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Festival culturel de Fort-de-France : une 55e édition entre création martiniquaise et ouverture caribéenne

Le Festival culturel de Fort-de-France ouvre sa 55e édition sous le thème « Diaspora Nègre ». Organisée par la Ville de Fort-de-France et le Sermac, la manifestation se déroulera pendant près d’un mois, jusqu’au 25 juillet, avec une programmation répartie sur plusieurs sites de la capitale : le parc culturel Aimé-Césaire, le Grand Carbet, la Savane, Tropiques Atrium, le kiosque Guédon, ainsi que plusieurs centres culturels de quartier.

Cette édition accorde une place importante à la création martiniquaise. Selon les organisateurs, près de 70 % de la programmation est portée par des artistes du territoire. Ce choix s’inscrit dans une volonté de soutenir les productions locales tout en maintenant des échanges avec d’autres scènes de la Caraïbe. Des artistes originaires notamment de Guadeloupe, d’Haïti et de Cuba participent ainsi au festival.

Le thème retenu cette année, « Diaspora Nègre », sert de fil conducteur à la programmation. Il interroge les héritages culturels issus de la diaspora africaine et leurs expressions dans les sociétés caribéennes. Musique, théâtre, danse et rencontres publiques abordent cette question à travers des approches artistiques et historiques variées.<p>  Lire Plus

Fola (Steve) Gadet raconte « Le Tanbouyé des sans-voix » d’Ernest Pépin

— par Selim Lander — Personnage multiforme, universitaire, spécialiste des Amériques anglophones, auteur de plusieurs ouvrages sur les mouvements qui se font jour aux marges de la société, Steve Gadet appartient sous son autre nom, Fola, au monde du spectacle comme musicien et rappeur. Le voici désormais acteur avec cette interprétation d’un récit signé Ernest Pépin, guadeloupéen comme lui et comme le héros de leur histoire, un tanbouyé qui a réellement existé, Marcel Lollia surnommé « Vélo » ou, chez Pépin, « l’ange ».

Les lecteurs de Madinin’art ont déjà eu la primeur d’un article (signé Sarha Fauré) qui apporte déjà beaucoup quant aux intentions de la pièce, de l’auteur du livre, de l’interprète qui a choisi de le porter à la scène : « Ernest Pépin érige Vélo en symbole de résistance, de création et de liberté ». C’est en effet ce que dit le texte… mais il ne dit pas que cela. Car « l’ange » est présenté tout autant comme un héros négatif, un ivrogne, « un sac de rhum », souvent famélique, parfois maladif, la figure même du raté.<p>  Lire Plus

« Le Tanbouyé des sans-voix » : quand la littérature devient théâtre, musique et mémoire

Mardi 23 juin à 19h | Terres d’Art | Domaine de Tivoli FdF
— Par Sarha Fauré —

Avec Le Tanbouyé des sans-voix, Fola Gadet propose une adaptation scénique ambitieuse et sensible du roman éponyme d’Ernest Pépin, paru en 2024 chez Caraïbéditions. Présenté au Domaine de Tivoli à Fort-de-France, le spectacle s’inscrit dans une démarche artistique qui fait dialoguer littérature, théâtre, danse et musique afin de donner corps à l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire guadeloupéenne : Marcel Lollia, surnommé Vélo.

Le roman d’Ernest Pépin constitue déjà en lui-même une œuvre singulière. L’auteur ne cherche pas à écrire une biographie traditionnelle du célèbre tanbouyé. Il préfère emprunter une voie plus poétique et plus profonde : celle d’une parole réinventée de l’intérieur. En se glissant dans la conscience de Vélo, il compose une sorte d’autobiographie imaginaire qui restitue non seulement le parcours d’un homme exceptionnel, mais aussi l’âme d’un peuple. Chaque page vibre au rythme du tambour ka ; chaque phrase semble porter l’écho d’un battement, d’une respiration ou d’un chant venu des profondeurs de l’histoire caribéenne.<p>  Lire Plus

Le Théâtre du 6e Continent célèbre les écritures théâtrales au Domaine de Tivoli

Du 19 juin au 4 juillet : le programme

— Par Sarha Fauré —

Figure incontournable du paysage théâtral martiniquais, José Exélis consacre sa vie à la scène depuis plus de quarante ans. Comédien dès 1984 au sein du Théâtre de la Soif Nouvelle, il se forme auprès d’Annick Justin-Joseph avant de s’imposer comme auteur, metteur en scène et dramaturge.

