Africa Intelligence : De Kampala à Accra, maîtriser ses outils et ses responsabilités

À Kampala, huit États d’Afrique de l’Est viennent d’adopter des stratégies communes sur l’intelligence artificielle, les biotechnologies et la transformation numérique.

Une ambition singulière se dessine : former les étudiants et donner au kiswahili toute sa place dans les technologies émergentes.

L’Ouganda engage parallèlement le retrait progressif de ses troupes de la mission africaine en Somalie, après près de vingt ans d’intervention. Au Ghana, un partenariat minier promet davantage de transformation locale, mais soulève des interrogations sur la propriété et le financement.

À Addis-Abeba, la CEDEAO rappelle les lenteurs de la libre circulation continentale.

Enfin, la Banque africaine de développement confirme sa capacité à mobiliser des capitaux internationaux. Cinq dossiers, une question : comment transformer les engagements africains en compétences, en capacités productives et en résultats vérifiables

I. BRIEF INTELLIGENCE

🇺🇬 OUGANDA — Kampala place l’intelligence artificielle et le kiswahili au cœur de l’intégration régionale

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Victor Anicet parti, la Martinique perd un Trésor…

— Par Christian Jean-Étienne, pour le Comité Devoir de Mémoire. —

Victor nous semblait éternel.
La nouvelle est tombée le lundi 26 octobre, comme un véritable coup de massue !
Victor nous laisse une œuvre considérable, imprégnée des héritages amérindiens et caribéens, chargée de l’histoire et de la mémoire de la Martinique.

Plasticien, céramiste, peintre, enseignant et figure majeure de l’art martiniquais, il n’avait de cesse de valoriser et de transmettre, à sa manière, l’histoire de la Martinique, celle du monde amérindien, de l’esclavage, du marronnage, de la colonisation et de la complexité de notre société martiniquaise.
Le Comité Devoir de Mémoire de Martinique perd un ami, un grand frère. Il partageait notre quête identitaire, et nous avions en commun cette volonté de sortir notre histoire de l’oubli et de lutter contre l’amnésie collective.
Chaque fois que nous l’avons sollicité pour participer à l’une de nos actions, il a accepté sans hésiter.
« Ouvrons la rue de la Liberté », en juillet 1998, à Fort-de-France. Pour célébrer le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, nous avons organisé un happening de rue, une nuit de veillée au cours de laquelle les artistes ont apporté leur contribution pour réclamer la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.
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Agenda culturel du 31 octobre au 8 novembre 2026

Du 31 octobre au 8 novembre 2026, la Martinique déploie une programmation culturelle où se croisent danse contemporaine, théâtre caribéen, musique, arts plastiques et célébration de la langue créole.

De Fort-de-France au Vauclin, du François aux Trois-Îlets, cette première semaine de novembre offre l’occasion de découvrir des artistes, de revisiter les mémoires et de faire vivre les lieux culturels de l’île.

Du 3 au 8 novembre : les écritures théâtrales prennent possession de l’île

Le principal temps fort de la semaine est sans doute Les Théâtrales de novembre, organisées par ETC Caraïbe, structure martiniquaise consacrée à l’accompagnement et à la valorisation des écritures dramatiques contemporaines. Pendant six jours, lectures, spectacles, ateliers et rencontres investissent plusieurs communes, dessinant une géographie théâtrale qui dépasse les scènes traditionnelles.

  • Mardi 3 novembre, à 19 h, la Galerie-école du Centre caribéen d’art, à la Tour Lumina de Fort-de-France, accueille La Vaillante, texte du dramaturge martiniquais Giovanny Germany. La pièce imagine une Martinique coupée du monde, où les relations humaines se dégradent à mesure que l’ordre collectif vacille.
  • Mercredi 4 novembre, à 19 h, Mona El Yafi présente La Fille du volcan à Terre d’Arts, au parc de Tivoli.
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Africa Intelligence : De Kampala à Accra, maîtriser ses outils et ses responsabilités

À Kampala, huit États d’Afrique de l’Est viennent d’adopter des stratégies communes sur l’intelligence artificielle, les biotechnologies et la transformation numérique.

Une ambition singulière se dessine : former les étudiants et donner au kiswahili toute sa place dans les technologies émergentes.

L’Ouganda engage parallèlement le retrait progressif de ses troupes de la mission africaine en Somalie, après près de vingt ans d’intervention. Au Ghana, un partenariat minier promet davantage de transformation locale, mais soulève des interrogations sur la propriété et le financement.

À Addis-Abeba, la CEDEAO rappelle les lenteurs de la libre circulation continentale.

Enfin, la Banque africaine de développement confirme sa capacité à mobiliser des capitaux internationaux. Cinq dossiers, une question : comment transformer les engagements africains en compétences, en capacités productives et en résultats vérifiables

I. BRIEF INTELLIGENCE

🇺🇬 OUGANDA — Kampala place l’intelligence artificielle et le kiswahili au cœur de l’intégration régionale

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Mort numérique : un héritage sans cadre juridique

— Par Jordy Bony (*) & Alexandre Veremme (*) —

Après la mort, les données restent. Le droit, lui, n’a pas encore suivi.

Écrit par The Conversation

En bref

  • Un vide juridique européen. Le RGPD exclut les données des personnes décédées et laisse chaque État légiférer. La France a ouvert la voie en 2016 avec la loi pour une République numérique, qui permet de fixer ses volontés numériques post-mortem. D’autres pays n’ont rien prévu, ce qui crée une inégalité entre citoyens européens.
  • Un héritage numérique partiellement transmissible. Cryptoactifs, NFT et noms de domaine entrent dans la succession, mais deviennent irrécupérables sans clé privée. Les achats sur Steam, Kindle ou Adobe ne sont que des licences personnelles, qui s’éteignent au décès.
  • IA et deadbots, des usages sans garde-fou.
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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

L’angoisse d’un déclassement annoncé

Pourquoi la classe moyenne est au bord de la crise de nerfs ?

— Par Jean-Marie Nol —

La classe moyenne française, dans l’Hexagone comme aux Antilles, traverse une période de profonde inquiétude qui pourrait bien se transformer en véritable crise de nerfs collective. Notre analyse qui se veut une nouvelle fois d’ordre prospective met en perspective les inquiétudes et surtout les fortes craintes de la classe moyenne hexagonale et antillaise, en intégrant la menace de l’intelligence artificielle, la dégradation accélérée du climat social et politique et les incertitudes économiques et surtout financières qui pèsent sur l’avenir. Longtemps considérée comme le socle de stabilité économique, sociale et démocratique du pays depuis les trente glorieuses dans l’hexagone et la départementalisation aux Antilles , elle se retrouve aujourd’hui prise en étau entre la perte de pouvoir d’achat, la montée de la violence, la pression fiscale, l’endettement public, la dégradation des services publics et la peur grandissante du déclassement. Elle travaille, cotise, paie ses impôts, rembourse ses emprunts, mais éprouve de plus en plus de difficultés à maintenir son niveau de vie et à garantir à ses enfants une trajectoire sociale meilleure que la sienne.  Lire Plus

Luc Reinette, Jean-Jacob Bicep et Raymond Gauthierot : Pour une Guadeloupe indépendante

– par Rodolf Etienne

L’appel du 24 octobre 2026 à la constitution d’un Conseil national de la Guadeloupe marque une nouvelle étape dans l’histoire du nationalisme guadeloupéen.

Parmi ses promoteurs figurent Luc Reinette, ancien dirigeant de la mouvance indépendantiste clandestine des années 1980, Jean-Jacob Bicep, ancien député européen, et Raymond Gauthierot, figure du syndicalisme nationaliste.

Derrière cette proposition d’un gouvernement de transition vers une République indépendante se dessine une interrogation plus ancienne : comment transformer la revendication de souveraineté en projet politique partagé par la population guadeloupéenne ?

Le 24 octobre 2026, une déclaration qui convoque l’histoire

Le 24 octobre dernier, vingt-quatre personnalités annonçaient leur volonté de constituer un Conseil national de la Guadeloupe, conçu comme un gouvernement de transition chargé de préparer l’accession de l’archipel à la pleine souveraineté. Le choix du 24 octobre renvoie à l’année 1801. Ce jour-là, dans la Guadeloupe révolutionnaire, des officiers et militaires guadeloupéens, parmi lesquels Joseph Ignace, participent au renversement de l’autorité du contre-amiral Raymond de Lacrosse. Un Conseil provisoire de gouvernement est ensuite constitué, avant que l’expédition française de 1802 ne rétablisse l’autorité consulaire et l’esclavage dans la colonie.  Lire Plus

« Papa où t’es ? », film documentaire de Basile Monnot et Samy Bouyssié

À Madiana. 

