, Truman Capote, Tennessee Williams et Carson McCullers. Au-delà de cette appartenance à la culture sudiste, il est considéré comme un des plus grands écrivains américains de tous les temps1 et un écrivain majeur du xxe siècle, qui a exercé une grande influence sur les générations suivantes grâce à son apport novateur. Lire Plus
Arts Plastiques
Thierry Mathiasin : Palettes et couleurs multiples
— par Rodolf Étienne
Il y a chez le peintre-plasticien originaire de Deshaies en Guadeloupe, Thierry Mathiasin, quelque chose du domaine du « sensible singulier » qui se confronte inexorablement au classement de toutes catégories.
Artiste peintre ? Oui, inévitablement. Dessinateur ? Oui, bien sûr, sans conteste aucun.
Mais aussi : poète, auteur-écrivain, enseignant en arts plastiques, parfois inspirés de textes engagés et consacrés au travail d’autres artistes, observateur attentif, médiateur constant de ce qui se joue ou se déroule autour de lui.
Chez Thierry Mathiasin, le trait et le mot semblent procéder d’un même mouvement : fouiller ce qui nous constitue jusqu’à rencontrer la mémoire, la blessure, le territoire insatisfait, le désir, mais également cette obstination presque physique à rester debout.
Thierry Mathiasin est né à Pointe-à-Pitre en 1967 et a grandi à Deshaies, en Guadeloupe.
Il quitte ensuite l’archipel pour poursuivre sa formation artistique et obtient en 1993 son diplôme des Beaux-Arts du Havre. Il devient enseignant en arts plastiques. Très tôt également, il écrit : Déréliction paraît en 1990, puis Quai des Arachides N°20 en 1993, une édition d’art et de poésie réalisée aux Beaux-Arts du Havre avec le soutien de la DRAC. Lire Plus
Poésies
Je n’ai pas pris l’autre chemin
— Par Robert Lodimus —
Les yeux embastillés dans la noirceur,
Le paysage gourd, encore sous l’effet de l’hébétude,
Reçoit en plein visage la vague de froidure de l’aube.
À cette période de l’année,
La nature n’arrive pas à s’échapper
De l’emprise des ténèbres épaisses libérées par Nyx,
La déesse de la nuit.
Les maisons glacées et les arbres effeuillés
Se dévoilent lentement à la clarté rebelle du jour.
Je me rends compte, comme la plupart de mes camarades,
Que je vieillis dans « Le pays sans étoiles » de Pierre Véry.
Loin des forêts tropicales, touffues et verdoyantes,
Qui berçaient de l’hiver à l’été mon enfance joyeuse
Avec les chants symphoniques des grives de Bicknell,
Les jacassements des pies, les coassements des crapauds,
Les cancanements des canards, les trissements des hirondelles,
Les béguètements des chèvres… Lire Plus
Expositions
De la poétique des strates
— Par Marie Gauthier —
« Lorsque je regarde attentivement les pierres,
je m’applique parfois, non sans naïveté,
à en deviner les secrets. Je me laisse glisser à concevoir
comment se formèrent tant d’énigmatiques merveilles… »
Roger Caillois, L’écriture des pierres, Gallimard, 1978
À son retour en Martinique, Izae Etifier raconte avoir été impressionnée, au cours de ses promenades, par les roches de l’île : présences denses, chargées d’histoires tues. L’écrivain Roger Caillois regarde les pierres comme « l’aboutissement d’un tâtonnement millénaire ». Leurs transformations par l’érosion, la fusion, la dissolution, les secousses, les ruptures, les jaillissements, les ruissellements, les sédimentations, sont les sources géologiques de la démarche géopoétique d’Izae Etifier.
Cette perception des pierres lui fournit sa première inspiration à des œuvres abstraites et sobres, à partir de ce qu’elle renonce à représenter. En effet, sans l’imitation du réel, le travail du matériau plastique s’impose. Antérieurement, avec l’argile et le papier recyclé, l’artiste créait des sculptures et aussi des bas-reliefs granuleux, souvent de format carré, qui exprimaient un retour au territoire et au symbolisme de la terre.