Créateur de plusieurs pièces, dont Overdose (1988) et Soledad (1989), il développe au fil des années une écriture scénique singulière où se croisent texte, musique, danse et mouvement. Son approche, qu’il qualifie de « tout corps en jeu », donne naissance à un théâtre hybride, profondément ancré dans les réalités caribéennes, oscillant constamment entre le réel et l’imaginaire, entre la gravité et la légèreté.

En 2002, il fonde la compagnie Les Enfants de la Mer, du nom de l’une de ses créations emblématiques. Depuis, il a participé à une trentaine de productions, écrit plusieurs pièces et mis en scène une vingtaine de spectacles issus principalement du répertoire caribéen.

Le Théâtre du 6e Continent : faire dialoguer amateurs et professionnels

À travers cette nouvelle manifestation théâtrale, le Théâtre du 6e Continent défend une vision ouverte et inclusive de la création artistique.<p>  Lire Plus

Labadijou 2026, lè a rivé

Du 15 au 25 janvier
Il y a un an, nous vivions ensemble la première édition de LABADIJOU, un festival culturel  itinérant en Martinique. 

L’heure de notre seconde édition est arrivée. É fout nou kontan sa! 

Et cette année des écrivaines, des autrices martiniquaises, dé fanm ka matjé, seront à l’honneur:  Gaël Octavia, Ina Césaire et Simone Lagrand : l’artiste invitée de cette année. 

Une seconde édition que nous avons choisi de dédier  : Au littoral…

C’est une déclaration d’amour à notre bout de terre qui se fait grignoter de part en part. C’est tourner notre regard vers ce qui nous désarme. L’érosion qui menace les côtes, la montée des eaux, les sargasses qui pullulent, les cyclones et ouragans. Quand on habite une île, les questions politiques et sociétales sont prégnantes, déstabilisantes, elles sont l’allégorie du bouleversement naturel qui menace. Alors, les voix poétiques s’élèvent, disent

l’impuissance, les espoirs, les révoltes, l’absurde, les légendes, les histoires, les résolutions face à un phénomène qui submerge.

LABADIJOU

Ce moment où le soleil se cache pour laisser place aux spectacles de la nuit…

Deux semaines.<p>  Lire Plus

Agenda culturel… des jours qui viennent

🗓️ Samedi 15 août

🕢7h-23h
🖍️ 🎭 🧩 🎯 🪁Fête du quartier Perriolat
Le François
Marché artisanal et agricole, rencontres sportives, animations traditionnelles et grand podium musical sous le signe du partage et de la convivialité.
Marché artisanal et agricole : poissons, plantes, sorbets et sinobol au lait de coco.
9h : match amical en présence du François-Foot,de la pétanque. À 10 heures, allocution suivie d’un vin d’honneur, présentation de la section percussion et remise des tanbou dibass.
13h30 à 18 h, punch en musique gratuit animé par le trio de Renée Thimon. Jeux traditionnels et populaires : courses en sac et à la roue, loto ou encore concours du plus grand mangeur de pommes.
18 h remise des récompenses et la présentation du groupe Otantik de Perriolat.
Avec Jean-Luc Alger, Joël Buval, Alain Ajax et Lieutenant pour des prestations en play-back. Le groupe Zebapik clôturera la manifestation avec un concert en direct.
Des repas seront proposés à la vente tout au long de la journée.
√ Renseignements : 0696 82 84 72
.


🕢 8h-17h
⚽ « Moov Vakans 212 »
📍 Quartier Chapelle Saint-Joseph
Impact quartiers, tournoi de foot couloir de 8 heures à 17 heures,
(animation sono, Tropical flow)
.<p>  Lire Plus

« Mama Wanakéra » d’Olivier Ernest Jean-Marie

— Par Selim Lander —

Poursuivant sa série des pièces produites localement, le Théâtre municipal présente jusqu’à samedi une création issue de l’atelier du Sermac animé par Élie Pennon, Mama Wanakaéra d’Olivier Ernest Jean-Marie qui intervient lui-même dans les rôles d’Aimé Césaire et de Patrick Chamoiseau. La pièce commence dans une salle d’hôpital où repose la matriarche d’une nombreuse famille. Elle récupère d’une blessure infligée involontairement par l’une de ses petites filles, un coup de revolver parti intempestivement. Cet événement improbable est à l’origine d’une réunion familiale et d’une discussion animée en créole. On retrouve ensuite la famille sur le chemin du retour, dans un minibus, ce qui est l’occasion de solder quelques comptes, avant une halte à l’église pour remercier le Seigneur, laquelle halte ne va pas sans susciter quelques propos critiques à l’égard d’une religion importée par des Blancs.