Synopsis
À 27 ans, Nicolas Trouvé, alias Nico, créateur de contenu et streamer suivi sur TikTok, Twitch et YouTube, décide de remonter le fil de son histoire personnelle. Arraché à sa mère dès l’âge de trois ans, il a grandi entre familles d’accueil et foyers, sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). De son enfance, il ne conserve que très peu de souvenirs et de son père biologique, il ne connaît presque rien.
Animé par le besoin de comprendre ses origines et de mettre un visage sur ce père qu’il n’a jamais connu, Nicolas entreprend une véritable quête familiale. Grâce à la consultation de son dossier de l’ASE, il rassemble les premiers indices et se lance dans une enquête qui le conduira jusqu’au Sénégal.
Au fil de ce voyage, il part à la rencontre de sa famille, découvre des pans méconnus de son histoire et tente de reconstruire une identité longtemps marquée par l’absence et les séparations. Au-delà de cette recherche intime, son parcours devient aussi une occasion de donner la parole aux enfants placés et de mettre en lumière les réalités, les blessures et les questionnements de celles et ceux qui grandissent loin de leur famille.  Lire Plus

« Chamane » de Patrick Mathelié-Guinlet :

CHAMANE

Dans les projections vacillantes à la lumière parcimonieuse des torches fumeuses, des ombres déformées, étirées, silhouettes fantastiques sur la semi-obscurité des murs de la vieille cabane de bois…

Dans le martèlement obsédant de la peau du grand tambour circulaire et son écho vibratoire presque infra sonique…

Dans l’âcre odeur du sang frais des bêtes sacrifiées, répandu sur le sol de terre battue…

Dans l’entrelacs entêtant d’épaisses fumées enivrantes, hallucinogènes des feuilles sèches de plantes psychotropes jetées sur les pierres brûlantes du foyer…

Dans le goût amer révulsant l’estomac, du breuvage sombre, décoction de champignons, de lianes ou d’écorces, ouvrant les portes secrètes du monde invisible…

Dans les pas inlassablement répétés de sa danse tout comme l’est la mélopée tour à tour grave ou aiguë, lancinante et incantatoire dont il l’accompagne…

Dans les bois de cerf, crânes et os d’animaux, griffes et dents, plumes multicolores, coquillages et perles, pierres mystiques et boules d’ambre, chargés de magie ancestrale…

s’incarnent les esprits de l’air, les esprits de l’eau, ceux du feu et ceux de la forêt, les esprits animaux de l’ours, du loup, de l’élan, du jaguar, de l’aigle, du corbeau et du serpent et tous ceux des plus lointains ancêtres peuplant la transe divinatoire du chamane…

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L’éphéméride du 2 novembre

Décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation le 2 novembre 1789

Le décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation est un décret pris le 2 novembre 17891, au cours de la Révolution française, par l’Assemblée constituante. Adopté par 568 voix contre 346 sur la proposition de Talleyrand, évêque d’Autun, il disposait que les biens du clergé de l’Église catholique devaient être mis à la disposition de la Nation pour rembourser les dettes de l’État. En contrepartie, celui-ci prenait à sa charge les frais de culte, payait un salaire à ses ministres (les prêtres, qui reçurent 1 200 livres par an, alors que ceux — la majorité — qui étaient réduits à la « portion congrue » n’en touchaient que 750), et pourvoyait à l’entretien des hôpitaux et au soulagement des pauvres. Cette décision fut à l’origine de multiples difficultés que rencontra la France révolutionnaire.

Le texte
« L’Assemblée nationale décrète :

1° Que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation, à la charge de pourvoir, d’une manière convenable, aux frais du culte, à l’entretien de ses ministres, et au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d’après les instructions des provinces ;

2° Que dans les dispositions à faire pour subvenir à l’entretien des ministres de la religion, il ne pourra être assuré à la dotation d’aucune cure moins de 1 200 livres par an, non compris le logement et les jardins en dépendant.  Lire Plus

Les Rothschild et l’Afrique : Des mines coloniales aux milliards de la finance contemporaine

AFRIQUE — ÉCONOMIE, HISTOIRE ET GÉOPOLITIQUE

De Cecil Rhodes aux restructurations de dettes souveraines, comment une dynastie bancaire européenne a traversé près de cent cinquante ans d’histoire économique africaine.

Les Rothschild ne possèdent pas l’Afrique. Mais leur histoire est intimement liée à celle de plusieurs de ses grandes transformations économiques.

Depuis les mines de diamants d’Afrique australe à la fin du XIXe siècle jusqu’aux opérations financières qui engagent aujourd’hui plusieurs milliards de dollars, cette famille européenne a participé, directement ou par l’intermédiaire de ses établissements bancaires, à des décisions majeures concernant les ressources, les entreprises et les finances publiques du continent. Derrière un nom devenu presque mythique se dessine une réalité plus intéressante que les légendes : celle d’une influence financière ancienne, progressivement transformée, et d’une interrogation toujours actuelle sur la souveraineté économique africaine.

Une dynastie européenne à la conquête des marchés mondiaux

L’histoire commence à Francfort, dans l’actuelle Allemagne, avec Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur d’une maison financière dont les cinq fils développent les activités dans plusieurs capitales européennes, notamment Londres, Paris, Vienne et Naples. Au XIXe siècle, cette organisation familiale internationale permet de financer des États, des infrastructures et de grandes entreprises.

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Norvège : À Jotunheimen, des secrets historiques menacés

– par Jarvis Dunham

Au cœur des montagnes norvégiennes, un tunnel creusé à la main dans une glace plurimillénaire offre un voyage saisissant dans le passé.

Mais derrière cette prouesse scientifique et patrimoniale se dessine une réalité autrement inquiétante : les archives naturelles qui livrent aujourd’hui leurs secrets sont menacées de disparition par le réchauffement climatique.

Dans le massif du Jotunheimen, au sud de la Norvège, non loin du Galdhøpiggen, point culminant du pays à 2 469 mètres, les visiteurs peuvent pénétrer dans une véritable bibliothèque de glace. À environ 1 850 mètres d’altitude, le Klimapark 2469, parc consacré au climat et à l’histoire des montagnes, abrite un tunnel aménagé dans la masse glacée de Juvfonne. Creusé à la main sur une soixantaine de mètres, ce passage conduit à travers des couches de glace dont les plus anciennes remontent à 7 600 ans, selon des datations scientifiques publiées en 2017. Une traversée exceptionnelle de plusieurs millénaires d’histoire naturelle.

Conçu avec la participation du sculpteur norvégien Peder Istad, le tunnel possède des salles, des couloirs, des sculptures et des espaces pédagogiques où se rencontrent géologie, archéologie et mythologie nordique.

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Victor Anicet parti, la Martinique perd un Trésor…

— Par Christian Jean-Étienne, pour le Comité Devoir de Mémoire. —

Victor nous semblait éternel.
La nouvelle est tombée le lundi 26 octobre, comme un véritable coup de massue !
Victor nous laisse une œuvre considérable, imprégnée des héritages amérindiens et caribéens, chargée de l’histoire et de la mémoire de la Martinique.

Plasticien, céramiste, peintre, enseignant et figure majeure de l’art martiniquais, il n’avait de cesse de valoriser et de transmettre, à sa manière, l’histoire de la Martinique, celle du monde amérindien, de l’esclavage, du marronnage, de la colonisation et de la complexité de notre société martiniquaise.
Le Comité Devoir de Mémoire de Martinique perd un ami, un grand frère. Il partageait notre quête identitaire, et nous avions en commun cette volonté de sortir notre histoire de l’oubli et de lutter contre l’amnésie collective.
Chaque fois que nous l’avons sollicité pour participer à l’une de nos actions, il a accepté sans hésiter.
« Ouvrons la rue de la Liberté », en juillet 1998, à Fort-de-France. Pour célébrer le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, nous avons organisé un happening de rue, une nuit de veillée au cours de laquelle les artistes ont apporté leur contribution pour réclamer la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.
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Aux temps des élégies.

— Poème de Robert Lodimus —

J’imprime ma rébellion
Sur la nuitée orageuse
Qui engendra Samsun.
Les enfants qui errent
Dans le vallon
D’insupportables malheurs,
Les femmes violées,
Les hommes handicapés,
Trempés sous la pluie,
Puis crucifiés sous le soleil,
Les vieillards recroquevillés,
Empilés dans les morgues
De l’épouvante,
Les fillettes abusées,
Les garçons déguenillés
Qui ont trépassé
Dans l’indifférence
Des bourreaux et des forbans :
Tous ceux-là que je croise
Sur la route scabreuse
De mon inertie honteuse
N’ont plus de noms et de visages.
Une flamme de vie
S’est encore
Brusquement éteinte.
Liberté :
Tu refuses toujours
De t’engager
Sur le chemin
Qui mène
Au goulag,
Où l’on a écorché
Jacques Soleil,
Et où sont décédés
Tant de Camarades
Qui ont rêvé
De t’enlacer.
Ton absence insupportable
A retardé la danse
Du totem
Dans l’abatis
De nos douleurs.
Comme le Cynique de Sinope [1],
Je t’ai cherchée
Avec une gerbe
Enflammée
Dans le midi
De l’impatience
Dévorante.
Les luges de l’adversité
Ont arraché
La feuille de casse-sexe
Sur le corps tuméfié
De la ville
Qui porte les vergetures
De mes soirées
De cache-cache.  Lire Plus

Ellen Johnson Sirleaf : Voix de femmes, voix de paix au Libéria

AFRIQUE — PORTRAIT HISTORIQUE ET POLITIQUE 

À 88 ans, Ellen Johnson Sirleaf demeure l’une des grandes figures politiques de l’Afrique contemporaine.

Première femme élue démocratiquement à la tête d’un État africain, présidente du Libéria de 2006 à 2018 et prix Nobel de la paix en 2011, elle a conduit la reconstruction d’un pays dévasté par quatorze années de guerres civiles.

Mais son héritage, immense sur le plan symbolique, ne saurait être détaché des controverses sur la justice, la corruption et les promesses sociales inachevées. Son combat se poursuit désormais à travers la formation d’une nouvelle génération de dirigeantes africaines.

Le 29 octobre 2026, Ellen Johnson Sirleaf a célébré son 88ᵉ anniversaire. Quelques jours auparavant, le 12 octobre, elle rencontrait à Rome le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, pour évoquer la sécurité alimentaire et l’émancipation économique des agricultrices africaines.