Pour reprendre la métaphore des œuvres de cette première période de l’artiste, les superpositions font penser aux strates géologiques où s’inscrivent les différents âges de la formation de la croûte terrestre. Lire Plus
Etudes Créoles
À propos de » , « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée… »
Analyse critique de l’article de Robert Berrouët-Oriol, « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage »
Par Paultre Pierre Desrosiers
Médecin anthropologue, psychanalyste, linguiste
12 septembre 2026
L’article de Robert Berrouët-Oriol est moins un simple article de linguistique qu’un pamphlet intellectuel à forte charge polémique, qui transforme la critique de l’Akademi kreyòl ayisyen en interrogation beaucoup plus vaste sur l’état de l’esprit critique haïtien. Sa force littéraire tient précisément à cette superposition de plusieurs registres : essai, réquisitoire, chronique polémique, argumentaire scientifique et manifeste épistémologique. [NDLR – L’article « La langue créole fossilisée, sacralisée, muséifiée, totémisée, pétrifiée et folklorisée à l’épreuve des sciences du langage » est paru sur le site Rezonòdwès le 7 septembre 2026.]
Le premier trait remarquable est la nature profondément agonistique du texte. Dès l’incipit : « De nos jours, l’intellectuel haïtien aurait-il peur du débat d’idées ? » La question n’est pas véritablement destinée à obtenir une réponse. C’est une question rhétorique accusatoire. Elle installe immédiatement un procès : celui de l’intellectuel haïtien qui aurait renoncé au jugement critique. Lire Plus
Poésies
« La vie est la farce à mener par tous », « Lettre d’amour à Haïti
La vie est la farce à mener par tous***
*
Sociologie
Code noir / Kòd nwa
Avant‑propos de la version créole élaborée par James Fleurissaint
Par Robert Berrouët-Oriol, linguiste-terminologue
Job Silvert, linguiste-traductologue
(Septembre 2026)
« L’Édit du Roi portant règlement pour le gouvernement des esclaves dans les îles de l’Amérique », promulgué en mars 1685 sous l’autorité de Louis XIV, occupe une place centrale dans l’histoire juridique et politique de la France coloniale. Ce texte, devenu au fil du temps le « Code noir », constitue l’un des fondements normatifs de l’ordre esclavagiste instauré dans les possessions françaises d’outre‑mer. Il ne s’agit pas seulement d’un corpus législatif destiné à encadrer les pratiques des colons : l’Édit de 1685 est un instrument de gouvernement, un dispositif de régulation sociale et un cadre d’organisation des sociétés coloniales fondées sur l’asservissement. [Annotation 1 : L’appellation « Code noir » n’est pas contemporaine de 1685 ; elle apparaît dans les usages administratifs du XVIIIᵉ siècle et se fixe dans la littérature juridique du XIXᵉ siècle.]
Dans le contexte du XVIIᵉ siècle, la monarchie absolue cherche à affirmer son autorité sur les îles de l’Amérique en imposant un cadre légal uniforme. Lire Plus
Les chroniques de Jean-Marie Nol
La dette écrit le programme
Comment les français se voilent la face sur l’image cachée d’une campagne électorale présidentielle artificielle et tronquée ?
— Par Jean-Marie Nol —
L’expression « un débat artificiel et tronqué » capture parfaitement les deux plus grandes menaces qui pèsent sur l’authenticité de la campagne présidentielle de 2027 : l’absence de débat sérieux sur l’intelligence artificielle (IA) et la multiplication des promesses démagogiques et irréalistes.
Pour autant , c’est un écran de fumée et un débat public stérile et mensonger qui s’installe subrepticement , et qui ne révèle aucun intérêt fondamental pour l’avenir de la France .
Alors qui aura le courage de dire la vérité aux Français sur les vraies conséquences de la crise qui vient ?