La suite de la pièce, lors d’une nouvelle visite de la famille cette fois plus nombreuse, accentue le côté critique de la pièce avec l’énoncé des griefs contre la Métropole si souvent entendus dans le théâtre antillais (de l’esclavage au chlordécone).<p>  Lire Plus

Les Théâtrales de Novembre : dix jours pour célébrer le théâtre sous toutes ses formes

Pendant dix jours, la Martinique vivra au rythme du théâtre. La cinquième édition des Théâtrales de Novembre, organisée par ETC Caraïbe, rassemblera passionnés, curieux et professionnels du spectacle vivant autour d’un programme foisonnant, mêlant créations, rencontres et découvertes.

Chaque année, en novembre, le festival met en lumière les projets artistiques soutenus par ETC Caraïbe — qu’ils soient en cours d’écriture, de création, de traduction ou d’édition. Ce rendez-vous incontournable du calendrier culturel caribéen se déploie dans plusieurs communes de l’île, du Saint-Esprit au Carbet, en passant par Le Marin et Fort-de-France. Son ambition : faire dialoguer les auteurs et autrices de théâtre avec tous les publics, des plus jeunes aux plus avertis.

« Nous allons vraiment du jeune public au tout public, explique Alfred Alexandre, dramaturge et directeur artistique d’ETC Caraïbe. Nous avons accueilli des enfants dès trois ans, mais aussi des collégiens, des lycéens, des étudiants, grâce à des partenariats avec plusieurs établissements scolaires. »
Ainsi, les Théâtrales de Novembre ne se limitent pas aux représentations : elles proposent également ateliers, lectures, tables rondes et échanges avec les artistes, afin de renforcer les liens entre la création contemporaine et la société.<p>  Lire Plus

Wopso ! de Marius Gottin

Samedi 25 octobre – 19h30 Domaine de Tivoli – Terre d’Arts, Fort-de-France

Wopso ! est une interjection créole sans signification précise, mais débordante d’énergie et de sens possibles. Sous la plume fine et lucide de Marius Gottin, elle devient le souffle d’une parole en transit — celle de deux vieux amis, Fulbert et Auguste, attablés dans le hall d’une aérogare imaginaire de Fort-de-France, en partance pour un ailleurs incertain.

Dans ce huis clos ouvert sur le monde, le rire flirte avec la mélancolie, les mots s’entrechoquent en français et en créole, et la vie s’effiloche dans l’attente. Entre souvenirs, amours manqués et colères rentrées, les deux compères s’accrochent à la parole comme à une ultime bouée. Car chez Gottin, la parole est résistance, musique, et miroir de nos identités.

Mise en scène par José Exélis, la pièce met en lumière la poésie et l’humanité du texte dans une mise en scène précise et inspirée, portée par deux comédiens complices et généreux, Émile Pelty et Charly Lerandy. Entre rires et larmes, Wopso ! dit l’essentiel : la fragilité des êtres, la beauté du dérisoire, et le souffle caribéen d’une parole qui ne renonce jamais.<p>  Lire Plus

Superbe reprise de « Mémoire d’îles »

— Par Selim Lander —

On est en droit de penser que beaucoup de lecteurs de Madinin’Art ont déjà vu cette pièce d’Ina Césaire mettant en scène deux demi-sœurs martiniquaises, Aure, chabine et qui s’efforce de rester distinguée, Hermance, foncée et qui ne fait pas de chichis. N’ayant pas la même mère elles ont reçu une éducation différente, la première devenue institutrice, signe d’élévation sociale à cette époque (elle est censée être née en 1914), la seconde restée une femme du peuple. La pièce joue à fond sur ce contraste entre les milieux, les deux caractères sont bien typés, la langue n’est pas la même chez chacune, pas plus que l’élocution et le maintien.