Une rencontre qui rappelle combien l’ancienne présidente du Libéria demeure engagée dans les grands débats du continent.

Une enfant de Monrovia dans un pays traversé par l’histoire

Ellen Johnson Sirleaf naît le 29 octobre 1938 à Monrovia, capitale du Libéria, sur la côte atlantique de l’Afrique de l’Ouest.

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Toussaint. Tous nos ancêtres perdus.

— Par Patrick Chamoiseau —

Toussaint.
Tous nos ancêtres perdus

Les millions d’Africains

déportés dans les Antilles et dans les Amériques

broyés par le système des plantations

ont eu à vivre ce manque :
la déconstruction de leurs fondations sociétales spirituelles culturelles

et avec elles

la dévastation des liens
à leurs ancêtres.

Le culte des morts (qui absorbait cette perte) a décuplé notre ferveur de la Toussaint.

Chaque bougie
nommait
obscurément
ceux que l’on avait perdus

chaque bougie
nommait aussi cette mort symbolique qui nous était
si longuement
infligée.

Jodi jou
derrière chacune de nos bougies il y a cette absence ancestrale

mais il y a surtout

l’informulée prescience

de notre propre mort tant collective qu’individuelle
(et à peine symbolique)
dessous le règne capitaliste.

Allumons les bougies.

p.c. Nov 2026.  Lire Plus

34, rue Gay-Lussac

— Par Gary Klang —

On ne s’ennuyait pas à la rue Gay-Lussac (j’habitais au 34). En plus de Mai 68, je n’oublierai jamais une pièce de Cervantès dans laquelle je jouai à l’Institut hispanique qui se trouvait juste en face de chez moi.

A côté de l’Institut, il y avait un café où je passais mes journées (les Parisiens passent plus de temps au café que chez eux). J’appelais ce lieu Chez Chef, le surnom que j’avais donné au garçon devenu un ami. J’y ai rencontré beaucoup de gens intéressants et notamment le fils de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersh, des fanatiques qui dirigeaient le Parti communiste français (PCF) à la manière stalinienne. Fiston nous raconta ses vacances idylliques à Moscou, autrement dit au paradis terrestre.

Mais revenons à ma pièce de théâtre. Un professeur d’espagnol nommé Gilles me proposa un jour de jouer dans une pièce de Cervantès. Moi qui n’ai jamais voulu faire du théâtre, j’ignore quelle mouche tsé tsé ou haïtienne me piqua alors pour que j’accepte. Comme quoi, l’inconscient nous joue parfois de drôles de tours.  Lire Plus

Ce qui change en novembre 2620

Argent

Une nouvelle taxe pour les colis importés à partir du 1er novembre

Une redevance européenne pour frais de traitement entre en vigueur au 1er novembre 2026. Elle est applicable à l’ensemble des colis entrant dans (…)   Lire la suite >

Comment bénéficier de la retraite de réversion ?

Après le décès de votre époux ou de votre épouse, vous pouvez percevoir, sous certaines conditions, une partie de sa retraite. C’est le (…)   Lire la suite >

C’est le moment de corriger votre déclaration de revenus

Vous pensez avoir fait une erreur sur votre déclaration 2026 de revenus, ou bien avoir oublié de déclarer une somme ? Vous avez la possibilité (…)   Lire la suite >

Quelles sont les mentions désormais obligatoires dans les nouveaux contrats de bail ?

Les modèles réglementaires de bail ont évolué au 1er octobre 2026 pour les logements loués vides, meublés et les colocations à bail unique. Les (…)   Lire la suite >

Quelles sont les mentions désormais obligatoires dans les nouveaux contrats de bail ?

Les modèles réglementaires de bail ont évolué au 1er octobre 2026 pour les logements loués vides, meublés et les colocations à bail unique.  Lire Plus

Octobre de nos malheurs!

—Par Robert Lodimus —

« Ce qui est terrible, ce n’est pas de souffrir ni de mourir, mais de mourir en vain. »

(Jean-Paul Sartre)

****

Pour les combattants de la Liberté, octobre, outre le symbolisme de la Révolution des bolcheviks qu’il renferme, demeure un mois de martyrologie. Le 9 octobre 2026, les masses populaires anti-impérialistes ont salué la mémoire de l’illustrissime Ernesto Che Guevara. Depuis 59 ans, elles ne se sont jamais lassées d’accomplir cet acte majestueux de commémoration honorable à l’endroit de ce Héros légendaire qui caressait un « Rêve de Justice sociale » incomparable, qui avait élaboré un « Projet politique » d’une audace rationnelle, au moyen duquel – très certainement – les pauvres de l’humanité seraient parvenus à refaire leur visage entaillé et amoché par le « mal vivre » systématisé. Le capitalisme n’a-t-il pas institutionnalisé la « pauvreté » à l’Ouest et la « misère » à l’Est ? À l’instar du Charpentier de Nazareth, Ernesto Guevara est mort pour la Rédemption sociale, économique et politique des peuples dépouillés de leurs droits, des êtres humains bestialisés, enfermés çà et là dans les enclos des puissances dominatrices : de pauvres hères qui regardent leur avenir à travers des prismes de désillusions et d’abattements.  Lire Plus

Sainte-Luce : Les visages de pierre de Montravail

  • par Rodolf Etienne

Sur les hauteurs de Sainte-Luce, dans le sud de la Martinique, des visages gravés dans la roche volcanique témoignent d’une histoire antérieure de plusieurs siècles à la colonisation européenne.

Étudié depuis 1970, le site précolombien de Montravail demeure aussi précieux que mystérieux.

Entre découvertes archéologiques, interrogations sur les croyances amérindiennes et nouveau projet d’aménagement engagé en 2026, ce patrimoine exceptionnel revient au centre de l’attention.

Des visages surgis de la pierre

À quelques kilomètres des plages de Sainte-Luce, sur les hauteurs verdoyantes de la commune, la forêt de Montravail abrite l’un des témoignages les plus remarquables de la présence amérindienne en Martinique. Ici, bien avant l’arrivée des Européens dans l’archipel antillais, des hommes ont choisi de laisser sur la pierre la trace de représentations dont le sens nous échappe encore largement. Des yeux ronds, des bouches schématiques, des silhouettes de visages, quelques signes difficiles à interpréter : autant de marques inscrites dans la roche volcanique et parvenues jusqu’à nous à travers les siècles. Ces gravures, appelées pétroglyphes, appartiennent à une forme d’expression artistique et symbolique attestée dans de nombreuses régions du monde.  Lire Plus

Le corps en métaphysique spirituelle…

— Par Camille Loty Malebranche —

La portée métaphysique du corps tient de sa vocation de devenir temple de Dieu et demeure sacrée de l’homme prenant conscience qu’il est esprit et fils de Dieu. L’unique signification supérieure du corps est de s’élever par la consécration spirituelle de la foi, à la stature d’habitat divin, seul lieu possible où Dieu habite avec l’esprit incarné qu’est l’homme.

« Le Père et Moi, nous viendrons à celui qui croit, demeurerons avec lui et prendrons avec lui, le repas du soir ». Jésus annonce par cette dernière assertion comme en d’autres où il présente le corps comme temple et habitat, que Dieu demeure dans le corps sanctifié de l’homme spirituel qui sait s’élever par la grâce divine à la dignité de sa nature d’esprit. Le repas du soir renvoie aux derniers moments terrestres du chrétien, ce que le langage organique et confus de la langue appelle maladroitement et abusivement la mort. Car il n’y a pas de mort de l’esprit au moment de quitter un corps dévitalisé par l’abandon de l’âme. L’âme qui, faut-il le rappeler – sans être en soi une conscience, et loin d’être l’esprit auquel des théologiens et religions l’assimilent si souvent – constitue cette hypostase d’énergie impondérable qui anime le corps par les fonctions vitales déterminant la vie et la conscience somatiques, de sorte que, une fois en allée, elle ne laisse le corps que comme dépouille mortelle.  Lire Plus

Lycéens réprimés : la violence, symptôme d’une démocratie qui refuse le rapport de forces

— Par Denis Merklen (* ) —

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • Les mobilisations lycéennes de l’automne 2026 illustrent une escalade des tensions entre manifestants et forces de l’ordre, avec des milliers d’interpellations et plusieurs adolescents grièvement blessés.
  • Grèves, blocages et occupations font partie des moyens d’action des mouvements sociaux. Leur remise en cause fragilise, selon les auteurs, la capacité des citoyens à peser sur les décisions politiques.
  • L’affaiblissement des contre-pouvoirs, les échecs répétés des mobilisations et la réponse essentiellement policière du gouvernement risquent d’alimenter une spirale de violences et de défiance démocratique.

Sommaire

La mobilisation des jeunes lycéens et des étudiants n’est ni la première ni la seule à s’associer à des formes violentes de conflit.  Lire Plus

L’éphéméride du 1er novembre

La « Toussaint rouge » marque le début de la guerre de libération algérienne dite « Guerre d’Algérie» le 1er novembre 1954.

La Toussaint rouge, parfois appelée Toussaint sanglante, est le nom donné en France à la journée du 1er novembre 1954, durant laquelle le Front de libération nationale (FLN) manifeste pour la première fois son existence en commettant une série d’attentats en plusieurs endroits du territoire algérien, à l’époque sous administration française. Cette journée est rétrospectivement considérée comme le début de la guerre d’Algérie (1954-1962) et elle est devenue une fête nationale en Algérie.

La formule se réfère à la Toussaint (littéralement : fête de tous les saints), dont la date est le 1er novembre, à laquelle une signification funèbre est souvent attribuée par confusion avec le jour des morts (2 novembre).