Il y a quelque chose de profondément irréel dans le débat qui commence à s’instaurer autour de la prochaine élection présidentielle. Les candidats vont promettre, expliquer, rassurer, distribuer des milliards virtuels et présenter des programmes comme si la France disposait encore de la liberté budgétaire qui a permis, pendant des décennies, de repousser les échéances. Mais la France de demain ne sera pas celle des promesses électorales. Lire Plus
Philosophie
L’élite: un concept désignifié, désubstantialisé par l’idéologie de l’économie sale.
— Par Camille Loty Malebranche —
L’élite, telle que conçue en nos sociétés platement matérialistes et pragmatiques, est précisément la ronde des fourbes les plus idéologiquement habiles qui savent accaparer oligarchiquement pour eux-mêmes, toutes les ressources communes de l’humanité par des empires financiers (bancaires, boursiers) et industriels, tout en se créant des alliés dévoués produits en politiciens de partis pour les aider à séquestrer les États en mentant aux peuples par le jeu dit d’alternance démocratique. Car si les têtes visibles du pouvoir s’alternent via des élections cycliques, les maîtres de l’argent mondial avec leur acte de prédation permanente, restent pratiquement les mêmes de manière pérenne et se succèdent de pères en fils.
Il n’y a d’élite que de la noblesse du caractère, le reste n’est qu’ironie et manipulation idéologiques des oligarchies faussement moralisatrices d’un monde systémiquement immoral. Quand on se rappelle que l’institution sociale est dispensatrice de valeur et de signification pour les membres de la société, l’on saisit alors la déformation corrompue de la vision collective lorsque tous les horizons du regard collectif sont, dès le départ, dilués dans des simulacres. Lire Plus
Poésies
« État des lieux au coin du feu… », « Pêche à la ligne »
État des lieux au coin du feu…
La glace fond, la mer monte, avalant îles et côtes…
Tornades, ouragans, inondations font la une…
Les températures explosent !
Partout la forêt brûle !
La faute à la canicule ?
Plutôt celle des industriels et de la course effrénée au profit, à la croissance à tout prix et la surproduction du modèle économique capitaliste libéral.
La faute à ces gouvernants sourds aux avertissements éclairés des scientifiques parce que valets asservis avérés des précédents.
L’argent est le seul roi dont ils ne sont que les hommes de paille, tristes épouvantails !
Notre poumon est en feu, notre oxygène brûle et part en fumées toxiques, réchauffant un peu plus une atmosphère depuis longtemps déjà en surchauffe…
Responsables ?
Nous le sommes tous, hélas, pour n’avoir pas su empêcher, au besoin par la force, ces coupables d’agir et ce système de s’établir, responsables de cette passivité du laisser faire…
Maintenant, au propre comme au figuré, la canicule nous met le feu au cul !
Responsables également, tous ces rois et empereurs idiots qui, jadis, après avoir massacré nos forêts primaires humides et asséché nos marais sous prétexte d’urbanisation, les ont remplacées par des plantations de monoculture de pins à la résine tellement inflammable ! Lire Plus
Politiques, Sociologie
Réparations : Le nouveau chapitre vers la dignité globale
-— Par Rodolf Étienne —
Pendant une grande partie du XXe siècle, la revendication centrale des peuples colonisés fut l’indépendance.
Mais les indépendances ont-elles réglé les comptes de la colonisation ?
Soixante ou soixante-dix ans plus tard, voilà qu’une autre question prend une place croissante : après avoir obtenu le droit d’être libres, que faire des conséquences économiques, humaines, culturelles et patrimoniales de plusieurs siècles d’esclavage et de domination coloniale ?
C’est sous cet angle que la 3ème Conférence régionale de la CARICOM sur les réparations, organisée à la Barbade du 17 au 19 septembre 2026, prend une dimension qui dépasse largement Bridgetown.
Réunis autour du thème Reparatory Justice as the Coming Enlightenment, responsables politiques, chercheurs, juristes, militants et représentants du monde africain et de ses diasporas ont travaillé à la mise en œuvre du Plan en 10 points révisé de la CARICOM pour la justice réparatrice.