Cette pièce d’Ina Césaire, avec ses notations anthropologiques (justifiant le titre Mémoire d’îles), souvent représentée à la Martinique, a été déjà commentée et sur Madinin’art en particulier (1). Nous ne nous étendrons donc pas davantage, sauf pour souligner le jeu exceptionnel des comédiennes. On parle « d’incarner » un personnage : Catherine Césaire et Suzy Singa sont Aure et Hermance, de la tête aux pieds. Il faut dire que les années ont passé depuis qu’elles ont créé cette pièce (sous la houlette bienveillante de José Exelis).<p>  Lire Plus

Bilan d’un printemps théâtral à la Martinique

—Par Selim Lander —

Du 31 mars au 11 avril 2025, les spectateurs martiniquais ont pu assister dans le cadre du festival Ceiba à cinq spectacles rangés sous l’étiquette « théâtre ». Après une soirée dans la ville de Saint-Esprit, les autres « pièces » ont toutes été présentées à Fort-de-France dans le bâtiment de la Scène nationale, Tropiques-Atrium, certaines d’entre elles également décentralisées « en commune ».

Avant d’examiner chacune des pièces, dans l’ordre où elles ont été représentées, on ne peut que constater qu’elles forment un ensemble à la fois monochrome et monotone (1). Monochrome comme leurs interprètes et monotone dans la mesure où elles ressortissent d’une idéologie décoloniale, revendiquée chez Léonora Miano, mais sous-jacente chez les autres qui soulèvent à un moment ou à un autre, ne serait-ce que sur le ton de la comédie, les inconvénients d’être une personne « racisée » dans un Occident dominé par les Blancs. Seul Dorcy Rugamba fait exception, certainement pas par hasard car c’est un Africain désillusionné qui parle des Africains. Relatant les atrocités commises lors du génocide au Rwanda, il ne mentionne pas, comme il aurait pu le faire presque naturellement, la responsabilité portée par une armée française qui a laissé faire les massacres, ce qui est effectivement gravissime.<p>  Lire Plus

« La Place Bertin » : une comédie musicale au cœur de la Martinique d’antan

Dimanche 12 janvier à 16h au Grand Carbet

— Par Hélène Lemoine —

La comédie musicale La Place Bertin plonge les spectateurs dans l’atmosphère de la Martinique d’autrefois, à Saint-Pierre, avant l’éruption de la Montagne Pelée en 1902. Ce spectacle vibrant de couleurs et de traditions met en lumière la vie quotidienne de l’époque, avec ses personnages issus de toutes les couches sociales, des créoles aux mulâtres, en passant par les nègres et les blancs.

Le nom de la comédie fait référence à la célèbre Place Bertin de Saint-Pierre, véritable centre névralgique de la ville, où se croisaient commerçants, artisans, et promeneurs, dans une effervescence constante. C’est sur cette place que se racontaient les « milans » et autres histoires populaires, que les habitants échangeaient potins et cancans. La place, plus que tout autre lieu, symbolisait l’âme de la ville, entre légèreté et gravité.

À travers une mise en scène d’une grande richesse, signée Marie-Ange Ravin, le spectacle revisite des moments de la vie saint-pierraise, rythmés par plus de 80 chansons du répertoire martiniquais. Des airs de biguine, de mazouk et autres mélodies locales, composées par des figures comme Fernand Donatien, Loulou Boislaville, Barel Coppet ou Léona Gabriel, tissent la toile sonore de cette époque.<p>  Lire Plus

« Chorus » : le retour d’Amel Aïdoudi

— Par Selim Lander

« Et je dis que la vie est ténèbre, en effet, sans un désir ardent.
Et tout désir ardent est aveugle, s’il n’y a pas connaissance.
Et toute connaissance est vaine, s’il n’y a pas travail.
Et tout travail est vide, s’il n’y a pas amour ;
et lorsque vous travaillez avec amour, vous liez vous-même à vous-même, et aux uns et aux autres, et à Dieu.»
Khalil Gibran, Le Prophète.