L’Algérie du statut de 1947
En 1954, le territoire de l’Algérie est considéré comme partie intégrante de la République française (et non pas une partie de l’Union française). La population de l’Algérie est divisée en deux catégories principales : les citoyens appartenant au premier collège électoral (dits « Français d’Algérie », « Européens », « pieds-noirs ») ; les citoyens appartenant au deuxième collège (dits « musulmans » ; « indigènes » jusqu’en 1947), les deux collèges d’un million d’Européens d’une part et de huit millions d’Algériens d’autre part élisent le même nombre de représentants.  Lire Plus

Leïla Gonier : La Martinique à hauteur de regard

– par Jarvis Dunham

Journaliste, chroniqueuse culturelle, réalisatrice et passionnée de yole traditionnelle, Leïla Gonier développe depuis plusieurs années un parcours à la croisée de l’information, des arts visuels et des réalités sociales martiniquaises.

Son travail, qui traverse la presse, la photographie, le cinéma, l’économie et le patrimoine, témoigne d’une curiosité pour les différentes manières de raconter un territoire et ceux qui le font vivre.

De Sciences Po à l’écriture journalistique

Après des classes préparatoires aux grandes écoles, Leïla Gonier poursuit ses études à l’Institut d’études politiques de Rennes, puis à celui de Bordeaux, en France. Une formation qu’elle complète par l’apprentissage de la photographie et du cinéma, deux disciplines qui élargissent son rapport à l’information. Son parcours professionnel la conduit à collaborer à plusieurs titres de presse, notamment France-Antilles Magazine, Antilla, TAG Mag et EWAG. Elle participe également à l’animation du magazine culturel en ligne Art’Chipel. Sa pratique professionnelle associe progressivement le reportage, l’entretien, l’écriture documentaire et la réalisation audiovisuelle. Une diversité apparaît également dans son activité de production. En juin 2015, Leïla Gonier crée L.G  Lire Plus

Lennox Honychurch : Redonner aux Kalinagos leur place dans l’histoire

– par Rodolf Etienne

Historien, anthropologue, archéologue et écrivain dominiquais, Lennox Honychurch consacre depuis plus d’un demi-siècle son travail à la connaissance et à la transmission de l’histoire caribéenne.

De la résistance des peuples kalinagos aux communautés marronnes, de la restauration des fortifications coloniales à la sauvegarde des traditions populaires, cet intellectuel a contribué à renouveler le regard porté sur les Petites Antilles.

La publication prochaine en français de son ouvrage consacré aux Kalinagos offre une nouvelle occasion de découvrir son œuvre.

Né le 27 décembre 1952 à Portsmouth, dans le nord de la Dominique, État indépendant des Petites Antilles situé entre la Guadeloupe et la Martinique, Lennox Edward Honychurch s’est imposé comme une référence majeure de l’histoire régionale. Diplômé en anthropologie de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, où il a obtenu un doctorat consacré aux échanges culturels entre populations autochtones et sociétés issues de la colonisation, il développe une démarche associant recherches d’archives, enquêtes de terrain, archéologie et traditions orales. Dès 1975, il publie The Dominica Story, une histoire générale de son île devenue un ouvrage de référence.  Lire Plus

Cérémonie pour Victor Anicet

— Par Patrick Chamoiseau —

Argiles

Ce qui persiste, qui ne cède pas
Bouches de terre sans parole
Tessons de peuples
Dieux sans autels

Anicet
La bonne mémoire c’est vrai
est un lit de mémoires

Mains de terre d’où monte l’infime d’une présence. Signe de rien, mais qui concentre à fond l’insigne de plusieurs mondes

Adornos
Pierres à trois pointes
Rire salvateur de la chauve-souris dans le désastre du passage

Obscures puissances

C’est dire l’éclat des premiers gestes dans l’absence (t’obéissant soudain) devenue créatrice

(Ici, c’est le feu
qui escorte les mondes abolis)

(les cendres font la naissance)

Je vois l’étrange vaisseau des trays
leurs cargaisons d’époques, ces continents soudain achalandés, toutes ces formes, toutes ces forces, ces matières, et ce bleu à nul autre pareil
ensemble
sans ensemble
dans la secousse d’une longue vision  Lire Plus

Cuba à l’ONU : Le front contre l’embargo se fissure

Pour la 34e fois depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations unies demande la levée de l’embargo américain contre Cuba.

Mais le scrutin du 28 octobre 2026 révèle un recul spectaculaire du soutien diplomatique à La Havane, y compris dans la Caraïbe.

Une victoire politique en demi-teinte, alors que la population cubaine affronte une crise économique et énergétique majeure.

Cuba a remporté le vote, mais perdu du terrain. Réunie à New York le mercredi 28 octobre 2026, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté une nouvelle résolution demandant aux États-Unis de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à l’île depuis les années 1960. Le texte a recueilli 130 voix favorables, 17 voix contre et 25 abstentions. Vingt et un États membres n’ont pas participé au scrutin. La résolution a donc été adoptée à une large majorité, mais son soutien s’est sensiblement affaibli par rapport à 2025, où elle avait recueilli 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions. La perte de 35 suffrages favorables constitue le principal enseignement de cette réunion diplomatique.  Lire Plus

Les vraies urgences martiniquaises

— Par Jean-Pierre Maurice —
À l’heure où les élus martiniquais préparent avec l’État une étrange autonomie, un nombre croissant de Martiniquais constatent de graves difficultés dans leur vie quotidienne : prix des denrées alimentaires hors de contrôle, transports défaillants, accès aux soins compliqué, chômage élevé et services publics sous tension…

Les vraies urgences sont oubliées
Pire : alors que la population subit de plein fouet la vie chère, l’incertitude économique et les difficultés de toutes sortes, l’énergie politique se concentre sur un projet d’autonomie dont les contours restent flous et les bénéfices incertains. Beaucoup de Martiniquais se sentent obligés de « se débrouiller » face à des problèmes concrets que les responsables peinent à résoudre.
On dénombre ainsi de multiples alertes sociales et économiques non traitées avec l’urgence nécessaire. En cause, un sentiment de déconnexion entre les préoccupations des habitants et les priorités de certains décideurs.

Lautonomie vraiment ?
Avant de s’engager dans une autonomie risquée, ne serait-il pas plus juste et plus opportun que les élus et l’État assurent déjà le règlement des problèmes concrets qui handicapent quotidiennement la population martiniquaise, et que les solutions proposées répondent vraiment aux besoins des habitants ?  Lire Plus

Hommage à Victor Anicet.

Hommage à Victor Anicet.

— Par Myrna Nérovique —

Très cher professeur,
En tout honneur,
Je me souviendrai toujours de vous,
Er, je sais, que vous vous souviendrez toujours de nous :
Vos tendres élèves,
Dont vous êtes les sèves.
Et, toujours, je me revois encore, face à mon merveilleux pupître,
Vous voir déclamer toute l’histoire de l’art, dans un nouveau chapître.
Et, fière, dans mon univers,
Mon cœur, s’étiole, à présent, dans des vers amers.
Très cher professeur,
Ici, n’était point votre heur,
Et, dans cette poésie prosodique,
J’aimerais vous déclarer mon éloge mirifique.
Toujours, je me souviendrai de la base de mon histoire,
Toujours, mon tracé pictural, engoinfrera cette mémoire.
D’un enfant, dont l’art s’initie depuis jeune fille,
En s’armant de courage, face à cette vie d’intime vaudeville.
Vous m’avez amplement aidée,
Dans cette vie fortement perturbée.
Et, je tiens à vous faire mes adieux,
Il est vrai, que je ne puis faire mieux.
Et, je tiens à votre rendre cet honneur,
De tout mon être et de tout mon cœur.
Cet hommage, à vous, professeur,
Qui fit de moi, un être meilleur.  Lire Plus

Thierry Mathiasin : Quai des arachides (6)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

LES ATTERRAGES DU TROU

Au gestation de poupes,
L’enfléchure ovulaire
A renfloué les étalingures du sang.
La progéniture des dérives
Aux écluses des copulations vaines
Drague des vibromasseurs
Dans l’étui océanique des horizons turgides.
Vagissements ensablés
Au cou des ressacs têtus,
excitant le gland des récifs
Qui moutonnent aux tangages
Des clitoris ballants.  Lire Plus

De l’île au delta

— Par Gladys Acramel —

Proposition de lecture de Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove

L’exposition Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove est présentée au Mémorial ACTe du 29 mai au 29 août 2026. Inspirée par le roman de Maryse Condé Traversée de la mangrove, elle propose un parcours autour de la Guadeloupe, de ses mémoires, de ses héritages coloniaux, de ses circulations diasporiques et de ses devenirs possibles.

Le titre Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove contient déjà l’architecture conceptuelle de l’exposition. Son bilinguisme associe deux registres de pensée : celui du « nou » et du « péyi révé » et celui du parcours, tourné vers les « traversées », de l’île au jardin en passant par la mangrove.

Le « nou » liminaire y apparaît comme une évidence offerte au visiteur. Il ouvre un espace symbolique complexe. À travers la mangrove, l’exposition transforme la fragmentation du territoire en expérience de confluence : une tentative de commun travaillée par l’opacité, les mémoires disjointes et les recompositions.