La rencontre intervenait après l’adoption, le 25 mars 2026, de la résolution A/RES/80/250 des Nations unies sur la traite et l’asservissement racial des Africains. La CARICOM présente donc explicitement cette conférence comme le passage de la résolution à l’action. Lire Plus
Politiques, Yékri
L’éphéméride du 24 septembre
La Nouvelle-Calédonie est proclamée colonie française le 24 septembre 1853
Les premières sources écrites concernant l’histoire de la Nouvelle-Calédonie remontent à son exploration en 1774 par James Cook, l’archipel était alors déjà habité par une population mélanésienne : les Kanak. La Nouvelle-Calédonie est une collectivité sui generis de la France.
Le contexte géographique
D’une superficie totale de 18 575,5 km21, la Nouvelle-Calédonie est un territoire d’une surface comparable à celle d’un État comme la Slovénie. La population est estimée à 245 580 habitants (recensement 2009), dont 99 078 d’origine mélanésienne. La Nouvelle-Calédonie est un territoire notoirement sous-peuplé avec une densité de 13 hab./km2 (119 hab./km2 en France métropolitaine).
Lors de l’arrivée des premiers explorateurs la population mélanésienne était estimée entre 40 000 et 80 000 habitants2.
Peuplement et préhistoire (xiiie siècle av. J.-C. – xixe siècle)
Il y a 5 000 ans environ (v. 3 000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du sud, cultivateurs de millet et de riz, appelés Austronésiens par les archéologues, commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan. Vers 2 000 av. Lire Plus
Echos d'éco
Sainte-Lucie – A’ila Resorts : Une aventure touristique à 1,3 milliard de dollars
– par Rodolf Etienne
À Mount Pimard, à Rodnay Bay, Sainte-Lucie ne construit pas seulement un nouveau complexe hôtelier.
Avec A’ILA Resorts, projet annoncé à 1,3 milliard de dollars américains porté par des sociétés liées à un groupe basé au Texas, l’île change l’échelle de l’attractivité touristique : hôtels, résidences, villas, bien-être, commerce, restauration, centre de conférences, accès public au littoral.
Et derrière les images de piscines et de bâtiments posés face à la mer se joue une stratégie beaucoup plus élaborée : créer davantage de capacité touristique, attirer de nouvelles clientèles et, mécaniquement, remplir davantage d’avions.
À vingt-cinq minutes de vol de la Martinique, Sainte-Lucie organise déjà une partie du tourisme caribéen de demain.
Pas moins d’1,3 milliard de dollars pour le secteur touristique
Le projet A’ILA Resorts a été présenté officiellement en avril 2025 au Caribbean Investment Summit. Son montant annoncé : 1,3 milliard de dollars US. A’ILA Resorts est développé par Global Capital Caribbean LLC et USCEM Group LLC, deux filiales du Atlas Group of Companies, dont le siège est au Texas.
Le gouvernement de Sainte-Lucie présente Atlas comme un groupe international actif depuis plus de cinquante ans dans l’hôtellerie, les infrastructures, la santé, le logement, les bâtiments publics et les transports. Lire Plus
Musiques
Cultier – Coltrane : Le jazz comme territoire
- par Rodolf Etienne
Le 23 septembre 2026, John Coltrane aurait eu cent ans.
Le monde du jazz célèbre celui qui transforma le saxophone en instrument de recherche harmonique, spirituelle et presque métaphysique.
Depuis la Martinique, cet anniversaire invite à écouter en regard une autre aventure : celle de Marius Cultier, parce que chacun, dans son espace, a refusé de considérer le jazz comme une musique achevée.
Au moment où l’œuvre du pianiste martiniquais fait l’objet d’un important travail de transcription, de publication et de transmission, Marius Cultier apparaît plus que jamais comme l’un de ceux qui ont donné au jazz une langue caribéenne.