Tel est le texte qu’Amel Aïdoudi a choisi de travailler pour le porter sur les planches, un texte intemporel, un succès mondial. Sur le fond les poèmes en forme d’aphorismes ne sont souvent que des évidences, des préceptes convenus pour une « vie bonne », c’est-à-dire ordonnée par la sagesse (cf. Aristote in Éthique à Nicomaque). Mais, d’une part, s’il s’agit de banalités elles sont toujours bonnes à entendre par la plupart d’entre nous qui passons notre (brève) existence le nez dans le guidon, en écartant surtout tout ce qui pourrait nous ramener à l’essentiel. Et, d’autre part, même si ces aphorismes peuvent apparaître à certains banals et sans intérêt, ils sont transcendés par la poésie.<p>  Lire Plus

« Césaire – Serreau, une rencontre au fondement du champ théâtral caribéen »

Du mercredi 24 au vendredi 26 avril à la Villa Chanteclerc et sur le campus de Schœlcher

— Par Hélène Lemoine —

Au cœur de la dynamique théâtrale caribéenne, la cinquième étape du chantier « Jean-Marie Serreau – Nouvelles humanités » explore l’impact et les enjeux du compagnonnage entre Aimé Césaire et Jean-Marie Serreau. Cette collaboration a marqué profondément le paysage culturel des îles, stimulant la créativité artistique et catalysant le Festival de Fort-de-France. Sous le signe des tempêtes, à la fois climatiques et politiques, cette rencontre entre deux figures emblématiques du théâtre s’est révélée être bien plus qu’une simple alliance artistique. Elle a incarné le symbole même de la décolonisation pour Serreau, imprégnant ainsi le champ théâtral de sens et de résistance.

Organisé par l’Université Sorbonne Nouvelle en collaboration avec l’Université des Antilles, ce colloque invite à une réflexion pluridisciplinaire sur les implications de cette relation exceptionnelle. Politique culturelle, esthétique, dramaturgie, anthropologie, éco-poétique et éco-conception sont autant de domaines explorés pour comprendre la profondeur de cette connexion humaine, intellectuelle et artistique.

Pendant trois jours, la Villa Chanteclerc et le campus de Schœlcher seront le théâtre de débats, de conférences et d’animations variées.

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« Moi Cyrilia, gouvernante de Lafcadio Hearn 1888. Un échange de paroles à Saint-Pierre de la Martinique » , texte Ina Césaire, mise en lecture Yna Boulangé

Vendredi 27 janvier / 19h / Médiathèque du Saint-Esprit

“Sé bèf douvan ki bwè dlo klè !”

Monsieur Hearn avait déjà sorti son petit cahier noir. Cette fois-ci, j’osai lui demander la raison de ce que je considérais comme une indiscrétion.
“La curiosité est mon métier, Cyrilia. J’ai dans l’idée que la phrase que vous venez de prononcer est un proverbe de chez vous, domaine qui me passionne… Quel est son sens ?”
“ C’est le boeuf qui est arrivé le premier qui a droit à l’eau la plus claire” signifie que, contrairement à ce que vous venez d’affirmer, les mieux placés sont toujours lesprivilégiés !”

[…]

– Quelle chaleur, ma fille ! On se croirait en plein carême et je meurs de soif !
– Voilà que je manque à tous mes devoirs ! Tu prendras bien un peu de café ou d’eau de coco ?
– N’aurais-tu pas plutôt une petite goutte de shrubb * ?
– Du shrubb, au beau milieu de la matinée ?
– Il est certes un peu tôt, mais tu sais bien que c’est mon péché mignon !<p>  Lire Plus

« La Ballade de Leïla Khane » adaptée par Anne-Alex Psyché

Par Selim Lander —

Elle elle s’appelle Leïla Khane
Et la grâce où je l’exile lui donne le courage des vents du large

Les Martiniquais connaissent bien Alfred Alexandre (né en 1970 à Fort-de-France) essayiste, romancier et auteur de théâtre, sans oublier son action en faveur des auteurs martiniquais au sein de l’association ETC (Écritures Théâtrales Contemporaines) – Caraïbe qu’il préside. La Ballade de Leïla Khane ne se rattache à aucun des genres précédents. Dans ce long poème amoureux, une certaine Leïla s’adresse à son amant, lequel rapporte ses paroles, d’où l’anaphore « Leïla dit ».