L’œuvre de Joël Nankin, Il n’est point de désespoir, place le début du parcours sous l’orbe d’une figure verticale consolatrice, presque votive.  Lire Plus

Nouvel-a tonbé (Ba Viktò…)

— Par Daniel M. Berté —

Nouvel-a tonbé (Ba Viktò…)

An siel blé, blé-blé-blé
San pies ti niyaj blan
An ti van lalizé
Ka souflé karésan
Zeb, plant épi piébwa
Lanati verdwayan
Bet, moun toutalafwa
Ka viv an tjè kontan
Pa té ni bwi-kouri
Ni pies endikasion
Pa té ni pies ti-kri
Pies anonsiyasion
Epi tou sibitman
Epi tou soudènman
Epi tou briskeman
Epi tou britalman
An kout tjok plis kalot
Tousa pa osi red
Kout woch, kout ba-lapot
Tousa sa poko red
An gran déflagrasion
An gro détonasion
An papa esplozion
An sakré déblozion
Lespri défolmanté
La pansé déjwenté
Servo dépotjolé
Kò dékalfonsé
Tet pété tjè félé
Lafanmi dézolé
Tjè pété tet félé
Zanmi débousolé
Nouvel-a tonbé
Ou sav ki I pati
Nouvel-a tonbé
I alé I pati

I pati Abolày
Monté an Galilé
Foukan kay Met Bazil
Vwayajé kay Man Moun

26/10/26  Lire Plus

Agenda culturel du 31 octobre au 8 novembre 2026

Du 31 octobre au 8 novembre 2026, la Martinique déploie une programmation culturelle où se croisent danse contemporaine, théâtre caribéen, musique, arts plastiques et célébration de la langue créole.

De Fort-de-France au Vauclin, du François aux Trois-Îlets, cette première semaine de novembre offre l’occasion de découvrir des artistes, de revisiter les mémoires et de faire vivre les lieux culturels de l’île.

Du 3 au 8 novembre : les écritures théâtrales prennent possession de l’île

Le principal temps fort de la semaine est sans doute Les Théâtrales de novembre, organisées par ETC Caraïbe, structure martiniquaise consacrée à l’accompagnement et à la valorisation des écritures dramatiques contemporaines. Pendant six jours, lectures, spectacles, ateliers et rencontres investissent plusieurs communes, dessinant une géographie théâtrale qui dépasse les scènes traditionnelles.

  • Mardi 3 novembre, à 19 h, la Galerie-école du Centre caribéen d’art, à la Tour Lumina de Fort-de-France, accueille La Vaillante, texte du dramaturge martiniquais Giovanny Germany. La pièce imagine une Martinique coupée du monde, où les relations humaines se dégradent à mesure que l’ordre collectif vacille.
  • Mercredi 4 novembre, à 19 h, Mona El Yafi présente La Fille du volcan à Terre d’Arts, au parc de Tivoli.
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Dick Gregory : Faire rire du racisme et des préjugés

  • par Rodolf Etienne

Il avait compris qu’un éclat de rire pouvait parfois ébranler des certitudes qu’un long discours ne parvenait pas à entamer.

Humoriste, écrivain et militant des droits civiques, Dick Gregory (1932-2017) a fait de la scène un espace de confrontation avec les préjugés raciaux.

Proche de Martin Luther King, adversaire de la guerre du Viêt Nam et candidat à la présidence des États-Unis, il incarne une génération d’artistes afro-américains pour lesquels divertir ne signifiait pas renoncer à combattre.

Le rire comme première insoumission

Richard Claxton Gregory naît le 12 octobre 1932 à Saint-Louis, dans le Missouri, au centre des États-Unis. Deuxième d’une famille de six enfants, il grandit dans la pauvreté, élevé par sa mère, Lucille, dans une Amérique où la ségrégation raciale continue de déterminer les conditions d’existence de millions de citoyens noirs.

Excellent coureur, il obtient une bourse sportive à la Southern Illinois University, dans l’Illinois, avant d’interrompre ses études pour effectuer son service militaire.

C’est dans l’armée, au cours de spectacles organisés pour les soldats, qu’il commence à développer son talent comique. Après sa démobilisation, il s’installe à Chicago, travaille notamment dans les services postaux et se produit dans les établissements fréquentés par la communauté afro-américaine.  Lire Plus

L’éphéméride du 31 octobre

Michel-Ange termine le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine le 31 octobre 1541.

Le Jugement dernier est une fresque peinte par Michel-Ange, alors âgé de soixante ans, sur le mur de l’autel de la chapelle Sixtine au Vatican. Commandé par le pape Clément VII (Jules de Médicis), le travail dura six ans et fut inauguré par son successeur Paul III le 1er novembre 1541.

Historique
En 1532, Michel-Ange revient à Rome après un séjour de plusieurs années à Florence, où il a pris parti contre Clément VII dans le conflit qui l’opposait à l’empereur Charles Quint. Le pape, qui a pardonné, lui demande de remplacer les peintures des deux extrémités de la chapelle Sixtine par deux grandioses représentations : la Chute des anges rebelles et le Jugement dernier. Presque aussitôt, le peintre entame les études nécessaires à ce projet démesuré. En septembre 1534, Clément VII meurt et Michel-Ange espère pouvoir renoncer à cette tâche écrasante pour se remettre au tombeau de Jules II, qu’il regrette de n’avoir pu achever. Mais le nouveau pape Paul III entend que le projet de son prédécesseur soit mené à terme.  Lire Plus

Dieynaba Guèye : Sauvons les contes !

– par Rodolf Etienne
Conteuse, poétesse, écrivaine et militante de la transmission culturelle, Dieynaba Guèye, dite Diéo ou Diewo, a consacré une grande partie de son existence à préserver la parole traditionnelle sénégalaise.
Originaire du Fouladou, elle avait fait du conte un instrument d’éducation, d’émancipation et de dialogue entre les générations. Sa voix avait également résonné en Martinique.

L’enfance d’une conteuse sous les étoiles du Fouladou

Il était une fois, dans le sud du Sénégal, une petite fille qui refusait d’aller dormir sans avoir entendu une histoire. À Kolda, dans cette région du Fouladou où se rencontrent les langues, les peuples et les traditions de plusieurs pays d’Afrique occidentale, les soirées appartenaient encore largement aux conteurs. Les enfants se rassemblaient après le dîner, écoutaient les récits des anciens, apprenaient à reconnaître les personnages, leurs ruses, leurs erreurs, leurs qualités et leurs faiblesses. Parmi ces enfants se trouvait Dieynaba Guèye, future écrivaine, poétesse et conteuse sénégalaise, connue sous les noms de Diéo et Diewo. Elle devait consacrer son existence à préserver ce patrimoine de la parole et à le transmettre aux générations suivantes.

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L’éphéméride du 30 octobre

Nat Turner, esclave noir insurgé à l’origine de la plus importante rébellion d’esclaves de l’Histoire des États-Unis, est capturé et arrêté dans le comté de Southampton le 30 octobre 1831.

Nathaniel dit Nat Turner, né probablement le 2 octobre 1800 et mort pendu le 11 novembre 1831, est un esclave et un prédicateur afro-américain. En 1831, il conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie. Cette insurrection sanglante d’esclaves entraîne une répression, légale et illégale, encore plus sanglante, et déclenche dans les États du Sud, la promulgation de nouvelles dispositions durcissant encore plus les Codes de l’esclavage (Slave codes (en)). Dans les années 1960, Nat Turner devient une icône du mouvement du Black Power.

Biographie
Jeunesse et formation
Nat Turner naît dans le comté de Southampton dans l’État de Virginie où il restera toute sa vie. Il doit son nom au propriétaire de sa mère, Benjamin Turner qui est probablement son père. Benjamin Turner ou l’un de ses fils légitimes lui apprendra à lire, écrire et compter, tandis que sa mère Nancy lui transmet la fierté de ses origines africaines et la haine de l’esclavage.  Lire Plus

L’éphéméride du 29 octobre

Jeanne de Brigue, dite La Cordelière, fut la première personne jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris, le 29 octobre 1390.

Elle fut brûlée vive le 19 août 1391.

Illustration : Sorcières cuisinant des enfants – tiré du Compedium maleficarum de Francesco Maria Guazzo, 1608

Biographie
Jeanne de Brigue est une paysanne de la région de Brie. Elle est connue pour ses dons de guérison et de voyance. Son procès a lieu à Paris et elle est incarcérée à la prison du Châtelet. Le 13 août 1391 elle est menée au marché aux pourceaux rue Saint-Honoré.

La chasse aux sorcières est la poursuite, la persécution et la condamnation systématique et en masse de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie. Si la condamnation des pratiques de sorcellerie se rencontre à toutes les époques et dans toutes les civilisations, cette chasse aux sorcières du Moyen Âge tardif et surtout de la Renaissance est particulière par la croyance en un complot organisé de sorcières se réunissant en sabbat pour détruire la chrétienté en faisant un pacte avec le diable, et par la persécution et la traque massive de ces prétendues sorcières.  Lire Plus

Boubacar Joseph Ndiaye : « Refusez l’oubli… »

– par Rodolf Etienne

Il avait connu la guerre, traversé les violences du XXe siècle et servi dans l’armée française avant de consacrer l’essentiel de son existence à une autre bataille : celle de la mémoire.

Boubacar Joseph Ndiaye (1922-2009), conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée, au Sénégal, est devenu l’une des grandes figures de la transmission de l’histoire de la traite atlantique.

Son éloquence, son engagement et les débats suscités par son récit interrogent aujourd’hui encore notre manière d’écrire, de comprendre et de transmettre le passé.

Un homme face à l’océan

Il se tenait là, dans la cour de cette demeure aux murs ocre, face à des visiteurs venus de tous les continents. Sa silhouette mince, son visage marqué par les années, sa voix grave et ses gestes mesurés composaient une présence immédiatement reconnaissable.