John Coltrane naît le 23 septembre 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord. Il meurt en 1967, à seulement 40 ans, mais laisse derrière lui une œuvre qui aura suffi à transformer une partie du vocabulaire du jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Blue Train, Giant Steps, puis son quartet avec McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones constituent autant d’étapes d’une recherche qui ne semble jamais vouloir s’arrêter.
Lire PlusPuis vint A Love Supreme, enregistré en décembre 1964.
Sociologie, Yékri
L’éphéméride du 23 septembre
Naissance à Limoges de la C.G.T. le 23 septembre 1895
La Confédération générale du travail, abrégé en CGT, est un syndicat français de salariés créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Elle faisait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées, par présomption irréfragable, comme représentatives par l’État avant la réforme de 2008.
La CGT a obtenu 1 570 500 suffrages (34 %) aux élections prud’homales de décembre 2008 (lors de ces élections un salarié sur quatre, soit 25 % du collège employés, a voté). Elle figure comme l’une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d’entreprise comme parmi les délégués du personnel. En 2017, 653 222 salariés sont syndiqués à la CGT, ce qui en fait la première confédération syndicale française en nombre d’adhérents1.
L’actuel secrétaire général de la confédération est Philippe Martinez.
La CGT est affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI). Elle a longtemps été un élément moteur de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de laquelle elle s’est désaffiliée en 1995. Lors de son 52e congrès à Dijon, les délégués votent un amendement actant à nouveau la recherche de l’unité avec les syndicats membres de la CSI, la CES mais aussi la FSM. Lire Plus
Évènements, Musiques, Yékri
John Coltrane : Un espace pour affronter histoire, mémoire et… silences
— Par Rodolf Étienne —
Chez Coltrane, improviser ne consiste pas à multiplier les notes.
Un siècle après sa naissance, John Coltrane demeure bien davantage qu’un géant du saxophone.
Il est l’un de ces artistes rares qui ont changé la forme de leur art parce qu’ils en avaient d’abord changé la nécessité.
Né le 23 septembre 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord, John William Coltrane aurait cent ans en 2026.
Sa vie fut brève — à sa mort, en 1967, il n’à que quarante ans — mais son œuvre semble traversé plusieurs existences : le jeune musicien de rhythm and blues, le partenaire de Miles Davis, l’élève incandescent de Thelonious Monk, l’architecte de Giant Steps, le guide du quartet classique, puis l’explorateur spirituel des dernières années.
Chez Coltrane, la virtuosité n’est jamais le but : elle est le prix payé pour atteindre une parole plus vraie.
À chaque étape, Coltrane remet en jeu ce qu’il vient de conquérir. Il ne transforme pas seulement son style, il transforme jusqu’à sa raison de jouer. Voilà pourquoi sa musique nous atteint aujourd’hui encore. Lire Plus
Écrits
La mort n’existe pas
— Par Gary Klang —
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie (Shakespeare, Hamlet)
Je vais vous raconter une histoire qui semble tout droit sortie d’un roman de Stephen King ou d’Edgar Poe, et pourtant tout y est vrai. Elle met en scène le soussigné en compagnie de ses amis Georges Anglade et Gérard Aubourg, sauf qu’à l’époque
Georges était déjà mort et enterré. Certains vont en rire mais j’en prends le risque. Riez, riez, belles âmes ! Cela dit, je peux fort bien comprendre que lorsque Gérard et moi racontions ce qui nous arriva, les amis souriaient d’un air de dire que notre
place était à l’asile de fous de Pont Bedète. Mais tant pis, je prends le risque de passer pour cinglé, car je tiens à partager avec vous ce qui nous arriva par un bel après-midi d’été à Montréal.
Nous étions installés dans le café La Brûlerie, Gérard et moi, à une table où je faisais face à l’entrée, tandis que Gérard regardait le fond de la salle. Lire Plus
Echos d'éco
Minerais critiques : Afrique, de la mine à l’usine
— Par Rodolf Étienne

Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’économie minière africaine a fonctionné selon une mécanique presque immuable.
Extraire la matière première sur le continent, l’exporter, puis laisser ailleurs l’essentiel de la transformation industrielle, de la technologie, des emplois qualifiés et de la valeur ajoutée.