Leïla promène (ou « balade ») son interlocuteur des îles du Rosaire en face de Carthagène des Indes en Colombie, jusqu’à Santa-Maria au nord du pays, et au-delà jusqu’à Carthage dans l’actuelle Tunisie. Elle ne vient pourtant pas de l’antique Carthage, laquelle a donné son nom à la Carthagène espagnole et par ricochet à celle de Colombie. Comme l’indique l’auteur dans le prologue, son prénom évoque l’héroïne d’un conte arabo-musulman, qui rendit fou d’amour le poète Qaïs au point qu’on le surnomma « Majnoun Leïla » (le fou [d’amour] de Leïla).<p>  Lire Plus

« La ballade de Leïla Khâne », texte d’Alfred Alexandre, m.e.s. Psyché Anne-Alex

  Jeudi 27 & samedi 29  octobre à 19h. Vendredi 28 octobre à 9h (spécial scolaire) au T.A.C.

La Compagnie KUUMBA régit par l’association Ujima Spectacle présente sa première création théâtrale.
Metteur en scène : Psyché Anne-Alex
Avec
Psyché Anne-Alex (conteuse)
Yannick Eugène (la voix du désert et voix off de Majnoun)
Lindy Callegari (Leila Khane)
Création lumière : Vivianne Vermignon

Regard extérieur / mise en scène : José Exélis

La ballade de Leïla Khane est un grand poème ou peut-être un étrange bateau. Leïla nomme l’absence. Cette légende fait de l’amour une île qui évite aux amants la mort et la folie. C’est encore Leïla qui dit l’exil, les ports, les déserts, les océans et les villes.

Leïla dit que certains jours nos îles meurent
l’après-midi au bord de l’océan
Leïla dit que depuis qu’elle m’a aimé
sa soif est une soif d’îles qui nagent vers les continents
Leïla dit que longtemps elle a cru ne jamais mériter
même la caresse d’un grain de sable
cherchant du bout des doigts l’amour sur son visage

Point de vue de l’auteur

« La ballade de Leïla Khane est une variation autour du mythe de Laylâ et Majnoun<p>  Lire Plus

Rézistans’ du 22 au 27 mai 2022

Tropiques-Atrium Scène nationale propose « Rézistans’ ». 

Conférences

Mercredi 25 mai – 19h
CDST – Saint-Pierre

Entrée libre

Vendredi 27 mai – 19h

Salle Frantz Fanon
Entrée libre

MABOULA SOUMAHORO
LE TRIANGLE ET L’HEXAGONE
RÉFLEXIONS SUR UNE IDENTITÉ NOIRE

Mention Spéciale du Jury – Prix littéraire FETKANN ! Maryse Condé 2020

Maboula Soumahoro est docteure en civilisations du monde anglophone et spécialiste en études africaines-américaines et de la diaspora noire/africaine. Elle est maîtresse de conférences à l’université de Tours et présidente de l’association Black History Month, dédiée à la célébration de l’histoire et des cultures noires.

Le Triangle et l’Hexagone
Réflexions sur une identité noire
Maboula Soumahoro
Le Triangle et l’Hexagone est un ouvrage hybride : le récit autobiographique d’une chercheuse. Au gré de multiples va-et-vient, l’autrice converse avec la grande et les petites histoires, mais également avec la tradition intellectuelle, artistique et politique de la diaspora noire/africaine. Quels sens et significations donner au corps, à l’histoire, aux arts, à la politique ?
À travers une écriture lumineuse, Maboula Soumahoro pose son regard sur sa vie, ses pérégrinations transatlantiques entre la Côte d’Ivoire des origines, la France et les États-Unis, et ses expériences les plus révélatrices afin de réfléchir à son identité de femme noire en ce début de XXIe siècle.<p>  Lire Plus

Le Festival des Petites Formes

Du 15 au 26 mars Tropiques Atrium & Saint-Esprit

« Le théâtre c’est un futur possible que l’on fabrique comme une recherche fondamentale. »

Pierre Debauche

En créant le Festival Des Petites Formes, l’ambition était à la fois un lieu d’accueil de créations antillaises et un lieu d’explosions d’esthétiques audacieuses.

Depuis quelques années certains professionnels du théâtre l’ont bien compris !

Cette année les musiques viendront s’infiltrer de manière hardie aux mots du théâtre. Avec des thématiques universelles. Les décors resteront sobres mais les comédiens devront dépasser leur zone de confort pour nous faire vivre des textes puissants !

L’édition 2022 prendra le temps de questionner, d’interroger, voire suggérer des débats sur des thèmes du quotidien tel que l’absence, la tolérance l’amour…

Cette année nous réitérons le partenariat avec la ville du Saint-Esprit. 