Lorsqu’il évoquait les hommes, les femmes et les enfants déportés depuis les côtes africaines, Boubacar Joseph Ndiaye ne se contentait pas de raconter une histoire. Il entendait empêcher le silence de la recouvrir. 

Pendant des décennies, dans la Maison des Esclaves de Gorée, petite île située au large de Dakar, il développa un récit saisissant de la traite atlantique.  Lire Plus

Jean-Pierre Fiard : Les forêts de la Martinique


MADININ’ART | HOMMAGE — PATRIMOINE NATUREL

Disparu le 23 octobre 2026, le botaniste et écologue Jean-Pierre Fiard laisse au patrimoine commun un héritage scientifique et humain considérable.

Son travail sur les forêts des Petites Antilles a contribué à renouveler notre connaissance du patrimoine naturel martiniquais et à éclairer les enjeux de sa préservation.

La Martinique vient de perdre l’un de ses grands connaisseurs du monde végétal. Jean-Pierre Fiard, botaniste, écologue et ancien professeur de philosophie, est décédé le vendredi 23 octobre 2026.

À travers ses recherches, ses observations de terrain et son engagement pour la transmission des savoirs, il avait consacré une part essentielle de sa vie à comprendre les forêts de Martinique et, plus largement, celles des Petites Antilles, cet arc insulaire de la Caraïbe orientale.

Une forêt qui raconte l’histoire d’un territoire

Pour Jean-Pierre Fiard, la forêt ne constituait pas seulement un assemblage d’arbres et d’espèces végétales. Elle était un milieu vivant, façonné par le climat, les reliefs, les sols, mais également par plusieurs siècles d’activités humaines. Comprendre la végétation martiniquaise, c’était aussi comprendre les transformations de l’île, depuis les défrichements agricoles jusqu’aux processus de régénération naturelle. 

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Philippe « Pipo » Burdy : Coeur musical de la Martinique


– par Rodolf Etienne

Philippe « Pipo » Burdy, bassiste martiniquais, a accompagné quelques-unes des aventures musicales les plus fécondes de son territoire, de Marius Cultier à Dédé Saint-Prix, de Marcé à Kali ou Claude Césaire aux musiques traditionnelles réinventées aux racines du jazz créole. Retour sur un parcours singulier qui raconte aussi un demi-siècle de transformations de la musique martiniquaise.

La basse, cet instrument qui tient la musique debout

Dans un orchestre, certains instruments attirent immédiatement l’attention. Le chanteur capte les regards, le soliste impose ses phrases, le tambour entraîne la danse et les cuivres donnent à la musique son éclat. La basse, subtile, travaille dans une relative discrétion. Pourtant, elle occupe une position essentielle : elle relie la pulsation à l’harmonie, soutient le mouvement, organise les appuis et donne à l’ensemble sa profondeur.

Philippe « Pipo » Burdy appartient à la famille des musiciens dont la présence – la basse – transforme la manière dont l’orchestre respire.

Depuis les années 1970, son nom traverse plusieurs univers artistiques qui ont contribué à façonner la musique martiniquaise contemporaine. Jazz, biguine, bèlè, chouval bwa, musique populaire créole, créations acoustiques et expérimentations collectives jalonnent une carrière dont les traces se retrouvent aussi bien dans les archives discographiques que dans la programmation des salles et des manifestations culturelles.  Lire Plus

IN MEMORIAM VICTOR ANICET

Patrick Mathelié-Guinlet

Un arbre géant sacré, un grand “Fwomagé” de la Martinique s’est abattu sous les coups de hache de l’âge…

Victor, victorieux de cette mort qui te rend immortel puisqu’à jamais bien vivant dans les innombrables œuvres que tu nous a laissées, dans ces peintures, ces sculptures, ces vitraux, ces calligraphies mais surtout dans cette terre martiniquaise dans laquelle tu as su insuffler ton âme, la pétrissant, la réchauffant avec amour pour la transformer en merveilles témoignant de nos racines ancestrales.

Ta vie, passionnante si elle en fut, tu aimais à nous la raconter avec le talent fascinant d’un conteur dans des paroles où la gentillesse et l’humour n’avaient d’égale qu’une grande sagesse…

Aujourd’hui je pleure un ami et avec toute la Martinique un immense artiste !

À jamais “lonnè ek respé”, Victor Anicet…

POTERIES

          (à Victor Anicet)

Mon pote le potier

a fait tourner la terre

pour de beaux vases en faire

avant de l’enfourner

dans les feux de l’enfer…

Mon pote le potier

est comme un créateur

de systèmes solaires,

un sculpteur d’univers,

un marchand de bonheur…

Il fait un beau métier !  Lire Plus

L’éphéméride du 28 octobre

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue un pastiche critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.  Lire Plus

Fiona Compton : Rendre l’histoire de la Caraïbe

– par Rodolf Etienne

Photographe, cinéaste, historienne et militante culturelle, la Saint-Lucienne Fiona Compton s’est donné une mission : retrouver les récits oubliés de la Caraïbe et les transmettre aux nouvelles générations.

Fondatrice de Know Your Caribbean, elle développe depuis près d’une décennie une autre manière de raconter l’histoire, à la croisée des archives, de l’art, du cinéma et des réseaux numériques.

Une photographie, et tout commence

Il suffit parfois d’une photographie ancienne pour ouvrir une brèche dans l’histoire. Des visages anonymes, un paysage transformé, une scène de rue dont personne ne semble connaître les protagonistes. Qui étaient ces hommes et ces femmes ? Comment vivaient-ils ? Quelles histoires se dissimulent derrière ces images conservées dans des albums familiaux ou des collections institutionnelles ? C’est de cette curiosité qu’est née une partie de l’aventure intellectuelle de Fiona Compton. Dans un entretien accordé en 2026 au média About Her Culture, l’artiste saint-lucienne raconte comment le partage de photographies anciennes de la Caraïbe l’a progressivement amenée à interroger les lacunes de ses propres connaissances historiques.

Un constat s’impose alors : comment pouvait-elle avoir grandi dans la Caraïbe tout en ignorant tant d’aspects de son histoire ?   Lire Plus

Agenda culturel en Martinique (27 – 30 octobre 2026)

La Martinique poursuit sa saison culturelle avec une programmation particulièrement diversifiée du mardi 27 au vendredi 30 octobre 2026.

La première édition de la Biennale de danse « L’Intervalle », le XVIIe Colloque international des études créoles, plusieurs concerts, des spectacles d’humour, des expositions et des rencontres littéraires composent ces quatre journées.

De Fort-de-France à Sainte-Marie, du Lamentin à Saint-Joseph, Madinin’Art vous propose une sélection des rendez-vous annoncés, avec leurs horaires et leurs informations pratiques.

Mardi 27 octobre — Gospel, humour et ouverture de la Biennale

Fort-de-France — Chérubins Gospel : La Voix de l’Espoir. Le Grand Carbet du Parc culturel Aimé Césaire accueille à 20 h le spectacle La Voix de l’Espoir, proposé par Chérubins Gospel, ensemble vocal célébrant quarante années de parcours artistique. Le spectacle réunit gospel, théâtre et danse autour d’une création musicale et scénique consacrée à l’espérance et à la transmission. Lieu : Grand Carbet, place José-Marti, Fort-de-France. Tarifs : à partir de 30 €. Billetterie sur Bizouk.

Fort-de-France — Open Mic au Free Comedy Club. La scène ouverte du Free Comedy Club donne rendez-vous à 19 h 30 aux amateurs d’humour et de stand-up, forme de spectacle dans laquelle un artiste s’adresse directement au public.  Lire Plus

« Pas… man las », de Daniel M. Berté

— Par Daniel M. Berté —

Pas… man las

Pas man grenpé mòn rédi, mòn pé-bouch, mòn lanfè
Pas man glisé fon la déchéyans, fon la dézolans, fon la dékadans
Pas man pran lanmè sèvi savann, lavol anba dlo, lapoud deskanpet
Pas man konfonn wonm épi soup, dlo-mousach épi let, kaka-mouton épi tipwa

Pas man pilé kracha italien, ba lari chenn, kouri lapikoré
Pas man volé wo kon malfini, vit kon sisi, siw plas kon kolibri
Pas man monté pié lépini, désann fon vè-boutey, monté-désann kon boug fou
Pas man alé lwen, viré opré, alé-viré kon drivayè

Pas man pousé chouvalbwa, kanmarad, kabouwé
Pas man mennen loto, milé, lavi
Pas man maché an chimen chien, an gran bwa mannikou, an savann bef
Pas man travèsé mang mantou san prel, marigo kapolad man Doliban, ma labou Tansi Sony

Pas man dòmi-lévé an renyon, anba fomajé, an lapot senmitjè
Pas man bat lari Sentespri, larout Tibouk, latras Lavini
Pas man najé an lanmè Karayib, an laviè Koulis, an lak Titikaka
Pas man wondi an wet, an koulwa, an koridò

Pas man déplasé a la vites gran v, a la va-kom-je-te-pous, a la vol kon zazio
Pas man woulé kò-mwen, békann, moto
Pas man vansé an mitan la konsians, an didan la volonté, an van la libèté
Pas man janbé dalo, lalin, larel…

Jòdijou man an pwapwa, an délala, an dézawa
Jòdiya man aplat, an poud, an fin pousiew
Jòdi man las, las, las…

19/04/26  Lire Plus

Thierry Mathiasin : Quai des arachides (5)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans Titre

Mât de cocagne aux rivages de pagnes.