Cuivre, cobalt, bauxite, lithium, graphite, manganèse, platine, terres rares : l’Afrique possède une part considérable des minerais devenus indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, à l’électronique et désormais aux infrastructures de l’intelligence artificielle.
Mais posséder le minerai ne signifie pas posséder la chaîne de valeur. C’est précisément ce que plusieurs États africains tentent aujourd’hui de changer. Selon une analyse publiée par Reuters le 10 septembre 2026, l’Afrique continentale détiendrait environ 30 % des réserves minérales mondiales, tout en ne captant qu’environ 10 % des revenus miniers mondiaux. Le contraste résume à lui seul la question : la richesse géologique existe, mais une part considérable de la valeur économique est créée après que la matière première a quitté le continent.
Du minerai brut au produit transformé
Le mouvement qui s’esquisse aujourd’hui est loin d’être uniforme, mais il devient continental. Lire Plus
Echos d'éco
Martinique – Tourisme : Kérosène, l’angle mort
- par Rodolf Etienne
Alors que le nouveau président du Comité martiniquais du tourisme (CMT), Alexandre Ventadour, ambitionne de porter la destination jusqu’à 1,3 million de visiteurs à cinq ans, une variable extérieure pourrait sérieusement compliquer l’équation : le prix du carburant aérien.
Pour une île dont l’économie touristique dépend presque entièrement de l’avion, la hausse du kérosène ne menace pas seulement le nombre de visiteurs, elle risque surtout de réduire ce que chacun d’entre eux laissera dans l’économie martiniquaise.
Lire PlusPolitiques, Yékri
L’éphéméride du 22 septembre
La République est proclamée en Martinique le 22 septembre 1870.
Dans le sud, l’annonce de ce régime qui avait permis l’émancipation des esclaves en 1848 donne le top départ pour un soulèvement organisé contre les blancs les plus racistes et la mise en place d’une république sur le modèle haïtien. À Rivière-Pilote d’où est originaire Léopold Lubin, la population incendie l’habitation de Codé, blanc esclavagiste, royaliste et surtout responsable de la condamnation qui a mis le feu aux poudres. L’état de siège est déclaré le 23 septembre si bien que le commandant Mourat assume le pouvoir civil et militaire. L’insurrection sétend à Saint-Esprit, à Rivière-Salée, à Sainte-Luce, à Sainte-Anne, à Ducos, au Lamentin, au Marin et au Vauclin. « La classe noire tout entière était dans le mouvement» d’àprès un rapport. Elle sèn prend aux biens et non aux personnes, exception faite pour Codé qui, ayant fui dans les mornes, est retrouvé le 24 septembre rôti comme un cochon. Les békés prennent peur. Les troupes militaires, avec des armes à feu contre des coutelas ou des bambous afffités, parviennent à étouffer le mouvement insurrectionnel dès le 26 septembre. Lire Plus
Ecologie, Patrick Chamoiseau
De l’écologie à la Relation
— Par Patrick Chamoiseau —
Sur des bases scientifiques autant que poétiques, la pensée écologique nous rappelle
(comme le font depuis longtemps les imaginaires animistes)
que tout est lié.
Elle embrasse l’ensemble de nos nécessités existentielles
et les dynamiques relationnelles qui les rendent possibles.
Elle ouvre ainsi la voie à une horizontale plénitude du vivant.
Sa quintessence est donc un imaginaire de la Relation :
relation de Tout à Tout, et de Tout au moindre détail.
Pourtant, quand on dit « écologie »,
l’entendement ordinaire se limite encore aux problèmes environnementaux ou climatiques.
Cette réduction explique sans doute, en partie,
la faible portée électorale des partis écologistes en France comme ailleurs.
Chez nous, en pays-Martinique, certains la définissent d’abord comme « décoloniale ».
Cette dimension si nécessaire soit-elle, devient étroite si elle constitue un horizon plutôt qu’un passage obligé.