La programmation, s’articulera autour de créations & de lectures

o Les cinq fois où j’ai vu mon père 😀
Texte et mise en scène de Guy Régis Jr Haïti
Interprété par un comédien de la Comédie-Française
Samedi 26 – 19h Tropique- Atrium

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« Samuel ou la nuit des gens libres »

Texte : Ali Babar Kenjah
Adaptation : Alfred Alexandre
Mise en lecture : José Exélis
Avec Rita Ravier, Charly Lerandy, Christian Charles-Denis, Joël Jernidier et David Khatile

Production : ETC Caraïbes

Kenjah a ainsi mené plusieurs conférences de restitution de ses travaux à Tropiques Atrium, dont la dernière, la conférence « De l’autonomie martiniquaise, 1646-1956 » a clôturé le cycle le mercredi 30 juin (plus d’infos).

La deuxième de ces conférences « Habiter la clameur » ayant été menée via un live Facebook, est encore en accès libre, en replay ici.

Ali Babar Kenjah – « La nuit des gens libres » – théâtre
Philippe Alain Yerro, dit Ali Babar Kenjah, est un poète martiniquais. Chercheur en sciences sociales et Rastafari, il interroge les relations entre sociétés et culture. Diplômé de sciences politiques, d’un DEA du GEREC et d’un master de l’EHESS, il poursuit une thèse populaire sur modernité et colonialité à Marseille, archéologie d’une infusion du capital colonial antillais dans la modernisation de la France.

Après le mouvement social de 2009, il s’installe à Marseille et entame en 2012 un recyclage décolonial de ses modes d’intervention.<p>  Lire Plus

Brillante reprise de « Circulez ! » jusqu’au 12 mars au TAC

 Nous avons revu ce jeudi 10 mars 2022 avec un plaisir plus fort encore qu’en 2017 cette pièce de José Jernidier. Aussi serait-il dommage de ne pas attirer l’attention sur elle alors qu’elle se joue encore pendant deux soirées. Précisons que Circulez ! n’est nullement réservée aux amateurs habituels du théâtre. C’est certes une réflexion sur cet « accident de l’histoire » qu’est la société antillaise, au-delà de « l’histoire de l’accident » qui en est l’argument, mais elle se présente sous la forme d’une comédie faite pour ravir tous les publics. Alors « circulez » vite (mais sans provoquer d’accident !) pour vous rendre au Théâtre municipal de Fort-de-France avant qu’il ne soit trop tard. Quant à ceux qui veulent en apprendre davantage avant de se décider, ils trouveront ci-dessous notre compte rendu d’il y a 5 ans.

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Peut-on encore évoquer le malaise antillais (le « problème identitaire ») sans tomber dans le déjà vu alors que ce thème n’a jamais cessé de hanter la conscience des auteurs antillais ? De la déréliction au ressentiment, on a déjà tout lu, tout vu.

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« L’oeil se noie », une pièce de théâtre de Frantz Fanon

Mardi 14 Décembre 2021 à 18H15 à la Bibliothèque Universitaire

Nous connaissons le médecin, nous connaissons l’homme engagé, nous connaissons l’essayiste mais connaissons nous le dramaturge ?
Ce mardi 14 Décembre 2021 à 18H15 à la Bibliothèque Universitaire
Venez découvrir ou redécouvrir « L’oeil se noie » de Frantz Fanon
Avec Anne Alex Psyché ; Virgil Venance; Charly Lerandy
Lecture dirigée par José Exelis
Entrée libre ; passe sanitaire obligatoire

Réservation obligatoire https://my.weezevent.com/loeil-se-noie-de-frantz-fanon-1

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Une salle. Une fenêtre. Une porte.
La porte donne sur un couloir obscur. La fenêtre sur jardin où s’amusent des fleurs en robe courte. Un épais rideau de velours. Un canapé. Un fauteuil. Une table. Dans un coin, un tableau de Wifredo Lam.
Sur un coussin, un chat noir aveugle.
François est assis aux pieds de Ginette. Au lever du rideau, il la regarde intensément.
François : amant de Ginette.
Ginette
Lucien : frère aîné de François.
Un serviteur aveugle.
L’éclairage doit être métallique. Si possible, un jeu intelligent de lumières doit rendre :
Lucien visant (on ne sait jamais quoi, Ginette peut-être) : couleur étain ;
Ginette absorbée (son visage doit perdre toute lourdeur humaine) : couleur goutte de pluie ;
François absorbant : couleur papier buvard neuf.<p>  Lire Plus

