— Par Anne Crignon —
Dans une enquête impressionnante, l’historien Guillaume Lachenal exhume ce « scandale pharmaceutique » qui en dit beaucoup sur la colonisation. Extraits.
4 novembre 1954, au Cameroun. Comme chaque année, le Service d’hygiène mobile et de prophylaxie (SHMP) fait étape à Gribi, petite communauté à l’Est du pays, pour l’injection annuelle de Lomidine. Soulager l’Afrique de la maladie du sommeil est la priorité des services de santé coloniaux d’après-guerre, en même temps que l’emblème de leur médecine tropicale triomphante et sociale.
Six ans déjà que, du Congo belge au Sénégal, des camions sillonnent le continent noir, pour la «piqûre de la santé» contre le trypanosome, parasite aux allures de dragon microscopique responsable de la maladie. Tandis qu’en métropole la mouche tsé-tsé tourbillonne sur l’imagier de l’écolier, la politique sur le continent noir c’est la piqûre pour tous – on parle de «lomidinisation totale».
Les villageois n’ont pas le choix, le traitement est obligatoire en dépit de l’abolition du Code de l’indigénat, et selon un rituel désormais familier: les longues files d’attente sous un soleil sans pitié, les prélèvements sanguins, l’examen de chaque lame de sang par des auxiliaires recrutés parmi les autochtones et chargés de s’assurer que l’on ne piquera pas des gens déjà malades, le traitement étant administré à titre préventif et efficace en cela – du moins croit-on savoir car, dans quelques années, la vérité va se révéler toute autre.

Hejoaka)Dessin d’enfant sénégalais sur le Sida (IRD F. Hejoaka)
Situation épidémiologique actuelle en Martinique
Un conducteur qui téléphone au volant perd entre 30 et 50% de son attention, selon une étude menée par l’université de Strasbourg pour la fondation Vinci autoroutes, rendue publique vendredi 19 septembre.
C’est la « preuve » de « l’invasion » des immigrés, brandie par l’extrême droite dans un nombre croissant de discours. On la retrouve citée sur des sites, des blogs, d’innombrables commentaires ou messages sur les réseaux sociaux : le dépistage de la drépanocytose, une maladie génétique qui touche particulièrement certaines populations issues de l’Outre-Mer, d’Afrique ou du Maghreb, est instrumentalisé par certains militants extrémistes.
— Par Inès Belgacem —
—Par Jamila Aridj —
« Ebola : l’épidémie s’étend » peut-on lire dans la presse. L’épidémie de titres terrifiants probablement. Ebola, sait-on, est assez peu contagieux. Beaucoup moins, par exemple, que le virus de la Grippe, qui tue chaque année des milliers de personnes partout dans le monde. Mais découlent d’Ebola d’autres formes d’épidémies toutes aussi nocives.
Du
«Les superstitions jouent un rôle important dans la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest.» Ainsi s’exprimait récemment une journaliste sur une radio de service public, expliquant que, sur le terrain, nombre de personnes infectées s’entêtent à refuser d’être prises en charge médicalement et, qu’une fois mortes, leurs proches continuent à les enterrer selon les rites traditionnels, lesquels impliquent des contacts dangereux et répétés avec les cadavres⋅ Raison de ces comportements irresponsables ? Les populations considèrent avoir affaire, non à une simple maladie, mais à un châtiment divin⋅ Et la journaliste de préciser que les autorités elles-mêmes encouragent cette interprétation magico-religieuse de l’épidémie : il y a peu, la présidente du Liberia n’a-t-elle pas appelé ses compatriotes à trois jours de jeûne et de prière dans le but d’implorer la protection divine contre Ebola ?
Le mercure utilisé illégalement par les orpailleurs clandestins, provoque une catastrophe sanitaire en Guyane. Deux associations ont déposé un recours à la fin de 2013 devant le préfet de Cayenne
Saletés à la Pointe-Courchet au François
Les pays touchés par l’épidémie sont tous très fragiles, à l’image du Sierra Leone, qui a décrété l’Etat d’urgence et une journée chaumée ce lundi pour tenter d’endiguer la propagation du virus. L’économie de ces pays est durement touchée, la Banque Mondiale promet un rapide plan d’aide⋅
Un rapport commandé par Pierre Moscovici alors qu’il était ministre de l’Economie s’étonne du niveau élevé des revenus de 37 professions réglementées, sans lien avec une prise de risque ou un haut niveau d’études.
A l’initiative de deux journalistes,
Parler de la souffrance des soignants, c’est tout d’abord énumérer quelques évidences.
Touchant un enfant sur 68 en 2014, au lieu d’un sur 150 en 2000, l’autisme a fortement augmenté ces dernières décennies aux Etats-Unis. Une progression qui serait en partie corrélée au développement des pesticides. D’après une étude de chercheurs californiens publiée lundi 23 juin, une femme enceinte qui vit près d’une ferme utilisant ces produits chimiques a un risque 66 % plus élevé de voir son enfant développer la maladie.