Car l’écologie ne saurait être une fin en en soi mais un passage.
Ðés lors,
comment accéder d’emblée
(avec une poétique)
à la focale qui traverse,
qui dépasse et englobe toutes les étroitesses de nos petis combats :
une Politique de la Relation ? Lire Plus
Poésies
Je vais au gré du vent
Je vais au gré du ventÉcrits
« La Sensibilité », « Logique », « Conscientisation »

— Par Jean Bernard Bayard —
La Sensibilité
La sensibilité n’est pas cette faculté acquise
Elle est innée ou devient une perfide hantise
C’est ainsi que s’explique toutes nos bétises
Elle nous sert si souvent de génial pare-brise
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La sensibilité définit notre profonde humanité
Que l’hypocrisie civilisatrice a si bien atrophiée
Et donne libre cours à toutes sortes de vanités
Qui nous infligent une perte de notre générosité
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La sensibilité est l’amour envers notre prochain
Où l’altruisme règne comme un grand souverain
Dont la moralité et l’intégrité deviennent le destin
De toutes ces nations dirigées de dignes humains
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La sensibilité n’est point avilissante ou humiliante
Elle est très respectueuse et aussi encourageante
Ne dévalorise jamais elle est surtout bienveillante
De toutes les vertus de l’espèce la plus importante
Jean-Bernard Bayard
Logique
L’avenir de notre honorable passé dépend de notre travail présent
Comment louer le beau geste de nos ancètres tout en les humiliant
Saint-Domingue révolte glorifiée devient Haïti pays déshumanisant
Comment espérer de toutes nos magouilles un futur resplendissant
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Un passé simple peut nous offrir aussi bien un beau futur antérieur
Un passé composé n’offrira point un conditionnel présent supérieur
Cependant un present composé de bonnes intentions de l’intérieur
Projette alors un plus que parfait collectif à tout le monde extérieur
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Si nous avons un passé conditionnel peut-on espérer une évolution
Quelque soit le mode subjonctif ne sera-t-il pas de la subordination
Que ce soit bien le participle présent ou passé de toutes nos actions
Il est impératif d’être autonome, et souverain de notre chère nation
Jean-Bernard Bayard
Conscientisation
Sommes-nous une espèce morale intègre et sage
Nous disons être raisonnable et non pas sauvage
Du berceau de la civilisation à notre présent âge
L’extermination est notre seules curieux partage
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Sommes-nous une espèce cupide avide et cruelle
Nous disons être paisible et surtout pas criminelle
De tous temps la violence nous a été traditionnelle
La corruption est notre déviance constitutionnelle
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Sommes-nous la race magouilleuse et machiavélique
Nous disons être équitable et alors pas démagogique
Notre histoire démontre bien une mentalité satanique
La vérité est-elle réelle ou une propagande mystique
Jean-Bernard Bayard Lire Plus
Yékri
L’éphéméride du 21 septembre
Proclamation de l’abolition de la royauté le 21 septembre 1792
Première parution du roman Le Hobbit par J. R. R. Tolkien le 21 septembre 1937
Naisance de Mathieu Édouard Glissant le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie en Martinique
La proclamation de l’abolition de la royauté est un événement de la Révolution française qui s’est déroulé le 21 septembre 1792 lors de la première séance de la Convention nationale, au cours de laquelle les députés ont proclamé l’abolition de la royauté en France (qui prenait la forme d’une monarchie constitutionnelle instituée par la Constitution du 3 septembre 1791). Elle marquait ainsi la fin de près de huit siècles de monarchie ininterrompue et la naissance de la Première République, premier régime républicain de l’histoire de France.
Contexte
Les députés de la Convention se savaient mandatés pour mettre un terme à une crise qui couvait depuis la fuite et l’arrestation à Varennes de Louis XVI (les 20 et 21 juin 1791) et la prise sanglante des Tuileries (le 10 août 1792). Leur origine bourgeoise et leur activité politique ne les portaient pas, pour la plupart, à l’indulgence envers le trône. Lire Plus

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