Vitalité du théâtre en Martinique

— Par Selim Lander —

En Martinique on cultive les lettres de longue date et si elle sont moins connues que sa poésie, Césaire s’est également illustré par ses pièces de théâtre. Bien que les auteurs contemporains soient contraints de s’en tenir à des formats plus modestes que le maître, la tradition se perpétue avec de belles réussites. L’association ETC (pour Ecritures théâtrales contemporaines) – Caraïbe, présidée par Alfred Alexandre, lui-même auteur talentueux, est au service des dramaturges martiniquais, guadeloupéens et, dans une moindre mesure, conformément à sa raison sociale, caribéens. Elle a organisé les 9 et 10 novembre 2021, en relation avec l’Université des Antilles, des « Théâtrales » qui sont autant d’occasions de rencontres avec des auteurs et des textes d’aujourd’hui. Des Antilles ou d’ailleurs car les auteurs doivent s’ouvrir au monde, particulièrement sur une île. En l’occurrence, c’est un auteur venu de France qui est venu apporter le vent du large.

Chemin forgeant de Bernard Lagier

A tout seigneur tout honneur, il est logique de commencer cette brève revue par celui qui fait désormais office de doyen du théâtre martiniquais.<p>  Lire Plus

Les Théâtrales de Novembre

Rencontre des écrivaines et écrivains de théâtre du 9 au 16 novembre 2021

JOUR 2 : Mercredi 10 novembre
8h30
Accueil : rdv à la faculté de lettres et sciences humaines salle 12A

9h – 10h00
Ouverture
Rencontre avec l’oeuvre de Véronique Kanor
Lecture-performance de « Combien de solitudes » de et par Véronique Kanor

10h – 10h45
Pause autour du stand librairie Kazabul
Conversation informelle avec les auteur.e.s et dédicaces

11h-12h30
Palabres 2 : Fenêtre sur le théâtre anglo-caribéen
« Le théâtre de Carl Phillips » par Frédéric Lefrançois

14h-15h30
Rencontre avec l’œuvre de Faubert Bolivar
Mise en lecture de : «Il y aura toujours un dernier soleil»
Metteur en scène : José EXELIS
Avec : Alexandra Déglise – Yannick Eugène (musicien)

18h30-20h30
Soirée de clôture_Théâtre Aimé Césaire
Rencontre avec l’œuvre de Daniely Francisque
Remise du prix ETC Caraïbe 2021 et mise en espace de «Matrice(s)»
En présence de l’autrice
Metteure en scène : Daniely Francisque
Avec : Naïsha Ursulet; Charly Lérandy; Anne-Alex Psyché;
Régine Féline
Passe sanitaire obligatoire<p>  Lire Plus

Surprise! : « Le Condamné à mort », n’était pas celui qu’on attendait!

— Par Roland Sabra —

Alfred Alexandre n’est pas le premier à vouloir adapter « Le Dernier Jour d’un Condamné » ce roman à thèse de Victor Hugo. Pièces de théâtre, films, bande dessinée, opéra se succèdent dans le monde entier depuis 1829. Le livre, incontournable dans le parcours de tout lycéen, appartient au domaine public, il est en conséquence téléchargeable gratuitement en pdf et en version audio. C’est donc un texte connu que l’on s’attendait à retrouver dans l’interprétation de Dominik Bernard mis en scène par José Exélis le 27 mars 2021 à Tropiques-Atrium. Ce ne fut pas tout à fait le cas. Euphémisme! Le texte hugolien n’a été que le prétexte d’un autre texte qui a souffert de la comparaison. Rappelons d’abord quelques éléments pour mémoire. Le roman a été écrit en trois semaines, par l’auteur révulsé par plusieurs rencontres, dès 1822 avec le spectacle de la guillotine. S’il est écrit à la première personne, si le narrateur n’est pas identifié, si son crime n’est pas précisé au-delà d’une brève reconnaissance de culpabilité «« moi, misérable qui ai commis un véritable crime, qui ai versé du sang !<p>  Lire Plus