Ciel insulaire au soleil de la sardane.
Brisants de misère aux murailles d’échines.
Roucou des airs aux marelles des étales.
A l’heure pour une larme
Au zénith de son image.
En nage pour une rivière
Aux gués de son couchant.
Lucide pour une ombre
Aux absides de son levant.  Lire Plus

Féminicides : La difficile vérité des chiffres

Féminicides | Droits des femmes | Violences fondées sur le genre

Du Cameroun à l’Afrique du Sud, du Kenya au Sénégal, les meurtres de femmes se succèdent et provoquent de nouvelles mobilisations.

Plusieurs pays africains connaissent une augmentation documentée des féminicides ou une concentration préoccupante d’affaires récentes.

Mais les statistiques demeurent fragmentaires et les qualifications judiciaires diffèrent.

Entre violences persistantes, dispositifs de protection insuffisants et difficultés de recensement, l’Afrique fait face à un problème de société dont l’ampleur reste imparfaitement mesurée. Réalité qui, à des degrés différents, concerne également l’Europe.

Une succession de meurtres qui interroge

Depuis la fin du mois de juillet 2026, plusieurs pays africains ont été confrontés à des meurtres de femmes suscitant l’inquiétude des associations de défense des droits humains. En Afrique centrale, le Cameroun enregistre une aggravation du nombre de féminicides recensés depuis plusieurs années. En Afrique australe, la découverte successive de corps de femmes dans une municipalité proche de Johannesburg a provoqué une intervention du président sud-africain. En Afrique de l’Est, plusieurs meurtres commis au Kenya ont ravivé les demandes de protection.  Lire Plus

Taïwan : Une île indispensable à l’IA mondiale

Géopolitique | Technologies | Économie mondiale

Au large des côtes chinoises, Taïwan concentre une part décisive de la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés de la planète.

Derrière la réussite de Nvidia, la puissance industrielle de TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) et les ambitions technologiques de Pékin se dessine une nouvelle géographie du pouvoir mondial.

Une géographie dans laquelle la maîtrise de quelques nanomètres de silicium pourrait peser autant que celle du pétrole au XXe siècle.

Une île au centre du monde numérique

Il existe, dans l’économie contemporaine, un paradoxe saisissant. Les États-Unis dominent une grande partie de l’industrie mondiale de l’intelligence artificielle, la Chine cherche à s’affirmer comme une puissance technologique autonome, l’Europe possède certaines des machines les plus sophistiquées de la planète. Pourtant, une partie essentielle de cette puissance repose sur une île d’Asie orientale, Taïwan, dont la population dépasse à peine 23 millions d’habitants. Cette position exceptionnelle tient à une entreprise : Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC). Fondée en 1987 par Morris Chang, elle s’est progressivement imposée comme la principale fonderie indépendante de semi-conducteurs au monde.  Lire Plus

« L’Intervalle » : La Martinique au-delà des frontières

  • par Rodolf Etienne

Du 27 au 31 octobre 2026, la Biennale de danse de Martinique revient sous une forme renouvelée, portée par La Maison Rouge et la chorégraphe Christiane Emmanuel.

Entre bèlè, danses urbaines, créations contemporaines et rencontres internationales, cette renaissance interroge la place des femmes dans les arts, la transmission des patrimoines corporels et les conditions d’existence de la création chorégraphique martiniquaise.

La danse comme territoire de liberté

Il existe des histoires que les mots ne suffisent pas à raconter. Des blessures que le langage peine à nommer, des mémoires qui se transmettent sans archives, des émotions qui traversent les générations et trouvent dans le mouvement une forme singulière d’expression. La danse appartient à ces langages essentiels. Elle engage le corps tout entier dans une expérience qui peut devenir esthétique, sociale, intime et politique.

En Martinique, cette dimension prend une résonance particulière. Le mouvement dansé participe d’une histoire où se rencontrent les héritages africains, les bouleversements de la société coloniale, les pratiques populaires, les créations urbaines et les expérimentations contemporaines.

Du bèlè aux écritures chorégraphiques les plus récentes, les corps demeurent des lieux de transmission, d’invention et parfois de résistance.

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XVIIe Colloque international des études créoles

Du 26 au 30 octobre 2026, la Martinique accueille le XVIIe Colloque international des études créoles, consacré aux « Usages sociaux et économiques des créoles ». Organisée par le Comité international des études créoles (CIEC), en collaboration avec l’Université des Antilles, cette rencontre réunit des chercheurs, linguistes, enseignants et acteurs culturels venus de la Caraïbe, de l’océan Indien, d’Europe et d’Amérique du Nord. Placée sous le signe de l’hommage au linguiste martiniquais Jean Bernabé (1942-2017), elle entend dépasser la seule question de la préservation des langues créoles pour interroger leur place effective dans la société, l’économie, l’enseignement, les institutions et les technologies contemporaines.

Des langues vivantes confrontées aux mutations du monde

Quelle place les langues créoles occupent-elles réellement dans les sociétés qui les ont vues naître ? Cette interrogation traverse la dix-septième édition du Colloque international des études créoles, organisée du lundi 26 au vendredi 30 octobre 2026 sur plusieurs sites universitaires de Martinique. Après une précédente édition consacrée aux rapports entre mondes créoles, langues et développement aux Seychelles, archipel de l’océan Indien, les rencontres martiniquaises déplacent la réflexion vers les usages sociaux et économiques des créoles.  Lire Plus

L’éphéméride du 27 octobre

Naissance, le 27 octobre 1811, aux États-Uni, d’Isaac Singer qui perfectionna la machine à coudre

L’Américain Elias Howe, l’Allemand Balthasar Krems , l’Anglais Thomas Saint et l’Autrichien Josef Madersperger) sont les pionniers de la machine à coudre.

La première machine à coudre véritablement pratique est attribuée à un tailleur français originaire de la région lyonnaise, installé rue des Forges à Saint-Étienne, Barthélemy Thimonnier. Il dépose en 1830 le premier brevet d’une « mécanique à coudre » (ou « métier à coudre ») construite en bois, à un fil continu, en point de chaînette, cousant 200 points à la minute. Il en fabrique 80 exemplaires pour honorer une commande d’uniformes de l’armée. Beaucoup d’inventeurs de cette époque misent sur la reproduction du mouvement de la main, ce qui limite la couture à une simple aiguille (Madesperger notamment dont la machine s’appelait « la main qui coud »).

En 1834, l’Américain Walter Hunt est le premier à utiliser une canette, et donc à utiliser deux fils. Cette idée est reprise et améliorée par Elias Howe qui dépose un brevet en 1846 mais n’obtient aucun succès et part en Angleterre pour tenter de l’exploiter.  Lire Plus

Rodolphe Solbiac : La CARICOM et la bataille des savoirs

  • par Rodolf Etienne

À l’heure où la Martinique vient d’intégrer officiellement la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les travaux de l’universitaire martiniquais Rodolphe Solbiac prennent une résonance particulière.

Depuis plusieurs années, ce spécialiste des littératures anglophones et des études postcoloniales explore une question fondamentale : comment les sociétés issues de l’esclavage et de la colonisation peuvent-elles transformer leur présent en reconstruisant les savoirs qui permettent de comprendre leur histoire ? Une réflexion qui rejoint directement les orientations de la CARICOM en matière de justice réparatrice.

Un universitaire martiniquais au cœur de la pensée caribéenne

Rodolphe Solbiac est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université des Antilles, sur le campus de Schœlcher. Ses travaux s’inscrivent dans le domaine des études postcoloniales, des Cultural Studies et des littératures de la Caraïbe anglophone. Ils interrogent notamment la mémoire historique, les constructions identitaires, les formes de domination héritées de la colonisation et les possibilités de transformation des sociétés contemporaines. Son parcours scientifique présente une particularité importante. Plutôt que d’étudier séparément les œuvres littéraires, les évolutions politiques et les transformations sociales, il cherche à comprendre les relations qui les unissent.  Lire Plus

Victor Anicet : La terre, le feu et la mémoire

La disparition de Victor Anicet, ce lundi 26 octobre 2026, prive la Martinique d’une figure majeure de sa création artistique.

Né en 1938 au Marigot, céramiste, peintre, sculpteur et cofondateur du groupe Fwomajé, il avait consacré son existence à retrouver les signes enfouis de l’histoire martiniquaise pour en faire une œuvre résolument contemporaine.

Des poteries amérindiennes aux vitraux de Saint-Pierre, des mémoires de l’esclavage aux couleurs de la Caraïbe, retour sur un parcours exceptionnel.

Un homme qui faisait parler la terre

Il y a des artistes dont on reconnaît immédiatement les formes, les couleurs, la manière. Et puis il y a ceux dont l’œuvre finit par devenir une façon de regarder le pays lui-même. Victor Anicet appartenait à cette seconde catégorie. Ses céramiques, ses peintures, ses assemblages et ses sculptures ne se limitaient pas à la recherche du beau. Ils proposaient une lecture de la Martinique, de ses blessures, de ses rencontres et de ses silences. Chez lui, la matière n’était jamais innocente. L’argile renvoyait aux premiers habitants de l’île, le bleu convoquait la mer, l’Afrique, les traversées et les souvenirs de l’enfance, tandis que les signes évoquaient les cultures disparues ou transformées, les traces de l’esclavage, les gestes populaires et les métissages de la société créole.  Lire Plus

AFRICA INTELLIGENCE : De Kampala à Libreville, les institutions africaines se transforment

En Ouganda, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour répondre aux tensions sur le shilling, tandis que la Banque centrale renforce ses dispositifs de finance climatique.

Entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, une importante acquisition bancaire illustre les possibilités d’intégration financière.

À Libreville, l’Union africaine (UA) ouvre une séquence consacrée à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Au Zimbabwe, le débat sur les sanctions internationales rappelle les difficultés persistantes du financement du développement.

Cinq dossiers, une interrogation commune : comment transformer les ambitions africaines en capacités économiques réellement maîtrisées ?

Ouganda — Des restrictions budgétaires face aux tensions monétaires

Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction de certaines dépenses administratives. Selon le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, les administrations doivent notamment diminuer de moitié certains décaissements consacrés au carburant, aux déplacements et aux ateliers. Une réduction de près de 3 000 milliards de shillings ougandais (670 millions de dollars) des dépenses opérationnelles prévues pour le deuxième trimestre de l’exercice budgétaire 2026-2027 est annoncée. Cette décision intervient dans un contexte de pressions sur la monnaie nationale face au dollar et vise à accompagner le resserrement monétaire par une maîtrise accrue des dépenses publiques. 

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Beatriz Nascimento : Quand les quilombos réécrivent l’histoire

  • Par Rodolf Étienne

Historienne, poétesse, enseignante et militante afro-brésilienne, Beatriz Nascimento (1942-1995) a élaboré une pensée originale de la liberté, du territoire et de la mémoire noire.

La publication, pour la première fois en français, d’une anthologie de ses écrits, Pour une féminothèque de l’Atlantique noir, organisée par Mame-Fatou Niang aux éditions Anacaona, constitue un événement intellectuel singulier.

L’œuvre de Beatriz Nascimento nous conduit du Brésil des quilombos (aussi appelé mocambos, communauté organisée au Brésil par des esclaves marrons (fugitifs) ou des réfugiés d’origine africaine cherchant à échapper à l’esclavage) aux mémoires du marronnage caribéen, tout en invitant à reconsidérer la place des femmes dans l’écriture de l’histoire.

Une absente qui nous oblige à réécrire notre bibliothèque

Il existe des œuvres dont la découverte tardive ne révèle pas seulement une injustice faite à leur auteur. Elle met aussi en lumière les limites du savoir que nous pensions posséder. Beatriz Nascimento appartient à cette catégorie d’intellectuelles dont l’absence a longtemps appauvri notre compréhension de l’histoire.

Comment expliquer qu’une historienne ayant consacré plus de vingt années à explorer les résistances noires, les communautés autonomes, la mémoire de l’esclavage et la condition des femmes afrodescendantes soit demeurée si peu connue dans l’espace francophone ?

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L’éphéméride du 26 octobre

Fusillade d’O.K. Corral le 26 octobre 1881

La fusillade d’O.K. Corral est un affrontement qui s’est déroulé le mercredi 26 octobre 1881 dans la ville de Tombstone en Arizona aux États-Unis.

Bien que seulement trois hommes aient été tués durant le combat, il est généralement considéré comme la plus célèbre fusillade dans l’histoire de la Conquête de l’Ouest, grâce à des films comme Règlements de comptes à OK Corral. Il vit s’affronter les frères Wyatt Earp, Morgan Earp, Virgil Earp, associés de Doc Holliday contre Frank McLaury, Tom McLaury, Billy Claiborne, Ike Clanton et Billy Clanton. Ike Clanton et Billy Claiborne s’enfuirent du combat, sains et saufs. Morgan Earp, Virgil Earp et Doc Holliday furent blessés. Les deux frères McLaury et Billy Clanton furent tués. Ils ont été enterrés dans le cimetière de Tombstone : Boothill

Analyse
La cause directe du conflit qui conduisit à la fusillade fut l’arrestation de deux cow-boys par Virgil Earp, agissant en sa qualité de Marshall fédéral, pour un vol de diligence. Un autre cow-boy sous l’emprise de la boisson proféra des menaces contre les Earp, ce qui les mit en garde.  Lire Plus

Simon Chivallon : « Les Passantes »

– par Rodolf Etienne

Il est des rencontres qui ne durent qu’un instant et dont le souvenir nous accompagne toute une vie.

Avec Les Passantes, le pianiste de jazz Simon Chivallon revisite l’une des chansons les plus bouleversantes du répertoire de Georges Brassens.

Sans paroles, porté par un trio et un quatuor à cordes, Simon Chivallon redonne à cette méditation sur le temps, le désir et les rendez-vous manqués une nouvelle existence musicale. Une traversée sensible de plus d’un siècle de poésie et de chanson française. Simon Chivallon — Alone Again (A Personal Songbook)

Une chanson qui traverse les générations

Derrière la mélodie popularisée par Georges Brassens se tient d’abord un poème écrit en 1911 par Antoine Pol, alors jeune homme de vingt-trois ans. Publié en 1918 dans le recueil Émotions poétiques, le texte aurait pu demeurer dans les marges de l’histoire littéraire. C’était compter sans une rencontre. Celle du jeune Georges Brassens avec le recueil d’un poète presque inconnu. En 1942, chez un bouquiniste, le futur chanteur découvre ces vers. Il en perçoit immédiatement la force, mais mettra des années à leur donner une forme musicale qui le satisfasse.  Lire Plus

L’éphéméride du 25 octobre

Crise des missiles de Cuba : les USA dévoilent devant le Conseil de sécurité (ONU) des photos prouvant l’installation de missiles soviétiques.

La crise des missiles de Cuba est une suite d’événements survenus du 16 octobre au 28 octobre 1962 et qui ont opposé les États-Unis et l’Union soviétique au sujet des missiles nucléaires soviétiques pointés en direction du territoire des États-Unis depuis l’île de Cuba. Cette crise a mené les deux blocs au bord de la guerre nucléaire.

Moment paroxystique de la guerre froide, la crise de Cuba souligne les limites de la coexistence pacifique, et se solda par un retrait des missiles par l’URSS en échange d’un retrait de certains missiles nucléaires américains de Turquie et d’Italie, et par une promesse stipulant que les États-Unis n’envahissent plus jamais Cuba (1961, Débarquement de la baie des Cochons, tentative américaine d’envahir l’île) sans provocation directe. Cet accord entre le gouvernement soviétique et l’administration Kennedy, certes contraignant pour la future politique extérieure des États-Unis, a permis au monde d’éviter un conflit militaire entre les deux puissances qui aurait pu mener à un affrontement nucléaire et à une troisième guerre mondiale.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (4)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne,  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans titre

Un révolutionnaire
Qui exhibait ses honneurs rétrogrades.
Un lâche engagé
Qui rabâchait sa bravoure réquisitionnée
Un messie qui en avait marre
Soldait ses stations.
Un don quichotte blême
Qui glorifiait ses déboires.
Un illustre mesquin
Qui instruisait ses chiens.
Une femme frigide
Qui maternait ses eunuques.
Un marin retraité
Qui pleurait dans son aquarium.  Lire Plus

Rembrandt : La révolution du portrait

— Par Rodolf Étienne

Avant Rembrandt, le portrait affirme souvent une position sociale.

Avec lui, il devient aussi une interrogation sur l’existence humaine.
Le visage cesse d’être seulement une surface à reproduire : il devient un territoire à explorer.
La lumière révèle autant qu’elle dissimule, les regards suggèrent des pensées, les rides racontent le temps, et les imperfections acquièrent une dignité nouvelle. 

Lorsque Rembrandt Harmenszoon van Rijn naît à Leyde, le 15 juillet 1606, la peinture européenne possède déjà une longue tradition du portrait. Des artistes comme Titien, Holbein, Rubens ou Van Dyck ont porté cet art à un degré exceptionnel de maîtrise. Pourtant, en quelques décennies, le peintre néerlandais va contribuer à en transformer profondément les conventions.

Sa révolution ne réside pas dans l’invention du réalisme ni du clair-obscur. Elle tient plutôt à une manière singulière de réunir la ressemblance, la présence psychologique, le mouvement et la matérialité de la peinture.

Le portrait avant Rembrandt – représenter une fonction, affirmer un rang

Au début du XVIIe siècle, le portrait constitue un instrument essentiel de reconnaissance sociale. Princes, aristocrates, marchands, savants et dignitaires religieux commandent leur image afin de transmettre leur position, leur fortune ou leur autorité.

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Vie chère : Déjà l’heure des premiers comptes ?

Vie Chère | Economie

GBH, Christophe Girardier, marges arrière, concentration économique et transparence : six mois après les auditions parlementaires, les conclusions sont connues, mais les questions essentielles demeurent.

Entre résultats officiels et nouvelles mobilisations, la Martinique cherche toujours les moyens d’une baisse durable du coût de la vie.

Deux ans après la signature du protocole de lutte contre la vie chère du 16 octobre 2024, la Martinique se retrouve confrontée à une interrogation devenue presque permanente : pourquoi les efforts annoncés pour réduire les prix alimentaires peinent-ils à transformer durablement la vie quotidienne des ménages ? La reprise des mobilisations à partir du 19 octobre 2026, à l’appel notamment du RPPRAC, témoigne de la persistance du conflit social. Elle intervient pourtant après plusieurs avancées institutionnelles : une enquête parlementaire, un avis approfondi de l’Autorité de la concurrence, une étude de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) et cinq bilans officiels du protocole.

Le paradoxe est saisissant. Jamais, au cours de ces dernières années, les mécanismes économiques de la distribution alimentaire martiniquaise n’auront fait l’objet d’autant d’investigations publiques. Pourtant, la connaissance de la formation des prix, des marges réalisées à chaque étape et de leur répartition entre les sociétés d’un même groupe demeure incomplète.  Lire Plus