Vers une nouvelle ère des restitutions : la France face à son héritage colonial

— Par Jean Samblé —

Longtemps reléguée aux marges du débat public, la question de la restitution des œuvres acquises dans des contextes de domination coloniale connaît aujourd’hui une inflexion décisive. L’adoption récente, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à en faciliter la procédure marque une étape significative dans l’évolution de la politique patrimoniale française. Ce texte, attendu de longue date tant en France que dans de nombreux pays africains, s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours de Ouagadougou, où il appelait à refonder les relations culturelles entre la France et le continent africain.

Depuis les indépendances, les demandes de restitution n’ont cessé de se multiplier, notamment sous l’impulsion de l’Unesco dans les années 1970. Toutefois, elles se sont longtemps heurtées à des obstacles juridiques et institutionnels, au premier rang desquels figure le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Hérité de la Révolution française, ce principe impose que les biens conservés dans les musées nationaux soient considérés comme appartenant au peuple, rendant leur cession particulièrement complexe.

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